QCM : Sources du droit et preuve — 60 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue principalement la règle de droit d’une simple règle de conduite sociale ?

Elle ne concerne que les relations familiales
Sa sanction est mise en œuvre par l’autorité publique
Elle dépend exclusivement de l’approbation du groupe
Elle est toujours fondée sur une conviction religieuse

Sa sanction est mise en œuvre par l’autorité publique

Explication

La règle de droit est générale, abstraite et obligatoire, et sa sanction est assurée par l’autorité publique. Cette contrainte publique la distingue notamment de la règle morale.

2. Une personne adopte un comportement immoral sans violer aucune règle juridique. Quelle réaction caractérise le mieux cette situation ?

Une contrainte publique destinée à imposer une réparation
Une sanction automatiquement prononcée par un tribunal
Une réprobation principalement exercée par le groupe
Une invalidation systématique de tous ses actes

Une réprobation principalement exercée par le groupe

Explication

La règle morale est principalement sanctionnée par la réprobation du groupe, tandis que la règle de droit bénéficie d’un pouvoir de contrainte publique.

3. Selon l’article 1240 du Code civil, quelle conséquence entraîne un fait fautif ayant causé un dommage à autrui ?

Le dommage est réparé uniquement par l’autorité publique
L’auteur doit réparer le dommage causé par sa faute
La victime doit supporter elle-même toutes les conséquences
L’auteur est automatiquement privé de ses droits civils

L’auteur doit réparer le dommage causé par sa faute

Explication

L’article 1240 prévoit que toute personne dont la faute a causé un dommage à autrui est obligée de le réparer.

4. Dans quel cas une loi est-elle qualifiée de supplétive ?

Lorsqu’elle est dépourvue de toute sanction juridique
Lorsqu’elle s’impose sans possibilité d’aménagement
Lorsqu’elle ne concerne que les infractions pénales
Lorsque les intéressés peuvent écarter son application

Lorsque les intéressés peuvent écarter son application

Explication

Une loi supplétive s’applique en l’absence de volonté contraire, car les intéressés peuvent y déroger.

5. Quelle opposition décrit correctement le droit naturel et le droit positif ?

Le droit naturel varie selon chaque société, le droit positif est immuable
Le droit naturel est produit par l’État, le droit positif recherche le juste
Le droit naturel repose sur un idéal universel de justice, le droit positif existe effectivement
Le droit naturel concerne uniquement la morale, le droit positif uniquement la religion

Le droit naturel repose sur un idéal universel de justice, le droit positif existe effectivement

Explication

Le droit naturel vise un droit universel et immuable fondé sur le juste, tandis que le droit positif regroupe les règles effectivement produites par l’État ou la société.

6. Quelle conception du droit est associée à Savigny ?

Le droit est une pyramide de normes dominée par l’État
Le droit est le produit de l’histoire d’une nation
Le droit est exclusivement fondé sur la loi divine
Le droit est une déduction logique indépendante de la société

Le droit est le produit de l’histoire d’une nation

Explication

Pour Savigny, le droit se forme historiquement au sein d’une nation, ce qui illustre le positivisme sociologique.

7. Dans un syllogisme juridique, quel élément constitue la majeure ?

La décision finale rendue dans l’affaire
La sanction morale attachée au comportement
Les faits particuliers soumis au juge
La règle de droit générale applicable

La règle de droit générale applicable

Explication

La majeure est constituée par la règle de droit générale. La mineure correspond aux faits particuliers et la conclusion résulte de leur mise en relation.

8. Quelle conclusion correspond à l’utilisation d’un argument a contrario ?

Une règle applicable à un cas s’étend nécessairement à tous les cas voisins
Une règle ancienne doit être écartée au profit d’une règle morale
Une règle générale ne peut jamais être appliquée à un fait particulier
Une règle applicable à une hypothèse ne s’applique pas à l’hypothèse opposée

Une règle applicable à une hypothèse ne s’applique pas à l’hypothèse opposée

Explication

L’argument a contrario déduit de l’application d’une règle à une hypothèse que cette règle ne s’applique pas à l’hypothèse opposée.

9. Quel est l’objet principal de la sociologie juridique ?

Construire la hiérarchie formelle des normes juridiques
Étudier l’effectivité sociale d’une norme auprès des individus
Définir abstraitement les concepts élaborés par le législateur
Appliquer une règle générale à des faits particuliers

Étudier l’effectivité sociale d’une norme auprès des individus

Explication

La sociologie juridique étudie la manière dont les individus comprennent et mettent en œuvre une norme, ce qui permet d’en apprécier l’effectivité sociale.

10. Quelle période correspond au droit intermédiaire en droit civil français ?

De 1789 à la chute de l’Empire en 1815
De 1804 à 1945
Du 17 juin 1789 au 21 mars 1804
De la convocation des États généraux à 1880

Du 17 juin 1789 au 21 mars 1804

Explication

Le droit intermédiaire s’étend de la naissance de l’Assemblée constituante, le 17 juin 1789, à la promulgation du Code civil, le 21 mars 1804.

11. Quelle opposition caractérisait principalement l’Ancien Droit entre le Sud et le Nord de la France ?

Le Sud suivait des coutumes germaniques, tandis que le Nord suivait le droit écrit romain.
Le Sud appliquait le droit royal, tandis que le Nord appliquait exclusivement le droit romain.
Le Sud suivait le droit écrit romain, tandis que le Nord suivait des coutumes d’influence germanique.
Les deux régions appliquaient principalement le droit canonique.

Le Sud suivait le droit écrit romain, tandis que le Nord suivait des coutumes d’influence germanique.

Explication

Dans l’Ancien Droit, le Sud était principalement soumis au droit écrit romain, alors que le Nord était marqué par le droit coutumier d’influence germanique.

12. Comment Portalis caractérise-t-il le Code civil dans son Discours préliminaire devant le Conseil d’État ?

Comme une reprise intégrale du droit romain
Comme un compromis entre le droit écrit et les coutumes
Comme une rupture complète avec les traditions juridiques antérieures
Comme une codification exclusive des coutumes du Nord

Comme un compromis entre le droit écrit et les coutumes

Explication

Portalis présente le Code civil comme un compromis entre le droit écrit et les coutumes, dans son Discours préliminaire devant le Conseil d’État.

13. Quelle chronologie décrit correctement les phases d’évolution du Code civil ?

Triomphe de 1804 à 1945, crise de 1945 à 1980, renouveau après 1980
Crise de 1804 à 1880, triomphe de 1880 à 1945, renouveau à partir de 1945
Triomphe de 1804 à 1880, crise de 1880 à 1945, renouveau à partir de 1945
Renouveau de 1804 à 1880, triomphe de 1880 à 1945, crise après 1945

Triomphe de 1804 à 1880, crise de 1880 à 1945, renouveau à partir de 1945

Explication

Le Code civil connaît une phase de triomphe de 1804 à 1880, une phase de crise de 1880 à 1945, puis un renouveau à partir de 1945.

14. Quelle est la fonction principale du droit public ?

Organiser l’État et gouverner ses rapports avec les particuliers
Régler exclusivement les contrats entre particuliers
Régir les échanges commerciaux entre entreprises privées
Déterminer les règles propres aux associations privées

Organiser l’État et gouverner ses rapports avec les particuliers

Explication

Le droit public regroupe les règles qui organisent l’État et gouvernent les rapports de l’État et de ses agents avec les particuliers.

15. Quel rapport relève principalement du droit privé ?

Les relations entre l’État et ses agents
Le rapport entre deux particuliers dans le cadre d’une relation juridique
Le fonctionnement des institutions de l’État
L’organisation des services publics

Le rapport entre deux particuliers dans le cadre d’une relation juridique

Explication

Le droit privé gouverne les rapports des particuliers entre eux ou avec les collectivités privées.

16. Quelle place le droit civil occupe-t-il dans l’ordre juridique français ?

Il regroupe uniquement les règles relatives au droit pénal.
Il constitue le socle commun de presque tout l’édifice juridique et domine le droit privé.
Il constitue une branche limitée aux relations entre l’État et les particuliers.
Il s’applique principalement à l’organisation administrative de l’État.

Il constitue le socle commun de presque tout l’édifice juridique et domine le droit privé.

Explication

Le droit civil constitue le socle commun sur lequel s’élève presque tout l’édifice juridique français et domine l’ensemble du droit privé.

17. À quelle condition une personne physique acquiert-elle la personnalité juridique dès sa naissance ?

Elle doit naître vivante et viable.
Elle doit être inscrite dans une association.
Elle doit disposer immédiatement d’un patrimoine.
Elle doit être reconnue par une personne morale.

Elle doit naître vivante et viable.

Explication

Une personne physique est un être humain auquel la personnalité juridique est reconnue dès la naissance s’il naît vivant et viable.

18. Quelle caractéristique distingue une personne morale d’un simple groupement dépourvu de personnalité juridique ?

Elle possède un patrimoine distinct de celui de ses membres.
Elle confond juridiquement son patrimoine avec celui de ses membres.
Elle ne peut être titulaire d’aucun droit ni d’aucune obligation.
Elle est nécessairement composée d’une seule personne physique.

Elle possède un patrimoine distinct de celui de ses membres.

Explication

Une personne morale est titulaire de droits et d’obligations et dispose d’un patrimoine distinct de celui de ses membres, contrairement à un simple groupement sans personnalité juridique.

19. Quelle distinction oppose correctement une chose fongible à un corps certain ?

La chose fongible est toujours sans propriétaire, tandis que le corps certain appartient nécessairement à l’État.
La chose fongible est interchangeable, tandis que le corps certain est individualisé et non interchangeable.
La chose fongible est immatérielle, tandis que le corps certain est nécessairement liquide.
La chose fongible est unique, tandis que le corps certain peut être remplacé par une chose équivalente.

La chose fongible est interchangeable, tandis que le corps certain est individualisé et non interchangeable.

Explication

Les choses fongibles sont interchangeables, comme des billets de banque, tandis que les corps certains sont individualisés et non interchangeables, comme une maison ou un terrain.

20. Quelle définition correspond au patrimoine d’une personne ?

Un ensemble de dettes dépourvu de tout élément actif
L’ensemble de ses droits extrapatrimoniaux uniquement
L’ensemble de ses biens et obligations formant une universalité de droits
Une simple liste de biens détenus par cette personne

L’ensemble de ses biens et obligations formant une universalité de droits

Explication

Le patrimoine comprend à la fois un actif, constitué notamment des biens et droits, et un passif, constitué des obligations. Cette conception est notamment associée à Aubry et Rau.

21. Quel effet la loi du 15 juin 2010 a-t-elle produit pour l’entrepreneur individuel ?

Elle a supprimé toute responsabilité professionnelle de l’entrepreneur
Elle a réservé la séparation des patrimoines aux seules sociétés commerciales
Elle a créé une personne morale distincte pour chaque entrepreneur
Elle a permis de séparer le patrimoine professionnel du patrimoine personnel sans créer de personne morale

Elle a permis de séparer le patrimoine professionnel du patrimoine personnel sans créer de personne morale

Explication

La loi du 15 juin 2010 a permis à l’entrepreneur individuel d’affecter un patrimoine séparé à son activité professionnelle, sans donner naissance à une personne morale.

22. Quelle proposition distingue correctement les droits patrimoniaux des droits extrapatrimoniaux ?

Les droits patrimoniaux sont insaisissables, tandis que les droits extrapatrimoniaux sont prescriptibles
Les droits extrapatrimoniaux ont une valeur pécuniaire et peuvent être saisis, contrairement aux droits patrimoniaux
Les droits patrimoniaux ont une valeur pécuniaire et peuvent être transmis, contrairement aux droits extrapatrimoniaux
Les deux catégories ont une valeur pécuniaire et sont librement cessibles

Les droits patrimoniaux ont une valeur pécuniaire et peuvent être transmis, contrairement aux droits extrapatrimoniaux

Explication

Les droits patrimoniaux ont une valeur pécuniaire et sont notamment cessibles, transmissibles, prescriptibles et saisissables. Les droits extrapatrimoniaux ne présentent pas ces caractéristiques.

23. Une personne peut-elle exiger directement d’un débiteur qu’il fournisse une prestation en vertu de quel type de droit ?

D’un droit extrapatrimonial
D’un droit réel
D’un droit personnel
D’un droit de propriété intellectuelle uniquement

D’un droit personnel

Explication

Le droit personnel permet à un créancier d’exiger d’un débiteur l’exécution d’une prestation. Le droit réel correspond, quant à lui, à un pouvoir direct sur une chose.

24. Quels textes font partie du bloc de constitutionnalité ?

Les lois organiques et les traités internationaux uniquement
La Constitution de 1958 uniquement
Le Code civil, la Constitution de 1958 et les règlements administratifs
La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Constitution du 4 octobre 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et le Préambule de 1946.

25. À quelle condition un traité peut-il avoir une autorité supérieure à celle d’une loi en droit français ?

S’il est régulièrement ratifié ou approuvé, publié et appliqué sous réserve de réciprocité
Dès qu’il est signé par un ministre français
S’il porte exclusivement sur des relations commerciales
S’il est adopté par une majorité simple de l’Assemblée nationale

S’il est régulièrement ratifié ou approuvé, publié et appliqué sous réserve de réciprocité

Explication

L’article 55 de la Constitution reconnaît une autorité supérieure aux lois aux traités et accords internationaux régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés, sous réserve de réciprocité.

26. Quelle caractéristique distingue principalement une loi organique d’une loi ordinaire ?

La loi ordinaire complète nécessairement la Constitution selon une procédure spécifique
La loi organique précise l’organisation des pouvoirs publics et doit être contrôlée par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation
La loi organique ne peut concerner que les contrats entre particuliers
La loi organique est adoptée sans procédure particulière et échappe au contrôle constitutionnel

La loi organique précise l’organisation des pouvoirs publics et doit être contrôlée par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation

Explication

La loi organique précise l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics selon une procédure spécifique. Elle doit être soumise au contrôle du Conseil constitutionnel avant sa promulgation.

27. Quelle réforme a introduit la Question prioritaire de constitutionnalité ?

La réforme du 29 octobre 1974
La réforme du 15 juin 2010
La réforme du 4 octobre 1958
La réforme du 23 juillet 2008

La réforme du 23 juillet 2008

Explication

La réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a introduit la Question prioritaire de constitutionnalité. Celle du 29 octobre 1974 avait permis la saisine du Conseil constitutionnel par 60 députés ou 60 sénateurs.

28. Dans quelle situation un conflit de lois apparaît-il ?

Lorsque les législations de plusieurs États peuvent régir la même question de droit privé
Lorsqu’une loi nationale est simplement difficile à interpréter
Lorsqu’une situation entièrement interne relève d’une seule législation
Lorsqu’un contrat ne contient aucune clause relative au droit applicable

Lorsque les législations de plusieurs États peuvent régir la même question de droit privé

Explication

Un conflit de lois suppose un élément d’extranéité : les législations de plusieurs États ont vocation à régir cumulativement une même question de droit privé.

29. Dans quel cas le juge français peut-il écarter une loi étrangère désignée par une règle de conflit ?

Lorsqu’elle régit une relation comportant un élément international
Lorsqu’elle a été désignée par une règle de conflit française
Lorsqu’elle est contraire à l’ordre public ou appliquée en fraude à la loi
Lorsqu’elle est simplement plus ancienne que la loi française

Lorsqu’elle est contraire à l’ordre public ou appliquée en fraude à la loi

Explication

Le juge français peut appliquer la loi étrangère désignée par la règle de conflit, mais il peut l’écarter si son application heurte l’ordre public ou résulte d’une fraude à la loi.

30. Quel acte permet au chef de l’État d’attester l’existence d’une loi et d’ordonner aux autorités publiques de l’observer ?

La promulgation
La codification
L’abrogation
La publication

La promulgation

Explication

La promulgation est l’acte par lequel le chef de l’État atteste l’existence de la loi et en ordonne l’exécution. La publication, quant à elle, la rend accessible, notamment par son insertion au Journal officiel.

31. En l’absence de disposition particulière ou d’urgence, à quelle date une loi entre-t-elle en principe en vigueur ?

Le lendemain de sa publication au Journal officiel
Un mois après sa publication au Journal officiel
Le jour de son adoption par le Parlement
Le jour de sa promulgation

Le lendemain de sa publication au Journal officiel

Explication

Les lois et règlements entrent en principe en vigueur le lendemain de leur publication au Journal officiel. Une disposition spéciale ou une situation d’urgence peut toutefois prévoir une autre date.

32. Quelle différence caractérise l’annulation et l’abrogation d’une loi ?

L’annulation et l’abrogation produisent toutes deux uniquement un effet futur
L’annulation concerne les règlements, tandis que l’abrogation concerne les lois
L’annulation produit un effet passé et futur, tandis que l’abrogation produit seulement un effet futur
L’annulation produit seulement un effet futur, tandis que l’abrogation produit un effet passé et futur

L’annulation produit un effet passé et futur, tandis que l’abrogation produit seulement un effet futur

Explication

L’annulation anéantit la loi pour le passé et pour l’avenir. L’abrogation ne supprime ses effets que pour l’avenir.

33. Quel principe énonce l’article 2 du Code civil concernant l’application temporelle de la loi ?

Toute loi devient applicable dès son adoption
La loi nouvelle s’applique à toutes les situations antérieures
La loi ancienne demeure applicable même après son abrogation
La loi ne dispose que pour l’avenir et n’a point d’effet rétroactif

La loi ne dispose que pour l’avenir et n’a point d’effet rétroactif

Explication

L’article 2 du Code civil pose le principe de non-rétroactivité : la loi ne dispose que pour l’avenir et ne produit pas d’effet sur le passé.

34. Comment reconnaît-on une abrogation expresse ?

Un juge refuse d’appliquer une loi devenue obsolète
Une loi ancienne cesse de produire effet par défaut de publication
Une loi nouvelle est incompatible avec une loi ancienne sans le déclarer
Un nouveau texte déclare explicitement supprimer une loi antérieure

Un nouveau texte déclare explicitement supprimer une loi antérieure

Explication

L’abrogation expresse résulte d’une déclaration explicite contenue dans un nouveau texte. Elle se distingue de l’abrogation tacite, fondée sur l’incompatibilité entre deux textes.

35. Quel changement illustre une abrogation tacite ?

Une loi nouvelle fixe la majorité à 18 ans, rendant incompatible la règle antérieure de la majorité à 21 ans
Un décret reproduit sans modification les règles d’une loi antérieure
Une loi nouvelle déclare supprimer expressément une loi ancienne
Une ordonnance annule rétroactivement une loi ancienne

Une loi nouvelle fixe la majorité à 18 ans, rendant incompatible la règle antérieure de la majorité à 21 ans

Explication

L’abrogation tacite résulte de l’incompatibilité entre une loi nouvelle et une loi antérieure. La fixation de la majorité à 18 ans a ainsi rendu incompatible l’ancienne règle fixée à 21 ans.

36. Quelle est la fonction des dispositions transitoires dans une loi ?

Elles rendent toute loi nouvelle rétroactive
Elles organisent les conditions d’entrée en vigueur et règlent les conflits de lois dans le temps
Elles déterminent la compétence territoriale des juridictions
Elles remplacent systématiquement toutes les lois antérieures

Elles organisent les conditions d’entrée en vigueur et règlent les conflits de lois dans le temps

Explication

Les dispositions transitoires précisent les conditions d’entrée en vigueur d’une loi et permettent de résoudre les conflits entre loi ancienne et loi nouvelle. En leur absence, les principes généraux, notamment ceux de l’article 2 du Code civil, s’appliquent.

37. Une loi nouvelle entre en vigueur alors qu’un contrat a été conclu auparavant et doit encore être exécuté. Quel principe s’applique en règle générale ?

La loi nouvelle annule automatiquement le contrat antérieur
La loi nouvelle s’applique au passé dès sa publication au Journal officiel
La loi nouvelle régit la constitution passée et l’exécution future du contrat
La loi nouvelle ne s’applique ni à la constitution ni à l’exécution de la situation antérieure, sauf rétroactivité expresse

La loi nouvelle ne s’applique ni à la constitution ni à l’exécution de la situation antérieure, sauf rétroactivité expresse

Explication

En principe, la loi nouvelle ne s’applique ni à la constitution ni à l’exécution des situations juridiques antérieures à son entrée en vigueur. Une rétroactivité expresse prévue par le législateur peut constituer une exception.

38. Selon la théorie classique, quelle différence existe entre un droit acquis et une simple expectative ?

Le droit acquis est une espérance fragile, tandis que l’expectative est définitivement protégée
Le droit acquis est entré dans le patrimoine et ne peut être retiré par un tiers, tandis que l’expectative peut être supprimée par une loi nouvelle
Le droit acquis concerne uniquement le droit pénal, tandis que l’expectative concerne le droit civil
Le droit acquis et l’expectative bénéficient de la même protection contre la loi nouvelle

Le droit acquis est entré dans le patrimoine et ne peut être retiré par un tiers, tandis que l’expectative peut être supprimée par une loi nouvelle

Explication

Le droit acquis est déjà entré dans le patrimoine de la personne et bénéficie d’une protection particulière. L’expectative n’est qu’une espérance, susceptible d’être supprimée par une loi nouvelle.

39. Quels sont les deux principes retenus par la théorie moderne du doyen Roubier pour résoudre les conflits de lois dans le temps ?

La protection des expectatives et la rétroactivité pénale générale
La non-rétroactivité de la loi nouvelle et son application immédiate
La supériorité de la loi ancienne et l’abrogation tacite
La rétroactivité générale et la suspension de la loi ancienne

La non-rétroactivité de la loi nouvelle et son application immédiate

Explication

La théorie moderne de Roubier repose sur la non-rétroactivité de la loi nouvelle et son application immédiate. Ces deux principes permettent de distinguer les effets passés des effets futurs des situations juridiques.

40. Que désigne la jurisprudence d’une matière déterminée ?

L’ensemble des règlements pris par l’administration
L’ensemble des lois adoptées dans cette matière
L’ensemble des commentaires doctrinaux consacrés à cette matière
L’ensemble des décisions portant sur cette matière

L’ensemble des décisions portant sur cette matière

Explication

La jurisprudence d’une matière regroupe les décisions de justice qui portent sur cette matière. Elle se distingue de la jurisprudence d’une juridiction, qui rassemble les décisions rendues par cette juridiction.

41. Quelle qualification Gény donne-t-il à la jurisprudence ?

Une règle réglementaire applicable à tous
Une autorité dépourvue de toute portée juridique
Une simple autorité, et non une source de droit
Une source directe et obligatoire du droit

Une simple autorité, et non une source de droit

Explication

Pour Gény, la jurisprudence constitue une simple autorité, contrairement à la conception de certains auteurs qui la considèrent comme une source de droit.

42. Quelle est la portée de l’interdiction posée par l’article 5 du Code civil ?

Le juge doit appliquer exclusivement les décisions antérieures
Le juge ne peut pas prononcer de décisions générales et réglementaires pour les causes soumises
Le juge peut créer des règlements lorsqu’une loi est imprécise
Le juge ne peut pas rendre de décision dans une affaire nouvelle

Le juge ne peut pas prononcer de décisions générales et réglementaires pour les causes soumises

Explication

L’article 5 interdit au juge de statuer par voie générale et réglementaire sur les affaires qui lui sont soumises. Il lui interdit ainsi de se comporter comme une autorité réglementaire.

43. Quelle différence distingue l’autorité absolue de l’autorité relative de la chose jugée ?

L’autorité absolue concerne les parties et les tiers, tandis que l’autorité relative ne concerne que les parties
L’autorité absolue concerne les lois, tandis que l’autorité relative concerne les règlements
L’autorité absolue concerne uniquement les parties, tandis que l’autorité relative concerne les tiers
L’autorité absolue appartient au juge pénal, tandis que l’autorité relative appartient au juge civil

L’autorité absolue concerne les parties et les tiers, tandis que l’autorité relative ne concerne que les parties

Explication

L’autorité absolue s’impose aux parties comme aux tiers. L’autorité relative de la chose jugée ne produit ses effets qu’à l’égard des parties au litige.

44. Que doit faire le juge lorsque la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante ?

Statuer malgré ces difficultés, conformément à l’interdiction du déni de justice
Saisir obligatoirement le pouvoir réglementaire
Refuser de juger l’affaire jusqu’à l’intervention du législateur
Appliquer automatiquement la coutume de la juridiction

Statuer malgré ces difficultés, conformément à l’interdiction du déni de justice

Explication

L’article 4 du Code civil interdit le déni de justice et impose au juge de statuer même lorsque la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante.

45. Quelles étapes permettent à une décision de devenir une règle jurisprudentielle ?

Une décision individuelle, une abrogation et une application exceptionnelle
Une publication officielle, une approbation parlementaire et une codification
Une consultation administrative, une promulgation et une entrée en vigueur
Une formulation générale, une généralisation et une application uniforme

Une formulation générale, une généralisation et une application uniforme

Explication

La transformation d’une décision en règle jurisprudentielle repose sur une formulation générale, sa généralisation et son application uniforme dans des situations comparables.

46. Quelle distinction caractérise un arrêt de principe par rapport à un arrêt d’espèce ?

L’arrêt de principe est dépourvu de motivation, tandis que l’arrêt d’espèce est toujours motivé
L’arrêt de principe exprime une solution générale, tandis que l’arrêt d’espèce se limite au litige jugé
L’arrêt de principe concerne les lois, tandis que l’arrêt d’espèce concerne les règlements
L’arrêt de principe est rendu par un tribunal, tandis que l’arrêt d’espèce est rendu par le législateur

L’arrêt de principe exprime une solution générale, tandis que l’arrêt d’espèce se limite au litige jugé

Explication

Un arrêt de principe formule une solution de portée générale. À l’inverse, un arrêt d’espèce règle seulement le litige opposant les parties.

47. Quelle affirmation décrit correctement le rapport entre la jurisprudence et la loi ?

La jurisprudence rend inutile toute intervention ultérieure du législateur
La jurisprudence est subordonnée à la loi et peut être remise en cause par une loi postérieure
La jurisprudence et la loi ont toujours une force juridique identique
La jurisprudence est supérieure à la loi et ne peut pas être modifiée par elle

La jurisprudence est subordonnée à la loi et peut être remise en cause par une loi postérieure

Explication

La jurisprudence demeure subordonnée à la loi. Une loi postérieure peut donc remettre en cause une solution jurisprudentielle antérieure.

48. Par quels moyens la jurisprudence peut-elle enrichir la loi ?

En empêchant toute réforme des règles existantes
En supprimant toute compétence du législateur
En transformant automatiquement chaque décision en règlement
En révélant des lacunes, en incitant à une intervention législative ou en fournissant une solution reprise par la loi

En révélant des lacunes, en incitant à une intervention législative ou en fournissant une solution reprise par la loi

Explication

La jurisprudence peut mettre en évidence les lacunes de la loi, stimuler une réforme ou proposer une solution que le législateur reprend ensuite. La loi conserve toutefois le pouvoir de modifier ou d’écarter la solution jurisprudentielle.

49. Quel est le rôle principal du rapport annuel de la Cour de cassation dans les relations entre jurisprudence et loi ?

Centraliser les arrêts des cours d’appel dans une banque de données
Présenter les principales décisions et les réformes souhaitées
Remplacer les lois devenues difficiles à appliquer
Rendre obligatoires toutes les décisions de la Cour de cassation

Présenter les principales décisions et les réformes souhaitées

Explication

Le rapport annuel présente les principales décisions rendues ainsi que les réformes souhaitées. Il peut ainsi renforcer l’influence de la jurisprudence sur l’évolution de la loi.

50. Quels sont les deux éléments nécessaires à la formation de la coutume ?

La publication d’un texte et sa validation par un tribunal
L’accord écrit des parties et l’approbation de l’administration
La répétition d’un comportement et la croyance en son caractère obligatoire
La décision d’un juge et son application par les particuliers

La répétition d’un comportement et la croyance en son caractère obligatoire

Explication

La coutume comporte un élément matériel, constitué par la répétition d’un comportement, et un élément psychologique, correspondant à la croyance en son caractère obligatoire.

51. Quelle distinction caractérise l’usage conventionnel par rapport à l’usage normatif ?

L’usage conventionnel suppose un texte écrit, tandis que l’usage normatif repose sur une décision judiciaire
L’usage conventionnel est créé par le juge, tandis que l’usage normatif est établi par la loi
L’usage conventionnel s’impose à tous, tandis que l’usage normatif dépend d’un contrat particulier
L’usage conventionnel dépend de la volonté tacite des parties, tandis que l’usage normatif a une portée générale

L’usage conventionnel dépend de la volonté tacite des parties, tandis que l’usage normatif a une portée générale

Explication

L’usage conventionnel s’intègre au contrat par la volonté tacite des parties, alors que l’usage normatif s’apparente à une règle générale.

52. Dans quelle situation la coutume peut-elle s’appliquer praeter legem ?

Lorsqu’elle contredit une loi impérative
Lorsqu’une loi lui reconnaît expressément un rôle
Lorsqu’elle remplace automatiquement toute loi existante
Lorsqu’elle se développe en l’absence de loi applicable

Lorsqu’elle se développe en l’absence de loi applicable

Explication

La coutume est praeter legem lorsqu’elle se développe dans un domaine non réglé par la loi. Elle ne peut pas normalement s’appliquer contra legem contre une loi impérative.

53. Quel rôle les tribunaux jouent-ils à l’égard d’une coutume établie ?

Ils la créent par leur première décision et lui donnent force obligatoire
Ils la transforment en loi en l’appliquant à plusieurs litiges
Ils la constatent sans la créer, car elle possède une force obligatoire propre
Ils la rendent obligatoire uniquement après son inscription dans un code

Ils la constatent sans la créer, car elle possède une force obligatoire propre

Explication

La coutume tire sa force obligatoire d’elle-même ; les tribunaux se bornent à constater son existence, contrairement à la jurisprudence qu’ils contribuent à élaborer.

54. Quelle caractéristique définit les principes généraux du droit ?

Ce sont des règles écrites adoptées par le Parlement et publiées au Journal officiel
Ce sont des opinions doctrinales dépourvues de portée juridique dans les litiges
Ce sont des règles non écrites, de portée générale, dégagées par le juge et imposées à l’administration
Ce sont des usages professionnels applicables uniquement aux parties d’un contrat

Ce sont des règles non écrites, de portée générale, dégagées par le juge et imposées à l’administration

Explication

Les principes généraux du droit sont des règles non écrites de portée générale que le juge dégage et qui s’imposent notamment à l’administration et à l’État même sans texte.

55. Pourquoi la doctrine n’est-elle pas une source directe de droit ?

Parce qu’elle ne peut porter que sur des usages professionnels particuliers
Parce qu’elle est élaborée par l’administration et ne concerne pas les particuliers
Parce qu’elle exprime des opinions de juristes qui influencent le droit sans imposer une règle à tous
Parce qu’elle est exclusivement composée de décisions rendues par les tribunaux

Parce qu’elle exprime des opinions de juristes qui influencent le droit sans imposer une règle à tous

Explication

La doctrine rassemble les opinions de juristes et constitue une autorité indirecte. L’opinion d’un auteur ne possède toutefois pas, par elle-même, la force obligatoire d’une règle de droit.

56. Comment le juge découvre-t-il les principes généraux du droit ?

Il les reçoit nécessairement d’une autorité administrative sous forme de circulaire
Il les dégage de l’état du droit et de la société à un moment donné, en les considérant comme sous-jacents au droit existant
Il les choisit librement sans tenir compte du droit positif ni de l’évolution sociale
Il les déduit uniquement des opinions publiées par les professeurs de droit

Il les dégage de l’état du droit et de la société à un moment donné, en les considérant comme sous-jacents au droit existant

Explication

Le juge identifie les principes généraux en s’appuyant sur l’état du droit et de la société, dont ils sont considérés comme des fondements sous-jacents.

57. Quelle évolution met en évidence l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen concernant la loi ?

La loi est définie comme l’expression des décisions judiciaires, mais elle tend à refléter celle des parties privées
La loi est conçue comme l’expression de la volonté générale, mais elle tend à refléter celle d’un législateur ou de bureaucrates
La loi est définie comme l’expression de la doctrine, mais elle tend à refléter celle des administrations locales
La loi est conçue comme l’expression des coutumes, mais elle tend à refléter celle des professions réglementées

La loi est conçue comme l’expression de la volonté générale, mais elle tend à refléter celle d’un législateur ou de bureaucrates

Explication

L’article 6 présente la loi comme l’expression de la volonté générale. Une critique souligne toutefois qu’elle tend progressivement à devenir l’expression d’un législateur ou de bureaucrates.

58. Quelle conséquence principale l’inflation législative entraîne-t-elle ?

Elle supprime les difficultés d’application en précisant tous les cas particuliers
Elle rend impossible la connaissance intégrale des textes et diminue leur cohérence et leur clarté
Elle réduit le nombre de règles applicables et renforce automatiquement leur stabilité
Elle garantit une meilleure sécurité juridique grâce à l’augmentation du nombre de textes

Elle rend impossible la connaissance intégrale des textes et diminue leur cohérence et leur clarté

Explication

L’inflation législative multiplie les textes, ce qui rend leur connaissance intégrale impossible, affaiblit leur cohérence et leur clarté et complique leur application.

59. Quel est l’objectif principal de la codification ?

Accroître le nombre de textes en séparant chaque règle dans une loi distincte
Remplacer toutes les règles jurisprudentielles par des usages professionnels
Permettre aux tribunaux de modifier librement les règles regroupées
Regrouper des règles d’origines différentes afin de rationaliser le droit et d’en faciliter l’accès

Regrouper des règles d’origines différentes afin de rationaliser le droit et d’en faciliter l’accès

Explication

La codification rassemble des règles provenant de sources différentes pour rationaliser l’organisation du droit et renforcer son accessibilité.

60. Quelle différence oppose la durée d’efficacité d’une loi à celle d’une règle jurisprudentielle ?

La loi reste efficace jusqu’à son abrogation, tandis qu’une règle jurisprudentielle peut être modifiée par un revirement
La loi disparaît avec le temps, tandis qu’une règle jurisprudentielle reste inchangée jusqu’à son abrogation
La loi et la règle jurisprudentielle cessent toutes deux de produire effet après une période déterminée
La loi dépend d’un revirement judiciaire, tandis qu’une règle jurisprudentielle reste efficace jusqu’à une nouvelle loi

La loi reste efficace jusqu’à son abrogation, tandis qu’une règle jurisprudentielle peut être modifiée par un revirement

Explication

Une loi conserve son efficacité jusqu’à son abrogation. Une règle jurisprudentielle peut, quant à elle, perdre de sa force avec le temps et être bouleversée par un revirement.

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Mémorisez les réponses avec 74 flashcards sur Sources du droit et preuve.

Qu'est-ce que la règle de droit ?

Une règle générale, abstraite, obligatoire dans les rapports sociaux.

Qu'est-ce qui distingue la règle de droit de la morale ?

Sa sanction repose sur un pouvoir de contrainte publique.

Sur quoi repose principalement la réprobation d'un acte immoral ?

Sur le groupe social.

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