QCM : Domanialité publique et propriété administrative — 25 questions
Questions et réponses du QCM
1. Quelle règle l’édit de Moulins de 1566 établit-il concernant les biens de la Couronne ?
Ils deviennent automatiquement des biens privés
Ils sont solennellement déclarés inaliénables
Ils sont transférés aux grandes seigneuries
Ils peuvent être cédés librement par le monarque
Ils sont solennellement déclarés inaliénables
Explication
L’édit de Moulins de 1566 affirme solennellement l’inaliénabilité des biens de la Couronne. Le monarque ne peut donc pas les céder librement.
2. Quelle affirmation décrit le mieux la situation de la propriété au Moyen Âge ?
Le roi exerce une autorité directe sur toutes les seigneuries
La propriété privée et la propriété publique sont déjà nettement séparées
La propriété privée et la propriété publique sont confondues
Les grandes seigneuries sont administrées par une autorité nationale unique
La propriété privée et la propriété publique sont confondues
Explication
Au Moyen Âge, la propriété privée et la propriété publique sont confondues. Le roi n’exerce une autorité réelle que sur son domaine royal, tandis que les grandes seigneuries sont quasi indépendantes.
3. Que prévoit la loi des 22 novembre et 1er décembre 1790 au sujet du domaine public ?
Il est réputé appartenir aux particuliers qui l’exploitent
Il est partagé entre les seigneuries et les communes
Il appartient exclusivement au roi, qui ne peut pas l’aliéner
Il appartient intégralement à la nation, qui peut l’aliéner
Il appartient intégralement à la nation, qui peut l’aliéner
Explication
Cette loi affirme que le domaine public appartient intégralement à la nation et reconnaît à celle-ci la faculté de l’aliéner.
4. Lequel de ces ensembles correspond aux biens mentionnés par l’ancien article 538 du Code civil de 1804 ?
Les chemins, fleuves navigables, rivages et ports
Les forêts privées, ateliers et commerces individuels
Les meubles des particuliers, créances et héritages
Les maisons particulières, jardins et terres agricoles
Les chemins, fleuves navigables, rivages et ports
Explication
L’ancien article 538 énumère notamment les chemins, routes, rues à la charge de l’État, fleuves et rivières navigables ou flottables, rivages, ports, havres et rades parmi les biens non susceptibles de propriété privée.
5. Pourquoi la distinction entre domaine public et domaine privé constitue-t-elle le point de départ de la théorie domaniale ?
Parce que les deux catégories sont soumises exactement au même régime juridique
Parce que le domaine privé échappe à toute règle de propriété
Parce que le domaine public est toujours exploité à des fins financières
Parce que chaque catégorie relève d’un régime juridique et d’un contentieux spécifiques
Parce que chaque catégorie relève d’un régime juridique et d’un contentieux spécifiques
Explication
La distinction est fondamentale car le domaine public et le domaine privé relèvent de régimes juridiques et de contentieux spécifiques. Le domaine privé est davantage soumis au droit commun de la propriété.
6. Quel bien relève du domaine privé d’une personne publique au sens de sa définition fonctionnelle ?
Un bien destiné à la circulation sur la voie publique
Un bien affecté directement à l’usage de tous
Un bien exploité financièrement avec un intérêt économique
Un bien utilisé pour assurer un service public
Un bien exploité financièrement avec un intérêt économique
Explication
Le domaine privé regroupe les biens appartenant à une personne publique qui font l’objet d’une exploitation financière présentant un intérêt économique. Les biens affectés à l’usage du public ou à un service public relèvent de la logique du domaine public.
7. En quelle année la distinction entre domaine public et domaine privé a-t-elle été codifiée ?
2006
1804
1566
1790
2006
Explication
Issue de la doctrine et consacrée progressivement par les textes et la jurisprudence, la distinction a été codifiée en 2006.
8. Que signifie la théorie de l’insusceptibilité de propriété privée ?
Les biens publics peuvent être appropriés dès lors qu’ils sont exploités financièrement
Les biens affectés à l’usage de tous ne peuvent pas être appropriés par une personne privée
Les biens affectés à un service public doivent toujours être vendus à des particuliers
La domanialité dépend exclusivement de la destination économique du bien
Les biens affectés à l’usage de tous ne peuvent pas être appropriés par une personne privée
Explication
Selon cette théorie restrictive, les biens affectés à l’usage de tous sont insusceptibles de propriété privée. Elle fonde cette exclusion sur la nature du bien plutôt que sur sa destination.
9. Quelle critique Gaston Jèze adresse-t-il à la théorie de l’insusceptibilité de propriété privée ?
Il n’existe pas de bien que l’homme ne puisse s’approprier, comme le montrent les voies privées
Aucun bien ne peut être approprié, y compris les voies privées
La propriété privée ne concerne que les biens affectés à l’usage de tous
Tout bien que l’homme peut exploiter appartient nécessairement au domaine public
Il n’existe pas de bien que l’homme ne puisse s’approprier, comme le montrent les voies privées
Explication
Gaston Jèze soutient qu’il n’existe pas de bien que l’homme ne puisse s’approprier, en s’appuyant notamment sur l’existence des voies privées. Il critique ainsi l’idée que la nature d’un bien suffise à exclure toute propriété privée.
10. Selon la théorie de l’affectation, à quelles conditions un bien appartient-il au domaine public ?
Il doit être classé comme monument historique par une décision administrative
Il doit appartenir à une personne publique et être affecté à l’usage du public ou à un service public
Il doit être utilisé directement par le public sans relever d’un service public
Il doit être situé à proximité d’un équipement public et être accessible aux usagers
Il doit appartenir à une personne publique et être affecté à l’usage du public ou à un service public
Explication
La théorie de l’affectation retient les biens appartenant à une personne publique et affectés soit à l’usage du public, soit à un service public. L’usage direct du public n’est donc pas la seule forme d’affectation admise.
11. Quelle opposition doctrinale distingue la conception de Maurice Hauriou de celle de Marcel Waline concernant l’entrée d’un bien dans le domaine public ?
Hauriou retient l’usage direct du public, tandis que Waline exclut toute affectation à un service public
Hauriou exige un acte administratif, tandis que Waline privilégie des éléments matériels indépendants de l’administration
Hauriou réserve le domaine public aux biens privés, tandis que Waline le réserve aux biens mobiliers
Hauriou privilégie des éléments matériels, tandis que Waline exige un acte administratif de classement
Hauriou exige un acte administratif, tandis que Waline privilégie des éléments matériels indépendants de l’administration
Explication
Maurice Hauriou considère qu’un acte administratif est nécessaire au classement d’un bien, alors que Marcel Waline privilégie des données matérielles indépendantes de la volonté administrative.
12. Quel est l’ordre décroissant de publicité proposé par Léon Duguit dans son échelle de la domanialité ?
Usage du public, ouvrages militaires, chemins de fer, immeubles de service public, forêts, objets mobiliers
Chemins de fer, usage du public, forêts, ouvrages militaires, objets mobiliers, immeubles de service public
Ouvrages militaires, forêts, usage du public, chemins de fer, immeubles de service public, objets mobiliers
Usage du public, chemins de fer, ouvrages militaires, forêts, immeubles de service public, objets mobiliers
Usage du public, chemins de fer, ouvrages militaires, forêts, immeubles de service public, objets mobiliers
Explication
Léon Duguit classe successivement les biens affectés à l’usage du public, les chemins de fer, les ouvrages militaires, les forêts, les immeubles affectés à un service public, puis les objets mobiliers.
13. Selon Jean-Marie Auby, de quoi dépend le degré de publicité du régime applicable à un bien ?
Du nombre d’usagers qui fréquentent directement le bien
De ce qui est nécessaire pour protéger le bien ou conserver son affectation
De la valeur marchande du bien au moment de son acquisition
De la date à laquelle le bien est entré dans le patrimoine public
De ce qui est nécessaire pour protéger le bien ou conserver son affectation
Explication
Dans les années 1960, Jean-Marie Auby estime que l’intensité du régime de publicité doit correspondre aux mesures nécessaires pour protéger le bien ou maintenir son affectation.
14. Selon le critère moderne, quelles conditions cumulatives permettent de rattacher un bien au domaine public ?
La proximité d’une voie publique et l’utilisation occasionnelle par des usagers
L’appartenance à une personne privée et l’existence d’une servitude d’accès public
L’affectation à un intérêt général, même sans propriété d’une personne publique
L’appartenance à une personne publique et l’affectation à une destination d’intérêt général
L’appartenance à une personne publique et l’affectation à une destination d’intérêt général
Explication
Le critère moderne exige à la fois la propriété d’une personne publique et l’affectation du bien à une destination d’intérêt général. L’affectation seule ne suffit donc pas.
15. Quelle décision a reconnu la propriété publique comme condition de la domanialité publique ?
La décision du Conseil d’État de 1984, Compagnie des chemins de fer d’Orléans et ville de Paris
La décision du Conseil d’État du 16 juillet 1909 relative aux ouvrages militaires et aux forêts
La décision du Conseil d’État du 16 juillet 1909, Compagnie des chemins de fer d’Orléans et ville de Paris
La décision du Conseil d’État de 1984 relative aux établissements publics industriels et commerciaux
La décision du Conseil d’État du 16 juillet 1909, Compagnie des chemins de fer d’Orléans et ville de Paris
Explication
Dans sa décision du 16 juillet 1909, Compagnie des chemins de fer d’Orléans et ville de Paris, le Conseil d’État reconnaît la propriété publique comme condition de la domanialité publique.
16. Un terrain appartenant à une personne privée longe une voie publique et comporte une servitude permettant l’accès à une installation communale. Peut-il relever du domaine public ?
Non, car l’appartenance à une personne privée exclut la domanialité publique
Non, sauf si le terrain est directement utilisé par un nombre important d’usagers
Oui, car la proximité d’une voie publique suffit à établir la domanialité publique
Oui, car une servitude d’accès transforme le terrain privé en dépendance publique
Non, car l’appartenance à une personne privée exclut la domanialité publique
Explication
Un bien privé ne peut pas relever du domaine public, même s’il longe une voie publique ou comporte une servitude d’accès à une installation communale. La propriété publique constitue une condition nécessaire.
17. Quel bien revient gratuitement à l’autorité concédante à l’expiration de la concession lorsqu’il est indispensable au fonctionnement du service public et amorti ?
Le bien affecté temporairement
Le bien de reprise
Le bien de retour
Le bien propre
Le bien de retour
Explication
Le bien de retour est indispensable au service public et revient gratuitement à l’autorité concédante à la fin de la concession lorsqu’il est amorti. Le bien propre demeure la propriété du concessionnaire.
18. Comment se caractérise un bien propre dans une concession de service public ?
Il est utile au service et repris contre indemnité à la fin de la concession
Il est indispensable au service et revient gratuitement à la personne publique
Il est automatiquement intégré au domaine public dès son acquisition
Il est apporté par le concessionnaire et utilisé seulement de manière accessoire
Il est apporté par le concessionnaire et utilisé seulement de manière accessoire
Explication
Le bien propre est apporté par le concessionnaire, utilisé accessoirement pour le service et reste sa pleine propriété, sans clause de retour.
19. À quelles conditions un bien de reprise peut-il devenir la propriété de la personne publique à la fin de la concession ?
Si le concessionnaire renonce à sa propriété sans indemnité
S’il est utile mais non indispensable et que la personne publique exerce son droit de reprise
S’il est indispensable au service et totalement amorti
S’il a été utilisé uniquement à titre personnel par le concessionnaire
S’il est utile mais non indispensable et que la personne publique exerce son droit de reprise
Explication
Le bien de reprise est utile, mais non indispensable au service public. Il peut être acquis par la personne publique si celle-ci exerce son droit de reprise, moyennant une indemnité.
20. Selon l’article L2111-1 du Code général de la propriété des personnes publiques, quelle condition complète l’affectation d’un bien à l’usage direct du public ou à un service public pour son appartenance au domaine public ?
Le bien doit faire l’objet d’un aménagement indispensable
Le bien doit avoir été acquis par une concession
Le bien doit être entièrement amorti
Le bien doit être exploité par une entreprise privée
Le bien doit faire l’objet d’un aménagement indispensable
Explication
L’article L2111-1 exige qu’un bien appartenant à une personne publique, affecté à l’usage direct du public ou à un service public, fasse également l’objet d’un aménagement indispensable.
21. Quelle évolution l’arrêt Société Le Béton du 19 octobre 1956 a-t-il consacrée pour limiter l’extension du domaine public ?
L’application automatique du domaine public aux biens concédés
La suppression de toute condition d’aménagement
Le remplacement de l’aménagement par la seule propriété publique
Le remplacement de l’affectation par l’aménagement spécial
Le remplacement de l’affectation par l’aménagement spécial
Explication
L’arrêt Société Le Béton a substitué au simple critère de l’affectation celui de l’aménagement spécial, afin de limiter l’extension du domaine public.
22. Depuis le Code général de la propriété des personnes publiques, comment doit être compris l’aménagement indispensable ?
Comme une affectation future sans travaux ni décision administrative
Comme un aménagement simplement utile à la gestion du bien
Comme un aménagement réservé aux biens appartenant aux concessionnaires
Comme un aménagement directement nécessaire à l’exécution des missions du service public
Comme un aménagement directement nécessaire à l’exécution des missions du service public
Explication
Le Code général de la propriété des personnes publiques a remplacé l’aménagement spécial par l’aménagement indispensable, directement nécessaire à l’exécution des missions du service public.
23. Que signifie la domanialité publique virtuelle ?
La sortie automatique d’un bien du domaine public après la fin d’une concession
La transformation d’un bien privé en bien de reprise par décision du concessionnaire
L’application anticipée du régime du domaine public à un bien destiné au service public avant l’achèvement de son aménagement
L’application du domaine privé aux biens déjà affectés à un service public
L’application anticipée du régime du domaine public à un bien destiné au service public avant l’achèvement de son aménagement
Explication
La domanialité publique virtuelle applique par anticipation le régime du domaine public à un bien dont l’affectation au service public est prévue, alors que son aménagement n’est pas encore achevé.
24. Quelle décision a fondé la théorie de la domanialité publique virtuelle ?
L’arrêt Société Le Béton du 19 octobre 1956
L’arrêt Commune de Port-Vendres du 3 octobre 2012
L’arrêt Association Eurolat et Crédit foncier de France du 6 février 1985
L’arrêt Marecar du 28 juin 1935
L’arrêt Association Eurolat et Crédit foncier de France du 6 février 1985
Explication
La théorie de la domanialité publique virtuelle a été fondée par l’arrêt Association Eurolat et Crédit foncier de France du 6 février 1985.
25. Quel élément peut justifier l’incorporation anticipée d’un bien au domaine public ?
Un début d’aménagement ou un aménagement entrepris de façon certaine
La seule propriété privée du bien par un futur concessionnaire
Une simple intention générale d’utiliser le bien pour un service public
L’absence de tout acte administratif, contrat ou travail engagé
Un début d’aménagement ou un aménagement entrepris de façon certaine
Explication
L’incorporation anticipée suppose au moins un début d’aménagement ou un aménagement entrepris de façon certaine. Cette appréciation tient notamment compte des actes administratifs, des contrats et des travaux engagés.
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Qu'est-ce que le domaine royal ?
Une entité réduite comprenant les terres dont le roi est propriétaire.
Quelle propriété est confondue au Moyen Âge ?
La propriété privée et la propriété publique.
Sur quoi le roi exerce-t-il une autorité réelle au Moyen Âge ?