QCM : Fondements et conceptions du droit (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond au droit objectif ?

L’ensemble des règles de conduite édictées et sanctionnées pour une société
La capacité juridique reconnue à une personne par une autorité publique
Les prérogatives individuelles qu’une personne peut faire valoir contre autrui
Les décisions rendues par les tribunaux dans les litiges entre particuliers

L’ensemble des règles de conduite édictées et sanctionnées pour une société

Explication

Le droit objectif regroupe les règles de conduite communes, établies et assorties de sanctions sociales. Les prérogatives appartenant à une personne relèvent des droits subjectifs, et non du droit objectif.

2. Qu’est-ce qu’un droit subjectif ?

Une décision judiciaire applicable à plusieurs catégories de litiges
Une obligation sociale dépourvue de protection institutionnelle
Une prérogative individuelle protégée par l’autorité publique
Une règle générale imposée à tous les membres d’une société

Une prérogative individuelle protégée par l’autorité publique

Explication

Un droit subjectif est une prérogative individuelle qu’une personne peut faire valoir à l’égard d’autrui avec la protection de l’autorité publique. Une règle générale applicable à la collectivité appartient au droit objectif.

3. Quelle proposition exprime le mieux la relation entre le droit et la société selon la formule « ubi societas, ibi jus » ?

Le droit et la société sont liés par une relation réciproque
La société se maintient grâce aux seules relations économiques
Le droit apparaît après la création des institutions politiques
Le droit concerne principalement les conflits entre gouvernements

Le droit et la société sont liés par une relation réciproque

Explication

La formule « ubi societas, ibi jus » signifie qu’il n’y a pas de droit sans société et pas de société sans droit. Elle exprime donc une interdépendance entre l’existence sociale et l’existence du droit.

4. Comment le droit contribue-t-il à édifier la société ?

En favorisant la paix, la justice, la prospérité et l’épanouissement
En organisant les rapports sociaux autour de la contrainte physique
En réservant la décision collective aux professionnels du droit
En remplaçant les relations sociales par des procédures judiciaires

En favorisant la paix, la justice, la prospérité et l’épanouissement

Explication

Le droit édifie la société en favorisant la paix, la justice, la prospérité et l’épanouissement des personnes, ce qui aide à éviter la barbarie. Il ne se réduit donc ni aux procédures judiciaires ni à la contrainte physique.

5. Quelle caractéristique distingue principalement le système romano-germanique du système anglo-saxon ?

Il privilégie les décisions judiciaires et la règle du précédent
Il fonde les règles juridiques sur les pratiques des avocats
Il privilégie la loi codifiée et confère au juge un rôle secondaire
Il construit le droit par une succession d’affaires particulières

Il privilégie la loi codifiée et confère au juge un rôle secondaire

Explication

Le système romano-germanique prend principalement appui sur la loi et la codification, tandis que le juge y joue un rôle secondaire par rapport au législateur. La construction progressive par les décisions judiciaires caractérise plutôt la common law.

6. Comment la common law construit-elle principalement les règles juridiques ?

Par des règlements administratifs révisés selon chaque affaire
Par les décisions judiciaires et l’application de la règle du précédent
Par des codes généraux adoptés comme source juridique principale
Par des principes abstraits élaborés indépendamment des litiges

Par les décisions judiciaires et l’application de la règle du précédent

Explication

La common law se construit progressivement à partir des affaires judiciaires et de la règle du précédent, dans une approche casuistique. Les codes généraux comme source principale appartiennent davantage au système romano-germanique.

7. Quelle distinction décrit correctement les rapports entre religion, morale et droit ?

La religion renvoie aux lois civiles, la morale aux dogmes, et le droit aux choix individuels
La religion renvoie à Dieu, la morale aux convictions, et le droit aux décisions humaines
La religion renvoie aux tribunaux, la morale aux sanctions, et le droit aux croyances personnelles
La religion renvoie à la conscience, la morale aux institutions, et le droit aux commandements divins

La religion renvoie à Dieu, la morale aux convictions, et le droit aux décisions humaines

Explication

La religion se rapporte à une source divine, tandis que la morale peut être religieuse ou laïque et que le droit est produit par les êtres humains. Confondre la morale avec les institutions ou le droit avec les commandements divins inverse ces distinctions.

8. Quelle sanction correspond principalement à une règle morale plutôt qu’à une règle religieuse ou juridique ?

L’emprisonnement décidé par une autorité judiciaire compétente
Le pardon confessionnel accordé après la reconnaissance d’une faute
L’opprobre public qui désapprouve le comportement de la personne
Les dommages-intérêts versés à la victime d’un préjudice

L’opprobre public qui désapprouve le comportement de la personne

Explication

Les règles morales sont principalement sanctionnées par l’opprobre public, c’est-à-dire la désapprobation de la communauté. Le pardon relève de la religion, tandis que l’emprisonnement et les dommages-intérêts sont des sanctions juridiques.

9. Quelle proposition distingue correctement les finalités de la religion, de la morale et du droit ?

La religion organise la société, la morale impose une justice publique, et le droit recherche une vérité divine
La religion sanctionne les citoyens, la morale administre les institutions, et le droit définit les croyances communes
La religion dépend des préférences individuelles, la morale applique les lois, et le droit fonde les convictions personnelles
La religion vise une morale objective, la morale varie selon les individus, et le droit organise la société

La religion vise une morale objective, la morale varie selon les individus, et le droit organise la société

Explication

La religion recherche une morale objective, la morale est autonome et variable, et le droit organise la société en poursuivant une certaine conception de la justice. La recherche d’une vérité divine ne constitue donc pas la finalité propre du droit.

10. Quel principe définit le mieux l’utilitarisme ?

Choisir l’action qui protège les droits fondamentaux de chaque personne
Choisir l’action qui garantit une répartition identique des ressources
Choisir l’action qui maximise le bonheur du plus grand nombre
Choisir l’action qui préserve les traditions morales de la communauté

Choisir l’action qui maximise le bonheur du plus grand nombre

Explication

L’utilitarisme recommande l’action qui maximise la quantité d’utilité ou le plus grand bonheur du plus grand nombre. La priorité accordée aux droits fondamentaux de chacun correspond davantage à la justice rawlsienne.

11. Une municipalité doit choisir entre deux projets publics : comment un raisonnement utilitariste les départage-t-il ?

En choisissant le projet qui répartit les dépenses de manière identique entre les habitants
En sélectionnant le projet qui respecte une règle morale indépendamment de ses conséquences
En donnant la priorité au projet qui protège le groupe social le moins nombreux
En évaluant leurs conséquences et en retenant celui qui accroît le plus le bien-être collectif

En évaluant leurs conséquences et en retenant celui qui accroît le plus le bien-être collectif

Explication

Le raisonnement utilitariste évalue les conséquences, calcule leur utilité et retient l’option qui maximise la somme du bien-être commun. Le respect d’une règle indépendante des conséquences relève d’une autre approche morale.

12. Quel risque l’utilitarisme présente-t-il pour les droits des minorités ?

Il peut sacrifier leurs droits lorsque cela augmente le bonheur de la majorité
Il peut imposer aux citoyens une égalité parfaite dans toutes les situations économiques
Il peut empêcher toute décision collective afin de protéger chaque préférence individuelle
Il peut remplacer les lois publiques par des convictions religieuses particulières

Il peut sacrifier leurs droits lorsque cela augmente le bonheur de la majorité

Explication

En privilégiant la somme du bonheur collectif, l’utilitarisme peut négliger les droits d’une minorité si leur protection réduit le bénéfice total. Rawls cherche au contraire à garantir l’égalité de tous devant la loi.

13. Sur quels principes la justice rawlsienne fonde-t-elle une société juste ?

La majorité politique, l’efficacité administrative, la sécurité et le bonheur collectif
La croissance économique, la hiérarchie sociale, la tradition et l’obéissance civile
La propriété privée, la concurrence, la responsabilité individuelle et la fiscalité uniforme
La liberté, l’impartialité, l’égalité des chances et les droits fondamentaux

La liberté, l’impartialité, l’égalité des chances et les droits fondamentaux

Explication

La justice rawlsienne repose sur la liberté, l’impartialité, l’égalité des chances et le respect des droits fondamentaux. Le bonheur collectif comme critère principal appartient plutôt à l’utilitarisme.

14. Que signifie la propriété de soi dans la conception libertarienne de la justice ?

Chaque personne peut voir son travail approprié par une autorité publique compétente
Chaque personne possède son propre corps et le fruit de son travail
Chaque personne reçoit une part identique des biens disponibles dans la société
Chaque personne doit contribuer à financer les besoins économiques des autres

Chaque personne possède son propre corps et le fruit de son travail

Explication

La propriété de soi signifie que chacun est propriétaire de son corps et de son travail. L’appropriation du travail d’une personne par autrui, notamment par le travail forcé, contredit ce principe.

15. Pourquoi le libertarisme condamne-t-il l’esclavage, le travail forcé et l’impôt ?

Parce qu’il les assimile à une appropriation de la personne ou du revenu de son travail
Parce qu’il estime que les services publics doivent être financés par des dons volontaires
Parce qu’il considère toute différence de richesse comme incompatible avec la liberté politique
Parce qu’il affirme que les droits sociaux ont une origine exclusivement religieuse

Parce qu’il les assimile à une appropriation de la personne ou du revenu de son travail

Explication

Le libertarisme considère l’esclavage, le travail forcé et l’impôt comme des formes d’appropriation de la personne ou du revenu lié à son travail. L’idée que toute inégalité économique serait injuste ne correspond pas à cette position.

16. Dans quelle condition Rawls considère-t-il que des inégalités économiques peuvent être légitimes ?

Lorsqu’elles préservent l’égalité fondamentale des chances et résultent de possessions et transferts justes
Lorsqu’elles garantissent une propriété identique des ressources à chaque citoyen
Lorsqu’elles augmentent la richesse totale, même si elles réduisent les chances des plus défavorisés
Lorsqu’elles proviennent d’un marché libre, indépendamment de l’origine des possessions initiales

Lorsqu’elles préservent l’égalité fondamentale des chances et résultent de possessions et transferts justes

Explication

Rawls admet certaines inégalités si elles ne compromettent pas l’égalité fondamentale des chances et si les possessions initiales et les transferts sont justes. La seule croissance de la richesse ne suffit donc pas à les rendre légitimes.

17. Quel critère caractérise principalement la justice commutative dans la répartition des biens et des services ?

Une mesure objective et mathématique entre les personnes
Une correction fondée sur la clémence et l’humanité
Une adaptation de la répartition aux besoins individuels
Une prise en compte prioritaire des compétences de chacun

Une mesure objective et mathématique entre les personnes

Explication

La justice commutative repose sur une mesure objective et mathématique des biens et des services échangés ou répartis. L’adaptation aux besoins ou aux compétences relève plutôt de la justice distributive.

18. Une collectivité attribue davantage de ressources aux personnes qui ont les besoins les plus importants : quelle forme de justice met-elle en œuvre ?

La justice distributive, fondée sur les besoins ou les compétences
La justice procédurale, fondée sur la régularité du jugement
La justice corrective, fondée sur la réparation d’un dommage
La justice commutative, fondée sur une mesure identique pour chacun

La justice distributive, fondée sur les besoins ou les compétences

Explication

La justice distributive adapte la répartition des richesses aux besoins ou aux compétences des personnes. Une mesure identique et objective pour chacun correspondrait plutôt à la justice commutative.

19. Quelle affirmation décrit le statut général de l’équité subjective dans le droit français ?

Elle constitue une règle générale permettant au juge d’écarter toute loi injuste
Elle ne constitue pas une règle générale, car le magistrat doit appliquer la loi
Elle impose au juge français le raisonnement équitable du juge anglo-saxon
Elle autorise le juge à modifier une règle selon sa conviction personnelle

Elle ne constitue pas une règle générale, car le magistrat doit appliquer la loi

Explication

En France, le magistrat est en principe la bouche de la loi et doit appliquer la règle sans y ajouter ni en retrancher, ce qui exclut l’équité subjective comme règle générale. Le juge ne dispose donc pas d’un pouvoir général d’écarter la loi selon sa conviction personnelle.

20. Que garantit l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme dans la hiérarchie des normes ?

Le droit à une procédure pénale identique dans tous les États européens
Le droit à un procès équitable, garanti par une norme supérieure à la loi française
Le droit pour le juge d’écarter toute règle nationale contraire à ses convictions
Le droit à une décision conforme à l’équité personnelle du magistrat français

Le droit à un procès équitable, garanti par une norme supérieure à la loi française

Explication

L’article 6 garantit le droit à un procès équitable, et la Convention européenne des droits de l’homme est supérieure à la loi française dans la hiérarchie des normes. Cette garantie n’accorde pas au magistrat un pouvoir général de décider selon sa conviction personnelle.

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Qu'est-ce que le droit objectif ?

L'ensemble des règles de conduite socialement édictées et sanctionnées.

Que sont les droits subjectifs ?

Des prérogatives individuelles protégées par l'autorité publique.

Que peut faire valoir une personne avec un droit subjectif ?

Elle peut le faire valoir à l'égard d'autres personnes.

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