★ À maîtriser
📌 La liberté concerne à la fois l’individu et sa relation avec autrui, car elle n’a de sens que dans une collectivité humaine organisée.
Compléments
📌 L’État est la forme moderne de l’organisation politique et constitue une gigantesque machine juridique que les révolutionnaires libéraux cherchent à programmer selon les principes du libéralisme politique.
Liberté sans contrainte étrangère ≠ liberté sociale dans une collectivité
★ À maîtriser
📌 Pour les Anciens Grecs, la liberté comprend une dimension externe d’indépendance de la cité et une dimension interne de démocratie.
📌 À l’intérieur du pomérium, le ius limite l’imperium du magistrat et interdit notamment la mise à mort, tandis qu’à l’extérieur de Rome le magistrat retrouve son pouvoir de vie et de mort dans le domaine de la guerre.
Compléments
📌 Dans la conception grecque, le citoyen n’a pas de droits subjectifs face à la cité, mais seulement des devoirs sacrés envers une collectivité politique divinisée.
Indépendance extérieure et démocratie intérieure
★ À maîtriser
📌 Le message chrétien est à la fois universel, car il s’adresse à tous, et individualiste, car il s’adresse à chaque individu en tant que tel, indépendamment de son appartenance politique.
📌 Selon Saint Augustin, le pouvoir politique est légitime parce qu’il a été voulu par Dieu, ce qui rend légitime pour le chrétien d’obéir à son prince ou à son seigneur.
📌 Dans la pensée de Saint Thomas d’Aquin, un pouvoir politique chrétien doit s’exercer raisonnablement parce que Dieu a doté l’être humain de la raison.
Compléments
Individu et raison → pouvoir politique soumis à des conditions de légitimité
À la fin du XVIIe siècle, les Lumières critiquent le renforcement du pouvoir monarchique et refusent que le prince gouverne selon son caprice.
Dans le Traité sur le gouvernement civil de 1690, John Locke affirme qu’un pouvoir politique conforme à la raison repose sur des lois générales et impersonnelles.
📌 Dans le libéralisme politique, l’individu est une fin en soi, tandis que la société politique est un moyen créé pour satisfaire les intérêts et les besoins des individus.
📌 Le volet institutionnel du libéralisme politique cherche à limiter le pouvoir existant, tandis que le volet matériel réfléchit aux conditions idéales de légitimité des règles communes à travers le contrat social.
La séparation des pouvoirs distingue les fonctions législative, exécutive et judiciaire, les confie à des organes différents et les oblige à coopérer, ce qui rend l’exercice du pouvoir plus difficile et limite son intervention. — Montesquieu
Dans Le Contrat social, Jean-Jacques Rousseau cherche à déterminer comment une association politique peut protéger les personnes et les biens tout en permettant à chacun de n’obéir qu’à lui-même et de rester aussi libre qu’auparavant. — Jean Jacques Rousseau
Gouvernement par caprice ≠ gouvernement réglé par des lois
📌 Le contrat social cherche à fusionner la volonté individuelle et la volonté du corps social afin qu’obéir à la règle commune revienne à obéir à sa propre volonté raisonnable. — Rousseau
📌 Pour produire la volonté générale, la délibération doit être universelle et porter sur l’ensemble de la collectivité plutôt que sur un individu ou un groupe particulier. — Rousseau, Contrat social
Raison individuelle → volonté générale → liberté politique
★ À maîtriser
L’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, l’égalité étant présentée comme le corollaire de la liberté.
L’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme que le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme.
📌 L’article 6 de la Déclaration fait de la loi l’expression de la volonté générale et permet à tous les citoyens de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation; la loi doit être la même pour tous.
Compléments
📌 La Déclaration distingue les libertés, qui sont des activités pouvant être exercées sans empêchement du pouvoir, et les droits, qui sont des prérogatives reconnues aux individus dans leurs relations avec la puissance publique.
Liberté abstraite versus libertés juridiquement garanties
★ À maîtriser
La IIIe République a durablement installé le parlementarisme et le légicentrisme, en faisant du Parlement l’institution centrale chargée de produire la loi et de garantir les libertés publiques.
Le régime de Vichy a montré qu’un régime autoritaire pouvait s’installer légalement, par l’auto-dissolution de la IIIe République et dans le respect de ses règles institutionnelles.
Compléments
IIIe République → État légal → Vichy
★ À maîtriser
📌 Dans l’État de droit, les institutions ne disposent que des compétences attribuées par la Constitution dans des domaines et selon des procédures déterminés.
Le contrôle juridictionnel permet à un juge de vérifier que les institutions respectent les limites de leurs compétences et les droits et libertés garantis par la Constitution.
La Constitution française du 4 octobre 1958 fonde l’exercice du pouvoir politique et contient des droits et libertés juridiquement suprêmes que les institutions doivent respecter.
Compléments
📌 L’ordre juridique français protège les droits et libertés par une double garantie, interne au moyen du bloc de constitutionnalité et externe au moyen d’instruments internationaux contraignants.
État légal soumis à la loi versus État de droit soumis à la Constitution
Préambule de 1958 → DDHC → Préambule de 1946 → PFRLR → Charte de l’environnement
★ À maîtriser
📌 Les droits politiques protègent les citoyens contre le pouvoir par des obligations d’abstention, tandis que les droits économiques et sociaux imposent à l’État des prestations ou des interventions.
📌 Selon les articles 2, 3 et 5 de la DDHC, la liberté est le principe et l’interdiction l’exception, mais une loi peut encadrer l’exercice des libertés.
📌 La liberté individuelle, fondée sur l’article 66 de la Constitution, protège contre les mesures privatives de liberté placées sous le contrôle de l’autorité judiciaire, tandis que la liberté personnelle, notamment la liberté d’aller et venir, protège contre les restrictions de liberté.
Compléments
Liberté individuelle = privation de liberté ; liberté personnelle = restriction de liberté
★ À maîtriser
📌 Le Conseil constitutionnel considère que le respect de toutes les dispositions du Préambule de 1946 s’impose au législateur, mais leur portée concrète dépend largement de la loi et le Conseil constitutionnel ne se substitue pas aux choix de politique économique et sociale.
Compléments
📌 Dans sa décision n° 81-132 DC du 16 janvier 1982 relative à la loi de nationalisation, le Conseil constitutionnel concilie l’article 17 de la DDHC et l’alinéa 9 du Préambule de 1946 en maintenant l’exigence d’indemnisation, sauf erreur manifeste dans la qualification opérée par le législateur.
📌 Le principe de précaution de l’article 5 de la Charte de l’environnement s’adresse principalement aux autorités publiques, en particulier au législateur.
1789 protège contre l’État ; 1946 et 2005 imposent une action de l’État
📌 Sous la IIIe et la IVe République, la loi avait un champ d’action illimité et protégeait les libertés contre l’arbitraire de l’exécutif, tandis que la Ve République délimite le domaine de la loi.
📌 L’article 34 de la Constitution détermine les matières relevant de la loi, notamment les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques, tandis que l’article 37 attribue au pouvoir réglementaire une compétence de principe dans les autres matières.
Sous la IIIe République, la loi libère ; sous la Ve République, la loi est cantonnée
★ À maîtriser
📌 Sous la Ve République, l’article 34 attribue au législateur une compétence limitée aux domaines constitutionnellement définis, tandis que l’article 37 reconnaît au pouvoir réglementaire une compétence de principe dans les autres domaines.
📌 L’article 34 de la Constitution confie à la loi la fixation des règles concernant les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques.
Compléments
L’article 34 place notamment dans le domaine de la loi:
Dans sa décision du 13 mars 2003, relative à la loi pour la sécurité intérieure, le Conseil constitutionnel a rappelé que le législateur doit exercer sa compétence et définir précisément l’objet de ses dispositions.
Dans sa décision du 21 avril 2005, relative à la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école, le Conseil constitutionnel a rappelé que la loi ne peut pas se défausser sur d’autres institutions lorsque la Constitution lui confie l’établissement de règles.
IIIe-IVe République : loi illimitée ; Ve République : loi cantonnée
📌 La rigidité constitutionnelle, qui soumet la révision de la Constitution à une procédure plus complexe que celle des lois ordinaires, constitue une garantie des droits et libertés en rendant leur modification plus difficile.
Révision constitutionnelle difficile → protection renforcée des droits et libertés
★ À maîtriser
📌 Les Pactes de 1966 distinguent un Pacte relatif aux droits économiques et sociaux, formulé en obligations de moyens générales et principalement symboliques, et un Pacte relatif aux droits civils et politiques, qui énonce des obligations plus précises et directement opératoires.
Compléments
ONU → DUDH → Pactes de 1966 → surveillance internationale
★ À maîtriser
La Convention européenne des droits de l’homme établit trois niveaux de protection:
Les droits les plus fortement protégés sont:
Depuis la réforme du onzième protocole entrée en vigueur le 1er novembre 1998, la Commission européenne des droits de l’homme a été supprimée, la Cour européenne des droits de l’homme est devenue l’institution unique et sa compétence est obligatoire pour les États parties.
📌 La saisine individuelle de la Cour européenne des droits de l’homme suppose l’épuisement des voies de recours internes, et la Cour ne constitue pas un quatrième degré de juridiction car elle ne peut ni annuler ni réformer la décision nationale définitive.
Compléments
Conseil de l’Europe et CEDH ≠ Union européenne
★ À maîtriser
À l’origine, le droit communautaire européen était un projet d’intégration économique sans référence aux droits et libertés fondamentaux, tandis que le Conseil de l’Europe était chargé de leur protection.
Dans l’arrêt Costa c/ Enel du 15 juillet 1964, la Cour de justice des Communautés européennes a affirmé le principe de primauté du droit communautaire sur les droits nationaux. — CJCE
Compléments
Primauté sans garanties initiales → réaction des juridictions constitutionnelles
Les traités fondateurs des Communautés européennes ne contenaient aucune référence aux droits et libertés fondamentaux, car le projet européen était initialement principalement économique.
La CJCE a intégré la protection des droits et libertés aux principes généraux du droit communautaire dans l’arrêt Stauder du 12 novembre 1969, puis a systématisé cette solution dans l’arrêt Internationale Handelsgesellschaft mbH du 17 décembre 1970 en affirmant qu’un acte communautaire contraire à ces droits devait être annulé.
📌 Dans l’arrêt Solange du 29 mai 1974, la Cour constitutionnelle allemande affirme qu’elle contrôlera le droit dérivé au regard de la Loi fondamentale aussi longtemps que l’ordre communautaire n’offrira pas une protection des droits et libertés équivalente à celle de l’ordre constitutionnel allemand, avant d’abandonner ce contrôle dans l’arrêt Solange II du 22 octobre 1986.
📌 Selon l’arrêt CEDH Bosphorus du 30 juin 2005, un État membre qui applique le droit de l’Union est présumé respecter la CEDH, mais cette présomption ne s’applique que si l’État ne dispose d’aucune marge de manœuvre et elle peut être renversée en cas d’insuffisance manifeste de la protection européenne.
L’article 6 §1 du TUE, issu du traité de Lisbonne, confère à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne la même valeur juridique que les traités, ce qui en fait l’instrument de référence de la protection des droits fondamentaux dans l’Union.
Le Conseil constitutionnel a reconnu la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation comme un principe à valeur constitutionnelle dans sa décision n° 94-343-344 DC du 27 juillet 1994, relative au respect du corps humain. — Loi relative au respect du corps humain
Les trois droits directement liés à la dignité humaine sont:
L’article 2 de la CEDH protège le droit à la vie, présenté comme prééminent et sacré, mais autorise une atteinte à la vie en cas d’actes licites de guerre ou d’emploi de la force absolument nécessaire au maintien de l’ordre public.
Dans l’arrêt Lambert et autres c/ France du 5 juin 2015, la CEDH a jugé que l’article 2 n’interdit pas l’arrêt de traitements maintenant artificiellement une personne en vie lorsque la procédure nationale prévoit des garanties suffisantes contre l’obstination déraisonnable.
Selon l’article 3 de la CEDH, tout emploi de la force physique qui n’est pas strictement nécessaire contre une personne privée de liberté porte atteinte à sa dignité et constitue un traitement inhumain ou dégradant.
Selon l’arrêt CEDH du 21 janvier 2011, MSS c/ France, un traitement est dégradant lorsqu’il humilie ou avilit l’individu, témoigne d’un manque de respect pour sa dignité humaine ou suscite des sentiments de peur, d’angoisse ou d’infériorité propres à briser sa résistance morale et physique.
Dans l’arrêt CEDH du 20 janvier 2020, JMB et autres c/ France, la France est condamnée pour le dysfonctionnement structurel de son système pénitentiaire et l’absence de recours effectif contre les conditions indignes de détention.
📌 Dans son arrêt du 8 juillet 2020, la Cour de cassation juge que des conditions d’emprisonnement indignes font obstacle au maintien en détention, même si les conditions d’application de cette règle sont strictes. — Cass Crim.
Primauté → principes généraux → Charte → adhésion à la CEDH
| Conception | Fondement | Rapport au pouvoir |
|---|---|---|
| Grecs | Indépendance de la cité et démocratie | Le citoyen participe collectivement au pouvoir |
| Romains | Protection par le ius | Le droit limite l’imperium |
| Chrétiens | Individu, Dieu et raison | Le pouvoir doit être légitime et raisonnable |
| Libéralisme politique | Nature humaine libre et raisonnable | Le pouvoir doit être régulé et limité |
| Élément | État légal | État de droit |
|---|---|---|
| Norme suprême | Loi | Constitution |
| Institution centrale | Parlement | Constitution et juge |
| Protection des libertés | Confiance dans la loi | Contrôle juridictionnel des institutions |
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1. Selon Lalande, comment peut-on définir la liberté ?
2. Pourquoi la liberté ne peut-elle pas être comprise comme un état totalement indépendant des relations sociales ?
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Selon Lalande, qu'est-ce que la liberté ?
L'absence de contrainte étrangère, faire ce qu'on veut et non ce que veut un autre.
À quoi la liberté est-elle liée dans une collectivité humaine ?
Elle concerne l'individu et sa relation avec autrui.
Qu'est-ce que la liberté sociale ?
Une liberté inscrite dans le contexte d'une collectivité donnée avec des règles spécifiques.
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