Fiche de révision : Presbytie et lentilles de contact

Plan du Cours

  1. Mesures biométriques oculaires
  2. Kératométrie et courbure cornéenne
  3. Topographie et biomicroscopie
  4. Évaluation biomicroscopique initiale
  5. Exploration de la cornée
  6. Lentilles souples et matériaux
  7. Hydrogels et silico-hydrogels
  8. Géométrie et fabrication
  9. Choix et évaluation clinique
  10. Évaluation de la mobilité et adaptation
  11. Protocole de suivi du port
  12. Solutions et entretien des lentilles
  13. Entretien des étuis et observance
  14. Presbytie et vieillissement oculaire
  15. Correction et adaptation de la presbytie
  16. Lentilles multifocales à vision simultanée
  17. Vision alternée et translation
  18. Matériaux, géométries et adaptation LRPG

1. Mesures biométriques oculaires

Notions clés & Définitions

  • Ptosis : Abaissement de la paupière supérieure causant une diminution de l’ouverture palpébrale.

★ À maîtriser

  • Le diamètre horizontal visible de l’iris (DHIV) moyen est de 11,7 mm, tandis que le diamètre cornéen moyen est de 13,4 mm avec un intervalle de 12,1 à 14,4 mm. — Hall, Hunt et al., 2013

📌 Un DHIV inférieur à 10 mm correspond à une micro-cornée et un DHIV supérieur à 13 mm correspond à une mégalo-cornée.

📌 Le diamètre pupillaire photopique est inférieur au diamètre mésopique, lui-même inférieur au diamètre scotopique, et le diamètre pupillaire diminue avec l’âge.

Compléments

  • À une luminance intermédiaire de 220 cd/m², le diamètre pupillaire moyen passe de 5,5 mm à 20 ans à 4 mm à 70 ans. — Barry Winn, Factors affections light-adapted pupille size in normal human subjects, 1994

  • La mesure pupillaire consiste à faire fixer un point précis en vision de loin, puis à mesurer le diamètre horizontal ou vertical en conditions mésopique et photopique en analysant aussi la forme de la pupille.

  • L’ouverture palpébrale moyenne en position primaire est de 9,7 mm avec un écart-type de 1,2 mm, et l’intervalle standard retenu est de 9,5 à 10 mm. — Read, Collins et al., 2006

Astuce mémo

Petites pupilles → vision alternée ; grandes pupilles → vision simultanée

2. Kératométrie et courbure cornéenne

Notions clés & Définitions

  • Cornée prolate : Cornée asphérique dont la courbure s’aplatit vers la périphérie.
  • Kératométrie : Mesure objective des rayons de courbure principaux de la partie centrale de la cornée, généralement sur une zone de 3 à 4 mm de diamètre.

★ À maîtriser

📐 Formule — Le facteur d’asphéricité Q et l’excentricité e sont liés par la relation e2=−Qe^2=-Q.

  • Une cornée prolate correspond à une excentricité comprise entre 0 et 1, et plus l’excentricité tend vers 1, plus l’aplatissement cornéen augmente.

  • La procédure commune de kératométrie comprend la préparation de l’instrument et du sujet, le centrage des mires, la recherche des méridiens principaux, la mesure du rayon dans chaque méridien, puis la lecture et la notation des résultats.

📌 Un KNIBUT supérieur ou égal à 10 secondes indique une qualité lacrymale acceptable, tandis qu’un KNIBUT inférieur à 10 secondes indique une mauvaise stabilité lacrymale.

Compléments

📌 En notation kératométrique française, les rayons sont principalement exprimés en millimètres, tandis que la notation anglo-saxonne utilise fréquemment les dioptries et nécessite un indice d’étalonnage.

Astuce mémo

Préparer → centrer → méridiens → mesurer → noter

3. Topographie et biomicroscopie

Notions clés & Définitions

  • Topographie cornéenne : Examen qui décrit précisément la forme de la surface cornéenne, notamment son astigmatisme, ses pathologies éventuelles et les éléments utiles à l’adaptation des lentilles de contact.
  • Ménisque lacrymal : Quantité de larmes présente à la jonction entre la conjonctive bulbaire et les bords des paupières, et il est toujours concave.

★ À maîtriser

📌 Les topographes à disque de Placido analysent l’image réfléchie par des cercles concentriques, tandis que les systèmes à balayage de fentes mesurent l’élévation des surfaces cornéennes antérieure et postérieure ainsi que leur épaisseur.

  • Sur une carte topographique, les couleurs chaudes comme l’orange et le rouge indiquent les zones plus cambrées, tandis que les couleurs froides comme le bleu indiquent les zones plus plates.

  • La routine biomicroscopique commence par un faible grossissement et une lumière diffuse, puis augmente le grossissement et utilise des méthodes spécifiques pour examiner les structures en détail.

Compléments

📌 Un indice I-S supérieur à 1,2, traduisant une cornée plus cambrée en inférieur qu’en supérieur, est souvent un signe de kératocône. — Yildiz, Diehl et al., 2009

  • Les grossissements biomicroscopiques sont classés en faible à 6×, moyen à 10×, 16× ou 25×, et fort à 40×.

  • La hauteur généralement mesurée de la rivière lacrymale inférieure est de 0,25 mm.

Astuce mémo

Couleurs chaudes = cornée cambrée ; couleurs froides = cornée plate

4. Évaluation biomicroscopique initiale

Notions clés & Définitions

  • Ménisque lacrymal : Courbe concave située à la jonction entre la conjonctive bulbaire et les bords des paupières, présente en supérieur et en inférieur.

★ À maîtriser

  • La hauteur du prisme lacrymal inférieur est généralement de 0,25 mm.

📌 La vascularisation limbique physiologique correspond à des vaisseaux visibles sur une cornée claire mais non transparente, tandis que la néovascularisation correspond à la croissance de nouveaux vaisseaux vers la cornée.

Compléments

  • L’examen des annexes recherche notamment:
    • une blépharite
    • un chalazion
    • un orgelet
    • un ectropion
    • un entropion
    • une acné rosacée
    • un herpès simplex
    • une pinguécula
    • un ptérygion
    • un chémosis

Astuce mémo

Larmes → annexes → conjonctives

5. Exploration de la cornée

★ À maîtriser

  • Le rebondissement cornéen focalisé puis défocalisé recherche des changements de transparence et des opacités cornéennes en éclairant la cornée « par l’intérieur ».

📌 La rétro-illumination directe place la lumière derrière la zone observée, tandis que la rétro-illumination indirecte déporte la lumière sur le côté et utilise la rétro-dispersion.

  • Une fente cornéenne de largeur comprise entre 0,02 et 0,1 mm forme une coupe optique permettant d’évaluer précisément la profondeur d’une anomalie dans les couches cornéennes.

📌 Un temps de rupture du film lacrymal inférieur à 10 secondes indique une mauvaise qualité des larmes.

Compléments

  • L’endothélium cornéen est examiné en réflexion spéculaire avec un grossissement maximal de 40, ce qui permet de détecter notamment une cornea guttata ou des blebs, mais pas d’évaluer la densité cellulaire ou le polymégatisme.

  • L’éversion de la paupière supérieure se réalise en demandant au sujet de regarder vers le bas, en abaissant doucement la paupière, puis en basculant les cils vers le haut par-dessus un coton-tige placé environ 1 cm au-dessus du bord palpébral.

Astuce mémo

Éclairage direct : localiser ; rétro-éclairage : révéler les opacités

6. Lentilles souples et matériaux

Notions clés & Définitions

  • Perméabilité à l’oxygène : Alvord, Court et al. 1998, 1998 — La perméabilité à l’oxygène Dk est une propriété intrinsèque du matériau, correspondant au produit du coefficient de diffusion de l’oxygène par son coefficient de solubilité.
  • Mouillabilité : Mera Haddad* 2011, 2011 — La mouillabilité caractérise la capacité des larmes à se répartir correctement sur la surface d’une lentille et elle est d’autant meilleure que l’angle de contact est faible.
  • Lentille souple : Lentille de contact nécessitant un support pour conserver sa forme.
  • Polymère : Macromolécule constituée d’unités répétées appelées monomères.

★ À maîtriser

📐 Formule — La transmissibilité à l’oxygène est donnée par Dk/eDk/e, où e est l’épaisseur de la lentille exprimée en centimètres.

  • Holden et Mertz préconisent au minimum un Dk/e de 24 pour le port quotidien et de 87 pour le port prolongé.

Compléments

📌 Un module de Young faible correspond à une lentille plus flexible, tandis qu’un module de Young élevé correspond à une lentille moins flexible.

  • En 1971, la Soflens, première lentille hydrogel approuvée par la FDA, est commercialisée après la cession du brevet de polymérisation rotative à Bausch et Lomb en 1970.

Astuce mémo

Dk/e faible → oxygénation cornéenne diminuée → risque d’hypoxie

7. Hydrogels et silico-hydrogels

Notions clés & Définitions

  • Lentille hydrogel : Lentille dont le matériau possède une certaine teneur en eau.

★ À maîtriser

📌 Un homopolymère contient des monomères identiques, tandis qu’un copolymère contient différents monomères.

  • La structure d’un hydrogel associe un monomère principal hydrophile, un monomère hydrophobe et un agent de liaison assurant sa stabilité et sa résistance mécanique.

  • Le Dk des hydrogels augmente avec la teneur en eau, mais la teneur en eau ne dépasse généralement pas 70 à 80 % et le Dk reste inférieur à 40. — MORTON D. SARVER, 1980

  • Pour optimiser l’oxygénation d’un hydrogel, il faut privilégier une teneur en eau supérieure à 50–55 % et une épaisseur centrale inférieure à 0,1 mm.

  • Les silico-hydrogels résultent de la copolymérisation d’un monomère hydrogel, comme l’HEMA, avec un monomère silicone, comme le TRIS.

  • Les silico-hydrogels présentent généralement un Dk et un Dk/e élevés, une EOP d’environ 18 %, une bonne résistance à la déshydratation et aux dépôts protéiniques, mais peuvent provoquer des SEALS et des mucin balls. — Stapleton, Stretton et al., 2006

Compléments

  • Dans un hydrogel, la partie solide résiste aux forces de pression tandis que la partie liquide pénètre les mailles du réseau, dont la taille des pores varie avec la teneur en eau.

📌 La déshydratation des hydrogels dépend davantage des monomères utilisés et des conditions d’utilisation que de la seule teneur en eau. — Giasson, 2001

  • La première commercialisation des silico-hydrogels a eu lieu en 1999.

Astuce mémo

Hydrogel : eau → Dk ; SiHy : silicone → Dk

8. Géométrie et fabrication

★ À maîtriser

  • La face postérieure d’une lentille souple comprend une zone optique, une zone périphérique et leurs rayons de courbure, tandis que la face antérieure détermine principalement la puissance de la lentille.

  • La mobilité décroît dans l’ordre suivant:

    • asphérique
    • tricourbe
    • bicourbe
    • monocourbe
  • Une lentille souple à forte teneur en eau est généralement plus épaisse qu’une lentille à faible teneur en eau, avec par exemple 0,06 mm à 38 %, 0,10 mm à 55 % et 0,12 mm à 70 %.

  • 🔄 Le taillage-tournage comprend les étapes suivantes:

    1. calculs préalables
    2. glantage des palets
    3. usinage et polissage des faces
    4. contrôles
    5. hydratation
    6. conditionnement
    7. stérilisation en autoclave

Compléments

  • 🔄 Le moulage à l’état sec comprend les étapes suivantes:
    1. création du moule
    2. remplissage avec les monomères
    3. fermeture et polymérisation
    4. démoulage
    5. hydratation
    6. vérification et conditionnement

Astuce mémo

Tailler, polir, hydrater, contrôler

9. Choix et évaluation clinique

Points essentiels

📌 Le silico-hydrogel constitue le matériau de première intention pour une lentille souple, et le port permanent ne doit être envisagé qu’avec un silico-hydrogel dans de rares situations. — Seghetti, Nosch et al., 2026

📌 L’astigmatisme doit être corrigé à partir de 0,75 dioptrie de cylindre, tandis qu’une lentille sphérique peut être choisie lorsque l’astigmatisme total est inférieur à 0,75 dioptrie.

  • Les principaux systèmes de stabilisation sont:
    • double allégement
    • prisme ballast ou péri-ballast
    • stabilisation dynamique ESD

📌 Le temps de rupture du film pré-lentille doit être compris entre 5 et 10 secondes lors de l’évaluation d’une lentille souple.

  • La mobilité nécessaire d’une lentille souple pour éliminer les déchets entre la cornée et sa face postérieure est de 0,25 à 0,75 mm.

📌 Le recouvrement cornéen d’une lentille souple doit être complet 100 % du temps et son bord ne doit jamais toucher le limbe.

Astuce mémo

Choisir, poser, observer, grader

10. Évaluation de la mobilité et adaptation

★ À maîtriser

  • La mobilité nécessaire au renouvellement des débris entre la cornée et la face postérieure de la lentille souple est comprise entre 0,25 et 0,75 mm.

📌 Une fausse mobilité correspond à une sensation de déplacement provoquée par le mouvement des vaisseaux sous-jacents, sans renouvellement des larmes sous la lentille.

  • L’évaluation d’une lentille comprend l’observation de sa mobilité, de son centrage, de son recouvrement et de son adhérence au push-up, puis l’examen du segment antérieur après son retrait.

📌 Une mobilité de grade -2 indique une lentille trop serrée, tandis qu’une mobilité de grade +2 indique une lentille trop plate ou trop mobile.

Compléments

  • Pour améliorer une lentille trop serrée, il faut réduire la flèche, augmenter le module de Young ou augmenter l’épaisseur de la lentille.

📌 Pour améliorer une lentille trop plate, il faut augmenter la flèche, diminuer le module de Young ou diminuer l’épaisseur de la lentille.

Astuce mémo

Mobilité, centrage, recouvrement, push-up

11. Protocole de suivi du port

★ À maîtriser

  • Lors du premier rendez-vous, la lentille est portée pendant 20 à 30 minutes avant une observation rapide, puis le patient repart avec une durée de port initiale de quatre heures.

  • Au premier contrôle après quatre heures, il faut recueillir les impressions du client, mesurer l’acuité visuelle sur lentilles, réaliser la réfraction complémentaire, examiner l’œil à la lampe à fente et examiner la cornée et la conjonctive après le retrait.

  • À environ 7 jours de port, le deuxième rendez-vous reprend le même bilan que le premier rendez-vous de contrôle.

  • À environ 4 semaines de port, le troisième rendez-vous reprend le bilan précédent et ajoute une biomicroscopie complète après le retrait des lentilles.

Compléments

📌 Si le contrôle est satisfaisant, le porteur augmente sa durée de port de deux heures par jour pendant une semaine après l’apprentissage de la manipulation des lentilles.

Astuce mémo

Premier jour, 7 jours, 4 semaines

12. Solutions et entretien des lentilles

Notions clés & Définitions

  • Solution oxydante : Utilise du peroxyde d’hydrogène, généralement à 3 %, qui doit être neutralisé pour être transformé en eau.
  • Observance : La capacité du porteur à respecter les règles nécessaires au port des lentilles de contact.

★ À maîtriser

  • Les principales caractéristiques sont: absence de conservateurs, absence de massage des lentilles, compatibilité avec les lentilles souples, compatibilité avec les lentilles silicone-hydrogel, compatibilité avec les lentilles rigides perméables aux gaz

  • Le soir, le porteur se lave les mains, retire les lentilles, les masse pendant 15 à 20 secondes, les rince avec la solution multifonction et les laisse tremper dans l’étui.

  • Une solution saline contient du chlorure de sodium à 0,9 % et ne permet ni la décontamination, ni la chélation, ni la lubrification, ni le nettoyage.

📌 La meilleure prévention de la contamination des étuis consiste à les masser, les rincer, les sécher avec un tissu propre puis les laisser sécher à l’air libre, en les gardant ouverts et vides pendant la journée.

Compléments

  • Le pH moyen des larmes est d’environ 7,45, avec un intervalle de tolérance compris entre 6,6 et 7,8. — Tang et al, 1996

Astuce mémo

Oxydants : efficacité et absence de conservateurs ; multifonctions : simplicité et rémanence

13. Entretien des étuis et observance

★ À maîtriser

📌 Il faut utiliser l’étui délivré avec le produit, le renouveler lors du renouvellement de la solution, le conserver ouvert et vide pendant la journée et l’éloigner des projections d’eau du robinet.

  • 🔄 La procédure d’entretien la plus efficace associe les étapes suivantes:

    1. Massage
    2. Rinçage
    3. Séchage avec un tissu propre
    4. Séchage à l’air libre
  • Les comportements de mauvaise observance comprennent le sommeil avec les lentilles, les activités aquatiques avec les lentilles, le topping off, le non-renouvellement des lentilles ou des étuis dans les délais, le mauvais entretien de l’étui et la mauvaise hygiène des mains. — Robertson and Cavanagh 2011

📌 La mauvaise observance entraîne une perte de confort en fin de journée ou en fin de vie des lentilles et une augmentation du risque de complications oculaires.

Compléments

📌 Un étui lisse maintient moins le biofilm en surface qu’un étui présentant un relief intérieur, et un étui cylindrique est moins contaminé qu’un étui plat chez les porteurs de lentilles rigides d’orthokératologie.

Astuce mémo

Masser → rincer → sécher au tissu → laisser sécher à l’air

14. Presbytie et vieillissement oculaire

★ À maîtriser

  • En 2040, la moitié de la population sera presbyte, c’est-à-dire âgée de plus de 50 ans.

  • La presbytie peut être compensée par:

    • Monovision
    • Vision simultanée
    • Vision alternée
  • En vision de loin, le relâchement du muscle ciliaire tend la zonule antérieure, qui aplatit le cristallin, tandis qu’en accommodation le muscle ciliaire se déplace vers l’avant et l’intérieur, relâche la zonule et permet au cristallin de reprendre une forme plus cambrée.

  • Le pouvoir accommodatif diminue linéairement entre 10 et 50 ans d’environ 0,25 D par an, tandis que l’accommodation subjective se stabilise à environ 1 D.

  • Le diamètre pupillaire moyen diminue de 5,5 mm à 20 ans à 4 mm à 70 ans pour une luminance intermédiaire de 220 cd/m². — Barry Winn 1994

Compléments

  • Chez les presbytes équipés en lentilles de contact, 46 % portent une correction de loin associée à des lunettes additionnelles pour la vision de près, 16 % portent des lentilles rigides et 10 % sont adaptés en monovision. — Morgan, Efron et al. 2024

  • Pendant l’accommodation, le rayon de courbure antérieur du cristallin passe de 12 à 7 mm pour 8 D d’accommodation, tandis que le rayon postérieur passe de 7 à 6 mm. — Charman 2008

  • Les causes probables de la presbytie comprennent (Ioannis G Pallikaris 2012):

    • Perte d’élasticité de la capsule
    • Augmentation de la rigidité et de la taille du cristallin
    • Changement du support vitréen
    • Changement de la géométrie de la zone d’attachement de la zonule de Zinn
    • Réduction de l’espace entre l’équateur du cristallin et l’anneau du muscle ciliaire
    • Perte d’efficacité du muscle ciliaire
    • Perte d’élasticité de la choroïde

📐 Formule — L’acuité visuelle après 29 ans peut être représentée par la relation log⁡MAR VA=0.0029×a^ge−0.25\log MAR\ VA = 0.0029 \times âge - 0.25. — Elliott, Yang et al. 1995

Astuce mémo

Vieillissement du cristallin → perte d’accommodation → presbytie

15. Correction et adaptation de la presbytie

Notions clés & Définitions

  • Monovision : Ian P. Howard 1995 — Compense un œil pour la vision de loin et l’autre pour la vision de près, en s’appuyant sur la suppression corticale de l’image la plus floue.
  • Vision simultanée : Fait converger simultanément sur la rétine les images correspondant aux visions de loin, intermédiaire et de près grâce à une combinaison d’aberrations sphériques.

★ À maîtriser

  • 🔄 L’examen initial du presbyte comprend:
    1. Anamnèse
    2. Réfraction
    3. Examen clinique

📌 La réfraction subjective de loin doit être la plus convexe possible afin de minimiser l’addition, sans négliger la qualité de la vision de près.

  • Le test du flou préférentiel détermine l’œil de vision de loin en ajoutant alternativement un verre de +0,75 D devant chaque œil, les deux yeux restant ouverts, puis en retenant l’œil qui supporte le moins la dégradation.

📌 En monovision, il est déconseillé de créer une défocalisation monoculaire supérieure à 1,25 D, car les performances binoculaires diminuent et une inhibition peut apparaître au-delà de ce seuil. — Pardhan and Gilchrist 1990

📌 Le décentrement d’une lentille multifocale modifie la proportion de zones de vision de loin et de près devant la pupille, peut améliorer la vision de loin au détriment de la vision de près et introduit une coma.

Compléments

  • La monovision nécessite environ deux semaines d’adaptation, son taux de succès est estimé à au moins 60 %, et une autre technique est recommandée lorsque l’addition atteint ou dépasse 1,5 D.

  • Le diamètre pupillaire typique d’un presbyte à 50 cd/m² est de 4,7 mm en vision de loin et de 3,7 mm en vision de près. — Chateau, De Brabander et al. 1996

📌 Les lentilles à vision simultanée comprennent notamment les lentilles progressives, dont la puissance évolue du centre à la périphérie, et les lentilles bifocales, qui comportent une zone centrale et une zone périphérique de puissances différentes.

Astuce mémo

Monovision : un œil par distance ; vision simultanée : toutes les distances ensemble

16. Lentilles multifocales à vision simultanée

★ À maîtriser

  • Le décentrement d’une lentille multifocale induit une coma, c’est-à-dire une différence de correction selon un méridien, qui fait « baver » la lettre dans l’axe du décentrement.

📌 Une lentille rigide à vision simultanée doit être parfaitement centrée et ne pas présenter une grande mobilité, car le décentrement provoque une coma et la mobilité entraîne une vision fluctuante.

  • L’adaptation d’une lentille souple à vision simultanée commence par une réfraction de loin la plus convexe possible, suivie de l’évaluation de la sphère, de l’équilibre binoculaire, de la recherche éventuelle de l’œil de vision de près et du choix de la lentille selon la règle du fabricant.

📌 La vision aménagée modifie l’adaptation standard du fabricant, notamment en utilisant une lentille différente à chaque œil, une vision de près centrale sur un œil et une vision de loin centrale sur l’autre, ou deux lentilles multifocales décalées jusqu’à 0,75 D.

Compléments

📌 Une baisse visuelle présente dès la pose évoque un problème de puissance, tandis qu’une plainte visuelle confuse apparaissant avec le temps de port évoque davantage un problème de matériau, de mouillabilité ou d’hydratation.

Astuce mémo

Décentrement → coma → lettres qui bavent

17. Vision alternée et translation

Notions clés & Définitions

  • Vision alternée : Repose sur la translation de la lentille par rapport à l’œil afin de placer la zone de vision de loin devant la pupille en vision de loin et la zone de vision de près devant la pupille en vision de près.

★ À maîtriser

  • La zone de la pupille couverte par la puissance correspondant à la distance observée devrait être supérieure à 50 % pour assurer une vision alternée efficace. — Alder Francis Heed 1981

  • Les lentilles segmentées possèdent un segment supérieur de vision de loin et un segment inférieur de vision de près, tandis que les lentilles concentriques comportent une zone centrale et une zone périphérique et ne nécessitent pas de ballastage.

  • L’adaptation en vision alternée nécessite une mobilité de grade 0 à +1, un tonus suffisant de la paupière inférieure et une biométrie précise, tandis qu’une ouverture palpébrale hors norme, un ectropion ou un ptosis rendent l’adaptation probablement impossible.

Compléments

  • Lors du passage de la vision de loin à la vision de près, la paupière inférieure s’abaisse d’environ 5 mm et l’axe visuel s’abaisse davantage, avec une différence rapportée de 0,8 ± 0,35 mm ou de 1,3 ± 0,80 mm. — Alder Francis Heed 1981

  • La vision alternée peut offrir une zone centrale de vision de loin large, avec une vision nette comparable aux lunettes et théoriquement moins de halos et d’images fantômes que la vision simultanée, si toute la pupille se trouve devant une seule zone de correction.

Astuce mémo

Vision simultanée : deux puissances ; vision alternée : une seule zone devant la pupille

18. Matériaux, géométries et adaptation LRPG

Notions clés & Définitions

  • Dégagement aux bords : Fink 1991 — Distance mesurée entre le bord de la lentille rigide et la cornée, avec une valeur optimale indiquée de 75 à 100 microns.
  • Analyse fluorescéinique : s’effectue avec de la fluorescéine, un filtre jaune et une lumière bleue, en maintenant artificiellement la lentille centrée pour examiner les zones centrale, intermédiaire et périphérique

Points essentiels

  • Le PMMA est un matériau rigide, bien mouillable et biocompatible, mais sa perméabilité à l’oxygène est nulle, ce qui expose à un risque important d’œdème cornéen.

  • L’augmentation du Dk augmente l’oxygénation et la flexibilité, mais augmente aussi l’attraction lipidique et diminue la résistance mécanique et la mouillabilité, sauf en cas de traitement de surface.

📐 Formule — En l’absence de règle du fournisseur, le rayon de courbure théorique suit Ro=K−13TC±DiamRo = K - \frac{1}{3}TC \pm Diam.

  • Une variation de 0,05 mm du rayon de courbure entraîne une variation de puissance d’environ 0,25 dioptrie ; un serrage de 0,05 mm crée un ménisque de larmes de +0,25 dioptrie et une lentille de puissance réduite de 0,25 dioptrie.

📌 Une lentille rigide qui ne fléchit pas compense environ 90 % de l’astigmatisme cornéen, tandis qu’une lentille qui fléchit en compense moins.

  • L’évaluation d’une lentille rigide commence par l’analyse dynamique de la mouillabilité, de l’état de surface, du centrage et de la mobilité, puis se poursuit par l’analyse statique de l’image fluorescéinique dans les zones centrale, intermédiaire et périphérique.

  • L’évaluation dynamique d’une LRPG comprend le contrôle du centrage, de la mobilité en regard primaire et dans les versions, de la stabilité, de la vision et de l’absence de franchissement limbique.

  • Dans la zone centrale, une lentille alignée présente un espacement lentille-cornée faible d’environ 10 μm et la différence des ménisques lacrymaux dans les deux méridiens permet d’évaluer la toricité cornéenne.

📌 Dans la zone intermédiaire, l’absence de fluorescéine indique un équipement serré, sa présence indique un équipement plat, et un alignement ou un très léger contact correspond à une adaptation optimale.

  • 🔄 Le protocole de primo-adaptation suit plusieurs étapes:

    1. Observation initiale après 20 à 30 minutes
    2. Essai d’une heure
    3. Contrôle après 5 à 7 jours
    4. Contrôle après 3 à 4 semaines avec examen biomicroscopique complet
  • Une adaptation serrée améliore le centrage, la stabilité et l’attachement palpébral, diminue le mouvement et présente un film lacrymal apical plus marqué avec des dégagements axiaux périphériques plus fins, tandis qu’une adaptation plate produit les effets opposés.

  • Pour corriger une LRPG basse, il faut augmenter l’action des paupières en augmentant le diamètre total ou l’épaisseur du bord, tandis que pour corriger une LRPG haute, il faut diminuer cette action en réduisant le diamètre total ou l’épaisseur du bord.

  • Le rayon de courbure est le premier paramètre modifié et se change habituellement par pas de 0,05 mm, jusqu’à 0,10 mm pour les matériaux plus flexibles, afin d’obtenir un alignement apical.

  • Les agents d’entretien des LRPG comprennent (Zhou, Jin et al., 2024):

    • les agents décontaminants
    • les agents surfactants
    • les agents déprotéinisants
    • les agents chélateurs
    • les agents tampons
    • les agents hydratants
    • les agents viscosifiants
    • les vitamines

Astuce mémo

Matériau → géométrie → paramètres → contrôle dynamique et statique

Tableaux de synthèse

Perméabilité et transmissibilité

NotionDéfinitionConséquence
DkPropriété intrinsèque du matériauPlus le Dk est élevé, plus le matériau est perméable
Dk/eTransmissibilité rapportée à l’épaisseurDiminue lorsque l’épaisseur augmente

Comparaison des matériaux

CaractéristiqueHydrogelSilico-hydrogel
Facteur principal du DkTeneur en eauSilicone
OxygénationLimitéeGénéralement élevée
DéshydratationVariable selon les monomères et les conditionsBonne résistance
DépôtsAttraction protéinique dépendante de l’hydrophilie et de l’ionicitéBonne résistance aux protéines, mais attraction lipidique possible

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Teste tes connaissances sur Presbytie et lentilles de contact avec 70 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle est la valeur moyenne du diamètre horizontal visible de l’iris chez l’adulte ?

2. Quel diamètre horizontal visible de l’iris évoque une mégalocornée ?

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Quelle est la valeur moyenne du diamètre horizontal visible de l’iris (DHIV) ?

Le DHIV moyen est de 11,7 mm.

Quelle est la valeur moyenne du diamètre cornéen ?

Le diamètre cornéen moyen est de 13,4 mm.

Que signifie un DHIV inférieur à 10 mm ?

Cela correspond à une micro-cornée.

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