La constitution américaine de 1787 et la constitution française de 1791 présentent la constitution comme l’acte volontaire de la nation constituant un corps politique.
Selon Thomas Paine en 1791, une constitution est antérieure au gouvernement, qui n’est que la créature de la constitution, et elle est l’acte de la nation plutôt que celui du gouvernement.
Absolutisme → constitution écrite → pouvoir limité
★ À maîtriser
Compléments
États généraux → Assemblée nationale → souveraineté nationale
Au milieu du XVIIIe siècle, les parlements d’Ancien Régime se présentent comme un corps unique représentant le royaume de France, ce qui contribue à faire émerger l’idée d’unité nationale.
La révolution constitutionnelle aboutit à une monarchie constitutionnelle dans laquelle le roi et l’Assemblée concourent à l’élaboration de la volonté générale.
Sieyès : nation antérieure ; Mounier : monarchie historique
★ À maîtriser
📌 Sieyès défend une nation antérieure à la royauté, capable de se donner une constitution par un acte souverain, tandis que Mounier estime que la constitution doit tenir compte des siècles de vie monarchique.
Compléments
Roi exécutif et Assemblée législative, séparés sans moyen d’action réciproque
📌 Dans le discours libéral de la Révolution française, la nation n’est pas le peuple : elle est une entité abstraite distincte des citoyens et n’existe que représentée par ses représentants.
📌 Dans la Constitution de 1791, l’Assemblée détient le monopole de l’initiative législative, les ministres sont éloignés des débats législatifs et le roi dispose d’un veto suspensif.
Convention → Terreur → Directoire → 18 Brumaire
Coup d’État → exécutif concentré → césarisme démocratique
★ À maîtriser
Dans la Constitution de l’an VIII, les trois consuls sont Bonaparte, Cambacérès et Le Brun, mais la collégialité est fictive car seul le Premier consul détient le pouvoir de décision.
Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte est couronné empereur à Notre-Dame-de-Paris, ce qui renforce sa légitimité de droit divin.
La Charte de juin 1814 instaure un constitutionnalisme libéral, mais elle ne crée pas encore un régime parlementaire faute de responsabilité politique et solidaire des ministres.
📌 La Charte de 1814 confie au roi l’exécutif, l’initiative législative, un veto absolu et le pouvoir de dissolution de la Chambre des députés.
La pratique parlementaire s’appuie sur l’Adresse, le droit de pétition et la discussion du budget et de la loi des comptes pour contrôler indirectement le gouvernement.
La Charte révisée du 14 août 1830 transforme la Charte octroyée en pacte conclu entre le roi et la nation, accroît les compétences des Chambres et reconnaît leur initiative législative ainsi que leur plein droit d’amendement.
Compléments
Sous le Consulat, l’initiative législative appartient au gouvernement, le Tribunat discute sans voter et le Corps législatif vote sans discuter.
Le pouvoir réglementaire permet à l’exécutif de prendre des dispositions générales et impersonnelles de valeur infralégislative pour préciser l’application des lois.
L’héritage institutionnel napoléonien comprend: les préfets, le Conseil d’État, le Sénat, la Cour des comptes, la Banque de France, la codification avec le Code civil et le Code pénal
La Charte de 1814 établit deux chambres : la Chambre des pairs, nommés par le roi à vie ou à titre héréditaire, et la Chambre des députés élue au suffrage censitaire.
Charte de 1814 → pratique parlementaire → Charte de 1830
★ À maîtriser
📌 Sous la monarchie de Juillet, les Chambres disposent de l’initiative des lois avec le Roi, du plein droit d’amendement et peuvent poursuivre les ministres sans restriction.
📌 Adolphe Thiers affirme que « le roi règne et ne gouverne pas », tandis que François Guizot soutient que « le trône n’est pas un fauteuil vide ».
Compléments
Thiers : le roi règne ; Guizot : le trône agit
★ À maîtriser
📌 Bonaparte interprète littéralement la Constitution de 1848, choisit discrétionnairement les ministres et limite l’Assemblée au travail législatif technique.
Compléments
Séparation stricte des pouvoirs → instabilité de la Seconde République → césarisme impérial
📌 Le président de la République est irresponsable sauf en cas de haute trahison, et chacun de ses actes doit être contresigné par un ministre.
📌 Le parlementarisme dualiste exige la double confiance du Parlement et du chef de l’État, tandis que le parlementarisme moniste rend le gouvernement politiquement responsable uniquement devant le Parlement.
1875 : compromis institutionnel → 1877 : crise → 1879 : suprématie parlementaire
★ À maîtriser
📌 Dans un régime démocratique, la nationalité rattache juridiquement les individus à l’État et entraîne la citoyenneté, qui permet l’exercice des droits de participation politique.
Compléments
📌 Le territoire est l’espace de validité des normes étatiques, et l’article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958 interdit toute cession, tout échange ou toute adjonction de territoire sans le consentement des populations intéressées.
PTA : population, territoire, autorité souveraine
★ À maîtriser
Selon Jean Baudin dans Les six livres de la République, publié en 1576, la souveraineté est une puissance publique imprescriptible et inaliénable comprenant notamment le pouvoir de faire et de casser la loi.
La souveraineté de l’État désigne son indépendance à l’égard des autres pouvoirs, tandis que la souveraineté dans l’État désigne sa capacité à fixer librement l’ordre juridique national.
Dans l’État unitaire, un centre unique détient les pouvoirs normatif, juridictionnel et coercitif, tandis que les collectivités territoriales ne disposent pas d’un ordre juridique propre.
La déconcentration transfère des pouvoirs à des agents locaux de l’État soumis à l’autorité hiérarchique, tandis que la décentralisation les confie à des personnes morales distinctes de l’État disposant d’une autonomie propre.
Compléments
Déconcentration : même personne publique ; décentralisation : personne juridique distincte
★ À maîtriser
📌 La décentralisation possède une valeur démocratique fondée sur la gestion des affaires locales par les intéressés ou leurs représentants élus, tandis que la déconcentration est une technique de commandement laissant l’administration aux mains du pouvoir central ou de ses agents.
Compléments
Déconcentration : agents de l’État ; décentralisation : élus locaux
★ À maîtriser
📌 Dans l’État régional, les régions peuvent adopter des actes administratifs et des lois régionales, mais elles restent soumises à la Constitution et au contrôle de l’État, notamment dans les domaines de la défense, des relations internationales et de la fiscalité.
Compléments
L’État régional a été théorisé par la Constitution espagnole républicaine de 1931 sous le nom d’État intégral, puis repris par le constituant italien de 1947 et le constituant espagnol de décembre 1978.
En 2010, la Cour constitutionnelle espagnole a annulé plusieurs articles du statut catalan de 2006, notamment la qualification de la Catalogne comme « nation » et l’usage du catalan comme langue préférentielle dans les administrations ou les médias.
État régional : autonomie contrôlée ; État fédéral : entités étatiques superposées
La confédération repose sur un traité international et non sur une Constitution, et son organe commun, la diète confédérale, est composé de représentants nommés par les gouvernements des États membres.
La diète confédérale fonctionne normalement à l’unanimité, ses décisions ne s’appliquent aux citoyens qu’après ratification par chaque État et la confédération ne dispose pas d’un pouvoir de contrainte propre.
Chaque État confédéré dispose d’un droit de veto et d’un droit de sécession discrétionnaire, tandis qu’une entité fédérée ne peut pas normalement se retirer unilatéralement de l’État fédéral.
Souveraineté conservée → unanimité, veto et fragilité confédérale
★ À maîtriser
Les États fédérés disposent d’une autonomie constitutionnelle et juridique, mais ils ne possèdent pas la souveraineté interne et externe complète, qui appartient à l’État fédéral.
Le principe de superposition signifie que les organes et le droit de l’État fédéral se superposent à ceux des États fédérés, et que la Constitution et les lois fédérales bénéficient de l’immédiateté et de la primauté.
Le principe d’autonomie permet aux États fédérés d’adopter leur Constitution et leurs lois, de désigner leurs gouvernants et d’organiser leur justice, sous réserve du respect de la Constitution fédérale.
Le principe de participation implique que les États fédérés participent aux décisions fédérales, notamment par une seconde chambre représentant les entités fédérées et par leur intervention dans les révisions constitutionnelles.
Compléments
SAP : Superposition, Autonomie, Participation
★ À maîtriser
📌 Dans un État fédéral, la Constitution répartit les compétences entre l’État fédéral et les États fédérés en distinguant les compétences attribuées à la fédération et les compétences de droit commun laissées aux États fédérés.
Aux États-Unis, la Constitution réserve en principe au Congrès des compétences législatives d’attribution énumérées à l’article premier, section 8, tandis que les matières non énumérées relèvent de la compétence de droit commun des États fédérés.
La Loi fondamentale allemande distingue trois catégories:
Compléments
Le fédéralisme allemand est qualifié de fédéralisme coopératif ou de fédéralisme d’exécution, car les Länder disposent d’un pouvoir réglementaire important pour exécuter les lois fédérales alors que leur compétence législative est plus résiduelle.
Les conflits de compétence fédérale sont réglés par les juridictions constitutionnelles, notamment la Cour suprême des États-Unis et la Cour constitutionnelle allemande.
La centralisation du fédéralisme s’explique par les besoins économiques, financiers, militaires, environnementaux et énergétiques, par l’organisation fédérale des partis et par le rôle international de l’État fédéral.
Compétences constitutionnelles → arbitrage judiciaire → centralisation progressive
| Régime | Exécutif | Législatif | Caractéristique |
|---|---|---|---|
| Constitution de 1791 | Roi | Assemblée unique | Séparation stricte et veto suspensif |
| Constitution montagnarde de 1793 | Conseil de 24 membres | Assemblée dominante | Exécutif subordonné |
| Constitution de l’an III | Directoire de cinq membres | Deux Conseils | Bicaméralisme et séparation stricte |
| Constitution de l’an VIII | Premier consul dominant | Assemblées marginalisées | Exécutif concentré |
| Critère | Parlementarisme dualiste | Parlementarisme moniste |
|---|---|---|
| Responsabilité du gouvernement | Devant le Parlement et le chef de l’État | Devant le Parlement uniquement |
| Rôle du chef de l’État | Pouvoir d’équilibre et possibilité de renvoyer le gouvernement | Rôle principalement formel |
| Illustration historique | Mac-Mahon avant 1879 | Constitution Grévy après 1879 |
Teste tes connaissances sur Histoire constitutionnelle française avec 58 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Quelle fonction caractérise le constitutionnalisme apparu au XVIIIe siècle ?
2. À la fin du XVIIIe siècle, comment la constitution est-elle principalement définie ?
Mémorisez les concepts clés de Histoire constitutionnelle française avec 87 flashcards interactives.
Qu'est-ce que le constitutionnalisme apparu au XVIIIe siècle ?
Un mouvement historique utilisant la constitution pour délimiter le pouvoir.
Que désigne la constitution à la fin du XVIIIe siècle ?
Un ensemble de règles juridiques écrites pour organiser et limiter le pouvoir de l’État.
Que devient la nation française en 1789 ?
Un acteur politique.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches