QCM : Histoire du droit romain et médiéval — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la caractéristique principale de la coutume parmi les sources du droit ?

Une production intellectuelle des professeurs de droit
Une décision rendue par un juge dans un litige
Un texte voté par le parlement
Une norme issue d’une pratique traditionnelle répétée

Une norme issue d’une pratique traditionnelle répétée

Explication

La coutume naît d’une pratique traditionnelle populaire fondée sur une répétition constante. Elle se distingue ainsi de la loi, de la jurisprudence et de la doctrine.

2. Quel héritage antique explique l’existence de plusieurs sources du droit dans la tradition juridique française ?

Un héritage inspiré par le droit maritime
Un héritage uniquement féodal
Un héritage romain puis chrétien
Un héritage exclusivement germanique

Un héritage romain puis chrétien

Explication

Le développement du droit français est présenté comme ayant des racines romaines puis chrétiennes. Cette tradition romano-canonique explique la pluralité des sources du droit.

3. Dans l’organisation sociale romaine archaïque, quel rôle joue le pater au sein de la gens ?

Il dirige le clan et tranche les différends
Il publie les édits du préteur
Il préside les assemblées populaires
Il rédige les compilations impériales

Il dirige le clan et tranche les différends

Explication

Dans les gentes, le pater agit comme chef du clan et comme juge, en décidant les différends selon les usages du groupe. Ce rôle appartient au cadre familial et religieux de l’époque royale.

4. Comment la lex est-elle initialement conçue dans le droit romain archaïque ?

Comme une coutume locale issue des clans
Comme un décret impérial rédigé par l’administration
Comme une consultation savante entre jurisconsultes
Comme une lecture publique et solennelle d’une règle

Comme une lecture publique et solennelle d’une règle

Explication

La lex est d’abord une loi lue à haute voix sur la place publique, avec une forte exigence de publicité et de solennité. Cette proclamation donne à l’ordre son caractère obligatoire.

5. Qu’est-ce qu’une régula juris dans le droit romain classique ?

Une décision impériale écrite pour tous les sujets
Une règle dégagée par les jurisconsultes à partir des cas
Une sanction prononcée par le préteur urbain
Une coutume familiale propre à un clan

Une règle dégagée par les jurisconsultes à partir des cas

Explication

La régula juris est la règle de droit élaborée par les jurisconsultes à partir de l’observation des cas. Elle sert précisément quand la loi ne fournit pas de solution directe.

6. Que permet le jus publicum respondendi accordé sous Auguste ?

Aux juges d’ignorer les avis juridiques
À certains jurisconsultes d’être suivis par les juges
Aux préteurs d’abroger les lois civiles
Aux assemblées populaires de voter davantage

À certains jurisconsultes d’être suivis par les juges

Explication

Ce privilège impérial donne à certains jurisconsultes une autorité reconnue par les juges lorsque leurs avis concordent. Hadrien renforce encore cette portée lorsqu’ils sont tous d’accord.

7. Quel phénomène caractérise principalement le droit romain postclassique ?

Un retour exclusif aux coutumes locales
Une réduction massive du nombre de textes
Une disparition complète du rôle de l’empereur
Une inflation législative d’origine impériale

Une inflation législative d’origine impériale

Explication

L’époque postclassique est marquée par une multiplication des constitutions impériales et une forte hausse du nombre de lois. Cette inflation rend le droit plus difficile à manier.

8. Quel effet l’édit de Caracalla produit-il dans l’Empire romain ?

Il restaure les anciens comices populaires
Il accorde la citoyenneté romaine à la plupart des habitants
Il supprime toute distinction entre Orient et Occident
Il impose le latin comme seule langue juridique

Il accorde la citoyenneté romaine à la plupart des habitants

Explication

L’édit de 212 accorde le droit de cité romain à tous les habitants de l’Empire, sauf les déditices et les esclaves. Cela favorise l’application du jus civile avec des adaptations locales.

9. Quelles sont les deux sources principales du droit canonique ?

Les coutumes locales et les ordonnances royales
Les arrêts de règlement et les coutumes urbaines
Les édits du préteur et les lois des Douze Tables
Les canons conciliaires et les décrétales pontificales

Les canons conciliaires et les décrétales pontificales

Explication

Le droit canonique repose principalement sur les canons issus des conciles et sur les décrétales pontificales. Ces normes ont ensuite été réunies dans des collections.

10. Quel événement correspond à la reconnaissance du christianisme comme religion d’État ?

La loi des Douze Tables
L’édit de Caracalla
La décrétale de 1219
L’édit de Thessalonique

L’édit de Thessalonique

Explication

En 380, l’édit de Thessalonique reconnaît le christianisme comme religion d’État. Cette étape marque un tournant majeur dans l’histoire du droit canonique.

11. Comment la loi salique résout-elle les conflits en transformant la vengeance en paiement ?

Elle transfère le litige à un tribunal ecclésiastique
Elle remplace la vengeance par une somme versée au juge
Elle impose une peine corporelle décidée par le roi
Elle supprime toute réparation en faveur de la victime

Elle remplace la vengeance par une somme versée au juge

Explication

La loi salique organise une composition pécuniaire : le coupable paie une somme, ce qui éteint ensuite la vengeance. Elle ne repose donc ni sur une peine corporelle, ni sur une suppression de toute réparation.

12. Quelle caractéristique décrit le mieux la législation royale mérovingienne ?

Un corpus canonique réservé aux évêques et aux conciles
Un ensemble de coutumes locales fixées seulement par les villages
Des décisions exclusivement orales prises par les assemblées populaires
Des lois rédigées surtout en latin et inspirées parfois des formes romaines

Des lois rédigées surtout en latin et inspirées parfois des formes romaines

Explication

La législation royale mérovingienne est donnée comme des lois promulguées par les rois, souvent rédigées en latin et avec des titres rappelant les constitutions romaines. Elle ne correspond ni à des décisions populaires ni au droit canonique.

13. Quel événement stimule le renouveau des études juridiques au XIe siècle ?

La promulgation du Code civil et l’école de l’exégèse
La réforme grégorienne et la reprise de la recherche d’arguments juridiques
La chute de Rome d’Occident et l’abandon du droit romain
L’édit de Caracalla et l’universalisation du droit de cité

La réforme grégorienne et la reprise de la recherche d’arguments juridiques

Explication

Le renouveau juridique médiéval est lié à la réforme grégorienne, qui redonne de la force au pape et relance la recherche d’arguments juridiques. Les autres événements appartiennent à d’autres périodes.

14. Quelle différence distingue surtout les commentateurs des glossateurs ?

Ils expliquent le droit par thèmes et de manière plus pratique
Ils rédigent uniquement des lois à destination des rois
Ils refusent les compilations de Justinien au profit du droit canonique
Ils remplacent la consultation des textes par l’étude des coutumes orales

Ils expliquent le droit par thèmes et de manière plus pratique

Explication

Les commentateurs se démarquent par une méthode thématique et plus pratique, centrée sur des exposés synthétiques. Les glossateurs, eux, travaillent le texte mot par mot à l’aide de gloses.

15. Que désigne le jus commune dans l’Europe médiévale ?

Le droit commun formé surtout par le droit romain et le droit canonique
Le droit propre à chaque seigneurie locale
Les usages urbains fixés par les chartes de franchise
La seule législation royale applicable dans tout le royaume

Le droit commun formé surtout par le droit romain et le droit canonique

Explication

Le jus commune est le droit commun de l’Europe médiévale, principalement constitué du droit romain et du droit canonique enseignés à l’université. Il ne se confond pas avec les droits locaux ou seigneuriaux.

16. Dans le conflit entre jus commune et droits territoriaux, quelle position Bartole défend-il ?

La coutume locale doit être ignorée au profit du seul roi
Le jus commune doit l’emporter car il est plus vaste et supra-national
Le juge doit suspendre l’affaire jusqu’à une décision du pape
Le droit territorial doit toujours primer car il est plus ancien

Le jus commune doit l’emporter car il est plus vaste et supra-national

Explication

Bartole défend une hiérarchie dans laquelle le jus commune prime sur les jura propria, parce qu’il a une portée plus large et supra-nationale. Cette position est à l’inverse d’une primauté systématique des coutumes locales.

17. Que signifie la consuetudo dans le cadre du pluralisme juridique moderne ?

Une règle savante enseignée à l’université
Une peine seigneuriale infligée aux paysans récalcitrants
Un privilège urbain accordé par le roi
Une redevance ou taxe habituelle perçue par le seigneur local

Une redevance ou taxe habituelle perçue par le seigneur local

Explication

La consuetudo désigne ici une coutume au sens de redevance habituelle perçue par le seigneur local, parfois même sur les étrangers de passage. Elle ne renvoie donc pas à une norme savante ou à une charte de privilège.

18. À quoi servent principalement les chartes de franchise ?

À imposer aux villes de nouvelles taxes seigneuriales
À organiser le partage des terres entre aristocrates
À remplacer le droit romain par des usages religieux
À accorder aux villes des libertés et des privilèges

À accorder aux villes des libertés et des privilèges

Explication

Les chartes de franchise sont des documents qui octroient aux villes des libertés, des exemptions fiscales et parfois des pouvoirs de justice. Elles répondent à l’essor urbain et à la contestation des taxes.

19. Quelle ordonnance de Louis VII punit le retour au judaïsme des juifs relaps par le bannissement ?

L’ordonnance de 1155
L’ordonnance de 1251
L’ordonnance de 1790
L’ordonnance de 1144

L’ordonnance de 1144

Explication

L’ordonnance de 1144 est celle qui prévoit le bannissement des juifs relaps dans le royaume. L’ordonnance de 1155 concerne, elle, la protection royale et la justice royale.

20. Quel principe illustre le mieux l’unification juridique par les ordonnances royales aux XIIIe et XIVe siècles ?

Une disparition totale de la législation royale au profit des seigneurs
Une fixation définitive du droit uniquement par les juges
Une production croissante d’ordonnances touchant l’administration, la fiscalité et la justice
Une suppression des règles générales au nom des coutumes locales

Une production croissante d’ordonnances touchant l’administration, la fiscalité et la justice

Explication

Le mouvement d’unification s’intensifie avec des ordonnances plus nombreuses, surtout aux XIIIe et XIVe siècles, et elles portent de plus en plus sur l’administration, la fiscalité et la justice. On est donc dans une centralisation progressive du pouvoir normatif royal.

21. Quelle est la fonction principale des ordonnances royales dans le mouvement d’unification juridique ?

Supprimer toute justice locale au profit des évêques
Accorder aux seigneurs le pouvoir exclusif de légiférer
Remplacer toutes les coutumes locales par un droit canonique unique
Étendre des règles du roi au-delà des domaines seigneuriaux

Étendre des règles du roi au-delà des domaines seigneuriaux

Explication

Les ordonnances royales servent à fixer des règles applicables au-delà des seuls domaines du roi et à élargir progressivement la portée de la législation royale. Elles ne transfèrent pas le pouvoir aux seigneurs ni à l’Église.

22. Que prévoit l’ordonnance de 1155 de Louis VII ?

L’interdiction des arrêts de règlement par les juges
La protection royale et la compétence de la justice royale pour certains sujets
Le bannissement des juifs relaps hors du royaume
L’abolition des coutumes dans tout le royaume

La protection royale et la compétence de la justice royale pour certains sujets

Explication

L’ordonnance de 1155 affirme l’idée que certains sujets doivent relever de la protection du roi et de la justice royale. Le bannissement des juifs relaps relève de l’ordonnance de 1144, pas de celle de 1155.

23. Quel est le rôle de l’article 4 du Code civil ?

Obliger le juge à trancher l’affaire pour éviter le déni de justice
Autoriser le juge à créer des règles générales
Confier au parlement l’interprétation des lois obscures
Faire de la coutume la source unique du droit civil

Obliger le juge à trancher l’affaire pour éviter le déni de justice

Explication

L’article 4 impose au juge de statuer sur le litige qui lui est soumis afin d’éviter le déni de justice. Il ne lui donne pas un pouvoir réglementaire général, qui est au contraire exclu par l’article 5.

24. Quelle structure générale du Code civil reprend le plan des Institutes ?

Contrats, délits, quasi-délits, puis prescription
Famille, successions, puis procédures judiciaires
Droit public, droit privé, puis droit pénal
Personnes, biens, puis manières d’acquérir la propriété

Personnes, biens, puis manières d’acquérir la propriété

Explication

Le Code civil adopte un plan en trois parties inspiré des Institutes : les personnes, les biens, puis les manières d’acquérir la propriété. Les autres propositions mélangent des catégories juridiques qui ne correspondent pas à cette structure.

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Sources du droit — définition ?

Origines possibles des règles juridiques.

Constitution — rôle ?

Source suprême du droit français.

Jurisprudence — définition ?

Décisions de justice interprétant la loi.

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