QCM : Sources et hiérarchie des règles de droit (38 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Lorsqu’un juriste étudie une règle pour distinguer le choix politique qui la justifie de sa mise en œuvre technique, à quoi renvoient les sources réelles ?

Aux textes formels à consulter pour connaître le droit
Aux comportements sociaux qui rendent une règle effective
Aux justifications politiques du choix traduit en règle
Aux méthodes techniques de rédaction de la règle

Aux justifications politiques du choix traduit en règle

Explication

Les sources réelles désignent les justifications politiques d’un choix, tandis que la règle de droit en constitue la mise en œuvre technique. Les textes formels relèvent des sources formelles, les méthodes concernent la mise en œuvre et les comportements sociaux renvoient à une autre approche du droit.

2. Un juriste justifie la légitimité d’une règle par une justice supérieure et antérieure au droit, tandis qu’un autre la rattache à une norme supérieure ou à des faits sociaux. Quelle distinction décrit leurs approches ?

Le premier est positiviste, le second jusnaturaliste
Le premier est légaliste, le second jusnaturaliste
Le premier est sociologique, le second légaliste
Le premier est jusnaturaliste, le second positiviste

Le premier est jusnaturaliste, le second positiviste

Explication

Le jusnaturalisme fonde la légitimité du droit sur une justice supérieure et antérieure, alors que le positivisme la rattache à une règle supérieure ou à des faits sociaux. Inverser ces fondements confond les deux courants; le légalisme identifie le droit à la loi et le positivisme sociologique s’appuie sur les comportements sociaux.

3. Dans une société où les mœurs évoluent avant que les règles sur le divorce ne soient adaptées, quel décalage cela illustre-t-il ?

L’étude économique détermine le rythme des changements sociaux
Le droit reflète les mœurs, mais peut tarder à évoluer
Le droit précède les mœurs et leur impose son évolution
Le droit demeure sans lien avec les mœurs de la société

Le droit reflète les mœurs, mais peut tarder à évoluer

Explication

Le droit reflète les mœurs sociales, mais peut être en retard sur leur évolution, comme l’illustre le divorce. L’idée d’une avance du droit inverse le décalage; l’étude d’impact relève de l’analyse économique, et nier tout lien contredit le rôle des mœurs.

4. Avant l’adoption d’une loi, une équipe examine ses effets prévisibles et vérifie si la règle devrait fonctionner efficacement. De quelle démarche s’agit-il ?

D’une analyse sociologique du droit, mesurant l’évolution des mœurs
D’un contrôle de validité, comparant la règle aux normes supérieures
D’une analyse économique du droit, éclairant la règle par une étude d’impact
D’une consultation citoyenne, recueillant des avis sur la norme

D’une analyse économique du droit, éclairant la règle par une étude d’impact

Explication

L’analyse économique du droit évalue le fonctionnement et l’efficacité d’une règle, notamment par une étude d’impact préalable aux lois. L’évolution des mœurs relève de l’analyse sociologique, recueillir des avis est une consultation citoyenne et comparer des normes porte sur la validité juridique.

5. Quels éléments composent les sources étatiques du droit ?

La Constitution, la loi et le règlement
La loi, la coutume et la soft law
La jurisprudence, la doctrine et la coutume
La Constitution, les traités et la jurisprudence

La Constitution, la loi et le règlement

Explication

Les sources étatiques se répartissent entre la Constitution, la loi et le règlement. La jurisprudence, la doctrine, la coutume et la soft law relèvent des normes vivantes, tandis que les traités ne figurent pas dans cette répartition.

6. Quelle caractéristique de la Constitution du 4 octobre 1958 combine son rôle institutionnel et son contenu relatif aux droits ?

Elle organise les juridictions et comprend des règles de procédure, notamment dans le Code civil et le Code pénal
Elle organise le Parlement et comprend des règles électorales, notamment dans les traités et les règlements
Elle organise les pouvoirs politiques et comprend des droits fondamentaux, notamment dans son Préambule et la Charte de l’environnement
Elle organise les collectivités territoriales et comprend des règles administratives, notamment dans les décrets et arrêtés

Elle organise les pouvoirs politiques et comprend des droits fondamentaux, notamment dans son Préambule et la Charte de l’environnement

Explication

La Constitution organise les pouvoirs politiques et comprend des droits fondamentaux, notamment dans son Préambule et la Charte de l’environnement. Le Code civil, les décrets et les traités ne remplacent pas ces éléments constitutionnels.

7. Un projet vise à légiférer dans un domaine expressément énuméré à l’article 34 de la Constitution. Quel fondement détermine que ce domaine relève de la loi ?

L’article 34 délimite le domaine réglementaire
L’article 34 délimite le domaine de la loi
L’article 37 délimite le domaine de la loi
L’article 37 fixe les étapes de promulgation

L’article 34 délimite le domaine de la loi

Explication

L’article 34 énumère les domaines dans lesquels la loi intervient. L’article 37 vise les domaines qui ne relèvent pas de l’article 34, et ne définit ni le domaine de la loi ni les étapes de promulgation.

8. Après l’adoption d’un texte, une saisine éventuelle a eu lieu et le président de la République le promulgue. Quelle étape vient ensuite dans son élaboration ?

L’adoption du texte
L’entrée en vigueur
La navette parlementaire
L’initiative du texte

L’entrée en vigueur

Explication

Après la promulgation vient l’entrée en vigueur, qui peut être immédiate ou différée. L’initiative, la navette et l’adoption sont des étapes antérieures dans le parcours décrit.

9. Quels éléments sont classés parmi les normes vivantes ?

La doctrine, les traités, la loi et les décrets
La jurisprudence, la Constitution, la loi et le règlement
La Constitution, la loi, le règlement et les traités
La jurisprudence, la doctrine, la coutume et la soft law

La jurisprudence, la doctrine, la coutume et la soft law

Explication

Les normes vivantes comprennent la jurisprudence, la doctrine, la coutume et la soft law. La Constitution, la loi et le règlement sont des sources étatiques, tandis que les traités ne figurent pas dans cette liste.

10. Un litige aboutit à un arrêt de principe, puis les juridictions reprennent à plusieurs reprises le principe retenu. Quel phénomène se forme ?

Une doctrine fondée sur l’analyse des décisions
Une coutume résultant d’un usage social obligatoire
Une jurisprudence fondée sur la répétition du principe
Un arrêt de règlement applicable à tous les litiges

Une jurisprudence fondée sur la répétition du principe

Explication

Une jurisprudence peut se former à la suite d’un litige menant à un arrêt de principe, puis par la répétition du principe retenu. Une décision isolée ne correspond pas à cette répétition, et la coutume repose sur un usage constant et répété perçu comme obligatoire.

11. Une décision tranche un litige entre deux parties, mais son raisonnement est repris par d’autres juridictions. Quelle analyse rend compte de cette situation ?

Le jugement produit ses effets entre les parties, tandis que la jurisprudence peut influencer les règles au-delà du litige
Le jugement produit ses effets pour tous, car la jurisprudence est une règle générale obligatoire
Le jugement produit ses effets entre les parties, mais l’article 5 autorise les juges à édicter des règles générales
Le jugement ne produit aucun effet entre les parties, car l’article 5 prohibe la jurisprudence

Le jugement produit ses effets entre les parties, tandis que la jurisprudence peut influencer les règles au-delà du litige

Explication

L’autorité relative de la chose jugée limite les effets du jugement aux parties, tandis que la jurisprudence peut influencer les règles au-delà du litige. Dire que le jugement lie tout le monde confond influence pratique et portée juridique, et l’article 5 prohibe les arrêts de règlement.

12. Dans un secteur professionnel, une pratique est constante et répétée, et les acteurs estiment qu’elle est obligatoire. Comment la qualifier ?

Une jurisprudence
Une coutume
Une soft law
Une doctrine

Une coutume

Explication

La coutume est un usage constant et répété dont les acteurs pensent qu’il est obligatoire. Une recommandation de soft law n’est pas définie par cette conviction d’obligation, et la jurisprudence découle de décisions judiciaires.

13. Quel contrôle faut-il mobiliser pour vérifier qu’une loi est compatible avec un traité plutôt que conforme à la Constitution ?

Le contrôle de constitutionnalité
Le contrôle de légalité
Le contrôle de promulgation
Le contrôle de conventionnalité

Le contrôle de conventionnalité

Explication

Le contrôle de conventionnalité vérifie la compatibilité de la loi avec les traités. Le contrôle de constitutionnalité porte sur sa conformité à la Constitution, tandis que le contrôle de légalité et celui de promulgation ne désignent pas ces deux vérifications.

14. Comment appelle-t-on l’ensemble des normes constitutionnelles auxquelles une loi doit être conforme ?

Le bloc de conventionnalité
Le bloc de constitutionnalité
La procédure législative
La Constitution formelle

Le bloc de constitutionnalité

Explication

Le bloc de constitutionnalité réunit les normes constitutionnelles servant de référence pour apprécier la conformité de la loi. Le bloc de conventionnalité renvoie aux traités, tandis que la Constitution formelle et la procédure législative ne désignent pas cet ensemble.

15. Quels textes composent le bloc de constitutionnalité ?

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004
La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et les traités européens
La Constitution de 1958, la Déclaration de 1948, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004
La Constitution de 1958 et les lois organiques qui en précisent l’application

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004

Explication

Le bloc comprend la Constitution du 4 octobre 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004. Les traités relèvent du contrôle de conventionnalité, et la Déclaration de 1948 ne remplace pas celle de 1789.

16. Une loi vient d’être votée mais n’a pas encore été promulguée. Quel contrôle prévu par l’article 61 peut alors être engagé ?

Le contrôle de conventionnalité a posteriori
La question prioritaire de constitutionnalité
Le contrôle a priori de constitutionnalité
Le contrôle juridictionnel d’un acte administratif

Le contrôle a priori de constitutionnalité

Explication

L’article 61 permet la saisine du Conseil constitutionnel après le vote de la loi et avant sa promulgation : c’est le contrôle a priori. La QPC intervient à l’occasion d’un procès, tandis que le contrôle de conventionnalité vise la compatibilité avec les traités.

17. Le Conseil constitutionnel déclare contraire à la Constitution une loi examinée avant sa promulgation. Que peut faire le président de la République ?

Il ne peut pas promulguer la loi
Il peut promulguer la loi en attendant un contrôle des traités
Il peut promulguer la loi après un nouvel examen parlementaire
Il peut transmettre la loi à la Cour de cassation pour filtrage

Il ne peut pas promulguer la loi

Explication

Lorsqu’une loi est déclarée contraire à la Constitution dans le cadre du contrôle a priori, le président de la République ne peut pas la promulguer. Un nouvel examen parlementaire ne neutralise pas la censure, et le filtrage par la Cour de cassation concerne la QPC.

18. Au cours d’un procès, une justiciable estime qu’une disposition législative porte atteinte à une liberté garantie par la Constitution. Quelle démarche correspond à sa contestation ?

Soulever une question prioritaire de constitutionnalité
Contester un acte administratif devant le Conseil constitutionnel
Engager un contrôle a priori avant la promulgation de la loi
Demander un contrôle de conventionnalité au titre de la Constitution

Soulever une question prioritaire de constitutionnalité

Explication

La QPC permet à un justiciable, au cours d’un procès, de contester une disposition législative qui porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le contrôle des traités relève de la conventionnalité, et le contrôle a priori intervient avant la promulgation.

19. Un juge estime qu’une QPC soulevée dans un litige mérite d’être examinée plus avant. Quelle étape précède son éventuel renvoi au Conseil constitutionnel ?

La transmission à la Cour de cassation ou au Conseil d’État pour filtrage
La transmission directe au Conseil constitutionnel sans filtrage
La transmission au président de la République pour autorisation
La transmission au Parlement pour un nouvel examen de la loi

La transmission à la Cour de cassation ou au Conseil d’État pour filtrage

Explication

La QPC est transmise par le juge du litige à la Cour de cassation ou au Conseil d’État, qui effectue un filtrage avant un éventuel renvoi au Conseil constitutionnel. Un envoi direct omet cette étape, et ni le président de la République ni le Parlement n’assurent ce filtrage.

20. Un accord a été régulièrement approuvé et publié, et l’autre partie l’applique. Quelle autorité lui reconnaît l’article 55 de la Constitution face à une loi incompatible ?

Une autorité supérieure à celle de la loi
Une autorité inférieure à celle de la loi
Une autorité supérieure à celle de la Constitution
Une autorité égale à celle de la loi

Une autorité supérieure à celle de la loi

Explication

L’article 55 place au-dessus des lois les traités régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés, sous réserve de réciprocité. L’égalité avec la loi nie cette primauté, l’infériorité inverse la hiérarchie et la supériorité sur la Constitution attribue au traité un rang qu’il n’a pas.

21. Un traité a été régulièrement ratifié, mais n’a pas été publié au Journal officiel. Peut-il bénéficier de la supériorité prévue par l’article 55 dans un litige devant un juge français ?

Oui, car sa ratification régulière suffit
Non, car sa publication au Journal officiel manque
Oui, car sa signature rend la publication superflue
Oui, dès lors que l’autre partie applique le traité

Non, car sa publication au Journal officiel manque

Explication

La supériorité du traité suppose une ratification ou une approbation régulière ainsi que sa publication au Journal officiel. La ratification seule et l’application par l’autre partie ne remplacent pas la publication, pas plus que la signature.

22. Dans un litige, une partie conteste que l’autre État applique un traité invoqué contre une loi. Qui tranche la question de réciprocité et sur quelle base ?

Le ministre des affaires étrangères, par une décision qui lie le juge
Le juge, au vu des éléments du débat
Le juge, sans examiner les éléments du débat
L’autre partie au traité, par une déclaration qui règle le litige

Le juge, au vu des éléments du débat

Explication

La réciprocité porte sur l’application du traité par l’autre partie, et le juge l’apprécie au vu des éléments du débat. Confier la décision au ministre reprend l’ancienne confusion; laisser l’autre partie régler le litige ou écarter l’examen des éléments ne correspond pas à cette règle.

23. Quel arrêt du Conseil d’État, rendu le 20 octobre 1989, a admis le contrôle de compatibilité d’une loi même postérieure avec un traité ?

L’arrêt Mme Cheriet-Benseghir
L’arrêt Jacques Vabre
L’arrêt Nicolo
La décision IVG

L’arrêt Nicolo

Explication

Dans l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989, le Conseil d’État a accepté de contrôler la compatibilité d’une loi, y compris postérieure, avec un traité. La décision IVG date de 1975 et refuse le contrôle de conventionnalité par le Conseil constitutionnel; Jacques Vabre est un arrêt de la Cour de cassation rendu en 1975, tandis que Mme Cheriet-Benseghir concerne la réciprocité.

24. Quels éléments composent le droit de l’Union européenne ?

La Convention européenne des droits de l’homme et les décisions de Strasbourg
Les règlements et les directives, à l’exclusion des traités
Les traités et les actes adoptés par les institutions de l’Union
Les lois nationales de transposition et les décisions des juridictions internes

Les traités et les actes adoptés par les institutions de l’Union

Explication

Le droit de l’Union comprend les traités ainsi que les actes institutionnels, notamment les règlements, les directives et les décisions. Le réduire aux actes institutionnels omet les traités; la Convention européenne relève d’un autre cadre et les lois nationales ne constituent pas ces sources du droit de l’Union.

25. Un État doit atteindre un résultat fixé par une norme de l’Union, tout en choisissant les moyens nationaux pour y parvenir. De quel type d’acte s’agit-il ?

D’une décision obligatoire pour ses destinataires
D’une directive à transposer en droit national
D’un règlement directement applicable dans les États membres
D’un traité nécessitant une ratification nationale

D’une directive à transposer en droit national

Explication

La directive oblige l’État quant au résultat à atteindre, lui laisse le choix des moyens et doit être transposée par une loi ou un règlement national. Le règlement est directement applicable, tandis que la décision est obligatoire pour ses destinataires; un traité n’est pas l’acte décrit.

26. Une juridiction nationale statuant en dernier ressort hésite sur l’interprétation d’une norme de l’Union. Que prévoit l’article 267 TFUE ?

Elle doit demander au Conseil de l’Union de fixer le sens de la norme
Elle doit interroger la Cour de justice sur l’interprétation de la norme
Elle peut s’abstenir de saisir la Cour, même en dernier ressort
Elle doit transmettre le litige à la Cour de justice pour qu’elle le tranche

Elle doit interroger la Cour de justice sur l’interprétation de la norme

Explication

En dernier ressort, le juge national doit saisir la Cour de justice lorsqu’une question d’interprétation ou de validité d’une norme de l’Union se pose. La Cour donne le sens de la norme, mais le juge national tranche le litige; le renvoi n’est pas facultatif dans cette situation, et le Conseil de l’Union n’est pas l’instance désignée.

27. Après avoir épuisé les voies de recours internes en France, une personne estime qu’un droit garanti par la Convention européenne a été méconnu par l’État. Quelle démarche individuelle est ouverte depuis 1981 ?

Saisir le Conseil de l’Europe en tant qu’organe juridictionnel
Saisir la Cour de justice de l’Union européenne
Saisir le Conseil constitutionnel d’un recours individuel contre l’État
Saisir la Cour européenne des droits de l’homme

Saisir la Cour européenne des droits de l’homme

Explication

Depuis 1981, un justiciable français peut saisir individuellement la Cour européenne des droits de l’homme après avoir épuisé les voies de recours internes. La Cour de justice appartient à l’ordre de l’Union, le Conseil de l’Europe n’est pas lui-même la juridiction, et le recours décrit n’est pas une saisine individuelle du Conseil constitutionnel.

28. Une mesure limite la vie privée d’une personne pour protéger un intérêt collectif. Quelles conditions doivent être réunies pour que cette ingérence soit admissible au regard de la Convention ?

Être prévue par la loi, poursuivre un but légitime et être proportionnée à ce but
Poursuivre un but légitime et être nécessaire, même sans fondement légal
Être prévue par la loi et proportionnée, même si le but poursuivi est illégitime
Être prévue par la loi et adaptée au but, sans examen de sa proportionnalité

Être prévue par la loi, poursuivre un but légitime et être proportionnée à ce but

Explication

Une ingérence conventionnelle doit avoir une base légale, poursuivre un but légitime et être proportionnée à celui-ci. L’absence de fondement légal omet une condition, la nécessité ne remplace pas le but légitime, et l’adaptation ne suffit pas à elle seule.

29. Pour atteindre un objectif légitime, une autorité choisit une mesure efficace alors qu’une solution moins attentatoire permettrait d’obtenir le même résultat. Quelle étape du contrôle de proportionnalité cette mesure ne satisfait-elle pas ?

La proportionnalité au sens strict, car le but n’est pas légitime
La légalité, car toute solution moins attentatoire invalide la loi
La nécessité, car un moyen moins attentatoire est disponible
L’adaptation, car la mesure ne peut pas contribuer au but

La nécessité, car un moyen moins attentatoire est disponible

Explication

La nécessité fait défaut lorsqu’un moyen moins attentatoire permet d’atteindre le but. L’adaptation porte sur l’efficacité de la mesure, la proportionnalité au sens strict met en balance l’avantage et l’atteinte, et la légalité concerne le fondement légal de l’ingérence.

30. Une règle paraît proportionnée en général, mais son application à une personne dans des circonstances particulières pourrait porter une atteinte excessive à son droit. Quel contrôle permet d’examiner cette situation ?

Le contrôle de conventionnalité abstrait, limité à la compatibilité de deux textes
Le contrôle in concreto, centré sur l’application de la règle dans cette affaire
Le contrôle législatif général, centré sur la validité formelle de la règle
Le contrôle in abstracto, centré sur la règle indépendamment des circonstances

Le contrôle in concreto, centré sur l’application de la règle dans cette affaire

Explication

Le contrôle in concreto apprécie les effets de l’application de la règle dans une affaire déterminée. L’examen de la règle en général relève de l’in abstracto, tandis que la seule comparaison de textes ne prend pas en compte les circonstances individuelles.

31. Dans un litige, un juge doit suivre la méthode du contrôle de proportionnalité avant de décider si une règle s’applique au cas. Quelle démarche doit-il adopter ?

Identifier le droit et le but, puis conclure sans examiner adaptation, nécessité et balance
Identifier le droit, vérifier la loi et le but légitime, appliquer les trois tests, puis conclure au cas
Vérifier la loi, conclure à l’application, puis identifier le droit et apprécier le but
Identifier le droit, appliquer les trois tests, puis vérifier la loi et le but légitime

Identifier le droit, vérifier la loi et le but légitime, appliquer les trois tests, puis conclure au cas

Explication

La méthode commence par l’identification du droit conventionnel, puis vérifie la base légale et le but légitime, avant les tests d’adaptation, de nécessité et de proportionnalité au sens strict, et la conclusion dans le litige. Commencer les tests avant les vérifications omet une étape préalable ; conclure sans les trois tests ne suit pas la méthode.

32. Un mariage entre alliés a duré plus de vingt ans et aucune opposition n’a été formée lors de sa célébration. Quelle solution la Cour de cassation a-t-elle retenue en 2013 concernant son annulation ?

Écarter l’annulation, qui constituait une ingérence injustifiée dans la vie familiale
Approuver l’annulation, car une longue union renforçait l’atteinte à la famille
Écarter l’annulation, car le mariage n’était pas prévu par la loi
Approuver l’annulation, car l’interdiction légale imposait cette issue

Écarter l’annulation, qui constituait une ingérence injustifiée dans la vie familiale

Explication

En 2013, la durée de plus de vingt ans et l’absence d’opposition ont conduit la Cour de cassation à considérer l’annulation comme une ingérence injustifiée dans la vie privée et familiale de l’épouse. Approuver l’annulation transpose la solution de 2016 ; l’interdiction légale n’empêchait pas l’examen concret de ses effets.

33. Dans une affaire jugée en 2016, une épouse avait vécu neuf ans, alors qu’elle était mineure, avec son époux, qui représentait une référence paternelle. Leur mariage avait duré huit ans et n’avait pas donné d’enfant. Quelle solution la Cour de cassation a-t-elle retenue ?

Approuver l’annulation du mariage, l’atteinte n’étant pas disproportionnée
Approuver l’annulation, parce que la durée de plus de vingt ans l’imposait
Écarter l’annulation, car la durée du mariage rendait l’ingérence injustifiée
Écarter l’annulation, car la référence paternelle rendait la règle inapplicable

Approuver l’annulation du mariage, l’atteinte n’étant pas disproportionnée

Explication

En 2016, la Cour de cassation a approuvé l’annulation en tenant compte notamment de la relation vécue par l’épouse mineure, de la durée de huit ans et de l’absence d’enfant. Écarter l’annulation transpose la solution de 2013, tandis que la durée de plus de vingt ans ne correspond pas à cette affaire.

34. Après avoir mis en balance les droits en jeu, un juge conclut que les circonstances d’une affaire ne justifient pas d’écarter la règle applicable. Que montre cette conclusion sur le contrôle de proportionnalité ?

Le contrôle peut conduire à appliquer la règle lorsque les faits le justifient
Le contrôle confirme la règle sans examiner les circonstances de l’affaire
Le contrôle transforme la mise en balance en dispense individuelle de la règle
Le contrôle impose d’écarter la règle dès qu’un droit conventionnel est invoqué

Le contrôle peut conduire à appliquer la règle lorsque les faits le justifient

Explication

Le contrôle de proportionnalité n’accorde pas un passe-droit : l’examen des faits peut justifier aussi bien l’application de la règle que son éviction. Écarter automatiquement la règle confond mise en balance et dérogation, tandis que confirmer la règle sans examiner les faits néglige le contrôle concret.

35. Dans un débat sur le contrôle in concreto, quelle paire d’arguments soutient cette méthode plutôt que de la critiquer ?

La sécurité juridique et l’égalité
L’humanité du jugement et l’égalité
L’effectivité des droits et la sécurité juridique
L’effectivité des droits et l’humanité du jugement

L’effectivité des droits et l’humanité du jugement

Explication

L’effectivité des droits et l’humanité du jugement justifient l’examen de la situation concrète ; la sécurité juridique et l’égalité sont les arguments qui le contestent.

36. Dans un litige, un juge ordinaire constate qu’une loi est incompatible avec un traité. Quelle conséquence correspond au contrôle diffus de conventionnalité ?

Écarter la loi pour trancher ce litige
Annuler la loi en raison de sa contrariété à la Constitution
Saisir le Conseil constitutionnel pour qu’il l’abroge
Abroger la loi pour tous les litiges futurs

Écarter la loi pour trancher ce litige

Explication

Le contrôle diffus permet à tout juge d’écarter une loi contraire à un traité dans le litige dont il est saisi, sans l’abroger. L’abrogation relève du pouvoir du Conseil constitutionnel lorsqu’une loi est contraire à la Constitution.

37. Un tribunal constate qu’une pratique commerciale constante est reconnue par les acteurs comme obligatoire, mais qu’aucune loi ne la codifie. Quel rôle la coutume peut-elle jouer dans cette situation ?

Remplacer nécessairement la loi par une règle contraire
Compléter la loi ou régir les pratiques commerciales
Rester sans effet juridique tant qu’elle n’est pas codifiée
S’appliquer uniquement après une reconnaissance législative

Compléter la loi ou régir les pratiques commerciales

Explication

La coutume peut compléter la loi et régir des pratiques commerciales, et le législateur peut aussi reconnaître son existence. La « règle contraire » réduit la coutume à un seul de ses usages, tandis que la « codification » et la « reconnaissance législative » ne sont pas des conditions générales de son rôle.

38. Une loi est contestée au motif qu’elle porte atteinte à une liberté protégée par un texte appartenant au bloc de constitutionnalité. Quel fondement permet au Conseil constitutionnel d’examiner cette contestation ?

La décision relative au droit de grève du Préambule de 1946
La décision du 16 juillet 1971 sur la liberté d’association
Le contrôle de conformité aux lois ordinaires
Le contrôle limité au texte de la Constitution de 1958

La décision du 16 juillet 1971 sur la liberté d’association

Explication

La décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971 relative à la liberté d’association affirme que le contrôle de constitutionnalité peut porter sur le bloc de constitutionnalité. Le « texte de 1958 » réduit à tort le périmètre du contrôle, les « lois ordinaires » relèvent d’un autre type de conformité, et le « droit de grève » est un droit reconnu par le Préambule de 1946, non la décision fondatrice visée ici.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 84 flashcards sur Sources et hiérarchie des règles de droit.

Que désignent les sources réelles du droit ?

Les justifications politiques dont la règle de droit constitue la mise en œuvre technique.

Sur quoi le jusnaturalisme fonde-t-il la légitimité du droit ?

Sur une justice supérieure et antérieure au droit.

Que reflète le droit sur le plan social ?

Les mœurs d’une société.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Sources et hiérarchie des règles de droit.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM