QCM : Fondements du droit administratif (65 questions)

Questions et réponses du QCM

1. À quelles entités le droit administratif peut-il s’appliquer ?

À des personnes publiques et, dans certains cas, à des personnes privées investies d’une mission administrative
Aux personnes publiques dotées d’une personnalité morale de droit public
Aux collectivités territoriales et aux établissements publics chargés de l’intérêt général
Aux institutions administratives qui exercent une compétence au nom de l’État

À des personnes publiques et, dans certains cas, à des personnes privées investies d’une mission administrative

Explication

Le droit administratif concerne l’administration, mais certaines personnes privées chargées de missions administratives peuvent aussi y être soumises. Réserver ce droit aux personnes publiques correspond à une conception organique trop étroite.

2. Que vise le critère organique par opposition au critère matériel de l’administration ?

Les actes administratifs individuels, tandis que le critère matériel vise les juridictions administratives
Les prestations matérielles, tandis que le critère matériel vise les autorités publiques compétentes
Les structures et les institutions, tandis que le critère matériel vise les fonctions et les missions
Les moyens de puissance publique, tandis que le critère matériel vise les personnes morales

Les structures et les institutions, tandis que le critère matériel vise les fonctions et les missions

Explication

Le critère organique s’intéresse aux structures et institutions qui composent l’administration. Le critère matériel porte plutôt sur les fonctions et missions exercées.

3. Quelle distinction oppose correctement une personne morale à une institution ?

La personne morale est un organe administratif, tandis que l’institution dispose d’une personnalité juridique propre
La personne morale possède des droits et obligations, tandis que l’institution agit au nom d’une personne morale
La personne morale exerce une mission publique, tandis que l’institution exerce une activité dépourvue d’effets juridiques
La personne morale représente une autorité, tandis que l’institution assume les obligations de cette autorité

La personne morale possède des droits et obligations, tandis que l’institution agit au nom d’une personne morale

Explication

Une personne morale est un sujet de droit titulaire de droits et d’obligations. Une institution est un organe non personnalisé qui agit au nom d’une personne morale, sans être elle-même un sujet de droit.

4. Depuis 1982, comment le préfet conteste-t-il un acte illégal d’une collectivité territoriale ?

Il annule directement l’acte par une décision préfectorale
Il transmet l’acte au juge judiciaire chargé de contrôler la collectivité
Il saisit le juge administratif au moyen d’un déféré préfectoral
Il demande au Conseil d’État de retirer l’acte sans procédure contentieuse

Il saisit le juge administratif au moyen d’un déféré préfectoral

Explication

Depuis 1982, le préfet ne peut plus annuler lui-même les actes illégaux des collectivités territoriales. Il doit saisir le juge administratif par un déféré préfectoral.

5. Quel élément caractérise le service public au sens matériel ?

La gestion d’une activité économique selon les règles ordinaires des relations privées
L’usage de pouvoirs exorbitants permettant d’imposer une décision aux administrés
La poursuite de l’intérêt général par une personne publique ou privée au moyen d’actes ou de prestations
L’exercice d’une activité par une personne publique disposant d’un statut administratif

La poursuite de l’intérêt général par une personne publique ou privée au moyen d’actes ou de prestations

Explication

Le service public vise l’intérêt général et peut être assuré par une personne publique ou par une personne privée chargée de cette mission. Le statut public de l’organisme n’est donc pas une condition suffisante ni nécessaire.

6. Quelle conception défend l’École du service public associée notamment à Léon Duguit ?

Le service public constitue le fondement du droit administratif en raison de la finalité de l’action administrative
La personnalité publique de l’organisme constitue le fondement du droit administratif dans ses rapports avec les particuliers
Les prérogatives de puissance publique constituent le fondement du droit administratif en raison des moyens employés
La séparation des autorités administratives constitue le fondement du droit administratif dans l’organisation de l’État

Le service public constitue le fondement du droit administratif en raison de la finalité de l’action administrative

Explication

L’École du service public, notamment représentée par Duguit, Bonnard, Jèze et Rolland, fait du service public le fondement du droit administratif. L’approche centrée sur les moyens et les prérogatives est plutôt associée à l’École de Hauriou.

7. Quelle distinction l’arrêt du Bac d’Eloka établit-il entre deux catégories de services publics ?

Les services publics nationaux relèvent du droit administratif, tandis que les services locaux relèvent du droit privé
Les services publics administratifs relèvent en principe du droit administratif, tandis que les services industriels et commerciaux relèvent du droit privé
Les services publics gratuits relèvent du droit administratif, tandis que les services payants relèvent du droit privé
Les services publics gérés par l’État relèvent du droit administratif, tandis que ceux gérés par des personnes privées relèvent du droit privé

Les services publics administratifs relèvent en principe du droit administratif, tandis que les services industriels et commerciaux relèvent du droit privé

Explication

L’arrêt du Bac d’Eloka distingue les services publics administratifs, normalement soumis au droit administratif, des services publics industriels et commerciaux, normalement soumis au droit privé. Le gestionnaire ou le caractère payant du service ne suffit pas à établir cette distinction.

8. Comment les notions de service public et de puissance publique se complètent-elles ?

Le service public désigne les actes administratifs, tandis que la puissance publique désigne les prestations matérielles fournies
Le service public désigne la compétence du juge, tandis que la puissance publique désigne la procédure applicable
Le service public désigne le statut de l’organisme, tandis que la puissance publique désigne son activité économique
Le service public désigne la finalité de l’action, tandis que la puissance publique désigne les moyens juridiques employés

Le service public désigne la finalité de l’action, tandis que la puissance publique désigne les moyens juridiques employés

Explication

Le service public permet d’identifier le but d’intérêt général poursuivi, alors que la puissance publique renvoie aux moyens juridiques utilisés pour l’atteindre. Ces deux critères sont donc complémentaires plutôt que concurrents.

9. Quelle conséquence la loi des 16 et 24 août 1790 tire-t-elle de la séparation des autorités administratives et judiciaires ?

Elle autorise le juge judiciaire à contrôler les actes administratifs lorsque l’administration agit dans l’intérêt général
Elle interdit aux juges judiciaires de troubler les opérations administratives ou de connaître des actes administratifs
Elle attribue au juge administratif toute contestation dirigée contre une personne publique
Elle confie au Conseil d’État le jugement souverain des litiges administratifs

Elle interdit aux juges judiciaires de troubler les opérations administratives ou de connaître des actes administratifs

Explication

La loi de 1790 interdit aux juges judiciaires d’intervenir dans les opérations administratives et de connaître des actes administratifs. Elle ne règle toutefois pas à elle seule toute l’étendue de la compétence du juge administratif.

10. Quel changement la loi du 24 mai 1872 a-t-elle apporté au Conseil d’État ?

Elle a soumis les actes administratifs au contrôle général des juridictions judiciaires
Elle lui a retiré sa fonction consultative pour le consacrer au règlement des litiges administratifs
Elle lui a attribué le pouvoir de juger souverainement et a fait des institutions contentieuses une véritable juridiction
Elle a créé les tribunaux administratifs comme juges de droit commun en premier ressort

Elle lui a attribué le pouvoir de juger souverainement et a fait des institutions contentieuses une véritable juridiction

Explication

La loi du 24 mai 1872 a attribué au Conseil d’État le pouvoir de juger souverainement. Elle a ainsi transformé les institutions administratives contentieuses en véritable juridiction, sans supprimer sa fonction consultative.

11. Quelle évolution l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 a-t-il consacrée ?

Le Conseil d’État est devenu le juge de droit commun du contentieux administratif, mettant fin au ministre-juge
Le Conseil d’État a abandonné sa compétence juridictionnelle au profit de sa fonction consultative
Le juge judiciaire a obtenu une compétence générale pour contrôler les décisions des autorités administratives
Les tribunaux administratifs sont devenus les juges de droit commun en premier ressort, remplaçant le Conseil d’État

Le Conseil d’État est devenu le juge de droit commun du contentieux administratif, mettant fin au ministre-juge

Explication

L’arrêt Cadot a affirmé la compétence de droit commun du Conseil d’État pour juger le contentieux administratif et a mis fin au système du ministre-juge. La création des tribunaux administratifs comme juges de premier ressort est intervenue plus tard.

12. Depuis 1987, quelle répartition correspond à l’organisation ordinaire de la justice administrative ?

Les cours administratives d’appel jugent en premier ressort, les tribunaux administratifs statuent en appel et le Conseil d’État rend des avis
Les tribunaux administratifs jugent en premier ressort, les cours administratives d’appel statuent en appel et le Conseil d’État juge principalement en cassation
Le Conseil d’État juge en premier ressort, les tribunaux administratifs statuent en appel et les cours administratives d’appel jugent en cassation
Les tribunaux administratifs jugent en premier ressort, le juge judiciaire statue en appel et le Conseil d’État contrôle les faits

Les tribunaux administratifs jugent en premier ressort, les cours administratives d’appel statuent en appel et le Conseil d’État juge principalement en cassation

Explication

Depuis 1987, les tribunaux administratifs sont les juges de droit commun en premier ressort, les cours administratives d’appel connaissent des appels et le Conseil d’État exerce principalement une fonction de cassation. Cette organisation distingue les trois degrés ordinaires du contentieux administratif.

13. Quelle compétence du juge administratif le Conseil constitutionnel a-t-il consacrée comme principe fondamental reconnu par les lois de la République dans sa décision n° 86-224 DC du 23 janvier 1987 ?

La protection juridictionnelle de toute propriété privée litigieuse
L’annulation ou la réformation des actes administratifs unilatéraux
Le règlement des conflits entre les ordres de juridiction
Le jugement de toutes les atteintes portées à la liberté individuelle

L’annulation ou la réformation des actes administratifs unilatéraux

Explication

La décision de 1987 reconnaît la compétence du juge administratif pour annuler ou réformer les actes administratifs unilatéraux. La protection de la liberté individuelle et de la propriété privée relève, dans le cadre indiqué, de la compétence du juge judiciaire.

14. Quel ordre de juridiction demeure compétent lorsqu’un acte administratif met en cause la liberté individuelle ou la propriété privée ?

Le Conseil constitutionnel
L’ordre judiciaire
L’ordre administratif
Le Tribunal des conflits

L’ordre judiciaire

Explication

Le juge judiciaire conserve sa compétence en matière de liberté individuelle et de propriété privée, même lorsqu’un acte administratif est en cause. Le juge administratif connaît en principe des actes administratifs unilatéraux, mais cette règle comporte ces limites.

15. Quelle est la fonction principale du Tribunal des conflits, juridiction paritaire créée par la loi du 24 mai 1872 ?

Annuler les actes administratifs unilatéraux illégaux
Contrôler la conformité des lois aux normes constitutionnelles
Juger les infractions commises par les agents publics
Régler les conflits de compétence entre les ordres administratif et judiciaire

Régler les conflits de compétence entre les ordres administratif et judiciaire

Explication

Le Tribunal des conflits est une juridiction paritaire chargée de déterminer quel ordre de juridiction doit connaître d’un litige. Le contrôle de constitutionnalité appartient au Conseil constitutionnel, tandis que l’annulation des actes administratifs relève en principe du juge administratif.

16. Quelle situation caractérise un conflit négatif entre les ordres de juridiction ?

Le préfet saisit le tribunal après un déclinatoire de compétence
Les deux ordres se déclarent incompétents pour juger l’affaire
Le juge administratif annule un acte administratif unilatéral
L’administration conteste la compétence du juge judiciaire

Les deux ordres se déclarent incompétents pour juger l’affaire

Explication

Il y a conflit négatif lorsque les deux ordres de juridiction refusent de connaître du litige en se déclarant incompétents. La contestation par l’administration de la compétence judiciaire correspond au conflit positif.

17. Quelle proposition décrit correctement le lien entre la compétence juridictionnelle et le droit applicable ?

Chaque ordre applique les règles produites par sa propre administration
La compétence juridictionnelle dépend toujours de la nature du droit applicable
Le juge administratif applique le droit administratif et le juge judiciaire applique le droit privé
Le juge administratif peut appliquer le droit privé et le juge judiciaire peut appliquer le droit administratif

Le juge administratif peut appliquer le droit privé et le juge judiciaire peut appliquer le droit administratif

Explication

La compétence du juge administratif conduit souvent à appliquer le droit administratif, mais elle ne l’y enferme pas : chaque ordre peut être conduit à appliquer des règles relevant de l’autre branche. L’appartenance à un ordre juridictionnel ne détermine donc pas mécaniquement le droit applicable.

18. Quels arrêts illustrent l’application du droit privé par le juge administratif ?

Les arrêts Trésor public c/ consorts Giry et Mme de Panafieu
Les décisions relatives aux conflits positif et négatif de compétence
La décision Liberté d’association et la décision n° 86-224 DC
Les arrêts Société Million et Marais et Société des eaux du Nord

Les arrêts Société Million et Marais et Société des eaux du Nord

Explication

Les arrêts Société Million et Marais de 1997 et Société des eaux du Nord de 2001 illustrent l’application du droit privé par le juge administratif. Les arrêts Trésor public c/ consorts Giry et Mme de Panafieu concernent au contraire l’application du droit administratif par le juge judiciaire.

19. Quels éléments composent le bloc de constitutionnalité ?

Les circulaires ministérielles, les décrets autonomes et les principes généraux du droit
La Constitution, les textes auxquels son préambule renvoie et les principes jurisprudentiels à valeur constitutionnelle
Les traités internationaux, les contrats administratifs et les usages professionnels reconnus
Les lois ordinaires, les règlements administratifs et les décisions des juridictions judiciaires

La Constitution, les textes auxquels son préambule renvoie et les principes jurisprudentiels à valeur constitutionnelle

Explication

Le bloc de constitutionnalité rassemble la Constitution, les textes visés par son préambule et les principes auxquels le juge reconnaît une valeur constitutionnelle. Les lois ordinaires et les actes administratifs ne sont pas intégrés à cet ensemble du seul fait de leur nature.

20. Quel ensemble de textes fait partie du bloc de constitutionnalité ?

Les lois ordinaires, les ordonnances et les circulaires ministérielles
La Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement
Le Code civil, le Code pénal et le Code de justice administrative
Les traités européens, les lois organiques et les règlements intérieurs parlementaires

La Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement. La Charte possède ainsi une valeur constitutionnelle, à la différence d’un simple texte législatif.

21. Quelle association entre une disposition constitutionnelle et son objet est exacte ?

L’article 21 définit les droits fondamentaux, tandis que l’article 34 fixe la composition du Conseil constitutionnel
L’article 21 concerne la subordination de l’administration au Gouvernement, tandis que l’article 34 répartit les compétences entre loi et règlement
L’article 21 répartit les compétences entre loi et règlement, tandis que l’article 34 organise la subordination de l’administration au Gouvernement
L’article 21 organise le contrôle juridictionnel, tandis que l’article 34 détermine les règles de responsabilité ministérielle

L’article 21 concerne la subordination de l’administration au Gouvernement, tandis que l’article 34 répartit les compétences entre loi et règlement

Explication

L’article 21 prévoit la subordination de l’administration au Gouvernement, tandis que l’article 34 répartit les matières entre la loi et le règlement. Les autres associations attribuent à ces articles des objets qui ne correspondent pas à leur contenu indiqué.

22. Quelle décision a reconnu la valeur constitutionnelle des textes visés par le préambule de la Constitution ?

La décision Société des eaux du Nord du 11 juillet 2001
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971
La décision n° 86-224 DC du 23 janvier 1987
La décision Société Million et Marais du 3 novembre 1997

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

Explication

Dans sa décision Liberté d’association du 16 juillet 1971, le Conseil constitutionnel a reconnu la valeur constitutionnelle des textes du préambule. Les autres décisions citées concernent respectivement l’application du droit privé par le juge administratif ou la compétence administrative.

23. Quelle condition distingue un principe fondamental reconnu par les lois de la République d’un principe purement jurisprudentiel ?

Il repose sur une loi républicaine antérieure à 1946 portant sur un domaine fondamental.
Il est proclamé par une autorité administrative dans une circulaire générale.
Il résulte d’une décision juridictionnelle récente relative à l’organisation administrative.
Il découle d’une pratique constante des pouvoirs publics postérieure à 1958.

Il repose sur une loi républicaine antérieure à 1946 portant sur un domaine fondamental.

Explication

Un principe fondamental reconnu par les lois de la République doit être fondé sur une loi adoptée sous un régime républicain avant 1946 et concerner notamment des droits ou libertés fondamentaux. Un principe purement jurisprudentiel ne satisfait pas cette condition historique et législative.

24. Pourquoi le principe de continuité du service public peut-il justifier une limitation du droit de grève ?

Parce qu’il réserve au Parlement la gestion quotidienne de chaque service public.
Parce qu’il transforme toute grève dans le secteur public en faute disciplinaire automatique.
Parce qu’il accorde aux usagers un pouvoir général d’interdire les mouvements sociaux.
Parce qu’il possède une valeur constitutionnelle et impose d’assurer le fonctionnement des services publics.

Parce qu’il possède une valeur constitutionnelle et impose d’assurer le fonctionnement des services publics.

Explication

La continuité du service public est un principe de valeur constitutionnelle qui permet d’encadrer le droit de grève afin d’assurer le fonctionnement des services publics. Elle ne supprime pas ce droit et ne rend pas toute grève automatiquement fautive.

25. Dans quelle situation la méconnaissance d’un objectif de valeur constitutionnelle peut-elle entraîner l’invalidation d’une norme ?

Lorsqu’elle concerne une politique publique dépourvue de tout lien avec la Constitution.
Lorsqu’un particulier estime que la norme aurait pu poursuivre un autre objectif.
Lorsqu’elle s’écarte légèrement de l’objectif dans l’exercice d’un pouvoir administratif.
Lorsqu’elle révèle une atteinte manifeste ou grossière à l’objectif concerné.

Lorsqu’elle révèle une atteinte manifeste ou grossière à l’objectif concerné.

Explication

Les objectifs de valeur constitutionnelle orientent l’action des pouvoirs publics, mais leur méconnaissance ne conduit à l’invalidation que lorsqu’elle est manifeste ou grossière. Un simple écart ou une préférence personnelle ne suffit pas à caractériser une telle violation.

26. Quelle caractéristique permet de reconnaître qu’une norme constitutionnelle possède un effet direct ?

Elle concerne un domaine constitutionnel sans pouvoir être invoquée par un particulier.
Elle impose au législateur de prendre une mesure avant toute saisine juridictionnelle.
Elle exprime une orientation générale qui attend une intervention réglementaire ultérieure.
Elle est assez précise pour créer des droits ou obligations invocables devant le juge.

Elle est assez précise pour créer des droits ou obligations invocables devant le juge.

Explication

Une norme constitutionnelle a un effet direct lorsqu’elle est suffisamment précise pour être invoquée par un particulier et produire des droits ou obligations devant le juge. Une disposition qui nécessite une mise en œuvre par une norme inférieure est dépourvue d’effet direct.

27. Comment une disposition constitutionnelle dépourvue d’effet direct peut-elle néanmoins être utilisée dans un contentieux ?

Elle peut être invoquée contre un acte réglementaire ou une loi, notamment par une question prioritaire de constitutionnalité.
Elle produit un effet direct dès qu’un juge administratif la cite dans sa décision.
Elle ne peut être mentionnée qu’à titre historique, sans incidence sur l’issue du contentieux.
Elle devient automatiquement une règle réglementaire applicable à tous les litiges administratifs.

Elle peut être invoquée contre un acte réglementaire ou une loi, notamment par une question prioritaire de constitutionnalité.

Explication

L’absence d’effet direct n’empêche pas une disposition constitutionnelle d’être invoquée contre un acte réglementaire ou une loi, notamment dans le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité. Cela ne transforme toutefois pas cette disposition en règle directement applicable comme une norme précise.

28. Quelle répartition des compétences correspond au contrôle de constitutionnalité en matière administrative ?

Le Conseil constitutionnel contrôle les actes administratifs, tandis que le juge administratif vérifie les règlements parlementaires.
Le juge administratif et le Conseil constitutionnel contrôlent indistinctement les lois et les actes administratifs.
Le juge administratif contrôle les actes administratifs, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité des lois.
Le juge administratif contrôle directement les lois, tandis que le Conseil constitutionnel examine les actes administratifs.

Le juge administratif contrôle les actes administratifs, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité des lois.

Explication

Le juge administratif peut contrôler la constitutionnalité des actes administratifs, mais il ne contrôle pas directement la constitutionnalité des lois. Cette dernière compétence relève du Conseil constitutionnel, notamment dans le cadre prévu par la Constitution.

29. Dans quel cas la théorie de la loi écran empêche-t-elle le juge administratif d’examiner la constitutionnalité d’un acte administratif ?

Lorsque l’acte administratif est adopté sans texte législatif servant de fondement juridique.
Lorsque cet examen obligerait le juge à apprécier la constitutionnalité de la loi qui fonde l’acte.
Lorsque l’acte administratif comporte une marge d’appréciation laissée par la loi à l’administration.
Lorsque la loi applicable a été publiée après l’adoption de l’acte administratif contesté.

Lorsque cet examen obligerait le juge à apprécier la constitutionnalité de la loi qui fonde l’acte.

Explication

La loi écran s’interpose entre la Constitution et l’acte administratif lorsque le contrôle de l’acte nécessiterait de contrôler la constitutionnalité de la loi qui le fonde. Le juge administratif ne pouvant contrôler directement la loi, il ne peut alors effectuer cet examen constitutionnel.

30. Que peut contrôler le juge administratif lorsqu’une loi laisse une marge d’appréciation à l’administration ?

La conformité de la loi elle-même à la Constitution, sans examiner la décision administrative.
La constitutionnalité de la marge d’appréciation, mais pas les éléments directement imposés par la loi.
La constitutionnalité de tous les éléments de l’acte, y compris ceux imposés par la loi.
La légalité de la marge d’appréciation, mais pas sa conformité aux normes constitutionnelles.

La constitutionnalité de la marge d’appréciation, mais pas les éléments directement imposés par la loi.

Explication

L’écran transparent permet au juge administratif de contrôler la constitutionnalité de la marge d’appréciation laissée à l’administration. En revanche, les éléments directement imposés par la loi échappent à ce contrôle, car leur examen reviendrait à contrôler la loi elle-même.

31. Quel est l’objet d’une question prioritaire de constitutionnalité soulevée au cours d’un litige ?

Contester la conformité d’une disposition législative aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Demander au juge administratif d’annuler directement une loi contraire à un règlement administratif.
Obtenir du Parlement une nouvelle interprétation d’une disposition législative contestée.
Faire vérifier par le Conseil constitutionnel la conformité d’un acte individuel à une circulaire.

Contester la conformité d’une disposition législative aux droits et libertés garantis par la Constitution.

Explication

La question prioritaire de constitutionnalité permet de contester, à l’occasion d’un litige, une disposition législative au regard des droits et libertés garantis par la Constitution. Elle ne donne pas au juge administratif le pouvoir d’annuler directement la loi.

32. Quelles conditions permettent à un traité d’avoir une autorité supérieure à celle des lois en vertu de l’article 55 de la Constitution ?

Une approbation ministérielle, une inscription réglementaire et une réciprocité entre particuliers
Une signature présidentielle, une validation juridictionnelle et une application par la France
Une ratification ou approbation régulière, une publication et l’application réciproque par l’autre partie
Une adoption parlementaire, une publication et une conformité automatique aux lois françaises

Une ratification ou approbation régulière, une publication et l’application réciproque par l’autre partie

Explication

L’article 55 exige que le traité soit régulièrement ratifié ou approuvé, publié et appliqué par l’autre partie. Une simple publication ou une validation interne ne suffit pas à lui conférer cette autorité supérieure.

33. Quelle distinction juridique oppose la ratification à l’approbation d’un traité international ?

La ratification produit une autorité supérieure, tandis que l’approbation produit une valeur juridique moins importante
La ratification concerne les lois internes, tandis que l’approbation concerne les accords dépourvus d’effet juridique
La ratification relève du ministre des Affaires étrangères, tandis que l’approbation est un acte solennel du Président
La ratification est un acte solennel du Président, tandis que l’approbation relève d’une procédure simplifiée du ministre des Affaires étrangères

La ratification est un acte solennel du Président, tandis que l’approbation relève d’une procédure simplifiée du ministre des Affaires étrangères

Explication

La ratification est accomplie solennellement par le Président de la République, alors que l’approbation suit une procédure simplifiée relevant du ministre des Affaires étrangères. Malgré cette différence de procédure, les deux actes ont la même valeur juridique.

34. Quelle compétence le Conseil d’État a-t-il reconnue au juge administratif dans l’arrêt SARL du Parc d’activités de Blotzheim de 1998 ?

Le contrôle de la régularité externe de la ratification ou de l’approbation d’un traité
La modification des stipulations internationales après leur approbation par le Gouvernement
La vérification de la réciprocité diplomatique sans examen de la procédure interne
Le contrôle de la conformité matérielle d’un traité à toutes les constitutions étrangères

Le contrôle de la régularité externe de la ratification ou de l’approbation d’un traité

Explication

Depuis l’arrêt SARL du Parc d’activités de Blotzheim, le juge administratif contrôle la régularité externe de la ratification ou de l’approbation, par voie d’action comme par voie d’exception. Cet arrêt ne lui attribue pas le pouvoir de modifier un traité ni d’en réécrire le contenu.

35. Quel apport majeur l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989 a-t-il eu en matière de contrôle des lois ?

Le Conseil d’État a déclaré que les traités ne pouvaient être invoqués que contre des actes réglementaires
Le Conseil d’État a reconnu que toute loi postérieure à un traité devait être automatiquement annulée par le Parlement
Le Conseil d’État a accepté d’écarter une loi contraire à un traité dans le cadre d’un contrôle par voie d’exception
Le Conseil d’État a confié au ministre des Affaires étrangères le contrôle de la conventionnalité des lois

Le Conseil d’État a accepté d’écarter une loi contraire à un traité dans le cadre d’un contrôle par voie d’exception

Explication

Dans Nicolo, le Conseil d’État s’est reconnu compétent pour contrôler la conventionnalité des lois par voie d’exception et écarter celles qui sont contraires à un traité. Il ne s’agit pas d’une annulation générale de la loi ni d’un contrôle confié au ministre.

36. Que signifie l’effet direct d’une stipulation internationale ?

Elle peut créer des droits ou obligations que les particuliers invoquent directement devant le juge
Elle permet à l’administration de modifier un traité sans nouvelle intervention internationale
Elle organise les relations entre États sans produire de conséquences pour les personnes privées
Elle impose au législateur d’adopter une loi avant toute invocation devant le juge

Elle peut créer des droits ou obligations que les particuliers invoquent directement devant le juge

Explication

Une stipulation bénéficie de l’effet direct lorsqu’elle crée des droits ou des obligations directement invocables par les particuliers devant le juge. Une clause qui ne règle que les rapports entre États ne remplit pas cette condition.

37. Dans quelle situation une stipulation internationale est-elle dépourvue d’effet direct selon le Conseil d’État ?

Lorsqu’elle est publiée après sa ratification ou prévoit une coopération entre autorités publiques
Lorsqu’elle est rédigée dans une langue étrangère ou comporte plusieurs obligations réciproques
Lorsqu’elle concerne un domaine administratif ou a été signée par plusieurs États parties
Lorsqu’elle régit les relations entre États ou nécessite un acte complémentaire à l’égard des particuliers

Lorsqu’elle régit les relations entre États ou nécessite un acte complémentaire à l’égard des particuliers

Explication

Le Conseil d’État écarte l’effet direct lorsque la stipulation régit exclusivement les relations entre États ou lorsqu’un acte complémentaire est nécessaire pour produire des effets envers les particuliers. La langue, le nombre d’États parties ou le domaine administratif ne suffisent pas à exclure cet effet.

38. À quelle date l’arrêt GISTI a-t-il précisé les critères de l’effet direct des stipulations internationales ?

Le 6 juin 1997
Le 20 octobre 1989
Le 29 juin 1990
Le 11 avril 2012

Le 11 avril 2012

Explication

L’arrêt GISTI du 11 avril 2012 a précisé les critères permettant de déterminer si une stipulation internationale produit un effet direct. La date de 1990 correspond à un autre arrêt GISTI, consacré à l’interprétation des traités par le juge administratif.

39. Quel changement l’arrêt GISTI du 29 juin 1990 a-t-il apporté à l’interprétation des traités par le juge administratif ?

Le juge administratif a maintenu le renvoi obligatoire des difficultés au ministre des Affaires étrangères
Le juge administratif a réservé l’interprétation des traités aux juridictions internationales
Le juge administratif a confié l’interprétation des traités au Parlement après chaque difficulté
Le juge administratif s’est reconnu compétent pour interpréter lui-même les traités

Le juge administratif s’est reconnu compétent pour interpréter lui-même les traités

Explication

Dans l’arrêt GISTI du 29 juin 1990, le Conseil d’État a reconnu sa compétence pour interpréter lui-même les traités. Cette solution rompt avec la pratique antérieure du renvoi des difficultés d’interprétation au ministre des Affaires étrangères.

40. À quelles normes l’article 55 de la Constitution confère-t-il une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité ?

Aux résolutions internationales adoptées par une organisation intergouvernementale
Aux principes généraux du droit international appliqués par l’administration
Aux coutumes internationales reconnues par les juridictions françaises
Aux traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés

Aux traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés

Explication

L’article 55 vise les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés, sous réserve de leur application réciproque. Cette disposition ne confère pas la même valeur supralégislative aux coutumes, aux principes généraux ou aux résolutions internationales.

41. Quelle est la position de la coutume internationale et des principes généraux du droit international dans la hiérarchie des normes françaises ?

Ils ont une valeur constitutionnelle lorsqu’ils résultent d’une pratique internationale constante
Ils sont dépourvus de toute portée juridique parce qu’ils ne figurent pas dans un traité
Ils sont applicables, mais ne disposent pas d’une valeur supérieure à celle des lois
Ils sont applicables et priment les lois dès qu’une juridiction française les reconnaît

Ils sont applicables, mais ne disposent pas d’une valeur supérieure à celle des lois

Explication

La coutume internationale et les principes généraux du droit international peuvent être appliqués en droit français, mais l’article 55 ne leur accorde pas une valeur supralégislative. Ils ne sont donc ni placés au-dessus des lois ni dépourvus de toute portée juridique.

42. Quelle solution le Conseil d’État a-t-il retenue dans l’arrêt Aquarone du 6 juin 1997 ?

Une loi française devient inapplicable lorsqu’elle contredit une pratique internationale constante
Une coutume internationale écarte une loi française dès qu’elle est reconnue par une juridiction internationale
Une coutume internationale ou un principe international ne peut pas écarter une loi française
Un principe international possède la même autorité qu’un traité régulièrement publié

Une coutume internationale ou un principe international ne peut pas écarter une loi française

Explication

Dans Aquarone, le Conseil d’État a jugé qu’une coutume internationale ou un principe du droit international ne pouvait pas écarter une loi française. Cette solution distingue ces normes des traités auxquels l’article 55 peut conférer une autorité supérieure à celle des lois.

43. Comment la coutume internationale se situe-t-elle par rapport aux lois et aux règlements français ?

Elle est supérieure aux lois et aux règlements lorsqu’elle repose sur une pratique internationale constante
Elle est placée au même niveau que les lois, qui peuvent être écartées en cas de conflit
Elle est inférieure aux lois, mais supérieure aux règlements en l’absence de disposition législative contraire
Elle est inférieure aux lois et aux règlements car elle ne constitue pas une norme écrite

Elle est inférieure aux lois, mais supérieure aux règlements en l’absence de disposition législative contraire

Explication

La coutume internationale est infralégislative mais supraréglementaire : elle ne peut pas écarter une loi, tout en s’imposant aux actes réglementaires lorsqu’aucune disposition législative contraire ne s’y oppose. Elle n’est donc ni équivalente aux lois ni dépourvue de portée normative.

44. Quels éléments relèvent du droit originaire de l’Union européenne ?

Les traités fondateurs et la Charte des droits fondamentaux
Les lois nationales transposant les actes européens
Les décisions individuelles et les recommandations des institutions
Les règlements et les directives adoptés par la Commission

Les traités fondateurs et la Charte des droits fondamentaux

Explication

Le droit originaire comprend notamment les traités constitutifs ainsi que la Charte des droits fondamentaux, intégrée depuis le traité de Lisbonne. Les règlements et les directives relèvent du droit dérivé, car ils sont adoptés par les institutions de l’Union.

45. Quelle caractéristique distingue principalement un règlement européen d’une directive ?

Il nécessite une ratification nationale avant de produire ses effets
Il fixe un objectif commun à atteindre par des moyens nationaux
Il s’adresse à des destinataires précisément désignés par les États
Il est directement applicable dans les États membres sans transposition

Il est directement applicable dans les États membres sans transposition

Explication

Le règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable sans acte national de transposition. La directive, en revanche, lie les États quant au résultat tout en leur laissant le choix des moyens juridiques.

46. Quelle solution le Conseil d’État a-t-il retenue dans l’arrêt Boisdet du 24 septembre 1990 ?

Les règlements communautaires priment les lois françaises, même postérieures
Les règlements communautaires ne produisent d’effets qu’après une transposition nationale
Les règlements communautaires restent inférieurs aux lois françaises postérieures
Les règlements communautaires s’imposent aux administrations mais pas au législateur

Les règlements communautaires priment les lois françaises, même postérieures

Explication

Dans l’arrêt Boisdet, le Conseil d’État a reconnu aux règlements communautaires une autorité supérieure aux lois françaises, y compris aux lois postérieures. Cette solution concerne leur rapport avec la loi, sans signifier qu’ils sont placés au-dessus de la Constitution dans l’ordre juridique français.

47. Quelle obligation une directive européenne impose-t-elle à ses destinataires ?

Respecter une règle identique en renonçant à toute adaptation interne
Ratifier son contenu avant l’expiration du délai fixé par l’Union
Atteindre un résultat déterminé en choisissant les moyens juridiques appropriés
Appliquer immédiatement toutes ses dispositions sans intervention nationale

Atteindre un résultat déterminé en choisissant les moyens juridiques appropriés

Explication

La directive oblige ses destinataires quant au résultat à atteindre, mais leur laisse le choix des moyens juridiques et doit être transposée dans un délai déterminé. Elle se distingue ainsi du règlement, qui est directement applicable dans tous ses éléments.

48. À quelles conditions un particulier peut-il invoquer directement une disposition précise et inconditionnelle d’une directive contre l’État ?

Après l’expiration du délai de transposition de la directive
Dès l’adoption de la directive, même avant son entrée en vigueur
Lorsque l’État invoque lui-même la directive contre le particulier
Après une décision nationale autorisant l’invocation contre un particulier

Après l’expiration du délai de transposition de la directive

Explication

Après l’expiration du délai de transposition, une disposition précise et inconditionnelle peut être invoquée par un particulier contre l’État. Cette invocabilité est verticale ascendante, tandis que l’État ne peut pas utiliser la directive de la même manière contre un particulier.

49. Quelle différence existe-t-il entre l’invocabilité d’exclusion et l’invocabilité de substitution ?

La première concerne les traités, tandis que la seconde concerne les règlements européens
La première vise l’État, tandis que la seconde interdit toute invocation par un particulier
La première applique la directive, tandis que la seconde valide la norme nationale contraire
La première écarte la norme nationale, tandis que la seconde applique la directive à sa place

La première écarte la norme nationale, tandis que la seconde applique la directive à sa place

Explication

L’invocabilité d’exclusion conduit à écarter la règle nationale incompatible avec la directive. L’invocabilité de substitution va plus loin en permettant d’appliquer directement la directive à la place de cette règle.

50. Quelle évolution résulte de l’arrêt Mme Perreux rendu par le Conseil d’État le 30 octobre 2009 ?

La reconnaissance d’un effet direct des directives avant l’expiration de leur délai de transposition
La limitation de l’invocation des directives aux litiges opposant deux particuliers
L’abandon de Cohn-Bendit et l’admission de l’invocation directe d’une directive contre un acte individuel
La confirmation de Cohn-Bendit et l’interdiction d’invoquer une directive contre l’administration

L’abandon de Cohn-Bendit et l’admission de l’invocation directe d’une directive contre un acte individuel

Explication

L’arrêt Mme Perreux a abandonné la solution Cohn-Bendit et admis qu’une disposition précise et inconditionnelle puisse être invoquée contre un acte administratif individuel après l’expiration du délai de transposition. Il ne reconnaît pas pour autant une invocation générale des directives entre particuliers.

51. Que peut faire un État avant l’expiration du délai de transposition d’une directive ?

Il doit avoir achevé la transposition, faute de quoi toute mesure nationale devient illégale
Il peut adopter toute mesure contraire à la directive jusqu’à la fin du délai fixé
Il peut invoquer la directive contre les particuliers pour imposer son résultat
Il peut ne pas l’avoir encore transposée, mais ne doit pas compromettre sérieusement sa transposition future

Il peut ne pas l’avoir encore transposée, mais ne doit pas compromettre sérieusement sa transposition future

Explication

Avant l’expiration du délai, l’État ne peut pas être critiqué pour l’absence de transposition ou une transposition partielle. Il reste toutefois tenu de ne pas adopter de mesures compromettant sérieusement la transposition future.

52. Comment le droit français qualifie-t-il le rang du droit de l’Union européenne dans la hiérarchie des normes ?

Il est supralégislatif mais infraconstitutionnel
Il possède un rang identique à celui des actes administratifs
Il est inférieur aux lois mais supérieur aux traités internationaux
Il est constitutionnel et prime toutes les normes nationales

Il est supralégislatif mais infraconstitutionnel

Explication

Dans l’ordre juridique français, le droit de l’Union est placé au-dessus de la loi mais sous la Constitution. L’ordre juridique de l’Union revendique toutefois une primauté plus large, y compris à l’égard des constitutions nationales.

53. Pourquoi le Conseil constitutionnel ne contrôle-t-il en principe pas certaines lois mettant en œuvre le droit de l’Union ?

Parce que le Conseil constitutionnel exerce le contrôle de ces lois à la place de la Cour de justice
Parce que l’article 88-1 impose constitutionnellement la participation de la France à l’Union
Parce que les lois européennes échappent par nature à tout contrôle juridictionnel national
Parce que les normes de l’Union ont automatiquement une valeur constitutionnelle en France

Parce que l’article 88-1 impose constitutionnellement la participation de la France à l’Union

Explication

Depuis la décision du 10 juin 2004, l’article 88-1 fonde une obligation constitutionnelle de mise en œuvre du droit de l’Union, ce qui limite le contrôle du Conseil constitutionnel. Cette règle ne signifie pas que les normes européennes ont une valeur constitutionnelle générale en droit français.

54. Dans quelle situation le Conseil constitutionnel peut-il contrôler une loi mettant en œuvre le droit de l’Union ?

Lorsqu’un particulier conteste le contenu politique de la directive transposée
Lorsqu’elle transpose une directive précise sans porter atteinte à une exigence constitutionnelle
Lorsqu’une loi nationale reprend fidèlement une obligation européenne inconditionnelle
Lorsqu’elle porte atteinte à l’identité constitutionnelle de la France ou met en œuvre une norme imprécise

Lorsqu’elle porte atteinte à l’identité constitutionnelle de la France ou met en œuvre une norme imprécise

Explication

Le Conseil constitutionnel peut intervenir en cas d’atteinte à une disposition inhérente à l’identité constitutionnelle de la France ou lorsque la norme européenne n’est pas précise et inconditionnelle. Une norme européenne réunissant ces deux qualités peut, au contraire, faire obstacle à un contrôle constitutionnel de fond.

55. Quelle méthode le juge administratif suit-il dans l’arrêt Arcelor lorsqu’un règlement met en œuvre une norme européenne ?

Il écarte tout contrôle juridictionnel dès qu’un règlement met en œuvre une norme européenne
Il recherche une garantie équivalente dans le droit de l’Union avant de choisir le contrôle applicable
Il contrôle directement le règlement au regard de la Constitution sans examiner le droit de l’Union
Il saisit systématiquement le Conseil constitutionnel avant d’examiner la validité du règlement

Il recherche une garantie équivalente dans le droit de l’Union avant de choisir le contrôle applicable

Explication

Dans la démarche Arcelor, le juge administratif recherche d’abord une garantie équivalente en droit de l’Union. Si elle existe, il contrôle le règlement au regard du droit de l’Union ; sinon, il l’examine directement au regard de la Constitution.

56. Quel contrôle le juge administratif peut-il exercer sur une loi mettant en œuvre le droit de l’Union européenne lorsqu’elle est promulguée et applicable ?

Un contrôle réservé à sa compatibilité avec les principes généraux du droit administratif français
Un contrôle comparable à celui exercé sur les règlements, notamment au regard du droit de l’Union européenne
Un contrôle limité à la régularité de la procédure parlementaire ayant conduit à son adoption
Un contrôle direct de sa conformité à la Constitution en écartant la compétence du Conseil constitutionnel

Un contrôle comparable à celui exercé sur les règlements, notamment au regard du droit de l’Union européenne

Explication

Une telle loi peut être contrôlée par le juge administratif au regard du droit de l’Union européenne, selon un contrôle comparable à celui des règlements. En revanche, le contrôle de constitutionnalité de la loi relève du Conseil constitutionnel dans le cadre de la QPC.

57. Que doit faire le juge administratif en l’absence d’équivalence des garanties entre la Constitution et le droit de l’Union européenne ?

Appliquer la loi en considérant que son adoption exclut tout contrôle juridictionnel
Transmettre une QPC au Conseil constitutionnel en raison de l’écran législatif
Écarter directement la loi en constatant sa contrariété avec la Constitution
Saisir directement la Cour européenne des droits de l’homme d’une question constitutionnelle

Transmettre une QPC au Conseil constitutionnel en raison de l’écran législatif

Explication

Sans équivalence des garanties, l’écran législatif empêche le juge administratif de contrôler directement la constitutionnalité de la loi, qui doit être examinée par le Conseil constitutionnel au moyen d’une QPC. Le juge administratif peut en revanche exercer un contrôle au regard du droit de l’Union dans les conditions appropriées.

58. Dans quelle condition la procédure de QPC demeure-t-elle compatible avec le droit de l’Union européenne ?

Lorsqu’elle impose au juge national de suspendre toute procédure jusqu’à la décision définitive du Conseil constitutionnel
Lorsqu’elle interdit au juge national d’écarter une loi contraire au droit de l’Union après l’examen de la QPC
Lorsqu’elle réserve au Conseil constitutionnel la faculté de poser une question préjudicielle à la CJUE
Lorsqu’elle laisse au juge national la possibilité de saisir la CJUE, de prendre des mesures conservatoires et d’écarter ensuite une loi inconventionnelle

Lorsqu’elle laisse au juge national la possibilité de saisir la CJUE, de prendre des mesures conservatoires et d’écarter ensuite une loi inconventionnelle

Explication

La QPC est compatible avec le droit de l’Union si elle ne prive pas le juge national de ses pouvoirs européens, notamment la saisine préjudicielle, les mesures conservatoires et l’écartement ultérieur d’une loi inconventionnelle. Elle ne subordonne donc pas ces pouvoirs à une compétence exclusive du Conseil constitutionnel.

59. Qu’est-ce qu’une loi parlementaire au sens de la Constitution ?

Une loi votée par le Parlement en vertu de l’article 24 de la Constitution
Une loi adoptée par le peuple à la suite d’un référendum organisé selon l’article 11
Une loi élaborée par le Conseil constitutionnel dans le cadre d’un contrôle préalable
Une loi prise par le Gouvernement après une habilitation accordée par le Parlement

Une loi votée par le Parlement en vertu de l’article 24 de la Constitution

Explication

La loi parlementaire est votée par le Parlement sur le fondement de l’article 24 de la Constitution. La loi référendaire, elle, est adoptée directement par le peuple à la suite d’un référendum.

60. Quelle répartition des compétences résulte principalement des articles 34 et 37 de la Constitution ?

L’article 34 confie toute compétence normative au Gouvernement, tandis que l’article 37 organise le vote des lois parlementaires
L’article 34 concerne les traités internationaux, tandis que l’article 37 fixe les conditions de saisine du Conseil constitutionnel
L’article 34 détermine les pouvoirs du juge administratif, tandis que l’article 37 énumère les droits fondamentaux
L’article 34 définit le domaine de la loi, tandis que l’article 37 attribue au règlement les matières qui n’en relèvent pas

L’article 34 définit le domaine de la loi, tandis que l’article 37 attribue au règlement les matières qui n’en relèvent pas

Explication

L’article 34 énumère les matières dans lesquelles la loi fixe les règles ou détermine les principes fondamentaux, tandis que l’article 37 réserve au pouvoir réglementaire les autres matières. Cette distinction organise le partage du domaine législatif et du domaine réglementaire.

61. Dans quelle situation une disposition législative peut-elle être censurée depuis la décision du 29 juillet 2004 ?

Lorsqu’elle fixe des principes fondamentaux sans détailler toutes leurs modalités pratiques
Lorsqu’elle intervient dans une matière relevant habituellement du pouvoir réglementaire
Lorsqu’elle se limite à une déclaration dépourvue de portée normative et ne contient pas de véritable règle juridique
Lorsqu’elle reprend une règle déjà prévue par un règlement d’application pris par le Gouvernement

Lorsqu’elle se limite à une déclaration dépourvue de portée normative et ne contient pas de véritable règle juridique

Explication

Depuis la décision du 29 juillet 2004, la loi doit contenir des règles juridiques dotées d’une portée normative. Une disposition qui exprime une déclaration dépourvue d’effet normatif peut donc être censurée.

62. Quelle est la fonction d’un règlement d’application ?

Modifier la Constitution lorsqu’une disposition législative paraît insuffisamment détaillée
Remplacer une loi lorsque le Parlement a autorisé le Gouvernement à légiférer par ordonnance
Préciser et compléter les règles législatives afin de permettre leur mise en œuvre
Intervenir dans les matières qui ne relèvent par principe d’aucune compétence législative

Préciser et compléter les règles législatives afin de permettre leur mise en œuvre

Explication

Le règlement d’application est un acte administratif général et abstrait qui précise et complète les règles posées par la loi. Il se distingue du règlement autonome, qui intervient dans le domaine attribué par principe au pouvoir réglementaire.

63. Comment le délai d’adoption des mesures réglementaires nécessaires à l’application d’une loi suffisamment précise est-il apprécié ?

Selon un délai raisonnable tenant compte des difficultés concrètes de mise en œuvre de la loi
Selon le délai choisi librement par l’administration sans considération pour les difficultés rencontrées
Selon un délai fixe identique pour toutes les lois, indépendamment de leur contenu
Selon le délai prévu pour l’examen parlementaire de la loi avant sa promulgation

Selon un délai raisonnable tenant compte des difficultés concrètes de mise en œuvre de la loi

Explication

Lorsque la loi est suffisamment précise, le pouvoir réglementaire doit prendre les mesures nécessaires dans un délai raisonnable. L’appréciation de ce délai dépend notamment des difficultés de mise en œuvre, et non d’une durée uniforme.

64. Quelle caractéristique distingue le règlement autonome dans le cadre de l’article 37 de la Constitution ?

Il peut modifier toute disposition législative dès lors qu’elle concerne une matière attribuée au pouvoir réglementaire
Il intervient dans le domaine réglementaire mais reste soumis à la Constitution, aux traités, aux principes généraux du droit et à la loi non déclassée
Il n’est soumis qu’aux instructions du Gouvernement puisqu’il intervient hors du domaine de la loi
Il possède une valeur législative qui le soustrait au contrôle du juge administratif et aux normes supérieures

Il intervient dans le domaine réglementaire mais reste soumis à la Constitution, aux traités, aux principes généraux du droit et à la loi non déclassée

Explication

Le règlement autonome intervient dans le domaine de principe du règlement, mais demeure un acte administratif soumis aux normes supérieures et à la loi tant que celle-ci n’a pas été déclassée. Son autonomie de domaine ne lui confère donc pas une valeur législative.

65. Quel est le mécanisme prévu par l’article 38 pour l’adoption d’une ordonnance ?

Le Gouvernement adopte directement une loi dans une matière constitutionnelle sans autorisation parlementaire préalable
Le Conseil constitutionnel habilite le Gouvernement à prendre une ordonnance dont la ratification est automatique
Le Parlement délègue définitivement son pouvoir législatif au Gouvernement, qui adopte une norme sans limite de durée
Le Gouvernement agit après une habilitation législative limitée par un objet et une durée, puis l’ordonnance peut être ratifiée par le Parlement

Le Gouvernement agit après une habilitation législative limitée par un objet et une durée, puis l’ordonnance peut être ratifiée par le Parlement

Explication

L’article 38 permet au Gouvernement d’intervenir dans le domaine de la loi après une habilitation parlementaire encadrée par un objet et une durée. La ratification par le Parlement peut ensuite conférer à l’ordonnance une valeur législative.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 83 flashcards sur Fondements du droit administratif.

Qu'est-ce que le droit administratif ?

Le droit applicable à l’administration, incluant certaines personnes privées chargées de missions administratives.

Quels sont les deux critères pour définir l’administration ?

Le critère organique (structures) et le critère matériel (fonctions).

Quelle différence existe entre personnes morales et institutions ?

Les personnes morales ont des droits et obligations, les institutions agissent au nom d’une personne morale.

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