QCM : État de droit et protection des libertés — 64 questions

Questions et réponses du QCM

1. Selon Lalande, comment peut-on définir la liberté ?

L’état de celui qui fait ce qu’il veut sans subir la volonté d’autrui
La conformité de la conduite individuelle aux règles de la collectivité
La capacité de participer aux décisions publiques de sa cité
La faculté de choisir son dirigeant dans une organisation politique

L’état de celui qui fait ce qu’il veut sans subir la volonté d’autrui

Explication

Pour Lalande, la liberté désigne l’état d’une personne qui agit selon sa propre volonté, sans contrainte étrangère. La participation aux décisions publiques relève plutôt de la liberté politique collective des Anciens.

2. Pourquoi la liberté ne peut-elle pas être comprise comme un état totalement indépendant des relations sociales ?

Parce qu’elle dépend de l’appartenance à une cité indépendante
Parce qu’elle se définit par la protection juridique du pouvoir politique
Parce qu’elle suppose l’obéissance à une autorité religieuse légitime
Parce qu’elle prend sens dans une collectivité humaine organisée

Parce qu’elle prend sens dans une collectivité humaine organisée

Explication

La liberté concerne l’individu, mais aussi sa relation avec autrui, puisqu’elle n’a de sens que dans une collectivité organisée. L’appartenance à une cité indépendante décrit plutôt la conception grecque de la liberté.

3. Qu’est-ce qui caractérise la liberté sociale ?

Une liberté fondée sur l’absence de toute règle imposée à l’individu
Une liberté garantie par la participation directe aux affaires militaires
Une liberté correspondant à la soumission volontaire à un pouvoir religieux
Une liberté inscrite dans une collectivité dont les règles présentent certaines qualités

Une liberté inscrite dans une collectivité dont les règles présentent certaines qualités

Explication

La liberté sociale s’exerce dans une collectivité donnée et dépend de la qualité de ses règles de fonctionnement. Elle ne signifie donc pas la disparition de toute règle, contrairement à une conception de la liberté comme absence de contrainte extérieure.

4. Quel est l’objectif central du libéralisme politique ?

Fonder la légitimité de l’autorité politique sur une justification religieuse
Organiser la participation des citoyens aux cultes publics de leur cité
Déterminer les conditions politiques permettant de considérer les individus comme libres
Protéger le pouvoir du magistrat contre les limites imposées par le droit

Déterminer les conditions politiques permettant de considérer les individus comme libres

Explication

Le libéralisme politique recherche les conditions qu’une organisation politique doit remplir pour que ses membres puissent être considérés comme libres. La participation civique et la légitimité religieuse correspondent à d’autres traditions politiques.

5. À quel moment la liberté devient-elle pour la première fois un objet de réflexion politique selon cette tradition ?

À l’époque de l’Empire romain devenu officiellement chrétien
Au XIIIe siècle, dans la philosophie de Saint Thomas d’Aquin
Au Ve siècle avant notre ère, dans la cité d’Athènes
À partir du XVIIe siècle, dans les monarchies d’Europe occidentale

Au Ve siècle avant notre ère, dans la cité d’Athènes

Explication

Au Ve siècle avant notre ère, la liberté devient à Athènes un objet de réflexion politique et un modèle d’organisation. Le XVIIe siècle renvoie plutôt au développement du libéralisme politique moderne.

6. Quelles sont les deux dimensions de la liberté dans la conception grecque ancienne ?

L’obéissance religieuse et la soumission militaire au magistrat
L’indépendance extérieure de la cité et la démocratie intérieure
La propriété individuelle et la protection juridique contre l’État
La liberté économique et l’égalité juridique entre les étrangers

L’indépendance extérieure de la cité et la démocratie intérieure

Explication

Pour les Grecs, la liberté combine l’indépendance de la cité à l’égard de l’extérieur et la démocratie dans son organisation intérieure. Ces deux dimensions ne désignent donc pas des droits individuels face à l’État.

7. Dans la conception athénienne, pourquoi un citoyen est-il considéré comme libre ?

Parce qu’il dispose de droits subjectifs opposables à la cité
Parce qu’il peut se soustraire aux devoirs sacrés envers la collectivité
Parce qu’il vit sous un droit qui interdit toute décision du magistrat
Parce qu’il appartient à une cité indépendante et participe aux affaires publiques

Parce qu’il appartient à une cité indépendante et participe aux affaires publiques

Explication

L’Athénien est libre en tant que citoyen d’une cité indépendante et participant à l’organisation collective des affaires publiques. La conception grecque ne repose pas principalement sur des droits individuels opposables à la cité.

8. Quelle différence oppose le pouvoir du magistrat romain dans le pomérium et hors de Rome ?

Dans le pomérium, le magistrat gouverne sans droit, tandis que la guerre impose une protection juridique accrue
Dans le pomérium, le magistrat exerce son pouvoir de guerre, tandis que le droit le protège hors de Rome
Dans le pomérium, le magistrat reçoit un pouvoir religieux, tandis que la guerre transfère ce pouvoir aux citoyens
Dans le pomérium, le droit limite son pouvoir de vie et de mort, tandis que la guerre lui rend ce pouvoir

Dans le pomérium, le droit limite son pouvoir de vie et de mort, tandis que la guerre lui rend ce pouvoir

Explication

À l’intérieur du pomérium, le ius limite l’imperium du magistrat et interdit notamment la mise à mort. Hors de Rome, dans le domaine de la guerre, le magistrat retrouve son pouvoir de vie et de mort.

9. En quel sens le message chrétien est-il à la fois universel et individualiste ?

Il s’adresse à tous les êtres humains et à chaque individu indépendamment de son appartenance politique
Il vise les membres d’une communauté religieuse et dépend de leur rang social
Il concerne les sujets d’un empire et repose sur leur soumission à un magistrat reconnu
Il s’adresse aux citoyens d’une cité et dépend de leur participation aux institutions communes

Il s’adresse à tous les êtres humains et à chaque individu indépendamment de son appartenance politique

Explication

Le christianisme est universel parce qu’il s’adresse à tous, et individualiste parce qu’il vise chaque personne en tant que telle. Cette conception se distingue des modèles grec et romain fondés sur l’appartenance à la cité.

10. Pourquoi, selon Saint Augustin, le pouvoir politique est-il légitime pour le chrétien ?

Parce qu’il résulte du consentement direct de tous les citoyens réunis en assemblée
Parce qu’il a été voulu par Dieu, ce qui fonde l’obéissance au prince ou au seigneur
Parce qu’il protège les droits individuels contre toute intervention de l’autorité
Parce qu’il applique les principes de la philosophie grecque aux institutions chrétiennes

Parce qu’il a été voulu par Dieu, ce qui fonde l’obéissance au prince ou au seigneur

Explication

Saint Augustin considère que le pouvoir politique est légitime parce qu’il a été voulu par Dieu, ce qui rend l’obéissance au prince ou au seigneur légitime pour le chrétien. Le consentement citoyen et la protection des droits individuels appartiennent à d’autres conceptions de la légitimité.

11. Quel rôle Saint Thomas d’Aquin joue-t-il dans la pensée politique chrétienne ?

Il sépare le christianisme de la philosophie grecque et rejette la valeur de la raison humaine
Il fonde la légitimité politique sur l’indépendance militaire de la cité chrétienne
Il réconcilie le christianisme avec la philosophie grecque et présente la raison comme un don divin
Il affirme que l’autorité politique ne peut être légitime qu’en l’absence de règles rationnelles

Il réconcilie le christianisme avec la philosophie grecque et présente la raison comme un don divin

Explication

Saint Thomas d’Aquin réconcilie le christianisme avec la philosophie grecque et considère la raison comme un don de Dieu. Il ne rejette donc pas la raison humaine, mais l’intègre à la réflexion chrétienne.

12. Pourquoi un pouvoir politique chrétien doit-il s’exercer raisonnablement selon Saint Thomas d’Aquin ?

Parce que le pouvoir politique doit reproduire les institutions démocratiques de l’Athènes antique
Parce que l’autorité chrétienne tire sa légitimité de l’indépendance militaire de l’État
Parce que Dieu a doté l’être humain de la raison, qui doit guider l’exercice du pouvoir
Parce que la raison humaine permet aux citoyens de se soustraire aux obligations politiques

Parce que Dieu a doté l’être humain de la raison, qui doit guider l’exercice du pouvoir

Explication

Pour Saint Thomas d’Aquin, le pouvoir doit s’exercer raisonnablement puisque la raison est un don accordé par Dieu à l’être humain. Cette exigence ne signifie pas que le pouvoir chrétien doive reproduire les institutions démocratiques athéniennes.

13. Quelle critique les Lumières formulent-elles à la fin du XVIIe siècle contre le pouvoir monarchique ?

Elles contestent le pouvoir du prince lorsqu’il dépend de son caprice personnel.
Elles remplacent le gouvernement royal par une administration dirigée par les corporations.
Elles réclament un pouvoir monarchique renforcé par l’absence de règles communes.
Elles défendent l’autorité du prince lorsqu’elle s’appuie sur la tradition religieuse.

Elles contestent le pouvoir du prince lorsqu’il dépend de son caprice personnel.

Explication

Les Lumières critiquent le renforcement du pouvoir monarchique et refusent qu’un prince gouverne selon son caprice. L’appui sur la tradition religieuse ne répond pas à cette exigence de limitation rationnelle du pouvoir.

14. Qu’est-ce qui caractérise un gouvernement raisonnable dans la conception libérale du pouvoir ?

Il est encadré par des lois générales et impersonnelles qui limitent le prince.
Il organise l’autorité politique autour des coutumes personnelles du souverain.
Il confie les règles communes à des groupes sociaux choisis par le pouvoir royal.
Il repose sur les décisions particulières prises par le prince selon les circonstances.

Il est encadré par des lois générales et impersonnelles qui limitent le prince.

Explication

Un gouvernement raisonnable soumet le pouvoir du prince à des règles générales et impersonnelles. Les décisions dictées par les préférences personnelles du souverain correspondent au gouvernement arbitraire critiqué par cette conception.

15. Selon John Locke dans le Traité sur le gouvernement civil de 1690, sur quoi repose un pouvoir politique conforme à la raison ?

Sur la transmission héréditaire d’une autorité qui échappe aux règles communes.
Sur la volonté personnelle du prince adaptée à chaque situation particulière.
Sur des lois générales et impersonnelles qui encadrent l’exercice du pouvoir.
Sur l’appartenance des gouvernés à une cité définissant leurs droits politiques.

Sur des lois générales et impersonnelles qui encadrent l’exercice du pouvoir.

Explication

Locke affirme qu’un pouvoir conforme à la raison repose sur des lois générales et impersonnelles. La volonté personnelle du prince constitue précisément le modèle opposé, car elle soumet le gouvernement à l’arbitraire.

16. Quelle relation le libéralisme politique établit-il entre l’individu et la société politique ?

L’individu et la société politique possèdent une valeur identique sans rapport de priorité.
L’individu est une fin en soi, tandis que la société politique sert ses intérêts et ses besoins.
La société politique définit la valeur de l’individu selon sa fonction dans la collectivité.
La société politique est une fin en soi, tandis que l’individu sert ses objectifs collectifs.

L’individu est une fin en soi, tandis que la société politique sert ses intérêts et ses besoins.

Explication

Le libéralisme politique considère l’individu comme une fin en soi et la société politique comme un moyen destiné à répondre à ses besoins. L’idée d’une collectivité qui déterminerait la valeur de chacun inverse cette relation.

17. Quel objectif le contrat social de Rousseau poursuit-il pour les associés ?

Il accorde la protection politique en échange de l’abandon de leurs droits naturels.
Il protège leur personne et leurs biens tout en leur permettant de rester aussi libres qu’auparavant.
Il soumet leur liberté à une volonté extérieure afin d’assurer l’obéissance politique.
Il remplace leurs intérêts particuliers par les décisions permanentes d’un dirigeant commun.

Il protège leur personne et leurs biens tout en leur permettant de rester aussi libres qu’auparavant.

Explication

Le contrat social protège la personne et les biens des associés tout en leur permettant de s’unir à tous, d’obéir à eux-mêmes et de rester libres. Il ne consiste donc pas en une soumission à une volonté extérieure ni en un abandon de la liberté.

18. Comment le contrat social rapproche-t-il la volonté individuelle et la volonté du corps social ?

Il permet à chaque groupe particulier d’imposer sa volonté aux autres membres du corps social.
Il sépare la liberté personnelle de toute participation à la formation des règles communes.
Il remplace la volonté individuelle par les décisions prises par une autorité supérieure.
Il fait de l’obéissance à la règle commune l’expression de sa propre volonté raisonnable.

Il fait de l’obéissance à la règle commune l’expression de sa propre volonté raisonnable.

Explication

Chez Rousseau, le contrat social cherche à unir la volonté individuelle et celle du corps social, de sorte que la règle commune puisse être comprise comme sa propre volonté raisonnable. Une autorité supérieure imposant sa décision ne réalise pas cette association entre liberté et obéissance.

19. Comment Rousseau définit-il la volonté générale ?

Comme la somme des préférences individuelles exprimées sans délibération collective.
Comme l’accord temporaire conclu entre plusieurs groupes défendant des intérêts communs.
Comme la volonté particulière d’un dirigeant chargé de représenter la collectivité.
Comme le résultat raisonnable de la délibération collective de tous les membres de la société.

Comme le résultat raisonnable de la délibération collective de tous les membres de la société.

Explication

La volonté générale résulte de la délibération raisonnable de l’ensemble des membres de la société et devient une règle commune librement suivie. Elle ne désigne ni la volonté d’un dirigeant ni celle d’un groupe particulier.

20. Quelle condition doit respecter la délibération pour produire la volonté générale ?

Elle doit se concentrer sur la situation d’un individu afin de résoudre un conflit précis.
Elle doit être conduite par un groupe particulier représentant les intérêts dominants.
Elle doit être universelle et porter sur l’ensemble de la collectivité.
Elle doit rechercher un compromis entre plusieurs intérêts particuliers sans considérer la collectivité.

Elle doit être universelle et porter sur l’ensemble de la collectivité.

Explication

La délibération doit être universelle et concerner la collectivité dans son ensemble pour produire la volonté générale. Une discussion centrée sur un individu ou un groupe particulier reste liée à des intérêts particuliers.

21. Quel principe central du libéralisme politique la Déclaration des droits affirme-t-elle ?

L’autorité politique est première, l’homme devient libre par l’obéissance et le pouvoir fixe ses droits.
L’individu est premier, l’homme est libre par nature et le pouvoir doit être limité pour préserver cette liberté.
La collectivité est première, l’homme reçoit ses libertés de l’État et le pouvoir doit être renforcé.
L’égalité sociale prime, l’homme dépend de la communauté et le pouvoir organise ses obligations.

L’individu est premier, l’homme est libre par nature et le pouvoir doit être limité pour préserver cette liberté.

Explication

Le libéralisme politique place l’individu avant la société politique, reconnaît sa liberté naturelle et exige la limitation du pouvoir. La conception selon laquelle l’État conférerait les libertés à des individus dépendants contredit ce primat de l’individu.

22. Que proclame l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

Les citoyens sont égaux devant l’État mais conservent des libertés différentes.
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
Les citoyens deviennent libres et égaux grâce à leur participation politique.
Les hommes sont libres par nature mais reçoivent l’égalité de la loi.

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.

Explication

L’article 1er affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, l’égalité étant présentée comme le corollaire de la liberté. Il ne réserve donc pas l’égalité aux seuls citoyens participant à la vie politique.

23. Quel est, selon l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le but de toute association politique ?

Garantir la propriété de l’État sur les individus qui lui obéissent.
Accroître les pouvoirs de l’État afin d’organiser la société civile.
Conserver les droits naturels et imprescriptibles de l’homme.
Établir une hiérarchie politique fondée sur les fonctions exercées.

Conserver les droits naturels et imprescriptibles de l’homme.

Explication

L’article 2 définit la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme comme le but de toute association politique. La société politique est donc au service des droits de l’individu, et non l’inverse.

24. Quelle conception de la loi est affirmée par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

La loi exprime les intérêts des groupes sociaux, et leurs représentants en fixent le contenu.
La loi exprime la volonté du gouvernement, et les citoyens appliquent ses décisions.
La loi exprime la volonté générale, et tous les citoyens peuvent contribuer à sa formation.
La loi exprime la volonté de la majorité, et les citoyens minoritaires en sont dispensés.

La loi exprime la volonté générale, et tous les citoyens peuvent contribuer à sa formation.

Explication

L’article 6 fait de la loi l’expression de la volonté générale et permet aux citoyens d’y concourir personnellement ou par leurs représentants; elle doit aussi être la même pour tous. Une loi réservée au gouvernement ou à certains groupes ne correspond pas à ce principe.

25. Quelle combinaison caractérise la démocratie libérale de la IIIe République ?

La démocratie directe et la primauté des coutumes constitutionnelles
Le suffrage censitaire et la protection judiciaire des droits sociaux
Le suffrage universel masculin et la garantie légale des libertés publiques
Le pouvoir exécutif héréditaire et la liberté économique contractuelle

Le suffrage universel masculin et la garantie légale des libertés publiques

Explication

La démocratie libérale de la IIIe République associe une démocratie représentative fondée sur le suffrage universel masculin et un libéralisme politique garantissant légalement les libertés publiques. Le suffrage censitaire ne correspond donc pas à cette définition.

26. Dans le régime légicentrique installé par la IIIe République, quelle institution occupe une position centrale ?

Le chef de l’État, chargé de contrôler directement les droits fondamentaux
Le Parlement, chargé de produire la loi et de garantir les libertés publiques
Le gouvernement, chargé d’élaborer les normes sans intervention parlementaire
Le juge constitutionnel, chargé d’annuler les lois contraires à la Constitution

Le Parlement, chargé de produire la loi et de garantir les libertés publiques

Explication

Le légicentrisme fait du Parlement l’institution centrale, puisqu’il produit la loi et est considéré comme le garant des libertés publiques. Le juge constitutionnel appartient plutôt au modèle contemporain dans lequel le Parlement est lui-même juridiquement encadré.

27. Quelle conception de l’État correspond à l’État légal ?

Un régime où la loi constitue la norme principale et protège contre l’arbitraire
Un régime où la Constitution domine la loi et limite les compétences publiques
Un régime où le pouvoir exécutif édicte les normes sans cadre juridique supérieur
Un régime où les juges déterminent librement le contenu des droits fondamentaux

Un régime où la loi constitue la norme principale et protège contre l’arbitraire

Explication

Dans l’État légal, l’État fonctionne autour de la loi, considérée comme la norme principale et comme une protection contre l’arbitraire. La primauté de la Constitution sur la loi caractérise plutôt l’État de droit.

28. Que montre l’installation du régime de Vichy concernant le rapport entre légalité et autoritarisme ?

Un régime démocratique devient libéral dès qu’il respecte une procédure parlementaire
Un régime constitutionnel protège les libertés dès lors qu’une loi est régulièrement adoptée
Un régime autoritaire peut s’installer légalement en utilisant les règles institutionnelles existantes
Un régime autoritaire exige une rupture violente avec toutes les institutions précédentes

Un régime autoritaire peut s’installer légalement en utilisant les règles institutionnelles existantes

Explication

Le régime de Vichy montre qu’un régime autoritaire peut s’installer légalement, notamment par l’auto-dissolution de la IIIe République et dans le respect de ses règles institutionnelles. Le respect formel d’une procédure ne suffit donc pas à garantir le caractère démocratique du régime.

29. Quelle proposition définit le mieux l’État de droit ?

Un régime où le Parlement dispose d’une compétence générale pour déterminer les libertés
Un régime où le pouvoir respecte une hiérarchie des normes dominée par la Constitution
Un régime où la loi représente la norme supérieure applicable aux institutions publiques
Un régime où les autorités exécutives exercent leurs pouvoirs selon leur appréciation

Un régime où le pouvoir respecte une hiérarchie des normes dominée par la Constitution

Explication

L’État de droit soumet le pouvoir politique à une hiérarchie des normes définie par une norme suprême, la Constitution. La primauté de la loi comme norme principale renvoie plutôt à l’État légal.

30. Dans un État de droit, que peut faire une institution publique lorsqu’aucune compétence ne lui est attribuée par la Constitution ?

Elle peut agir lorsque son intervention paraît utile à l’intérêt général
Elle peut agir après avoir obtenu l’accord politique du gouvernement
Elle peut agir si une majorité parlementaire approuve ensuite sa décision
Elle ne peut pas agir dans ce domaine selon une procédure de son choix

Elle ne peut pas agir dans ce domaine selon une procédure de son choix

Explication

Dans l’État de droit, les institutions ne disposent que des compétences attribuées par la Constitution, dans des domaines et selon des procédures déterminés. L’approbation politique ultérieure ne remplace donc pas une habilitation constitutionnelle.

31. Quel est l’effet principal du contrôle juridictionnel dans un État de droit ?

Une majorité politique apprécie la conformité des décisions aux priorités du gouvernement
Le pouvoir exécutif contrôle la légalité des décisions prises par les juridictions
Le Parlement détermine la conformité des actes publics à la volonté électorale
Un juge vérifie que les institutions respectent leurs compétences et les droits constitutionnels

Un juge vérifie que les institutions respectent leurs compétences et les droits constitutionnels

Explication

Le contrôle juridictionnel permet à un juge de vérifier le respect des compétences institutionnelles et des droits et libertés garantis par la Constitution. Un contrôle dépendant de la majorité au pouvoir serait un contrôle politique, moins indépendant.

32. Quelle fonction la Constitution française du 4 octobre 1958 remplit-elle dans l’exercice du pouvoir politique ?

Elle établit les compétences administratives sans s’imposer aux autorités politiques
Elle organise les élections sans encadrer juridiquement l’action des institutions
Elle fixe les politiques publiques sans reconnaître de droits opposables aux pouvoirs
Elle fonde l’exercice du pouvoir et impose aux institutions le respect de droits suprêmes

Elle fonde l’exercice du pouvoir et impose aux institutions le respect de droits suprêmes

Explication

La Constitution de 1958 fonde l’exercice du pouvoir politique et contient des droits et libertés juridiquement suprêmes que les institutions doivent respecter. Elle ne se limite donc pas à organiser les élections ou les compétences administratives.

33. Que désigne le bloc de constitutionnalité ?

L’ensemble des traités internationaux régulièrement ratifiés par la France
L’ensemble des lois adoptées par le Parlement depuis la Constitution de 1958
L’ensemble des normes auxquelles est reconnue une valeur constitutionnelle
L’ensemble des décisions rendues par les juridictions administratives françaises

L’ensemble des normes auxquelles est reconnue une valeur constitutionnelle

Explication

Le bloc de constitutionnalité regroupe les normes dotées d’une valeur constitutionnelle. Il ne comprend donc pas toutes les lois parlementaires ni toutes les décisions juridictionnelles.

34. Quelle décision a reconnu explicitement la valeur constitutionnelle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

La décision DC du 19 juin 1970, Ressources propres des Communautés européennes
La décision DC du 27 décembre 1973, Loi de finances pour 1974
La décision du 4 octobre 1958 portant promulgation de la Constitution
La décision du 1er janvier 1946 relative à l’organisation provisoire des pouvoirs

La décision DC du 27 décembre 1973, Loi de finances pour 1974

Explication

La décision DC du 27 décembre 1973, Loi de finances pour 1974, reconnaît explicitement la valeur constitutionnelle de la DDHC de 1789. La décision de 1970 concerne, quant à elle, la valeur juridique du préambule de la Constitution de 1958.

35. Lequel de ces ensembles correspond aux principales composantes du bloc de constitutionnalité ?

Les décisions judiciaires, les usages professionnels, les contrats publics et les lois étrangères
Les lois ordinaires, les règlements administratifs, les circulaires et les décisions des ministres
Les traités commerciaux, les coutumes parlementaires, les programmes électoraux et les décrets
La Constitution de 1958, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement

La Constitution de 1958, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement

Explication

Le bloc comprend notamment la Constitution de 1958, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et la Charte de l’environnement. Les lois ordinaires et les règlements ne possèdent pas, par nature, une valeur constitutionnelle.

36. Quelle distinction caractérise principalement les droits politiques et les droits économiques et sociaux ?

Les droits politiques protègent les autorités, tandis que les droits sociaux organisent les élections
Les droits politiques concernent les entreprises, tandis que les droits sociaux concernent les juridictions
Les droits politiques exigent une prestation de l’État, tandis que les droits sociaux limitent son intervention
Les droits politiques exigent une abstention de l’État, tandis que les droits sociaux requièrent ses prestations

Les droits politiques exigent une abstention de l’État, tandis que les droits sociaux requièrent ses prestations

Explication

Les droits politiques protègent les citoyens contre le pouvoir en imposant à l’État de s’abstenir, alors que les droits sociaux constituent des créances nécessitant son intervention. La confusion fréquente consiste à attribuer aux droits politiques une obligation de prestation qui caractérise plutôt les droits sociaux.

37. Quelle règle découle des articles 2, 3 et 5 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen concernant les libertés ?

La restriction est le principe, tandis que la liberté dépend d’une autorisation administrative
La liberté relève du règlement, tandis que l’interdiction appartient au pouvoir judiciaire
La liberté est le principe, tandis qu’une restriction doit être encadrée par la loi
La loi peut supprimer une liberté, même sans justification liée à son exercice

La liberté est le principe, tandis qu’une restriction doit être encadrée par la loi

Explication

Ces articles consacrent la liberté comme principe et admettent que la loi puisse encadrer son exercice. Il serait donc erroné de considérer la restriction comme le principe ou de confier principalement cet encadrement au règlement.

38. Quelle garantie pénale est consacrée par les articles 7, 8 et 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

La légalité des délits et des peines ainsi que la présomption d’innocence
La détention préventive comme mesure ordinaire avant tout jugement
La rétroactivité de la loi pénale lorsqu’elle renforce la protection sociale
La compétence administrative pour décider des détentions et fixer les peines

La légalité des délits et des peines ainsi que la présomption d’innocence

Explication

Ces articles prohibent les arrestations arbitraires, consacrent la légalité et la non-rétroactivité de la loi pénale, et protègent la présomption d’innocence. La détention préventive doit au contraire répondre à une stricte nécessité et ne constitue pas une mesure ordinaire.

39. Quelle différence distingue la liberté individuelle de la liberté personnelle ?

La liberté individuelle encadre les opinions, tandis que la liberté personnelle protège les contrats conclus avec l’État
La liberté individuelle protège contre les privations de liberté, tandis que la liberté personnelle protège notamment la libre circulation
La liberté individuelle organise les élections, tandis que la liberté personnelle garantit l’accès aux prestations sociales
La liberté individuelle protège la libre circulation, tandis que la liberté personnelle concerne les sanctions pénales prononcées par un juge

La liberté individuelle protège contre les privations de liberté, tandis que la liberté personnelle protège notamment la libre circulation

Explication

Fondée sur l’article 66 de la Constitution, la liberté individuelle protège contre les mesures privatives de liberté sous le contrôle de l’autorité judiciaire, tandis que la liberté personnelle comprend notamment la liberté d’aller et venir. La libre circulation relève donc de la seconde notion, et non de la première.

40. Que sont les droits-créances ?

Des libertés qui imposent au citoyen de respecter l’abstention des pouvoirs publics
Des garanties que le citoyen peut faire valoir contre l’État pour obtenir une prestation ou une intervention
Des protections qui interdisent au législateur d’adopter toute mesure sociale
Des compétences permettant au juge de remplacer les choix économiques du gouvernement

Des garanties que le citoyen peut faire valoir contre l’État pour obtenir une prestation ou une intervention

Explication

Les droits-créances obligent l’État envers le citoyen et peuvent justifier une demande de prestation ou d’intervention publique. Ils se distinguent ainsi des libertés classiques, qui protègent principalement le citoyen contre l’action de l’État.

41. Lequel de ces droits est expressément reconnu par le Préambule de 1946 ?

Le droit de créer une entreprise sans encadrement légal
Le droit de travailler et d’obtenir un emploi
Le droit de bénéficier d’un poste public correspondant à sa formation
Le droit de recevoir une rémunération identique quel que soit le travail

Le droit de travailler et d’obtenir un emploi

Explication

Le Préambule de 1946 reconnaît notamment le droit de travailler et d’obtenir un emploi, ainsi que plusieurs droits liés à la santé, à la sécurité matérielle, au repos et à l’instruction. Le droit d’obtenir un emploi est donc un droit-créance, et non une simple liberté d’entreprendre.

42. Comment le Conseil constitutionnel apprécie-t-il la portée des dispositions du Préambule de 1946 ?

Il les considère comme dépourvues d’effet juridique dès qu’elles concernent la politique sociale
Il fixe lui-même le contenu détaillé de chaque prestation sans tenir compte des choix législatifs
Il autorise le législateur à écarter les droits sociaux lorsqu’ils entraînent une dépense publique
Il impose leur respect au législateur, mais laisse à la loi une large détermination de leur portée concrète

Il impose leur respect au législateur, mais laisse à la loi une large détermination de leur portée concrète

Explication

Le Conseil constitutionnel impose au législateur le respect de toutes les dispositions du Préambule de 1946, tout en reconnaissant que leur mise en œuvre dépend largement de la loi. Il ne se substitue donc pas aux choix de politique économique et sociale pour définir chaque prestation.

43. À quelle date la Charte de l’environnement a-t-elle reçu sa pleine valeur constitutionnelle selon la décision relative aux organismes génétiquement modifiés ?

En 1946, lors de l’adoption du Préambule reconnaissant les droits sociaux
En 2005, au moment de son inscription formelle dans le bloc de constitutionnalité
Le 16 janvier 1982, avec la décision relative à la loi de nationalisation
Le 19 juin 2008, avec la décision concernant les organismes génétiquement modifiés

Le 19 juin 2008, avec la décision concernant les organismes génétiquement modifiés

Explication

La Charte de l’environnement a été constitutionnalisée en 2005, puis sa pleine valeur constitutionnelle a été reconnue par la décision du 19 juin 2008 relative aux organismes génétiquement modifiés. La date de 2005 correspond donc à sa constitutionnalisation, mais pas à l’étape précisée par la question.

44. Quelle évolution caractérise la place de la loi entre les Républiques précédentes et la Ve République ?

La loi relevait principalement du pouvoir réglementaire auparavant, tandis que la Ve République la réserve aux juridictions
La loi était cantonnée sous les Républiques précédentes, tandis que la Ve République lui attribue un champ illimité
La loi avait un champ très large auparavant, tandis que la Constitution de la Ve République délimite son domaine
La loi protégeait les libertés sous la Ve République, tandis que les Républiques précédentes confiaient cette mission à l’administration

La loi avait un champ très large auparavant, tandis que la Constitution de la Ve République délimite son domaine

Explication

Sous la IIIe et la IVe République, la loi disposait d’un champ d’action illimité et servait notamment de protection contre l’arbitraire exécutif. La Ve République délimite constitutionnellement le domaine de la loi, contrairement à l’idée d’un domaine devenu illimité.

45. Comment les articles 34 et 37 de la Constitution répartissent-ils les compétences normatives ?

L’article 34 attribue aux juges les garanties des libertés, tandis que l’article 37 organise les compétences du Parlement
L’article 34 confie toutes les matières au règlement, tandis que l’article 37 énumère les droits relevant de la loi
L’article 34 énumère les matières législatives, tandis que l’article 37 réserve une compétence de principe au règlement dans les autres matières
L’article 34 concerne les relations internationales, tandis que l’article 37 définit les libertés publiques protégées par la loi

L’article 34 énumère les matières législatives, tandis que l’article 37 réserve une compétence de principe au règlement dans les autres matières

Explication

L’article 34 détermine notamment les matières relatives aux droits civiques et aux garanties fondamentales des libertés publiques, tandis que l’article 37 attribue au pouvoir réglementaire une compétence de principe dans les autres domaines. La répartition ne confie donc pas toutes les matières au règlement ni aux juridictions.

46. Quelle répartition des compétences entre la loi et le règlement caractérise la Ve République ?

La loi intervient dans les matières définies par la Constitution, tandis que le règlement est compétent dans les autres domaines.
La loi fixe les principes constitutionnels, tandis que le règlement ne peut intervenir dans aucune matière liée aux libertés.
La loi intervient dans toutes les matières, tandis que le règlement ne peut traiter que des mesures individuelles.
La loi et le règlement disposent d’une compétence générale concurrente dans toutes les matières juridiques.

La loi intervient dans les matières définies par la Constitution, tandis que le règlement est compétent dans les autres domaines.

Explication

Sous la Ve République, l’article 34 délimite le domaine de la loi et l’article 37 attribue au pouvoir réglementaire une compétence de principe dans les autres matières. L’idée d’un domaine législatif illimité correspond plutôt aux IIIe et IVe Républiques.

47. Quelle matière l’article 34 confie-t-il au législateur en lien direct avec les libertés publiques ?

La détermination de toutes les modalités administratives d’exécution des politiques publiques.
La gestion quotidienne des services publics chargés de protéger les droits des citoyens.
La fixation des règles relatives aux droits civiques et aux garanties fondamentales des libertés publiques.
La définition des mesures individuelles prises par les autorités administratives en matière de libertés.

La fixation des règles relatives aux droits civiques et aux garanties fondamentales des libertés publiques.

Explication

L’article 34 réserve à la loi la fixation des règles concernant les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques. Les modalités détaillées d’application peuvent ensuite relever du pouvoir réglementaire.

48. Que désigne l’incompétence négative du législateur ?

Le fait de laisser au juge constitutionnel le soin de déterminer le contenu d’une garantie législative.
Le fait d’adopter une loi contraire à une disposition constitutionnelle relative aux libertés publiques.
Le fait de réglementer une matière qui appartient normalement au domaine réservé du pouvoir réglementaire.
Le fait de ne pas exercer une compétence législative et de renvoyer au règlement des règles qui devraient relever de la loi.

Le fait de ne pas exercer une compétence législative et de renvoyer au règlement des règles qui devraient relever de la loi.

Explication

Il y a incompétence négative lorsque le législateur s’abstient de fixer les règles relevant de sa compétence et laisse cette tâche au pouvoir réglementaire. L’adoption d’une loi contraire à la Constitution relève d’un autre type de difficulté juridique.

49. Pourquoi la rigidité constitutionnelle protège-t-elle les droits et libertés ?

Elle confie aux juridictions administratives la révision des droits protégés par la Constitution.
Elle rend leur modification plus difficile en soumettant la Constitution à une procédure distincte de celle des lois ordinaires.
Elle permet au législateur ordinaire de modifier rapidement les garanties constitutionnelles selon les besoins politiques.
Elle interdit toute évolution des droits et libertés dès lors qu’ils figurent dans la Constitution.

Elle rend leur modification plus difficile en soumettant la Constitution à une procédure distincte de celle des lois ordinaires.

Explication

La rigidité constitutionnelle impose une procédure de révision plus complexe que celle des lois ordinaires, ce qui renforce la stabilité des droits et libertés. Elle ne rend toutefois pas ces droits totalement immuables.

50. Quelle séquence correspond à la procédure de révision prévue par l’article 89 de la Constitution ?

Les deux chambres adoptent le même texte, puis il est approuvé par référendum ou par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes.
Le Gouvernement adopte le texte, puis le Conseil constitutionnel l’approuve avant un vote à la majorité simple du Parlement.
Le Congrès adopte le texte à la majorité absolue, puis un référendum devient obligatoire dans chaque cas.
L’Assemblée nationale adopte le texte, puis le Sénat le modifie avant une approbation présidentielle sans autre vote.

Les deux chambres adoptent le même texte, puis il est approuvé par référendum ou par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes.

Explication

L’article 89 exige d’abord une adoption dans les mêmes termes par les deux chambres, puis une approbation par référendum ou, sur décision du président de la République, par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le référendum constitue donc la voie de principe, avec une voie alternative par le Congrès.

51. Quel lien la Charte de San Francisco de 1945 établit-elle entre droits de l’homme et coopération internationale ?

Elle réserve la protection des droits fondamentaux aux relations économiques entre les États membres de l’ONU.
Elle subordonne la protection des libertés à l’adoption préalable d’une constitution identique par tous les États.
Elle transforme les déclarations internationales relatives aux libertés en règles directement applicables dans chaque ordre juridique.
Elle associe la promotion des droits de l’homme à la coopération destinée à maintenir la paix et la sécurité internationales.

Elle associe la promotion des droits de l’homme à la coopération destinée à maintenir la paix et la sécurité internationales.

Explication

La Charte de San Francisco relie la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales à la coopération internationale pour préserver la paix et la sécurité. Elle ne confère pas, par elle-même, un effet direct à toutes les déclarations internationales en droit interne.

52. Quelle est la portée principale de la Déclaration universelle des droits de l’homme en droit français ?

Elle possède principalement une portée symbolique et politique, sans effet direct selon la jurisprudence administrative française.
Elle produit automatiquement les mêmes effets qu’une loi française dès son adoption par l’Assemblée générale de l’ONU.
Elle impose directement aux juridictions françaises toutes les obligations détaillées applicables aux États signataires.
Elle constitue un traité international directement invocable dès lors qu’elle énonce une liberté fondamentale.

Elle possède principalement une portée symbolique et politique, sans effet direct selon la jurisprudence administrative française.

Explication

Adoptée le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle possède principalement une portée symbolique et politique et n’a pas d’effet direct en droit français selon l’arrêt Élections de Nolay. Son importance internationale ne suffit donc pas à lui conférer la valeur d’un traité directement applicable.

53. Quelle différence caractérise les deux Pactes internationaux adoptés en 1966 ?

Le Pacte relatif aux droits économiques et sociaux impose des obligations directement opératoires, tandis que celui relatif aux droits civils et politiques reste principalement symbolique.
Le Pacte relatif aux droits civils et politiques concerne principalement les politiques économiques, tandis que l’autre protège les libertés individuelles.
Les deux Pactes ont une portée identique, car ils formulent des obligations générales dépourvues de mécanismes de mise en œuvre.
Le Pacte relatif aux droits économiques et sociaux repose surtout sur des obligations de moyens, tandis que celui relatif aux droits civils et politiques impose des obligations plus précises.

Le Pacte relatif aux droits économiques et sociaux repose surtout sur des obligations de moyens, tandis que celui relatif aux droits civils et politiques impose des obligations plus précises.

Explication

Les Pactes de 1966 se distinguent par la nature de leurs obligations : le Pacte relatif aux droits économiques et sociaux formule surtout des obligations de moyens générales, tandis que celui relatif aux droits civils et politiques contient des obligations plus précises et directement opératoires. La confusion consiste à attribuer cette dernière caractéristique au Pacte économique et social.

54. Quelle fonction le Comité des droits de l’homme des Nations unies exerce-t-il à l’égard du Pacte relatif aux droits civils et politiques ?

Il examine les rapports des États, formule des observations ou recommandations et peut recevoir des communications individuelles sous certaines conditions.
Il annule directement les lois nationales incompatibles avec le Pacte et impose une nouvelle rédaction aux parlements concernés.
Il remplace les juridictions nationales pour juger en première instance les violations alléguées des droits civils.
Il adopte les constitutions des États parties et contrôle préalablement toutes leurs décisions administratives.

Il examine les rapports des États, formule des observations ou recommandations et peut recevoir des communications individuelles sous certaines conditions.

Explication

Le Comité examine les rapports réguliers des États parties et formule des observations ou recommandations ; il peut aussi recevoir des communications individuelles lorsque le protocole additionnel pertinent a été accepté. Il ne constitue pas une juridiction internationale chargée d’annuler directement les lois nationales.

55. Quel traité a créé le Conseil de l’Europe le 5 mai 1949 ?

Le traité de Lisbonne
Le Traité de Rome
Le Traité de Maastricht
Le Traité de Londres

Le Traité de Londres

Explication

Le Traité de Londres du 5 mai 1949 a institué le Conseil de l’Europe comme organisation d’États attachés à l’État de droit démocratique et libéral. Le Traité de Rome concerne la création de la Convention européenne des droits de l’homme dans les données étudiées, et non celle du Conseil de l’Europe.

56. Quelle affirmation décrit correctement la création et la ratification de la Convention européenne des droits de l’homme ?

Elle a été créée par le Traité de Londres le 5 mai 1949 et ratifiée par la France le 3 mai 1974.
Elle a été créée par le Traité de Rome le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France le 3 mai 1974.
Elle a été créée par le Traité de Rome le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France le 1er novembre 1998.
Elle a été créée par le traité de Lisbonne et ratifiée par la France le 4 novembre 1950.

Elle a été créée par le Traité de Rome le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France le 3 mai 1974.

Explication

La Convention européenne des droits de l’homme a été créée par le Traité de Rome du 4 novembre 1950, puis ratifiée par la France le 3 mai 1974. Le Traité de Londres a créé le Conseil de l’Europe, tandis que le 1er novembre 1998 correspond à l’entrée en vigueur d’une réforme institutionnelle.

57. Quelle différence caractérise les droits indérogeables et les droits soumis à une clause de nécessité dans la Convention européenne des droits de l’homme ?

Les premiers concernent les droits économiques, tandis que les seconds concernent les garanties pénales fondamentales.
Les premiers peuvent être restreints pour l’ordre public, tandis que les seconds bénéficient d’une protection sans condition.
Les premiers sont protégés par les juridictions nationales, tandis que les seconds relèvent de la Cour européenne.
Les premiers ne souffrent aucune dérogation, tandis que les seconds peuvent être restreints si la mesure est nécessaire dans une société démocratique.

Les premiers ne souffrent aucune dérogation, tandis que les seconds peuvent être restreints si la mesure est nécessaire dans une société démocratique.

Explication

Les droits indérogeables bénéficient du niveau de protection le plus élevé, alors que les droits soumis à une clause de nécessité peuvent faire l’objet de restrictions répondant à cette condition. La distinction repose donc sur le régime juridique des restrictions, et non sur la nature économique ou institutionnelle des droits.

58. Quelle condition doit être remplie avant la saisine individuelle de la Cour européenne des droits de l’homme ?

Les voies de recours internes doivent avoir été épuisées.
L’État défendeur doit avoir reconnu une violation avant la requête.
La décision nationale doit avoir été annulée par une juridiction supérieure.
La Cour européenne doit être saisie comme juridiction d’appel nationale.

Les voies de recours internes doivent avoir été épuisées.

Explication

La saisine individuelle exige l’épuisement préalable des voies de recours internes. La Cour européenne n’est pas un quatrième degré de juridiction, car elle ne peut ni annuler ni réformer la décision nationale définitive.

59. Quel principe la CJCE a-t-elle affirmé dans l’arrêt Costa c/ Enel du 15 juillet 1964 ?

La compétence des constitutions nationales sur les actes communautaires.
La subordination du droit communautaire aux décisions des juridictions nationales.
La compétence exclusive du Conseil de l’Europe en matière de libertés.
La primauté du droit communautaire sur les droits nationaux.

La primauté du droit communautaire sur les droits nationaux.

Explication

Dans Costa c/ Enel, la CJCE affirme que le droit communautaire prime sur les droits nationaux. Cette solution pouvait toutefois susciter une inquiétude lorsque les ordres juridiques nationaux assuraient une protection élevée des libertés.

60. Quelle était la caractéristique initiale du droit communautaire européen par rapport au Conseil de l’Europe ?

Il poursuivait principalement l’intégration économique, tandis que le Conseil de l’Europe protégeait les droits et libertés.
Il appliquait la Convention européenne, tandis que le Conseil de l’Europe adoptait les règles commerciales.
Il contrôlait les constitutions nationales, tandis que le Conseil de l’Europe gérait le marché commun.
Il organisait principalement la protection des droits, tandis que le Conseil de l’Europe favorisait l’intégration économique.

Il poursuivait principalement l’intégration économique, tandis que le Conseil de l’Europe protégeait les droits et libertés.

Explication

Le droit communautaire initial était conçu comme un projet d’intégration économique, alors que la protection des droits et libertés relevait du Conseil de l’Europe. Les deux ensembles poursuivaient donc à l’origine des finalités institutionnelles différentes.

61. Comment la CJCE a-t-elle progressivement intégré les droits fondamentaux dans le droit communautaire ?

Elle les a intégrés directement dans les traités fondateurs, puis les a confiés au Conseil de l’Europe.
Elle les a subordonnés aux constitutions nationales dans Solange, puis les a consacrés dans Bosphorus.
Elle les a reconnus comme principes généraux dans Stauder, puis a systématisé cette protection dans Internationale Handelsgesellschaft.
Elle a reconnu leur primauté dans Costa c/ Enel, puis a supprimé le contrôle des actes communautaires dans Stauder.

Elle les a reconnus comme principes généraux dans Stauder, puis a systématisé cette protection dans Internationale Handelsgesellschaft.

Explication

L’arrêt Stauder du 12 novembre 1969 reconnaît les droits fondamentaux comme principes généraux du droit communautaire, et l’arrêt Internationale Handelsgesellschaft du 17 décembre 1970 systématise cette solution. L’arrêt Costa c/ Enel traite principalement de la primauté du droit communautaire, tandis que Solange et Bosphorus relèvent d’autres juridictions.

62. Quelle évolution oppose les arrêts Solange I et Solange II de la Cour constitutionnelle allemande ?

Solange I maintient un contrôle constitutionnel allemand, tandis que Solange II l’abandonne après l’amélioration de la protection européenne.
Solange I abandonne le contrôle constitutionnel allemand, tandis que Solange II le rétablit face à la primauté communautaire.
Solange I contrôle la Convention européenne, tandis que Solange II contrôle les actes nationaux d’application.
Solange I consacre la Charte de l’Union, tandis que Solange II reconnaît la compétence de la Cour européenne.

Solange I maintient un contrôle constitutionnel allemand, tandis que Solange II l’abandonne après l’amélioration de la protection européenne.

Explication

Dans Solange I, la Cour constitutionnelle allemande se réserve le contrôle du droit dérivé tant que la protection communautaire n’est pas équivalente à celle de la Loi fondamentale. Dans Solange II, elle estime que l’amélioration de cette protection rend ce contrôle national inutile.

63. Dans quelle situation la présomption de respect de la CEDH issue de l’arrêt Bosphorus peut-elle jouer ?

Lorsqu’une institution européenne reconnaît elle-même une violation manifeste de la Convention européenne.
Lorsqu’un État applique le droit de l’Union sans disposer d’une marge de manœuvre, sauf insuffisance manifeste de la protection européenne.
Lorsqu’un État applique une règle de l’Union tout en pouvant librement choisir une mesure contraire à la CEDH.
Lorsqu’une juridiction nationale refuse d’appliquer le droit de l’Union pour protéger une garantie constitutionnelle.

Lorsqu’un État applique le droit de l’Union sans disposer d’une marge de manœuvre, sauf insuffisance manifeste de la protection européenne.

Explication

Selon Bosphorus, la présomption s’applique lorsque l’État ne dispose d’aucune marge de manœuvre dans l’application du droit de l’Union, et elle peut être renversée en cas d’insuffisance manifeste de la protection européenne. La présence d’un véritable choix national affaiblit donc les conditions de cette présomption.

64. Quel effet l’article 6 §1 du TUE, issu du traité de Lisbonne, attribue-t-il à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ?

Il lui reconnaît la même valeur juridique que les traités de l’Union.
Il la place au-dessous des actes législatifs ordinaires de l’Union.
Il la transforme en convention distincte du droit de l’Union.
Il réserve son application aux relations entre États membres.

Il lui reconnaît la même valeur juridique que les traités de l’Union.

Explication

L’article 6 §1 du TUE confère à la Charte la même valeur juridique que les traités, ce qui en fait l’instrument de référence de la protection des droits fondamentaux dans l’Union. Elle ne constitue donc pas une simple déclaration dépourvue de valeur juridique équivalente.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 87 flashcards sur État de droit et protection des libertés.

Selon Lalande, qu'est-ce que la liberté ?

L'absence de contrainte étrangère, faire ce qu'on veut et non ce que veut un autre.

À quoi la liberté est-elle liée dans une collectivité humaine ?

Elle concerne l'individu et sa relation avec autrui.

Qu'est-ce que la liberté sociale ?

Une liberté inscrite dans le contexte d'une collectivité donnée avec des règles spécifiques.

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