QCM : Fondements du droit administratif — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle branche du droit a pour objet l’administration ?

Le droit pénal
Le droit commercial
Le droit privé
Le droit public

Le droit public

Explication

Le droit administratif appartient au droit public et prend l’administration pour objet. Le droit privé régit principalement les rapports entre personnes privées, ce qui ne correspond pas à cette définition.

2. Quelle idée exprime l’étymologie latine du terme « administration » ?

Déterminer les orientations politiques
Servir l’État
Représenter les citoyens
Diriger les partis

Servir l’État

Explication

Le terme vient de « administrare », qui signifie servir, ce qui souligne la fonction de l’administration au service de l’État. La détermination des grandes orientations politiques relève plutôt du gouvernement.

3. Selon le critère organique, comment l’administration est-elle principalement définie ?

Comme une juridiction chargée de trancher les litiges
Comme un réseau d’entreprises poursuivant un intérêt commercial
Comme un ensemble d’organes exécutant des tâches publiques
Comme un ensemble de citoyens exerçant des activités privées

Comme un ensemble d’organes exécutant des tâches publiques

Explication

Le critère organique considère l’administration comme un ensemble d’organes conduisant ou exécutant des tâches publiques, notamment par l’intermédiaire de personnes morales de droit public. Une juridiction a pour fonction principale de juger les litiges, et non d’administrer.

4. Quelle distinction caractérise les personnes morales de droit public général et les personnes morales de droit public spécialisées ?

Les premières exercent une mission limitée, les secondes dirigent le territoire national
Les premières dépendent d’un établissement public, les secondes représentent les citoyens
Les premières ont une compétence large, les secondes une mission spécifique
Les premières sont privées, les secondes sont nécessairement commerciales

Les premières ont une compétence large, les secondes une mission spécifique

Explication

L’État et les collectivités territoriales relèvent du droit public général, tandis que les personnes publiques spécialisées sont chargées d’un service public déterminé. La spécialisation porte donc sur la mission, et non sur le caractère privé ou commercial de l’organisme.

5. Quelles entités sont des collectivités territoriales ?

Les ministères, les tribunaux et les préfectures
Les communes, les départements et les régions
Les établissements publics, les associations et les sociétés
Les entreprises publiques, les syndicats et les fondations

Les communes, les départements et les régions

Explication

Les collectivités territoriales comprennent les communes, les départements et les régions. Les ministères et les préfectures sont des services de l’État, tandis que les autres catégories citées ne correspondent pas à cette définition.

6. Qu’est-ce qu’un établissement public ?

Une collectivité territoriale disposant d’une compétence générale sur un territoire
Un service administratif dépourvu de personnalité juridique propre
Une personne publique chargée d’une mission spécifique et rattachée à une personne publique générale
Une société privée exerçant une activité commerciale pour le compte de l’État

Une personne publique chargée d’une mission spécifique et rattachée à une personne publique générale

Explication

Un établissement public possède la personnalité morale de droit public, accomplit une mission spécifique et reste rattaché à une personne publique générale. Une collectivité territoriale dispose, quant à elle, d’une compétence territoriale et d’une autonomie propres.

7. Quelle décision a reconnu qu’une personne privée pouvait prendre en charge une activité de service public ?

CE, Assemblée, Blanco, 8 février 1873
CE, Assemblée, Dame Lamotte, 17 février 1950
CE, Assemblée, Caisse primaire Aide et Protection, 13 mai 1938
CE, Assemblée, Nicolo, 20 octobre 1989

CE, Assemblée, Caisse primaire Aide et Protection, 13 mai 1938

Explication

La décision Caisse primaire Aide et Protection, rendue par l’Assemblée du Conseil d’État le 13 mai 1938, admet qu’une personne privée puisse gérer une activité de service public. Les autres décisions proposées portent sur d’autres questions du droit administratif.

8. Comment définir l’intérêt général dans le cadre administratif ?

La préférence politique exprimée par une majorité électorale
L’intérêt de tous poursuivi de manière désintéressée
L’avantage économique recherché par une entreprise déterminée
L’intérêt propre d’un individu ou d’un groupe limité

L’intérêt de tous poursuivi de manière désintéressée

Explication

L’intérêt général correspond à la somme des intérêts communs d’un grand nombre de citoyens et doit être poursuivi de manière désintéressée. L’intérêt particulier concerne au contraire un individu ou un groupe limité.

9. Quelle action assure directement une mission de service public, par opposition à la régulation et au contrôle ?

La gestion d’un service public
La surveillance d’une activité privée
L’orientation d’un secteur économique
La vérification du respect des règles

La gestion d’un service public

Explication

La gestion d’un service public consiste à assurer directement une mission destinée à satisfaire l’intérêt général. La régulation et le contrôle orientent ou surveillent les activités sans assurer nécessairement leur fonctionnement direct.

10. Quelle différence distingue une activité administrative juridique d’une activité administrative matérielle ?

La première édicte des actes, la seconde accomplit des opérations concrètes
La première relève du secteur privé, la seconde relève du secteur public
La première poursuit un intérêt privé, la seconde poursuit un intérêt collectif
La première concerne les collectivités, la seconde concerne les entreprises

La première édicte des actes, la seconde accomplit des opérations concrètes

Explication

Une activité administrative juridique peut consister à édicter un arrêté, tandis qu’une activité matérielle correspond à une opération concrète ; toutes deux visent l’intérêt général. La distinction repose donc sur la forme de l’activité, et non sur le bénéficiaire ou le statut de l’organisme.

11. Quelle distinction décrit correctement la différence entre gouverner et administrer ?

Gouverner applique les lois, tandis qu’administrer définit les règles générales.
Gouverner gère les services publics, tandis qu’administrer choisit les orientations politiques.
Gouverner fixe des politiques publiques, tandis qu’administrer les met en œuvre au quotidien.
Gouverner tranche les litiges, tandis qu’administrer exprime la volonté générale.

Gouverner fixe des politiques publiques, tandis qu’administrer les met en œuvre au quotidien.

Explication

Gouverner implique de déterminer des choix et des politiques publiques, alors qu’administrer consiste à les mettre en œuvre et à gérer les affaires publiques. La définition des règles générales relève plutôt de la fonction législative.

12. Quelle activité relève principalement de la fonction de légiférer plutôt que de la fonction d’administrer ?

Organiser l’exécution pratique d’une décision prise par les pouvoirs publics.
Mettre en œuvre une politique publique dans un secteur déterminé.
Poser des règles générales et impersonnelles exprimant la volonté générale.
Appliquer concrètement une loi à la gestion quotidienne d’un service public.

Poser des règles générales et impersonnelles exprimant la volonté générale.

Explication

Légiférer consiste pour le Parlement à poser des règles générales et impersonnelles exprimant la volonté générale. L’application concrète des lois et la mise en œuvre des politiques publiques relèvent de l’administration.

13. Une autorité doit trancher un conflit en faisant respecter une règle de droit : quelle fonction exerce-t-elle ?

La fonction de légiférer, qui consiste à poser une règle générale.
La fonction d’administrer, qui consiste à gérer une politique publique.
La fonction de juger, qui consiste à régler un conflit juridique.
La fonction de gouverner, qui consiste à déterminer une orientation collective.

La fonction de juger, qui consiste à régler un conflit juridique.

Explication

Juger consiste à trancher des conflits de droit en faisant respecter la règle juridique. Administrer vise plutôt la gestion et la mise en œuvre de l’action publique.

14. Quelle règle a été posée par la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Elle a fait du Conseil d’État le juge de droit commun de l’administration et soumis celle-ci au contrôle juridictionnel.
Elle a reconnu la compétence du juge administratif pour appliquer des règles distinctes du droit privé.
Elle a séparé les autorités administratives et judiciaires et interdit aux juges judiciaires de troubler l’action administrative.
Elle a instauré le recours pour excès de pouvoir contre les décisions administratives illégales.

Elle a séparé les autorités administratives et judiciaires et interdit aux juges judiciaires de troubler l’action administrative.

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 organise la séparation des fonctions administratives et judiciaires et interdit l’intervention des juges judiciaires dans les opérations administratives. La transformation du Conseil d’État en juge de droit commun date de 1872.

15. Quel effet la loi du 24 mai 1872 a-t-elle produit sur le Conseil d’État ?

Elle lui a interdit de connaître des litiges opposant l’administration aux particuliers.
Elle l’a soumis à la compétence générale des juridictions judiciaires.
Elle l’a chargé de voter les règles générales applicables à l’action administrative.
Elle l’a transformé en juge de droit commun de l’administration.

Elle l’a transformé en juge de droit commun de l’administration.

Explication

La loi du 24 mai 1872 fait du Conseil d’État le juge de droit commun de l’administration, ce qui renforce la soumission de celle-ci au droit et au juge. La loi de 1790 avait principalement séparé les autorités administratives et judiciaires.

16. Quelle affirmation caractérise l’apport de l’arrêt Blanco du 8 février 1873 ?

Il confie aux tribunaux judiciaires le règlement de tous les litiges liés aux services publics.
Il transforme le Conseil d’État en juge de droit commun de l’administration.
Il affirme la compétence du juge administratif pour appliquer des règles distinctes du droit commun.
Il établit que l’administration doit être jugée selon les règles ordinaires du droit privé.

Il affirme la compétence du juge administratif pour appliquer des règles distinctes du droit commun.

Explication

L’arrêt Blanco, rendu par le Tribunal des conflits, affirme que le juge administratif peut appliquer des règles et principes différents du droit commun. La transformation du Conseil d’État en juge de droit commun résulte de la loi de 1872.

17. Que signifie le principe de légalité administrative dans un État de droit ?

L’administration respecte les règles de droit privé, mais pas les normes propres au droit public.
L’administration doit respecter l’ensemble des règles de droit qui encadrent son action.
L’administration relève principalement de considérations politiques étrangères au contrôle juridique.
L’administration peut écarter les règles de droit lorsqu’elle poursuit un objectif d’intérêt général.

L’administration doit respecter l’ensemble des règles de droit qui encadrent son action.

Explication

Le principe de légalité administrative impose à l’administration de respecter l’ensemble des règles juridiques applicables. L’intérêt général ne dispense pas l’administration du respect du droit, même si certaines situations de crise peuvent aménager cette exigence.

18. Quelles conséquences peuvent découler d’une décision administrative illégale ?

Le juge peut la modifier directement, tandis que la responsabilité incombe automatiquement à l’agent.
Le juge doit la maintenir, tandis que l’administration perd toute compétence dans le domaine concerné.
Le juge peut la transmettre au Parlement, tandis que l’administration bénéficie d’une immunité financière.
Le juge peut l’annuler ou la responsabilité de l’administration peut être engagée.

Le juge peut l’annuler ou la responsabilité de l’administration peut être engagée.

Explication

L’annulation sanctionne l’acte administratif illégal, tandis que la responsabilité peut réparer les conséquences dommageables de l’action administrative. Ces deux mécanismes ont donc des fonctions différentes mais peuvent résulter d’une même illégalité.

19. Quel recours permet de contester la légalité d’un acte administratif ?

Le recours législatif, qui vise à soumettre chaque décision administrative au Parlement.
Le recours judiciaire ordinaire, qui vise à remplacer l’administration dans sa gestion.
Le recours en responsabilité, qui vise à obtenir l’adoption d’une nouvelle loi générale.
Le recours pour excès de pouvoir, qui vise à faire contrôler un acte administratif illégal.

Le recours pour excès de pouvoir, qui vise à faire contrôler un acte administratif illégal.

Explication

Le recours pour excès de pouvoir est une voie de recours destinée à contester un acte administratif illégal. Il se distingue du recours en responsabilité, qui vise principalement la réparation d’un dommage.

20. Que désigne la dualité juridictionnelle française ?

La répartition des juridictions entre deux degrés, tous deux chargés d’appliquer le droit privé.
La coexistence de deux administrations appliquant des règles identiques aux mêmes litiges.
La coexistence d’un ordre judiciaire et d’un ordre administratif, associés au droit privé et au droit public.
La séparation entre les juridictions nationales et les juridictions internationales compétentes en France.

La coexistence d’un ordre judiciaire et d’un ordre administratif, associés au droit privé et au droit public.

Explication

La dualité juridictionnelle repose sur deux ordres de juridictions : l’ordre judiciaire et l’ordre administratif, auxquels correspondent principalement le droit privé et le droit public. Elle ne désigne pas une simple différence de degré au sein d’un même ordre.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

Une branche du droit public dont l’administration est l’objet.

Qu'est-ce que l’administration selon son origine étymologique ?

Une entité au service de l’État dont le nom vient du latin « administrare » signifiant servir.

Que désigne le critère organique en droit administratif ?

Un ensemble d’organes conduisant ou exécutant des tâches publiques.

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