Fiche de révision : Intervention du SST en situation d’urgence

Plan du Cours

  1. Rôle du SST et mécanisme du dommage
  2. Accidents et maladies professionnelles
  3. Cadre réglementaire des premiers secours
  4. Obligations et démarche de prévention
  5. Acteurs de la prévention professionnelle
  6. Intervention et responsabilités du SST
  7. Alerte et protection des populations
  8. Attaque terroriste ou violence
  9. Protection face au danger
  10. Examen de la victime
  11. Alerte et transmission
  12. Saignements et hémorragies
  13. Obstruction des voies aériennes
  14. Malaise et brûlures
  15. Brûlures chimiques et internes
  16. Plaies graves et plaies simples
  17. Victime inconsciente qui respire
  18. Arrêt cardiorespiratoire et défibrillation

1. Rôle du SST et mécanisme du dommage

Notions clés & Définitions

  • Danger : Source potentielle de dommage, susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique ou mentale d’une personne.
  • Situation dangereuse : Exposition d’une ou plusieurs personnes à un ou plusieurs dangers.
  • Événement déclencheur : Événement susceptible de transformer le risque en accident et de causer un dommage pour la santé.
  • Risque : Probabilité d’apparition d’un événement indésirable susceptible de porter atteinte à l’intégrité du salarié.
  • Dommage : Blessure physique ou atteinte à la santé.

Points essentiels

  • Le SST est un membre du personnel, volontaire ou désigné, formé et régulièrement remis à jour, qui intervient en cas d’accident ou de malaise et contribue à réduire les risques pour la santé des salariés.

  • En situation de travail, le SST repère les dangers, les situations dangereuses et les événements déclencheurs, puis définit des actions pour supprimer ou réduire les situations dangereuses.

Astuce mémo

Danger exposé → événement déclencheur → dommage

2. Accidents et maladies professionnelles

Notions clés & Définitions

  • Accident du travail : Accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à une personne salariée ou travaillant pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise.
  • Accident de trajet : Selon l’article L411-2 du Code de la Sécurité sociale, l’accident de trajet est l’accident survenu pendant le trajet aller-retour entre la résidence habituelle et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel des repas, sous les conditions légales relatives au trajet et à ses interruptions ou détours.
  • Maladie professionnelle : Conséquence directe de l’exposition habituelle d’un travailleur à un risque physique, chimique ou biologique lié aux conditions de son activité professionnelle.

Points essentiels

📌 Pour être reconnu comme accident de trajet, le détour de covoiturage régulier peut ne pas être le plus direct, tandis que le trajet vers le lieu habituel des repas ne doit pas être interrompu ou détourné pour un motif personnel étranger aux nécessités essentielles de la vie courante ou indépendant de l’emploi.

📌 Selon l’article L.461-1 du Code de la Sécurité sociale, une maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions indiquées par ce tableau est présumée d’origine professionnelle.

  • Dans le tableau 57 du régime général, la tendinopathie aiguë non rompue non calcifiante de l’épaule a un délai de prise en charge de 30 jours et les travaux concernés impliquent une abduction sans soutien d’au moins 60° pendant au moins 3 h 30 par jour cumulées. - INRS

  • Dans le tableau 57 du régime général, la tendinopathie chronique non rompue non calcifiante de l’épaule a un délai de prise en charge de 6 mois, sous réserve d’une exposition de 6 mois, et concerne notamment une abduction sans soutien d’au moins 60° pendant 2 heures par jour cumulées ou d’au moins 90° pendant 1 heure par jour cumulée. - INRS

  • Dans le tableau 57 du régime général, la tendinite et la ténosynovite de la main et des doigts ont chacune un délai de prise en charge de 7 jours, tandis que le syndrome du canal carpien a un délai de 30 jours. - INRS

  • Dans le tableau 57 du régime général, la rupture partielle ou transfixiante de la coiffe des rotateurs objectivée par IRM a un délai de prise en charge d’un an, sous réserve d’une durée d’exposition d’un an. - INRS

3. Cadre réglementaire des premiers secours

Notions clés & Définitions

  • Document unique : Le Document Unique, créé par le décret n°2001-1016 du 5 novembre 2001, liste et hiérarchise les risques pouvant nuire à la sécurité des salariés et préconise des actions pour les réduire ou les supprimer.

★ À maîtriser

  • Le Document Unique est obligatoire dans toute entreprise, quelle que soit sa taille, son effectif, son activité ou sa date de création, et doit être réévalué au moins une fois par an ainsi qu’à chaque modification d’une unité de travail.

  • L’article R.4224-15 du Code du travail impose la formation d’un secouriste dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux et sur chaque chantier de travaux dangereux employant au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours.

  • Les lieux de travail doivent disposer de matériel de premiers secours adapté aux risques et facilement accessible ; aucun texte ne fixe une liste obligatoire de produits, mais le matériel doit fonctionner et les produits ne doivent pas être périmés.

  • Toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un défibrillateur automatisé externe selon l’article R.6311-15 du Code de la santé publique.

Compléments

  • En l’absence d’infirmiers ou si leur nombre ne permet pas une présence permanente, l’employeur prend, après avis du médecin du travail et en liaison notamment avec les secours extérieurs, des mesures de premiers secours adaptées aux risques.

  • La trousse de secours ne doit pas contenir de médicaments et son contenu ainsi que les modalités d’utilisation sont fixés par le médecin du travail.

  • La tenue d’un registre de déclaration des accidents bénins est possible sans autorisation préalable de la caisse régionale d’assurance maladie si l’établissement remplit les conditions légales relatives à la présence d’un personnel qualifié, à l’existence d’un poste de secours d’urgence et au respect des obligations concernant le CSE. L’employeur doit informer sans délai la caisse compétente de la tenue de ce registre, par tout moyen conférant date certaine.

  • Le Document Unique doit être tenu à la disposition des salariés, du médecin du travail, de l’inspection du travail et des agents des services de prévention des organismes de Sécurité sociale.

  • L’absence ou la non-conformité du Document Unique engage la responsabilité de l’employeur et expose à une amende de 1 500 à 3 500 €.

  • La trousse de secours comprend généralement des gants à usage unique, un masque pour les insufflations, du gel hydro-alcoolique, du sérum physiologique, du savon liquide, un antiseptique cutané, des compresses stériles, des pansements prédécoupés, du sparadrap hypoallergénique, des bandes extensibles, des ciseaux à bouts ronds, une pince à échardes et une couverture de survie.

  • Les ERP de catégories 1 à 3 devaient installer un DAE au plus tard le 1er janvier 2020, les ERP de catégorie 4 au plus tard le 1er janvier 2021 et les ERP de catégorie 5 au plus tard le 1er janvier 2022.

📌 L’emplacement des trousses de secours doit être connu des salariés et le matériel de premiers secours doit être signalé par des panneaux conformément à l’article R.4224-23 du Code du travail.

  • Les catégories d’ERP sont définies par l’effectif admissible : catégorie 1 à partir de 1 501 personnes, catégorie 2 de 701 à 1 500, catégorie 3 de 301 à 700, catégorie 4 jusqu’à 300 personnes à l’exception des établissements relevant de la catégorie 5, et catégorie 5 pour les établissements dont l’effectif du public reste inférieur aux seuils fixés par le règlement de sécurité pour chaque type d’établissement.

4. Obligations et démarche de prévention

Notions clés & Définitions

  • Obligation de sécurité de résultat : Impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires et efficaces pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs et les prévenir des accidents du travail et maladies professionnelles.

★ À maîtriser

📌 Selon l’article L.4121-1 du Code du travail, l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, en menant des actions de prévention, d’information et de formation et en mettant en place une organisation et des moyens adaptés.

  • Le SST informe le responsable hiérarchique ou les personnes chargées de prévention des situations dangereuses repérées, selon l’organisation et les procédures de l’entreprise, de préférence au moyen d’un support écrit conservable.

Compléments

📌 L’employeur adapte les mesures de sécurité aux changements de circonstances et les fait évoluer pour améliorer les situations existantes.

📌 Le défaut de protection peut exposer l’employeur à la faute inexcusable, ouvrant au salarié concerné ou à ses ayants droit la réparation financière du préjudice devant le tribunal compétent.

  • La Cour de cassation, chambre criminelle, a jugé le 2 mars 2010 (n°09-82.607) que la responsabilité pénale du dirigeant et de l’entreprise peut être retenue lorsqu’un salarié mis à disposition est victime d’un accident mortel causé par le non-respect des règles de sécurité des lieux de travail.

5. Acteurs de la prévention professionnelle

★ À maîtriser

  • L’inspection du travail vérifie le respect de la législation du travail, informe et conseille salariés et employeurs, contrôle les lieux de travail et joue un rôle de médiation dans les conflits collectifs.

Compléments

  • Le service de santé au travail conseille les employeurs, les travailleurs et leurs représentants afin d’éviter toute altération de la santé des travailleurs liée à leur travail.

  • L’IPRP participe exclusivement à la prévention pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs et améliorer les conditions de travail.

  • Le service de prévention de la CARSAT accompagne les entreprises, cible les risques majeurs et fixe le taux de cotisation des accidents du travail et maladies professionnelles.

  • La branche AT/MP de la CNAM définit des mesures et moyens de prévention, garantit la réparation aux victimes et participe avec le ministère chargé du Travail à l’élaboration de la politique de prévention.

  • L’INRS met en œuvre la politique nationale de prévention avec l’État et les organismes de prévention au moyen de quatre types d’action : études et recherche, assistance, formation et information.

  • L’ANACT œuvre à l’amélioration des conditions de travail, en donnant la priorité aux petites et moyennes entreprises.

  • L’OPPBTP accompagne les professionnels du bâtiment et des travaux publics pour améliorer leurs conditions de travail et prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.

6. Intervention et responsabilités du SST

★ À maîtriser

  • 🔄 Le plan d’intervention repose sur quatre actions :
    1. Protéger
    2. Examiner la victime
    3. Faire alerter ou alerter
    4. Secourir

📌 Lors d’une intervention dans l’entreprise, l’employeur supporte la responsabilité civile des actes du SST préposé, tandis qu’en dehors de l’entreprise le secouriste peut être tenu de réparer les dommages causés par sa faute, sa négligence ou son imprudence selon les articles 1240 et 1241 du Code civil.

📌 La responsabilité pénale du SST peut être engagée s’il s’abstient volontairement de porter assistance à une personne en péril sans risque pour lui ou les tiers, ou s’il cause un décès ou une incapacité par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement aux règles de sécurité.

  • Le SST est le premier maillon de la chaîne des secours : il protège, donne l’alerte et effectue les gestes de premiers secours.

📌 L’intervention du SST est limitée dans le temps aux minutes précédant l’arrivée des secours spécialisés, dans l’espace principalement à l’entreprise, et dans les moyens au matériel disponible, sans retarder les gestes pour aller chercher du matériel.

Compléments

📌 Le citoyen sauveteur est exonéré de responsabilité civile pour les préjudices causés par son intervention, sauf faute lourde ou intentionnelle, et l’appréciation des diligences normales tient compte notamment de l’urgence et des informations disponibles.

  • La loi n°2020-840 du 3 juillet 2020 reconnaît comme citoyen sauveteur la personne qui porte bénévolement assistance à une personne en péril grave et imminent et lui accorde la qualité de collaborateur occasionnel du service public.

Astuce mémo

Protéger → examiner → alerter → secourir (PR.E.FA.S)

7. Alerte et protection des populations

★ À maîtriser

  • Lorsqu’il entend le SNA, chacun doit rejoindre un bâtiment, s’informer par les médias ou les canaux officiels, respecter les consignes de confinement ou d’évacuation, ne pas aller chercher les enfants à l’école, éviter toute flamme, limiter les appels aux urgences vitales et s’assurer que les personnes proches ont reçu les consignes.

  • Le Signal national d’alerte avertit la population d’un danger imminent ou d’un événement grave susceptible de porter atteinte à son intégrité physique, tandis que l’information associée indique les comportements de sauvegarde à adopter.

  • Le signal national d’alerte est émis par sirènes en trois cycles d’une minute et 41 secondes, espacés de 5 secondes, et la fin d’alerte est indiquée par un son continu de 30 secondes.

  • Depuis juin 2022, FR-ALERT avertit en temps réel les personnes dont le téléphone portable se trouve dans une zone de danger et leur transmet les comportements à adopter pour se protéger.

Compléments

📌 Pour se confiner après le SNA, il faut fermer portes et fenêtres, les calfeutrer avec les bouches d’aération et arrêter les systèmes de ventilation ou de climatisation.

📌 En cas de risques chimiques, radioactifs ou biologiques, des alertes adaptées peuvent être mises en place ; face à une maladie contagieuse, le SST se protège et suit les consignes sanitaires nationales, celles de l’entreprise et, le cas échéant, les recommandations spécifiques de l’INRS.

  • Une notification FR-ALERT peut indiquer :

    • La nature du risque
    • L’autorité qui diffuse l’alerte
    • La localisation du danger
    • L’attitude à adopter
    • Un lien vers des informations officielles supplémentaires
  • Pour les aménagements hydrauliques, le signal d’alerte alterne un son de corne de brume de 2 secondes et un silence de 3 secondes, pendant une durée maximale de 2 minutes, et indique une évacuation.

Astuce mémo

SNA : sirènes ; FR-ALERT : notifications sur téléphone

8. Attaque terroriste ou violence

★ À maîtriser

  • Les conduites à suivre sont :
    • S’échapper sans risque
    • Se cacher si s’échapper est impossible
    • Alerter une fois caché et en sécurité
    • Résister en dernier recours si la vie est en danger et qu’il est impossible de se cacher ou de fuir

Compléments

📌 En entreprise, face à une attaque terroriste ou à une situation de violence, le SST applique les consignes internes si elles existent et, à défaut, les consignes nationales du Gouvernement « réagir en cas d’attaque terroriste ».

📌 La résistance en dernier recours consiste à tenter de neutraliser le terroriste à plusieurs et à se protéger à l’aide d’un bouclier de fortune.

  • Pour alerter lors d’une attaque terroriste, il est possible d’appeler le 17 ou le 112, ou d’envoyer un SMS au 114.

Astuce mémo

S’échapper → se cacher → alerter → résister

9. Protection face au danger

★ À maîtriser

  • La protection du SST comporte deux phases successives : analyser la situation d’accident, puis agir en fonction de cette analyse.

  • Le SST cherche successivement à supprimer le danger de façon permanente, à défaut à l’isoler de façon permanente, puis, si cela est impossible, à soustraire la victime au danger sans risque pour lui-même ou pour les tiers.

📌 Le dégagement d’urgence est réservé à une victime menacée par un danger réel, immédiat et non contrôlable mettant sa vie en péril.

  • Les dangers persistants peuvent être :
    • D’origine mécanique
    • D’origine électrique
    • D’origine thermique
    • Liés à une atmosphère toxique ou irrespirable

Compléments

  • Avant d’accéder à la victime, le SST recherche la nature de l’accident en interrogeant les témoins et la victime si elle peut répondre, puis en repérant les éléments matériels significatifs.

📌 Si le danger ne peut être supprimé, isolé ou évité par la soustraction de la victime, le SST continue à isoler la zone dangereuse et fait alerter les secours spécialisés.

Astuce mémo

Analyser → supprimer → isoler → soustraire

10. Examen de la victime

★ À maîtriser

  • Pour libérer les voies aériennes d’un adulte ou d’un enfant, le SST place une main sur le front et deux à trois doigts sous la pointe du menton, puis bascule doucement la tête en arrière en élevant le menton.

📌 Des gasps, respiration agonique lente, bruyante, difficile et inefficace, conduisent le SST à considérer la victime en arrêt cardiaque et à débuter une réanimation cardio-pulmonaire.

  • L’examen de la victime permet de déterminer les actions nécessaires pour la maintenir en vie ou éviter une aggravation, et de transmettre aux secours les informations utiles à l’organisation de leur intervention.

  • Le contrôle de la respiration ne doit pas dépasser 10 secondes.

Compléments

  • Chez l’adulte et l’enfant, le SST recherche une réponse par des questions simples, puis, en l’absence de réponse, stimule doucement la victime en lui demandant d’exécuter un ordre simple.

  • Pour retourner une victime sur le côté, le SST place le bras du côté du retournement au-dessus de la tête et l’autre le long du corps, se stabilise de ce côté, saisit l’épaule et la hanche, amène doucement la victime sur le côté, soutient sa nuque et son dos, termine le retournement en tirant sur la hanche, puis retire délicatement la main sous la nuque.

  • En période d’épidémie, le SST évalue la réaction de la victime sans la toucher.

  • Pour un nourrisson de moins d’un an, le SST recherche une réaction en faisant du bruit puis en stimulant ses mains.

  • Pour libérer les voies aériennes d’un nourrisson, le SST maintient la tête en position neutre et élève simultanément le menton sans basculer la tête en arrière.

  • En période d’épidémie, le SST apprécie la respiration en observant le soulèvement du ventre ou de la poitrine sans se pencher au-dessus du visage de la victime.

  • Une victime qui ne répond pas et se trouve sur le ventre doit être retournée pour permettre l’évaluation efficace de sa respiration.

  • Un saignement est considéré comme abondant lorsqu’un mouchoir en tissu ou en papier est imbibé de sang en quelques secondes.

  • Une obstruction complète des voies aériennes menace immédiatement la vie, car l’air n’atteint plus les poumons et la respiration devient inefficace ou impossible.

11. Alerte et transmission

Notions clés & Définitions

  • Alerter : Transmettre, selon l’organisation des secours de l’entreprise, les informations nécessaires et suffisantes à une intervention efficace.

★ À maîtriser

  • Le message d’alerte comprend :
    • L’identité de l’appelant et son numéro d’appel
    • Le lieu de l’accident
    • La nature de l’événement
    • Le nombre de victimes
    • L’état des victimes
    • Les actions déjà engagées

Compléments

📌 Lors d’un appel aux secours, le SST répond aux questions, ne raccroche jamais le premier, demande à la personne chargée de l’alerte de revenir lui rendre compte et fait accueillir les secours pour faciliter leur accès à la victime.

📌 Si une victime présente des symptômes grippaux sans détresse vitale, le SST suit les consignes de l’entreprise ou des autorités ; si elle peine à respirer ou présente une urgence vitale, il fait alerter ou alerte les secours.

  • Dans l’entreprise, le SST alerte les secours ou les personnes prévus par l’organisation des secours.

  • Le 15 permet de joindre le SAMU pour une réponse médicale, les urgences de santé et un conseil médical.

  • Le 18 permet de joindre les sapeurs-pompiers, notamment pour les secours d’urgence aux personnes et les incendies.

  • Le 112 est le numéro d’urgence valable dans l’ensemble de l’Union européenne.

  • Le 114 est accessible par SMS, fax, visioconférence et tchat pour les personnes déficientes auditives, et peut être utilisé pour alerter en cas de violences intrafamiliales lorsqu’il est impossible de parler à voix haute.

12. Saignements et hémorragies

★ À maîtriser

  • En l’absence de corps étranger ou de fracture ouverte, le SST demande une compression immédiate de l’endroit qui saigne, maintient la compression, allonge la victime et fait alerter les secours tout en poursuivant la compression.

📌 Face à une hémorragie externe abondante, le résultat à atteindre est l’arrêt du saignement.

📌 Le SST pose un garrot si la compression manuelle est inefficace ou impossible, notamment en présence de nombreuses victimes, de lésions multiples, d’une plaie inaccessible ou d’un corps étranger.

  • Un garrot se place 5 à 7 cm au-dessus de la plaie, entre le cœur et la plaie, et jamais sur une articulation.

Compléments

  • 🔄 Le garrot improvisé avec une barre se réalise ainsi :

    1. Faire deux tours avec un lien solide non élastique d’au moins 1,5 m de long et de 3 à 5 cm de large
    2. Faire un nœud
    3. Placer une barre rigide de 10 à 20 cm au-dessus du nœud
    4. Fixer la barre avec deux nœuds
    5. Tourner la barre jusqu’à l’arrêt du saignement
    6. Maintenir le serrage
  • 🔄 La conduite à tenir est :

    1. Asseoir la victime, tête penchée en avant
    2. Lui demander de se moucher vigoureusement
    3. Faire comprimer les deux narines pendant au moins 10 minutes sans relâcher
  • Un pansement compressif ne peut remplacer une compression manuelle que si celle-ci est efficace, et il ne doit pas être retiré sans avis médical.

  • Si le saignement reprend sous un pansement compressif, le SST comprime par-dessus celui-ci ; si le saignement persiste, il pose un garrot.

  • Un garrot doit rester visible et ne doit jamais être retiré sans avis médical.

  • Si une victime vomit ou crache du sang, le SST alerte immédiatement les secours, l’installe dans la position où elle se sent le mieux ou sur le côté si elle a perdu connaissance, puis la surveille en permanence.

  • En cas de contact du SST avec le sang de la victime, il applique le protocole du médecin du travail ou consulte immédiatement un service d’urgence à défaut.

13. Obstruction des voies aériennes

★ À maîtriser

  • Chez l’adulte et le grand enfant en obstruction complète, le SST donne de 1 à 5 claques vigoureuses entre les omoplates, en soutenant le thorax et en penchant la victime vers l’avant.

  • Si les claques dans le dos sont inefficaces, le SST effectue de 1 à 5 compressions abdominales selon la méthode de Heimlich, en tirant franchement vers l’arrière et vers le haut.

📌 En cas d’obstruction partielle, le SST ne réalise pas de manœuvre de désobstruction, encourage la victime à tousser, la rassure, la surveille et fait alerter les secours.

📌 Une obstruction partielle laisse l’air atteindre les poumons et la respiration reste efficace, tandis qu’une obstruction complète empêche l’air d’atteindre les poumons et rend la respiration inefficace ou impossible.

Compléments

  • En cas d’inefficacité, le SST alterne de 1 à 5 claques dans le dos puis, si nécessaire, de 1 à 5 compressions adaptées jusqu’à désobstruction ou perte de connaissance.

  • Chez une personne obèse ou une femme enceinte dont l’abdomen ne peut être encerclé, les compressions abdominales sont remplacées par des compressions thoraciques.

  • Chez un nourrisson, le SST alterne de 1 à 5 claques dans le dos et, si elles sont inefficaces, de 1 à 5 compressions thoraciques.

  • Si une victime en obstruction complète perd connaissance, le SST l’accompagne au sol, fait alerter les secours et commence la RCP, en vérifiant après chaque cycle si un corps étranger visible et accessible peut être retiré prudemment.

Astuce mémo

Obstruction partielle : la toux reste possible ; obstruction complète : l’air n’atteint plus efficacement les poumons.

14. Malaise et brûlures

Notions clés & Définitions

  • Brûlure grave : Une brûlure grave comporte une cloque dont la surface dépasse la moitié de la paume de la main, une destruction profonde, une localisation au visage, au cou, aux mains, aux articulations ou près des orifices naturels, une rougeur étendue chez l’enfant, ou une origine chimique, électrique ou radiologique.
  • Malaise : Sensation pénible traduisant un trouble du fonctionnement de l’organisme, sans que son origine soit nécessairement identifiable, et pouvant être fugace ou durable, brutale ou progressive.
  • Brûlure simple : Rougeur de la peau chez l’adulte ou cloque dont la surface est inférieure à la moitié de la paume de la main de la victime.

★ À maîtriser

  • Face à un malaise, le SST met la victime au repos dans la position la plus confortable, la questionne simplement sur son âge, ses symptômes, leur durée, ses antécédents récents et son traitement, demande immédiatement un avis médical puis surveille son état.

  • En cas de brûlure thermique, le SST refroidit immédiatement la brûlure par ruissellement d’eau courante tempérée pendant au moins 10 minutes, idéalement 20 minutes, puis retire les vêtements et bijoux proches sans enlever ceux qui adhèrent à la peau.

  • Lors d’une brûlure thermique, faire alerter les secours dès le début de l’arrosage, poursuivre le refroidissement selon leurs consignes, puis mettre la victime au repos et surveiller son état.

📌 Aucun produit ne doit être appliqué sur une brûlure sans avis médical, et une cloque ne doit jamais être percée sans décision médicale.

📌 Après refroidissement d’une brûlure simple, poursuivre l’arrosage jusqu’à disparition de la douleur, protéger la brûlure par un pansement stérile ou un film plastique non adhésif et demander un avis médical pour vérifier la vaccination antitétanique, si la victime est un enfant ou un nourrisson, ou si des signes d’infection apparaissent dans les jours suivants.

  • Les signes pouvant évoquer un AVC comprennent :
    • La faiblesse ou la paralysie d’un bras
    • Une déformation de la face
    • Un trouble de la vision
    • Des difficultés de langage ou de compréhension
    • Un mal de tête sévère et inhabituel
    • Une perte d’équilibre, une marche instable ou des chutes inexpliquées

Compléments

  • En cas de malaise provoqué par la chaleur, le SST installe la victime au frais et à l’air, la rafraîchit, desserre ou retire ses vêtements et lui fait boire de petites quantités d’eau fraîche si elle est consciente et peut avaler.

📌 Le SST aide une victime à prendre son traitement habituel ou du sucre uniquement si elle le demande, ou sur consigne du médecin préalablement alerté, en respectant les doses prescrites.

📌 Toute personne ayant reçu un produit chimique sur ses vêtements de travail doit se changer rapidement, même en l’absence de brûlure, afin de réduire le contact avec la peau.

  • Une douleur dans la poitrine peut évoquer un accident cardiaque.

  • Les signes pouvant évoquer une maladie infectieuse comprennent :

    • Une fièvre supérieure à 37,8 °C ou des frissons
    • Des sueurs abondantes
    • Des courbatures
    • Une fatigue intense
  • Les manœuvres physiques proposées en cas de malaise vagal récurrent sont l’accroupissement, le croisement contracté des membres inférieurs et le crochetage des doigts avec traction des mains.

15. Brûlures chimiques et internes

★ À maîtriser

  • En cas de brûlure chimique, le sauveteur se protège, fait rincer la victime à l’eau courante tempérée pendant au moins 15 minutes, lui fait retirer sous la douche les vêtements imbibés, conserve les informations sur le produit et alerte les secours en le nommant.

  • En cas de projection chimique dans un œil, rincer l’œil atteint pendant au moins 15 minutes sans laisser l’eau couler dans l’autre œil, retirer les lentilles pendant le rinçage, conserver les informations sur le produit et alerter les secours en le nommant.

  • En cas de douleur au cou après un traumatisme, demander à la victime de ne pas bouger la tête, alerter les secours et, si possible, stabiliser le rachis cervical dans la position où il se trouve en maintenant la tête à deux mains.

📌 Après ingestion d’un produit, ne jamais faire vomir la victime ni lui donner à boire.

📌 En cas de traumatisme d’un membre, demander à la victime de ne pas mobiliser la partie atteinte, alerter les secours et respecter leurs recommandations ; ne jamais tenter de réaligner une fracture déplacée.

  • Après un coup à la tête, les signes justifiant l’alerte sont : une agitation ou une prostration, des vomissements, une amnésie de l’accident ou des propos incohérents, des maux de tête persistants, une baisse de force musculaire ou un engourdissement

Compléments

  • En cas de brûlure électrique, arroser la zone brûlée visible à l’eau courante tempérée, alerter les secours et surveiller la victime.

📌 En cas de brûlure interne par ingestion ou inhalation, installer la victime en position assise pour faciliter sa respiration, demander un avis médical et conserver les informations sur le produit en cause.

16. Plaies graves et plaies simples

★ À maîtriser

  • Un corps étranger inclus dans une plaie ne doit jamais être retiré, car sa mobilisation peut aggraver la lésion et le saignement.

  • Pour une plaie grave, la position d’attente dépend de sa localisation : position assise avec la plaie à l’air libre au thorax, position allongée jambes fléchies à l’abdomen, position allongée yeux fermés avec la tête si possible maintenue pour une plaie à l’œil, et position allongée pour les autres plaies.

  • Une plaie grave se reconnaît à son mécanisme, à son aspect, à sa localisation, à ses conséquences ou aux antécédents médicaux de la victime ; une plaie simple est une petite coupure superficielle ou une éraflure qui saigne peu et n’est située ni près d’un orifice naturel ni près de l’œil.

Compléments

  • Pour conditionner un membre sectionné sans retarder l’alerte, récupérer le membre et ses fragments, les envelopper dans un champ stérile, des compresses ou un linge propre, placer l’ensemble dans un sac plastique fermé de façon étanche, puis mettre ce sac dans un second sac contenant de l’eau fraîche ou de l’eau avec des glaçons et le confier aux secours.

  • Pour une plaie simple, laver à l’eau courante avec du savon, rincer à l’eau claire, sécher avec une compresse, appliquer l’antiseptique préconisé par le médecin du travail puis un pansement adhésif, et se laver de nouveau les mains.

  • Les mécanismes possibles d’une plaie grave sont : un projectile, l’injection sous la peau d’un liquide sous pression, une piqûre accidentelle avec un matériel de soin, un outil, une morsure, un objet tranchant

Astuce mémo

Plaie grave : position d’attente et secours ; plaie simple : nettoyage et pansement.

17. Victime inconsciente qui respire

★ À maîtriser

📌 Si une victime qui ne répond pas respire après un événement non traumatique ou sur consigne des secours, la placer en position latérale de sécurité afin de faciliter l’écoulement des liquides et d’éviter la chute de la langue en arrière.

📌 Après un événement traumatique ou d’origine inconnue, laisser la victime sur le dos, libérer ses voies aériennes, alerter les secours et surveiller en permanence sa respiration ; si elle vomit ou régurgite, la mettre sur le côté en maintenant si possible l’axe tête-cou-tronc.

Compléments

  • Pour mettre une victime en PLS, placer le bras proche du sauveteur à angle droit, amener le dos de la main opposée contre l’oreille proche, saisir la jambe opposée derrière le genou et la relever, puis accompagner la tête et tirer la jambe jusqu’à ce que le genou touche le sol ; ajuster ensuite la jambe supérieure, ouvrir la bouche sans mobiliser la tête et alerter les secours.

📌 Pendant des convulsions, ne pas toucher la victime et écarter les objets dangereux ; à la fin des convulsions, examiner la victime et la mettre en PLS si nécessaire.

📌 En période d’épidémie, apprécier la respiration en regardant le ventre ou la poitrine sans toucher la victime ni se pencher au-dessus de son visage ; si elle ne répond pas mais respire normalement, la laisser dans sa position et surveiller sa respiration en attendant les secours.

  • Pour une femme enceinte ou une personne obèse inconsciente qui respire, la position latérale de sécurité se fait sur le côté gauche afin d’éviter une détresse liée à la compression de vaisseaux sanguins abdominaux.

Astuce mémo

Origine non traumatique : PLS ; origine traumatique ou inconnue : dos et voies aériennes libérées.

18. Arrêt cardiorespiratoire et défibrillation

★ À maîtriser

  • Chez l’adulte et l’enfant de plus de 8 ans, pratiquer des cycles de 30 compressions thoraciques et 2 insufflations ; les compressions s’enfoncent de 5 à 6 cm chez l’adulte et leur fréquence est de 100 à 120 par minute.

  • Chez l’enfant de 1 à 8 ans, commencer par 5 insufflations, puis pratiquer des cycles de 15 compressions thoraciques et 2 insufflations ; les compressions atteignent environ 5 cm, soit un tiers de l’épaisseur du thorax, à une fréquence de 100 à 120 par minute.

  • Chez le nourrisson, commencer par 5 insufflations, puis pratiquer des cycles de 15 compressions thoraciques et 2 insufflations ; les compressions se font avec deux doigts sur environ 4 cm, soit un tiers de l’épaisseur du thorax, à une fréquence de 100 à 120 par minute.

  • Dès que le DAE est disponible, le mettre en fonction, poser les électrodes conformément à leur schéma et suivre ses indications sonores ou visuelles, en reprenant immédiatement la RCP après le choc ou si aucun choc n’est indiqué.

  • Une victime qui ne répond pas et ne respire pas est en arrêt cardiorespiratoire et constitue une urgence vitale.

Compléments

  • Si les insufflations sont impossibles ou si le sauveteur ne peut pas les réaliser, effectuer des compressions thoraciques continues à une fréquence de 100 à 120 par minute.

  • En l’absence d’électrodes pédiatriques pour un enfant ou un nourrisson, placer une électrode au milieu du thorax et l’autre au milieu du dos.

  • En période d’épidémie telle que la Covid-19, ne pas faire de bouche-à-bouche et pratiquer seulement des compressions thoraciques, en se protégeant conformément aux consignes sanitaires.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Intervention du SST en situation d’urgence avec 61 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans une entreprise, quelle personne correspond au rôle de sauveteur secouriste du travail (SST) ?

2. Lors d’une tournée, un SST repère une zone de manutention dangereuse et un événement qui pourrait y provoquer un accident. Quelle démarche relève de son rôle en prévention ?

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Qui peut exercer le rôle de SST dans le personnel ?

Un membre du personnel volontaire ou désigné, formé et régulièrement remis à jour.

Que repère le SST en situation de travail ?

Les dangers, les situations dangereuses et les événements déclencheurs.

Quelles actions le SST définit-il face aux situations dangereuses ?

Des actions visant à supprimer ou réduire les situations dangereuses.

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