Probabilités conditionnelles et variables aléatoires : fiche de révision
Probabilité conditionnelle, arbres pondérés, formule des probabilités totales, indépendance, puis variables aléatoires, loi, espérance et variance : le chapitre probabilités de première spécialité avec exemples corrigés.
1Probabilités conditionnelles
Pour un événement A de probabilité non nulle, la probabilité de B sachant A est P_A(B) = P(A ∩ B)/P(A). D'où P(A ∩ B) = P(A) × P_A(B). Sur un arbre pondéré, chaque branche porte une probabilité (conditionnelle à partir du deuxième niveau), la somme des probabilités des branches issues d'un même nœud vaut 1, et la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses branches.
Formule des probabilités totales : si A et son contraire Ā forment une partition, P(B) = P(A ∩ B) + P(Ā ∩ B) = P(A) P_A(B) + P(Ā) P_Ā(B). Elle permet de « remonter l'arbre » : P_B(A) = P(A ∩ B)/P(B). Deux événements sont indépendants si P(A ∩ B) = P(A) × P(B), ce qui équivaut (pour P(A) ≠ 0) à P_A(B) = P(B) : savoir que A est réalisé ne change pas la probabilité de B.
2Variables aléatoires
Une variable aléatoire X associe un réel à chaque issue d'une expérience aléatoire. Sa loi de probabilité est le tableau des valeurs xᵢ et des probabilités pᵢ = P(X = xᵢ), avec Σpᵢ = 1. L'espérance E(X) = Σ xᵢ pᵢ est la valeur moyenne que prendrait X sur un grand nombre de répétitions (interprétation : gain moyen d'un jeu). Un jeu est équitable si l'espérance du gain est nulle.
La variance V(X) = Σ pᵢ (xᵢ − E(X))² = E(X²) − E(X)² mesure la dispersion ; l'écart-type σ(X) = √V(X) s'exprime dans l'unité de X. Propriétés : E(aX + b) = aE(X) + b, V(aX + b) = a²V(X). La loi des grands nombres (admise) justifie que la moyenne des valeurs observées se rapproche de E(X) quand le nombre d'expériences augmente.
3Exemples corrigés
Test médical : une maladie touche 2 % d'une population (M). Le test est positif (T) chez 95 % des malades et chez 3 % des non-malades. Arbre : P(M) = 0,02, P_M(T) = 0,95 ; P(M̄) = 0,98, P_M̄(T) = 0,03. P(T) = 0,02 × 0,95 + 0,98 × 0,03 = 0,019 + 0,0294 = 0,0484. Probabilité d'être malade sachant le test positif : P_T(M) = 0,019/0,0484 ≈ 0,39. Un test positif ne signifie être malade qu'à 39 % : c'est le résultat classique qui surprend.
Jeu : on lance un dé ; si le 6 sort, on gagne 10 €, sinon on perd 1 €. X = gain. Loi : P(X = 10) = 1/6, P(X = −1) = 5/6. E(X) = 10/6 − 5/6 = 5/6 ≈ 0,83 € : le jeu est favorable au joueur. V(X) = E(X²) − E(X)² = (100/6 + 5/6) − (5/6)² = 17,5 − 0,694 ≈ 16,8, σ ≈ 4,1 €.
4Méthodes, pièges et entraînement
Méthodes : traduire un énoncé en arbre pondéré (bien distinguer P(A ∩ B) et P_A(B)), calculer une probabilité par les probabilités totales, remonter l'arbre, prouver ou réfuter une indépendance, établir une loi, calculer espérance/variance, interpréter l'espérance dans le contexte, utiliser E(aX + b) pour un changement d'unité ou de mise.
Pièges : confondre « sachant » et « et » (P_A(B) ≠ P(A ∩ B)) ; lire P_B(A) directement sur l'arbre alors qu'il faut le retourner ; oublier de vérifier Σpᵢ = 1 ; calculer V(X) en oubliant de retrancher E(X)² ; confondre indépendants et incompatibles (incompatibles : A ∩ B = ∅, donc jamais indépendants si probabilités non nulles) ; laisser l'espérance sans interprétation.
Entraînement : cinq arbres avec remontée, trois preuves d'indépendance, cinq lois avec espérance et variance à la main. Les QCM Revizly générés depuis ton cours sont parfaits pour vérifier la distinction « sachant / et » qui fait tomber la moitié des élèves.
Définitions à connaître par cœur
Quiz : teste-toi sur probabilités conditionnelles et variables aléatoires
8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !
1. P_A(B) est égal à :
- A.P(A ∩ B)/P(B)
- B.P(A ∩ B)/P(A)
- C.P(A) × P(B)
- D.P(A ∪ B)
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Réponse : B. P(A ∩ B)/P(A)
Probabilité de B sachant A : P(A ∩ B) divisé par P(A).
2. Sur un arbre pondéré, la probabilité d'un chemin est :
- A.La somme des probabilités des branches
- B.Le produit des probabilités des branches
- C.La plus grande des probabilités
- D.Toujours 1
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Réponse : B. Le produit des probabilités des branches
P(A ∩ B) = P(A) × P_A(B) : on multiplie le long du chemin.
3. Si P(A) = 0,4, P(B) = 0,5 et P(A ∩ B) = 0,2, A et B sont :
- A.Incompatibles
- B.Indépendants
- C.Contraires
- D.Impossibles
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Réponse : B. Indépendants
P(A) × P(B) = 0,2 = P(A ∩ B) : indépendants.
4. La somme des probabilités des branches issues d'un même nœud vaut :
- A.0
- B.0,5
- C.1
- D.Le nombre de branches
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Réponse : C. 1
Les branches issues d'un nœud forment une partition : leurs probabilités s'additionnent à 1.
5. X prend les valeurs 0, 1, 2 avec probabilités 0,5, 0,3, 0,2. E(X) vaut :
- A.0,7
- B.1
- C.1,5
- D.0,5
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Réponse : A. 0,7
E(X) = 0 × 0,5 + 1 × 0,3 + 2 × 0,2 = 0,7.
6. Un jeu est équitable si :
- A.La variance est nulle
- B.L'espérance du gain est nulle
- C.On gagne une fois sur deux
- D.La mise est faible
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Réponse : B. L'espérance du gain est nulle
Espérance nulle : en moyenne, ni gain ni perte sur un grand nombre de parties.
7. V(3X + 2) vaut :
- A.3V(X) + 2
- B.3V(X)
- C.9V(X)
- D.9V(X) + 2
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Réponse : C. 9V(X)
V(aX + b) = a²V(X) : la constante b ne change pas la dispersion, a est mis au carré.
8. Deux événements incompatibles de probabilités non nulles sont :
- A.Toujours indépendants
- B.Jamais indépendants
- C.Indépendants si P(A) = P(B)
- D.Contraires
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Réponse : B. Jamais indépendants
P(A ∩ B) = 0 ≠ P(A) × P(B) > 0 : ils ne peuvent pas être indépendants.
Questions fréquentes
Comment distinguer « sachant » et « et » dans un énoncé ?
« Parmi les malades, 95 % sont positifs » est une probabilité conditionnelle P_M(T) ; « 1,9 % des personnes sont malades et positives » est une intersection P(M ∩ T). Le mot « parmi » ou « sachant » signale la conditionnelle.
Comment calculer P_B(A) quand l'arbre est construit dans l'autre sens ?
On « retourne l'arbre » : P_B(A) = P(A ∩ B)/P(B), avec P(A ∩ B) lu sur le chemin et P(B) obtenu par la formule des probabilités totales.
La loi binomiale est-elle en première ?
Non : le schéma de Bernoulli et la loi binomiale sont au programme de terminale. En première, on étudie les variables aléatoires discrètes finies quelconques.
Comment interpréter l'écart-type ?
Plus il est grand, plus les valeurs de X sont dispersées autour de l'espérance : deux jeux de même espérance mais d'écarts-types différents n'ont pas le même « risque ».
