QCM : Droit institutionnel de l’Union européenne — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction caractérise le mieux le droit de l’Union et le droit européen ?

Le droit européen concerne les relations entre États, tandis que le droit de l’Union désigne les règles propres aux organisations classiques.
Le droit de l’Union et le droit européen sont deux expressions équivalentes pour désigner les mêmes règles.
Le droit de l’Union désigne le droit de la Convention européenne des droits de l’homme, tandis que le droit européen concerne l’intégration économique.
Le droit de l’Union désigne le droit de l’intégration, tandis que le droit européen renvoie généralement à la Convention européenne des droits de l’homme.

Le droit de l’Union désigne le droit de l’intégration, tandis que le droit européen renvoie généralement à la Convention européenne des droits de l’homme.

Explication

Le droit de l’Union renvoie au système juridique de l’Union, alors que l’expression droit européen est généralement associée au droit issu de la Convention européenne des droits de l’homme. L’emploi de l’adjectif communautaire reste lié au droit de la Communauté et de l’Union, ce qui ne rend pas les deux expressions équivalentes.

2. Quelle différence institutionnelle oppose principalement une organisation intergouvernementale à une organisation supranationale d’intégration ?

La première possède une autorité indépendante, tandis que la seconde dépend d’un accord unanime entre les gouvernements.
La première transfère des compétences aux institutions communes, tandis que la seconde organise une coopération diplomatique entre États.
La première repose généralement sur l’unanimité entre États, tandis que la seconde dispose de pouvoirs propres permettant d’imposer des règles.
La première produit des normes directement applicables, tandis que la seconde coordonne les politiques nationales sans pouvoir propre.

La première repose généralement sur l’unanimité entre États, tandis que la seconde dispose de pouvoirs propres permettant d’imposer des règles.

Explication

Une organisation intergouvernementale repose généralement sur la coopération étatique et l’unanimité, tandis qu’une organisation supranationale d’intégration dispose de pouvoirs propres. La confusion consiste à attribuer aux organisations intergouvernementales les mécanismes d’intégration supranationale.

3. Quel événement Robert Schuman annonce-t-il le 9 mai 1950 ?

La suppression des frontières économiques par un marché commun déjà pleinement constitué.
La création immédiate d’une fédération européenne dotée d’un gouvernement élu.
La signature du traité instituant la Communauté économique européenne entre six États.
Une construction européenne progressive fondée sur des solidarités concrètes entre États.

Une construction européenne progressive fondée sur des solidarités concrètes entre États.

Explication

La déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950 propose une construction pragmatique et progressive reposant sur des solidarités concrètes. Elle ne constitue pas encore la signature des traités de Rome ni la création immédiate d’une fédération européenne.

4. Quelle caractéristique distingue la CECA d’une organisation classique de coopération entre États ?

Elle coordonne les politiques nationales sans transférer de pouvoirs à des institutions communes.
Elle organise une alliance militaire entre les six États signataires du traité de Paris.
Elle constitue une organisation supranationale d’intégration fondée sur un marché commun du charbon et de l’acier.
Elle limite son action à des consultations diplomatiques sur les ressources énergétiques européennes.

Elle constitue une organisation supranationale d’intégration fondée sur un marché commun du charbon et de l’acier.

Explication

La CECA est une organisation supranationale d’intégration créée par le traité de Paris pour établir un marché commun du charbon et de l’acier. Elle se distingue donc d’une organisation classique de coopération, qui ne dispose pas de pouvoirs comparables pour imposer des règles aux États.

5. Quels traités les six États fondateurs signent-ils le 25 mars 1957 ?

Les traités de Rome instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique.
Le traité de Maastricht instituant l’Union européenne et organisant ses trois piliers.
Le traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier et la Cour de justice.
Le traité de Lisbonne réformant les institutions et supprimant la structure en piliers.

Les traités de Rome instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique.

Explication

Le 25 mars 1957, les six États fondateurs signent les traités de Rome, qui instituent la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique. Le traité de Paris est antérieur, tandis que Maastricht et Lisbonne appartiennent à des étapes ultérieures de l’intégration.

6. Quelle transformation institutionnelle est associée au traité de Maastricht ?

Il crée la CECA et organise un marché commun limité au charbon et à l’acier entre six États.
Il supprime la distinction entre coopération et intégration en conférant immédiatement une personnalité juridique unique à l’Union.
Il institue l’Union européenne et la structure en trois piliers, avec un premier pilier communautaire et deux piliers intergouvernementaux.
Il remplace la Communauté économique européenne par une organisation fondée sur la coopération diplomatique.

Il institue l’Union européenne et la structure en trois piliers, avec un premier pilier communautaire et deux piliers intergouvernementaux.

Explication

Le traité de Maastricht, signé le 7 février 1992 et entré en vigueur le 1er novembre 1993, institue l’Union européenne structurée en trois piliers. Le premier relève de l’intégration communautaire, tandis que les deuxième et troisième relèvent de la coopération intergouvernementale.

7. Lequel de ces ensembles correspond aux trois piliers établis par le traité de Maastricht ?

La coopération économique, la citoyenneté européenne, et la personnalité juridique de l’Union.
Le pilier communautaire, la politique étrangère et de sécurité commune, et la coopération judiciaire et intérieure.
Le marché commun, la défense européenne intégrée, et la politique monétaire commune.
La CECA, la Communauté économique européenne, et la Communauté européenne de l’énergie atomique.

Le pilier communautaire, la politique étrangère et de sécurité commune, et la coopération judiciaire et intérieure.

Explication

Les trois piliers sont le pilier communautaire, la politique étrangère et de sécurité commune, ainsi que la coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieures. Les autres ensembles mélangent des communautés, des politiques ou des effets juridiques qui ne constituent pas les trois piliers de Maastricht.

8. Quel changement majeur le traité de Lisbonne entraîne-t-il dans l’organisation de l’Union ?

Il fonde la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique.
Il établit la structure en trois piliers, distingue les domaines communautaires et crée l’Union européenne.
Il institue la CECA, fixe sa durée à cinquante ans et crée ses principales institutions communes.
Il abandonne la structure en piliers, confère une personnalité juridique unique à l’Union et substitue l’Union à la Communauté européenne.

Il abandonne la structure en piliers, confère une personnalité juridique unique à l’Union et substitue l’Union à la Communauté européenne.

Explication

Le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 et entré en vigueur le 1er décembre 2009, met fin à la structure en piliers et donne une personnalité juridique unique à l’Union. La structure en trois piliers appartient au traité de Maastricht, tandis que les communautés initiales résultent des traités antérieurs.

9. Que signifie la constitutionnalisation de l’Union européenne ?

La suppression des traités au profit de lois constitutionnelles nationales
La reconnaissance d’une nature constitutionnelle sans création d’un État
La concentration des pouvoirs européens dans un gouvernement fédéral
L’adoption d’une constitution formelle transformant l’Union en État

La reconnaissance d’une nature constitutionnelle sans création d’un État

Explication

La constitutionnalisation décrit la nature constitutionnelle du système de l’Union tout en maintenant celle-ci comme organisation supranationale fondée sur des traités. Elle ne correspond donc ni à l’adoption d’une constitution formelle ni à la création d’un État.

10. Pourquoi la Cour de justice qualifie-t-elle la Communauté de « communauté de droit » dans l’arrêt Les Verts ?

Parce que les institutions européennes disposent d’un pouvoir juridictionnel supérieur aux traités
Parce que les États et les institutions sont soumis au contrôle de conformité de leurs actes aux traités
Parce que les juridictions nationales contrôlent les actes des institutions à la place de la Cour
Parce que les États peuvent écarter les actes européens contraires à leurs constitutions

Parce que les États et les institutions sont soumis au contrôle de conformité de leurs actes aux traités

Explication

La notion de communauté de droit signifie que les États membres comme les institutions doivent respecter les traités et peuvent voir leurs actes contrôlés. Elle ne réserve donc pas le contrôle juridictionnel aux seuls États ou aux seules juridictions nationales.

11. Laquelle de ces valeurs figure parmi celles énoncées à l’article 2 du TUE ?

La primauté des intérêts commerciaux
La croissance économique maximale
La neutralité militaire des États membres
Le respect des droits de l’homme

Le respect des droits de l’homme

Explication

L’article 2 du TUE mentionne notamment la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit et le respect des droits de l’homme. La croissance économique et les intérêts commerciaux relèvent d’objectifs ou de politiques, non de cette liste de valeurs.

12. Comment la protection des droits fondamentaux s’est-elle progressivement construite dans l’Union européenne ?

Par l’adoption d’une constitution européenne remplaçant les jurisprudences antérieures
Par la seule adhésion immédiate de l’Union à la Convention européenne des droits de l’homme
Par une protection initiale complète, suivie d’une réduction des garanties juridictionnelles
Par une protection prétorienne, puis une consécration dans les traités et la Charte

Par une protection prétorienne, puis une consécration dans les traités et la Charte

Explication

La construction s’est faite en trois étapes : absence originelle de protection générale, protection jurisprudentielle par la Cour de justice, puis consécration textuelle dans les traités et la Charte. L’adhésion à la Convention européenne des droits de l’homme n’a pas constitué le mécanisme initial de cette évolution.

13. À quelles sources la Cour de justice se réfère-t-elle progressivement, à partir des années 1970, pour protéger les droits fondamentaux ?

Aux accords commerciaux internationaux et aux décisions des organisations financières
Aux seuls règlements économiques et aux pratiques administratives des institutions européennes
Aux principes généraux du droit, aux traditions constitutionnelles communes et à la Convention européenne des droits de l’homme
Aux constitutions d’un État membre choisi comme modèle juridique pour toute l’Union

Aux principes généraux du droit, aux traditions constitutionnelles communes et à la Convention européenne des droits de l’homme

Explication

La Cour s’appuie sur les principes généraux du droit, les traditions constitutionnelles communes des États membres et la Convention européenne des droits de l’homme. Cette méthode ne repose donc pas sur les seuls actes économiques de l’Union ni sur la constitution d’un État particulier.

14. Quel effet le traité de Lisbonne a-t-il produit sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ?

Il a rendu effective l’adhésion de l’Union à la Convention européenne des droits de l’homme
Il l’a remplacée par un catalogue de droits intégré dans chaque constitution nationale
Il a limité sa portée à de simples orientations politiques sans force juridique
Il lui a conféré une valeur juridique contraignante équivalente à celle des traités

Il lui a conféré une valeur juridique contraignante équivalente à celle des traités

Explication

Proclamée à Nice en 2000, la Charte a acquis une valeur juridiquement contraignante équivalente à celle des traités avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Cette évolution ne rend pas pour autant effective l’adhésion de l’Union à la Convention européenne des droits de l’homme.

15. Dans quel type de compétence les États membres ne peuvent-ils pas légiférer seuls dans le domaine concerné ?

Dans une compétence partagée entre l’Union et les États
Dans une compétence de coordination des politiques économiques
Dans une compétence d’appui destinée à compléter l’action nationale
Dans une compétence exclusive de l’Union

Dans une compétence exclusive de l’Union

Explication

Dans une compétence exclusive, seule l’Union peut légiférer dans le domaine concerné, comme pour l’union douanière. Dans une compétence partagée, les États peuvent retrouver leur pouvoir d’action lorsque l’Union n’exerce pas ou cesse d’exercer le sien.

16. Un État membre souhaite adopter des règles dans un domaine où l’Union n’a pas exercé sa compétence partagée : quelle conséquence est conforme au régime applicable ?

L’État peut agir uniquement après le retrait du traité qui attribue la compétence
L’État est privé de toute compétence dès que le domaine est européen
L’État doit attendre une autorisation spéciale de la Cour de justice
L’État peut exercer sa compétence législative dans ce domaine

L’État peut exercer sa compétence législative dans ce domaine

Explication

Les compétences partagées permettent aux États de légiférer lorsque l’Union n’exerce pas sa compétence ou cesse de l’exercer. Cette possibilité distingue précisément la compétence partagée de la compétence exclusive, dans laquelle les États ne peuvent pas agir seuls.

17. Quelle distinction décrit correctement les compétences de coordination et les compétences d’appui de l’Union ?

La coordination remplace les politiques nationales, tandis que l’appui adopte les lois dans tous les domaines
La coordination fixe des lignes directrices, tandis que l’appui soutient l’action des États sans s’y substituer
La coordination interdit l’action étatique, tandis que l’appui transfère la compétence législative à l’Union
La coordination concerne les droits fondamentaux, tandis que l’appui relève exclusivement de la politique monétaire

La coordination fixe des lignes directrices, tandis que l’appui soutient l’action des États sans s’y substituer

Explication

Les compétences de coordination permettent à l’Union de définir des lignes directrices et de coordonner les actions nationales, notamment en matière économique et d’emploi. Les compétences d’appui consistent à soutenir, coordonner ou compléter l’action des États sans la remplacer.

18. Une mesure européenne dans une compétence partagée ne peut être adoptée au titre de la subsidiarité que si quelle condition est remplie ?

L’action européenne permet de supprimer les compétences nationales dans le domaine concerné
L’objectif concerne une matière présentant un intérêt économique pour chaque État membre
L’Union dispose d’une compétence générale permettant d’intervenir dans toute politique publique
L’objectif est mieux atteint au niveau de l’Union en raison des dimensions ou des effets de l’action

L’objectif est mieux atteint au niveau de l’Union en raison des dimensions ou des effets de l’action

Explication

La subsidiarité exige que les États ne puissent pas atteindre suffisamment l’objectif et que celui-ci puisse être mieux réalisé au niveau de l’Union en raison des dimensions ou des effets de l’action. Ce principe ne crée pas une compétence générale et ne conduit pas à supprimer les compétences nationales.

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Pourquoi préfère-t-on le terme « droit de l’Union » au « droit européen » ?

Le terme « droit européen » désigne surtout le droit issu de la Convention européenne des droits de l’homme.

Que désigne l’adjectif « communautaire » en droit ?

Il désigne le droit de la Communauté et de l’Union.

Sur quoi reposent les organisations intergouvernementales ?

Elles reposent sur la coopération entre États.

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