QCM : Fondements du droit administratif — 68 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi la définition du droit administratif comme droit applicable à l’administration est-elle insuffisante ?

Parce qu’il organise la mise en œuvre quotidienne des décisions gouvernementales
Parce qu’il peut s’appliquer sans administration et que l’administration peut relever du droit privé
Parce qu’il concerne les relations diplomatiques et échappe au contrôle du juge administratif
Parce qu’il est principalement jurisprudentiel et centré sur le Conseil d’État

Parce qu’il peut s’appliquer sans administration et que l’administration peut relever du droit privé

Explication

Cette définition est incomplète, car le droit administratif peut régir certaines situations dépourvues d’administration et l’administration peut parfois être soumise au droit privé. Le caractère jurisprudentiel du droit administratif décrit sa formation, mais ne répond pas à cette limite de définition.

2. Quelle caractéristique décrit principalement la formation du droit administratif ?

Il dépend principalement des décisions prises par les ministres en conseil
Il est principalement jurisprudentiel et centré sur le Conseil d’État
Il repose principalement sur des lois réunies dans un code administratif
Il est constitué principalement de règles issues des relations diplomatiques

Il est principalement jurisprudentiel et centré sur le Conseil d’État

Explication

Le droit administratif s’est principalement construit par la jurisprudence, avec un rôle central du Conseil d’État. L’idée d’un droit entièrement codifié méconnaît cette construction jurisprudentielle.

3. Quelle distinction oppose correctement la fonction gouvernementale et la fonction administrative ?

La première applique les décisions quotidiennes, tandis que la seconde fixe les orientations nationales
La première fixe les orientations nationales, tandis que la seconde prépare leur mise en œuvre quotidienne
La première exerce le contrôle juridictionnel, tandis que la seconde adopte les lois nationales
La première représente les usagers, tandis que la seconde conduit les relations diplomatiques

La première fixe les orientations nationales, tandis que la seconde prépare leur mise en œuvre quotidienne

Explication

La fonction gouvernementale définit les grandes orientations de la politique nationale, alors que la fonction administrative prépare leur application quotidienne. La fonction administrative n’a pas pour rôle principal d’adopter les lois ni d’exercer le contrôle juridictionnel.

4. Quel changement la loi du 24 mai 1872 a-t-elle apporté à la justice administrative ?

Elle a supprimé le Conseil d’État et transféré les recours administratifs aux juridictions judiciaires
Elle a limité le Conseil d’État à un rôle consultatif dans les affaires administratives
Elle a confié aux ministres le pouvoir de juger souverainement les recours contre l’administration
Elle a instauré la justice déléguée, permettant au Conseil d’État de statuer souverainement sur les recours

Elle a instauré la justice déléguée, permettant au Conseil d’État de statuer souverainement sur les recours

Explication

La loi du 24 mai 1872 a instauré la justice déléguée et permis au Conseil d’État de statuer souverainement sur les recours contentieux administratifs. Elle n’a donc pas réduit le Conseil d’État à une fonction consultative.

5. Quelle distinction caractérise l’administration centrale et l’administration territoriale de l’État ?

La première exerce les compétences communales, tandis que la seconde administre les établissements privés
La première dirige et coordonne, tandis que la seconde met en œuvre les politiques publiques sur le territoire
La première juge les litiges administratifs, tandis que la seconde contrôle les juridictions judiciaires
La première maintient l’ordre local, tandis que la seconde adopte les orientations générales du Gouvernement

La première dirige et coordonne, tandis que la seconde met en œuvre les politiques publiques sur le territoire

Explication

L’administration centrale assure la direction et la coordination, tandis que l’administration territoriale représente l’État et met en œuvre ses politiques sur le territoire. Les fonctions de jugement et de gestion communale ne définissent pas cette distinction.

6. Quelle fonction constitutionnelle appartient au Premier ministre en matière administrative ?

Il nomme les préfets, les ambassadeurs et les recteurs en vertu de l’article 13
Il est le chef de l’administration et dispose du pouvoir réglementaire en vertu de l’article 21
Il représente le Gouvernement dans chaque département et assure le maintien de l’ordre
Il exerce la clause générale de compétence des communes sur l’ensemble du territoire

Il est le chef de l’administration et dispose du pouvoir réglementaire en vertu de l’article 21

Explication

L’article 21 de la Constitution fait du Premier ministre le chef de l’administration et lui attribue le pouvoir réglementaire. Le pouvoir de nomination prévu par l’article 13 appartient au Président de la République.

7. Quel rôle revient au préfet de département ?

Il représente le Gouvernement dans le département et participe à la sécurité ainsi qu’au maintien de l’ordre
Il exerce la clause générale de compétence et règle les affaires de la commune
Il adopte les lois départementales et contrôle les décisions du Conseil d’État
Il dirige l’administration centrale et coordonne les services ministériels installés à Paris

Il représente le Gouvernement dans le département et participe à la sécurité ainsi qu’au maintien de l’ordre

Explication

Le préfet de département est le représentant du Gouvernement dans le département et exerce notamment des missions de sécurité et de maintien de l’ordre. Il ne dirige pas l’administration centrale et ne dispose pas d’un pouvoir législatif.

8. Quelle différence de compétence distingue les communes des départements et des régions ?

Les communes représentent l’État, tandis que départements et régions assurent principalement les missions diplomatiques
Les communes contrôlent les préfets, tandis que départements et régions dirigent l’administration centrale
Les communes exercent des compétences définies par la loi, tandis que départements et régions disposent d’une clause générale
Les communes ont une clause générale de compétence, tandis que départements et régions exercent des compétences définies par la loi

Les communes ont une clause générale de compétence, tandis que départements et régions exercent des compétences définies par la loi

Explication

Les communes bénéficient d’une clause générale de compétence, alors que les départements et les régions exercent principalement des compétences d’attribution prévues par la loi. Les collectivités territoriales ne se répartissent donc pas selon une fonction de représentation diplomatique ou de direction centrale.

9. Quel régime juridique s’applique principalement aux services publics industriels et commerciaux ?

Ils sont soumis au droit administratif et relèvent majoritairement du juge administratif
Ils relèvent du droit constitutionnel et sont contrôlés par le Conseil constitutionnel
Ils fonctionnent comme des entreprises privées et relèvent majoritairement du droit privé et du juge judiciaire
Ils appliquent le droit public dans leurs relations avec les usagers et le droit pénal dans les autres cas

Ils fonctionnent comme des entreprises privées et relèvent majoritairement du droit privé et du juge judiciaire

Explication

Les services publics industriels et commerciaux fonctionnent selon une logique proche de celle des entreprises privées et relèvent majoritairement du droit privé et de la juridiction judiciaire. Ce régime les distingue des services publics administratifs, davantage soumis au droit administratif.

10. Quel droit s’applique à la gestion du domaine privé de l’administration lorsque celle-ci agit comme un propriétaire privé ?

Le droit international public, avec la compétence des juridictions internationales
Le droit administratif, avec la compétence exclusive du Conseil d’État
Le droit privé, avec la compétence de la juridiction judiciaire
Le droit constitutionnel, avec la compétence du Conseil constitutionnel

Le droit privé, avec la compétence de la juridiction judiciaire

Explication

Lorsque l’administration gère son domaine privé comme un propriétaire privé, la gestion relève du droit privé et les litiges ressortissent à la juridiction judiciaire. Cette situation se distingue du régime applicable aux biens affectés à l’usage du public ou à un service public.

11. Quelle évolution l’arrêt du Conseil d’État du 13 mai 1938 a-t-il consacrée ?

Il a attribué aux juridictions judiciaires les litiges concernant les caisses de sécurité sociale
Il a réservé le droit administratif aux personnes publiques gérant directement un service public
Il a reconnu la compétence du juge administratif pour les actes législatifs du Parlement
Il a admis qu’une personne privée chargée d’un service public puisse être soumise au droit administratif

Il a admis qu’une personne privée chargée d’un service public puisse être soumise au droit administratif

Explication

L’arrêt du 13 mai 1938 reconnaît qu’une personne privée chargée d’une mission de service public, telle qu’une caisse de sécurité sociale, peut être soumise au droit administratif. Il ne réserve donc pas ce droit aux seules personnes publiques.

12. Dans quelle situation le Conseil d’État peut-il contrôler un acte lié au Parlement ou aux juridictions judiciaires ?

Lorsqu’il s’agit d’un acte administratif détachable de leur activité législative ou juridictionnelle
Lorsqu’il s’agit d’un acte participant directement à l’élaboration de la loi ou au jugement d’un litige
Lorsqu’il s’agit d’un acte privé concernant la gestion courante d’un propriétaire public
Lorsqu’il s’agit d’une décision politique relative aux relations diplomatiques de l’État

Lorsqu’il s’agit d’un acte administratif détachable de leur activité législative ou juridictionnelle

Explication

Le Conseil d’État peut contrôler les actes administratifs du Parlement et des juridictions judiciaires lorsqu’ils sont détachables de leur activité législative ou juridictionnelle. Les actes se rattachant directement à ces activités échappent à ce contrôle administratif.

13. Quelle règle l’arrêt Blanco du Tribunal des conflits, rendu le 8 février 1873, établit-il concernant la responsabilité de l’État ?

Elle dépend principalement des clauses prévues par les contrats publics.
Elle relève des règles ordinaires applicables aux particuliers.
Elle est déterminée par les principes généraux du droit pénal.
Elle obéit à des règles spéciales distinctes du Code civil.

Elle obéit à des règles spéciales distinctes du Code civil.

Explication

L’arrêt Blanco affirme que les dommages causés par le service public sont soumis à des règles spéciales, distinctes du Code civil. La responsabilité entre particuliers relève, quant à elle, du régime civil ordinaire.

14. Dans l’arrêt Blanco, comment le Tribunal des conflits comprend-il principalement la notion de service public ?

Comme une institution administrative fondant la compétence du juge administratif.
Comme une activité matérielle identique à toute activité d’intérêt général.
Comme une prérogative de contrainte exercée par une autorité administrative.
Comme un contrat conclu entre une personne publique et un particulier.

Comme une institution administrative fondant la compétence du juge administratif.

Explication

Dans Blanco, le service public est compris comme une institution administrative permettant de fonder la compétence du juge administratif. La conception matérielle du service public correspond à une relecture ultérieure de cette notion.

15. Quelle conséquence juridictionnelle découle de la solution retenue dans l’arrêt Blanco du 8 février 1873 ?

La responsabilité de l’État dépend d’une autorisation préalable du juge pénal.
La responsabilité de l’État relève de règles spéciales et de la juridiction administrative.
La responsabilité de l’État est traitée comme celle d’une personne privée.
La responsabilité de l’État relève du Code civil et du juge judiciaire.

La responsabilité de l’État relève de règles spéciales et de la juridiction administrative.

Explication

Blanco rattache la responsabilité de l’État à des règles spéciales et à la compétence de la juridiction administrative. Assimiler cette responsabilité à celle d’une personne privée méconnaît précisément l’apport de l’arrêt.

16. Quelle distinction oppose le service public à la puissance publique ?

Le service public désigne une contrainte juridique, tandis que la puissance publique vise une activité économique.
Le service public décrit une sanction administrative, tandis que la puissance publique désigne un objectif collectif.
Le service public concerne les relations privées, tandis que la puissance publique organise les contrats civils.
Le service public vise une finalité d’intérêt général, tandis que la puissance publique désigne les moyens utilisés.

Le service public vise une finalité d’intérêt général, tandis que la puissance publique désigne les moyens utilisés.

Explication

Le service public renvoie à la mission ou à la finalité d’intérêt général poursuivie par l’administration. La puissance publique concerne les prérogatives exorbitantes mobilisées pour agir, et non l’objectif de l’action.

17. Laquelle constitue une prérogative caractéristique de la puissance publique ?

Exécuter une obligation civile après accord exprès du débiteur.
Prendre un acte unilatéral obligatoire à l’égard de son destinataire.
Acquérir un bien par un échange librement accepté entre particuliers.
Négocier une prestation selon les règles ordinaires du droit privé.

Prendre un acte unilatéral obligatoire à l’égard de son destinataire.

Explication

La puissance publique comprend notamment le pouvoir de prendre des actes unilatéraux obligatoires, ainsi que de taxer ou d’exproprier. Les autres situations relèvent de relations contractuelles ou civiles dépourvues de prérogative exorbitante.

18. Comment les critères du service public et de la puissance publique peuvent-ils être utilisés pour déterminer le régime administratif ?

Ils s’excluent nécessairement dès qu’une activité implique une personne privée.
Ils peuvent se cumuler pour établir la compétence administrative et l’application du droit administratif.
Ils s’appliquent à des domaines séparés sans produire d’effet sur la compétence juridictionnelle.
Ils conduisent à appliquer le droit privé dès qu’une mission d’intérêt général existe.

Ils peuvent se cumuler pour établir la compétence administrative et l’application du droit administratif.

Explication

Les deux critères ne s’excluent pas : la mission de service public et l’usage de prérogatives de puissance publique peuvent être réunis. Leur combinaison contribue à déterminer la compétence administrative et le droit applicable.

19. Par quels instruments juridiques l’administration agit-elle principalement ?

Par des actes administratifs unilatéraux ou par des contrats.
Par des règlements privés ou par des conventions entre particuliers.
Par des décisions judiciaires ou par des sanctions pénales.
Par des usages professionnels ou par des engagements moraux.

Par des actes administratifs unilatéraux ou par des contrats.

Explication

L’administration agit juridiquement au moyen d’actes administratifs unilatéraux et de contrats. Les décisions judiciaires et les sanctions pénales relèvent principalement de l’activité des juridictions, non des instruments ordinaires de l’administration.

20. Quel élément peut contribuer à identifier un acte administratif unilatéral ?

La présence d’un accord entre deux personnes privées portant sur une prestation civile.
La conclusion d’une convention dépourvue de lien avec une mission administrative.
L’existence d’une obligation morale sans effet juridique imposée à son destinataire.
Sa contribution à un service public ou l’exercice d’une prérogative de puissance publique.

Sa contribution à un service public ou l’exercice d’une prérogative de puissance publique.

Explication

Un acte administratif unilatéral peut être reconnu par son lien avec l’exécution d’une mission de service public ou par l’exercice d’une prérogative de puissance publique. Un accord entre personnes privées ne présente pas, à lui seul, ces caractéristiques.

21. Dans quelle situation un contrat peut-il être qualifié de contrat administratif ?

Lorsqu’il est conclu oralement entre deux personnes sans prérogative particulière.
Lorsqu’il porte sur une prestation privée sans lien avec une mission administrative.
Lorsqu’il confie la gestion d’un service public ou contient une clause exorbitante du droit commun.
Lorsqu’il organise une vente entre particuliers selon les règles ordinaires du droit civil.

Lorsqu’il confie la gestion d’un service public ou contient une clause exorbitante du droit commun.

Explication

Un contrat administratif peut notamment confier au cocontractant la gestion d’un service public ou comporter une clause exorbitante révélant des prérogatives de puissance publique. Un contrat privé dépourvu de ces éléments ne relève pas de cette qualification.

22. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié de fondamentalement jurisprudentiel malgré la multiplication des textes et des codes ?

Parce qu’il contient davantage de décisions que de dispositions écrites
Parce que ses règles structurantes ont été dégagées par le juge administratif
Parce que le Conseil d’État adopte directement toutes les lois administratives
Parce que sa codification a supprimé les textes législatifs applicables

Parce que ses règles structurantes ont été dégagées par le juge administratif

Explication

Le droit administratif est dit jurisprudentiel parce que ses règles fondamentales et ses notions essentielles ont été dégagées par la jurisprudence, notamment celle du Conseil d’État. Cette qualification ne repose pas sur une comparaison quantitative entre le nombre de décisions et celui des textes.

23. Que signifie l’autonomie du droit administratif dans l’ordre juridique français ?

L’administration relève d’un droit spécial adapté à ses besoins
Les actes administratifs sont détachés de tout contrôle juridictionnel
Le juge administratif applique exclusivement les règles du Code civil
L’administration échappe aux règles issues des autres branches du droit

L’administration relève d’un droit spécial adapté à ses besoins

Explication

L’autonomie signifie que l’administration est soumise à un droit spécial adapté à ses missions plutôt qu’au seul droit civil. Elle ne constitue pas une indépendance totale, car le juge administratif peut aussi s’appuyer sur d’autres branches du droit.

24. Quelle décision a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de la Constitution de 1958 ?

La décision du Conseil constitutionnel du 4 octobre 1958
L’arrêt du Conseil d’État Sieur Aramu du 26 octobre 1945
L’arrêt du Conseil d’État Koné du 3 juillet 1996
La décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971

La décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971

Explication

Par sa décision du 16 juillet 1971, le Conseil constitutionnel a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958, renforçant ainsi la portée du bloc de constitutionnalité. L’arrêt Koné concerne quant à lui un principe fondamental reconnu par les lois de la République en matière d’extradition.

25. Quel ensemble comprend notamment la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004 ?

Le corpus des principes généraux du droit
Le domaine réglementaire autonome
Le bloc de constitutionnalité
Le droit dérivé de l’Union européenne

Le bloc de constitutionnalité

Explication

Le bloc de constitutionnalité regroupe notamment ces trois textes auxquels s’ajoutent les normes constitutionnelles reconnues par la jurisprudence. Les principes généraux du droit sont, quant à eux, des règles dégagées par le juge administratif et ne se confondent pas avec cet ensemble.

26. Comment définir les principes généraux du droit en droit administratif ?

Des règles non écrites dégagées par le juge administratif
Des usages administratifs dépourvus de toute force obligatoire
Des normes internationales adoptées par les organisations interétatiques
Des dispositions législatives regroupées dans un code administratif

Des règles non écrites dégagées par le juge administratif

Explication

Les principes généraux du droit sont des règles non écrites que le juge administratif dégage et impose à l’administration même en l’absence de texte. Ils ne sont donc pas de simples usages dépourvus de portée juridique.

27. Quel principe concerne spécifiquement l’accès au juge plutôt que le déroulement temporel des actes administratifs ?

Le droit au recours juridictionnel
Le droit à une vie familiale normale
L’égalité devant le service public
La non-rétroactivité des actes réglementaires

Le droit au recours juridictionnel

Explication

Le droit au recours juridictionnel garantit l’accès au juge pour contester une décision ou défendre un droit. La non-rétroactivité des actes réglementaires porte sur leurs effets dans le temps et répond donc à une question différente.

28. Quelle affirmation décrit correctement la valeur juridique des principes généraux du droit ?

Ils prévalent nécessairement sur les traités et les normes constitutionnelles
Ils s’imposent aux actes administratifs, mais leur rang supérieur dépend de leur fondement
Ils sont inférieurs aux actes administratifs lorsqu’aucune loi ne les mentionne
Ils ont tous une valeur constitutionnelle identique à celle des droits fondamentaux

Ils s’imposent aux actes administratifs, mais leur rang supérieur dépend de leur fondement

Explication

Les principes généraux du droit ont une valeur supérieure aux actes administratifs, tandis que leur valeur constitutionnelle, conventionnelle ou législative dépend du texte dont ils sont déduits. Ils ne disposent donc pas tous d’un rang constitutionnel uniforme.

29. À quelles conditions un traité bénéficie-t-il, en vertu de l’article 55 de la Constitution, d’une autorité supérieure à celle des lois ?

Il doit être ratifié ou approuvé, publié et appliqué par l’autre partie
Il doit être conforme à la coutume internationale et approuvé par le Parlement
Il doit être adopté par le juge administratif et publié au Journal officiel
Il doit être signé par le Gouvernement et contrôlé par le Conseil constitutionnel

Il doit être ratifié ou approuvé, publié et appliqué par l’autre partie

Explication

L’article 55 subordonne la supériorité du traité à sa ratification ou son approbation régulière, à sa publication et à son application par l’autre partie. La coutume et les principes du droit international ne bénéficient pas, selon cette règle, de la même primauté sur la loi interne.

30. Quelle distinction caractérise le dualisme et le monisme dans les rapports entre droit interne et droit international ?

Le dualisme concerne les traités, tandis que le monisme concerne les seules coutumes
Le dualisme fusionne les ordres juridiques, tandis que le monisme les sépare
Le dualisme permet l’application directe, tandis que le monisme exige une transposition
Le dualisme exige une transposition, tandis que le monisme permet l’application directe

Le dualisme exige une transposition, tandis que le monisme permet l’application directe

Explication

Le dualisme sépare les ordres interne et international et requiert une transposition de la norme internationale. Le monisme les considère comme un ensemble juridique susceptible de permettre l’application directe de cette norme.

31. Quelles conditions doivent être réunies pour qu’un traité ait une autorité supérieure à celle des lois selon l’article 55 de la Constitution ?

Une publication, une conformité à la coutume et une approbation par le Conseil d’État
Une signature gouvernementale, une décision judiciaire et une autorisation parlementaire
Une adoption parlementaire, une promulgation présidentielle et une application nationale
Une ratification ou approbation régulière, une publication et la réciprocité d’application

Une ratification ou approbation régulière, une publication et la réciprocité d’application

Explication

La supériorité prévue par l’article 55 suppose une ratification ou une approbation régulière, la publication du traité et son application par l’autre partie. Une simple signature ou une publication nationale ne suffit donc pas à réunir ces conditions.

32. Quelle évolution résulte de l’arrêt Cheriet-Benseghir du Conseil d’État concernant la condition de réciprocité ?

La Cour européenne des droits de l’homme détermine directement la validité des traités français
Le Conseil d’État vérifie lui-même si l’autre partie applique le traité
Le Conseil d’État abandonne toute vérification de l’application réciproque des traités
Le ministre des Affaires étrangères conserve la compétence exclusive pour apprécier la réciprocité

Le Conseil d’État vérifie lui-même si l’autre partie applique le traité

Explication

Depuis l’arrêt Cheriet-Benseghir de 2010, le Conseil d’État apprécie lui-même la condition de réciprocité. Cette solution rompt avec la pratique antérieure consistant à s’en remettre au ministre des Affaires étrangères, pratique critiquée par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’arrêt Chevrol.

33. Dans quel cas une stipulation internationale peut-elle produire un effet direct à l’égard des particuliers ?

Lorsqu’elle ne régit pas seulement les relations entre États et ne requiert aucun acte complémentaire
Lorsqu’elle est dépourvue de portée normative mais figure dans un traité publié
Lorsqu’elle impose une obligation diplomatique sans conférer de droit aux particuliers
Lorsqu’elle organise les relations entre États et renvoie à une mesure nationale d’exécution

Lorsqu’elle ne régit pas seulement les relations entre États et ne requiert aucun acte complémentaire

Explication

L’effet direct suppose que la stipulation puisse être invoquée par les particuliers sans acte complémentaire et qu’elle ne règle pas uniquement les rapports entre États. Une clause interétatique ou nécessitant une mesure d’exécution ne remplit pas ces conditions.

34. Lequel de ces éléments relève du droit primaire de l’Union européenne ?

Une décision adressée à un État membre
Une directive adoptée par la Commission européenne
La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Une recommandation dépourvue de force contraignante

La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne

Explication

Le droit primaire comprend notamment les traités fondateurs, la Charte et les principes généraux du droit de l’Union. Les directives, décisions et recommandations relèvent du droit dérivé ou des actes non contraignants des institutions.

35. Quelle différence caractérise principalement un règlement européen par rapport à une directive ?

Le règlement fixe un objectif national, tandis que la directive s’applique intégralement dès sa publication
Le règlement est directement applicable, tandis que la directive nécessite en principe une transposition
Le règlement informe les États, tandis que la directive impose des sanctions aux particuliers
Le règlement doit être transposé, tandis que la directive produit directement tous ses effets

Le règlement est directement applicable, tandis que la directive nécessite en principe une transposition

Explication

Le règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable, alors que la directive lie les États quant au résultat et exige en principe une transposition. La proposition relative à la transposition inverse donc les caractéristiques des deux actes.

36. Dans quelles conditions une directive non transposée peut-elle être invoquée contre une décision administrative individuelle ?

Lorsqu’elle prévoit une marge importante pour choisir les moyens
Lorsqu’elle contient une simple recommandation adressée aux États
Lorsqu’elle a été approuvée par le Parlement national
Lorsqu’elle est suffisamment précise et inconditionnelle

Lorsqu’elle est suffisamment précise et inconditionnelle

Explication

L’arrêt Mme Perreux admet l’invocation d’une directive non transposée contre une décision administrative individuelle lorsqu’elle est précise et inconditionnelle. Une marge importante de choix des moyens empêche précisément de lui reconnaître ce degré de précision.

37. Que doit faire un juge national qui doute de la conformité d’un acte de droit dérivé au droit primaire de l’Union ?

Écarter directement l’acte en appliquant sa propre interprétation du droit primaire
Saisir le Conseil constitutionnel pour obtenir l’annulation de l’acte européen
Poser une question préjudicielle à la CJUE sur le fondement de l’article 267 TFUE
Demander à l’institution européenne concernée de modifier l’acte contesté

Poser une question préjudicielle à la CJUE sur le fondement de l’article 267 TFUE

Explication

En cas de doute sur la validité d’un acte de droit dérivé au regard du droit primaire, le juge national doit saisir la CJUE par une question préjudicielle fondée sur l’article 267 TFUE. Il ne peut pas régler seul cette question de validité.

38. Quel effet produit la théorie de la loi écran lorsqu’un acte administratif se borne à appliquer une loi ?

Elle permet au juge administratif de remplacer la loi par un principe général
Elle empêche le juge administratif de contrôler indirectement la constitutionnalité de la loi
Elle autorise le juge administratif à annuler la loi appliquée par l’administration
Elle impose au juge administratif de vérifier la conformité du décret à la Constitution

Elle empêche le juge administratif de contrôler indirectement la constitutionnalité de la loi

Explication

Selon la théorie de la loi écran issue de l’arrêt Arrighi, contrôler l’acte administratif reviendrait à contrôler la constitutionnalité de la loi qui s’interpose. Le juge administratif ne peut donc pas effectuer lui-même ce contrôle dans cette situation.

39. Quelle évolution l’arrêt Nicolo de 1989 a-t-il consacrée ?

Le Conseil d’État a rétabli la jurisprudence des semoules concernant les lois postérieures
Le Conseil d’État a accepté de contrôler la compatibilité d’une loi avec les engagements internationaux
Le Conseil d’État a reconnu sa compétence pour abroger une loi contraire à la Constitution
Le Conseil constitutionnel a transféré aux juridictions ordinaires le contrôle de constitutionnalité

Le Conseil d’État a accepté de contrôler la compatibilité d’une loi avec les engagements internationaux

Explication

Par l’arrêt Nicolo, le Conseil d’État a accepté de contrôler la conformité des lois aux engagements internationaux, abandonnant la jurisprudence des semoules. Ce contrôle de conventionnalité ne lui permet toutefois pas d’abroger une loi.

40. Quelle différence oppose principalement le Conseil constitutionnel au juge de la conventionnalité lorsqu’une loi est irrégulière ?

Le Conseil constitutionnel peut abroger la loi, tandis que le juge de la conventionnalité l’écarte dans le litige
Le Conseil constitutionnel écarte la loi dans un litige, tandis que le juge de la conventionnalité l’abroge
Le Conseil constitutionnel suspend l’application de la loi, tandis que le juge de la conventionnalité la réécrit
Le Conseil constitutionnel contrôle les traités, tandis que le juge de la conventionnalité contrôle les règlements

Le Conseil constitutionnel peut abroger la loi, tandis que le juge de la conventionnalité l’écarte dans le litige

Explication

Le Conseil constitutionnel peut abroger une loi contraire à la Constitution, alors que le juge de la conventionnalité se limite à l’écarter dans le litige dont il est saisi. Cette différence tient à la portée respective des deux contrôles.

41. Dans quelle situation le contrôle de conventionnalité peut-il devenir concret ?

Lorsqu’une loi compatible en théorie avec la CEDH cause une atteinte disproportionnée dans une situation particulière
Lorsqu’un traité international n’a pas encore été publié dans le Journal officiel
Lorsqu’une loi reprend exactement le contenu d’une disposition constitutionnelle
Lorsqu’une loi est adoptée sans consultation préalable de la Cour européenne des droits de l’homme

Lorsqu’une loi compatible en théorie avec la CEDH cause une atteinte disproportionnée dans une situation particulière

Explication

Le contrôle devient concret lorsque l’application d’une loi compatible en théorie avec la CEDH entraîne, dans les circonstances particulières, une atteinte disproportionnée à un droit garanti. La compatibilité abstraite du texte ne suffit donc pas à exclure tout contrôle.

42. Quelle norme occupe le sommet de l’ordre juridique interne français selon l’arrêt Sarran ?

Les engagements internationaux
Les lois organiques
Le droit dérivé de l’Union européenne
La Constitution

La Constitution

Explication

L’arrêt Sarran affirme que la Constitution prime, dans l’ordre juridique interne, sur les engagements internationaux et le droit de l’Union européenne. La supériorité des traités sur les lois ne les place donc pas au-dessus de la Constitution.

43. Quelle position la CJCE a-t-elle affirmée dans l’arrêt Internationale Handelsgesellschaft concernant le droit de l’Union ?

Le droit de l’Union prime sur les constitutions nationales dans l’ordre juridique de l’Union
Les constitutions nationales déterminent la validité des actes européens
Le droit de l’Union ne prime que sur les règlements administratifs nationaux
Les engagements internationaux priment sur le droit de l’Union en cas de conflit

Le droit de l’Union prime sur les constitutions nationales dans l’ordre juridique de l’Union

Explication

Dans l’arrêt Internationale Handelsgesellschaft, la CJCE affirme la primauté du droit de l’Union, y compris à l’égard des normes constitutionnelles nationales. Cette position contraste avec la place suprême reconnue à la Constitution dans l’ordre interne français.

44. Quelle limite le Conseil constitutionnel apporte-t-il à l’exigence constitutionnelle de mise en œuvre du droit de l’Union ?

La publication d’une nouvelle loi après chaque décision des institutions européennes
La protection d’un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France
La possibilité pour chaque État de choisir librement les objectifs européens
L’accord préalable de toutes les juridictions administratives nationales

La protection d’un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France

Explication

Fondée sur l’article 88-1, l’exigence de transposer les directives et de mettre en œuvre les règlements connaît une exception lorsqu’un texte européen porte atteinte à un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France. Les autres propositions ne constituent pas les limites mentionnées.

45. Quelle méthode le Conseil d’État suit-il dans l’arrêt French Data Network lorsqu’un principe constitutionnel est invoqué contre une règle européenne ?

Il demande au Conseil constitutionnel de remplacer la règle européenne par une norme nationale
Il contrôle directement la constitutionnalité de la règle européenne avant toute recherche d’équivalence
Il écarte la règle européenne dès qu’un principe constitutionnel français est invoqué
Il recherche une règle européenne équivalente, saisit la CJUE si nécessaire, puis contrôle directement en l’absence d’équivalence

Il recherche une règle européenne équivalente, saisit la CJUE si nécessaire, puis contrôle directement en l’absence d’équivalence

Explication

Dans French Data Network, le Conseil d’État recherche d’abord une protection européenne équivalente et saisit la CJUE si cette équivalence existe. Il n’exerce directement le contrôle de constitutionnalité que lorsqu’aucune équivalence n’est trouvée.

46. Selon la définition de René Chapus, quel élément caractérise un service public ?

Une activité d’intérêt général assurée ou assumée par une personne publique
Une activité administrative exercée par une association reconnue
Une activité lucrative exercée par une entreprise privée agréée
Une activité collective financée par des contributions volontaires

Une activité d’intérêt général assurée ou assumée par une personne publique

Explication

Pour René Chapus, le service public repose sur une activité d’intérêt général rattachée à une personne publique qui l’assure ou l’assume. Une activité privée ou simplement collective ne suffit donc pas à établir cette qualification.

47. Quelle activité relève d’une mission que la Constitution impose à l’État d’assurer ?

L’organisation d’un festival culturel
La défense nationale
La gestion d’un équipement sportif municipal
La distribution de services touristiques

La défense nationale

Explication

La défense nationale fait partie des activités liées à la souveraineté que la Constitution impose à l’État. Les autres activités peuvent relever de l’intérêt général, mais elles ne sont pas constitutionnellement rattachées à la souveraineté étatique.

48. Dans quelle situation une activité d’intérêt général peut-elle être qualifiée de service public ?

Lorsqu’elle poursuit un objectif collectif sans intervention publique
Lorsqu’elle bénéficie d’une large fréquentation par les usagers
Lorsqu’elle est rattachée à une personne publique qui l’assure ou la contrôle
Lorsqu’elle est exercée par une entreprise privée à but lucratif

Lorsqu’elle est rattachée à une personne publique qui l’assure ou la contrôle

Explication

L’activité doit être rattachée à une personne publique, soit par une prise en charge directe, soit par un contrôle exercé sur une personne privée chargée de la mission. L’intérêt général ou la fréquentation de l’activité ne suffisent pas à eux seuls.

49. Quels éléments le juge examine-t-il pour reconnaître une mission de service public exercée par une personne privée ?

La nationalité du gestionnaire, son statut commercial et ses bénéfices
La rentabilité, le nombre d’usagers et la durée du contrat privé
La gratuité, le financement fiscal et l’intervention d’un établissement public
L’intérêt général, le contrôle public et d’éventuelles prérogatives de puissance publique

L’intérêt général, le contrôle public et d’éventuelles prérogatives de puissance publique

Explication

Le juge vérifie successivement l’intérêt général de l’activité, le contrôle exercé par la personne publique et l’existence éventuelle de prérogatives de puissance publique. Ces prérogatives peuvent manquer, alors que l’intérêt général et le rattachement public restent déterminants.

50. Quelle conséquence distingue principalement un SPA d’un SPIC ?

Le SPA relève en principe du juge judiciaire, tandis que le SPIC relève du juge administratif
Le SPA est privé, tandis que le SPIC appartient nécessairement à l’État
Le SPA applique le droit privé, tandis que le SPIC applique le droit administratif
Le SPA relève en principe du juge administratif, tandis que le SPIC relève du juge judiciaire

Le SPA relève en principe du juge administratif, tandis que le SPIC relève du juge judiciaire

Explication

La qualification de SPA ou de SPIC détermine principalement la juridiction compétente et le droit applicable. Le SPA relève en principe du juge administratif et du droit administratif, tandis que le SPIC relève en principe du juge judiciaire et du droit privé.

51. Quels critères le juge combine-t-il pour qualifier un service de SPA ou de SPIC en l’absence de texte ?

La personnalité juridique, la nationalité des dirigeants et la durée des contrats
Le statut des usagers, la localisation du service et son ancienneté
L’objet du service, ses ressources financières et ses modalités de fonctionnement
Le nombre d’agents, la gratuité du service et la taille de la collectivité

L’objet du service, ses ressources financières et ses modalités de fonctionnement

Explication

Le juge combine l’objet du service, ses ressources financières et ses modalités de fonctionnement pour déterminer sa catégorie. L’objet pris isolément ne permet pas nécessairement de parvenir à une qualification correcte.

52. Quel mode de financement caractérise principalement un SPIC par rapport à un SPA ?

Le SPIC est principalement financé par l’impôt, contrairement au SPA financé par les redevances des usagers
Le SPIC est financé par des dons privés, contrairement au SPA financé par des emprunts publics
Le SPIC est principalement financé par les redevances des usagers, contrairement au SPA largement financé par l’impôt
Le SPIC est financé par des subventions européennes, contrairement au SPA financé par des taxes locales

Le SPIC est principalement financé par les redevances des usagers, contrairement au SPA largement financé par l’impôt

Explication

Le SPIC tire principalement ses ressources des redevances versées par ses usagers, tandis que le SPA est largement financé par l’impôt. La gratuité ou le faible coût d’un SPA n’exclut donc pas un financement fiscal.

53. Comment définir un service d’intérêt économique général ?

Une activité administrative gratuite destinée à assurer la police et la justice
Une activité culturelle locale financée par les seules contributions des usagers
Une activité commerciale privée dépourvue de finalité d’intérêt général
Une activité marchande d’intérêt général nécessitant une intervention de l’État pour être exécutée

Une activité marchande d’intérêt général nécessitant une intervention de l’État pour être exécutée

Explication

Un service d’intérêt économique général est une activité marchande d’intérêt général présentant une spécificité qui justifie l’intervention de l’État. Une activité commerciale sans finalité d’intérêt général ne relève pas de cette catégorie.

54. Quelle autorité intervient en principe pour créer ou supprimer un service public, sous réserve des domaines réservés au législateur ?

Le pouvoir judiciaire
Le pouvoir réglementaire
Une organisation professionnelle
Une entreprise concessionnaire

Le pouvoir réglementaire

Explication

En vertu de l’article 37 de la Constitution, la création ou la suppression d’un service public relève en principe du pouvoir réglementaire. Le législateur intervient toutefois dans certains domaines, notamment les établissements publics, les nationalisations et les services liés aux libertés fondamentales.

55. Que signifie le parallélisme des compétences en matière de service public ?

L’autorité qui finance le service est toujours celle qui doit en assurer la gestion
L’autorité qui peut créer le service est en principe celle qui peut également le supprimer
L’autorité qui délègue le service doit reprendre directement son exploitation
L’autorité qui contrôle le service doit nécessairement fixer ses tarifs et ses horaires

L’autorité qui peut créer le service est en principe celle qui peut également le supprimer

Explication

Le parallélisme des compétences signifie que l’autorité compétente pour créer un service public peut en principe aussi le supprimer. Cette règle connaît une limite lorsque le service découle de principes ou de règles de valeur constitutionnelle.

56. Quelle différence oppose un service public local obligatoire à un service facultatif ?

Le service obligatoire est gratuit, tandis que le service facultatif est financé par une redevance
Le service obligatoire est géré par une entreprise privée, tandis que le service facultatif relève de l’État
Le service obligatoire est imposé par la loi, tandis que le service facultatif dépend d’un choix de la collectivité
Le service obligatoire concerne les usagers, tandis que le service facultatif concerne les agents publics

Le service obligatoire est imposé par la loi, tandis que le service facultatif dépend d’un choix de la collectivité

Explication

Les services publics locaux obligatoires sont imposés par la loi et leurs dépenses s’imposent aux collectivités. Les services facultatifs peuvent être créés ou supprimés par la collectivité dans les limites de ses compétences légales.

57. Quelle distinction décrit correctement la régie et la concession dans la gestion d’un service public ?

La régie conserve l’exploitation dans la personne publique, tandis que la concession la confie à un tiers
La régie impose une mise en concurrence, tandis que la concession exclut toute relation contractuelle
La régie supprime le service, tandis que la concession transforme le service en activité administrative
La régie confie l’exploitation à une entreprise privée, tandis que la concession la conserve dans la personne publique

La régie conserve l’exploitation dans la personne publique, tandis que la concession la confie à un tiers

Explication

En régie, la personne publique exploite elle-même le service, alors que la concession confie généralement cette exploitation à une personne privée par contrat. La concession ne signifie donc pas que la personne publique conserve directement la gestion quotidienne.

58. Quelle conséquence découle du principe de mutabilité d’un service public ?

L’administration peut adapter unilatéralement son organisation ou son fonctionnement à l’intérêt général
Les usagers peuvent exiger le maintien des règles lorsque le service leur convient
Les cocontractants peuvent empêcher toute modification des conditions d’exécution du service
L’administration doit obtenir l’accord de chaque usager avant de réorganiser le service

L’administration peut adapter unilatéralement son organisation ou son fonctionnement à l’intérêt général

Explication

La mutabilité permet à l’administration d’adapter le service public aux évolutions de l’intérêt général, notamment en modifiant ses règles d’organisation ou de fonctionnement. Elle ne confère pas aux usagers ni aux cocontractants un droit au maintien inchangé du service.

59. Comment le droit de grève et la continuité du service public doivent-ils être conciliés ?

Le droit de grève prime dans tous les services et interdit toute restriction législative
La continuité du service public prime par nature et permet d’écarter toute protection du droit de grève
Ils ont une valeur constitutionnelle comparable et la loi peut limiter la grève pour garantir la continuité
Ils relèvent de principes législatifs différents sans exigence constitutionnelle de conciliation

Ils ont une valeur constitutionnelle comparable et la loi peut limiter la grève pour garantir la continuité

Explication

Le droit de grève et la continuité du service public ont la même valeur constitutionnelle et doivent être conciliés. La loi peut donc encadrer l’exercice de la grève afin d’assurer la continuité du service, sans supprimer ce droit.

60. Dans quelle situation une différence de traitement entre usagers d’un service public est-elle légale ?

Lorsqu’elle repose sur une différence de situation ou un intérêt général, avec un lien direct et une mesure proportionnée
Lorsqu’elle est fondée sur la capacité financière des usagers, quelle que soit son ampleur
Lorsqu’elle favorise une catégorie d’usagers dès lors qu’une décision administrative la prévoit
Lorsqu’elle répond à une préférence de l’administration, même sans rapport avec l’objet du service

Lorsqu’elle repose sur une différence de situation ou un intérêt général, avec un lien direct et une mesure proportionnée

Explication

Une différence de traitement est admise si elle repose sur une différence de situation ou une nécessité d’intérêt général, entretient un rapport direct avec l’objet du service et reste proportionnée. Une simple préférence administrative ne suffit donc pas à la justifier.

61. Quelle conduite le principe de neutralité impose-t-il à un agent public ?

Porter un signe religieux discret et traiter différemment les usagers pour respecter leurs demandes
Exprimer ses convictions religieuses avec mesure tout en réservant certains services aux personnes partageant ces convictions
Respecter la laïcité, ne pas manifester ses convictions religieuses et traiter les personnes également
Éviter toute opinion politique dans sa vie privée et adapter son accueil aux croyances des usagers

Respecter la laïcité, ne pas manifester ses convictions religieuses et traiter les personnes également

Explication

La neutralité impose à l’agent public de respecter la laïcité, de s’abstenir de manifester ses opinions religieuses et de traiter toutes les personnes de manière égale. Elle ne consiste pas à adapter le traitement des usagers à leurs convictions.

62. Dans quelle circonstance la création d’un service public marchand peut-elle être admise malgré la priorité de l’initiative privée ?

Lorsqu’un service privé existe déjà mais ne correspond pas aux préférences politiques locales
Lorsqu’une carence de l’initiative privée ou un besoin local de la population le justifie
Lorsqu’une collectivité souhaite concurrencer une entreprise privée plus performante dans le même secteur
Lorsqu’une activité commerciale procure à la collectivité une recette supplémentaire prévisible

Lorsqu’une carence de l’initiative privée ou un besoin local de la population le justifie

Explication

Depuis l’arrêt Chambre syndicale du commerce en détail de Nevers, l’initiative privée constitue le principe, mais des circonstances particulières peuvent justifier un service public marchand. La carence de l’initiative privée ou l’existence d’un besoin local en sont des exemples.

63. Quelle entité peut être qualifiée d’entreprise en droit de l’Union européenne ?

Une société commerciale dotée d’une personnalité morale et poursuivant nécessairement un bénéfice
Une personne publique intervenant dans l’économie uniquement après autorisation du juge administratif
Toute entité exerçant une activité économique, quelle que soit sa forme juridique ou son financement
Une personne privée exerçant une activité commerciale avec un financement principalement privé

Toute entité exerçant une activité économique, quelle que soit sa forme juridique ou son financement

Explication

En droit de l’Union européenne, la notion d’entreprise dépend de l’exercice d’une activité économique, non de la forme juridique ou du mode de financement. Une entité publique peut donc être qualifiée d’entreprise lorsqu’elle produit, distribue ou fournit des services.

64. Quelle règle s’applique aux services publics marchands lorsqu’ils exercent une activité économique ?

Ils relèvent uniquement des règles de service public et ne peuvent pas être sanctionnés pour leur comportement sur le marché
Ils sont soumis au droit de la concurrence et peuvent être concernés par les ententes ou les abus de position dominante
Ils échappent au droit de la concurrence parce qu’ils poursuivent une mission d’intérêt général reconnue par une personne publique
Ils sont soumis au droit de la concurrence uniquement lorsqu’ils sont exploités par une société privée

Ils sont soumis au droit de la concurrence et peuvent être concernés par les ententes ou les abus de position dominante

Explication

Les services publics marchands sont soumis au droit de la concurrence comme les entités privées. Les ententes et les abus de position dominante figurent notamment parmi les pratiques anticoncurrentielles susceptibles d’être sanctionnées.

65. Quelle distinction fonctionnelle permet de différencier la police administrative de la police judiciaire ?

La police administrative enquête sur les infractions, tandis que la police judiciaire organise la prévention des troubles futurs
La police administrative relève des tribunaux, tandis que la police judiciaire dépend des autorités municipales pour maintenir la tranquillité
La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire recherche et réprime les infractions commises
La police administrative intervient après un trouble, tandis que la police judiciaire agit avant toute infraction pour empêcher sa réalisation

La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire recherche et réprime les infractions commises

Explication

La police administrative a une finalité préventive : elle cherche à éviter les troubles à l’ordre public. La police judiciaire a une finalité répressive et recherche les infractions déjà commises ; la distinction dépend donc de la mission exercée.

66. Laquelle de ces notions appartient à l’ordre public matériel ?

La dignité humaine, avec la moralité publique, la liberté contractuelle et l’égalité devant l’impôt
La salubrité publique, avec le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la tranquillité publiques
La protection de la concurrence, avec la liberté du commerce, la propriété et la sécurité juridique
La neutralité administrative, avec la continuité du service, la mutabilité et l’égalité des usagers

La salubrité publique, avec le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la tranquillité publiques

Explication

L’ordre public matériel comprend le bon ordre, la sûreté, la sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques. Les autres ensembles proposés regroupent des notions relevant d’autres domaines du droit ou d’extensions distinctes de l’ordre public.

67. À quelle condition la moralité publique peut-elle en principe justifier une mesure de police ?

Lorsque l’atteinte morale entraîne des troubles matériels sérieux à l’ordre public
Lorsqu’une autorité estime qu’un comportement est choquant, même sans conséquence concrète pour l’ordre public
Lorsqu’une activité présente un caractère immoral selon une appréciation générale, sans trouble matériel établi
Lorsqu’une majorité locale désapprouve une pratique, indépendamment des circonstances de sa réalisation

Lorsque l’atteinte morale entraîne des troubles matériels sérieux à l’ordre public

Explication

La moralité publique peut fonder une mesure de police, mais le Conseil d’État exige en principe que l’atteinte morale provoque des troubles matériels sérieux à l’ordre public. Le simple caractère choquant d’un comportement ne suffit donc pas à lui seul.

68. Pourquoi la dignité de la personne humaine peut-elle justifier une mesure de police ?

Parce qu’elle permet à l’autorité de police de sanctionner toute conduite considérée comme inconvenante par les usagers
Parce qu’elle protège les préférences morales locales lorsqu’une circonstance particulière est établie dans la commune
Parce qu’elle interdit de traiter une personne comme un objet et constitue une composante de l’ordre public
Parce qu’elle concerne exclusivement les relations privées et ne peut fonder une intervention de police administrative

Parce qu’elle interdit de traiter une personne comme un objet et constitue une composante de l’ordre public

Explication

La dignité de la personne humaine interdit de réduire une personne à un objet et constitue une composante de l’ordre public. Elle peut donc justifier une mesure de police même en l’absence de circonstances locales particulières, contrairement à l’exigence généralement associée à certaines atteintes à la moralité publique.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

Le droit applicable à l’administration, mais aussi parfois sans administration.

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Sur la jurisprudence et le Conseil d’État.

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