Fiche de révision : Risques climatiques et adaptation

Plan du Cours

  1. PIB et mesure du bien-être
  2. Scénarios de croissance et inégalités
  3. Énergie et accès aux ressources
  4. Dommages climatiques et adaptation
  5. Inondations côtières et adaptation
  6. Sécheresses et inondations fluviales
  7. Incendies et exposition humaine
  8. Ouragans et résilience humaine
  9. Adaptation aux submersions côtières
  10. Résilience face aux catastrophes
  11. Évaluation des dommages climatiques
  12. Coûts des engagements de Paris
  13. Coût économique des engagements de Paris
  14. Effets et rentabilité de l’accord de Paris
  15. Arbitrage entre dommages et politiques climatiques
  16. Priorités environnementales et investissements
  17. Priorités climatiques et objectifs de développement
  18. Progrès du bien-être et énergie

1. PIB et mesure du bien-être

Notions clés & Définitions

  • PIB par personne : Le PIB par personne est utilisé comme indicateur principal du bien-être humain, car il est fortement corrélé au bien-être subjectif, à l’espérance de vie, à la survie des enfants, à la réduction de la pauvreté et de la malnutrition, à l’accès aux infrastructures et à la performance environnementale.

Points essentiels

  • Robert Kennedy a critiqué le PIB en 1968, affirmant qu’il mesure de nombreuses activités économiques sans mesurer ce qui rend la vie digne d’être vécue.

2. Scénarios de croissance et inégalités

Notions clés & Définitions

  • Inégalité de Gini : L’inégalité mesurée par le coefficient de Gini varie de 0, correspondant à l’égalité complète, à 1, correspondant à l’inégalité complète.

★ À maîtriser

  • Selon l’enquête d’experts de Christensen et al. (2018), la croissance annuelle médiane du PIB par habitant devrait être de 2,59 % entre 2010 et 2050 et de 2,03 % entre 2010 et 2100, portant le PIB par habitant de 2100 à 610 % de son niveau de 2010.

  • Christensen et al. (2018) estiment une croissance médiane du PIB par habitant de 1,46 % par an dans les pays à revenu élevé et de 2,53 % dans les pays à faible revenu, correspondant respectivement à 368 % et 948 % de leur niveau de 2010 en 2100.

  • Les projections SSP indiquent que l’inégalité entre pays ne retrouvera pas d’ici 2100 les niveaux de la fin du XXe siècle ; dans le scénario médian SSP2, elle revient au niveau de 1820, et dans SSP1 et SSP5, elle descend sous ce niveau. - Riahi et al., 2017

Compléments

  • Les cinq trajectoires socioéconomiques partagées de l’ONU (SSP) projettent pour 2100 un PIB par habitant compris entre 227 % et 1 426 % de son niveau de 2010. - Shared Socioeconomic Pathways

Astuce mémo

Les pays pauvres rattrapent les pays riches : l’écart entre pays se resserre.

3. Énergie et accès aux ressources

★ À maîtriser

  • En 2018, la part des énergies renouvelables se répartissait ainsi : (IEA, 2019a) :
    • 70 % de biomasse
    • 18 % d’hydroélectricité
    • 5 % d’éolien
    • 4 % de géothermie
    • 2 % de solaire photovoltaïque

Compléments

  • Entre 1800 et 2010, l’énergie disponible par personne en Angleterre et au pays de Galles a été multipliée par 3,7, tandis que les services de chauffage domestique ont été multipliés par 18, les services de transport par 170 et l’éclairage par 21 000. - Warde, 2007

  • Au XIXe siècle, le bois fournissait 85 % de l’énergie ; au XXe siècle, le charbon en fournissait 34 %, contre 28 % pour le pétrole et 23 % pour le bois. - Smil, 2014

  • Dans le scénario SSP1, la part des énergies renouvelables atteint 45 % en 2100, tandis que les quatre autres scénarios SSP prévoient une part comprise entre 14 % et 23 %. - Riahi et al., 2017

Astuce mémo

Une pile d’énergies qui s’additionnent : le charbon puis le pétrole et le gaz s’ajoutent aux sources précédentes.

4. Dommages climatiques et adaptation

Notions clés & Définitions

  • Effet du centre de cible croissant : Strader and Ashley, 2015 - L’effet du centre de cible croissant désigne l’augmentation des dommages dus aux catastrophes parce que davantage de personnes et de biens de valeur sont exposés, même sans aggravation du phénomène climatique.

★ À maîtriser

  • L’adaptation aux risques climatiques réduit les dommages futurs en ajustant notamment les protections côtières à la hausse du niveau marin et à l’augmentation des revenus.

  • Une étude de Jevrejeva et al. (2018) estime à 14 000 milliards de dollars par an les dommages dus aux inondations côtières en 2100 dans un scénario sans adaptation supplémentaire ; une adaptation même très limitée réduirait ce coût de 88 %.

Compléments

  • Environ 13 % du littoral mondial, soit 92 500 km, sera protégé quels que soient le niveau de la mer, le taux d’actualisation et la richesse ; ce littoral représente 90 % de la population des plaines côtières et 96 % des actifs concernés. - Lincke and Hinkel, 2018

  • Dans le scénario SSP5 à fort réchauffement étudié par Hinkel et al. (2014), les inondations côtières touchent en moyenne 3,4 millions de personnes par an en 2000, avec des estimations allant de 1,5 à 5,3 millions selon les hypothèses de modélisation.

Astuce mémo

Plus de population et de richesse exposées → des dégâts plus importants, même sans aggravation du climat.

5. Inondations côtières et adaptation

★ À maîtriser

  • Dans le scénario SSP5 étudié par Hinkel et al. (2014), sans adaptation, les dégâts des inondations côtières atteindraient en 2100 en moyenne 55 000 milliards de dollars par an, soit 5,3 % du PIB mondial, avec 187 millions de personnes inondées annuellement.

  • Dans le scénario SSP5 avec adaptation étudié par Hinkel et al. (2014), les digues coûteraient 48 milliards de dollars par an en 2100, les dégâts 38 milliards et 15 000 personnes seraient inondées en moyenne, pour un coût total de 0,008 % du PIB mondial.

Compléments

  • Dans le modèle de Hinkel et al. (2014), le coût annuel des inondations côtières et de l’entretien des digues passe de 24 milliards de dollars, soit 0,05 % du PIB mondial en 2000, à 86 milliards de dollars en 2100 avec adaptation.

  • Selon Lincke et Hinkel (2018), environ 13 % du littoral mondial, soit 92 500 km, sera protégé quel que soit le niveau de montée des eaux, le taux d’actualisation ou la richesse, et ce littoral concentre 90 % de la population des plaines côtières inondables et 96 % des actifs.

  • Lomborg rapporte que, sur les 30 dernières années, les gains et pertes de terres côtières ont abouti à une augmentation nette de plus de 13 000 km² de superficie côtière mondiale, selon Donchyts et al. (2016).

Astuce mémo

Digues fixes : dégâts catastrophiques ; digues adaptées : victimes fortement réduites

6. Sécheresses et inondations fluviales

★ À maîtriser

📌 L’IPCC (2013a) indique qu’il existe une faible confiance dans l’existence d’une tendance mondiale observée des sécheresses et dans l’attribution à l’influence humaine de leurs changements à l’échelle des terres émergées depuis le milieu du XXe siècle.

  • Selon l’IPCC (2013a), les tendances mondiales de l’ampleur ou de la fréquence des crues pendant la période instrumentale ne peuvent être établies avec confiance faute de preuves suffisantes.

Compléments

  • Depuis 1950, les sécheresses ont probablement augmenté en Méditerranée et en Afrique de l’Ouest, mais probablement diminué dans le centre de l’Amérique du Nord et le nord-ouest de l’Australie, selon l’IPCC (2013a).

  • L’IPCC (2013a) a retiré sa conclusion antérieure d’une hausse mondiale des sécheresses depuis les années 1970, car de nouvelles données ne confirmaient pas cette tendance.

  • Aux États-Unis, les crues ont augmenté dans certaines zones, comme la haute vallée du Mississippi, et diminué dans d’autres, comme le Nord-Ouest, sans lien significatif établi entre l’augmentation des crues fluviales et le changement climatique anthropique, selon l’USGCRP (2017).

  • Pour la Californie, la gestion des réservoirs peut réduire d’environ 50 % le déficit hydrique pendant les sécheresses, tandis qu’une forte consommation d’eau, principalement pour l’irrigation, peut presque doubler la durée et le déficit des sécheresses (He et al., 2017).

7. Incendies et exposition humaine

★ À maîtriser

  • La surface mondiale brûlée a diminué de plus de 1,4 million de km², passant de près de 5 millions de km² dans les années 1900 à un peu plus de 3,5 millions dans les années 2000, selon Yang et al. (2014).

  • Aux États-Unis, la surface brûlée annuelle est passée d’environ 3 millions d’acres dans les années 1980 à 7 millions dans les années 2010, contre 39 millions d’acres par an dans les années 1930, selon les données citées par Lomborg.

📌 En Californie, le réchauffement seul pourrait accroître la surface brûlée médiane de 15 à 20 % au milieu du siècle et de 40 % vers la fin du siècle, mais les scénarios de croissance des logements influencent davantage le risque futur que les scénarios climatiques (Bryant et Westerling, 2014).

Compléments

  • Les satellites montrent une réduction de 25 % de la surface brûlée mondiale en seulement 18 ans, selon Andela et al. (2017).

  • Dans l’Ouest des États-Unis, les logements situés dans des zones de risque d’incendie moyen à très élevé sont passés à 22 millions en 2010, soit 1 250 % de leur nombre de 1940, et le nombre de logements exposés y est estimé à 1 150 % de celui de 1940.

  • Pour la Californie, une projection de croissance tendancielle estime que les logements situés dans la zone de risque d’incendie la plus élevée augmenteront de 50 % pour atteindre 1,7 million en 2050 (Mann et al., 2014).

Astuce mémo

Davantage d’habitations en zones à risque → davantage de pertes potentielles

8. Ouragans et résilience humaine

★ À maîtriser

  • L’IPCC (2013a) indique qu’aucune tendance significative de la fréquence mondiale des cyclones tropicaux n’est observée au cours du siècle étudié et que l’attribution des changements d’activité cyclonique à l’influence humaine est peu certaine.

  • Dans le modèle de Gettelman et al. (2018), les dommages mondiaux des ouragans passent de 67 à 97 milliards de dollars avec le réchauffement seul, tandis que la croissance de la société sans changement climatique les porte à environ 300 % de leur niveau actuel.

Compléments

  • L’activité des ouragans de l’Atlantique Nord a augmenté, mais l’attribution de cette hausse à l’influence humaine reste incertaine selon l’IPCC (2013a), l’USGCRP (2017) et Trenary et al. (2019).

  • La population des 123 comtés côtiers du golfe du Mexique et de l’Atlantique jusqu’à la Virginie est passée de moins de 2 millions en 1900 à plus de 31 millions en 2020, soit 1 640 % de la population de 1900.

  • Les ouragans représentent environ 0,04 % du PIB mondial aujourd’hui ; en 2100, leur coût représenterait 0,01 % du PIB sans changement climatique et 0,02 % avec des ouragans plus intenses mais moins fréquents, selon les estimations citées par Lomborg.

  • Selon Pielke (2007), certaines interventions de réduction de la vulnérabilité peuvent être jusqu’à 52 fois plus efficaces qu’une dépense de politique climatique pour limiter les dommages considérés.

  • À Jakarta, la moitié côtière de la ville s’est affaissée de 2 à 4 mètres depuis 1925, mais la ville a en partie répondu par des digues, l’élévation des quais portuaires et celle de nouvelles constructions.

Astuce mémo

Aléa météorologique stable ou modifié ; exposition et vulnérabilité croissantes ou réduites

9. Adaptation aux submersions côtières

★ À maîtriser

  • À Ubay, les habitants adaptent leurs maisons et leurs déplacements aux marées en surélevant les planchers avec des pierres de corail, en construisant sur pilotis, en haussant leurs biens, en empruntant des chemins surélevés et en stockant l’eau de pluie dans des réservoirs.

  • À Jakarta, l’extraction des eaux souterraines et la charge des bâtiments contribuent à l’affaissement du sol ; depuis 1925, la moitié côtière de la ville s’est enfoncée de 2 à 4 m. - Andreas et al., 2018

  • Jakarta lutte contre l’affaissement en construisant des digues, en surélevant les quais portuaires et les nouvelles zones de construction, et en gagnant des terres par des projets immobiliers ; cesser l’extraction des eaux souterraines serait le moyen le plus efficace de freiner l’enfoncement. - Esteban et al., 2019

Compléments

  • À Ubay, un séisme de magnitude 7,2 en 2013 a entraîné un affaissement probablement supérieur à 1 m, et l’île est désormais submergée lors des plus fortes marées de l’année. - Esteban et al., 2019

  • À Ubay, les stratégies d’évacuation ont évolué : les habitants gagnent le continent même lors de tempêtes plus faibles, alors qu’ils n’étaient auparavant évacués que lors de typhons violents.

  • Après le séisme et le tsunami de Tohoku de 2011, le nord-est du Japon s’est abaissé de 78 cm ; les pouvoirs publics ont rehaussé certaines zones jusqu’à 8 m et des villes entières de 3 m. - Esteban et al., 2019

10. Résilience face aux catastrophes

★ À maîtriser

  • La base EM-DAT dénombre 38,6 millions de morts dues aux catastrophes de 1900 à 2019 ; parmi les 23,4 millions de décès répartis entre les grandes catégories non biologiques et « complexes », 50 % sont attribués aux sécheresses, 30 % aux inondations, 11 % aux séismes, 6 % aux tempêtes et 3 % à d’autres causes. - Emergency Events Database

  • De 1920 aux années 2010, le risque annuel individuel de décès lié au climat a baissé de 99 %, contre 85 % pour le risque non climatique ; les décès climatiques mondiaux annuels sont passés de près de 500 000 à moins de 20 000, soit une baisse de 96 %. - EM-DAT, 2019

  • La baisse de la mortalité liée aux catastrophes climatiques est associée à l’amélioration du niveau de vie, à la réduction de la pauvreté, aux systèmes d’alerte et au commerce mondial, qui rend notamment moins probable qu’une sécheresse provoque une famine généralisée.

  • La part du PIB mondial consacrée aux pertes dues aux catastrophes météorologiques a probablement diminué de 0,26 % en 1990 à 0,19 % en 2018, sans hausse statistiquement significative sur la période.

Compléments

  • Pour plusieurs aléas, la moyenne mobile de la mortalité de 1980 à 2016 a été divisée par 6,5, avec une baisse allant d’un facteur 2 pour les inondations à un facteur 16 pour les crues éclair. - Formetta and Feyen, 2019

  • Pour estimer les dégâts des ouragans américains, l’évolution de la richesse et de la population exposées peut compter davantage qu’une simple correction par le PIB : entre 1900 et 2016, le PIB par habitant a été multiplié par 8,5 et la population par 4,25, tandis que la population côtière de Floride a été multipliée par plus de 64.

Astuce mémo

Niveau de vie, prévention et alertes renforcés → mortalité climatique réduite

11. Évaluation des dommages climatiques

★ À maîtriser

  • La synthèse de Nordhaus et Moffat estime qu’un réchauffement de 4 °C entraînerait une perte de PIB de 2,9 %, portée à 3,64 % après une majoration de 25 % destinée aux dommages omis. - Nordhaus and Moffat, 2017

  • Dans les scénarios SSP1 et SSP5, les dommages climatiques de 2100 réduisent respectivement le PIB mondial par habitant de 2,5 % et de 5,7 % ; malgré ces pertes, le PIB par habitant atteint respectivement 5,9 et 9,8 fois sa valeur de 2020.

Compléments

  • Le rapport du GIEC estime à 0,28 % du PIB le coût d’un réchauffement de 1,5 °C ; il rapporte aussi une estimation de 2,6 % du PIB pour un réchauffement non atténué de 3,66 °C d’ici 2100. - IPCC, 2018

  • Les modèles intégrés DICE, FUND et PAGE donnent des estimations de dommages plus proches lorsqu’ils traitent tous la vulnérabilité dynamique, c’est-à-dire la capacité des populations plus riches à mieux faire face à certains risques.

  • Selon l’étude citée, une désintégration complète de la calotte groenlandaise coûterait 0,012 % du PIB en 2100, tandis qu’un effondrement complet des pêcheries marines et du tourisme des récifs coralliens en 2200 équivaudrait à 0,0075 % du PIB. - Nordhaus, 2019

  • L’analyse de Burke et al. (2015) projette une réduction de 23 % du PIB mondial en 2100, mais ses résultats sont contestés pour leur absence d’adaptation et leur forte sensibilité au choix de spécification du modèle.

Astuce mémo

Dommages modélisés et pertes omises : les coûts additionnels sont intégrés par une majoration

12. Coûts des engagements de Paris

★ À maîtriser

  • Selon les estimations citées, les États-Unis promettent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 % sous leur niveau de 2005 en 2025, ce qui entraînerait une perte annuelle de PIB estimée entre 154 et 172 milliards de dollars. - USNDC, 2016

  • L’Union européenne promet une baisse des émissions de 40 % sous leur niveau de 1990 en 2030 ; une trajectoire comparable est estimée réduire son PIB de 1,6 %, soit 287 milliards d’euros de 2010. - EUNDC, 2016

  • La promesse chinoise de réduire l’intensité énergétique d’au moins 60 % sous son niveau de 2005 équivaut à une réduction d’au moins 1,9 Gt de CO₂ par an, estimée entraîner une perte annuelle de PIB d’environ 200 milliards de dollars. - China NDC, 2016

Compléments

  • Les études citées estiment que les coûts officiels des politiques climatiques peuvent sous-estimer les coûts évalués par la recherche, et que le choix de politiques inefficaces peut doubler le coût de réduction des émissions.

13. Coût économique des engagements de Paris

★ À maîtriser

  • Les réductions promises par les États-Unis, l’Union européenne, la Chine et le Mexique représentent environ 80 % des réductions totales promises et coûteraient ensemble 756 milliards de dollars par an selon l’estimation retenue.

  • En supposant que les autres pays représentent proportionnellement les 20 % restants, le coût mondial des promesses de Paris atteint 945 milliards de dollars par an avec les politiques les plus efficaces et 1 890 milliards avec des politiques plus réalistes.

Compléments

  • L’analyse en second-best de Li et al. (2017), intégrant l’inertie et les comportements myopes dans un modèle d’équilibre général, estime que le coût des engagements de Paris pourrait atteindre 4,25 % du PIB, soit 5 400 milliards de dollars par an.

  • Dans le tableau comparatif de l’article, les coûts annuels des promesses de Paris sont estimés à 154 milliards de dollars pour les États-Unis, 322 milliards pour l’Union européenne, 200 milliards pour la Chine et 80 milliards pour le Mexique selon les politiques les plus efficaces.

14. Effets et rentabilité de l’accord de Paris

★ À maîtriser

  • L’UNFCCC estime les réductions d’émissions associées aux promesses de Paris à 2,8 Gt CO₂e en 2025 et 3,6 Gt CO₂e en 2030 au scénario médian, avec des fourchettes respectives de 0,2–5,5 et 0,0–7,5 Gt CO₂e.

  • Sur 2016–2030, la réduction médiane cumulée attribuée aux promesses de Paris est de 31,8 Gt CO₂e et l’estimation haute de 63,8 Gt CO₂e. - UNFCCC, 2015

  • En appliquant une relation linéaire entre émissions cumulées et température, l’auteur estime que les promesses de Paris jusqu’en 2030 réduiraient la température mondiale d’environ 0,029 °C au maximum estimé, et certainement de moins de 0,045 °C.

  • Dans l’analyse de l’article, le coût de réduction d’une tonne de CO₂ par les promesses de Paris est de 109 à 252 dollars, contre un coût social du carbone moyen estimé à 16 dollars par tonne en 2030 selon DICE, FUND et PAGE.

  • Le rapport avantages-coûts moyen des politiques de Paris est estimé à 25 centimes de bénéfices sociaux par dollar dépensé avec des politiques optimales, et à 11 centimes avec des politiques plus réalistes.

Compléments

  • Le scénario de Paris prolongé jusqu’en 2100, avec 540 Gt CO₂e de réductions cumulées, produirait selon Lomborg une baisse de température de 0,17 °C, alors que l’estimation par linéarité du GIEC serait d’environ 0,24 °C.

Astuce mémo

Les réductions promises sont limitées, tandis que leur coût par tonne dépasse les bénéfices estimés.

15. Arbitrage entre dommages et politiques climatiques

★ À maîtriser

  • Dans le modèle DICE de Nordhaus, l’optimum de bien-être se situe à une hausse de température de 3,5 °C en 2100, avec 87 000 milliards de dollars de dommages climatiques actualisés et 21 000 milliards de coûts de politique, soit 108 000 milliards au total. - DICE-2016R2, 2018

  • En doublant les coûts de politique dans le modèle DICE pour représenter une mise en œuvre imparfaite, l’optimum se déplace à 3,75 °C et le coût total minimal est de 122 000 milliards de dollars, contre 140 000 milliards sans politique.

Compléments

  • Dans le scénario sans politique climatique du modèle DICE, la température atteint 4,1 °C en 2100 et les coûts climatiques actualisés s’élèvent à 140 000 milliards de dollars. - Nordhaus, DICE-2016R2, 2018

  • Dans le modèle DICE, tenter de limiter le réchauffement à 2,15 °C en 2100 entraîne 170 000 milliards de dollars de coûts de politique et 218 000 milliards de coûts totaux, davantage que le scénario sans politique. - Nordhaus, DICE-2016R2, 2018

  • Nordhaus indique qu’une limite de 2 °C semble irréalisable avec des technologies raisonnablement accessibles, même avec des stratégies d’atténuation très ambitieuses.

  • Avec des coûts de politique doublés, viser 2,15 °C en 2100 porte le coût total à 390 000 milliards de dollars, contre 140 000 milliards dans le scénario sans politique.

Astuce mémo

Une politique plus ambitieuse réduit les dommages climatiques, mais fait croître rapidement son coût.

16. Priorités environnementales et investissements

★ À maîtriser

  • Le réchauffement mondial représente moins de 2 % des décès environnementaux et 0,26 % de l’ensemble des décès mondiaux selon les chiffres présentés pour 2017. - UNDESA

  • Dans l’analyse des objectifs de développement durable rapportée par l’article, doubler les énergies renouvelables procure environ 450 milliards de dollars de bénéfices annuels pour un coût d’environ 550 milliards, tandis que la R&D en énergie verte est estimée à 11 dollars de bénéfices sociaux par dollar investi.

Compléments

  • Dans l’enquête mondiale de priorités organisée par l’ONU auprès de 9,7 millions de personnes, l’action contre le changement climatique arrive au 16e rang sur 16 enjeux. - MyWorld, 2015

  • Dans la même analyse, chaque dollar investi dans l’accès à la contraception est estimé produire 120 dollars de bénéfices sociaux, contre 60 dollars pour l’extension de la vaccination.

  • L’analyse citée estime à 45 dollars les bénéfices sociaux de chaque dollar dépensé pour réduire la malnutrition de la petite enfance, à 24 dollars pour réduire de moitié la perte des récifs coralliens et à 17 dollars pour développer le haut débit mobile dans les pays en développement.

17. Priorités climatiques et objectifs de développement

★ À maîtriser

  • Dans l’analyse coût-bénéfice des objectifs de développement durable, doubler les énergies renouvelables procure environ 450 milliards de dollars de bénéfices annuels pour un coût d’environ 550 milliards, ce qui en fait une cible peu avantageuse.

  • Dans l’analyse des objectifs de développement durable, l’adaptation rapporte souvent quelques dollars de bénéfices par dollar dépensé, tandis que la recherche-développement dans l’énergie verte est la meilleure politique climatique évaluée.

Compléments

  • Parmi les investissements hors climat cités comme plus bénéfiques figurent : le déploiement du haut débit mobile dans les pays en développement, la réduction de moitié des pertes de récifs coralliens, la réduction de moitié de la malnutrition infantile, l’élargissement de la vaccination, l’amélioration de l’accès à la contraception, le développement du libre-échange

Astuce mémo

La R&D verte est un bon investissement, contrairement au doublement des renouvelables évalué ici.

18. Progrès du bien-être et énergie

★ À maîtriser

  • Le bien-être par habitant a été multiplié par 16 entre 1800 et aujourd’hui et pourrait encore être multiplié par 5 à 10 d’ici la fin du siècle.

  • Depuis 1800, chaque personne dans le monde dispose de quatre fois plus d’énergie, et les gains d’efficacité ont accru les services énergétiques encore davantage.

  • Dans le scénario médian présenté, les combustibles fossiles fourniraient encore 77 % de l’énergie mondiale en 2100.

  • Après ajustement à la richesse, les coûts des inondations aux États-Unis ont diminué de près de dix fois, passant de 0,48 % du PIB en 1903 à 0,057 % en 2017.

  • À l’échelle mondiale, les décès liés au climat ont diminué de 95 % au cours du siècle précédent, alors que la population mondiale a quadruplé.

  • L’accord de Paris pour 2016-2030 coûterait entre 819 et 1 890 milliards de dollars par an en 2030, pour une réduction de température estimée à seulement 0,03–0,04 °C d’ici 2100.

  • Avec le modèle DICE de Nordhaus, la politique climatique optimale présentée conduirait à un réchauffement de 3,75 °C en 2100 et réduirait de moitié les émissions mondiales par rapport au scénario sans politique.

  • Selon l’article, viser une limite de 2 °C pourrait imposer à l’humanité plus de 250 000 milliards de dollars de coûts supplémentaires.

  • Parmi les cinq scénarios de l’IPCC, l’article présente SSP5 comme préférable à SSP1 sur presque tous les critères, notamment l’énergie, la pauvreté, les inégalités et les décès prématurés évités.

Compléments

  • En Grande-Bretagne, les services énergétiques par personne ont été multipliés par 18 pour le chauffage domestique, par 170 pour le transport et par 21 000 pour l’éclairage.

  • Selon l’analyse présentée, chaque dollar dépensé pour l’accord de Paris éviterait probablement 11 cents de dommages climatiques.

  • Sans adaptation, les coûts annuels des inondations côtières liées à la montée du niveau marin pourraient atteindre plus de 100 000 milliards de dollars, selon l’article.

  • Selon cette analyse, la politique optimale permettrait d’économiser environ 18 000 milliards de dollars, soit 0,4 % du PIB, sur les cinq siècles suivants. - Nordhaus, DICE

  • Dans l’enquête mondiale de priorités menée sous l’égide de l’ONU, le réchauffement climatique arrive 16e sur 16, derrière notamment l’éducation, la santé, l’emploi, la lutte contre la corruption et la nutrition.

  • Dans SSP5, la personne moyenne du monde en développement serait, après correction des effets du réchauffement, plus riche de 48 000 dollars par an en 2100 que dans la comparaison présentée.

  • Cette partie est une bibliographie d’ouvrages, d’articles et de rapports portant notamment sur le changement climatique, ses impacts économiques et sanitaires, les catastrophes, les incendies, l’énergie, la pauvreté et le développement durable.

Astuce mémo

Plus d’énergie et d’efficacité → davantage de services énergétiques.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Risques climatiques et adaptation avec 47 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pourquoi le PIB par personne est-il souvent utilisé comme indicateur principal du bien-être humain ?

2. Quelle critique Robert Kennedy a-t-il formulée au sujet du PIB en 1968 ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Risques climatiques et adaptation avec 91 flashcards interactives.

Pourquoi le PIB par personne sert-il d’indicateur principal du bien-être humain ?

Parce qu’il est fortement corrélé à plusieurs dimensions du bien-être humain.

Quelles dimensions du bien-être humain sont fortement corrélées au PIB par personne ?

Le bien-être subjectif, l’espérance de vie, la survie des enfants, la réduction de la pauvreté et de la malnutrition, l’accès aux infrastructures et la performance environnementale.

Selon Christensen et al. (2018), quelle croissance annuelle médiane du PIB par habitant est prévue entre 2010 et 2050 ?

2,59 % par an.

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