QCM : Histoire et sources du droit du travail — 52 questions

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’Antiquité romaine, sous quelle forme juridique le travail de l’homme libre était-il principalement organisé ?

Par une relation féodale échappant aux obligations contractuelles
Par un statut légal protégeant les travailleurs contre l’employeur
Par une réglementation corporative contrôlant l’accès aux métiers
Par un contrat de droit commun, comme un louage de service ou d’ouvrage

Par un contrat de droit commun, comme un louage de service ou d’ouvrage

Explication

Le travail de l’homme libre à Rome relevait de contrats de droit commun, notamment le louage de service ou d’ouvrage. La réglementation corporative appartient à une période ultérieure, tandis que les relations médiévales échappaient davantage au droit contractuel.

2. Quelle évolution historique caractérise le passage du Moyen Âge à la période industrielle ?

Les métiers disparaissent avec les corporations, puis le droit romain redevient la règle dominante
Les corporations apparaissent après l’industrialisation, puis organisent les premiers ateliers urbains
Les métiers se structurent en corporations, puis l’industrialisation fait émerger la classe ouvrière
La classe ouvrière se forme avant la Révolution, puis les corporations encadrent les usines

Les métiers se structurent en corporations, puis l’industrialisation fait émerger la classe ouvrière

Explication

À partir du XIIe siècle, les métiers s’organisent en corporations, avant leur suppression par la Révolution et l’émergence de la classe ouvrière avec l’industrialisation. Les corporations précèdent donc l’industrialisation et ne sont pas une création des usines.

3. Quelle fonction définissait principalement une corporation dans une ville ?

Organiser un métier en contrôlant la production, les prix, la qualité et l’accès à l’activité
Représenter les salariés auprès de l’État sans intervenir dans la production
Mettre en concurrence les artisans en supprimant les règles d’accès au métier
Garantir la liberté commerciale en interdisant les monopoles professionnels

Organiser un métier en contrôlant la production, les prix, la qualité et l’accès à l’activité

Explication

Une corporation regroupait les travailleurs d’une même activité et pouvait contrôler la production, les prix, la qualité ainsi que l’accès au métier. La libre concurrence repose au contraire sur l’absence d’un monopole corporatif.

4. Quel enchaînement correspond à la hiérarchie traditionnelle du parcours corporatif ?

Apprentissage, compagnonnage, puis maîtrise après validation d’un chef-d’œuvre
Compagnonnage, apprentissage, puis maîtrise après inscription auprès des autorités
Maîtrise, apprentissage, puis compagnonnage après l’examen du savoir-faire
Apprentissage, maîtrise, puis compagnonnage destiné à perfectionner la pratique

Apprentissage, compagnonnage, puis maîtrise après validation d’un chef-d’œuvre

Explication

Le parcours corporatif commence par l’apprentissage auprès d’un maître, se poursuit par le compagnonnage et s’achève par l’accès à la maîtrise après validation d’un chef-d’œuvre. Le compagnonnage ne précède donc pas l’apprentissage et la maîtrise constitue l’aboutissement du parcours.

5. Quelle mesure le décret d’Allarde de 1791 a-t-il adoptée ?

La suppression des corporations, des maîtrises et du jurande pour favoriser la liberté industrielle
La création des conseils de prud’hommes pour régler les conflits professionnels
L’instauration d’un contrôle corporatif renforcé sur les prix et la qualité
L’interdiction des réunions ouvrières afin d’empêcher la reconstitution des corporations

La suppression des corporations, des maîtrises et du jurande pour favoriser la liberté industrielle

Explication

Le décret d’Allarde de 1791 supprime les corporations, les maîtrises et le jurande afin de favoriser la liberté du commerce et de l’industrie. L’interdiction des réunions ouvrières relève de la loi Le Chapelier, non de ce décret.

6. Que prévoit la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 à l’égard des travailleurs ?

Elle impose un chef-d’œuvre validé par les pairs avant l’accès à chaque métier
Elle supprime les maîtrises et le jurande afin de libéraliser les activités commerciales
Elle crée une juridiction spécialisée pour arbitrer les différends entre employeurs et salariés
Elle interdit aux travailleurs de se réunir et de se concerter pour reconstituer les corporations

Elle interdit aux travailleurs de se réunir et de se concerter pour reconstituer les corporations

Explication

La loi Le Chapelier interdit aux travailleurs de se réunir et de se concerter afin d’empêcher la reconstitution des corporations. La suppression des maîtrises et du jurande appartient au décret d’Allarde, tandis que les autres mesures concernent d’autres institutions.

7. Quel était l’objectif principal du livret ouvrier instauré le 12 avril 1803 ?

Organiser la médiation des conflits entre employeurs et salariés
Fixer une durée maximale de travail pour les enfants employés dans les manufactures
Attester la qualification professionnelle après un apprentissage validé par les pairs
Contrôler la mobilité des travailleurs et renforcer leur dépendance envers l’employeur

Contrôler la mobilité des travailleurs et renforcer leur dépendance envers l’employeur

Explication

Le livret ouvrier constituait un instrument de contrôle social qui limitait la mobilité des travailleurs et renforçait leur dépendance envers l’employeur. Il ne s’agissait ni d’un certificat de qualification, ni d’une juridiction, ni d’une réglementation de la durée du travail des enfants.

8. Quelle règle probatoire du Code civil du 21 mars 1804 renforçait la position de l’employeur ?

En cas de litige salarial, la preuve reposait sur un rapport administratif
En cas de litige salarial, le maître était cru sur son affirmation
En cas de litige salarial, un conseil de prud’hommes devait statuer en priorité
En cas de litige salarial, le salarié bénéficiait d’une présomption favorable

En cas de litige salarial, le maître était cru sur son affirmation

Explication

Le Code civil de 1804 prévoyait que le maître était cru sur son affirmation en cas de litige salarial, ce qui renforçait la position de l’employeur. Cette règle ne correspond pas à une présomption favorable au salarié ni à l’intervention d’un conseil de prud’hommes.

9. Quelle mission les conseils de prud’hommes reçoivent-ils lors de leur création le 18 mars 1806 ?

Régler les litiges entre employeurs et salariés en favorisant la médiation du travail
Supprimer les corporations afin d’établir la liberté du commerce
Contrôler les déplacements des travailleurs grâce à un document obligatoire
Interdire l’emploi des enfants dans les manufactures et les ateliers

Régler les litiges entre employeurs et salariés en favorisant la médiation du travail

Explication

Les conseils de prud’hommes sont créés en 1806 pour régler les litiges entre employeurs et salariés et favoriser la médiation du travail. Le contrôle de la mobilité, la protection des enfants et la suppression des corporations relèvent d’autres mesures historiques.

10. Quelle conclusion le rapport Villermé de 1840 met-il en évidence sur la relation de travail libérale ?

La réglementation corporative demeure le meilleur moyen de protéger les ouvriers
Le lien de subordination rend le droit civil insuffisant pour protéger les travailleurs
La liberté contractuelle garantit une égalité réelle entre travailleurs et employeurs
La médiation prud’homale suffit à supprimer les déséquilibres du contrat de travail

Le lien de subordination rend le droit civil insuffisant pour protéger les travailleurs

Explication

Le rapport Villermé révèle les excès du contrat de travail libéral et montre que le lien de subordination rend le droit civil insuffisant pour protéger les travailleurs. Il ne conclut donc ni à l’égalité réelle des parties, ni à l’efficacité suffisante de la médiation ou des corporations.

11. Quelle loi française reconnaît les syndicats professionnels le 21 mars 1884 ?

La loi du 1er juin 1853
La loi Le Chapelier
La loi Waldeck-Rousseau
La loi sur les conseils de prud’hommes

La loi Waldeck-Rousseau

Explication

La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 reconnaît les syndicats professionnels. La loi Le Chapelier avait au contraire interdit les regroupements professionnels.

12. Quelle institution apparaît à Rouen et à Paris en 1869 pour permettre aux syndicats de se réunir et de défendre les travailleurs ?

Les conseils de prud’hommes
Les sections syndicales
Les bourses du travail
Les comités d’entreprise

Les bourses du travail

Explication

Les premières bourses du travail apparaissent à Rouen et à Paris en 1869 comme lieux de rassemblement syndical. Les conseils de prud’hommes sont, eux, des juridictions chargées de régler des litiges.

13. Quelle distinction caractérise le contrat de travail par rapport au contrat civil ?

Il garantit une protection internationale sans relation avec l’activité professionnelle
Il repose sur une égalité complète entre les parties et l’absence de directives
Il comporte un lien de subordination et l’insertion dans une collectivité de travailleurs
Il organise principalement la représentation collective au sein de l’entreprise

Il comporte un lien de subordination et l’insertion dans une collectivité de travailleurs

Explication

Le contrat de travail se définit notamment par le lien de subordination, la mise à disposition du salarié et son insertion dans une collectivité de travailleurs. La représentation collective relève d’institutions distinctes et ne constitue pas le critère principal du contrat civil ou de travail.

14. Quelle mesure appartient aux réformes du Front populaire de 1936 ?

La recodification complète du Code du travail
La création du comité d’entreprise et des sections syndicales
La fusion des instances au sein du comité social et économique
L’instauration des congés payés et des délégués du personnel

L’instauration des congés payés et des délégués du personnel

Explication

Le Front populaire de 1936 instaure les congés payés et les délégués du personnel. Le comité d’entreprise est créé en 1946, les sections syndicales en 1968 et le comité social et économique en 2017.

15. Quelle évolution caractérise le droit du travail contemporain ?

La suppression des libertés individuelles dans les relations professionnelles
Le renforcement de la protection de la vie privée et de la lutte contre le harcèlement moral
La priorité donnée à la réduction des protections contre les discriminations
La limitation de la protection aux seuls litiges relatifs au salaire

Le renforcement de la protection de la vie privée et de la lutte contre le harcèlement moral

Explication

Le droit du travail contemporain renforce la protection de la vie privée, des libertés individuelles et la lutte contre les discriminations et le harcèlement moral. Il ne réduit donc pas la protection à la seule question salariale.

16. Quel changement résulte des ordonnances des 22 septembre et 20 décembre 2017 ?

La transformation des conseils de prud’hommes en organisations syndicales
La fusion des instances représentatives au sein du comité social et économique
L’instauration initiale des congés payés et des délégués du personnel
La création des premières bourses du travail dans plusieurs grandes villes

La fusion des instances représentatives au sein du comité social et économique

Explication

Les ordonnances de 2017 fusionnent les instances représentatives du personnel au sein du comité social et économique. Les congés payés et les délégués du personnel relèvent des réformes de 1936, tandis que les bourses du travail sont apparues au XIXe siècle.

17. Quelle différence oppose principalement le PIDCP au PIDESC ?

Le PIDCP organise le droit de l’Union européenne, tandis que le PIDESC définit les règles de l’OIT
Le PIDCP protège surtout les droits civils et politiques, tandis que le PIDESC protège les droits économiques et sociaux
Le PIDCP concerne principalement le travail et la sécurité sociale, tandis que le PIDESC protège les libertés publiques
Le PIDCP traite des discriminations professionnelles, tandis que le PIDESC porte sur les relations commerciales

Le PIDCP protège surtout les droits civils et politiques, tandis que le PIDESC protège les droits économiques et sociaux

Explication

Les deux pactes sont conclus dans le cadre de l’ONU le 16 décembre 1966, mais le PIDCP porte principalement sur les droits civils et politiques et le PIDESC sur les droits économiques et sociaux. Le droit au travail et à la sécurité sociale relève notamment du PIDESC.

18. Dans quel cadre et à quelle date l’Organisation internationale du travail est-elle créée ?

En 1919, par le traité de Versailles, pour promouvoir la justice sociale et les normes internationales du travail
En 1966, par les pactes de l’ONU, pour organiser la sécurité sociale mondiale
En 1950, par la Convention européenne des droits de l’homme, pour harmoniser les juridictions nationales
En 1974, par la France, pour réglementer les échanges économiques européens

En 1919, par le traité de Versailles, pour promouvoir la justice sociale et les normes internationales du travail

Explication

L’OIT est créée en 1919 par le traité de Versailles afin de promouvoir la justice sociale, les normes internationales du travail, l’emploi décent et le dialogue social. Les pactes de 1966 et la Convention européenne des droits de l’homme répondent à d’autres cadres institutionnels.

19. Dans quelle situation une convention internationale de l’OIT devient-elle obligatoire pour un État ?

Lorsqu’une organisation syndicale nationale en demande l’application
Après son intégration automatique dans le droit de l’Union européenne
Lorsque l’État l’a ratifiée, sauf pour les conventions fondamentales déclarées impératives depuis 1998
Dès son adoption par l’OIT, même si l’État ne l’a pas approuvée

Lorsque l’État l’a ratifiée, sauf pour les conventions fondamentales déclarées impératives depuis 1998

Explication

Une convention de l’OIT oblige un État lorsque celui-ci l’a ratifiée, sous réserve du régime particulier des conventions fondamentales déclarées impératives depuis 1998. Son adoption par l’OIT ne suffit donc pas, en règle générale, à la rendre obligatoire pour chaque État.

20. Que désigne le dumping social ?

La diminution des droits sociaux des salariés pour accroître la compétitivité des entreprises
La coordination des normes internationales pour améliorer les conditions de travail
L’augmentation des salaires afin de renforcer la négociation collective
La reconnaissance juridique des syndicats dans plusieurs États voisins

La diminution des droits sociaux des salariés pour accroître la compétitivité des entreprises

Explication

Le dumping social consiste à réduire les droits sociaux des salariés afin d’augmenter la compétitivité des entreprises. Il s’oppose donc à une harmonisation visant à renforcer les garanties sociales.

21. Quelle distinction décrit correctement les domaines respectifs des articles 34 et 37 de la Constitution de 1958 ?

L’article 34 réglemente les contrats individuels, tandis que l’article 37 protège la liberté syndicale.
L’article 34 définit le droit de grève, tandis que l’article 37 détermine les conditions de la négociation collective.
L’article 34 organise les conventions collectives, tandis que l’article 37 fixe les principes de la sécurité sociale.
L’article 34 fixe les principes fondamentaux du droit du travail, tandis que l’article 37 relève les autres matières du pouvoir réglementaire.

L’article 34 fixe les principes fondamentaux du droit du travail, tandis que l’article 37 relève les autres matières du pouvoir réglementaire.

Explication

L’article 34 confie au législateur la fixation des principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale, tandis que l’article 37 concerne le domaine réglementaire. La liberté syndicale et le droit de grève relèvent notamment des droits consacrés par le Préambule de 1946, et non de cette distinction entre les articles 34 et 37.

22. Quel droit est consacré par le Préambule de la Constitution de 1946 et vise la protection de l’accès à l’emploi ?

La liberté syndicale
Le droit de grève
Le droit à l’emploi
Le droit à la négociation collective

Le droit à l’emploi

Explication

Le Préambule de 1946 consacre le droit à l’emploi, qui vise la protection de l’accès à l’emploi. Le droit de grève protège, quant à lui, une action collective des travailleurs, ce qui correspond à une finalité différente.

23. Une règle prévoit qu’aucun accord, même plus favorable au salarié, ne peut y déroger : de quelle catégorie relève-t-elle ?

D’une instruction ministérielle
D’une convention collective étendue
D’une règle supplétive
De l’ordre public absolu

De l’ordre public absolu

Explication

L’ordre public absolu ne permet aucune dérogation, y compris lorsqu’elle serait favorable au salarié. Une règle supplétive s’applique au contraire en l’absence de disposition conventionnelle contraire.

24. Quelle est la principale différence entre une convention collective et un accord collectif ?

La convention collective couvre l’ensemble des matières de son champ, tandis que l’accord collectif porte sur un ou plusieurs sujets.
La convention collective concerne les entreprises, tandis que l’accord collectif relève exclusivement du niveau national.
La convention collective porte sur un sujet précis, tandis que l’accord collectif couvre toutes les garanties sociales.
La convention collective fixe les règles individuelles, tandis que l’accord collectif organise les relations avec l’administration.

La convention collective couvre l’ensemble des matières de son champ, tandis que l’accord collectif porte sur un ou plusieurs sujets.

Explication

La convention collective a vocation à traiter l’ensemble des matières relatives à l’emploi, à la formation, au travail et aux garanties sociales dans son champ. L’accord collectif a un objet plus limité et porte sur un ou plusieurs sujets déterminés.

25. À quel niveau une convention ou un accord collectif peut-il être négocié ?

Au niveau d’une juridiction judiciaire
Au niveau d’un service administratif territorial
Au niveau d’une branche professionnelle
Au niveau d’une profession réglementée individuelle

Au niveau d’une branche professionnelle

Explication

Les conventions et accords collectifs peuvent notamment être négociés au niveau de la branche, mais aussi aux niveaux national, interprofessionnel, de l’entreprise, du groupe ou de l’établissement. Une juridiction judiciaire ne constitue pas un niveau de négociation collective.

26. Quelle définition correspond à un usage professionnel ?

Un acte écrit par lequel un employeur promet une mesure à ses salariés
Une clause individuelle négociée entre un salarié et son employeur
Une pratique générale suivie dans un secteur ou une zone géographique et dotée d’une force obligatoire
Un avantage répété accordé par un employeur dans une entreprise déterminée

Une pratique générale suivie dans un secteur ou une zone géographique et dotée d’une force obligatoire

Explication

L’usage professionnel est une pratique générale couramment suivie dans un secteur d’activité ou une zone géographique et reconnue comme obligatoire. Un avantage répété dans une entreprise déterminée relève plutôt de l’usage d’entreprise.

27. Lequel de ces éléments ne fait pas partie des trois critères nécessaires à la reconnaissance d’un usage d’entreprise ?

La négociation
La fixité
La généralité
La constance

La négociation

Explication

La reconnaissance d’un usage d’entreprise repose sur la généralité, la constance et la fixité. La négociation n’est pas l’un des critères requis, car l’usage résulte d’une pratique répétée de l’employeur.

28. Quelle démarche l’employeur doit-il accomplir pour dénoncer régulièrement un usage d’entreprise ?

Saisir le juge compétent, négocier une nouvelle convention et supprimer l’avantage immédiatement.
Modifier le contrat de chaque salarié et obtenir l’accord écrit de l’inspection du travail.
Consulter les clients de l’entreprise, publier une annonce et appliquer la mesure dès le lendemain.
Informer le CSE ou les délégués, prévenir individuellement chaque salarié et respecter un délai suffisant.

Informer le CSE ou les délégués, prévenir individuellement chaque salarié et respecter un délai suffisant.

Explication

La dénonciation régulière exige l’information des représentants du personnel, l’information individuelle de chaque salarié et le respect d’un délai de prévenance suffisant. La suppression immédiate de l’avantage ne respecte pas cette procédure.

29. Pourquoi un délai de six mois peut-il être retenu pour dénoncer une prime annuelle ?

Parce que le CSE doit disposer de six mois pour autoriser toute dénonciation.
Parce que la loi impose six mois pour tout usage d’entreprise dénoncé.
Parce que le délai dépend de l’avantage concerné et n’est pas fixé par la loi.
Parce qu’une prime annuelle constitue une convention collective à durée déterminée.

Parce que le délai dépend de l’avantage concerné et n’est pas fixé par la loi.

Explication

Le délai de prévenance n’est pas fixé par la loi et dépend de l’avantage concerné ; six mois peuvent donc être suffisants pour une prime annuelle. Il ne s’agit pas d’un délai légal uniforme applicable à tous les usages.

30. Quelle situation correspond à un engagement unilatéral de l’employeur ?

L’employeur applique une règle prévue dans chaque contrat de travail
L’employeur s’engage expressément à accorder une prime à une catégorie de salariés
L’employeur accorde une prime après une pratique répétée auprès d’un groupe de salariés
L’employeur négocie un avantage dans le cadre d’un accord collectif

L’employeur s’engage expressément à accorder une prime à une catégorie de salariés

Explication

L’engagement unilatéral résulte d’un acte exprès par lequel l’employeur promet un avantage déterminé à un ou plusieurs salariés. La pratique répétée d’un avantage relève plutôt de l’usage d’entreprise.

31. Lorsqu’un engagement unilatéral est plus favorable que le contrat de travail, quelle règle s’applique ?

Le salarié peut y renoncer en signant son contrat
L’engagement prévaut et le salarié ne peut pas y renoncer à la signature
La clause contractuelle moins favorable écarte l’engagement
L’engagement ne produit d’effet qu’après modification du contrat

L’engagement prévaut et le salarié ne peut pas y renoncer à la signature

Explication

Un engagement unilatéral plus favorable au salarié prévaut sur les clauses contractuelles moins avantageuses, et le salarié ne peut pas y renoncer lors de la signature. La signature du contrat ne suffit donc pas à écarter cet avantage.

32. Comment l’employeur met-il fin à un engagement unilatéral selon sa durée ?

Un engagement à durée indéterminée cesse à la date choisie, tandis qu’un engagement à durée déterminée exige un préavis
Les deux engagements exigent une information préalable des représentants du personnel
Les deux engagements cessent automatiquement sans information des salariés
Un engagement à durée indéterminée exige un préavis suffisant, tandis qu’un engagement à durée déterminée cesse à son terme

Un engagement à durée indéterminée exige un préavis suffisant, tandis qu’un engagement à durée déterminée cesse à son terme

Explication

La dénonciation d’un engagement à durée indéterminée suppose un préavis suffisant, alors qu’un engagement à durée déterminée prend fin au terme prévu. L’obligation de préavis ne concerne donc pas les deux formes de la même manière.

33. Quels critères permettent de reconnaître un usage d’entreprise ?

La décision écrite de l’employeur, la consultation du personnel et la périodicité
La généralité des bénéficiaires, la constance de la pratique et la fixité de l’avantage
La négociation collective, la durée du contrat et la validation administrative
La publicité de la règle, son inscription contractuelle et son ancienneté

La généralité des bénéficiaires, la constance de la pratique et la fixité de l’avantage

Explication

Un usage d’entreprise repose sur la réunion des critères de généralité, de constance et de fixité. La généralité vise les bénéficiaires, tandis que la constance renvoie à la répétition de l’avantage.

34. Quelle caractéristique distingue principalement l’usage d’entreprise de l’engagement unilatéral ?

L’usage concerne les cadres, tandis que l’engagement concerne les autres salariés
L’usage résulte d’une pratique générale, constante et fixe, tandis que l’engagement repose sur un acte exprès
L’usage doit être négocié, tandis que l’engagement suppose une décision du juge
L’usage repose sur un écrit formel, tandis que l’engagement résulte d’une pratique répétée

L’usage résulte d’une pratique générale, constante et fixe, tandis que l’engagement repose sur un acte exprès

Explication

L’usage naît d’une pratique générale, constante et fixe, sans procédure particulière ni écrit nécessaire. L’engagement unilatéral se fonde au contraire sur un acte exprès de l’employeur.

35. Quel rôle les normes éthiques d’entreprise jouent-elles principalement ?

Elles participent à la prévention des risques et à l’amélioration des performances de l’entreprise
Elles constituent toujours des règles juridiquement obligatoires et autonomes
Elles remplacent les règles légales applicables aux relations de travail
Elles fixent exclusivement les sanctions disciplinaires applicables aux salariés

Elles participent à la prévention des risques et à l’amélioration des performances de l’entreprise

Explication

Les chartes, codes et règles de conduite éthiques s’inscrivent dans une démarche de prévention des risques et d’amélioration des performances. Elles n’ont toutefois pas nécessairement une portée juridique autonome.

36. Selon leur contenu et leur mode d’élaboration, comment une norme éthique peut-elle être qualifiée ?

Comme un engagement unilatéral, un accord atypique ou une note de service
Comme un usage, une clause de mobilité ou une période d’essai
Comme une décision judiciaire, une sanction disciplinaire ou un règlement administratif
Comme un contrat de travail, une convention collective ou une loi pénale

Comme un engagement unilatéral, un accord atypique ou une note de service

Explication

La qualification d’une norme éthique dépend de son contenu et de la manière dont elle a été élaborée : elle peut constituer un engagement unilatéral, un accord atypique ou une note de service. Elle n’entre donc pas automatiquement dans une seule catégorie juridique.

37. Dans quel délai une entreprise employant au moins 50 salariés doit-elle élaborer son règlement intérieur ?

Dans le mois suivant son ouverture
Dans les six mois suivant son ouverture
Dans les trois mois suivant son ouverture
À la première modification de son effectif

Dans les trois mois suivant son ouverture

Explication

Une entreprise employant au moins 50 salariés doit élaborer son règlement intérieur dans les trois mois de son ouverture. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions pénales et empêcher le prononcé d’une sanction disciplinaire.

38. Quel contenu relève exclusivement du règlement intérieur ?

Les mesures d’hygiène et de sécurité, la protection des conditions de travail et la discipline générale
Les objectifs commerciaux, les salaires et les modalités de promotion
Les orientations stratégiques, les résultats financiers et les relations avec les clients
Les clauses de mobilité, les avantages sociaux et les procédures de recrutement

Les mesures d’hygiène et de sécurité, la protection des conditions de travail et la discipline générale

Explication

Le règlement intérieur fixe les mesures d’hygiène et de sécurité, les conditions de rétablissement de conditions de travail protectrices et les règles générales et permanentes de discipline. Les objectifs commerciaux et les modalités salariales ne relèvent pas de son contenu exclusif.

39. Quelle distinction caractérise l’ordre public social par rapport à l’ordre public absolu ?

Il autorise une règle plus favorable au salarié
Il impose une règle identique à tous les salariés
Il permet toute dérogation prévue par contrat
Il interdit toute adaptation de la règle applicable

Il autorise une règle plus favorable au salarié

Explication

L’ordre public social permet d’écarter la règle de référence lorsqu’une disposition plus favorable au salarié lui est substituée. L’ordre public absolu se distingue au contraire par l’interdiction de toute dérogation.

40. Une convention collective prévoit un avantage plus favorable au salarié qu’une disposition législative applicable. Quelle règle doit en principe être retenue ?

La convention collective, en application du principe de faveur
La règle issue du contrat individuel de travail
La règle la plus récente, quelle que soit sa source
La disposition législative, en raison de sa valeur supérieure

La convention collective, en application du principe de faveur

Explication

Le principe de faveur commande d’appliquer la règle la plus favorable au salarié, même si elle provient d’une source inférieure dans la hiérarchie des normes. La supériorité hiérarchique de la loi ne suffit donc pas à écarter l’avantage conventionnel.

41. Dans quelle situation une disposition législative supplétive s’applique-t-elle ?

Lorsqu’une source inférieure est moins favorable au salarié
Lorsqu’aucun accord collectif ne règle la question concernée
Lorsque la loi prévoit une sanction pénale spécifique
Lorsque le contrat individuel écarte une règle impérative

Lorsqu’aucun accord collectif ne règle la question concernée

Explication

La supplétivité signifie que la disposition législative intervient en l’absence d’accord collectif portant sur la même question. Elle ne dépend pas du caractère pénal de la règle ni de la seule comparaison des niveaux hiérarchiques.

42. Selon l’article L. 2254-1 du Code du travail, comment s’articulent une convention collective et le contrat de travail ?

La convention s’applique au contrat sauf stipulations plus favorables
La convention écarte le contrat même lorsqu’il est plus favorable
Le contrat prévaut dans toutes les matières individuelles
Le contrat s’applique dès qu’il est signé après la convention

La convention s’applique au contrat sauf stipulations plus favorables

Explication

Les clauses de la convention ou de l’accord collectif s’appliquent au contrat de travail, à moins que celui-ci ne contienne des stipulations plus favorables. Le contrat ne bénéficie donc pas d’une priorité générale.

43. Dans une matière ne relevant pas des articles L. 2253-1 et L. 2253-2, quelle norme s’applique lorsqu’un accord d’entreprise et un accord de branche ont le même objet ?

Le contrat de travail, quelle que soit la teneur des accords
L’accord de branche, car il possède un champ professionnel plus large
La loi, car les accords collectifs ne peuvent pas se concurrencer
L’accord d’entreprise, tandis que l’accord de branche intervient sans lui

L’accord d’entreprise, tandis que l’accord de branche intervient sans lui

Explication

Dans ces matières, l’accord d’entreprise prévaut sur l’accord de branche lorsqu’ils ont le même objet. L’accord de branche conserve un rôle subsidiaire et s’applique en l’absence d’accord d’entreprise.

44. Une loi et un accord collectif accordent des avantages ayant le même objet ou la même cause. Comment ces avantages sont-ils en principe traités ?

Ils se cumulent afin d’additionner les protections accordées
Ils sont écartés lorsque l’accord collectif est postérieur à la loi
Ils sont remplacés par l’avantage prévu dans le contrat
Ils ne se cumulent pas et seul le plus favorable est accordé

Ils ne se cumulent pas et seul le plus favorable est accordé

Explication

Lorsque les avantages ont le même objet ou la même cause, ils ne se cumulent pas et le salarié reçoit en principe le plus favorable. Un cumul reste possible si une stipulation contraire le prévoit.

45. Quelle mission caractérise le conseil de prud’hommes dans les litiges individuels du travail ?

Il juge immédiatement tout litige sans phase de conciliation
Il statue sur les accidents du travail avant la juridiction sociale
Il intervient principalement dans les conflits entre syndicats
Il concilie d’abord les parties puis juge si la conciliation échoue

Il concilie d’abord les parties puis juge si la conciliation échoue

Explication

Le conseil de prud’hommes cherche d’abord à concilier employeur et salarié, puis tranche le différend lorsque cette tentative échoue. Les conflits collectifs et les accidents du travail relèvent notamment d’autres juridictions.

46. Quel litige échappe à la compétence du conseil de prud’hommes malgré son caractère lié au travail ?

Une contestation du salaire prévu par le contrat
Une réclamation portant sur l’exécution du contrat
Une demande relative à la rupture du contrat
Une action concernant un accident du travail

Une action concernant un accident du travail

Explication

Les accidents du travail et les maladies professionnelles relèvent du juge de la sécurité sociale, même lorsqu’ils concernent la relation de travail. Le conseil de prud’hommes demeure compétent pour les principaux litiges contractuels entre employeur et salarié.

47. Quelle caractéristique institutionnelle définit le conseil de prud’hommes ?

Une juridiction composée exclusivement de magistrats professionnels
Une juridiction administrative composée de représentants syndicaux
Une juridiction pénale réunissant juges et inspecteurs du travail
Une juridiction paritaire réunissant à parts égales salariés et employeurs

Une juridiction paritaire réunissant à parts égales salariés et employeurs

Explication

Le conseil de prud’hommes est une juridiction paritaire, composée en nombre égal de représentants des salariés et des employeurs, principalement des juges non professionnels. Il ne relève donc ni de la juridiction pénale ni de la juridiction administrative.

48. Quel type de litige relève notamment du tribunal judiciaire en matière de travail ?

Une qualification pénale de travail clandestin
Une contestation portant sur une élection professionnelle
Une demande individuelle de paiement d’un salaire
Une demande de réparation d’un accident du travail

Une contestation portant sur une élection professionnelle

Explication

Le tribunal judiciaire connaît notamment des élections professionnelles, des relations collectives, des conventions collectives et des conflits avec les syndicats ou représentants du personnel. Les autres situations citées relèvent respectivement du conseil de prud’hommes, du juge pénal ou du juge de la sécurité sociale.

49. Quelle est la différence entre le recours pour excès de pouvoir et le contentieux de la déclaration ?

Le premier demande l’annulation directe d’un acte administratif, tandis que le second permet d’en apprécier indirectement la légalité dans un litige
Le premier suspend une instance judiciaire, tandis que le second transfère automatiquement l’affaire au juge administratif
Le premier concerne la constitutionnalité d’une loi, tandis que le second concerne la responsabilité personnelle d’un agent public
Le premier permet une appréciation indirecte de l’acte, tandis que le second demande son annulation directe par le juge

Le premier demande l’annulation directe d’un acte administratif, tandis que le second permet d’en apprécier indirectement la légalité dans un litige

Explication

Le recours pour excès de pouvoir attaque directement la décision administrative afin d’en obtenir l’annulation, alors que la déclaration intervient indirectement dans le cadre d’un litige. La confusion consiste à inverser ces deux modes de contrôle de la légalité.

50. Un litige judiciaire dépend de la légalité d’une décision administrative, mais le juge judiciaire estime ne pas être compétent pour trancher cette question. Quelle démarche doit-il suivre ?

Il doit transmettre définitivement le litige au juge administratif sans rendre de décision procédurale
Il doit annuler lui-même la décision administrative avant de poursuivre l’instance
Il doit surseoir à statuer afin que le juge administratif apprécie la légalité de la décision
Il doit écarter la décision administrative sans demander l’intervention d’une autre juridiction

Il doit surseoir à statuer afin que le juge administratif apprécie la légalité de la décision

Explication

Le juge judiciaire doit suspendre l’examen du litige et laisser au juge administratif le soin de se prononcer sur la légalité de l’acte. Il ne lui appartient pas, dans cette situation, d’annuler lui-même la décision administrative.

51. Quel ordre de juridiction est compétent pour connaître du litige concernant un agent recruté par contrat de travail de droit public auprès d’une personne morale de droit public ?

Les juridictions financières, qui contrôlent principalement la gestion budgétaire de l’employeur
Les juridictions constitutionnelles, qui examinent la conformité du contrat aux principes constitutionnels
Les juridictions administratives, qui appliquent généralement les règles du droit administratif
Les juridictions judiciaires, qui appliquent généralement les règles du droit civil

Les juridictions administratives, qui appliquent généralement les règles du droit administratif

Explication

Le contrat de travail de droit public rattache l’agent aux juridictions administratives, lesquelles appliquent généralement le droit administratif. Le caractère public du contrat est déterminant, plutôt que la simple existence d’une relation de travail.

52. À quel moment le contrôle de constitutionnalité a priori et le contrôle a posteriori interviennent-ils respectivement ?

Avant l’examen parlementaire de la loi pour le premier, pendant son application administrative pour le second
Après la promulgation de la loi pour les deux, avec des procédures identiques devant le juge constitutionnel
Avant la promulgation de la loi pour le premier, après sa promulgation par une question prioritaire de constitutionnalité pour le second
Après la promulgation de la loi pour le premier, avant son adoption par une question prioritaire de constitutionnalité pour le second

Avant la promulgation de la loi pour le premier, après sa promulgation par une question prioritaire de constitutionnalité pour le second

Explication

Le contrôle a priori est exercé avant la promulgation, tandis que le contrôle a posteriori peut intervenir après celle-ci au moyen d’une question prioritaire de constitutionnalité. Les deux contrôles se distinguent donc principalement par le moment où ils sont déclenchés.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 73 flashcards sur Histoire et sources du droit du travail.

Quelles sont les origines du droit du travail ?

Le Code de Hammourabi, la loi des XII Tables, les règlements des corporations et le Code civil.

Quel type de contrat régissait le travail de l’homme libre dans l’Antiquité romaine ?

Un contrat de droit commun, comme le louage de service ou d’ouvrage.

Comment étaient les relations de travail au Moyen Âge ?

Elles échappaient largement à l’emprise du droit.

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