★ À maîtriser
📌 Selon l’article 111-2 du Code pénal, la loi détermine les crimes et les délits ainsi que les peines applicables à leurs auteurs, tandis que le règlement détermine les contraventions et leurs peines dans les limites fixées par la loi.
📌 Selon l’article 111-3 du Code pénal, nul ne peut être puni pour une infraction ou une peine qui n’est pas définie et prévue par la loi pour les crimes et délits, ou par le règlement pour les contraventions.
Compléments
Légalité absolue : la loi fixe tout ; légalité relative : les textes utilisent parfois des notions ouvertes.
★ À maîtriser
📌 La légalité matérielle impose que les incriminations soient formulées en termes clairs et précis et que les peines prévues soient proportionnées et strictement nécessaires.
📌 La bande organisée suppose une organisation structurée entre les membres et une préméditation des infractions, à la différence de l’association de malfaiteurs, qui exige un groupement ou une entente préparant des crimes ou des délits punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement. — Conseil constitutionnel, 2 mars 2004
Compléments
📌 Le Conseil constitutionnel peut censurer une incrimination lorsque ses termes sont imprécis, comme il l’a fait pour le délit de harcèlement sexuel le 4 mai 2012, ce qui a conduit à son abrogation immédiate.
📌 Le Conseil constitutionnel peut éviter la censure par une réserve d’interprétation en imposant une interprétation déterminée du texte, comme pour les « droits » du salarié dans le délit de harcèlement moral.
Texte imprécis ou peine disproportionnée → risque d’arbitraire → contrôle constitutionnel.
★ À maîtriser
📌 L’article 111-4 du Code pénal dispose que la loi pénale est d’interprétation stricte.
📌 L’interprétation analogique transpose une règle à une situation similaire non comprise naturellement dans son domaine, tandis que l’interprétation in favorem est favorable à la personne poursuivie et peut constituer une exception admise.
Compléments
📌 La Cour de cassation a jugé le 29 juin 2001 que l’interprétation stricte de la loi pénale interdit d’étendre l’homicide involontaire au cas de l’enfant à naître, dont le régime juridique relève de textes particuliers sur l’embryon ou le fœtus.
📌 Pour les infractions occultes ou dissimulées, la loi du 27 février 2017 prévoit que la prescription ne peut excéder douze années pour les délits et trente années pour les crimes à compter du jour de la commission de l’infraction.
Analogie, littéralité, téléologie : trois voies d’interprétation à distinguer.
★ À maîtriser
📌 L’article 34 de la Constitution attribue au législateur la détermination des crimes et des délits ainsi que des peines qui leur sont applicables, tandis que l’article 37 réserve au pouvoir réglementaire ce qui ne relève pas de la loi.
📌 Le contrôle de constitutionnalité peut être exercé avant la promulgation de la loi ou après son entrée en vigueur au moyen d’une question prioritaire de constitutionnalité.
Compléments
📌 La Cour de cassation ou le Conseil d’État joue un rôle de filtre avant le renvoi d’une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel.
Article 34 : crimes, délits et peines ; article 37 : domaine réglementaire.
★ À maîtriser
Les contraventions et les classes dont elles relèvent sont déterminées par des décrets en Conseil d’État selon l’article R 610-1 du Code pénal.
Pour les règlements dérivés pris en application d’une loi, le pouvoir exécutif peut déterminer le comportement matériel constitutif de la contravention, mais la loi fixe la peine et le montant de l’amende selon la classe concernée.
L’article 111-5 du Code pénal permet aux juridictions pénales d’interpréter les actes administratifs et d’en apprécier la légalité lorsque cet examen conditionne la solution du procès pénal.
Compléments
📌 La violation des interdictions ou le manquement aux obligations prévus par des décrets ou arrêtés de police sont punis de l’amende prévue pour les contraventions de première classe selon l’article R 610-5 du Code pénal.
Règlement contraire à une norme supérieure → exception d’illégalité → écartement pour le procès.
★ À maîtriser
📌 En vertu de l’article 111-2 du Code pénal, le pouvoir exécutif peut déterminer le comportement matériel constitutif d’une contravention, mais la loi fixe les peines contraventionnelles et le montant de l’amende selon la classe de la contravention.
📌 La voie d’action devant le juge administratif doit être exercée dans un délai de deux mois et produit une décision à autorité absolue, tandis que la voie d’exception devant le juge pénal n’est enfermée dans aucun délai et produit une décision à autorité relative.
Compléments
Le Conseil constitutionnel a interdit au pouvoir réglementaire d’assortir les incriminations contraventionnelles de peines privatives de liberté dans sa décision n° 73-80 du 23 novembre 1973.
L’exception d’illégalité ne peut normalement pas être présentée pour la première fois devant la cour d’appel, mais le juge répressif peut relever d’office l’illégalité d’un acte administratif fondant les poursuites, selon l’arrêt de la Cour de cassation du 7 juin 1995.
Déclenchement → compétence → validité → conséquences
★ À maîtriser
Selon l’article 55 de la Constitution, les traités régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés ont une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application réciproque par l’autre partie.
Le droit communautaire est directement applicable dans le droit interne depuis l’arrêt Van Gend en Loos du 5 février 1963 et prime toute règle nationale incompatible depuis l’arrêt Costa c/ Enel du 15 juillet 1964.
Le droit de l’Union décrit parfois le comportement interdit, tandis que le droit pénal interne édicte la peine applicable, ce qui entraîne un éclatement de l’incrimination.
Compléments
La Cour de cassation a reconnu la primauté des traités dans l’arrêt Société des cafés Jacques Vabre du 24 mai 1975, puis le Conseil d’État l’a consacrée dans l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989.
La chambre criminelle de la Cour de cassation reconnaît au juge le pouvoir d’interpréter les traités internationaux sans solliciter l’avis d’une autorité non juridictionnelle depuis son arrêt du 11 février 2004.
Traité supérieur à la loi ; droit communautaire directement applicable et prioritaire
★ À maîtriser
📌 La CESDH distingue les droits absolus, qui ne peuvent être restreints ou suspendus, des droits relatifs, qui peuvent être limités par les États membres.
📌 La Cour européenne exige qu’une infraction soit définie de manière suffisamment claire pour que le justiciable puisse prévoir, à partir du texte et de son interprétation judiciaire, quels actes ou omissions engagent sa responsabilité pénale.
Compléments
Violation de la Convention → condamnation de l’État → satisfaction équitable ou réexamen
★ À maîtriser
Selon l’article 112-1 du Code pénal, seuls sont punissables les faits constitutifs d’une infraction à la date où ils ont été commis et seules les peines légalement applicables à cette date peuvent être prononcées.
Les dispositions pénales nouvelles moins sévères s’appliquent aux infractions commises avant leur entrée en vigueur lorsqu’elles n’ont pas donné lieu à une condamnation passée en force de chose jugée.
Lorsqu’un texte pénal nouveau est complexe et indivisible, le juge peut porter une appréciation globale sur sa sévérité, tandis qu’un texte divisible fait l’objet d’une application distributive de ses différentes dispositions.
Compléments
La non-rétroactivité est notamment protégée par:
Dans l’arrêt Scoppola c/ Italie du 17 septembre 2009, la CEDH a reconnu que l’article 7 de la Convention consacre également la rétroactivité de la loi pénale plus douce.
Loi plus sévère : jamais rétroactive ; loi plus douce : rétroactive
★ À maîtriser
📌 Les lois pénales de forme, qui concernent la procédure pénale et l’exécution des peines, sont en principe d’application immédiate aux infractions commises avant leur entrée en vigueur.
Compléments
📌 Selon l’article 112-4 du Code pénal, l’application immédiate de la loi nouvelle ne remet pas en cause la validité des actes accomplis conformément à la loi ancienne.
Compétence → procédure → exécution → prescription
★ À maîtriser
Selon l’article 113-2 du Code pénal, la loi pénale française est applicable aux infractions commises sur le territoire de la République.
La loi pénale française s’applique aux infractions commises à bord des navires battant pavillon français ou à leur encontre, où qu’ils se trouvent, et elle est seule applicable aux navires de la marine nationale.
Une infraction est réputée commise sur le territoire de la République dès lors qu’un de ses faits constitutifs a eu lieu sur ce territoire.
Compléments
Le territoire français s’étend au sol, à l’air, à la mer et aux navires français
★ À maîtriser
Selon l’article 113-6 du Code pénal, la loi française s’applique à tout crime commis par un Français à l’étranger et aux délits commis par un Français à l’étranger lorsqu’ils sont également incriminés dans le pays où les faits ont été commis.
La personnalité passive permet d’appliquer la loi française à une infraction commise à l’étranger lorsque la victime est française, conformément à l’article 113-7 du Code pénal.
Selon l’article 113-10 du Code pénal, la loi française s’applique à l’étranger aux crimes et délits portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, aux symboles monétaires ou aux agents et locaux diplomatiques ou consulaires français.
La loi pénale française peut s’appliquer à un crime ou à un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement commis à l’étranger par un étranger lorsque son extradition a été refusée pour des motifs liés à l’ordre public, aux garanties fondamentales de procédure ou au caractère politique de l’infraction.
Compléments
📌 La compétence universelle permet aux juridictions françaises de poursuivre et juger une personne présente en France pour certaines infractions commises à l’étranger en application de conventions internationales.
📌 Dans le cas d’un refus d’extradition, les poursuites ne peuvent être exercées qu’à la requête du ministère public et doivent être précédées d’une dénonciation officielle transmise par le ministre de la Justice.
Personnelle → réelle → universelle → refus d’extradition
| Norme | Compétence | Contenu |
|---|---|---|
| Loi | Législateur | Crimes, délits et peines applicables |
| Règlement | Pouvoir exécutif | Contraventions et classes, dans les limites de la loi |
| Voie | Délai | Autorité de la décision |
|---|---|---|
| Action administrative | Deux mois | Absolue |
| Exception pénale | Aucun délai | Relative |
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1. Que requiert le principe de légalité des délits et des peines pour qu’une personne puisse être condamnée ?
2. Quelle répartition l’article 111-2 du Code pénal établit-il entre la loi et le règlement ?
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Qu'exige le principe de légalité des délits et des peines ?
Qu'une infraction et sa peine soient prévues par un texte antérieur.
Quelle décision a reconnu la valeur constitutionnelle du principe de légalité ?
La décision « sécurité et liberté » du Conseil constitutionnel du 20 janvier 1981.
Qu'impose la légalité matérielle concernant les incriminations ?
Elles doivent être formulées en termes clairs et précis.
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