QCM : Hiérarchie et contrôle des normes (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Selon la conception de Hans Kelsen, pourquoi une norme juridique est-elle valide dans la pyramide des normes ?

Parce qu’elle est appliquée depuis longtemps par les juridictions
Parce qu’elle correspond aux principes généraux dégagés par la jurisprudence
Parce qu’elle est adoptée par une autorité administrative compétente
Parce qu’elle tire sa validité d’une norme supérieure, jusqu’à la norme suprême

Parce qu’elle tire sa validité d’une norme supérieure, jusqu’à la norme suprême

Explication

Dans le modèle de Kelsen, chaque norme reçoit sa validité d’une norme supérieure, selon une organisation culminant dans une norme suprême. L’intervention d’une autorité administrative ou l’ancienneté de l’application ne suffit pas à expliquer cette validité hiérarchique.

2. Quelle séquence représente correctement la hiérarchie descendante des normes en droit français ?

Traités, Constitution, lois organiques, règlements et actes législatifs
Constitution, lois, traités et droit de l’Union européenne, règlements
Constitution, traités et droit de l’Union européenne, lois, règlements
Constitution, règlements, lois, traités et droit de l’Union européenne

Constitution, traités et droit de l’Union européenne, lois, règlements

Explication

La hiérarchie descend de la Constitution vers les traités et le droit de l’Union européenne, puis vers les lois et actes à valeur législative, avant d’atteindre les règlements. Les règlements ne précèdent donc pas les lois dans cette organisation.

3. Dans quelle situation un règlement autonome intervient-il plutôt qu’un règlement d’application ?

Lorsqu’il intervient dans une matière qui ne relève pas de la compétence de la loi
Lorsqu’il applique directement une décision rendue par le Conseil d’État
Lorsqu’il précise les modalités d’exécution d’une loi relevant de l’article 34
Lorsqu’il modifie une loi afin d’en corriger les effets pratiques

Lorsqu’il intervient dans une matière qui ne relève pas de la compétence de la loi

Explication

Le règlement autonome intervient dans les matières qui échappent à la compétence de la loi. Un règlement d’application, en revanche, complète une loi dans le domaine défini par l’article 34 de la Constitution.

4. Quelle définition correspond aux Principes Généraux du Droit ?

Des règles écrites adoptées par le Parlement, placées entre la Constitution et les traités
Des règles non écrites dégagées par le Conseil d’État, inférieures à la loi et supérieures aux règlements
Des usages professionnels reconnus par les juridictions judiciaires dans certains litiges
Des normes administratives élaborées par le Gouvernement pour compléter les lois

Des règles non écrites dégagées par le Conseil d’État, inférieures à la loi et supérieures aux règlements

Explication

Les Principes Généraux du Droit sont des règles non écrites dégagées par la jurisprudence du Conseil d’État et situées entre la loi et les règlements. Ils ne sont donc ni des textes parlementaires ni de simples usages professionnels.

5. Pourquoi un règlement autonome ne peut-il pas être placé au même niveau que la loi ?

Parce qu’il est adopté par une autorité administrative dépourvue de toute compétence normative
Parce qu’il ne peut produire aucun effet juridique avant une intervention du Parlement
Parce qu’il intervient dans une matière où la loi conserve une compétence prioritaire
Parce qu’il doit respecter la Constitution et les Principes Généraux du Droit, contrairement à la loi

Parce qu’il doit respecter la Constitution et les Principes Généraux du Droit, contrairement à la loi

Explication

Le règlement autonome reste soumis à la Constitution et aux Principes Généraux du Droit, ce qui le distingue de la loi dans la hiérarchie considérée. Son origine administrative ne suffit pas, à elle seule, à expliquer cette différence de niveau.

6. Quelle juridiction est compétente, en principe, pour annuler un règlement illégal ?

Le Parlement, compétent pour retirer les règlements contraires à la loi
Le juge judiciaire, compétent pour supprimer tout acte administratif illégal
Le Conseil constitutionnel, compétent pour annuler les règlements ordinaires
Le juge administratif, compétent pour en prononcer l’annulation

Le juge administratif, compétent pour en prononcer l’annulation

Explication

Le juge administratif est le juge naturel de la légalité des règlements et dispose de la compétence pour les annuler. Le juge judiciaire peut en principe écarter leur application, mais il ne dispose pas du même pouvoir d’annulation.

7. Quelle différence caractérise l’action et l’exception d’illégalité contre un règlement ?

L’action concerne les décisions judiciaires, tandis que l’exception vise les règlements administratifs après leur annulation
L’action suspend l’application du règlement dans un seul procès, tandis que l’exception le supprime rétroactivement pour tous
L’action doit être engagée dans les deux mois et peut entraîner une annulation générale, tandis que l’exception peut être soulevée sans délai dans le litige
L’action peut être engagée sans délai dans un litige, tandis que l’exception doit être exercée dans les deux mois avec effet général

L’action doit être engagée dans les deux mois et peut entraîner une annulation générale, tandis que l’exception peut être soulevée sans délai dans le litige

Explication

L’action en annulation doit être introduite dans les deux mois et produit un effet rétroactif général, tandis que l’exception peut être invoquée sans délai pour écarter le règlement dans le litige en cours. L’exception ne fait donc pas disparaître le règlement de l’ordre juridique.

8. Quelle juridiction détient en France le monopole du contrôle de la conformité des lois à la Constitution ?

Les tribunaux judiciaires de première instance
Le Conseil constitutionnel
La Cour de cassation
Le Conseil d’État

Le Conseil constitutionnel

Explication

Le Conseil constitutionnel exerce le contrôle de constitutionnalité des lois, que les juges ordinaires ne peuvent pas effectuer. Le Conseil d’État et la Cour de cassation contrôlent notamment la légalité ou la conventionnalité dans leurs domaines respectifs.

9. À quel moment intervient le contrôle a priori d’une loi ?

Après son application dans le cadre d’un litige
Après son adoption définitive et avant sa promulgation
Après sa promulgation et avant son entrée en vigueur
Pendant son examen par la première assemblée saisie

Après son adoption définitive et avant sa promulgation

Explication

Le contrôle a priori se déroule entre l’adoption définitive de la loi et sa promulgation, sur saisine des autorités habilitées. Un contrôle lié à un litige concernant une loi applicable relève plutôt de la QPC.

10. Quelle réforme a introduit la Question prioritaire de constitutionnalité, codifiée à l’article 61-1 de la Constitution ?

La révision constitutionnelle du 4 octobre 1958, complétée en 1962
La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, complétée en 2009
La révision constitutionnelle du 29 octobre 1974, complétée en 1975
La révision constitutionnelle du 2 octobre 2000, complétée en 2001

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, complétée en 2009

Explication

La QPC résulte de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 et de la loi organique du 10 décembre 2009. Elle est prévue par l’article 61-1 de la Constitution.

11. Quelle condition doit notamment être remplie pour qu’une QPC puisse être transmise au Conseil constitutionnel ?

La disposition doit avoir été déclarée conforme lors d’un contrôle antérieur
La disposition doit être contestée par une autorité politique habilitée
La disposition doit être applicable au litige et présenter un caractère sérieux
La disposition doit concerner un règlement et avoir été adoptée récemment

La disposition doit être applicable au litige et présenter un caractère sérieux

Explication

Une QPC doit porter sur une disposition applicable au litige, qui n’a pas déjà été déclarée conforme et dont la contestation présente un caractère sérieux. La transmission est examinée successivement par la juridiction saisie, puis par le Conseil d’État ou la Cour de cassation.

12. Quelle autorité contrôle l’inconstitutionnalité d’un règlement dans le cadre du contrôle de légalité ?

Le Président de la République par une décision individuelle
Le Conseil constitutionnel saisi avant la publication du règlement
Le juge ordinaire, administratif ou judiciaire
Le Parlement lors de l’examen annuel des règlements

Le juge ordinaire, administratif ou judiciaire

Explication

Le juge ordinaire, administratif ou judiciaire, contrôle la conformité des règlements dans le cadre du contrôle de légalité. Le Conseil constitutionnel exerce quant à lui le contrôle de constitutionnalité des lois.

13. Quelle distinction décrit correctement le contrôle des lois et celui des règlements en matière de constitutionnalité ?

Le Conseil d’État contrôle les lois, tandis que la Cour de cassation contrôle les règlements
Le Parlement contrôle les lois, tandis que le Gouvernement contrôle les règlements
Le Conseil constitutionnel contrôle les lois, tandis que le juge ordinaire contrôle les règlements
Le juge ordinaire contrôle les lois, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle les règlements

Le Conseil constitutionnel contrôle les lois, tandis que le juge ordinaire contrôle les règlements

Explication

La répartition française distingue le contrôle des lois, confié au Conseil constitutionnel, et celui des règlements, exercé par le juge ordinaire. Les autres propositions inversent ou attribuent à tort ces compétences.

14. Quelle est la position des traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés dans la hiérarchie interne des normes ?

Ils ont une autorité inférieure à celle des lois ordinaires
Ils ont une autorité supérieure à celle des lois
Ils ont une autorité équivalente à celle des règlements administratifs
Ils ont une autorité supérieure à celle de la Constitution

Ils ont une autorité supérieure à celle des lois

Explication

L’article 55 de la Constitution reconnaît aux traités régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés une autorité supérieure à celle des lois. Dans l’ordre interne, la Constitution demeure supérieure aux engagements internationaux.

15. Que décide le Conseil constitutionnel dans sa décision IVG du 15 janvier 1975 concernant le contrôle de conventionnalité des lois ?

Il affirme qu’une loi contraire à un traité viole nécessairement la Constitution
Il refuse de contrôler la conformité des lois aux traités
Il confie aux tribunaux judiciaires le contrôle préalable des traités
Il subordonne la ratification des traités à une autorisation du Conseil d’État

Il refuse de contrôler la conformité des lois aux traités

Explication

Dans la décision IVG, le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la conventionnalité des lois et distingue cette question de la constitutionnalité. Une loi contraire à un traité n’est donc pas, pour cette seule raison, contraire à la Constitution.

16. Quelle solution la Cour de cassation adopte-t-elle dans l’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975 ?

Déclarer une loi contraire à un traité contraire à la Constitution
Annuler un traité contraire à une loi postérieure
Écarter une loi postérieure contraire à un traité
Refuser tout contrôle de compatibilité entre loi et traité

Écarter une loi postérieure contraire à un traité

Explication

Par l’arrêt Jacques Vabre, la Cour de cassation accepte d’écarter l’application d’une loi postérieure lorsqu’elle est incompatible avec un traité. Cette solution relève du contrôle de conventionnalité et non d’une déclaration d’inconstitutionnalité.

17. Quel arrêt du Conseil d’État marque l’acceptation du contrôle de conventionnalité des lois ?

L’arrêt Fraisse du 2 juin 2000
L’arrêt Sarran du 30 octobre 1998
L’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989
La décision IVG du 15 janvier 1975

L’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989

Explication

Dans l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989, le Conseil d’État accepte de contrôler la compatibilité des lois avec les conventions internationales. L’arrêt Sarran et l’arrêt Fraisse concernent plutôt la primauté de la Constitution dans l’ordre interne.

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Que signifie la hiérarchie des normes selon Hans Kelsen ?

Chaque norme tire sa validité d'une norme supérieure.

Quelle forme symbolise la hiérarchie des normes selon Hans Kelsen ?

Une pyramide.

Quelle est la norme suprême dans la hiérarchie des normes ?

La norme qui valide l'ensemble de l'édifice.

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