Fiche de révision : Signalisation cellulaire

Plan du Cours

  1. Principes de la signalisation cellulaire
  2. Voies des récepteurs transmembranaires
  3. Récepteurs canaux et flux ioniques
  4. Structure et classification des RCPG
  5. Activation des protéines G trimériques
  6. Effecteurs et kinases des protéines G
  7. Voies de signalisation et outils pharmacologiques
  8. Désensibilisation et recyclage des RCPG

1. Principes de la signalisation cellulaire

Notions clés & Définitions

  • Récepteur membranaire : Protéine transmembranaire qui traverse la membrane une ou plusieurs fois, fixe un signal exogène ou endogène et transmet l’information à l’intérieur de la cellule.

Points essentiels

  • Le devenir d’une cellule dépend de l’intégration de signaux qui peuvent contrôler sa multiplication, sa division ou sa différenciation.

📌 La molécule extracellulaire reste hors de la cellule lors d’une signalisation par récepteur membranaire, tandis qu’un transporteur peut la faire traverser la membrane.

  • La signalisation transmet une information extracellulaire par des interactions protéine-protéine, des changements structuraux, des seconds messagers et des phosphorylations qui activent ou inhibent des protéines.

Astuce mémo

Le récepteur transmet le signal ; le transporteur fait traverser la membrane à la molécule.

2. Voies des récepteurs transmembranaires

★ À maîtriser

📌 La voie A des récepteurs à sept domaines transmembranaires produit des seconds messagers, tandis que la voie B des récepteurs à un domaine transmembranaire repose sur des interactions protéine-protéine et des kinases sans second messager.

  • 🔄 La voie des récepteurs à sept domaines suit ces étapes :
    1. Le médiateur active le récepteur portant la séquence DRY.
    2. Le récepteur active la protéine G.
    3. La protéine G active un effecteur.
    4. L’effecteur produit un second messager.
    5. Le second messager module une kinase par phosphorylation.
    6. La kinase contribue à la réponse cellulaire.
  • 🔄 La voie suit cet enchaînement :
    1. Le récepteur interagit avec GRB2.
    2. GRB2 interagit avec SOS.
    3. SOS interagit avec Ras.
    4. Ras liée au GTP active des kinases ; l’hydrolyse du GTP en GDP inactive Ras.

Compléments

  • Les seconds messagers solubles cités sont l’AMPc, l’IP3 et le Ca2+, tandis que les messagers membranaires cités sont le DAG et le PIP3.

  • Le domaine SH2 reconnaît les tyrosines phosphorylées, ce qui permet notamment à GRB2 de reconnaître un récepteur phosphorylé.

  • Le domaine SH3 reconnaît une séquence consensus riche en proline, permettant à GRB2 d’interagir avec SOS.

  • La PI3 kinase comprend une sous-unité p85 qui active p110 et interagit avec le récepteur par son domaine SH2, ainsi qu’une sous-unité p110 portant l’activité catalytique ; leur interaction est nécessaire à l’activation de la kinase.

  • Le domaine PH se lie à des phospholipides tels que PIP2 ou PIP3 et peut rapprocher une protéine de la membrane.

3. Récepteurs canaux et flux ioniques

★ À maîtriser

  • La fixation de deux molécules d’acétylcholine au récepteur nicotinique ouvre son pore et permet le passage d’ions à travers la membrane.

  • Le récepteur nicotinique laisse entrer principalement Na+ et Ca2+ et sortir K+ ; le courant entrant majoritaire dépolarise la fibre musculaire et contribue à la contraction.

📌 Les récepteurs canaux cationiques responsables de l’entrée de Na+ et/ou Ca2+ sont dépolarisants et excitateurs, tandis que les récepteurs canaux anioniques responsables de l’entrée de Cl− sont hyperpolarisants et inhibiteurs.

Compléments

  • Les cinq sous-unités du récepteur nicotinique sont :

    • α, site de liaison à l’acétylcholine
    • α, site de liaison à l’acétylcholine
    • β, modulation du canal sans site de liaison
    • δ, modulation du canal sans site de liaison
    • γ, modulation du canal sans site de liaison
  • La dépolarisation de la fibre musculaire provoquée par le récepteur nicotinique entraîne une libération de calcium, le glissement de l’actine et de la myosine, puis la contraction musculaire.

  • Les récepteurs canaux cationiques cités sont :

    • les récepteurs nicotiniques
    • les récepteurs NMDA du glutamate
    • les récepteurs AMPA du glutamate
    • les récepteurs de l’aspartate
  • Les récepteurs canaux anioniques cités sont les récepteurs du GABA et de la glycine.

Astuce mémo

Cations dépolarisants, anions hyperpolarisants.

4. Structure et classification des RCPG

Notions clés & Définitions

  • RCPG : Protéine formée d’une seule chaîne polypeptidique comprenant sept domaines transmembranaires en hélice α, avec un N-terminal extracellulaire et un C-terminal intracellulaire.

★ À maîtriser

  • Les six classes de RCPG chez l’Homme sont A, B, C, F, T et O ; la classe A est la plus représentée.
  • L’appartenance à la classe A exige :
    • une séquence DRY
    • un pont disulfure entre E1 et E2
    • des acides aminés conservés

📌 Dans les sous-groupes de classe A, le ligand du sous-groupe α se loge dans une poche profonde entre les hélices, celui du sous-groupe β se fixe entre les hélices avec un site extracellulaire, celui du sous-groupe δ se fixe seulement au N-terminal et celui du sous-groupe γ se fixe par voie transmembranaire.

Compléments

  • Chez l’Homme, environ 1 000 types de RCPG sont décrits, dont 450 endogènes et 550 olfactifs et gustatifs ; 150 sont orphelins, ces récepteurs représentant environ 1 % du génome et étant ciblés par 30 % des médicaments produits.

  • Lefkowitz et Kobilka ont obtenu le prix Nobel de chimie en 2012 pour leurs travaux sur les RCPG.

  • Les boucles extracellulaires des RCPG sont nommées E1, E2 et E3, tandis que les boucles intracellulaires sont nommées I1, I2 et I3.

  • Les modifications post-traductionnelles décrites comprennent : un pont disulfure possible entre E1 et E2, des N-glycosylations sur l’asparagine, plus rarement, des O-glycosylations, une acylation reliant parfois une pseudo-boucle I4 au C-terminal

  • La classe B fixe son ligand notamment au domaine N-terminal relativement long et comprend notamment les récepteurs de la calcitonine et de la sécrétine.

  • La classe C fixe son ligand sur un grand domaine N-terminal en pince de crabe et comprend notamment les récepteurs du glutamate, du GABA et du calcium.

5. Activation des protéines G trimériques

Notions clés & Définitions

  • Protéine G trimérique : Complexe de trois sous-unités α, β et γ, distinct des petites protéines G constituées d’une seule sous-unité.

★ À maîtriser

  • Au repos, la protéine G trimérique est associée avec du GDP sur α ; l’activation du récepteur favorise l’échange GDP-GTP, la dissociation de α du dimère βγ et l’interaction des deux complexes avec des effecteurs ; l’hydrolyse du GTP en GDP réunit ensuite les trois sous-unités.

  • La sous-unité αs stimule son effecteur, αi l’inhibe, αq le stimule et α12/13 intervient dans l’activation de RhoA.

Compléments

  • La sous-unité α porte le nucléotide GDP ou GTP, et les protéines G trimériques sont associées à la membrane plasmique, où leur proximité avec le récepteur et les effecteurs favorise la réponse au signal.

  • Les sous-unités α et le complexe βγ peuvent tous deux activer des effecteurs après leur dissociation.

  • Les sites préférentiels d’interaction de α avec les RCPG se trouvent sur les boucles intracellulaires I2 et I3, et parfois sur une pseudo-boucle I4.

Astuce mémo

GDP au repos → GTP et séparation → hydrolyse du GTP et retour au trimère.

6. Effecteurs et kinases des protéines G

★ À maîtriser

  • Gαs stimule l’adénylate cyclase et la production d’AMPc, tandis que Gαi inhibe l’adénylate cyclase et diminue l’AMPc.

  • Gαq stimule la phospholipase Cβ, qui hydrolyse le PIP2 en IP3 et DAG.

  • Les kinases phosphorylent les groupes OH des sérines, thréonines ou tyrosines en transférant un phosphate issu de l’ATP, tandis que les phosphatases retirent des phosphates.

  • La PKA est activée par l’AMPc, la PKC par le calcium, et la Rho-kinase par RhoA.

Compléments

  • Gα12/13 favorise l’activation de la petite protéine G RhoA, tandis que le complexe Gβγ stimule la phospholipase A2 et la production d’acide arachidonique.

  • L’adénylate cyclase catalyse la conversion de l’ATP en AMPc et comporte deux domaines cytosoliques C1 et C2 ; Gαs stimule l’enzyme par C2, tandis que Gαi l’inhibe par C1.

  • 🔄 L’activation de la PKA se déroule ainsi :

    1. La PKA inactive réunit deux sous-unités régulatrices et deux catalytiques.
    2. Quatre molécules d’AMPc se fixent sur les sous-unités régulatrices.
    3. Les sous-unités régulatrices se séparent des sous-unités catalytiques.
    4. Les sous-unités catalytiques phosphorylent des protéines et peuvent migrer dans le noyau.
  • Le calcium se fixe au domaine C2 de la PKC et la rapproche de la membrane où elle est pré-activée ; le DAG se fixe ensuite au domaine C1, permettant le dépliement et l’activation de la kinase.

  • Rho-GTP se lie à la Rho-kinase et libère son domaine kinase, ce qui rend la kinase fonctionnelle.

7. Voies de signalisation et outils pharmacologiques

★ À maîtriser

📌 Les voies Gαs-adénylate cyclase-PKA, Gαq-phospholipase C-PKC, Gα12/13-RhoA et Gβγ-phospholipase A2 sont activatrices, tandis que la voie Gαi inhibe la production d’AMPc.

Compléments

  • La phospholipase A2 produit de l’acide arachidonique, qui peut être transformé par la cyclo-oxygénase en prostaglandines et thromboxane.

  • Le calcium mobilisé par l’IP3 est majoritairement stocké dans le réticulum endoplasmique et minoritairement dans les mitochondries.

  • La forskoline traverse la membrane sans transporteur et active directement l’adénylate cyclase, indépendamment des récepteurs et des protéines G.

  • La toxine pertussique bloque Gαi, levant ainsi son inhibition et augmentant l’AMPc, tandis que la toxine cholérique se fixe à Gαs et provoque une production élevée d’AMPc.

  • Un récepteur peut être couplé à deux ou trois protéines G à la fois, même si une protéine G reste dominante ; l’histamine peut notamment être couplée à Gs ou Gq.

📌 La physiologie inversante part de l’analyse moléculaire pour remonter à la réponse physiologique, plutôt que de partir d’un phénomène physiologique pour rechercher ses récepteurs.

Astuce mémo

La forskoline active directement l’adénylate cyclase ; la toxine pertussique bloque l’inhibiteur Gαi.

8. Désensibilisation et recyclage des RCPG

★ À maîtriser

  • 🔄 La désensibilisation homologue débute ainsi :
    1. Le complexe βγ active la kinase GRK.
    2. GRK phosphoryle le RCPG.
    3. Le récepteur phosphorylé ne peut plus se lier à Gα.
    4. Les arrestines reconnaissent les phosphates et contribuent à l’endocytose par des vésicules recouvertes de clathrine.

Compléments

  • Un RCPG peut être activé au maximum pendant environ cinq minutes avant que des mécanismes n’arrêtent sa transmission.

  • Le ligand se détache difficilement du RCPG à la membrane en raison de leur forte affinité, indiquée à 10⁻⁹ ; le pH 6 des endosomes favorise sa dissociation.

  • 🔄 Le devenir du complexe internalisé suit ces étapes :

    1. La clathrine se détache de la vésicule.
    2. La vésicule fusionne avec un endosome.
    3. Le ligand rejoint la voie lysosomale.
    4. Des phosphatases retirent les phosphates du C-terminal et libèrent le récepteur de l’arrestine.
  • Dans 99 % des cas, les RCPG internalisés sont recyclés vers la membrane ; ce recyclage dure au minimum 15 minutes et peut prendre une à deux heures.

  • Dans 1 % des cas, les RCPG internalisés passent des endosomes aux lysosomes où ils sont dégradés.

Astuce mémo

Phosphorylation → arrestine → endocytose → tri du récepteur.

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1. De quoi dépend le devenir d’une cellule au cours de sa vie ?

2. Lorsqu’une molécule extracellulaire déclenche une signalisation par récepteur membranaire, que devient-elle par rapport à la membrane ?

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De quoi dépend le devenir d’une cellule ?

De l’intégration de signaux.

Quels processus cellulaires les signaux peuvent-ils contrôler ?

La multiplication, la division ou la différenciation.

Que devient la molécule extracellulaire lors d’une signalisation par récepteur membranaire ?

Elle reste hors de la cellule.

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