QCM : Sociologie de l’action publique — 40 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne l’action publique dans son sens général ?

L’ensemble des interventions publiques prenant en charge des problèmes sociaux
L’ensemble des échanges privés organisant les relations économiques
L’ensemble des mobilisations collectives contestant les décisions publiques
L’ensemble des règles juridiques définissant la structure de l’État

L’ensemble des interventions publiques prenant en charge des problèmes sociaux

Explication

L’action publique regroupe les interventions par lesquelles les pouvoirs publics prennent en charge des problèmes sociaux, notamment grâce au financement et aux infrastructures. Les mobilisations collectives peuvent influencer l’action publique, mais elles ne la définissent pas.

2. Quelle évolution caractérise le développement historique des États en matière d’action publique ?

Une multiplication des formes d’intervention et du nombre de ministères
Une concentration des interventions autour des fonctions militaires
Une réduction des domaines administratifs et du nombre de ministères
Une substitution progressive des entreprises privées aux administrations

Une multiplication des formes d’intervention et du nombre de ministères

Explication

Le développement historique des États s’est accompagné d’une diversification de l’action publique et d’une hausse du nombre de ministères, passé de 6 au XIXe siècle à 49 aujourd’hui. Cette évolution ne correspond donc pas à une réduction des domaines administratifs.

3. Quel changement intervient progressivement après la crise de 1929 dans la conception du rôle économique de l’État ?

L’idée d’une intervention étatique dans l’économie gagne en légitimité
L’idée d’une régulation économique assurée par les banques privées domine
L’idée d’un retrait étatique face aux mécanismes économiques s’impose
L’idée d’une gestion économique confiée aux collectivités locales progresse

L’idée d’une intervention étatique dans l’économie gagne en légitimité

Explication

Après 1929, l’intervention de l’État dans l’économie s’impose progressivement sous des formes variées, comme le New Deal ou l’économie dirigée nazie. La période ne se caractérise donc pas par une adhésion générale au retrait de l’État.

4. Quelle mesure caractérise l’action publique française de l’après-guerre ?

La privatisation de secteurs comme l’énergie, les banques et les transports
La délégation des services publics à des entreprises étrangères
La nationalisation de secteurs comme l’énergie, les banques et les transports
La suppression de la Sécurité sociale au profit d’assurances individuelles

La nationalisation de secteurs comme l’énergie, les banques et les transports

Explication

L’après-guerre est marqué en France par la création de la Sécurité sociale et la nationalisation de plusieurs secteurs, dont l’énergie, les banques et les transports. La nationalisation transfère la propriété vers le secteur public, contrairement à la privatisation.

5. Quel est l’objectif central des policy sciences fondées par Harold Lasswell ?

Remplacer l’administration par une expertise issue des acteurs privés
Produire des savoirs utilisables par l’administration et les décideurs publics
Décrire les institutions publiques sans chercher à éclairer leurs décisions
Étudier principalement les rapports de pouvoir qui structurent l’action publique

Produire des savoirs utilisables par l’administration et les décideurs publics

Explication

Les policy sciences, fondées par Harold Lasswell, cherchent à produire des connaissances applicables à l’administration et utiles aux décideurs publics. L’étude des rapports de pouvoir relève davantage de l’analyse critique, qui adopte une perspective distincte.

6. Dans le modèle séquentiel de Jones, quelle séquence vient après la mise en œuvre d’une politique publique ?

L’identification du problème
La conception de la politique
La clôture
L’évaluation

L’évaluation

Explication

Le modèle de Jones ordonne les étapes ainsi : identification du problème, conception, mise en œuvre, évaluation, puis clôture. La clôture intervient donc après l’évaluation, et non immédiatement après la mise en œuvre.

7. Que cherche à étudier l’approche de l’État au concret associée à Jean Padioleau ?

Les mécanismes économiques par lesquels le marché régule les rapports sociaux
Les seules décisions des gouvernements dans les relations internationales
Le travail quotidien des agents de l’État et des fonctionnaires
La structure juridique de l’État indépendamment des pratiques administratives

Le travail quotidien des agents de l’État et des fonctionnaires

Explication

L’approche de l’État au concret analyse les pratiques et le travail quotidien des agents de l’État et des fonctionnaires. Elle se distingue ainsi d’une conception abstraite qui réduirait l’État à une structure juridique.

8. Comment l’action publique intervient-elle dans les rapports entre groupes sociaux ?

Elle laisse les rapports sociaux se régler par les mécanismes du marché
Elle remplace les groupes sociaux par une administration sans rapports de force
Elle suspend les conflits sociaux sans modifier les positions des groupes
Elle organise et transforme les rapports de force entre les groupes sociaux

Elle organise et transforme les rapports de force entre les groupes sociaux

Explication

L’action publique organise et transforme les rapports de force entre les groupes sociaux, au lieu de laisser le marché réguler seul les relations sociales. Elle ne supprime donc pas les rapports de force, mais contribue à les structurer.

9. Pourquoi l’inaction publique peut-elle être considérée comme une forme d’action publique ?

Parce que les effets publics résultent principalement des politiques adoptées
Parce que l’absence d’intervention produit des effets structurants
Parce que le retrait de l’État supprime les rapports de pouvoir existants
Parce que toute abstention entraîne une décision administrative explicite

Parce que l’absence d’intervention produit des effets structurants

Explication

L’absence de prise de position ou d’intervention peut structurer les situations et produire des conséquences collectives. L’inaction ne correspond donc pas à une absence d’effets, même lorsqu’aucune mesure explicite n’est adoptée.

10. Quelle conception correspond au mythe du volontarisme politique ?

Considérer que les administrations ralentissent parfois les réformes engagées
Croire qu’une volonté politique suffit à transformer rapidement l’action publique
Analyser les changements publics comme le résultat de conflits institutionnels
Reconnaître que les politiques évoluent par ajustements sur une longue période

Croire qu’une volonté politique suffit à transformer rapidement l’action publique

Explication

Le volontarisme politique repose sur l’idée qu’une volonté affirmée peut entraîner rapidement une transformation de l’action publique. Or les changements publics s’inscrivent généralement dans le temps long et ne dépendent pas d’une volonté isolée.

11. Comment Bernard Lacroix caractérise-t-il l’État ?

Comme un acteur homogène coordonnant toutes les administrations
Comme une autorité unitaire appliquant une volonté politique commune
Comme un groupe de groupes en lutte pour définir et faire l’État
Comme une institution séparée des conflits entre groupes sociaux

Comme un groupe de groupes en lutte pour définir et faire l’État

Explication

Pour Bernard Lacroix, l’État est traversé par des groupes qui luttent pour en définir le sens et l’action au nom de l’État. Cette approche s’oppose à la représentation d’un acteur homogène et unitaire.

12. Quelles formes peuvent prendre les luttes au sein de l’action publique ?

Des luttes horizontales entre ministères et verticales entre administrateurs et exécutants
Des tensions budgétaires entre entreprises et des débats idéologiques entre médias
Des rivalités électorales entre partis et des conflits judiciaires entre tribunaux
Des négociations locales entre citoyens et des oppositions internationales entre États

Des luttes horizontales entre ministères et verticales entre administrateurs et exécutants

Explication

Les luttes de l’action publique se déploient horizontalement entre ministères et verticalement entre élites administratives et exécutants. Elles concernent donc à la fois des rapports entre institutions comparables et des rapports hiérarchiques.

13. Qu’est-ce qu’un référentiel de l’action publique selon Pierre Muller ?

Un ensemble d’outils techniques destiné à appliquer une politique publique
Un indicateur statistique permettant d’évaluer les résultats d’une réforme
Une hiérarchie administrative chargée de répartir les compétences sectorielles
Une grille d’interprétation qui définit un secteur et oriente les solutions

Une grille d’interprétation qui définit un secteur et oriente les solutions

Explication

Un référentiel fournit une grille d’interprétation de la place et du rôle d’un secteur ou d’une politique dans la société. Il contribue ainsi à orienter les solutions considérées comme pertinentes.

14. Quelle distinction oppose correctement le référentiel global au référentiel sectoriel ?

Le global décrit les instruments, tandis que le sectoriel définit les ressources budgétaires
Le global correspond aux pratiques locales, tandis que le sectoriel exprime les normes internationales
Le global concerne la société entière, tandis que le sectoriel concerne un domaine particulier
Le global concerne un ministère, tandis que le sectoriel concerne l’ensemble des citoyens

Le global concerne la société entière, tandis que le sectoriel concerne un domaine particulier

Explication

Le référentiel global définit la place générale des secteurs dans la société, alors que le référentiel sectoriel exprime la vision dominante d’un domaine particulier. La différence porte donc sur l’étendue du cadre interprétatif.

15. Comment un même sujet peut-il produire des politiques différentes selon son cadrage ?

Les étudiants étrangers peuvent être vus comme une opportunité diplomatique ou comme une immigration déguisée
Les étudiants étrangers relèvent d’un problème uniforme traité par un instrument identique
Les étudiants étrangers sont étudiés selon leur nombre, indépendamment des représentations publiques
Les étudiants étrangers sont définis par leur statut juridique sans interprétation politique

Les étudiants étrangers peuvent être vus comme une opportunité diplomatique ou comme une immigration déguisée

Explication

Le sujet des étudiants étrangers peut être interprété comme une opportunité diplomatique, une fuite des cerveaux, un excès dans les pays d’origine ou une immigration déguisée. Chaque cadrage fait émerger des modes d’action différents, contrairement à une lecture uniforme.

16. Que recouvre l’instrumentation de l’action publique pour Lascoumes et Le Galès ?

La rédaction de normes juridiques organisant les relations entre institutions publiques
Les problèmes liés au choix, à l’usage et aux effets politiques des outils gouvernementaux
La sélection d’indicateurs administratifs servant à mesurer l’efficacité des programmes
La conception matérielle d’outils techniques destinés à exécuter une décision publique

Les problèmes liés au choix, à l’usage et aux effets politiques des outils gouvernementaux

Explication

L’instrumentation porte sur le choix et l’usage des outils qui rendent l’action gouvernementale concrète, ainsi que sur leurs effets politiques. Elle ne se réduit donc pas à la dimension technique des instruments.

17. Comment Michel Foucault définit-il un dispositif ?

Une doctrine politique associant des objectifs publics à des moyens administratifs
Une articulation de droits, de discours, de savoirs et de constructions matérielles
Un règlement juridique destiné à encadrer les comportements dans une institution
Un appareil matériel permettant de surveiller les individus dans un espace donné

Une articulation de droits, de discours, de savoirs et de constructions matérielles

Explication

Chez Michel Foucault, un dispositif associe des éléments juridiques, discursifs, savants et matériels pour conduire les conduites. Il dépasse donc un simple règlement ou un objet technique isolé.

18. Pourquoi le panoptique favorise-t-il l’autocontrôle des prisonniers ?

Les prisonniers disposent d’un système de règles leur permettant de contrôler leurs voisins
Des gardiens circulent constamment dans les cellules afin de sanctionner chaque écart
Une surveillance publique rend visibles les comportements et empêche toute contestation collective
Une tour centrale permet une observation possible sans révéler quand le gardien surveille

Une tour centrale permet une observation possible sans révéler quand le gardien surveille

Explication

Dans le panoptique de Jeremy et Samuel Bentham, le gardien peut observer depuis une tour centrale sans que les prisonniers sachent s’ils sont surveillés. Cette incertitude les conduit à intérioriser la surveillance et à contrôler eux-mêmes leur conduite.

19. Par quels moyens l’État produit-il des catégories symboliques et des savoirs sur lui-même ?

Par les tribunaux, les forces armées, les collectivités et les organisations syndicales
Par les budgets publics, les marchés, les subventions et les contrats administratifs
Par la démographie, la géographie, la cartographie et les catégories socioprofessionnelles
Par les élections, les campagnes médiatiques, les sondages et les débats parlementaires

Par la démographie, la géographie, la cartographie et les catégories socioprofessionnelles

Explication

L’État construit des savoirs et des catégories sur lui-même grâce notamment à la démographie, à la géographie, à la cartographie et aux catégories socioprofessionnelles. Ces outils rendent la société et l’action publique plus intelligibles pour le gouvernement.

20. Quel dispositif statistique enregistre les délits en 107 rubriques à partir des plaintes et des initiatives policières ?

Le registre pénitentiaire national
L’État 4001
Le recensement général des infractions
Le baromètre annuel de victimation

L’État 4001

Explication

L’État 4001 est le dispositif statistique qui classe les délits en 107 rubriques selon les plaintes et les initiatives policières. Le registre pénitentiaire et les enquêtes de victimation ne correspondent pas à ce mode précis d’enregistrement.

21. Dans l’État 4001, quelle proportion des rubriques est alimentée par les dépôts de plainte ?

50 %
65 %
20 %
80 %

80 %

Explication

Les dépôts de plainte alimentent 80 % des rubriques de l’État 4001, tandis que l’initiative policière en alimente 20 %. Confondre ces proportions revient à inverser les deux modes d’enregistrement.

22. Pourquoi les statistiques policières peuvent-elles surreprésenter certaines infractions ?

Parce qu’elles mesurent les comportements délinquants de chaque groupe social
Parce qu’elles corrigent les écarts entre plaintes et infractions constatées
Parce qu’elles enregistrent davantage les infractions surveillées et signalées
Parce qu’elles privilégient les infractions commises dans les espaces privés

Parce qu’elles enregistrent davantage les infractions surveillées et signalées

Explication

Les statistiques policières donnent davantage de visibilité aux infractions fortement surveillées ou fréquemment signalées, comme celles liées aux stupéfiants. Elles ne mesurent donc pas directement la totalité des comportements délinquants.

23. Quelle représentation sociale peut être produite par le cadrage statistique de la délinquance ?

Une délinquance répartie de manière identique entre tous les groupes sociaux
Une criminalité principalement attribuée aux institutions administratives
Une menace concentrée sur les personnes âgées des classes favorisées
Une menace principalement associée aux jeunes hommes pauvres et racisés

Une menace principalement associée aux jeunes hommes pauvres et racisés

Explication

Le cadrage statistique peut construire l’image publique d’une menace concentrée sur les jeunes hommes pauvres et racisés. Cette image ne reflète pas nécessairement la distribution sociale réelle de tous les comportements délinquants.

24. Que désigne l’habituation dans la construction institutionnelle de la réalité sociale ?

La transformation de comportements répétés en routines prévisibles
La typification réciproque d’actions entre différents types d’acteurs
L’enfermement des individus dans un cadre régissant leur existence
La transmission d’institutions extérieures par la socialisation

La transformation de comportements répétés en routines prévisibles

Explication

L’habituation transforme progressivement les comportements répétés en routines, ce qui réduit l’effort mental et rend les conduites plus prévisibles. La typification réciproque relève plutôt de l’institutionnalisation.

25. Quand Berger et Luckmann parlent-ils d’institutionnalisation ?

Lorsque des types d’acteurs typifient réciproquement des actions habituelles
Lorsque l’existence entière est organisée dans un établissement fermé
Lorsque des conduites répétées deviennent des routines individuelles
Lorsque des institutions sont transmises par la famille et l’école

Lorsque des types d’acteurs typifient réciproquement des actions habituelles

Explication

L’institutionnalisation apparaît lorsque des types d’acteurs établissent une typification réciproque d’actions habituelles. La simple répétition d’une conduite décrit l’habituation, sans impliquer cette relation entre acteurs.

26. Que produit l’objectivation des institutions ?

Elle incorpore les institutions dans la conscience individuelle par l’apprentissage
Elle transforme les actions répétées en routines sans dimension collective
Elle rend les institutions extérieures aux individus et transmissibles par la socialisation
Elle enferme les individus dans un cadre contrôlant toute leur existence

Elle rend les institutions extérieures aux individus et transmissibles par la socialisation

Explication

L’objectivation fait apparaître les institutions comme des réalités extérieures aux individus, qui peuvent être transmises notamment par la famille et l’école. Leur incorporation par les individus correspond plutôt à l’intériorisation.

27. Quelle caractéristique définit une institution totale ?

Elle enferme et régit l’ensemble de l’existence des individus
Elle permet d’acquérir des expériences sans les avoir vécues
Elle transmet des normes par l’enseignement familial et scolaire
Elle organise la répétition de quelques comportements dans la vie quotidienne

Elle enferme et régit l’ensemble de l’existence des individus

Explication

Une institution totale encadre l’ensemble de l’existence des individus, comme une prison ou un hôpital psychiatrique. La transmission des normes et l’accès à des expériences par le langage renvoient à d’autres mécanismes sociaux.

28. Quelles dimensions font l’objet de luttes lorsqu’un problème devient public selon Gusfield ?

La propriété, la responsabilité causale et la responsabilité politique
La visibilité médiatique, la sanction pénale et la hiérarchie sociale
La surveillance policière, la plainte des victimes et la statistique administrative
La routine, la socialisation et l’intériorisation des normes

La propriété, la responsabilité causale et la responsabilité politique

Explication

Selon Gusfield, les luttes autour d’un problème public portent sur l’acteur légitime pour s’en occuper, sur sa cause et sur l’acteur chargé d’agir. Ces dimensions correspondent respectivement à la propriété, à la responsabilité causale et à la responsabilité politique.

29. Que signifie la propriété d’un problème public ?

La qualification juridique d’un comportement comme infraction pénale
La définition de la cause sociale présentée comme responsable du problème
La désignation de l’institution chargée d’appliquer une mesure
La capacité à s’imposer comme l’acteur légitime pour s’en occuper

La capacité à s’imposer comme l’acteur légitime pour s’en occuper

Explication

La propriété désigne la capacité d’une institution ou d’un groupe à être reconnu comme l’acteur légitime pour traiter le problème. La définition de sa cause relève de la responsabilité causale, tandis que la désignation de l’acteur chargé d’agir relève de la responsabilité politique.

30. Que désigne la responsabilité causale dans la définition d’un problème public ?

La cause présentée comme étant à l’origine du problème
La sanction prévue lorsqu’une règle juridique est violée
L’institution désignée pour mettre en œuvre une solution
Le groupe reconnu comme légitime pour prendre le problème en charge

La cause présentée comme étant à l’origine du problème

Explication

La responsabilité causale consiste à définir ce qui est présenté comme la cause du problème, par exemple une addiction ou une responsabilité individuelle. Elle ne désigne pas l’acteur chargé de le résoudre, qui relève de la responsabilité politique.

31. Comment l’alcool au volant peut-il être cadré selon deux ordres différents ?

Comme un problème statistique appelant une plainte ou une conduite habituelle appelant une socialisation
Comme une maladie appelant une sanction ou comme une infraction appelant une thérapie
Comme une violation appelant une sanction ou comme une addiction appelant des soins
Comme une responsabilité institutionnelle appelant une enquête ou une routine appelant une prévention

Comme une violation appelant une sanction ou comme une addiction appelant des soins

Explication

L’ordre pénal présente l’alcool au volant comme une violation de la loi à sanctionner, tandis que l’ordre médico-social peut le définir comme une addiction à soigner. Ces cadrages attribuent au problème des réponses institutionnelles différentes.

32. Comment une situation devient-elle un problème social au sens sociologique ?

Par un travail de reconnaissance et de légitimation mené par des groupes mobilisés
Par la répétition médiatique d’un événement sans intervention collective
Par la décision administrative de classer une situation comme urgente
Par la seule aggravation mesurable d’un dysfonctionnement collectif

Par un travail de reconnaissance et de légitimation mené par des groupes mobilisés

Explication

Une situation devient un problème social lorsqu’elle fait l’objet d’un travail collectif de reconnaissance et de légitimation. La gravité d’un dysfonctionnement ne suffit donc pas, à elle seule, à produire sa définition comme problème social.

33. Quelle distinction décrit correctement les étapes de construction d’un problème social ?

La reconnaissance rend une situation durable, tandis que la légitimation la signale pour la première fois
La reconnaissance impose une solution, tandis que la légitimation mesure l’ampleur du phénomène
La reconnaissance rend une situation visible, tandis que la légitimation l’inscrit parmi les priorités sociales
La reconnaissance mobilise les pouvoirs publics, tandis que la légitimation produit les premières observations

La reconnaissance rend une situation visible, tandis que la légitimation l’inscrit parmi les priorités sociales

Explication

La reconnaissance fait apparaître une situation comme digne d’attention, puis la légitimation l’installe durablement parmi les préoccupations prioritaires. La visibilité initiale ne constitue donc pas encore une inscription durable dans l’agenda social.

34. Pourquoi l’âge constitue-t-il une catégorie sociale plutôt qu’une simple donnée biologique ?

Parce qu’il détermine biologiquement les rôles sociaux attribués à chaque personne
Parce qu’il dépend principalement des déclarations individuelles plutôt que des transformations historiques
Parce qu’il combine des caractéristiques biologiques et des attentes sociales susceptibles d’évoluer historiquement
Parce qu’il correspond à des rôles sociaux identiques dans toutes les sociétés et toutes les périodes

Parce qu’il combine des caractéristiques biologiques et des attentes sociales susceptibles d’évoluer historiquement

Explication

L’âge associe une dimension biologique à des attentes sociales, lesquelles peuvent changer selon les évolutions historiques. Il ne faut donc pas confondre l’âge biologique avec l’âge social, qui renvoie aux rôles attendus à un moment donné.

35. Qu’est-ce qu’un entrepreneur de cause ?

Un groupe qui défend des intérêts privés sans chercher à modifier les préoccupations publiques
Un acteur qui cherche à faire exister une cause et à la faire reconnaître comme problème public
Un expert qui décrit une situation sociale sans participer à sa mise en débat
Un acteur qui administre les dispositifs publics chargés de résoudre une difficulté collective

Un acteur qui cherche à faire exister une cause et à la faire reconnaître comme problème public

Explication

L’entrepreneur de cause agit pour rendre une cause visible et la faire reconnaître comme un problème public. Un expert qui se limite à décrire une situation ne remplit pas nécessairement ce rôle de mobilisation et de publicisation.

36. Quelle caractéristique distingue un entrepreneur de morale d’un autre entrepreneur de cause ?

Il cherche à présenter une pratique comme un problème médical nécessitant une prise en charge
Il cherche à obtenir une réforme institutionnelle au moyen d’arguments administratifs
Il cherche à imposer une définition morale d’un comportement ou d’une pratique
Il cherche à démontrer qu’une difficulté résulte principalement de mécanismes économiques

Il cherche à imposer une définition morale d’un comportement ou d’une pratique

Explication

L’entrepreneur de morale mobilise un cadrage moral pour définir un comportement comme problématique, comme l’ont fait les ligues de tempérance à propos de l’alcool. Les cadrages médical et économique correspondent à d’autres manières de défendre une cause.

37. Que signifie étudier l’action publique comme une configuration au sens d’Elias ?

L’analyser comme un ensemble de relations d’interdépendance entre acteurs
L’analyser comme un dispositif de normes et d’outils orientant les conduites
L’analyser comme un espace de positions hiérarchisées et de luttes pour des ressources
L’analyser comme une succession de décisions prises par une autorité centrale

L’analyser comme un ensemble de relations d’interdépendance entre acteurs

Explication

L’approche configurationnelle étudie l’action publique à partir des interdépendances qui relient les acteurs. L’analyse en termes de champ insiste plutôt sur les positions et les luttes, tandis que celle du dispositif porte sur les savoirs, les normes et les outils.

38. Dans l’approche de Bourdieu, comment caractériser l’action publique comme un champ ?

Comme un réseau d’interdépendances produites par les relations entre acteurs publics et privés
Comme un mécanisme de reconnaissance progressive des situations jugées socialement préoccupantes
Comme un assemblage de savoirs, de normes et d’outils orientant les comportements
Comme un espace structuré par des positions, des ressources et des luttes entre acteurs

Comme un espace structuré par des positions, des ressources et des luttes entre acteurs

Explication

L’approche par le champ décrit un espace social structuré par des positions, des ressources et des luttes entre acteurs. Le réseau d’interdépendances relève de la configuration, tandis que l’assemblage de normes et d’outils renvoie au dispositif.

39. Quel est l’objet central du néo-institutionnalisme dans l’analyse de l’action publique ?

L’influence des préférences électorales sur la formation des partis politiques
Le rôle des institutions dans la structuration des comportements et des décisions publiques
La répartition des ressources économiques entre les groupes sociaux concurrents
La succession historique des dirigeants au sein des administrations publiques

Le rôle des institutions dans la structuration des comportements et des décisions publiques

Explication

Le néo-institutionnalisme examine la manière dont les institutions structurent les comportements et les décisions publiques. L’influence des préférences électorales relève plutôt de l’analyse politique électorale que de cet objet central.

40. Dans les modèles d’Allison, quelle analyse met l’accent sur les routines des organisations plutôt que sur les négociations entre acteurs ?

Le modèle du choix rationnel individuel
Le modèle du processus organisationnel
Le modèle de la politique bureaucratique
Le modèle de la compétition électorale

Le modèle du processus organisationnel

Explication

Le modèle du processus organisationnel explique la décision par les routines et les procédures des organisations. La politique bureaucratique, en revanche, insiste sur les négociations entre acteurs dotés d’intérêts différents.

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Qu'est-ce que désigne l'action publique ?

L'ensemble des interventions des pouvoirs publics pour gérer des problèmes sociaux.

Comment a évolué le nombre de ministères depuis le XIXe siècle ?

Il est passé de 6 à 49 aujourd'hui.

Quelle évolution accompagne le développement historique des États ?

Une démultiplication des formes d'action publique.

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