QCM : Droit des personnes — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne la personnalité juridique ?

L’appartenance biologique à l’espèce humaine
La capacité à exercer une activité professionnelle réglementée
La faculté de conclure tout contrat sans restriction
L’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations

L’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations

Explication

La personnalité juridique correspond à l’aptitude à avoir des droits et des obligations. Elle ne se confond pas avec le fait biologique d’être une personne humaine, qui décrit un être et non une aptitude juridique.

2. Quelle distinction oppose le droit des personnes au droit des biens ?

Le premier concerne les contrats, tandis que le second concerne les infractions
Le premier concerne les patrimoines, tandis que le second concerne l’état civil
Le premier concerne ce que l’on est, tandis que le second concerne ce que l’on a
Le premier concerne les choses, tandis que le second concerne les êtres humains

Le premier concerne ce que l’on est, tandis que le second concerne ce que l’on a

Explication

Le droit des personnes porte sur l’identité et la situation juridique des personnes, c’est-à-dire sur ce que l’on est. Le droit des biens concerne les rapports portant sur ce que l’on a, notamment les biens et les droits patrimoniaux.

3. Comment le droit distingue-t-il les personnes physiques des personnes morales ?

Les personnes physiques sont des êtres humains, tandis que les personnes morales sont des entités dotées d’une personnalité juridique
Les personnes physiques sont créées par un contrat, tandis que les personnes morales existent par leur naissance
Les personnes physiques possèdent des biens, tandis que les personnes morales exercent des droits politiques
Les personnes physiques sont des associations, tandis que les personnes morales sont des individus réunis en famille

Les personnes physiques sont des êtres humains, tandis que les personnes morales sont des entités dotées d’une personnalité juridique

Explication

Une personne physique est un être humain, alors qu’une personne morale est une entité à laquelle le droit attribue une personnalité juridique. Une association ou une société peut ainsi être une personne morale sans être un être humain.

4. Que montre la situation des esclaves dans le droit romain concernant la notion de personne ?

La qualité de personne était réservée aux membres des institutions religieuses
La qualité de personne dépendait principalement de la possession de biens
La qualité de personne pouvait être dissociée de la qualité d’être humain
La qualité d’être humain entraînait automatiquement tous les droits civils

La qualité de personne pouvait être dissociée de la qualité d’être humain

Explication

Dès le droit romain, les esclaves étaient des êtres humains mais n’étaient pas reconnus comme des personnes au sens juridique. Cette situation montre que les deux notions pouvaient être séparées.

5. Quelle fonction la dignité humaine remplit-elle dans les textes internationaux apparus après la Seconde Guerre mondiale ?

Elle établit les règles applicables aux échanges commerciaux internationaux
Elle rejette la négation de certains êtres humains en affirmant leur valeur fondamentale
Elle organise la répartition des biens entre les États après les conflits
Elle définit les conditions d’acquisition de la nationalité dans chaque pays

Elle rejette la négation de certains êtres humains en affirmant leur valeur fondamentale

Explication

La dignité humaine est une méta-valeur introduite dans les textes internationaux de l’après-guerre pour s’opposer à la négation de certains êtres humains. Elle possède donc une fonction protectrice et fondamentale, plutôt qu’une fonction patrimoniale ou commerciale.

6. Quel est le statut juridique de l’embryon en droit français ?

Il est une personne juridique dès la conception et dispose de tous les droits civils
Il possède une personnalité juridique limitée aux actes médicaux qui le concernent
Il n’est pas un sujet de droit et ne possède pas la personnalité juridique
Il devient un sujet de droit dès qu’une grossesse est médicalement constatée

Il n’est pas un sujet de droit et ne possède pas la personnalité juridique

Explication

L’embryon n’est pas considéré comme un sujet de droit et ne possède pas la personnalité juridique. Cette situation le distingue de l’enfant né vivant et viable, qui acquiert cette qualité.

7. Quelle conséquence l’absence de personnalité juridique de l’embryon produit-elle en matière pénale et médicale ?

Elle soumet la recherche biomédicale sur l’embryon aux mêmes règles que celle sur une personne physique
Elle exclut la qualification d’homicide et permet juridiquement l’IVG ainsi que l’IMG
Elle transforme toute atteinte à l’embryon en homicide involontaire soumis au droit pénal
Elle interdit l’IVG mais autorise l’IMG lorsqu’une erreur médicale est établie

Elle exclut la qualification d’homicide et permet juridiquement l’IVG ainsi que l’IMG

Explication

L’homicide protège une personne juridique, qualité que l’embryon ne possède pas, de sorte que sa perte ne reçoit pas cette qualification. Cette distinction permet juridiquement l’IVG et l’IMG, même si d’autres règles peuvent encadrer ces pratiques.

8. Quelle décision la CEDH a-t-elle rendue en 2004 dans l’affaire Vo contre France après la perte d’un fœtus due à une erreur médicale ?

Elle a reconnu automatiquement un homicide au titre de l’article 2 de la Convention
Elle a déclaré que toute erreur médicale devait entraîner une réparation pénale
Elle a imposé à la France d’attribuer la personnalité juridique au fœtus
Elle a rejeté la demande fondée sur l’article 2 de la Convention

Elle a rejeté la demande fondée sur l’article 2 de la Convention

Explication

Dans l’affaire Vo contre France, en 2004, la CEDH a rejeté la demande fondée sur l’article 2 de la Convention après la perte du fœtus. Cette décision n’a donc pas consacré l’assimilation juridique du fœtus à une personne protégée comme telle par cet article.

9. Quel statut juridique correspond au cadavre en droit français ?

Une personne juridique conservant tous ses droits
Un sujet de droit représentant la succession
Un bien ordinaire soumis aux échanges commerciaux
Une chose sacrée bénéficiant d’une protection particulière

Une chose sacrée bénéficiant d’une protection particulière

Explication

Le cadavre n’est pas titulaire de la personnalité juridique, mais il est assimilé à une chose sacrée qui exige une protection particulière. Le qualifier de personne juridique confond la protection du corps avec la persistance de la personnalité après la mort.

10. Que prévoit l’article 16-1-1 du Code civil concernant le corps humain après la mort ?

Les restes humains relèvent du régime des biens ordinaires
La protection du corps cesse dès le décès constaté
Les cendres peuvent être traitées sans exigence particulière
Le respect dû au corps humain se poursuit après la mort

Le respect dû au corps humain se poursuit après la mort

Explication

L’article 16-1-1 maintient après la mort l’exigence de respect du corps humain et impose que les restes, y compris les cendres, soient traités avec dignité et décence. La mort ne transforme donc pas les restes humains en objets dépourvus de protection.

11. Dans quel cas un prélèvement d’organes sur une personne décédée est-il en principe possible en France ?

Lorsque sa famille a donné une autorisation écrite préalable
Lorsqu’elle a désigné un bénéficiaire dans un testament
Lorsque le médecin a obtenu l’accord d’un juge civil
Lorsqu’elle n’a pas inscrit son refus sur la liste prévue

Lorsqu’elle n’a pas inscrit son refus sur la liste prévue

Explication

Depuis 1976, le prélèvement repose sur une présomption d’autorisation, écartée lorsque la personne s’est inscrite sur une liste de refus. L’inscription sur cette liste exprime donc une opposition, et non une autorisation familiale ou judiciaire.

12. Quelle est la fonction principale du droit des personnes ?

Organiser la circulation des biens entre les propriétaires
Situer et individualiser la personne afin de la protéger
Régler les échanges commerciaux entre les entreprises
Déterminer les sanctions applicables aux infractions pénales

Situer et individualiser la personne afin de la protéger

Explication

Le droit des personnes est une branche du droit civil qui individualise la personne dans la société, lui reconnaît une existence propre et assure sa protection. Le droit des biens concerne plutôt les objets de droit et les relations juridiques portant sur eux.

13. Comment l’article 515-14 du Code civil qualifie-t-il l’animal ?

Comme un objet dépourvu de toute protection juridique
Comme un être sensible soumis au régime des biens corporels
Comme un sujet de droit placé hors du droit des biens
Comme une personne juridique dotée de droits civils complets

Comme un être sensible soumis au régime des biens corporels

Explication

L’article 515-14 reconnaît à l’animal la qualité d’être vivant doué de sensibilité tout en le soumettant au régime des biens corporels. Cette reconnaissance de la sensibilité ne lui confère pas la personnalité juridique.

14. À quelle condition un enfant acquiert-il la personnalité juridique en droit français ?

S’il naît avec un nom choisi par ses parents
S’il naît vivant et viable
Dès qu’une grossesse atteint son terme médical
Dès qu’un acte de naissance est demandé

S’il naît vivant et viable

Explication

La personnalité juridique s’acquiert à la naissance lorsque l’enfant est vivant et viable. La naissance ou l’accomplissement d’une formalité administrative ne suffit pas à établir cette acquisition si ces deux conditions ne sont pas réunies.

15. Que signifie la viabilité d’un enfant en droit de la naissance ?

La possibilité médicale de survivre à court terme
La naissance après une durée minimale de grossesse
L’absence de toute difficulté médicale à la naissance
La capacité future à exercer des droits civils

La possibilité médicale de survivre à court terme

Explication

La viabilité correspond à l’absence d’anomalie rendant la mort inévitable à court terme, appréciée par le corps médical. Elle suppose donc une possibilité de survie et ne se confond pas avec la simple naissance.

16. Dans quel délai la naissance doit-elle être déclarée à l’officier d’état civil ?

Dans les quinze jours suivant la naissance
Dans les huit jours suivant toute naissance
Dans les cinq jours suivant la naissance
Dans les trois jours suivant la sortie de maternité

Dans les cinq jours suivant la naissance

Explication

L’article 55 du Code civil fixe le délai ordinaire de déclaration à cinq jours auprès de l’officier d’état civil du lieu de naissance. Ce délai peut être exceptionnellement porté à huit jours en cas d’éloignement particulier, mais cette extension ne constitue pas le délai général.

17. Que signifie l’adage infans conceptus en droit civil ?

L’enfant simplement conçu reçoit la personnalité juridique dès sa conception
L’enfant simplement conçu est considéré comme né lorsque cela sert son intérêt
L’enfant simplement conçu est traité comme né pour protéger l’intérêt de sa famille
L’enfant simplement conçu est assimilé à une personne née dans toutes les situations

L’enfant simplement conçu est considéré comme né lorsque cela sert son intérêt

Explication

L’adage permet de considérer l’enfant conçu comme né lorsque cette fiction juridique lui est favorable. Il ne lui attribue pas pour autant la personnalité juridique dans toutes les situations dès la conception.

18. Dans quel ensemble de situations l’adage infans conceptus peut-il notamment s’appliquer ?

Les infractions, les sanctions administratives et les obligations fiscales
Les successions, les donations et certains contrats d’assurance
Les contrats de travail, les baux d’habitation et les procédures pénales
Les mariages, les divorces et les mesures de protection des majeurs

Les successions, les donations et certains contrats d’assurance

Explication

L’adage protège l’intérêt patrimonial de l’enfant conçu dans les successions, les donations et certains contrats d’assurance. Les autres ensembles proposés ne correspondent pas aux applications citées pour cette règle.

19. Quelles conditions doivent être réunies pour appliquer l’adage infans conceptus à un enfant ?

Il doit être né au moment déterminant, présenter un intérêt familial et être déclaré à l’état civil
Il doit être reconnu avant sa naissance, disposer d’un patrimoine et survivre pendant une durée minimale
Il doit être conçu après l’événement, bénéficier à ses parents et naître avec une capacité juridique complète
Il doit avoir été conçu au moment déterminant, y trouver un intérêt et naître vivant et viable

Il doit avoir été conçu au moment déterminant, y trouver un intérêt et naître vivant et viable

Explication

L’application exige la conception au moment déterminant, un intérêt pour l’enfant et une naissance ultérieure vivante et viable. La naissance seule ou la reconnaissance prénatale ne suffit donc pas à remplir ces conditions.

20. Quelle solution l’arrêt Perruche du 17 novembre 2000 a-t-il consacrée ?

La réparation du préjudice de la mère sans reconnaissance d’un dommage propre à l’enfant
L’indemnisation de l’enfant handicapé lorsque l’erreur médicale avait empêché l’interruption de grossesse
L’exclusion de toute indemnisation lorsque le handicap existait avant la naissance
L’interdiction d’engager la responsabilité médicale en matière de diagnostic prénatal

L’indemnisation de l’enfant handicapé lorsque l’erreur médicale avait empêché l’interruption de grossesse

Explication

L’arrêt Perruche a admis que l’enfant né handicapé puisse être indemnisé lorsque l’erreur médicale avait empêché sa mère d’exercer son choix d’interrompre la grossesse. Il ne s’est donc pas limité à réparer le préjudice maternel ni supprimé la responsabilité médicale.

21. Que prévoit la loi du 4 mars 2002 concernant le préjudice lié à la naissance ?

Toute naissance avec handicap ouvre droit à une indemnisation forfaitaire
Nul ne peut invoquer un préjudice résultant du seul fait de sa naissance
La naissance empêche toute réparation lorsque la faute médicale est établie
Le préjudice de naissance est reconnu dès qu’une erreur a été commise pendant la grossesse

Nul ne peut invoquer un préjudice résultant du seul fait de sa naissance

Explication

La loi de 2002 exclut qu’une personne se prévale d’un préjudice fondé sur le seul fait de sa naissance. Cette règle ne supprime toutefois pas les indemnisations liées à une faute médicale ayant causé ou aggravé un handicap.

22. Dans quelle situation une personne née avec un handicap peut-elle être indemnisée selon la loi du 4 mars 2002 ?

Lorsque toute erreur médicale pendant la grossesse est reconnue, même sans conséquence
Lorsque la faute médicale a causé ou aggravé le handicap, ou empêché de l’atténuer
Lorsque la naissance avec handicap suffit à établir un préjudice indemnisable
Lorsque les parents démontrent que la grossesse n’aurait pas été menée à terme

Lorsque la faute médicale a causé ou aggravé le handicap, ou empêché de l’atténuer

Explication

La loi permet une indemnisation lorsque la faute médicale a directement provoqué ou aggravé le handicap, ou a empêché de prendre des mesures propres à l’atténuer. La naissance avec handicap ne suffit donc pas, à elle seule, à établir le droit à réparation.

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Qu'est-ce que la personnalité juridique ?

C'est l'aptitude à être titulaire de droits et d'obligations.

Que régit le droit des personnes ?

Il régit ce que l'on est.

Que régit le droit des biens ?

Il régit ce que l'on a.

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