QCM : Science politique et régimes démocratiques (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit le mieux la politique comme phénomène social ?

Elle décrit les échanges commerciaux privés sans lien avec les décisions collectives.
Elle désigne les pratiques culturelles individuelles indépendantes des affaires publiques.
Elle organise la vie collective et concerne le pouvoir ainsi que les décisions touchant la société.
Elle étudie les relations familiales sans considérer les rapports de pouvoir.

Elle organise la vie collective et concerne le pouvoir ainsi que les décisions touchant la société.

Explication

La politique porte sur l’organisation de la vie collective, les affaires publiques, le pouvoir et les décisions qui concernent la société. La gestion d’échanges privés ne rend pas compte de cette dimension collective.

2. Laquelle des propositions présente les cinq catégories du phénomène politique ?

Institutions et élections, marchés économiques, traditions religieuses, relations familiales et échanges internationaux.
Liberté individuelle, croissance économique, identité nationale, pratiques culturelles et organisation du travail.
Pouvoir et luttes partisanes, liberté, expression des luttes, enjeux distributifs et enjeux anciennement privés.
Pouvoir judiciaire, administration publique, diplomatie, développement économique et régulation des médias.

Pouvoir et luttes partisanes, liberté, expression des luttes, enjeux distributifs et enjeux anciennement privés.

Explication

Les catégories comprennent le pouvoir et les luttes partisanes, l’exercice de la liberté, l’expression des luttes, les enjeux distributifs et les enjeux anciennement privés. Les autres listes mêlent des domaines connexes sans reprendre ces cinq catégories.

3. Dans la formule de Harold Lasswell, quelle question distributive permet d’analyser la politique ?

Qui gouverne, où et avec quelle légitimité ?
Qui vote, pour quel parti et à quelle fréquence ?
Qui produit, à quel coût et pour quel marché ?
Qui obtient quoi, quand et comment ?

Qui obtient quoi, quand et comment ?

Explication

Lasswell résume la question distributive par « qui obtient quoi, quand et comment ? », ce qui met l’accent sur la répartition des ressources et des bénéfices. La question du vote porte sur la participation électorale plutôt que sur cette formule distributive.

4. Pourquoi la pensée féministe critique-t-elle la séparation entre espace public et espace privé ?

Parce qu’elle établit que les choix familiaux doivent être soustraits aux débats collectifs.
Parce qu’elle transforme les enjeux privés en décisions administratives prises par les tribunaux.
Parce qu’elle peut masquer des rapports de domination et conduire à repolitiser certaines questions privées.
Parce qu’elle démontre que les rapports de pouvoir concernent principalement les institutions publiques.

Parce qu’elle peut masquer des rapports de domination et conduire à repolitiser certaines questions privées.

Explication

La critique féministe souligne que la séparation peut dissimuler des rapports de domination masculine et défend la repolitisation de certains enjeux privés. L’idée que les rapports de pouvoir se limitent aux institutions publiques reprend précisément la confusion que cette critique remet en question.

5. Qu’est-ce qui caractérise la science politique comme discipline ?

Elle étudie les phénomènes politiques à l’aide de méthodes scientifiques plutôt qu’en s’en tenant aux opinions personnelles.
Elle cherche à remplacer les débats politiques par des recommandations morales générales.
Elle défend une doctrine politique en évaluant les phénomènes selon les convictions de ses membres.
Elle observe les institutions politiques sans mobiliser de méthodes d’analyse systématiques.

Elle étudie les phénomènes politiques à l’aide de méthodes scientifiques plutôt qu’en s’en tenant aux opinions personnelles.

Explication

La science politique étudie les phénomènes politiques au moyen de méthodes scientifiques, au-delà des opinions personnelles. Défendre une doctrine à partir de convictions correspond à une prise de position, pas à la définition de la discipline.

6. Quelle distinction Max Weber établit-il entre deux activités liées à la politique ?

Faire de la politique consiste à observer les institutions, tandis que l’étudier consiste à exercer le pouvoir.
Faire de la politique consiste à analyser les lois, tandis que l’étudier revient à les appliquer.
Faire de la politique relève des opinions privées, tandis que l’étudier consiste à choisir un parti.
Faire de la politique consiste à agir dans ce domaine, tandis que l’étudier scientifiquement relève de l’analyse.

Faire de la politique consiste à agir dans ce domaine, tandis que l’étudier scientifiquement relève de l’analyse.

Explication

Weber distingue l’engagement dans l’activité politique de l’étude scientifique de la politique. Observer les institutions peut participer à l’analyse, mais ce n’est pas ce qui définit le fait de faire de la politique.

7. Une chercheuse a des opinions politiques personnelles, mais les distingue de ses conclusions scientifiques : quel principe applique-t-elle ?

La neutralité axiologique, qui sépare les jugements de valeur personnels de l’analyse scientifique.
La neutralité politique, qui exige de renoncer à toute opinion sur les enjeux étudiés.
La neutralité institutionnelle, qui impose de ne pas étudier les conflits politiques.
L’objectivité électorale, qui consiste à s’abstenir de participer aux scrutins.

La neutralité axiologique, qui sépare les jugements de valeur personnels de l’analyse scientifique.

Explication

La neutralité axiologique demande de distinguer les jugements de valeur personnels des conclusions scientifiques, sans exiger l’absence d’opinions. Renoncer à toute opinion confond la neutralité dans l’analyse avec l’absence de convictions personnelles.

8. Quelle description distingue correctement l’État de la nation ?

L’État est une communauté d’appartenance fondée sur une identité collective et des références culturelles.
L’État est une organisation politique exerçant son autorité sur un territoire et une population par des institutions et des lois.
L’État est un territoire reconnu sans institutions, tandis que la nation est l’autorité qui y exerce le pouvoir.
L’État est un groupe humain uni par une conscience historique, tandis que la nation est une structure de lois.

L’État est une organisation politique exerçant son autorité sur un territoire et une population par des institutions et des lois.

Explication

L’État est une organisation politique qui exerce son autorité sur un territoire et une population au moyen d’institutions et de lois. Une communauté d’appartenance correspond plutôt à la nation, ce qui distingue les deux notions.

9. Quels éléments sont présentés comme essentiels à la définition d’un État ?

Une autorité publique, des institutions locales, une économie indépendante, une histoire commune et une citoyenneté.
Une population, une armée, un gouvernement élu, une religion commune, des ressources naturelles et des frontières.
Un territoire, des frontières, une population, une autorité publique, la souveraineté et une reconnaissance internationale.
Un territoire, une langue commune, une population, une identité culturelle, une constitution et une monnaie nationale.

Un territoire, des frontières, une population, une autorité publique, la souveraineté et une reconnaissance internationale.

Explication

Les éléments essentiels énumérés sont le territoire, les frontières, la population, l’autorité publique, la souveraineté et la reconnaissance internationale. Une langue commune ou une identité culturelle peuvent caractériser une communauté nationale, mais ne remplacent pas cette liste d’éléments étatiques.

10. Selon Max Weber, quelle revendication caractérise l’État sur un territoire déterminé ?

Le monopole de la production économique, qu’il exerce par l’intermédiaire des entreprises.
Le contrôle des convictions culturelles, qu’il obtient par l’uniformité des pratiques sociales.
La maîtrise des échanges internationaux, qu’il garantit par l’absence de conflits internes.
Le monopole de la contrainte physique légitime, qu’il parvient à faire reconnaître.

Le monopole de la contrainte physique légitime, qu’il parvient à faire reconnaître.

Explication

Pour Weber, l’État revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire déterminé. Le contrôle de la production économique n’est pas la caractéristique retenue dans cette définition.

11. Quelle opposition distingue les conceptions de la nation proposées par Fichte et Renan ?

Fichte met l’accent sur des caractéristiques communes considérées comme objectives, tandis que Renan insiste sur la volonté de vivre ensemble.
Fichte associe la nation à une communauté de destin choisie, tandis que Renan la fonde sur une origine ethnique commune.
Fichte définit la nation par la souveraineté juridique, tandis que Renan la réduit à la reconnaissance internationale.
Fichte fonde la nation sur la volonté de vivre ensemble, tandis que Renan la rattache à des caractéristiques objectives communes.

Fichte met l’accent sur des caractéristiques communes considérées comme objectives, tandis que Renan insiste sur la volonté de vivre ensemble.

Explication

Fichte conçoit la nation à partir de caractéristiques communes considérées comme objectives, alors que Renan insiste sur la volonté de vivre ensemble et le sentiment d’appartenir à une communauté de destin. L’attribution inverse ces deux conceptions.

12. Quel principe définit le mieux la souveraineté dans une démocratie ?

Elle revient aux groupes sociaux capables d’influencer les décisions publiques.
Elle appartient à l’ensemble des citoyens, qui l’exercent directement ou indirectement.
Elle appartient aux représentants élus, qui en disposent indépendamment des citoyens.
Elle est partagée entre les institutions judiciaires et les autorités administratives.

Elle appartient à l’ensemble des citoyens, qui l’exercent directement ou indirectement.

Explication

La démocratie repose sur la souveraineté de l’ensemble des citoyens, exercée directement ou par l’intermédiaire de représentants. Le rôle des élus ne signifie pas qu’ils détiennent cette souveraineté indépendamment des citoyens.

13. Dans une démocratie représentative, comment les décisions politiques sont-elles prises ?

Des responsables administratifs décident au nom des citoyens.
Des juges désignés décident au nom des citoyens.
Les citoyens prennent eux-mêmes chaque décision politique.
Des représentants élus décident au nom des citoyens.

Des représentants élus décident au nom des citoyens.

Explication

Dans une démocratie représentative, les citoyens élisent des représentants auxquels revient la prise de décision en leur nom. La décision directe par les citoyens correspond à l’autre forme de démocratie.

14. Quelle formule Abraham Lincoln associe-t-il à la démocratie ?

La concurrence pacifique organisée par une constitution.
Le pouvoir exercé par des représentants au nom des citoyens.
Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
La séparation des pouvoirs entre les institutions politiques.

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Explication

Abraham Lincoln définit la démocratie par le gouvernement du peuple, exercé par le peuple et orienté vers le peuple. La concurrence pacifique organisée constitutionnellement est une définition attribuée à Raymond Aron.

15. Quels critères Robert Dahl souligne-t-il pour les élections démocratiques ?

Elles doivent être ouvertes, obligatoires et proportionnelles.
Elles doivent être pluralistes, confidentielles et consultatives.
Elles doivent être compétitives, périodiques et indirectes.
Elles doivent être libres, équitables et fréquentes.

Elles doivent être libres, équitables et fréquentes.

Explication

Robert Dahl souligne que les élections démocratiques doivent être libres, équitables et fréquentes. La périodicité seule ne remplace pas les exigences de liberté et d’équité.

16. Comment la crise de la démocratie est-elle caractérisée dans son évolution et son analyse ?

Comme un phénomène graduel amorcé dans les années 1960, étudié sous les angles institutionnel, économique et social.
Comme une rupture soudaine apparue dans les années 1980, étudiée sous les angles juridique, culturel et militaire.
Comme une transformation rapide apparue dans les années 1970, étudiée sous les angles administratif, technologique et partisan.
Comme un phénomène cyclique amorcé dans les années 1960, étudié sous les angles électoral, médiatique et international.

Comme un phénomène graduel amorcé dans les années 1960, étudié sous les angles institutionnel, économique et social.

Explication

La crise est présentée comme graduelle, amorcée au cours des années 1960 et analysée dans ses dimensions institutionnelle, économique et sociale. La décrire comme une rupture soudaine ou lui substituer d’autres dimensions ne correspond pas à cette caractérisation.

17. Quel enchaînement peut relier l’insécurité et les frustrations à certains discours populistes ?

Elles peuvent réduire la confiance, rapprocher les groupes et entraîner automatiquement l’apparition de discours populistes.
Elles peuvent renforcer la confiance, réduire l’opposition entre groupes et empêcher l’apparition de discours populistes.
Elles peuvent réduire la confiance, accentuer l’opposition entre groupes et favoriser certains discours populistes sans les rendre inévitables.
Elles peuvent accroître la participation, réduire les frustrations et transformer directement les institutions démocratiques.

Elles peuvent réduire la confiance, accentuer l’opposition entre groupes et favoriser certains discours populistes sans les rendre inévitables.

Explication

L’insécurité et les frustrations peuvent contribuer à une perte de confiance, puis à une opposition accrue entre groupes, ce qui favorise certains discours populistes. Cette succession ne signifie pas que le populisme en découle automatiquement.

18. Quelle caractéristique correspond au populisme comme phénomène politique ?

Il présente les dirigeants comme les seuls porte-parole du peuple, écarte la critique des élites et se limite aux mouvements de droite.
Il présente le peuple comme bon mais trahi par ses dirigeants, peut valoriser un chef charismatique et exister à droite comme à gauche.
Il présente les élites comme trahies par le peuple, privilégie les institutions collégiales et appartient à une seule famille politique.
Il présente le peuple comme divisé par les élections, rejette le rôle d’un chef et se limite aux mouvements de gauche.

Il présente le peuple comme bon mais trahi par ses dirigeants, peut valoriser un chef charismatique et exister à droite comme à gauche.

Explication

Le populisme peut être une idéologie, un mouvement ou un style politique qui oppose un peuple présenté comme bon à des dirigeants accusés de l’avoir trahi. Il peut valoriser un chef charismatique et se manifester à droite comme à gauche.

19. Quels sont les trois objets de la méfiance associée au populisme ?

Les élites économiques, les tribunaux nationaux et les mouvements sociaux supposés affaiblir la nation.
Les partis locaux, les administrations nationales et les médias supposés contrôler les élections.
Les élites politiques, les entités internationales et un système caché supposé trahir les intérêts du peuple.
Les gouvernements étrangers, les syndicats et les entreprises supposés limiter les libertés civiles.

Les élites politiques, les entités internationales et un système caché supposé trahir les intérêts du peuple.

Explication

La triple méfiance vise les élites politiques, les entités ou mouvances internationales et un système caché présenté comme manipulateur et contraire aux intérêts du peuple. Les tribunaux ou les médias ne constituent pas les trois cibles indiquées.

20. Quelle stratégie discursive est caractéristique d’un discours populiste ?

Présenter les élites comme trahies, défendre les institutions, éviter de désigner un responsable et proposer une analyse détaillée.
Présenter les groupes comme irréconciliables, attribuer les problèmes à des causes multiples et privilégier une explication technique.
Présenter le peuple comme trahi, accuser les élites, désigner un responsable et proposer une explication souvent simplifiée ou nostalgique.
Présenter les élections comme injustes, rejeter toute référence au peuple et confier l’explication des problèmes aux experts.

Présenter le peuple comme trahi, accuser les élites, désigner un responsable et proposer une explication souvent simplifiée ou nostalgique.

Explication

Le discours populiste décrit le peuple comme bon et trahi, accuse les élites de l’avoir abandonné et désigne un responsable, souvent au moyen d’une explication simple, moralisatrice ou nostalgique. Une analyse reposant sur des causes multiples et détaillées ne correspond pas à cette caractéristique.

21. Qu’est-ce qui distingue le populisme autoritaire du populisme en général ?

Il associe l’opposition du peuple aux élites au non-respect de l’État de droit et à la limitation des libertés civiles.
Il associe la valorisation du peuple à la défense de l’État de droit et à l’élargissement des libertés civiles.
Il associe la défense de l’identité nationale à la protection des institutions et à l’indépendance judiciaire.
Il associe la critique des élites à la tenue d’élections fréquentes et à la pluralité des options politiques.

Il associe l’opposition du peuple aux élites au non-respect de l’État de droit et à la limitation des libertés civiles.

Explication

Le populisme autoritaire combine l’opposition entre le peuple et les élites avec le non-respect de l’État de droit et la limitation des libertés civiles. La simple critique des élites ou la tenue d’élections fréquentes ne définit pas cette dimension autoritaire.

22. Quelle figure politique associe la nation à une conception civique fondée sur une volonté partagée ?

Ernest Renan
Johann Gottlieb Fichte
Max Weber
Harold Lasswell

Ernest Renan

Explication

Ernest Renan est associé à la conception civique de la nation. Johann Gottlieb Fichte est plutôt lié à une conception ethnique de la nation.

23. Quel penseur est associé à la définition de la politique comme répartition de « qui obtient quoi, quand et comment » ?

Harold Lasswell
Abraham Lincoln
Raymond Aron
Robert Dahl

Harold Lasswell

Explication

Harold Lasswell est associé à cette formule qui décrit la répartition politique des ressources et des résultats. Robert Dahl est plutôt associé aux élections libres, équitables et fréquentes.

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Que concerne la politique dans l’organisation de la société ?

La vie collective, les affaires publiques, le pouvoir et les décisions touchant la société.

Combien de catégories comprend le phénomène politique ?

Cinq catégories.

Quelle question distributive Harold Lasswell formule-t-il en 1936 ?

« Politics: Who gets what, when, how ».

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