QCM : Droit constitutionnel et souveraineté — 38 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet principal du droit constitutionnel ?

La gestion administrative des entreprises privées et commerciales
La réglementation des contrats conclus entre des particuliers
L’organisation de l’État et le fonctionnement de ses institutions constitutionnelles
La détermination des infractions et des peines applicables

L’organisation de l’État et le fonctionnement de ses institutions constitutionnelles

Explication

Le droit constitutionnel étudie l’organisation de l’État ainsi que le fonctionnement de ses institutions constitutionnelles. Le droit des contrats entre particuliers relève principalement du droit privé, et non du droit constitutionnel.

2. Dans quelle situation une question prioritaire de constitutionnalité peut-elle être soulevée ?

Lorsqu’un justiciable conteste la constitutionnalité d’une loi applicable à son procès
Lorsqu’un parlementaire demande l’abrogation d’un règlement dépourvu de portée juridique
Lorsqu’un juge examine la conformité d’un contrat privé aux usages professionnels
Lorsqu’une administration souhaite modifier une décision individuelle devenue définitive

Lorsqu’un justiciable conteste la constitutionnalité d’une loi applicable à son procès

Explication

La question prioritaire de constitutionnalité permet à un justiciable de contester la constitutionnalité d’une loi applicable à son procès. Elle ne porte pas directement sur la conformité d’un contrat privé ni sur la simple modification d’une décision administrative.

3. Quelle distinction oppose le discours du droit au discours sur le droit ?

Le premier décrit des pratiques sociales, le second adopte des normes dans les institutions
Le premier concerne les contrats privés, le second concerne les sanctions pénales publiques
Le premier énonce des normes posées par les autorités publiques, le second les analyse
Le premier rassemble des commentaires doctrinaux, le second regroupe les textes constitutionnels

Le premier énonce des normes posées par les autorités publiques, le second les analyse

Explication

Le discours du droit correspond aux normes écrites établies par les autorités publiques, tandis que le discours sur le droit comprend notamment les analyses des professeurs et des manuels. Les commentaires doctrinaux relèvent donc du discours sur le droit, et non du discours du droit.

4. Quelle caractéristique définit l’État comme forme moderne d’organisation du pouvoir politique ?

Une coexistence durable de pouvoirs locaux sans autorité commune
Une répartition du pouvoir entre des autorités concurrentes et autonomes
Une souveraineté qui unifie et centralise les différents pouvoirs
Une domination des coutumes féodales sur les institutions centrales

Une souveraineté qui unifie et centralise les différents pouvoirs

Explication

L’État moderne repose sur une souveraineté qui centralise et habilite les différents pouvoirs dans une organisation politique unifiée. La coexistence de pouvoirs concurrents correspond davantage au système médiéval qu’à l’État moderne.

5. Quelle période est principalement associée à la multitude des pouvoirs locaux et féodaux ?

Du XXe au XXIe siècle, pendant le développement de la justice constitutionnelle
Du XVIIe au XVIIIe siècle, pendant l’affirmation de l’État central
Du XVIIIe au XIXe siècle, pendant l’essor des constitutions écrites
Du XIe au XVIe siècle, pendant l’époque féodale

Du XIe au XVIe siècle, pendant l’époque féodale

Explication

L’époque féodale, du XIe au XVIe siècle, se caractérise par une multitude de pouvoirs locaux et féodaux. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont plutôt associés à l’affirmation progressive de la centralisation étatique.

6. Que signifie l’expression « pluralisme normatif » ?

La séparation des fonctions judiciaires entre plusieurs juridictions publiques
La coexistence de plusieurs autorités habilitées à poser des normes
La concentration de la production juridique dans un centre souverain
La supériorité d’une constitution écrite sur les pratiques coutumières

La coexistence de plusieurs autorités habilitées à poser des normes

Explication

Le pluralisme normatif désigne une situation où plusieurs autorités disposent du pouvoir de créer des normes. La concentration de la production juridique dans un centre unique renvoie plutôt à la souveraineté moderne.

7. Quels éléments limitaient les pouvoirs du roi au Moyen Âge ?

Les traités internationaux, les partis politiques et les juridictions administratives
Les constitutions écrites, les référendums populaires et les cours constitutionnelles
Les ordres, les statuts féodaux, les statuts urbains et les coutumes consenties
Les codes nationaux, les administrations centrales et les assemblées élues

Les ordres, les statuts féodaux, les statuts urbains et les coutumes consenties

Explication

Au Moyen Âge, les pouvoirs du roi étaient encadrés par les ordres, les statuts féodaux, les statuts des villes et les pratiques coutumières consenties. Les constitutions écrites et les cours constitutionnelles appartiennent principalement aux formes modernes de l’organisation juridique.

8. Quelle transformation caractérise la modernité concernant la première marque de la souveraineté ?

La coutume consentie devient supérieure à toute intervention des autorités publiques
La capacité de faire la loi devient supérieure au pouvoir médiéval de juger
La compétence des villes devient supérieure à celle du souverain dans l’ordre juridique
Le pouvoir de juger devient supérieur à la capacité de produire des normes générales

La capacité de faire la loi devient supérieure au pouvoir médiéval de juger

Explication

La modernité fait de la capacité de faire la loi un pouvoir supérieur au pouvoir médiéval de juger, ce qui transforme la première marque de la souveraineté. Cette évolution ne signifie pas que la coutume ou les pouvoirs urbains deviennent supérieurs au souverain.

9. Quelle œuvre Jean Bodin publie-t-il en 1576, inaugurant la conceptualisation de l’État moderne et de l’absolutisme ?

Les Méthodes pour une connaissance aisée de l’histoire
Le Traité de Westphalie
Les Six Livres de la République
Le Léviathan

Les Six Livres de la République

Explication

Jean Bodin publie Les Six Livres de la République en 1576, ouvrage majeur dans la conceptualisation de l’État moderne et de l’absolutisme. Les Méthodes pour une connaissance aisée de l’histoire datent de 1566, tandis que les deux autres œuvres relèvent d’autres auteurs ou contextes.

10. Quel principe politique l’Édit de Nantes affirme-t-il en garantissant les droits civils des Français indépendamment de leur religion ?

La primauté de la communauté politique sur la communauté religieuse
La suppression des droits civils pour les minorités confessionnelles
La supériorité de l’autorité religieuse sur le pouvoir monarchique
La séparation complète des communautés politique et religieuse

La primauté de la communauté politique sur la communauté religieuse

Explication

L’Édit de Nantes affirme que l’appartenance à la communauté politique prime sur l’appartenance religieuse en garantissant les droits civils à tous les Français. Il ne place donc pas l’autorité religieuse au-dessus du pouvoir politique et ne supprime pas les droits des minorités.

11. Comment Bodin définit-il la souveraineté moderne ?

Une alliance féodale fondée sur des obligations réciproques entre autorités
Une puissance absolue et perpétuelle rapportant les décisions à un centre unique
Une autorité temporaire répartie entre plusieurs corps politiques concurrents
Une compétence administrative limitée par le consentement régulier des sujets

Une puissance absolue et perpétuelle rapportant les décisions à un centre unique

Explication

Pour Bodin, la souveraineté est une puissance absolue et perpétuelle qui concentre les décisions juridiques dans un centre unique. La répartition entre plusieurs autorités correspond plutôt au pluralisme médiéval, tandis que l’alliance féodale repose sur une logique différente.

12. Quelle est la nature de la loi chez Bodin ?

Une règle religieuse définie par une autorité extérieure au pouvoir politique
Un commandement unilatéral du souverain imposé aux sujets sans droit de résistance
Un accord négocié entre le souverain et les sujets fondé sur leur consentement
Une obligation féodale réciproque entre un vassal et son seigneur

Un commandement unilatéral du souverain imposé aux sujets sans droit de résistance

Explication

Chez Bodin, la loi est un commandement unilatéral du souverain qui s’impose aux sujets sans leur consentement ni droit de résistance. La relation féodale, à l’inverse, repose sur des obligations réciproques entre vassal et seigneur.

13. Quelle combinaison décrit les trois propriétés de la souveraineté selon Bodin ?

Féodale, négociée et partagée
Omni-compétente, indivisible et inaliénable
Religieuse, contractuelle et révocable
Limitée, divisible et temporaire

Omni-compétente, indivisible et inaliénable

Explication

Selon Bodin, la souveraineté peut intervenir dans tous les domaines, appartient à un détenteur unique et ne peut être abandonnée : elle est donc omni-compétente, indivisible et inaliénable. Les autres combinaisons reprennent des caractéristiques étrangères à cette conception.

14. Pourquoi la population, le territoire et la puissance ne définissent-ils pas séparément l’État selon Carré de Malberg et Kelsen ?

Parce qu’ils sont des organes distincts chargés d’exercer le pouvoir étatique
Parce qu’ils résultent d’un accord international conclu entre les citoyens
Parce qu’ils relèvent exclusivement de réalités démographiques et géographiques
Parce qu’ils n’existent juridiquement qu’à travers la souveraineté

Parce qu’ils n’existent juridiquement qu’à travers la souveraineté

Explication

Pour Carré de Malberg et Kelsen, la population, le territoire et la puissance acquièrent leur portée juridique à travers la souveraineté, qui constitue la puissance juridique de l’État. La population et le territoire ne sont donc pas des organes, mais les projections personnelle et spatiale de cette souveraineté.

15. Comment le droit définit-il l’État comme personne morale ?

Comme une collectivité dont les actes ne peuvent être attribués à des personnes physiques
Comme une autorité composée des seuls organes chargés de produire les lois
Comme l’ensemble matériel des agents qui exercent directement les fonctions publiques
Comme une personne distincte de ses organes, à laquelle sont imputés les actes de ses agents

Comme une personne distincte de ses organes, à laquelle sont imputés les actes de ses agents

Explication

L’État est une personne morale créée par le droit et distincte de ses organes ; les actes accomplis par ses agents en son nom lui sont juridiquement imputés. Les agents sont des personnes physiques, tandis que les organes sont les structures par lesquelles l’État agit.

16. Quelle conception de la nation Sieyès défend-il ?

Un ensemble de personnes soumis à un ordre juridique déterminé
Une personne juridique abstraite dépourvue de représentation politique commune
Un corps politique vivant soumis à une loi commune et représenté par une même législature
Une communauté culturelle fondée principalement sur une origine et une langue communes

Un corps politique vivant soumis à une loi commune et représenté par une même législature

Explication

Pour Sieyès, la nation forme un corps politique vivant réuni par une loi commune et représenté par une même législature. La définition de la nation comme personne juridique abstraite correspond à une confusion signalée avec d’autres conceptions.

17. Que proclame l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 au sujet de la souveraineté ?

Toute souveraineté est exercée directement par les citoyens réunis dans des assemblées locales
Toute souveraineté réside essentiellement dans la nation, et toute autorité doit en émaner expressément
Toute souveraineté appartient au roi, dont l’autorité repose sur une tradition dynastique
Toute souveraineté réside dans les organes constitués, qui la délèguent ensuite à la nation

Toute souveraineté réside essentiellement dans la nation, et toute autorité doit en émaner expressément

Explication

L’article 3 fait de la nation la titulaire essentielle de la souveraineté et subordonne toute autorité à une émanation expresse de celle-ci. Les organes constitués n’en sont donc pas les titulaires, mais les détenteurs d’une autorité dérivée.

18. Quelle distinction la Révolution établit-elle entre la souveraineté et son exercice ?

La souveraineté appartient à la nation ou au peuple, tandis que son exercice peut être délégué à des représentants
La souveraineté revient aux électeurs, tandis que la nation conserve une fonction principalement symbolique
La souveraineté appartient aux représentants, tandis que le peuple intervient seulement pour contrôler leurs décisions
La souveraineté est partagée entre le roi et les assemblées, tandis que les citoyens en assurent l’exercice administratif

La souveraineté appartient à la nation ou au peuple, tandis que son exercice peut être délégué à des représentants

Explication

La Révolution distingue le titulaire de la souveraineté, qui demeure la nation ou le peuple, de la manière dont elle est exercée par délégation. Les représentants peuvent donc exercer le pouvoir sans devenir les propriétaires de la souveraineté.

19. Quelle règle caractérise le mandat représentatif établi par la Constitution de 1791 ?

Les élus représentent la nation entière et ne sont pas liés par les engagements pris envers leurs électeurs
Les élus représentent les électeurs actifs et peuvent être révoqués lorsqu’ils s’écartent de leur programme
Les élus représentent le roi et exercent leur mandat sous le contrôle permanent des ministres
Les élus représentent leur circonscription et doivent respecter les instructions reçues pendant la campagne

Les élus représentent la nation entière et ne sont pas liés par les engagements pris envers leurs électeurs

Explication

Le mandat représentatif est libre : l’élu agit au nom de la nation entière et n’est pas juridiquement lié à ses promesses électorales. Le mandat impératif, qui imposerait le respect d’instructions précises des électeurs, est déclaré nul par l’article 7.

20. Quand la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a-t-elle été adoptée, et combien d’articles contient-elle ?

En septembre 1791, avec vingt-deux articles organisant principalement les pouvoirs monarchiques
En juillet 1792, avec quinze articles consacrant les droits politiques réservés aux citoyens actifs
En juin 1789, avec douze articles consacrant principalement les privilèges des corps constitués
En août 1789, avec dix-sept articles consacrant des droits naturels, universels et individuels

En août 1789, avec dix-sept articles consacrant des droits naturels, universels et individuels

Explication

La DDHC est adoptée en août 1789 et comprend dix-sept articles consacrés à des droits naturels, universels et individuels. Elle ne constitue donc pas principalement un texte d’organisation de la monarchie ou de défense des privilèges institutionnels.

21. Lequel de ces ensembles correspond aux droits et libertés consacrés notamment par la DDHC ?

La discipline militaire, la protection des corporations, la restriction des opinions et l’impôt décidé par le monarque
La sûreté, la propriété privée, la liberté d’expression, la résistance à l’oppression et le consentement à l’impôt
Le droit dynastique, les privilèges judiciaires, la censure politique et l’exemption fiscale des propriétaires
La souveraineté royale, la limitation des cultes, la détention administrative et la nomination héréditaire aux emplois publics

La sûreté, la propriété privée, la liberté d’expression, la résistance à l’oppression et le consentement à l’impôt

Explication

La DDHC protège notamment la sûreté, la propriété, les libertés d’opinion et d’expression, ainsi que plusieurs droits politiques et fiscaux. Les autres ensembles remplacent ces garanties par des privilèges ou des pouvoirs monarchiques contraires à l’esprit de la déclaration.

22. Selon l’article 16 de la DDHC, quelle condition est indispensable pour qu’une société possède une constitution ?

Elle doit maintenir une monarchie héréditaire et organiser la succession au trône
Elle doit garantir les droits et assurer la séparation des pouvoirs
Elle doit réserver le vote aux propriétaires et établir un impôt uniforme
Elle doit confier l’élaboration des lois à une assemblée élue au suffrage direct

Elle doit garantir les droits et assurer la séparation des pouvoirs

Explication

L’article 16 associe l’existence d’une constitution à deux garanties : la protection des droits et la séparation des pouvoirs. Une organisation institutionnelle ou électorale ne suffit donc pas, à elle seule, à caractériser une constitution.

23. Quelle transformation de la monarchie la Constitution de 1791 opère-t-elle ?

Elle renforce le droit divin du roi tout en limitant la compétence des assemblées représentatives
Elle supprime la monarchie et confie immédiatement le pouvoir exécutif à une convention républicaine
Elle établit une monarchie élective dans laquelle les citoyens choisissent directement le souverain
Elle maintient le roi, mais fonde son pouvoir sur la Constitution plutôt que sur le droit divin

Elle maintient le roi, mais fonde son pouvoir sur la Constitution plutôt que sur le droit divin

Explication

La Constitution de 1791 conserve la monarchie, mais soumet le pouvoir royal à un fondement constitutionnel au lieu du droit divin. Elle ne supprime donc pas encore la royauté et ne transforme pas le roi en dirigeant élu.

24. Comment fonctionne le suffrage à deux degrés instauré par la Constitution de 1791 ?

Les citoyens soumis à l’impôt votent d’abord pour les députés, puis les députés élisent les citoyens actifs
Les citoyens actifs élisent des électeurs, puis ceux qui disposent de revenus élevés participent au second degré
Les citoyens choisissent directement les représentants, puis les élus désignent les électeurs chargés de contrôler le scrutin
Les électeurs désignent directement le roi, puis les citoyens actifs approuvent les lois adoptées par les assemblées

Les citoyens actifs élisent des électeurs, puis ceux qui disposent de revenus élevés participent au second degré

Explication

Le suffrage à deux degrés sépare les citoyens actifs, qui choisissent des électeurs, et les électeurs ayant les revenus requis, qui interviennent au second degré. Il se distingue ainsi du suffrage direct, dans lequel les citoyens choisissent eux-mêmes les représentants.

25. Que se passe-t-il les 21 et 22 septembre 1792 ?

Le 21 septembre, la Convention abolit la royauté, puis le 22 septembre marque la naissance de la République
Le 21 septembre, la Constitution monarchique est adoptée, puis le 22 septembre le roi reprend ses pouvoirs
Le 21 septembre, la République est proclamée, puis le 22 septembre la Convention abolit formellement la royauté
Le 21 septembre, le suffrage direct est instauré, puis le 22 septembre la Convention ratifie la Constitution

Le 21 septembre, la Convention abolit la royauté, puis le 22 septembre marque la naissance de la République

Explication

La Convention abolit la royauté le 21 septembre 1792, tandis que le 22 septembre est retenu comme le début de la République. Inverser ces deux dates conduit à confondre la décision d’abolition avec le commencement du nouveau régime.

26. Quel régime électoral et quelle procédure législative la Constitution de 1793 prévoit-elle ?

Un suffrage masculin indirect, complété par l’approbation des lois par les seuls représentants élus
Un suffrage censitaire à deux degrés, complété par la validation des lois par le pouvoir royal
Un suffrage masculin, non censitaire et direct, complété par la ratification populaire des lois par référendum
Un suffrage universel sans distinction de sexe, complété par la promulgation des lois par les tribunaux

Un suffrage masculin, non censitaire et direct, complété par la ratification populaire des lois par référendum

Explication

La Constitution de 1793 prévoit un suffrage masculin direct et non censitaire, ainsi qu’une intervention populaire par référendum sur les lois votées par les représentants. Elle se distingue donc du système censitaire et à deux degrés de 1791.

27. Quelle est la fonction générale d’une Constitution dans l’organisation politique d’un État ?

Elle établit les procédures ordinaires d’adoption des lois et des règlements.
Elle organise le pouvoir politique dans sa formation et ses modes d’exercice.
Elle fixe les règles de fonctionnement des juridictions administratives et judiciaires.
Elle détermine les orientations économiques suivies par les gouvernements successifs.

Elle organise le pouvoir politique dans sa formation et ses modes d’exercice.

Explication

La Constitution est une loi supérieure qui organise globalement le pouvoir politique, tant dans sa formation que dans ses modalités d’exercice. Les règles relatives aux juridictions, à l’économie ou à la procédure législative ordinaire peuvent relever d’autres normes.

28. Quelle distinction oppose correctement la Constitution matérielle et la Constitution formelle ?

La première concerne le contenu des règles, la seconde leur valeur suprême.
La première protège les libertés, la seconde organise les rapports économiques.
La première désigne les lois ordinaires, la seconde les pratiques institutionnelles.
La première concerne la forme des règles, la seconde leur portée politique.

La première concerne le contenu des règles, la seconde leur valeur suprême.

Explication

La Constitution matérielle renvoie aux règles relatives à l’organisation de l’État et à la garantie des droits, tandis que la Constitution formelle désigne les règles suprêmes auxquelles les autres normes doivent être conformes. La confusion fréquente consiste à attribuer à la Constitution matérielle la valeur suprême, alors qu’elle renvoie d’abord au contenu.

29. Dans quelle situation le pouvoir constituant originaire intervient-il ?

Lorsqu’une Constitution existante est modifiée selon la procédure qu’elle prévoit.
Lorsqu’une juridiction contrôle la conformité d’une loi à la Constitution.
Lorsqu’une loi ordinaire précise le fonctionnement d’une institution publique.
Lorsqu’une Constitution nouvelle est créée sans habilitation constitutionnelle antérieure.

Lorsqu’une Constitution nouvelle est créée sans habilitation constitutionnelle antérieure.

Explication

Le pouvoir constituant originaire crée une Constitution nouvelle en dehors de toute habilitation constitutionnelle antérieure. La modification d’une Constitution existante relève du pouvoir constituant dérivé, tandis que les deux autres situations concernent l’application ou le contrôle des normes.

30. Selon Sieyès, à qui appartient le pouvoir constituant originaire ?

Au gouvernement, qui exerce ce pouvoir pendant la durée de son mandat.
Aux juridictions, qui peuvent adapter la Constitution aux évolutions sociales.
Au Parlement, qui détient ce pouvoir grâce à sa fonction législative.
À la nation, qui précède la Constitution et conserve le droit de la créer.

À la nation, qui précède la Constitution et conserve le droit de la créer.

Explication

Pour Sieyès, le pouvoir constituant originaire appartient à la nation : il précède la Constitution, lui survit et inclut le droit inaliénable de faire la révolution. Le gouvernement, le Parlement et les juridictions exercent des compétences instituées par l’ordre constitutionnel, et non ce pouvoir originaire.

31. Comment Kelsen caractérise-t-il le fondement de la validité de la Constitution et le pouvoir constituant originaire ?

La validité repose sur un traité international, tandis que le pouvoir originaire est une compétence administrative.
La validité repose sur la volonté parlementaire, tandis que le pouvoir originaire est juridiquement organisé.
La validité repose sur une décision juridictionnelle, tandis que le pouvoir originaire est constitutionnellement habilité.
La validité repose sur une norme fondamentale présupposée, tandis que le pouvoir originaire est factuel.

La validité repose sur une norme fondamentale présupposée, tandis que le pouvoir originaire est factuel.

Explication

Selon Kelsen, la validité de la Constitution repose sur une norme fondamentale présupposée, ce qui rend le pouvoir constituant originaire juridiquement indéfinissable et factuel. Les autres propositions lui attribuent à tort un fondement institutionnel ou juridique déjà établi.

32. Que désigne le pouvoir constituant dérivé ?

Le pouvoir de créer un ordre constitutionnel nouveau sans règle antérieure.
Le pouvoir d’adopter les lois ordinaires nécessaires à l’action gouvernementale.
Le pouvoir d’interpréter les dispositions constitutionnelles dans un litige.
Le pouvoir de réviser la Constitution selon une procédure qu’elle prévoit.

Le pouvoir de réviser la Constitution selon une procédure qu’elle prévoit.

Explication

Le pouvoir constituant dérivé permet de réviser la Constitution en appliquant une procédure prévue par celle-ci. La création d’un ordre nouveau sans habilitation antérieure relève du pouvoir constituant originaire, tandis que l’interprétation et la législation ordinaire ont une autre nature.

33. Pourquoi la rigidité constitutionnelle rend-elle la révision plus complexe que l’adoption d’une loi ordinaire ?

Elle dispense les assemblées de respecter les procédures législatives habituelles.
Elle protège la suprématie de la Constitution et la séparation des pouvoirs.
Elle permet au gouvernement de modifier plus rapidement les règles constitutionnelles.
Elle confie aux juridictions la rédaction complète des textes de révision.

Elle protège la suprématie de la Constitution et la séparation des pouvoirs.

Explication

La rigidité constitutionnelle impose une procédure de révision plus exigeante afin de protéger la suprématie de la Constitution et la séparation des pouvoirs. Elle ne vise donc ni à accélérer l’action gouvernementale ni à transférer la rédaction aux juridictions.

34. Quelle séquence correspond à la procédure normale de révision prévue par l’article 89 ?

Initiative, adoption par les deux chambres, puis ratification par référendum ou par le Congrès pour un projet.
Initiative gouvernementale, promulgation immédiate, puis approbation facultative par les chambres.
Adoption par une chambre, contrôle juridictionnel, puis ratification gouvernementale du texte.
Référendum initial, adoption par le Parlement, puis validation du texte par le Conseil constitutionnel.

Initiative, adoption par les deux chambres, puis ratification par référendum ou par le Congrès pour un projet.

Explication

La procédure normale comprend l’initiative, l’adoption du texte par les deux chambres et sa ratification par référendum ou par le Congrès lorsqu’il s’agit d’un projet de loi. Le contrôle juridictionnel, la promulgation immédiate ou un référendum initial ne constituent pas cette séquence.

35. Quelle majorité est requise au Congrès pour ratifier un projet de révision constitutionnelle ?

La majorité des deux tiers des membres inscrits au Congrès.
La majorité simple des suffrages exprimés dans chaque assemblée.
La majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.
La majorité absolue des membres composant chaque chambre.

La majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Explication

La ratification par le Congrès d’un projet de révision constitutionnelle exige la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Cette règle se distingue d’une majorité simple ou d’un calcul fondé sur l’ensemble des membres inscrits.

36. Quelle modification constitutionnelle majeure a été adoptée en 1962 sous la Ve République ?

L’élection du Président de la République au suffrage universel direct
La création de la question prioritaire de constitutionnalité
L’instauration du quinquennat pour le mandat présidentiel
L’élargissement de la saisine parlementaire du Conseil constitutionnel

L’élection du Président de la République au suffrage universel direct

Explication

La révision de 1962 a instauré l’élection présidentielle au suffrage universel direct, modifiant ainsi le mode de désignation du chef de l’État. Le quinquennat relève de la révision de 2000, et non de celle de 1962.

37. Quelle réforme constitutionnelle adoptée en 2000 a modifié la durée du mandat présidentiel ?

L’élection présidentielle au suffrage universel direct
La mise en place de la question prioritaire de constitutionnalité
La saisine du Conseil constitutionnel par les parlementaires
L’instauration du quinquennat présidentiel

L’instauration du quinquennat présidentiel

Explication

La révision de 2000 a instauré le quinquennat présidentiel, remplaçant le mandat de sept ans par un mandat de cinq ans. L’élection du Président au suffrage universel direct avait été instituée par la révision de 1962.

38. Quelle innovation introduite par la révision constitutionnelle de 2008 est entrée en vigueur en 2010 ?

Le quinquennat présidentiel
La saisine du Conseil constitutionnel par 60 parlementaires
La question prioritaire de constitutionnalité
Le suffrage universel direct pour l’élection présidentielle

La question prioritaire de constitutionnalité

Explication

La révision de 2008 a introduit la question prioritaire de constitutionnalité, devenue applicable en 2010. La possibilité pour 60 députés ou 60 sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel provient de la révision de 1974.

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Qu'est-ce que le droit constitutionnel ?

Une branche du droit public relative à l'organisation de l'État et à ses institutions.

Qu'autorise la question prioritaire de constitutionnalité ?

De contester la constitutionnalité d'une loi applicable à son procès.

En quelle année la question prioritaire de constitutionnalité est-elle entrée en vigueur ?

En 2010.

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