QCM : Droit des sociétés : fondements et structures (45 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie le principe d’égalité entre associés ?

Chaque associé doit recevoir une part identique des bénéfices, quelle que soit sa participation
Les associés placés dans une même situation juridique doivent en principe recevoir un traitement égal
Tous les associés doivent détenir le même nombre de titres et exercer les mêmes fonctions
Les associés minoritaires doivent bénéficier d’un avantage financier pour compenser leur influence réduite

Les associés placés dans une même situation juridique doivent en principe recevoir un traitement égal

Explication

Le principe impose un traitement égal des associés qui se trouvent dans une même situation juridique, notamment pour leurs droits politiques et financiers. Il ne signifie pas que les participations, fonctions ou parts de bénéfices doivent être identiques dans toutes les situations.

2. Quel traitement juridique s’applique à un contrat sociétaire sui generis dont les éléments révèlent en réalité une société ?

Il relève du droit commun des contrats, mais le juge peut le requalifier en société
Il devient automatiquement une société dès que les parties coopèrent dans une activité commune
Il reste soumis au droit commun, même lorsque ses éléments constituent une société
Il relève du droit des sociétés, sans possibilité de requalification par le juge

Il relève du droit commun des contrats, mais le juge peut le requalifier en société

Explication

Le contrat sociétaire sui generis est d’abord soumis au droit commun des contrats. Toutefois, le juge peut le requalifier en contrat de société lorsque les éléments constitutifs d’une société sont réunis, ce qui exclut une transformation automatique.

3. Quelle situation correspond à une indivision ?

Un usufruitier exploite un bien appartenant à un nu-propriétaire
Plusieurs personnes possèdent ensemble un bien qui n’est pas divisé en lots
Une société possède un bien dont les associés détiennent des actions
Des copropriétaires détiennent des lots distincts dans un immeuble organisé

Plusieurs personnes possèdent ensemble un bien qui n’est pas divisé en lots

Explication

L’indivision désigne la propriété commune d’un même bien non divisé en lots entre plusieurs personnes. La copropriété immobilière se caractérise au contraire par l’existence de lots distincts.

4. Une association organise une activité commerciale et réalise un excédent : quelle utilisation respecte son régime juridique ?

Distribuer l’excédent aux membres sous forme de dividendes
Partager l’excédent entre les dirigeants à la clôture de l’exercice
Verser l’excédent aux membres selon leur participation financière
Conserver ou réinvestir l’excédent dans son activité associative

Conserver ou réinvestir l’excédent dans son activité associative

Explication

Une association peut exercer une activité commerciale et conserver ou réinvestir ses bénéfices. La distribution de dividendes aux membres est interdite, car elle correspond à une logique de société lucrative.

5. Quelles caractéristiques peuvent être réunies par une succursale dans son fonctionnement ?

Une activité commerciale, un bilan propre et une personnalité juridique distincte de la société
Une activité commerciale, un bilan et des déclarations fiscales propres, sans personnalité juridique
Une activité civile, un bilan intégré et des déclarations fiscales communes, avec personnalité juridique
Une activité commerciale, un patrimoine autonome et des contrats conclus en son nom propre

Une activité commerciale, un bilan et des déclarations fiscales propres, sans personnalité juridique

Explication

La succursale peut disposer d’une activité commerciale, d’un bilan et de déclarations fiscales propres tout en restant dépourvue de personnalité juridique. Ces éléments d’autonomie fonctionnelle ne la transforment pas en société distincte.

6. Quel principe gouverne en principe la prise de décision dans une indivision ?

L’accord unanime des indivisaires
La décision adoptée par la majorité du capital
La décision prise par le créancier principal
Le vote du gérant désigné par les indivisaires

L’accord unanime des indivisaires

Explication

L’indivision implique en principe que les décisions soient prises à l’unanimité des indivisaires et relève des articles 815 et suivants du Code civil. Le principe majoritaire caractérise plutôt l’organisation de nombreuses sociétés.

7. En quoi la société facilite-t-elle les décisions entre plusieurs associés ?

Elle confie toutes les décisions à l’associé ayant le plus grand apport
Elle impose l’accord de chaque associé pour toute décision collective
Elle remplace l’accord permanent de tous par un principe majoritaire
Elle supprime les règles de vote prévues par les statuts

Elle remplace l’accord permanent de tous par un principe majoritaire

Explication

La société facilite la gestion collective en substituant en principe la majorité à l’unanimité permanente. L’unanimité exige l’accord de tous, ce qui peut ralentir la prise de décision.

8. Quel domaine le droit des sociétés étudie-t-il principalement ?

La formation et l’exécution des contrats internationaux
Les relations entre particuliers et administrations
La structure et le fonctionnement des sociétés
La responsabilité pénale des dirigeants publics

La structure et le fonctionnement des sociétés

Explication

Le droit des sociétés est une branche du droit privé consacrée à la structure et au fonctionnement des sociétés. Les autres réponses concernent des domaines juridiques distincts, comme le droit administratif, le droit des contrats ou le droit pénal.

9. Quel élément contribue à l’internationalisation du droit des sociétés ?

La réduction de l’usage de l’anglais dans les pratiques juridiques internationales
La disparition des normes européennes et le recul des investissements transfrontières
Le remplacement des cabinets internationaux par des autorités nationales spécialisées
L’européanisation des normes et l’augmentation du nombre d’actionnaires étrangers

L’européanisation des normes et l’augmentation du nombre d’actionnaires étrangers

Explication

L’internationalisation résulte notamment de l’européanisation des normes, de l’usage croissant de l’anglais, de l’influence des milieux anglo-saxons et de la progression des actionnaires étrangers. Les autres réponses décrivent des évolutions contraires à cette internationalisation.

10. Une succursale ne paie pas une dette contractuelle et son cocontractant souhaite agir en justice : quelle règle s’applique ?

Le cocontractant ne peut engager aucune action, car une succursale échappe aux tribunaux
Le cocontractant assigne la succursale, qui possède une personnalité juridique propre
Le cocontractant assigne la société, notamment au tribunal du ressort de la succursale
Le cocontractant assigne le dirigeant local, qui représente juridiquement la succursale

Le cocontractant assigne la société, notamment au tribunal du ressort de la succursale

Explication

La succursale ne peut pas conclure un contrat en son nom propre ni être assignée comme une personne juridique autonome. La théorie des gares principales permet toutefois d’assigner la société devant le tribunal du ressort de la succursale.

11. Quelle règle successorale protège une part de la succession au profit d’héritiers désignés par la loi, notamment les enfants ?

La quotité disponible permet de répartir librement tout le patrimoine
La division patrimoniale sépare les biens personnels des biens sociaux
La société tontinière accroît la part des associés survivants
La réserve héréditaire protège une part revenant aux héritiers protégés

La réserve héréditaire protège une part revenant aux héritiers protégés

Explication

La réserve héréditaire est la fraction de la succession que la loi garantit principalement aux enfants. La quotité disponible désigne au contraire la fraction dont la personne peut disposer librement.

12. Quelle caractéristique définit l’entreprise individuelle ?

L’entreprise possède une personnalité juridique distincte, avec une responsabilité limitée aux apports
L’entreprise réunit plusieurs associés, avec une responsabilité répartie entre leurs patrimoines
L’entrepreneur dirige une société autonome, avec une responsabilité limitée par les statuts
L’entrepreneur et l’entreprise sont confondus, avec une responsabilité indéfinie et illimitée

L’entrepreneur et l’entreprise sont confondus, avec une responsabilité indéfinie et illimitée

Explication

L’entreprise individuelle ne possède pas de personnalité juridique séparée de celle de l’entrepreneur, qui supporte une responsabilité indéfinie et illimitée. Elle se distingue ainsi d’une société dotée d’un patrimoine juridiquement distinct.

13. Quelle caractéristique définit le fonds commun de placement ?

Un patrimoine successoral détenu par plusieurs héritiers jusqu’au partage
Une indivision financière sans personnalité juridique gérée par une société de gestion
Une copropriété immobilière organisée autour de lots privatifs
Une société dotée de la personnalité juridique et dirigée par ses porteurs de parts

Une indivision financière sans personnalité juridique gérée par une société de gestion

Explication

Le fonds commun de placement est une indivision financière dépourvue de personnalité juridique, détenue par les porteurs de parts et administrée par une société de gestion. Il ne constitue donc pas une société dotée de la personnalité morale.

14. Quelle définition correspond à l’association au sens de l’article 1 de la loi de 1901 ?

Un groupement réunissant des commerçants pour partager les bénéfices réalisés
Une convention réunissant des personnes autour d’un but autre que le partage des bénéfices
Une entreprise réunissant des salariés autour d’une activité économique commune
Une société réunissant des associés autour d’un objectif de distribution des bénéfices

Une convention réunissant des personnes autour d’un but autre que le partage des bénéfices

Explication

L’association repose sur la mise en commun de connaissances ou d’activités dans un but qui exclut le partage des bénéfices. Elle peut toutefois réaliser des bénéfices, à la différence d’une structure conçue pour les distribuer à ses membres.

15. Une associée met un immeuble à la disposition de la société pendant dix ans sans en transférer la propriété : de quel apport s’agit-il ?

D’un apport en nature en jouissance.
D’un apport en numéraire correspondant à la valeur de l’immeuble.
D’un apport en nature en pleine propriété transférant l’immeuble.
D’un apport en industrie fondé sur la gestion du patrimoine.

D’un apport en nature en jouissance.

Explication

Un immeuble constitue un bien pouvant faire l’objet d’un apport en nature, et la mise à disposition sans transfert de propriété correspond à la jouissance. L’apport en pleine propriété aurait transféré le bien à la société.

16. À quel moment une société acquiert-elle la personnalité morale selon l’article 1842 du Code civil ?

Dès la signature des statuts par les associés.
À compter de son immatriculation.
À partir du début effectif de son activité commerciale.
Lors du premier apport réalisé par un associé.

À compter de son immatriculation.

Explication

L’article 1842 du Code civil rattache l’acquisition de la personnalité morale à l’immatriculation de la société. La signature des statuts, les apports ou le début d’activité ne suffisent pas à eux seuls.

17. Quel traitement s’applique au déficit d’une société soumise à l’impôt sur les sociétés ?

Il est automatiquement déduit du revenu personnel de chaque associé
Il devient une créance personnelle de chaque dirigeant sur l’administration fiscale
Il est réparti entre les associés selon leurs apports en capital
Il n’est pas imputable sur le revenu personnel des associés

Il n’est pas imputable sur le revenu personnel des associés

Explication

Lorsque la société relève de l’impôt sur les sociétés, son déficit n’est pas imputable sur le revenu personnel des associés. Cette imputation peut être possible lorsque la société n’est pas soumise à cet impôt.

18. Quel est l’effet d’un cautionnement souscrit par un associé ou un dirigeant pour un emprunt social ?

Il transforme l’emprunt de la société en apport définitif au capital social
Il garantit personnellement le remboursement de l’emprunt par le signataire
Il transfère automatiquement la dette à tous les associés sans engagement personnel
Il annule la limitation de responsabilité prévue par les statuts pour chaque associé

Il garantit personnellement le remboursement de l’emprunt par le signataire

Explication

Le cautionnement engage personnellement l’associé ou le dirigeant à garantir le remboursement de l’emprunt contracté par la société. Il ne transforme pas l’emprunt en apport et ne crée pas automatiquement une obligation identique pour tous les associés.

19. À quel moment la contribution aux pertes devient-elle exigible ?

Après toute dette sociale, indépendamment de la forme de la société
Dès la constitution, avant que la société ne commence son activité
À chaque assemblée, même lorsqu’aucun déficit n’a été constaté
Lors de la dissolution, lorsque les déficits doivent être supportés par les associés

Lors de la dissolution, lorsque les déficits doivent être supportés par les associés

Explication

La contribution aux pertes concerne toutes les sociétés et devient exigible lors de la dissolution, lorsque les déficits doivent être assumés par les associés. Elle ne se confond pas avec l’obligation aux dettes, qui dépend de certaines formes sociales.

20. Pourquoi la distinction traditionnelle entre sociétés civiles et sociétés commerciales s’atténue-t-elle ?

Parce que toutes les sociétés civiles sont devenues commerciales par leur objet
Parce que les sociétés coopératives relèvent systématiquement du droit des associations
Parce que les sociétés commerciales ont cessé d’exercer des activités économiques
Parce que des sociétés coopératives et libérales peuvent adopter une forme commerciale

Parce que des sociétés coopératives et libérales peuvent adopter une forme commerciale

Explication

La distinction s’atténue notamment parce que les sociétés coopératives et les sociétés libérales peuvent adopter une forme commerciale. Les autres réponses généralisent cette évolution ou confondent les sociétés coopératives avec les associations.

21. Quel mécanisme correspond à la définition juridique de la fiducie ?

Le transfert de biens à un fiduciaire séparé du patrimoine du constituant pour un but déterminé
La transmission de biens à des héritiers désignés avant le décès du propriétaire
La gestion d’un immeuble indivis par un mandataire choisi par les copropriétaires
La mise en commun de biens entre associés qui acquièrent des parts sociales

Le transfert de biens à un fiduciaire séparé du patrimoine du constituant pour un but déterminé

Explication

La fiducie transfère des biens, droits ou sûretés à un fiduciaire distinct du patrimoine du constituant, au profit de bénéficiaires et dans un but déterminé. La mise en commun entre associés relève du fonctionnement sociétaire et non de la fiducie.

22. Quelle situation relève de la liberté d’établissement ?

Une entreprise fournit ponctuellement un service dans un autre État membre sans y installer de structure
Une société crée une filiale stable dans un autre État membre sans discrimination de nationalité
Un ressortissant exerce une activité temporaire depuis son État d’origine sans implantation durable
Une société vend des produits à l’étranger sans ouvrir de succursale ni d’établissement

Une société crée une filiale stable dans un autre État membre sans discrimination de nationalité

Explication

La liberté d’établissement protège la création d’une structure stable, telle qu’une filiale, une succursale ou un établissement, dans un autre État membre. Les autres situations décrivent des activités transfrontières sans implantation durable, qui relèvent plutôt de la prestation de services.

23. À quel régime juridique les sociétés créées de fait sont-elles soumises selon l’article 1873 du Code civil ?

Aux règles propres aux sociétés anonymes immatriculées.
Aux dispositions applicables aux sociétés en participation.
Aux règles relatives aux associations dépourvues de personnalité morale.
Aux dispositions régissant les sociétés en nom collectif.

Aux dispositions applicables aux sociétés en participation.

Explication

L’article 1873 du Code civil prévoit que les sociétés créées de fait sont soumises aux dispositions applicables aux sociétés en participation. Elles ne relèvent donc pas automatiquement du régime des sociétés anonymes ou des sociétés en nom collectif.

24. Dans quelle situation une association peut-elle bénéficier de l’exonération liée à la règle des 4P ?

Elle propose une offre concurrente, à prix réduit, avec publicité et accès réservé aux membres
Elle vend une offre concurrente, au prix du marché, avec publicité auprès du grand public
Elle vend une offre non concurrente, au prix du marché, avec publicité destinée aux adhérents
Elle propose une offre non concurrente, à prix inférieur, sans publicité et réservée à ses membres

Elle propose une offre non concurrente, à prix inférieur, sans publicité et réservée à ses membres

Explication

La règle des 4P combine une offre non concurrente, un prix inférieur au marché, l’absence de publicité et une clientèle limitée aux membres. La présence d’une offre concurrente ou d’une publicité fait donc obstacle à cette combinaison.

25. Une flotte souhaite qu’un sinistre touchant un bateau ne mette pas en péril ses autres navires ni les biens qui leur sont liés : quel montage répond à cet objectif ?

Attribuer librement les biens par testament
Transférer toute la flotte à une société unique
Réserver une partie de la succession aux enfants
Créer une société distincte pour chaque navire

Créer une société distincte pour chaque navire

Explication

Le modèle du single ship company consiste à constituer une société par navire, ce qui isole les conséquences d’un sinistre. Une société unique regroupant toute la flotte ne produit pas cette séparation entre les bateaux.

26. Que s’est-il produit en France en 2021 concernant la création d’entreprises ?

Environ 620 000 associations ont été transformées
Environ 620 000 entreprises ont été créées
Environ 620 000 sociétés ont été dissoutes
Environ 620 000 entreprises ont cessé leur activité

Environ 620 000 entreprises ont été créées

Explication

L’année 2021 a été marquée par la création d’environ 620 000 entreprises en France. Les autres propositions inversent ou modifient le fait établi en remplaçant les créations par des dissolutions, des transformations ou des cessations.

27. Que prévoit l’article 1832 du Code civil concernant l’engagement des associés ?

Ils mettent leurs compétences au service d’un projet commun, avec une rémunération indépendante des résultats sociaux.
Ils affectent des biens ou leur industrie à une entreprise commune, en visant un bénéfice ou une économie et en contribuant aux pertes.
Ils apportent un capital à une entreprise commune, sans devoir participer aux pertes lorsque l’activité devient déficitaire.
Ils transfèrent leurs biens à une personne morale, sans rechercher de bénéfice ni d’économie pour les associés.

Ils affectent des biens ou leur industrie à une entreprise commune, en visant un bénéfice ou une économie et en contribuant aux pertes.

Explication

L’article 1832 réunit l’affectation de biens ou d’industrie à une entreprise commune, la recherche d’un bénéfice ou d’une économie et l’engagement de contribuer aux pertes. Une absence d’exposition aux pertes ne correspond donc pas à cette définition.

28. Quelle affirmation distingue correctement l’entreprise unipersonnelle de l’EIRL ?

L’entreprise unipersonnelle et l’EIRL sont deux sociétés constituées par un associé unique
L’entreprise unipersonnelle relève de l’entreprise individuelle, tandis que l’EIRL est une société à associé unique
L’entreprise unipersonnelle est une société à associé unique, tandis que l’EIRL relève de l’entreprise individuelle
L’entreprise unipersonnelle et l’EIRL sont deux formes d’entreprise individuelle sans statut sociétaire

L’entreprise unipersonnelle est une société à associé unique, tandis que l’EIRL relève de l’entreprise individuelle

Explication

L’entreprise unipersonnelle est une société composée d’un seul associé, tandis que l’EIRL appartient au régime de l’entreprise individuelle. L’EIRL ne constitue donc pas une société, malgré la séparation possible de certains éléments patrimoniaux.

29. Quel élément caractérise le contrat sociétaire sui generis ?

Il crée une société complète entre les parties avec une affectio societatis affirmée
Il organise une coopération sans volonté de créer une société ni affectio societatis
Il établit une association à but non lucratif avec distribution des excédents aux membres
Il organise une prestation de services sans aucun élément emprunté au contrat de société

Il organise une coopération sans volonté de créer une société ni affectio societatis

Explication

Le contrat sociétaire sui generis organise une coopération ou un exercice en commun en reprenant certains éléments de la société, sans volonté de créer celle-ci. Il se distingue ainsi du contrat de société, qui repose notamment sur l’affectio societatis.

30. Quel apport consiste en une somme d’argent versée à une société en contrepartie de parts sociales ou d’actions ?

L’apport en industrie.
L’apport en numéraire.
L’apport en pleine propriété.
L’apport en jouissance.

L’apport en numéraire.

Explication

L’apport en numéraire porte sur une somme d’argent remise à la société lors de sa constitution ou d’une augmentation de capital. L’apport en industrie concerne une activité ou une force de travail, et non une somme d’argent.

31. Que désigne l’écran social ?

La protection du capital social contre toute diminution liée aux pertes
La séparation entre les créanciers de la société et le patrimoine personnel des associés
La distinction entre les associés majoritaires et les associés minoritaires dans les votes
La séparation entre les bénéfices distribués et les réserves de la société

La séparation entre les créanciers de la société et le patrimoine personnel des associés

Explication

L’écran social sépare les créanciers de l’entreprise du patrimoine personnel des associés. Il concerne donc la distinction entre le patrimoine social et les patrimoines privés, plutôt que la répartition des droits de vote.

32. Quelle différence oppose principalement la société de fait à la société créée de fait ?

La société de fait concerne des commerçants solidaires, tandis que la société créée de fait concerne des associés sans activité commune.
La société de fait est volontairement créée sans immatriculation, tandis que la société créée de fait résulte d’une société régulièrement enregistrée.
La société de fait repose sur des apports fictifs, tandis que la société créée de fait repose sur des apports exclusivement financiers.
La société de fait a été dissoute et radiée avant de poursuivre son activité, tandis que la société créée de fait n’a jamais été formellement constituée.

La société de fait a été dissoute et radiée avant de poursuivre son activité, tandis que la société créée de fait n’a jamais été formellement constituée.

Explication

La société de fait correspond à une société qui a existé formellement puis a été dissoute et radiée, malgré la poursuite de son activité. La société créée de fait n’a, quant à elle, jamais été constituée de manière formelle.

33. Quelle position la Cour de justice a-t-elle adoptée dans l’arrêt Centros du 9 mars 1999 ?

Elle a admis que les autorités nationales puissent prévenir ou sanctionner une fraude à la liberté d’établissement
Elle a interdit aux autorités nationales de contrôler les structures établies dans un autre État membre
Elle a réservé la liberté d’établissement aux sociétés constituées dans leur État d’activité principal
Elle a assimilé toute création d’une filiale étrangère à une fraude au droit européen

Elle a admis que les autorités nationales puissent prévenir ou sanctionner une fraude à la liberté d’établissement

Explication

Dans l’arrêt Centros, la Cour de justice a reconnu la possibilité de prévenir ou de sanctionner une fraude à la liberté d’établissement. Cette solution ne supprimait pas les contrôles nationaux, mais elle ne permettait pas non plus de considérer toute implantation étrangère comme frauduleuse.

34. Quel régime de responsabilité s’applique aux membres d’un groupement d’intérêt économique pour les dettes du groupement ?

Ils répondent des dettes dans la limite de leurs apports au groupement
Ils répondent des dettes après une décision individuelle du juge
Ils répondent solidairement des dettes sur leur patrimoine propre
Ils répondent des dettes uniquement lorsque le groupement cesse son activité

Ils répondent solidairement des dettes sur leur patrimoine propre

Explication

Les membres d’un groupement d’intérêt économique sont tenus solidairement des dettes du groupement sur leur patrimoine personnel. Cette règle ne limite donc pas leur engagement au montant de leurs apports.

35. Une personne souhaite transmettre par donation ou testament la partie de son patrimoine qui n’est pas réservée aux héritiers protégés : de quelle notion s’agit-il ?

De la réserve héréditaire, légalement protégée
De la société tontinière, favorisant les associés survivants
De la quotité disponible, librement attribuable
De la division patrimoniale, séparant deux patrimoines

De la quotité disponible, librement attribuable

Explication

La quotité disponible est la partie du patrimoine dont une personne peut disposer librement par donation ou testament. La réserve héréditaire correspond plutôt à la part imposée au profit des héritiers protégés par la loi.

36. Comment les bénéfices sont-ils en principe répartis dans une société selon les apports ?

Selon les apports en industrie, tandis que les apports financiers sont écartés
Selon le nombre de décisions prises par chaque associé pendant l’exercice
Selon le temps consacré par chaque associé, quelle que soit la nature de son apport
Selon les apports en numéraire et en nature, sans intégrer les apports en industrie dans cette répartition capitalistique

Selon les apports en numéraire et en nature, sans intégrer les apports en industrie dans cette répartition capitalistique

Explication

La répartition capitalistique des bénéfices repose en principe sur les apports en numéraire et en nature. Les apports en industrie ne sont pas pris en compte pour cette répartition fondée sur le capital.

37. Quelle attitude caractérise l’affectio societatis ?

La recherche d’une rémunération individuelle sans coordination avec les autres participants au projet.
La volonté de collaborer de manière indépendante et dans un intérêt commun à l’objet social.
La volonté de garantir personnellement toutes les dettes sociales auprès des créanciers.
La décision de confier la gestion de l’entreprise à un tiers sans participation personnelle des associés.

La volonté de collaborer de manière indépendante et dans un intérêt commun à l’objet social.

Explication

L’affectio societatis désigne la volonté des associés de collaborer ensemble, de façon indépendante et dans un intérêt commun, à la réalisation de l’objet social. La garantie des dettes ou la recherche d’un intérêt individuel ne définit pas cette volonté de collaboration.

38. Quel mécanisme permet de distinguer le patrimoine personnel d’une personne des biens affectés à une société afin de réduire l’exposition de certains biens aux créanciers ?

La société par navire isolant chaque bâtiment de la flotte
La réserve héréditaire attribuée aux héritiers protégés par la loi
La division patrimoniale par transfert de certains biens à une société
L’écran social protégeant les associés contre les créanciers sociaux

La division patrimoniale par transfert de certains biens à une société

Explication

La division patrimoniale repose sur le transfert de certains biens à une société pour séparer deux patrimoines et limiter l’exposition de ces biens. L’écran social vise principalement la protection des associés contre les créanciers de la société, ce qui correspond à une fonction différente.

39. Pourquoi la Cour de cassation a-t-elle refusé de reconnaître une société créée de fait dans l’arrêt Moulin de Pezens du 12 mai 2015 ?

Parce que toute société créée de fait doit être immatriculée avant le début de son activité.
Parce que les partenaires n’avaient effectué aucun apport en numéraire au moment de leur rencontre.
Parce que les dépenses alimentaires et d’assurance démontraient un partage complet des bénéfices.
Parce que les dépenses du couple ne prouvaient pas une véritable contribution aux pertes distincte de la vie commune.

Parce que les dépenses du couple ne prouvaient pas une véritable contribution aux pertes distincte de la vie commune.

Explication

Dans l’arrêt Moulin de Pezens, les dépenses alimentaires, de carburant et d’assurance ont été considérées comme des dépenses ordinaires de la vie commune. Elles ne suffisaient pas à établir une contribution aux pertes propre à une société, contrairement à un véritable engagement social.

40. Quelle distinction décrit correctement le rapport entre fiction juridique et réalité constatée ?

La fiction repose sur une situation concrètement observée, tandis que la réalité produit automatiquement des effets juridiques.
La fiction dépend d’un contrat entre associés, tandis que la réalité découle d’une immatriculation au registre compétent.
La fiction désigne une personne titulaire de droits, tandis que la réalité désigne un bien susceptible d’appropriation.
La fiction peut produire des effets juridiques malgré l’absence d’existence concrète, tandis que la réalité constatée n’en produit pas nécessairement.

La fiction peut produire des effets juridiques malgré l’absence d’existence concrète, tandis que la réalité constatée n’en produit pas nécessairement.

Explication

Une fiction juridique n’a pas d’existence concrète, mais le droit peut néanmoins lui attacher des effets. La réalité constatée ne produit pas forcément de conséquences juridiques, ce qui écarte l’idée d’un effet automatique.

41. Quelle distinction décrit correctement les sources écrites du droit des sociétés ?

Les directives relèvent des usages professionnels, tandis que les lois appartiennent au droit européen primaire
Les ordonnances relèvent du droit européen primaire, tandis que les règlements sont des usages nationaux
Les lois et décrets relèvent du droit européen dérivé, tandis que les directives sont nationales
Les règlements et directives relèvent du droit européen dérivé, tandis que les lois, décrets et ordonnances sont nationaux

Les règlements et directives relèvent du droit européen dérivé, tandis que les lois, décrets et ordonnances sont nationaux

Explication

Le droit européen dérivé comprend notamment les règlements et les directives, tandis que les lois, décrets et ordonnances appartiennent aux sources nationales. Les autres réponses attribuent ces instruments à la mauvaise catégorie juridique.

42. Pourquoi une société dotée de la personnalité morale est-elle qualifiée de personne plutôt que de bien ?

Parce qu’elle représente un bien meuble cessible avec ses dettes.
Parce qu’elle est titulaire de droits et d’obligations.
Parce qu’elle correspond à une chose affectée à l’activité des associés.
Parce qu’elle constitue un objet de droit réel pouvant être approprié.

Parce qu’elle est titulaire de droits et d’obligations.

Explication

Une personne est une entité capable d’être titulaire de droits et d’obligations, ce qui caractérise la société dotée de la personnalité morale. Un bien est au contraire un objet de droit réel susceptible d’appropriation.

43. Quel avantage proposé par une société peut attirer un investisseur ?

Obtenir la propriété immédiate de tous les biens sociaux sans participer au financement
Recevoir des parts ou des actions, avec l’espoir de dividendes et d’une plus-value à la revente
Accéder automatiquement à la direction de la société dès la souscription
Bénéficier d’un remboursement garanti de l’apport par les autres associés

Recevoir des parts ou des actions, avec l’espoir de dividendes et d’une plus-value à la revente

Explication

La société attire les investisseurs en leur attribuant des parts ou des actions en contrepartie de leur apport, avec la perspective de dividendes et d’une plus-value à la revente. La souscription ne garantit ni la direction ni le remboursement de l’apport.

44. Comment définir une société créée de fait ?

Elle désigne une entreprise individuelle dont plusieurs personnes se partagent les recettes sans intention commune.
Elle résulte du comportement de personnes non constituées formellement en société qui réunissent les éléments constitutifs d’une société.
Elle est volontairement choisie par des associés qui écartent l’immatriculation tout en organisant leurs relations contractuelles.
Elle correspond à une société régulièrement immatriculée dont les associés ont cessé de respecter les statuts.

Elle résulte du comportement de personnes non constituées formellement en société qui réunissent les éléments constitutifs d’une société.

Explication

La société créée de fait naît du comportement de personnes qui, sans constitution formelle, se comportent comme des associés et réunissent les éléments d’une société. Elle se distingue ainsi de la société en participation, volontairement adoptée sans immatriculation.

45. Quelle distinction oppose correctement une succursale à une filiale ?

La succursale et la filiale sont deux établissements dépourvus de personnalité juridique propre
La succursale est une société autonome, tandis que la filiale est un établissement sans personnalité juridique
La succursale et la filiale sont deux sociétés autonomes dotées d’une personnalité juridique distincte
La succursale est un établissement sans personnalité juridique, tandis que la filiale est une société autonome

La succursale est un établissement sans personnalité juridique, tandis que la filiale est une société autonome

Explication

La succursale constitue un établissement secondaire dépourvu de personnalité juridique, alors que la filiale est une société autonome. Confondre ces deux structures revient à attribuer à la succursale une personnalité qu’elle ne possède pas.

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Mémorisez les réponses avec 76 flashcards sur Droit des sociétés : fondements et structures.

Qu'est-ce que le droit des sociétés étudie ?

La structure et le fonctionnement des sociétés.

Quelles sources écrites composent le droit des sociétés ?

Le droit européen primaire et dérivé, plus lois, décrets et ordonnances nationaux.

Que permet la liberté d’établissement à un ressortissant européen ?

De constituer une structure stable dans un autre État membre.

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