QCM : Règle de droit et hiérarchie des normes (64 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Laquelle de ces situations illustre le mieux la présence du droit dans la vie quotidienne sans intervention nécessaire d’un juge ?

La plaidoirie d’un avocat devant une cour
La signature d’un bail pour louer un logement
Le prononcé d’une peine après une infraction
Le règlement d’un litige par une décision judiciaire

La signature d’un bail pour louer un logement

Explication

La signature d’un bail crée et organise une relation juridique quotidienne sans nécessiter de procès. Les autres situations relèvent directement du contentieux ou d’une intervention judiciaire.

2. Dans quel ordre le droit se réalise-t-il normalement ?

Respect, jugement, puis établissement de la règle
Violation, jugement, puis création de la règle
Jugement, règle, puis respect ou violation
Règle, respect ou violation, puis éventuel jugement

Règle, respect ou violation, puis éventuel jugement

Explication

Le processus commence par l’existence d’une règle, se poursuit par l’attitude de la personne, puis peut aboutir à un jugement. Un jugement n’intervient donc qu’éventuellement, après le comportement concerné.

3. Pourquoi est-il inexact d’assimiler le droit à la seule loi votée par le Parlement ?

Parce que la Constitution ne fait pas partie des sources juridiques
Parce que le droit comprend aussi la coutume, les contrats et la jurisprudence
Parce que les usages professionnels ont une portée exclusivement morale
Parce que les juges remplacent généralement le Parlement dans la création des règles

Parce que le droit comprend aussi la coutume, les contrats et la jurisprudence

Explication

La loi est une source du droit parmi d’autres, avec notamment la coutume, la jurisprudence, les contrats et les traités. Les autres réponses donnent un rôle erroné aux juges ou excluent à tort des sources juridiques.

4. Quelle opposition caractérise principalement les systèmes de common law et de droit continental ?

La common law privilégie la Constitution écrite, tandis que le droit continental repose principalement sur les décisions administratives
La common law s’appuie sur les contrats privés, tandis que le droit continental écarte la codification
La common law s’appuie surtout sur les décisions judiciaires, tandis que le droit continental privilégie la loi codifiée
La common law repose surtout sur les traités internationaux, tandis que le droit continental privilégie les usages professionnels

La common law s’appuie surtout sur les décisions judiciaires, tandis que le droit continental privilégie la loi codifiée

Explication

La common law s’est principalement construite à partir des décisions des juges, alors que les systèmes continentaux reposent sur la loi écrite et la codification. Les autres oppositions attribuent à tort un rôle central aux traités, aux contrats ou aux décisions administratives.

5. Que désigne le droit objectif ?

La possibilité pour une personne de disposer librement d’un bien
L’ensemble des règles de conduite garanties par l’autorité publique
La faculté individuelle d’exiger une prestation déterminée
L’ensemble des intérêts personnels protégés par une règle juridique

L’ensemble des règles de conduite garanties par l’autorité publique

Explication

Le droit objectif regroupe les règles qui organisent les rapports sociaux et dont le respect est garanti par l’autorité publique. Les autres réponses décrivent plutôt des droits subjectifs ou des prérogatives individuelles.

6. Quelle proposition définit correctement les droits subjectifs ?

Des décisions judiciaires qui interprètent les textes applicables
Des prérogatives individuelles permettant d’agir, d’exiger ou d’interdire
Des sanctions publiques imposées aux personnes qui violent une règle
Des règles générales organisant les rapports entre les membres de la société

Des prérogatives individuelles permettant d’agir, d’exiger ou d’interdire

Explication

Les droits subjectifs sont des prérogatives reconnues et sanctionnées par le droit objectif, au bénéfice de leur titulaire. Les autres réponses désignent des règles générales, la jurisprudence ou les sanctions juridiques.

7. Quelle relation existe entre le droit objectif et les droits subjectifs ?

Le droit objectif sanctionne les droits subjectifs, qui existent indépendamment de lui
Le droit objectif confère les droits subjectifs, qui lui donnent sa finalité sociale
Les droits subjectifs créent les règles générales, qui limitent ensuite leur portée
Le droit objectif et les droits subjectifs relèvent de domaines sans rapport entre eux

Le droit objectif confère les droits subjectifs, qui lui donnent sa finalité sociale

Explication

Les règles du droit objectif fondent les prérogatives individuelles, tandis que ces prérogatives donnent aux règles leur fonction sociale concrète. Les autres réponses inversent cette relation ou séparent à tort les deux notions.

8. Pourquoi le droit ne se confond-il pas avec la justice ?

Parce que les règles juridiques ne comportent pas de finalité sociale identifiable
Parce que le droit vise principalement la perfection morale de chaque personne
Parce que certaines règles recherchent aussi la sécurité, la paix sociale ou l’opportunité
Parce que la justice repose sur des décisions judiciaires, contrairement au droit

Parce que certaines règles recherchent aussi la sécurité, la paix sociale ou l’opportunité

Explication

La justice constitue une finalité proclamée du droit, mais certaines règles privilégient également la sécurité, la paix sociale ou l’opportunité. La perfection morale relève plutôt de la morale, et le droit possède bien une finalité sociale.

9. Quelle distinction Aristote établit-il entre justice distributive et justice commutative ?

La justice distributive concerne la morale personnelle, tandis que la justice commutative concerne la sanction pénale
La justice distributive repose sur une égalité proportionnelle, tandis que la justice commutative repose sur une égalité arithmétique
La justice distributive attribue les biens selon les contrats, tandis que la justice commutative applique les coutumes
La justice distributive repose sur une égalité arithmétique, tandis que la justice commutative repose sur une égalité proportionnelle

La justice distributive repose sur une égalité proportionnelle, tandis que la justice commutative repose sur une égalité arithmétique

Explication

Pour Aristote, la justice distributive répartit selon une proportion liée aux situations, tandis que la justice commutative rétablit une égalité arithmétique entre les parties. Les autres réponses inversent les critères ou attribuent à ces notions des domaines étrangers à cette distinction.

10. Quelle différence traditionnelle oppose principalement le droit et la morale ?

La morale procède de la conscience et vise la perfection personnelle, tandis que le droit est imposé par l’autorité sociale pour préserver la paix
La morale repose sur une sanction étatique, tandis que le droit entraîne une réprobation sociale sans contrainte publique
La morale procède de l’autorité publique et vise la paix sociale, tandis que le droit relève de la conscience individuelle
La morale et le droit ont la même source, mais leurs règles s’appliquent à des groupes sociaux différents

La morale procède de la conscience et vise la perfection personnelle, tandis que le droit est imposé par l’autorité sociale pour préserver la paix

Explication

La morale s’enracine traditionnellement dans la conscience et tend vers la perfection personnelle, alors que le droit émane d’une autorité sociale et peut être imposé par l’État. Les autres propositions inversent les sources ou les sanctions propres aux deux systèmes.

11. Que signifie l’équité dans l’application du droit ?

Remplacer les règles juridiques par les convictions morales du juge
Adapter l’application d’une règle générale afin d’éviter une injustice dans un cas particulier
Accorder un avantage à la partie qui dispose de la plus grande capacité financière
Appliquer une règle générale avec la même rigueur à toutes les situations

Adapter l’application d’une règle générale afin d’éviter une injustice dans un cas particulier

Explication

L’équité cherche à corriger l’injustice qu’une application mécanique d’une règle générale pourrait produire dans une situation particulière. Elle ne consiste ni à supprimer les règles juridiques ni à favoriser une partie selon sa richesse.

12. Quelle caractéristique distingue le droit naturel du droit positif ?

Il désigne les usages reconnus par une société à une époque donnée
Il rassemble les décisions rendues par les juridictions d’un État
Il regroupe des principes supérieurs que la raison peut découvrir
Il correspond aux règles adoptées par les autorités compétentes

Il regroupe des principes supérieurs que la raison peut découvrir

Explication

Le droit naturel repose sur des principes supérieurs au droit positif, qui ne sont pas créés par la loi et peuvent être découverts par la raison. Le droit positif désigne, quant à lui, les règles effectivement en vigueur dans un État.

13. Quels droits l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qualifie-t-il de naturels et imprescriptibles ?

La liberté, le suffrage, l’instruction et la protection sociale
La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression
La propriété, la justice, la citoyenneté et la dignité humaine
L’égalité, la fraternité, le travail et la solidarité nationale

La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression

Explication

L’article 2 énumère la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles. L’égalité et d’autres droits importants ne constituent pas l’énumération visée par cet article.

14. Comment définir le droit positif dans un État donné ?

L’ensemble des règles de droit en vigueur à un moment déterminé
La totalité des projets de règles envisagés par le législateur
L’ensemble des principes moraux supérieurs à toute législation
Le regroupement des règles historiques ayant fondé les institutions

L’ensemble des règles de droit en vigueur à un moment déterminé

Explication

Le droit positif correspond aux règles juridiques en vigueur dans un État à un moment donné. Les principes supérieurs à la législation relèvent du droit naturel, tandis que les projets normatifs ne sont pas encore du droit en vigueur.

15. Dans une hiérarchie des normes, pourquoi un décret est-il valide ?

Parce qu’il exprime directement les principes du droit naturel
Parce qu’il possède une portée générale supérieure à celle de la Constitution
Parce qu’il est conforme à une norme supérieure, notamment à la loi
Parce qu’il est adopté par une juridiction chargée de dire le droit

Parce qu’il est conforme à une norme supérieure, notamment à la loi

Explication

Une norme tire sa validité de sa conformité à une norme supérieure ; le décret doit donc respecter la loi et, plus largement, la Constitution. La portée générale ou l’origine juridictionnelle d’un acte ne suffit pas à fonder sa validité.

16. Quelle situation correspond à une objection de conscience ?

Refuser légalement et personnellement un acte contraire à ses convictions
Violer publiquement une loi pour obtenir sa modification en acceptant une sanction
Revendiquer un droit naturel en contestant la légitimité de toutes les lois
S’opposer collectivement à l’ensemble des décisions d’une autorité publique

Refuser légalement et personnellement un acte contraire à ses convictions

Explication

L’objection de conscience permet à une personne de refuser légalement un acte contraire à ses convictions, sans contester l’application générale de la loi. La violation publique et assumée d’une loi pour la modifier relève de la désobéissance civile.

17. Quel comportement constitue une désobéissance civile ?

Violer publiquement et sans violence une loi jugée injuste en acceptant la sanction
Refuser discrètement un acte autorisé par la loi pour préserver ses convictions personnelles
Demander à une autorité administrative une dispense individuelle prévue par un règlement
Saisir une juridiction afin d’obtenir l’annulation d’une règle contraire à la Constitution

Violer publiquement et sans violence une loi jugée injuste en acceptant la sanction

Explication

La désobéissance civile est une violation publique, non violente et assumée d’une loi jugée injuste, avec acceptation de la sanction encourue. Le refus individuel légal d’un acte autorisé par la loi correspond plutôt à l’objection de conscience.

18. Quel statut la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 attribue-t-elle à la résistance à l’oppression ?

Un droit naturel et imprescriptible
Une faculté réservée aux titulaires d’un mandat électif
Une garantie procédurale dépendant d’une décision judiciaire
Une liberté accordée par une autorité administrative

Un droit naturel et imprescriptible

Explication

L’article 2 de la Déclaration de 1789 consacre la résistance à l’oppression comme un droit naturel et imprescriptible. Elle ne dépend donc pas d’une autorisation administrative ou d’un mandat électif.

19. Quelle est la fonction principale d’une règle de droit ?

Décrire les comportements sociaux sans produire d’effet institutionnel
Organiser une discussion politique sans imposer de conséquence juridique
Exprimer une préférence morale dépourvue de portée obligatoire
Indiquer un modèle de conduite dont le respect est garanti par l’ordre juridique

Indiquer un modèle de conduite dont le respect est garanti par l’ordre juridique

Explication

La règle de droit indique un modèle de conduite aux personnes ou aux institutions et son respect est garanti par l’ordre juridique. Elle se distingue ainsi d’une simple observation sociale ou d’une préférence morale dépourvue de garantie juridique.

20. Quelle distinction décrit correctement le rapport entre la loi et la norme juridique ?

La loi est une proposition grammaticale, tandis que la norme est une décision juridictionnelle
La loi est le support du message, tandis que la norme en est la signification
La loi est la signification prescriptive, tandis que la norme en est le support matériel
La loi est la conséquence juridique, tandis que la norme est la condition d’application

La loi est le support du message, tandis que la norme en est la signification

Explication

La norme est la signification juridique et prescriptive d’un message, alors que la loi constitue son support juridique matériel. Il ne faut donc pas confondre le contenant juridique avec le sens normatif qu’il exprime.

21. Quelles propriétés caractérisent une norme juridique ?

Elle formule une opinion juridique destinée à guider les autorités sans créer de prescription
Elle présente une conséquence concrète sans définir le comportement attendu des personnes
Elle constitue un modèle de conduite abstrait et impératif pouvant obliger, interdire ou autoriser
Elle décrit un comportement individuel précis sans produire d’obligation pour les destinataires

Elle constitue un modèle de conduite abstrait et impératif pouvant obliger, interdire ou autoriser

Explication

Une norme juridique est un modèle de conduite abstrait et impératif : elle peut imposer, interdire ou permettre un comportement. Une simple opinion ou une description factuelle ne possède pas cette fonction prescriptive.

22. Dans la structure d’une règle de droit, que désigne le dispositif ?

La justification morale qui explique la préférence donnée à une conduite
Le support matériel dans lequel le message juridique est formulé
La conséquence juridique qui s’applique lorsque la condition prévue est remplie
La condition factuelle qui détermine le domaine d’application de la règle

La conséquence juridique qui s’applique lorsque la condition prévue est remplie

Explication

Le dispositif désigne l’effet juridique produit lorsque les conditions d’application sont réunies ; le présupposé décrit, lui, ces conditions. Confondre les deux revient à inverser la structure « si les conditions sont réunies, alors les conséquences s’appliquent ».

23. Quelle distinction caractérise les règles supplétives et les règles impératives ?

Les règles supplétives protègent l’intérêt général, tandis que les règles impératives protègent certains contractants faibles.
Les règles supplétives produisent des sanctions, tandis que les règles impératives organisent les procédures judiciaires.
Les règles supplétives cèdent devant une volonté contraire, tandis que les règles impératives s’imposent aux conventions.
Les règles supplétives concernent les contrats, tandis que les règles impératives concernent les comportements individuels.

Les règles supplétives cèdent devant une volonté contraire, tandis que les règles impératives s’imposent aux conventions.

Explication

Une règle supplétive ne s’applique qu’en l’absence de stipulation contraire, alors qu’une règle impérative ne peut pas être écartée par convention. La protection de l’intérêt général ou des personnes faibles relève plutôt des catégories d’ordre public.

24. Que désigne l’ordre public en droit civil ?

L’ensemble des règles supplétives applicables lorsque les parties n’ont prévu aucune clause particulière.
L’ensemble des normes impératives auxquelles les individus ne peuvent déroger dans leurs comportements ou leurs conventions.
L’ensemble des décisions judiciaires organisant les rapports entre les autorités publiques et les citoyens.
L’ensemble des usages professionnels destinés à compléter les contrats conclus entre particuliers.

L’ensemble des normes impératives auxquelles les individus ne peuvent déroger dans leurs comportements ou leurs conventions.

Explication

L’ordre public regroupe les normes impératives auxquelles les personnes ne peuvent déroger, conformément à l’article 6 du Code civil. Les règles supplétives, les usages et les décisions judiciaires ne correspondent pas à cette définition.

25. Une règle interdit à un employeur de renoncer aux droits essentiels reconnus aux salariés afin de préserver leur situation face à lui : quel type d’ordre public est principalement en cause ?

L’ordre public de direction, car il impose une orientation générale de la politique économique nationale.
L’ordre public contractuel, car il concerne les clauses librement négociées par les parties au contrat.
L’ordre public de protection, car il vise à préserver les intérêts d’une catégorie considérée comme vulnérable.
L’ordre public juridictionnel, car il organise la compétence des tribunaux en cas de litige.

L’ordre public de protection, car il vise à préserver les intérêts d’une catégorie considérée comme vulnérable.

Explication

L’ordre public de protection vise certains intérêts individuels faibles, notamment ceux des salariés, des consommateurs ou des locataires. L’ordre public de direction poursuit plutôt la sauvegarde de l’intérêt général.

26. Une règle est respectée, atteint l’objectif recherché et produit cet effet avec des moyens limités : comment qualifier respectivement ces trois caractéristiques ?

Elle est effective, efficace et efficiente.
Elle est efficiente, répressive et effective.
Elle est efficace, effective et réparatrice.
Elle est réparatrice, efficiente et efficace.

Elle est effective, efficace et efficiente.

Explication

L’effectivité concerne le respect ou l’application de la règle, l’efficacité la réalisation de l’effet attendu, et l’efficience l’obtention du maximum d’effets au moindre coût. Les autres propositions mélangent ces notions avec des fonctions de sanction.

27. Que peut-on déduire du fait qu’une règle soit fréquemment sanctionnée ?

Cela prouve que la règle protège un intérêt individuel plutôt qu’un objectif relevant de l’intérêt général.
Cela signifie que les destinataires appliquent spontanément la règle sans intervention des autorités compétentes.
Cela révèle généralement que la règle est ineffectivement respectée, même si elle demeure juridiquement applicable.
Cela démontre que la règle produit l’effet attendu avec un coût particulièrement faible pour la collectivité.

Cela révèle généralement que la règle est ineffectivement respectée, même si elle demeure juridiquement applicable.

Explication

La répétition des sanctions montre généralement que la règle n’est pas spontanément respectée et révèle donc son ineffectivité. Une règle peut toutefois être respectée sans sanction lorsque les comportements se conforment naturellement à son exigence.

28. Une sanction oblige l’auteur d’un manquement à verser une somme destinée à compenser le dommage subi par la victime : quelle fonction exerce-t-elle ?

Une fonction répressive, car elle inflige une punition indépendamment du dommage subi.
Une fonction préventive, car elle cherche à empêcher toute infraction future par les tiers.
Une fonction d’exécution, car elle contraint l’auteur à accomplir une obligation inexécutée.
Une fonction réparatrice, car elle compense le préjudice causé par le manquement.

Une fonction réparatrice, car elle compense le préjudice causé par le manquement.

Explication

La fonction réparatrice consiste à compenser le préjudice subi par la victime. La fonction répressive punit le manquement, tandis que les fonctions préventive et d’exécution poursuivent des objectifs différents.

29. Dans quelles conditions le Conseil d’État a-t-il admis, par les arrêts Fairvesta et Numericable du 21 mars 2016, un recours pour excès de pouvoir contre certains actes de droit souple ?

Lorsqu’ils constituent des règlements impératifs directement applicables aux particuliers.
Lorsque ces actes des autorités de régulation produisent des effets notables.
Lorsqu’ils concernent exclusivement les relations contractuelles entre personnes privées.
Lorsqu’ils ont été adoptés par une juridiction administrative dans le cadre d’un procès.

Lorsque ces actes des autorités de régulation produisent des effets notables.

Explication

Les arrêts Fairvesta et Numericable ont admis le recours contre certains actes de droit souple lorsqu’ils produisent des effets notables. Cette solution ne dépend ni de leur transformation en règlements ni de leur adoption par une juridiction.

30. Quelle distinction entre accessibilité et intelligibilité de la règle de droit est correcte ?

L’accessibilité impose une rédaction précise, tandis que l’intelligibilité garantit que la règle sera publiée.
L’accessibilité permet de connaître la règle, tandis que l’intelligibilité permet d’en comprendre le sens.
L’accessibilité concerne les sanctions applicables, tandis que l’intelligibilité détermine l’autorité compétente.
L’accessibilité protège les contrats privés, tandis que l’intelligibilité organise les rapports entre administrations.

L’accessibilité permet de connaître la règle, tandis que l’intelligibilité permet d’en comprendre le sens.

Explication

L’accessibilité renvoie à la possibilité de connaître la règle, alors que l’intelligibilité concerne sa compréhension par ses destinataires. La précision rédactionnelle contribue aux deux exigences, mais ne les confond pas.

31. Quelle exigence le Conseil constitutionnel impose-t-il au législateur au titre de l’accessibilité et de l’intelligibilité de la loi ?

Adopter des dispositions suffisamment précises et formulées en termes non équivoques.
Soumettre chaque loi à l’accord préalable des autorités administratives chargées de son exécution.
Rédiger les textes sous forme de principes généraux afin de laisser une large liberté d’application.
Réserver les lois aux matières qui ne nécessitent aucune interprétation par les tribunaux.

Adopter des dispositions suffisamment précises et formulées en termes non équivoques.

Explication

Le Conseil constitutionnel reconnaît une valeur constitutionnelle à l’accessibilité et à l’intelligibilité de la loi et exige des dispositions précises et non équivoques. Il ne demande ni l’absence totale d’interprétation ni un accord administratif préalable.

32. Quelle situation illustre le mieux l’inflation normative ?

Une simplification progressive des règles qui facilite leur compréhension et stabilise les obligations juridiques.
Une multiplication désordonnée et instable des textes qui rend leur connaissance plus difficile et affaiblit leur effectivité.
Une limitation du nombre de textes afin de concentrer les normes applicables dans quelques codes cohérents.
Une clarification des lois par des formulations précises qui renforcent la confiance des destinataires.

Une multiplication désordonnée et instable des textes qui rend leur connaissance plus difficile et affaiblit leur effectivité.

Explication

L’inflation normative correspond à la prolifération désordonnée et à l’instabilité croissante des textes, ce qui favorise l’ignorance des lois, leur ineffectivité et leur dévalorisation. La simplification et la clarification des règles produisent l’effet inverse.

33. Quel principe exprime la hiérarchie des normes dans un ordre juridique ?

Les actes individuels peuvent écarter une règle générale lorsqu’ils sont plus récents
Chaque règle doit respecter les normes supérieures et être respectée par les normes inférieures
Les normes internationales s’appliquent sans tenir compte des règles constitutionnelles nationales
Chaque règle possède une valeur identique, quelle que soit son autorité d’origine

Chaque règle doit respecter les normes supérieures et être respectée par les normes inférieures

Explication

La hiérarchie des normes impose à chaque règle de respecter les normes qui lui sont supérieures et de s’imposer aux normes inférieures. L’idée d’une valeur identique de toutes les règles contredit précisément ce principe de classement.

34. Quelle est la place des règlements dans la pyramide des normes de l’ordre juridique français ?

Ils se situent au même niveau que les lois, car ils ont une portée générale
Ils se situent sous les lois et au-dessus des actes individuels et des contrats
Ils se situent au-dessus de la Constitution et des conventions internationales
Ils se situent entre les actes individuels et les contrats, sans rapport avec les lois

Ils se situent sous les lois et au-dessus des actes individuels et des contrats

Explication

Les règlements sont inférieurs aux lois, tandis que les actes individuels et les contrats doivent respecter les normes générales supérieures. Les placer au même niveau que les lois méconnaît leur rang dans la pyramide normative.

35. Quel contrôle vérifie qu’une loi respecte les traités internationaux applicables ?

Le contrôle de constitutionnalité
Le contrôle de légalité
Le contrôle de conventionnalité
Le contrôle de conformité réglementaire

Le contrôle de conventionnalité

Explication

Le contrôle de conventionnalité apprécie la conformité d’une loi aux traités internationaux. Le contrôle de constitutionnalité compare la loi à la Constitution, tandis que le contrôle de légalité concerne notamment les actes administratifs.

36. Quelle conséquence caractérise le contrôle de conventionnalité d’une loi dans un litige ?

La promulgation de la loi est empêchée avant son entrée en vigueur
Le règlement pris sur le fondement de la loi est automatiquement supprimé
La loi est écartée dans le litige sans être annulée ni abrogée
La loi est annulée rétroactivement par le juge administratif compétent

La loi est écartée dans le litige sans être annulée ni abrogée

Explication

Le contrôle de conventionnalité conduit à écarter la loi incompatible avec un traité dans le litige concerné, sans annulation ni abrogation générale. L’empêchement de la promulgation relève du contrôle de constitutionnalité avant l’entrée en vigueur.

37. Que désigne le bloc de constitutionnalité ?

L’ensemble des traités internationaux directement applicables dans l’ordre juridique français
L’ensemble des normes de valeur constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel assure le respect
L’ensemble des règlements administratifs contrôlés par les juridictions judiciaires
L’ensemble des lois organiques adoptées par le Parlement après chaque révision constitutionnelle

L’ensemble des normes de valeur constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel assure le respect

Explication

Le bloc de constitutionnalité regroupe les normes ayant une valeur constitutionnelle et sert de référence au contrôle exercé sur le législateur. Les traités internationaux appartiennent à une catégorie normative distincte, même s’ils peuvent être invoqués dans d’autres contrôles.

38. Quel texte fait partie du bloc de constitutionnalité français ?

Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale
Le Code civil adopté au début du XIXe siècle
Une convention internationale relative au commerce
La Charte de l’environnement de 2004

La Charte de l’environnement de 2004

Explication

La Charte de l’environnement de 2004 possède une valeur constitutionnelle et appartient donc au bloc de constitutionnalité. Le Code civil, le règlement intérieur parlementaire et les conventions internationales relèvent d’autres catégories de normes.

39. Quelle décision a reconnu une valeur constitutionnelle au préambule de 1958 et aux textes auxquels il renvoie ?

La promulgation de la Constitution du 4 octobre 1958
La révision constitutionnelle du 29 octobre 1974
La décision relative à la Charte de l’environnement de 2004
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

Explication

La décision Liberté d’association, rendue par le Conseil constitutionnel le 16 juillet 1971, a constitutionnalisé le préambule de 1958 et, par renvoi, plusieurs textes et principes fondamentaux. La révision de 1974 concerne l’élargissement de la saisine du Conseil constitutionnel.

40. À quel moment intervient le contrôle de constitutionnalité a priori d’une loi ?

Après l’application de la loi, lorsqu’un acte administratif est contesté devant le juge
Avant l’examen parlementaire, afin d’empêcher le dépôt du projet de loi
Après la promulgation de la loi, lorsqu’une partie soulève une question pendant un procès
Entre l’adoption définitive de la loi et sa promulgation, après saisine d’une autorité habilitée

Entre l’adoption définitive de la loi et sa promulgation, après saisine d’une autorité habilitée

Explication

Le contrôle a priori se déroule après l’adoption définitive et avant la promulgation, sur saisine d’une autorité habilitée. La contestation d’une disposition déjà promulguée au cours d’un procès relève de la QPC.

41. Que permet une question prioritaire de constitutionnalité à une partie à un procès ?

Contester la conformité d’un traité international aux usages administratifs
Demander l’annulation directe d’un acte réglementaire contraire à la loi
Obtenir la révision automatique d’une décision juridictionnelle définitive
Soutenir qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution

Soutenir qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution

Explication

La QPC permet à une partie de soutenir qu’une disposition législative applicable au litige porte atteinte aux droits et libertés constitutionnellement garantis. La contestation directe d’un acte réglementaire relève notamment du recours pour excès de pouvoir.

42. Comment une QPC doit-elle être présentée au cours d’une instance ?

Par le ministère public, dans un mémoire général portant sur toutes les lois applicables
Par une partie, oralement à l’audience, sans exigence de présentation séparée
Par une partie, dans un écrit distinct et motivé, sans que le juge puisse la relever d’office
Par le juge, dans une décision motivée, même si les parties ne l’ont pas invoquée

Par une partie, dans un écrit distinct et motivé, sans que le juge puisse la relever d’office

Explication

La QPC doit être soulevée par une partie au moyen d’un écrit distinct et motivé, et le juge ne peut pas la relever d’office. Une initiative autonome du juge ne respecte donc pas les conditions de présentation de cette procédure.

43. Quelle juridiction effectue le premier filtrage d’une question prioritaire de constitutionnalité ?

Le Parlement, qui apprécie la conformité de la disposition à la Constitution
Le Conseil constitutionnel, qui examine directement toute question déposée par une partie
La juridiction saisie du litige, qui vérifie notamment son applicabilité et son caractère sérieux
Le Conseil d’État ou la Cour de cassation, qui intervient avant le juge du litige

La juridiction saisie du litige, qui vérifie notamment son applicabilité et son caractère sérieux

Explication

Le premier filtrage appartient à la juridiction saisie du litige, qui examine notamment l’applicabilité de la disposition, l’absence de conformité déjà déclarée et le caractère sérieux. Le Conseil d’État ou la Cour de cassation intervient lors du second filtrage.

44. Quel effet produit en principe une déclaration d’inconstitutionnalité prononcée dans le cadre d’une QPC ?

L’annulation rétroactive de la disposition depuis son adoption par le Parlement
La suspension provisoire de la disposition jusqu’à son remplacement par un règlement
L’abrogation de la disposition à la publication de la décision ou à une date ultérieure fixée par le Conseil constitutionnel
L’écartement de la disposition dans le seul litige sans modification de son existence juridique

L’abrogation de la disposition à la publication de la décision ou à une date ultérieure fixée par le Conseil constitutionnel

Explication

Dans le cadre d’une QPC, la disposition déclarée inconstitutionnelle est en principe abrogée à compter de la publication de la décision ou d’une date ultérieure fixée par le Conseil constitutionnel. Il ne s’agit donc pas d’une annulation rétroactive limitée au litige.

45. Quelle distinction oppose la loi au sens formel à la loi au sens matériel ?

La loi formelle concerne les règlements administratifs, tandis que la loi matérielle vise les actes adoptés par le Parlement selon une procédure spéciale.
La loi formelle est une règle générale prise par une autorité publique, tandis que la loi matérielle est un texte voté par les juridictions.
La loi formelle est adoptée par le Parlement, tandis que la loi matérielle désigne une règle écrite, générale et permanente édictée par une autorité compétente.
La loi formelle est édictée par le Gouvernement, tandis que la loi matérielle désigne toute décision individuelle prise par une autorité publique.

La loi formelle est adoptée par le Parlement, tandis que la loi matérielle désigne une règle écrite, générale et permanente édictée par une autorité compétente.

Explication

Au sens formel, la loi se définit par son auteur parlementaire, alors qu’au sens matériel, elle se définit par le contenu général et permanent de la règle écrite. La confusion fréquente consiste à attribuer au Gouvernement l’adoption de la loi au sens formel, alors que cette fonction revient au Parlement.

46. Quelle caractéristique distingue les lois organiques des lois ordinaires ?

Elles règlent des situations individuelles, sont votées par référendum et ont une valeur inférieure aux lois ordinaires.
Elles interviennent dans le domaine réglementaire, sont adoptées par décret et échappent au contrôle constitutionnel.
Elles portent sur les relations privées, suivent une procédure simplifiée et sont contrôlées après leur promulgation.
Elles précisent l’organisation des pouvoirs publics, suivent une procédure spéciale et sont contrôlées avant leur promulgation.

Elles précisent l’organisation des pouvoirs publics, suivent une procédure spéciale et sont contrôlées avant leur promulgation.

Explication

Les lois organiques précisent l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics, selon une procédure particulière et avec un contrôle obligatoire avant promulgation. Elles se distinguent donc des lois ordinaires par leur objet, leur procédure et leur contrôle, et non par une intervention dans le domaine réglementaire.

47. Un texte porte sur une matière qui ne figure pas dans la liste de l’article 34 : quelle règle de répartition des compétences s’applique en principe ?

La matière relève du président de la République, qui peut choisir entre une loi et un règlement selon les circonstances.
La matière relève du Parlement en vertu de l’article 34, car le domaine législatif possède une compétence de principe.
La matière relève du Conseil constitutionnel, qui adopte directement les règles applicables à chaque secteur.
La matière relève du pouvoir réglementaire en vertu de l’article 37, car le domaine réglementaire possède une compétence de principe.

La matière relève du pouvoir réglementaire en vertu de l’article 37, car le domaine réglementaire possède une compétence de principe.

Explication

L’article 34 énumère le domaine de la loi, tandis que l’article 37 attribue au règlement les matières qui n’y figurent pas. Le piège consiste à inverser les compétences : la loi dispose d’une compétence d’attribution, alors que le règlement bénéficie d’une compétence de principe.

48. Quelle situation constitue une incompétence négative du législateur ?

Le législateur laisse incomplète une matière relevant de sa compétence et n’exerce pas pleinement les pouvoirs qui lui sont attribués.
Le Parlement modifie un texte réglementaire après que le Conseil constitutionnel en a reconnu le caractère réglementaire.
Le pouvoir réglementaire adopte une règle dans une matière que la Constitution réserve au législateur.
Le Gouvernement prend une ordonnance dans une matière législative sans disposer d’une habilitation parlementaire.

Le législateur laisse incomplète une matière relevant de sa compétence et n’exerce pas pleinement les pouvoirs qui lui sont attribués.

Explication

L’incompétence négative résulte d’une abstention du législateur, qui ne règle pas complètement une matière relevant de sa propre compétence. L’empiètement du pouvoir réglementaire sur le domaine de la loi correspond, lui, à une incompétence positive.

49. Quelle différence décrit correctement les incompétences positive et négative ?

L’incompétence positive résulte d’un contrôle constitutionnel insuffisant, tandis que l’incompétence négative résulte d’un contrôle administratif tardif.
L’incompétence positive est une abstention dans sa propre compétence, tandis que l’incompétence négative est un empiètement sur une autre compétence.
L’incompétence positive concerne une irrégularité de procédure, tandis que l’incompétence négative concerne une erreur dans le contenu de la règle.
L’incompétence positive est un empiètement sur la compétence d’une autre autorité, tandis que l’incompétence négative est une abstention dans sa propre compétence.

L’incompétence positive est un empiètement sur la compétence d’une autre autorité, tandis que l’incompétence négative est une abstention dans sa propre compétence.

Explication

Il y a incompétence positive lorsqu’une autorité intervient dans le domaine attribué à une autre, et incompétence négative lorsqu’elle n’exerce pas entièrement sa propre compétence. La distinction repose donc sur l’empiètement dans le premier cas et sur l’abstention dans le second.

50. À quelle condition un texte de forme législative intervenu dans le domaine réglementaire peut-il être délégalisé en application de l’article 37, alinéa 2 ?

Après que le Parlement a adopté une loi ordinaire supprimant les dispositions concernées.
Lorsque le Conseil d’État constate que le texte a été adopté selon une procédure irrégulière.
Dès que le Gouvernement estime que le texte concerne une matière réglementaire.
Après que le Conseil constitutionnel a déclaré que ce texte présente un caractère réglementaire.

Après que le Conseil constitutionnel a déclaré que ce texte présente un caractère réglementaire.

Explication

La délégalisation prévue par l’article 37, alinéa 2, suppose une déclaration préalable du caractère réglementaire du texte par le Conseil constitutionnel. Une simple appréciation du Gouvernement ne suffit donc pas à permettre sa modification par décret.

51. Quelle succession décrit correctement la procédure des ordonnances de l’article 38 ?

Un projet de ratification fixe le cadre, les ordonnances sont votées par le Parlement, puis la loi d’habilitation est déposée après leur publication.
Une loi d’habilitation fixe le cadre, les ordonnances sont prises puis publiées, et un projet de loi de ratification est déposé avant la fin du délai.
Le Conseil d’État fixe le domaine, le Parlement signe les ordonnances, puis le président de la République décide seul de leur ratification.
Le président de la République habilite le Gouvernement, le Conseil constitutionnel adopte les ordonnances, puis le Gouvernement dépose une loi ordinaire.

Une loi d’habilitation fixe le cadre, les ordonnances sont prises puis publiées, et un projet de loi de ratification est déposé avant la fin du délai.

Explication

La loi d’habilitation précise la finalité, le domaine et la durée de l’autorisation, puis les ordonnances sont prises en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État, signées et publiées. Un projet de loi de ratification doit ensuite être déposé avant l’expiration du délai fixé, ce qui distingue l’habilitation de la ratification.

52. Quelle solution le Conseil constitutionnel a-t-il retenue dans la décision Force 5 du 28 mai 2020 concernant une ordonnance à l’expiration du délai d’habilitation ?

Les dispositions restent réglementaires jusqu’à l’adoption d’une loi de ratification, quelle que soit la matière concernée.
Les dispositions relevant du domaine de la loi doivent être regardées comme législatives, même en l’absence de ratification.
Les dispositions perdent tout effet juridique lorsque le délai d’habilitation expire sans ratification parlementaire.
Les dispositions deviennent automatiquement constitutionnelles dès la publication de l’ordonnance au Journal officiel.

Les dispositions relevant du domaine de la loi doivent être regardées comme législatives, même en l’absence de ratification.

Explication

Dans la décision Force 5 du 28 mai 2020, le Conseil constitutionnel a jugé que les dispositions relevant du domaine de la loi acquièrent cette qualité à l’expiration du délai d’habilitation, même sans ratification. L’absence de ratification ne les prive donc pas automatiquement de toute portée juridique.

53. Quelle succession décrit correctement l’élaboration d’une loi en France ?

Publication, initiative parlementaire, contrôle administratif, puis adoption par le Gouvernement
Examen par une assemblée, adoption immédiate, initiative gouvernementale, puis promulgation
Initiative, promulgation présidentielle, examen parlementaire, puis publication du texte
Initiative, examen par les deux assemblées, adoption d’un texte identique, puis promulgation

Initiative, examen par les deux assemblées, adoption d’un texte identique, puis promulgation

Explication

L’élaboration commence par une initiative gouvernementale ou parlementaire, se poursuit par l’examen des deux assemblées jusqu’à l’accord sur un texte identique, puis se termine par la promulgation. La promulgation n’intervient donc pas avant l’examen parlementaire.

54. Dans quel délai le président de la République promulgue-t-il en principe une loi après son adoption définitive ?

Dans les trente jours suivant sa première lecture parlementaire
Dans les deux mois suivant la dernière séance parlementaire
Dans les quinze jours suivant son adoption définitive
Dans les dix jours suivant sa publication officielle

Dans les quinze jours suivant son adoption définitive

Explication

La promulgation intervient en principe dans les quinze jours qui suivent l’adoption définitive, sauf saisine du Conseil constitutionnel. La publication est une étape différente : elle porte la loi à la connaissance du public.

55. À quelle date une loi entre-t-elle en vigueur lorsque son propre texte ne prévoit aucune date ?

Le jour de sa promulgation présidentielle
À l’expiration d’un délai de deux mois
Le jour de son adoption définitive
Le lendemain de sa publication

Le lendemain de sa publication

Explication

Selon l’article 1er du Code civil, la loi entre en vigueur à la date qu’elle fixe ou, à défaut, le lendemain de sa publication. La promulgation certifie l’existence et la force obligatoire de la loi, mais ne remplace pas la règle liée à sa publication.

56. Quelle situation caractérise une abrogation tacite ?

Une loi nouvelle devient incompatible avec une loi ancienne
Une loi cesse d’être appliquée pendant une période prolongée
Un texte nouveau déclare expressément qu’une loi cesse de produire effet
Une juridiction publie une décision rappelant le contenu d’une loi ancienne

Une loi nouvelle devient incompatible avec une loi ancienne

Explication

L’abrogation tacite résulte de l’incompatibilité entre une loi nouvelle et une loi ancienne. Une déclaration explicite de suppression correspond, quant à elle, à une abrogation expresse.

57. Quelle définition correspond au règlement en droit français ?

Une règle générale et impersonnelle édictée par une autorité exécutive ou administrative
Une décision individuelle prise par un juge pour résoudre un litige particulier
Une loi votée par les assemblées puis promulguée par le président
Un accord privé conclu entre plusieurs personnes pour organiser leurs relations

Une règle générale et impersonnelle édictée par une autorité exécutive ou administrative

Explication

Le règlement est une règle générale et impersonnelle édictée par une autorité du pouvoir exécutif ou par une autorité administrative. Une loi, en revanche, est adoptée par le Parlement selon la procédure législative.

58. Quelle distinction oppose correctement le règlement autonome au règlement d’application ?

Le règlement autonome est judiciaire, tandis que le règlement d’application est adopté par le Parlement
Le règlement autonome exécute une loi, tandis que le règlement d’application intervient hors du domaine de la loi
Le règlement autonome intervient hors du domaine de la loi, tandis que le règlement d’application exécute une loi
Le règlement autonome est individuel, tandis que le règlement d’application est destiné aux juridictions

Le règlement autonome intervient hors du domaine de la loi, tandis que le règlement d’application exécute une loi

Explication

Le règlement autonome intervient dans les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi, alors que le règlement d’application met en œuvre une loi et doit respecter ses dispositions. Les deux catégories relèvent toutefois du pouvoir réglementaire.

59. Quel recours permet en principe de demander l’annulation d’un règlement dans les deux mois suivant sa publication ?

Le recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif
La question prioritaire de constitutionnalité dirigée contre le règlement
Le recours en responsabilité engagé contre l’autorité administrative
L’exception d’illégalité soulevée à l’occasion d’un litige

Le recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif

Explication

Le recours pour excès de pouvoir doit en principe être exercé dans les deux mois suivant la publication du règlement et peut conduire à son annulation. L’exception d’illégalité a une portée différente : elle permet d’écarter l’application du règlement sans l’annuler.

60. Que permet l’exception d’illégalité après l’expiration du délai de recours contre un règlement ?

Obtenir son annulation générale par le juge administratif sans condition de délai
Transformer automatiquement le règlement contesté en disposition législative
Demander au juge d’écarter son application dans un litige sans l’annuler
Faire promulguer un nouveau règlement par l’autorité qui a pris le texte

Demander au juge d’écarter son application dans un litige sans l’annuler

Explication

L’exception d’illégalité permet, à l’occasion d’un litige, de demander au juge de ne pas appliquer le règlement contesté, même après l’expiration du délai de deux mois. Elle n’entraîne pas l’annulation générale du règlement.

61. Qu’est-ce qu’un code au sens juridique ?

Une simple liste chronologique de textes conservés sans organisation thématique
Un ensemble cohérent et systématique de règles ordonnées selon un plan pour une matière donnée
Une décision juridictionnelle réunissant plusieurs solutions rendues dans un même litige
Un accord international fixant des obligations entre plusieurs États signataires

Un ensemble cohérent et systématique de règles ordonnées selon un plan pour une matière donnée

Explication

Un code rassemble de manière cohérente, méthodique et systématique des règles de droit organisées selon un plan et consacrées à une matière. Une compilation chronologique ne présente pas nécessairement cette organisation structurée.

62. À quelle date le Code civil des Français a-t-il été promulgué ?

Le 12 août 1800
Le 18 brumaire an VIII
Le 21 mars 1804
Le 4 octobre 1958

Le 21 mars 1804

Explication

Le Code civil des Français a été promulgué le 21 mars 1804, après le travail d’une commission nommée le 12 août 1800. La date de 1800 correspond donc à la nomination de la commission, non à la promulgation du Code.

63. Quelle opération réunit des règles anciennes et nouvelles dans un ensemble unitaire en transformant le droit ?

La codification
La simple publication
La compilation
La consolidation

La codification

Explication

La codification réforme le droit en réunissant des règles anciennes et nouvelles dans un ensemble unitaire. La compilation se limite à regrouper des textes sans les modifier ni les réordonner, tandis que la consolidation les ordonne et consacre des solutions jurisprudentielles.

64. Que désigne la ratification d’un traité ?

La décision d’un juge national d’écarter une règle contraire au traité
L’approbation définitive du traité par l’autorité interne compétente, engageant l’État internationalement
La publication du traité dans un recueil destiné à informer les citoyens
La négociation initiale du traité entre les représentants de plusieurs États

L’approbation définitive du traité par l’autorité interne compétente, engageant l’État internationalement

Explication

La ratification est l’acte par lequel l’autorité interne compétente approuve définitivement un traité et engage l’État sur le plan international. La négociation prépare le traité, mais ne constitue pas encore son approbation définitive.

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Quels exemples illustrent le droit dans la vie quotidienne sans juge ?

L'impôt, le bail, le permis de conduire, l'achat d'un billet, l'inscription, le mariage, la naissance.

Quelles étapes réalisent successivement le droit ?

Existence d'une règle, respect ou violation, puis jugement éventuel.

Quelles sont les sources du droit au-delà de la loi votée ?

La coutume, jurisprudence, principes généraux, usages, contrats, Constitution, traités, droit européen.

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