Fiche de révision : Séries de Fourier sur le cercle

Plan du Cours

  1. Espaces de fonctions périodiques
  2. Coefficients et séries de Fourier
  3. Histoire de la convergence
  4. Riemann-Lebesgue et unicité
  5. Base hilbertienne de L²
  6. Convolution et noyaux
  7. Noyau et théorème de Fejér
  8. Bons noyaux et approximation
  9. Localisation et constantes de Lebesgue
  10. Théorèmes de Dirichlet
  11. Critères de Dini et de Jordan
  12. Séries trigonométriques et Abel
  13. Critère d’Abel et théorème de Bernstein
  14. Contre-exemple de du Bois-Reymond
  15. Sommation d’Abel et noyau de Poisson
  16. Fonction en dents de scie
  17. Équidistribution des suites irrationnelles
  18. Fonction continue partout non dérivable

Repères chronologiques

  1. 1829Peter Lejeune-Dirichlet a démontré un premier théorème général et rigoureux de convergence sous l’hypothèse que la fonction possède un nombre fini de minima et de maxima sur le cercle.
  2. 1876Du Bois-Reymond a construit une fonction continue dont la série de Fourier diverge en un point.
  3. 1923Kolmogorov a construit une fonction de L1(T)L^1(T)L1(T) dont la série de Fourier diverge presque partout, puis il a obtenu en 1926 un exemple divergent en tout point.
  4. 1966Carleson a démontré que, pour toute fonction f∈L2(T)f\in L^2(T)f∈L2(T), la série de Fourier converge vers fff presque partout sur le cercle.

1. Espaces de fonctions périodiques

Notions clés & Définitions

  • Tore unidimensionnel : Le cercle unité T=S1={eiθ:θ∈R}T=S^1=\{e^{i\theta}:\theta\in\mathbb R\}, qui s’identifie au quotient R/2πZ\mathbb R/2\pi\mathbb Z.
  • Espace Lp : Pour 1≤p<∞1\leq p<\infty, Lp(T)L^p(T) est l’espace des fonctions mesurables, 2π-périodiques presque partout, telles que ∫−ππ∣f(θ)∣pdθ2π<∞\int_{-\pi}^{\pi}|f(\theta)|^p\frac{d\theta}{2\pi}<\infty.

★ À maîtriser

📐 Formule — La norme de Lp(T)L^p(T) est ∥f∥Lp=(∫−ππ∣f(t)∣pdt2π)1/p\|f\|_{L^p}=\left(\int_{-\pi}^{\pi}|f(t)|^p\frac{dt}{2\pi}\right)^{1/p}.

  • Les espaces fonctionnels vérifient les inclusions topologiques C1(T)↪C0(T)↪L∞(T)↪Lq(T)↪Lp(T)↪L1(T)C^1(T)\hookrightarrow C^0(T)\hookrightarrow L^\infty(T)\hookrightarrow L^q(T)\hookrightarrow L^p(T)\hookrightarrow L^1(T) pour 1≤p<q≤∞1\leq p<q\leq\infty.

Compléments

  • Pour toute fonction 2π-périodique intégrable et tout a∈Ra\in\mathbb R, l’intégrale sur un intervalle de longueur 2π est indépendante de sa position : ∫−ππf(θ) dθ=∫aa+2πf(θ) dθ\int_{-\pi}^{\pi}f(\theta)\,d\theta=\int_a^{a+2\pi}f(\theta)\,d\theta.

2. Coefficients et séries de Fourier

Notions clés & Définitions

  • Produit scalaire L² : Le produit scalaire de L2(T)L^2(T) est ⟨f,g⟩L2=∫−ππf(θ)g(θ)‾dθ2π\langle f,g\rangle_{L^2}=\int_{-\pi}^{\pi}f(\theta)\overline{g(\theta)}\frac{d\theta}{2\pi}.
  • Coefficient de Fourier : Pour f∈L1(T)f\in L^1(T), le k-ième coefficient de Fourier est f^(k)=∫−ππf(θ)e−ikθdθ2π\widehat f(k)=\int_{-\pi}^{\pi}f(\theta)e^{-ik\theta}\frac{d\theta}{2\pi}.
  • Somme partielle : D’ordre n de la série de Fourier est Sn(f)(θ)=∑k=−nnf^(k)eikθS_n(f)(\theta)=\sum_{k=-n}^{n}\widehat f(k)e^{ik\theta}.

★ À maîtriser

  • Les fonctions exponentielles-modèles sont en(θ)=einθe_n(\theta)=e^{in\theta} pour n∈Zn\in\mathbb Z.

📐 Formule — Les exponentielles-modèles sont orthonormées dans L2(T)L^2(T) : ⟨en1,en2⟩L2=δn1,n2\langle e_{n_1},e_{n_2}\rangle_{L^2}=\delta_{n_1,n_2}.

Compléments

📐 Formule — Tout coefficient de Fourier d’une fonction de L1(T)L^1(T) vérifie ∣f^(k)∣≤∥f∥L1|\widehat f(k)|\leq\|f\|_{L^1}.

3. Histoire de la convergence

Points essentiels

📐 Formule — Pour toute fonction f∈L2(T)f\in L^2(T), les sommes partielles convergent vers ff en norme L² : lim⁡n→∞∫−ππ∣f(θ)−∑k=−nnf^(k)eikθ∣2dθ2π=0\lim_{n\to\infty}\int_{-\pi}^{\pi}\left|f(\theta)-\sum_{k=-n}^{n}\widehat f(k)e^{ik\theta}\right|^2\frac{d\theta}{2\pi}=0.

4. Riemann-Lebesgue et unicité

★ À maîtriser

📐 Formule — Le lemme de Riemann-Lebesgue affirme que pour toute fonction f∈L1(T)f\in L^1(T), lim⁡∣k∣→∞f^(k)=0\lim_{|k|\to\infty}\widehat f(k)=0.

📌 Si une fonction continue f∈C0(T)f\in C^0(T) a tous ses coefficients de Fourier nuls, alors ff est identiquement nulle.

  • Deux fonctions continues sur le cercle sont égales si et seulement si tous leurs coefficients de Fourier coïncident.

📌 Si f∈C0(T)f\in C^0(T) et si ∑k∈Z∣f^(k)∣<∞\sum_{k\in\mathbb Z}|\widehat f(k)|<\infty, alors sa série de Fourier converge uniformément vers ff.

Compléments

  • Pour une fonction réelle f∈L1(T,R)f\in L^1(T,\mathbb R), les intégrales de ses produits avec cos⁡(kθ)\cos(k\theta) et sin⁡(kθ)\sin(k\theta) tendent vers zéro lorsque ∣k∣→∞|k|\to\infty.

📐 Formule — Si f∈C2(T)f\in C^2(T), alors f^(k)=−1k2∫−ππf′′(θ)e−ikθdθ2π\widehat f(k)=-\frac{1}{k^2}\int_{-\pi}^{\pi}f''(\theta)e^{-ik\theta}\frac{d\theta}{2\pi} et donc ∣f^(k)∣=O(∣k∣−2)|\widehat f(k)|=O(|k|^{-2}).

Astuce mémo

Oscillations rapides → coefficients tendant vers zéro

5. Base hilbertienne de L²

Notions clés & Définitions

  • Base hilbertienne : La famille (ek)k∈Z=(eikθ)k∈Z(e_k)_{k\in\mathbb Z}=(e^{ik\theta})_{k\in\mathbb Z} est une base hilbertienne de L2(T)L^2(T), car elle est orthonormée et totale.

★ À maîtriser

📐 Formule — Toute fonction f∈L2(T)f\in L^2(T) se développe en série de Fourier convergente en norme L² : f=∑k∈Zf^(k)eikθf=\sum_{k\in\mathbb Z}\widehat f(k)e^{ik\theta} au sens de L2L^2.

📐 Formule — L’identité de Plancherel est ∑k∈Z∣f^(k)∣2=∫−ππ∣f(t)∣2dt2π\sum_{k\in\mathbb Z}|\widehat f(k)|^2=\int_{-\pi}^{\pi}|f(t)|^2\frac{dt}{2\pi}.

Compléments

📐 Formule — L’inégalité de Bessel est ∑k∈J∣f^(k)∣2≤∫−ππ∣f(t)∣2dt2π\sum_{k\in J}|\widehat f(k)|^2\leq\int_{-\pi}^{\pi}|f(t)|^2\frac{dt}{2\pi} pour tout J⊂ZJ\subset\mathbb Z.

  • L’application qui associe à f∈L2(T)f\in L^2(T) la suite (f^(k))k∈Z(\widehat f(k))_{k\in\mathbb Z} identifie L2(T)L^2(T) à ℓ2(C)\ell^2(\mathbb C).

Astuce mémo

Convergence L² ≠ convergence ponctuelle

6. Convolution et noyaux

Notions clés & Définitions

  • Produit de convolution : Pour f,g∈L1(T)f,g\in L^1(T), leur produit de convolution est  (f∗g)(θ)=∫−ππf(t)g(θ−t)dt2π\,(f*g)(\theta)=\int_{-\pi}^{\pi}f(t)g(\theta-t)\frac{dt}{2\pi}.
  • Noyau de Dirichlet : Dn(θ)=∑k=−nneikθ=sin⁡((n+12)θ)sin⁡(θ/2)D_n(\theta)=\sum_{k=-n}^{n}e^{ik\theta}=\frac{\sin((n+\frac12)\theta)}{\sin(\theta/2)} hors de 2πZ2\pi\mathbb Z, avec Dn(0)=2n+1D_n(0)=2n+1.
  • Somme de Fejér : La moyenne de Cesàro des sommes partielles : σn(f)=1n∑k=0n−1Sk(f)=Fn∗f\sigma_n(f)=\frac1n\sum_{k=0}^{n-1}S_k(f)=F_n*f.

★ À maîtriser

📐 Formule — La somme partielle de Fourier s’écrit comme une convolution : Sn(f)=Dn∗fS_n(f)=D_n*f.

📐 Formule — Le noyau de Fejér est Fn(θ)=1n[sin⁡(nθ/2)sin⁡(θ/2)]2F_n(\theta)=\frac1n\left[\frac{\sin(n\theta/2)}{\sin(\theta/2)}\right]^2 hors de 2πZ2\pi\mathbb Z, avec Fn(0)=nF_n(0)=n.

Compléments

📐 Formule — Le produit de convolution vérifie ∥f∗g∥L1≤∥f∥L1∥g∥L1\|f*g\|_{L^1}\leq\|f\|_{L^1}\|g\|_{L^1}.

📌 Le noyau de Fejér est positif, vérifie ∫−ππFn(θ)dθ2π=1\int_{-\pi}^{\pi}F_n(\theta)\frac{d\theta}{2\pi}=1, et la masse située hors de tout intervalle fixe [−δ,δ][-\delta,\delta] tend vers zéro lorsque n→∞n\to\infty.

Astuce mémo

Convolution → Dirichlet → Fejér

7. Noyau et théorème de Fejér

★ À maîtriser

📐 Formule — La somme de Fejér est la moyenne de Cesàro des sommes partielles de Fourier et vérifie σn(f)=1n∑k=0n−1Sk(f)=Fn∗f=f∗Fn\sigma_n(f)=\frac{1}{n}\sum_{k=0}^{n-1}S_k(f)=F_n*f=f*F_n.

📐 Formule — Le noyau de Fejér est donné par Fn(θ)=1n[sin⁡(nθ/2)sin⁡(θ/2)]2F_n(\theta)=\frac{1}{n}\left[\frac{\sin(n\theta/2)}{\sin(\theta/2)}\right]^2 si θ∉2πZ\theta\notin2\pi\mathbb Z, et par Fn(θ)=nF_n(\theta)=n si θ∈2πZ\theta\in2\pi\mathbb Z.

  • Le noyau de Fejér est positif, son intégrale normalisée vaut ∫−ππFn(θ) dθ2π=1\int_{-\pi}^{\pi}F_n(\theta)\,\frac{d\theta}{2\pi}=1, et sa masse située hors de tout intervalle fixé [−δ,δ][-\delta,\delta] tend vers zéro quand n→∞n\to\infty.

  • Pour toute fonction continue et 2π-périodique, les sommes de Fejér convergent uniformément vers la fonction : ∥σn(f)−f∥C0→0\|\sigma_n(f)-f\|_{C^0}\to0.

Compléments

  • Les exponentielles-modèles (eikθ)k∈Z(e^{ik\theta})_{k\in\mathbb Z} sont totales dans (C0(T),∥⋅∥C0)(C^0(\mathbb T),\|\cdot\|_{C^0}), car chaque somme de Fejér est un polynôme trigonométrique.

Astuce mémo

Masse concentrée près de zéro ⇒ convergence uniforme

8. Bons noyaux et approximation

Notions clés & Définitions

  • Bons noyaux : Une famille de noyaux (Kn)(K_n) sur T\mathbb T est une famille de bons noyaux si sa masse normalisée vaut 1, si ses normes L1 sont uniformément bornées et si sa masse L1 hors de tout voisinage de zéro tend vers zéro.
  • Approximation de l’identité : Une famille de bons noyaux est appelée approximation de l'identité parce que la convolution f∗Knf*K_n redonne uniformément f à la limite.

Points essentiels

📐 Formule — Les trois conditions d'une famille de bons noyaux sont ∫−ππKn dθ2π=1\int_{-\pi}^{\pi}K_n\,\frac{d\theta}{2\pi}=1, ∫−ππ∣Kn∣ dθ2π≤M\int_{-\pi}^{\pi}|K_n|\,\frac{d\theta}{2\pi}\le M et ∫δ≤∣θ∣≤π∣Kn∣ dθ2π→0\int_{\delta\le|\theta|\le\pi}|K_n|\,\frac{d\theta}{2\pi}\to0 pour tout 0<δ<π0<\delta<\pi.

  • Pour une famille de bons noyaux et toute fonction continue ff, les convolées f∗Knf*K_n convergent uniformément vers ff sur T\mathbb T.

9. Localisation et constantes de Lebesgue

★ À maîtriser

📌 Si deux fonctions intégrables f et g coïncident dans un voisinage ouvert de θ0\theta_0, alors Sn(g)(θ0)−Sn(f)(θ0)→0S_n(g)(\theta_0)-S_n(f)(\theta_0)\to0, donc leurs séries de Fourier ont le même comportement en ce point.

📐 Formule — La norme L1 du noyau de Dirichlet vérifie ∥Dn∥L1=4π2log⁡n+O(1)\|D_n\|_{L^1}=\frac{4}{\pi^2}\log n+O(1), et tend donc vers l'infini.

📌 Le noyau de Fejér est positif et possède une norme L1 constante égale à 1, tandis que le noyau de Dirichlet oscille entre valeurs positives et négatives et possède une norme L1 croissant comme 4π2log⁡n\frac{4}{\pi^2}\log n.

Compléments

  • Le principe de localisation repose sur le fait que, hors de tout voisinage de zéro, les oscillations du noyau de Dirichlet sont contrôlées par le lemme de Riemann-Lebesgue.

10. Théorèmes de Dirichlet

Notions clés & Définitions

  • Fonction C1 par morceaux : Une fonction est C1 par morceaux sur le cercle si elle est C1 sur un nombre fini d'intervalles, admet des limites latérales et des dérivées latérales en chacun des points de rupture.

★ À maîtriser

📌 Si f est C1 par morceaux, sa série de Fourier converge en tout point θ\theta vers f−(θ)+f+(θ)2\frac{f_-(\theta)+f_+(\theta)}{2}, valeur égale à f(θ) lorsque f est continue.

📌 Le théorème généralisé de Dirichlet s'applique lorsque les limites latérales existent et que les quotients f(θ0−t)−f−(θ0)t\frac{f(\theta_0-t)-f_-(\theta_0)}{t} et f(θ0+t)−f+(θ0)t\frac{f(\theta_0+t)-f_+(\theta_0)}{t} sont intégrables près de zéro.

Compléments

  • Le lemme général de Riemann-Lebesgue affirme que l'intégrale d'une fonction L1 sur un intervalle compact contre eiωte^{i\omega t}, sin⁡(ωt)\sin(\omega t) ou cos⁡(ωt)\cos(\omega t) tend vers zéro lorsque ∣ω∣→∞|\omega|\to\infty.

Astuce mémo

Limites latérales → quotient intégrable → Riemann-Lebesgue

11. Critères de Dini et de Jordan

Notions clés & Définitions

  • Variation bornée : Une fonction est à variation bornée sur [a,b] si le supremum des sommes ∑i∣f(σi)−f(σi−1)∣\sum_i|f(\sigma_i)-f(\sigma_{i-1})| sur toutes les subdivisions de [a,b] est fini.
  • Fonction höldérienne : Une fonction est höldérienne d'exposant 0<α≤10<\alpha\le1 en θ₀ s'il existe C tel que ∣f(θ′)−f(θ0)∣≤C∣θ′−θ0∣α|f(\theta')-f(\theta_0)|\le C|\theta'-\theta_0|^\alpha.

Points essentiels

📌 Le test de Dini affirme que si, au point θ0\theta_0, l'intégrale ∫0π∣f(θ0−t)+f(θ0+t)−2f(θ0)t∣ dt2π\int_0^\pi\left|\frac{f(\theta_0-t)+f(\theta_0+t)-2f(\theta_0)}{t}\right|\,\frac{dt}{2\pi} est finie, alors la série de Fourier converge vers f(θ₀).

  • La série de Fourier de toute fonction globalement höldérienne appartenant à Cα(T)C^\alpha(\mathbb T), avec 0<α≤10<\alpha\le1, converge vers la fonction en tout point du cercle.

  • Le test de Jordan affirme qu'une fonction L1 à variation bornée dans un voisinage de θ₀ possède une série de Fourier qui converge en θ₀ vers la demi-somme de ses limites latérales.

12. Séries trigonométriques et Abel

★ À maîtriser

  • Toute série de Fourier d'une fonction L1 a des coefficients qui tendent vers zéro par le lemme de Riemann-Lebesgue, mais cette condition n'est pas suffisante pour qu'une série trigonométrique soit une série de Fourier.

📌 Le critère d'Abel assure la convergence de ∑akbk\sum a_kb_k lorsque aka_k est positive, décroissante et tend vers zéro, tandis que les sommes partielles de bkb_k sont bornées.

Compléments

  • La série trigonométrique ∑n=2∞sin⁡(nθ)log⁡n\sum_{n=2}^{\infty}\frac{\sin(n\theta)}{\log n} converge en tout point de T\mathbb T, car ses sommes partielles de sinus sont bornées et 1/log⁡n1/\log n décroît vers zéro.

📐 Formule — Les sommes partielles de sinus vérifient, pour θ≢0(mod2π)\theta\not\equiv0\pmod{2\pi}, ∣∑n=pqsin⁡(nθ)∣≤1∣sin⁡(θ/2)∣\left|\sum_{n=p}^{q}\sin(n\theta)\right|\le\frac{1}{|\sin(\theta/2)|}.

  • On a ∑k=2n1klog⁡k∼log⁡log⁡n\sum_{k=2}^{n}\frac{1}{k\log k}\sim\log\log n, quantité qui tend vers l'infini.

Astuce mémo

Coefficients décroissants + sommes partielles bornées ⇒ convergence

13. Critère d’Abel et théorème de Bernstein

★ À maîtriser

  • Le critère d’Abel assure la convergence d’une série lorsque les sommes partielles des premiers facteurs sont uniformément bornées et que les seconds facteurs sont décroissants vers zéro.

  • La série ∑n=2∞1nlog⁡n\sum_{n=2}^{\infty}\frac{1}{n\log n} diverge et ses sommes partielles vérifient ∑k=2n1klog⁡k∼log⁡log⁡n\sum_{k=2}^{n}\frac{1}{k\log k}\sim\log\log n.

📌 Toute fonction continue dont la série de Fourier converge normalement, c’est-à-dire lorsque ∑k∈Z∣f^(k)∣<∞\sum_{k\in\mathbb Z}|\widehat f(k)|<\infty, est égale en tout point à sa série de Fourier.

📌 Si une fonction continue 2π-périodique vérifie ∣f(θ′′)−f(θ′)∣≤K∣θ′′−θ′∣α|f(\theta'')-f(\theta')|\le K|\theta''-\theta'|^{\alpha} avec 1/2<α≤11/2<\alpha\le1, alors sa série de Fourier converge normalement vers f.

Compléments

  • Pour tout θ qui n’est pas congru à 0 modulo π, les sommes partielles de la suite ∑n=pqsin⁡(nθ)\sum_{n=p}^{q}\sin(n\theta) sont uniformément bornées, tandis que 1/log⁡n1/\log n décroît vers zéro ; la série ∑n=2∞sin⁡(nθ)log⁡n\sum_{n=2}^{\infty}\frac{\sin(n\theta)}{\log n} converge donc par le critère d’Abel.

📐 Formule — Dans la preuve de Bernstein, pour gh(θ)=f(θ+h)−f(θ−h)g_h(\theta)=f(\theta+h)-f(\theta-h), on obtient gh^(k)=2isin⁡(kh)f^(k)\widehat{g_h}(k)=2i\sin(kh)\widehat f(k).

Astuce mémo

Décroissance des coefficients + sommes partielles bornées ⇒ convergence

14. Contre-exemple de du Bois-Reymond

★ À maîtriser

  • Il existe une fonction continue gBR∈C0(T)g_{BR}\in C^0(\mathbb T) et une suite d’entiers KjK_j telles que S2Kj(gBR)(0)→−∞S_{2K_j}(g_{BR})(0)\to-\infty.

  • Les sommes négatives ∑k=−K−1eikθ/k\sum_{k=-K}^{-1}e^{ik\theta}/k ne sont pas uniformément bornées, car leur valeur en θ=0 vaut −∑k=1K1/k=−log⁡K−γEuler+o(1)-\sum_{k=1}^{K}1/k=-\log K-\gamma_{Euler}+o(1).

  • La fonction gBR(θ)=∑j=1∞j−2PKj(θ)g_{BR}(\theta)=\sum_{j=1}^{\infty}j^{-2}P_{K_j}(\theta) est continue, car la série converge normalement grâce à ∑j=1∞j−2=π2/6\sum_{j=1}^{\infty}j^{-2}=\pi^2/6 et à la majoration uniforme des PKjP_{K_j}.

Compléments

  • Pour isoler la partie négative, on translate les fréquences du polynôme fK(θ)=∑1≤∣k∣≤Keikθ/kf_K(\theta)=\sum_{1\le|k|\le K}e^{ik\theta}/k en posant PK(θ)=ei2KθfK(θ)P_K(\theta)=e^{i2K\theta}f_K(\theta).

📌 Si les entiers vérifient Kj+1>3KjK_{j+1}>3K_j, les blocs de fréquences des polynômes PKjP_{K_j} ne se mélangent pas.

  • Avec Kj=32jK_j=3^{2^j}, le terme négatif sélectionné en θ=0 est de l’ordre de −j−2log⁡(Kj)-j^{-2}\log(K_j) et tend vers −∞-\infty.

15. Sommation d’Abel et noyau de Poisson

Notions clés & Définitions

  • Sommabilité d’Abel : Une série ∑k≥1ck\sum_{k\ge1}c_k est sommable au sens d’Abel si, pour tout 0≤r<10\le r<1, la série A(r)=∑k=1∞ckrkA(r)=\sum_{k=1}^{\infty}c_kr^k converge et si A(r)A(r) admet une limite finie lorsque r→1−r\to1^-.
  • Noyau de Poisson : De paramètre 0≤r<10\le r<1 est la fonction Pr(θ)=∑k∈Zr∣k∣eikθ=1−r21−2rcos⁡θ+r2P_r(\theta)=\sum_{k\in\mathbb Z}r^{|k|}e^{ik\theta}=\frac{1-r^2}{1-2r\cos\theta+r^2}.

Points essentiels

  • Pour toute série, la convergence classique implique la sommabilité de Cesàro, qui implique elle-même la sommabilité d’Abel ; aucune de ces implications n’est réversible en général.

📐 Formule — Pour toute fonction f∈L1(T)f\in L^1(\mathbb T), sa somme d’Abel s’écrit comme une convolution : Ar(f)(θ)=∑k∈Zr∣k∣f^(k)eikθ=f∗Pr(θ)A_r(f)(\theta)=\sum_{k\in\mathbb Z}r^{|k|}\widehat f(k)e^{ik\theta}=f*P_r(\theta).

📌 Les noyaux de Poisson sont positifs, 2π-périodiques, d’intégrale totale égale à 1, et tendent uniformément vers zéro en dehors de tout voisinage de zéro lorsque r→1−r\to1^-.

📌 Pour toute fonction continue 2π-périodique f, on a ∥f−f∗Pr∥C0(T)→0\|f-f*P_r\|_{C^0(\mathbb T)}\to0 lorsque r→1−r\to1^- ; de même, pour 1≤p<∞1\le p<\infty et f∈Lp(T)f\in L^p(\mathbb T), ∥f−f∗Pr∥Lp(T)→0\|f-f*P_r\|_{L^p(\mathbb T)}\to0.

Astuce mémo

Abel → Poisson → convolution → convergence

16. Fonction en dents de scie

Notions clés & Définitions

  • Fonction en dents de scie : 2π-périodique est définie par fDS(θ)=i(π−θ)f_{DS}(\theta)=i(\pi-\theta) pour 0≤θ≤π0\le\theta\le\pi et fDS(θ)=i(−π−θ)f_{DS}(\theta)=i(-\pi-\theta) pour −π≤θ≤0-\pi\le\theta\le0.

★ À maîtriser

  • La fonction en dents de scie est impaire, son coefficient de Fourier d’indice zéro est nul et, pour tout k∈Z∗k\in\mathbb Z^*, son coefficient vaut f^DS(k)=1/k\widehat f_{DS}(k)=1/k.

📐 Formule — Les sommes partielles de Fourier de la fonction en dents de scie sont SK(fDS)(θ)=∑1≤∣k∣≤Keikθ/kS_K(f_{DS})(\theta)=\sum_{1\le|k|\le K}e^{ik\theta}/k.

📌 Si sup⁡0≤r<1∣∑k=1∞ckrk∣≤A\sup_{0\le r<1}|\sum_{k=1}^{\infty}c_kr^k|\le A et sup⁡k≥1k∣ck∣≤M\sup_{k\ge1}k|c_k|\le M, alors sup⁡K≥1∣∑k=1Kck∣≤A+2M\sup_{K\ge1}|\sum_{k=1}^{K}c_k|\le A+2M.

Compléments

  • La sommation d’Abel donne, pour tout 0≤r<10\le r<1, ∣∑k∈Z∗r∣k∣eikθ/k∣=∣(fDS∗Pr)(θ)∣≤π|\sum_{k\in\mathbb Z^*}r^{|k|}e^{ik\theta}/k|=|(f_{DS}*P_r)(\theta)|\le\pi.

17. Équidistribution des suites irrationnelles

Notions clés & Définitions

  • Partie fractionnaire : D’un réel x est ⟨x⟩=x−[x]\langle x\rangle=x-[x], où [x][x] est sa partie entière, et elle appartient à [0,1[[0{,}1[.
  • Équidistribution : Une suite (ξk)(\xi_k) dans [0,1[[0{,}1[ est équidistribuée si, pour tous 0≤a<b<10\le a<b<1, lim⁡n→∞Card⁡{1≤k≤n:ξk∈[a,b]}n=b−a\lim_{n\to\infty}\frac{\operatorname{Card}\{1\le k\le n:\xi_k\in[a,b]\}}{n}=b-a.

Points essentiels

📌 Si γ∈Q\gamma\in\mathbb Q, la suite ⟨kγ⟩\langle k\gamma\rangle ne prend qu’un nombre fini de valeurs et est périodique, tandis que si γ∉Q\gamma\notin\mathbb Q, toutes ses valeurs sont distinctes.

  • Pour tout irrationnel γ\gamma, la suite des parties fractionnaires ⟨γ⟩,⟨2γ⟩,⟨3γ⟩,…\langle\gamma\rangle,\langle2\gamma\rangle,\langle3\gamma\rangle,\ldots est équidistribuée et donc dense dans [0,1[[0{,}1[.

📐 Formule — Pour toute fonction continue 1-périodique f et tout irrationnel γ, on a 1n∑k=1nf(kγ)⟶∫01f(x) dx\frac1n\sum_{k=1}^{n}f(k\gamma)\longrightarrow\int_0^1f(x)\,dx.

📌 Le critère de Weyl affirme qu’une suite (ξk)(\xi_k) de [0,1[[0{,}1[ est équidistribuée si et seulement si, pour tout ℓ∈Z∗\ell\in\mathbb Z^*, 1n∑k=1ne2iπℓξk→0\frac1n\sum_{k=1}^{n}e^{2i\pi\ell\xi_k}\to0.

Astuce mémo

Rationnel : répétition ; irrationnel : répartition uniforme

18. Fonction continue partout non dérivable

Notions clés & Définitions

  • Fonction de Weierstrass lacunaire : Pour 0<α<10<\alpha<1, la série fα(θ)=∑n=0∞2−nαei2nθf_\alpha(\theta)=\sum_{n=0}^{\infty}2^{-n\alpha}e^{i2^n\theta} converge normalement et définit une fonction continue.
  • Équidistribution : Une suite de nombres réels de [0,1[[0{,}1[ est équidistribuée lorsque ses valeurs se répartissent asymptotiquement uniformément dans cet intervalle.
  • Fonction de Lebesgue : Pour 0<α<10<\alpha<1, la fonction fα(θ)=∑n=0∞2−nαei2nθf_\alpha(\theta)=\sum_{n=0}^{\infty}2^{-n\alpha}e^{i2^n\theta} est continue par convergence normale, mais elle n’admet de dérivée en aucun point.
  • Fonction de Lebesgue : La fonction L(x)=∑n=1∞2−nsin⁡(2n2x)L(x)=\sum_{n=1}^{\infty}2^{-n}\sin(2^{n^2}x) est continue et 2π2\pi-périodique par convergence normale, mais elle n’est dérivable en aucun point.

★ À maîtriser

  • Pour une rotation irrationnelle ρ(θ)=θ+2πγ\rho(\theta)=\theta+2\pi\gamma avec γ∈R∖Q\gamma\in\mathbb R\setminus\mathbb Q, la moyenne temporelle lim⁡n→∞1n∑k=1nf(ρk(θ))\lim_{n\to\infty}\frac1n\sum_{k=1}^{n}f(\rho^k(\theta)) existe pour tout θ\theta et égale la moyenne spatiale 12π∫−ππf(θ) dθ\frac1{2\pi}\int_{-\pi}^{\pi}f(\theta)\,d\theta.

  • Les moyennes de Fejér sont définies par σn(f)=1n∑ℓ=0n−1Sℓ(f)\sigma_n(f)=\frac1n\sum_{\ell=0}^{n-1}S_\ell(f), tandis que les moyennes retardées sont Δn(f)=2σ2n(f)−σn(f)\Delta_n(f)=2\sigma_{2n}(f)-\sigma_n(f).

📌 Si une fonction continue gg est dérivable en θ0\theta_0, alors les dérivées de ses sommes de Fejér et de ses moyennes retardées vérifient σn(g)′(θ0)=O(log⁡n)\sigma_n(g)'(\theta_0)=O(\log n) et Δn(g)′(θ0)=O(log⁡n)\Delta_n(g)'(\theta_0)=O(\log n).

  • Pour la série lacunaire fαf_\alpha, on a Δ2n(f)=S2n(f)\Delta_{2^n}(f)=S_{2^n}(f) et Δ2n(f)−Δ2n−1(f)=2−nαei2nθ\Delta_{2^n}(f)-\Delta_{2^{n-1}}(f)=2^{-n\alpha}e^{i2^n\theta}.

📐 Formule — La dérivée de cette différence a pour module 2n(1−α)2^{n(1-\alpha)}, qui ne peut pas être majoré par une constante fois log⁡(2n)\log(2^n) lorsque 0<α<10<\alpha<1.

Compléments

  • Les seules fréquences présentes dans la série de fαf_\alpha sont les puissances de deux k=2nk=2^n, ce qui rend sa série de Fourier lacunaire.

  • Pour un rationnel irréductible p/qp/q avec q>0q>0, la suite des parties fractionnaires ⟨kp/q⟩\langle kp/q\rangle se répartit sur les qq points 0,1/q,2/q,…,(q−1)/q0{,}1/q,2/q,\ldots,(q-1)/q, chaque point ayant une fréquence limite égale à 1/q1/q.

  • La suite des parties fractionnaires de ((1+5)/2)k((1+\sqrt5)/2)^k n’est pas équidistribuée dans [0,1[[0{,}1[, comme le suggère la relation de Fibonacci vérifiée par uk=((1+5)/2)k+((1−5)/2)ku_k=((1+\sqrt5)/2)^k+((1-\sqrt5)/2)^k.

  • La série définissant fαf_\alpha est lacunaire, car elle ne contient que les fréquences 2n2^n, qui sont les puissances de deux.

📐 Formule — Pour tout point xx, il existe une suite hm→0h_m\to0 telle que lim⁡m→∞∣L(x+hm)−L(x)hm∣=∞\lim_{m\to\infty}\left|\frac{L(x+h_m)-L(x)}{h_m}\right|=\infty.

📐 Formule — Le noyau de Fejér vérifie Fn(t)=∑∣k∣≤n(1−∣k∣n)eikt=1n(sin⁡(nt/2)sin⁡(t/2))2F_n(t)=\sum_{|k|\le n}\left(1-\frac{|k|}{n}\right)e^{ikt}=\frac1n\left(\frac{\sin(nt/2)}{\sin(t/2)}\right)^2.

Tableaux de synthèse

Types de convergence des séries de Fourier

CadreRésultatLimite
L¹(T)Des contre-exemples de divergence existentLa convergence n’est pas générale
Lᵖ(T), p>1Convergence presque partout d’après HuntRésultat difficile
L²(T)Convergence en norme L²Pas nécessairement ponctuelle
L²(T)Convergence presque partout d’après CarlesonThéorème très difficile

Comparaison des noyaux

PropriétéNoyau de FejérNoyau de Dirichlet
SignePositifPositif et négatif
Norme L114π2log⁡n+O(1)\frac{4}{\pi^2}\log n+O(1)
Convergence associéeUniforme pour les fonctions continuesProblématique en général

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Séries de Fourier sur le cercle avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle description du tore unidimensionnel est correcte ?

2. Pour quelle condition une fonction mesurable appartient-elle à Lp(T)L^p(T), avec 1≤p<∞1\leq p<\infty ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Séries de Fourier sur le cercle avec 11 flashcards interactives.

Qu'est-ce que le tore unidimensionnel ?

Le cercle unité S^1 identifié à ℝ/2πℤ.

Que vaut l'intégrale d'une fonction 2π-périodique sur un intervalle de longueur 2π ?

Elle est indépendante de la position de l'intervalle.

Quelle est la formule du produit scalaire dans L²(T) ?

C'est l'intégrale de f(θ) fois la conjugaison de g(θ) sur [-π,π] divisée par 2π.

Voir les flashcards →

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