QCM : Droit constitutionnel et théorie de l’État (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une autorité publique publie des recommandations destinées à orienter les pratiques, sans les formuler comme des prescriptions assorties de sanctions. De quelle forme de norme s’agit-il ?

Du droit naturel, qui s’impose aux autorités humaines
D’une règle sans portée, qu’un juge ne peut rendre contraignante
Du droit souple, qui incite plutôt qu’il ne prescrit
Du droit prescriptif, qui impose une conduite sanctionnée

Du droit souple, qui incite plutôt qu’il ne prescrit

Explication

Le droit souple vise à inciter plutôt qu’à prescrire et n’est pas assorti de sanctions, bien qu’un juge puisse lui reconnaître une valeur contraignante. Le droit prescriptif confond incitation et obligation sanctionnée ; l’absence de toute portée écarte à tort la possibilité d’une reconnaissance judiciaire ; le droit naturel relève d’une autre conception de la source du droit.

2. Quelle conception considère comme droit positif les règles édictées par des autorités humaines et applicables dans une société donnée ?

Le droit souple
Le positivisme juridique
Le jusnaturalisme
La conception punitive du droit

Le positivisme juridique

Explication

Le positivisme juridique rattache le droit positif aux règles édictées par des autorités humaines et applicables dans une société donnée. Le jusnaturalisme reconnaît des normes naturelles supérieures au droit en vigueur ; le droit souple désigne des normes incitatives ; la sanction punitive ne définit pas la source du droit positif.

3. Un État revendique son indépendance face aux autres États et affirme qu’il leur est égal en droit. Quelle dimension de sa souveraineté met-il en avant ?

La souveraineté externe
La compétence réglementaire territoriale
L’absence de souveraineté
La souveraineté interne

La souveraineté externe

Explication

La souveraineté externe désigne l’indépendance et l’égalité de l’État dans les relations internationales. La souveraineté interne concerne l’autorité sur le territoire ; l’absence de souveraineté nie cette indépendance ; la compétence réglementaire territoriale renvoie à la production de règles, non à la relation entre États.

4. Selon la définition classique, quels éléments constituent l’État ?

La souveraineté, un territoire et une économie prospère
Une autorité administrative, un territoire et une population
La souveraineté, un territoire et une population
La souveraineté, des frontières reconnues et une population

La souveraineté, un territoire et une population

Explication

La définition classique de l’État repose sur la souveraineté, un territoire et une population. Une autorité administrative ne remplace pas la souveraineté ; les frontières reconnues ne se substituent pas au territoire ; la prospérité économique n’est pas l’un des trois éléments constitutifs.

5. Que désigne la volonté générale dans la théorie politique de Rousseau ?

La somme des préférences particulières exprimées par chaque citoyen
L’accord conclu entre les individus pour transférer leurs droits à l’État
La décision du souverain chargé de protéger les droits individuels
Ce que les individus veulent en tant que membres de la collectivité

Ce que les individus veulent en tant que membres de la collectivité

Explication

La volonté générale exprime ce que les individus veulent en tant que membres de la collectivité, et non l’addition de leurs intérêts particuliers. La somme des préférences individuelles constitue donc une conception distincte de cette volonté collective.

6. Quelle loi marque l’acte I de la décentralisation en France et supprime la tutelle administrative du préfet ?

La loi départementale du 10 août 1871
La révision constitutionnelle du 28 mars 2003
La loi municipale du 5 avril 1884
La loi Defferre du 2 mars 1982

La loi Defferre du 2 mars 1982

Explication

La loi Defferre du 2 mars 1982 a accordé un véritable pouvoir de décision aux collectivités territoriales et supprimé la tutelle administrative du préfet. La révision de 2003 affirme le caractère décentralisé de la République, mais elle ne constitue pas l’acte I de la décentralisation.

7. Quel rôle les accords de Nouméa assignent-ils à l’autonomie progressive de la Nouvelle-Calédonie ?

Apaiser les tensions entre indépendantistes et loyalistes en ouvrant la voie à une possible indépendance
Remplacer le Congrès local par une assemblée consultative dépourvue de compétences propres
Transférer au gouvernement local la souveraineté complète dès l’entrée en vigueur des accords
Renforcer le contrôle administratif de l’État afin d’uniformiser les décisions locales

Apaiser les tensions entre indépendantistes et loyalistes en ouvrant la voie à une possible indépendance

Explication

Les accords de Nouméa organisent une autonomie progressive destinée à apaiser les tensions entre indépendantistes et loyalistes, avec la perspective d’une possible indépendance. Le transfert immédiat de la souveraineté est erroné, car les accords prévoient une évolution graduelle du statut.

8. À quelle date la loi a-t-elle transformé la Corse en « Collectivité de Corse » ?

Le 2 mars 1982
Le 22 janvier 2002
Le 28 mars 2003
Le 13 mai 1991

Le 22 janvier 2002

Explication

La transformation de la Corse en « Collectivité de Corse » a été établie par une loi du 22 janvier 2002. La loi du 13 mai 1991 lui avait auparavant attribué le statut de région à statut particulier.

9. En quoi une clause d’éternité se distingue-t-elle d’une limite procédurale au pouvoir de révision constitutionnelle ?

Elle protège certaines dispositions contre toute révision, tandis que la limite procédurale impose de respecter les étapes constitutionnelles.
Elle encadre la ratification d’un traité, tandis que la limite procédurale interdit de modifier les droits fondamentaux.
Elle suspend la révision en période exceptionnelle, tandis que la limite procédurale protège des principes constitutionnels intangibles.
Elle autorise le juge à modifier la Constitution, tandis que la limite procédurale réserve ce pouvoir au Parlement.

Elle protège certaines dispositions contre toute révision, tandis que la limite procédurale impose de respecter les étapes constitutionnelles.

Explication

Une clause d’éternité constitue une limite matérielle qui soustrait certaines dispositions à la révision, alors qu’une limite procédurale encadre la manière de réviser la Constitution. La suspension lors d’une situation exceptionnelle relève plutôt des limites circonstancielles.

10. À qui attribue-t-on la définition de la constitution souple comme modifiable selon la même procédure qu’une loi ordinaire ?

À Georges Vedel, dans sa théorie de la double révision
À Olivier Beaud, dans sa théorie de l’identité constitutionnelle
À Montesquieu, dans sa théorie de la balance des pouvoirs
À James Bryce, dans sa classification des constitutions

À James Bryce, dans sa classification des constitutions

Explication

James Bryce est associé à la définition de la constitution souple comme une constitution que l’on modifie dans les mêmes termes qu’une loi ordinaire. Georges Vedel est lié à la théorie de la double révision, qui porte sur la suppression préalable d’une limite matérielle.

11. Quel effet la théorie de la double révision peut-elle avoir sur le pouvoir constituant dérivé ?

Elle peut le rendre pratiquement souverain en permettant de supprimer une limite avant de réviser la règle de fond.
Elle transforme la procédure spéciale de révision en procédure identique à celle d’une loi ordinaire.
Elle transfère aux collectivités territoriales le pouvoir de modifier les dispositions constitutionnelles qui les concernent.
Elle le soumet davantage au contrôle juridictionnel en rendant toute limite matérielle irrévocable.

Elle peut le rendre pratiquement souverain en permettant de supprimer une limite avant de réviser la règle de fond.

Explication

En supprimant d’abord une limite constitutionnelle, puis en adoptant la révision de fond souhaitée, la double révision peut rendre le pouvoir constituant dérivé pratiquement souverain. Elle ne rend pas pour autant les limites matérielles irrévocables, ce qui est précisément le contraire de son effet.

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Qu’est-ce qu’un corpus prescriptif ?

Un système normatif prescrivant les comportements à adopter dans une société donnée.

Qu’est-ce que l’État selon sa définition juridique ?

Une personne morale abstraite, sujet de droits et d’obligations, support moderne du pouvoir politique.

Qu’est-ce que la souveraineté ?

Une puissance suprême et inconditionnée permettant à l’État de produire ses propres règles.

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