QCM : Institutions judiciaires et justice (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quels éléments les institutions judiciaires regroupent-elles pour structurer juridiquement la réalité sociale ?

Des lois écrites, des contrats et des sanctions
Des tribunaux, des juges et des recours
Des règles, des principes et des acteurs
Des litiges, des décisions et des appels

Des règles, des principes et des acteurs

Explication

Les institutions judiciaires réunissent des règles, des principes et des acteurs qui structurent juridiquement des réalités telles que les contrats et la famille. Les tribunaux et les juges seuls ne couvrent pas l’ensemble de ces éléments, les lois écrites omettent les principes et les acteurs, et les litiges et décisions décrivent plutôt l’activité judiciaire.

2. Un litige porte sur un contrat entre deux personnes, tandis qu’un autre concerne la légalité d’une décision d’une autorité administrative. Quels ordres sont compétents, dans cet ordre ?

L’ordre judiciaire pour les deux litiges
L’ordre judiciaire, puis l’ordre administratif
L’ordre administratif pour les deux litiges
L’ordre administratif, puis l’ordre judiciaire

L’ordre judiciaire, puis l’ordre administratif

Explication

L’ordre judiciaire connaît notamment des affaires civiles, comme un litige contractuel, tandis que l’ordre administratif est lié au pouvoir exécutif. Inverser les ordres confond leurs domaines ; attribuer les deux affaires à un seul ordre méconnaît cette distinction.

3. Une juridiction examine un différend entre deux parties et détermine quelle règle de droit s’applique. Quelle fonction exerce-t-elle ?

Exécuter une décision et assurer son respect
Créer une règle générale et organiser son application
Dire le droit et trancher le litige
Concilier les parties avant toute décision judiciaire

Dire le droit et trancher le litige

Explication

La fonction juridictionnelle consiste à dire le droit et à trancher les litiges. Créer des règles générales relève de la fonction législative, exécuter une décision est distinct du jugement, et la conciliation préalable ne correspond pas à la définition de la juridiction.

4. Après un jugement rendu en première instance, Lina souhaite contester la décision devant une juridiction de niveau supérieur. Quel principe judiciaire révolutionnaire lui permet cette démarche ?

La gratuité de la justice
La séparation des pouvoirs
Le double degré de juridiction
L’égalité des citoyens devant la justice

Le double degré de juridiction

Explication

Le double degré de juridiction permet de contester une décision de première instance devant une juridiction supérieure. Un nouvel examen par une juridiction de même niveau correspond à la confusion signalée ; l’égalité, la gratuité et la séparation des pouvoirs sont d’autres principes révolutionnaires, mais ne désignent pas ce recours.

5. Une personne soutient qu’elle a été détenue arbitrairement. Quel article de la Constitution porte sur l’interdiction de la détention arbitraire ?

L’article 65
L’article 64
L’article 37
L’article 66

L’article 66

Explication

L’article 66 interdit la détention arbitraire. L’article 64 concerne la garantie de l’autorité judiciaire par le président de la République, l’article 65 le Conseil supérieur de la magistrature, tandis que l’article 37 porte sur le domaine réglementaire.

6. Une disposition relève du domaine réglementaire et non du domaine de la loi. Quel article de la Constitution permet d’identifier ce domaine ?

L’article 65
L’article 64
L’article 34
L’article 37

L’article 37

Explication

L’article 37 concerne le domaine réglementaire, alors que l’article 34 définit le domaine de la loi. Les articles 64 et 65 portent respectivement sur la garantie de l’autorité judiciaire et le Conseil supérieur de la magistrature, non sur la répartition entre loi et règlement.

7. Le législateur veut instituer une nouvelle juridiction chargée de juger des crimes. Quel acte est requis pour sa création ?

Une loi
Un règlement
Un jugement
Une convention internationale

Une loi

Explication

La création d’une nouvelle juridiction relève de la loi, notamment lorsqu’elle est instituée pour juger des crimes. Un règlement, un jugement ou une convention internationale ne remplace pas la loi requise pour créer la juridiction.

8. Des tribunaux répondent de façon cohérente à une même question de droit, et cette solution est dégagée par une juridiction faisant autorité. De quelle notion s’agit-il ?

La législation
La procédure judiciaire
La pratique judiciaire
La jurisprudence

La jurisprudence

Explication

La jurisprudence est une solution généralement donnée par les tribunaux à une question de droit, fondée sur une pratique cohérente et l’intervention d’une juridiction faisant autorité. La procédure encadre le déroulement du procès, la pratique judiciaire peut inclure la médiation ou la conciliation, et la législation désigne les règles adoptées par le législateur.

9. Un impôt est réparti entre plusieurs contribuables en tenant compte de leurs besoins et de leur situation proportionnelle. Quel type de justice ce mode de répartition illustre-t-il ?

L’égalité arithmétique
La compensation réparatrice
La justice commutative
La justice distributive

La justice distributive

Explication

La justice distributive répartit les biens ou les charges selon les besoins et la proportion. La justice commutative et l’égalité arithmétique renvoient à une répartition ou compensation égalitaire, tandis que la compensation réparatrice vise un équilibre perturbé.

10. Après qu’un dommage a perturbé l’équilibre entre deux personnes, un juge fixe une compensation égale au préjudice, sans considérer le mérite ni les besoins de chacune. Quel principe de justice applique-t-il ?

L’impartialité judiciaire
La justice fondée sur le mérite
La justice distributive
La justice commutative

La justice commutative

Explication

La justice commutative rétablit un équilibre perturbé par une compensation fondée sur l’égalité arithmétique, indépendamment des besoins ou du mérite. La justice distributive tient compte des besoins et de la proportion, et le mérite n’est pas le critère de cette compensation.

11. Dans un régime politique, les fonctions sont confiées à des autorités spécialisées qui demeurent mutuellement indépendantes. Quel principe d’organisation cela définit-il ?

Le dualisme juridictionnel
La séparation des pouvoirs
L’impartialité du juge
La justice distributive

La séparation des pouvoirs

Explication

La séparation des pouvoirs répartit les fonctions politiques entre des autorités spécialisées et mutuellement indépendantes. L’impartialité concerne la position du juge à l’égard des parties, la justice distributive concerne la répartition, et le dualisme juridictionnel distingue les ordres de juridiction.

12. Une institution administrative commence par conseiller l’administration sans que son avis la lie, puis reçoit le pouvoir de trancher les litiges avant que les ordres administratif et judiciaire soient distingués. Quel parcours décrit cette évolution ?

Du Conseil d’État consultatif aux deux ordres, puis à la justice déléguée
Du Tribunal des conflits à la justice déléguée, puis au Conseil d’État consultatif
De la justice déléguée au Conseil d’État consultatif, puis aux deux ordres
Du Conseil d’État consultatif à la justice déléguée, puis aux deux ordres

Du Conseil d’État consultatif à la justice déléguée, puis aux deux ordres

Explication

L’évolution va du Conseil d’État consultatif, dont l’avis ne liait pas l’administration, à la justice déléguée où il pouvait trancher les litiges, puis à la consécration de deux ordres. Inverser les étapes ou placer le Tribunal des conflits au début confond les fonctions et la chronologie institutionnelles.

13. Quelle mesure a confié au Conseil d’État le pouvoir de trancher les litiges et établi la justice déléguée ?

La loi du 24 mai 1872
Les textes des 16 et 24 août 1790
La création du Tribunal des conflits
Le Code civil de 1804

La loi du 24 mai 1872

Explication

La loi du 24 mai 1872 confie au Conseil d’État le pouvoir de trancher les litiges, établissant ainsi la justice déléguée. Le Code civil de 1804 et les textes de 1790 relèvent d’autres étapes juridiques, tandis que le Tribunal des conflits a pour fonction de désigner l’ordre compétent.

14. Dans un procès, quel rôle distingue les magistrats du siège de ceux du parquet ?

Le siège tranche les litiges, le parquet représente l’État et défend l’intérêt général
Le siège représente l’État, le parquet tranche les litiges et défend l’intérêt général
Le siège défend l’intérêt général, le parquet représente les parties et tranche le litige
Le siège désigne l’ordre compétent, le parquet tranche les litiges au nom des parties

Le siège tranche les litiges, le parquet représente l’État et défend l’intérêt général

Explication

Les magistrats du siège tranchent les litiges, tandis que les magistrats du parquet représentent l’État dans le procès et défendent l’intérêt général. Attribuer la fonction de trancher au parquet ou la représentation de l’État au siège inverse leurs rôles; désigner l’ordre compétent relève du Tribunal des conflits.

15. Une magistrate est concernée par une décision de nomination, d’avancement ou de sanction. Quel organisme intervient dans ces domaines, avec une indépendance protégée par la Constitution ?

Le Conseil supérieur de la magistrature
Le Conseil d’État
Le parquet
Le Tribunal des conflits

Le Conseil supérieur de la magistrature

Explication

Le Conseil supérieur de la magistrature intervient dans les nominations, l’avancement et les sanctions des magistrats, et son indépendance est protégée par la Constitution. Le Tribunal des conflits désigne l’ordre juridictionnel compétent, le Conseil d’État tranche notamment des litiges administratifs, et le parquet représente l’État dans le procès.

16. Une décision déclare qu’une personne doit restituer un bien, puis l’État fait saisir ce bien pour assurer l’exécution. Quel pouvoir correspond à la décision de dire le droit, et lequel à la saisie forcée ?

La jurisdictio pour les deux opérations
La jurisdictio pour la décision, l’imperium pour la saisie
L’imperium pour les deux opérations
L’imperium pour la décision, la jurisdictio pour la saisie

La jurisdictio pour la décision, l’imperium pour la saisie

Explication

La jurisdictio consiste à dire le droit, tandis que l’imperium permet d’en imposer l’exécution par la contrainte. Inverser les deux confond leurs fonctions respectives ; attribuer les deux à la jurisdictio ou à l’imperium efface leur distinction.

17. Un organisme privé tranche un litige et prétend aussi pouvoir faire saisir les biens de la partie condamnée. Quelle règle découle du monopole étatique de la justice ?

Une autorité privée peut imposer l’exécution forcée dès qu’elle tranche le litige
L’État peut laisser l’organisation de la justice à l’organisme qui tranche
Une autre autorité ne peut réunir le pouvoir de dire le droit et celui d’en imposer l’exécution forcée
Une autre autorité peut réunir les deux pouvoirs si les parties y consentent

Une autre autorité ne peut réunir le pouvoir de dire le droit et celui d’en imposer l’exécution forcée

Explication

Le monopole signifie qu’aucune autre autorité ne peut cumuler le pouvoir de dire le droit et celui d’en assurer l’exécution forcée ; il oblige aussi l’État à organiser la justice. Le consentement des parties ne transfère pas ces deux pouvoirs, et le monopole n’autorise pas l’État à renoncer à son rôle.

18. Deux entreprises conviennent de soumettre leur litige à un arbitre. Celui-ci rend une sentence, mais la partie condamnée refuse de l’exécuter. Quelle conséquence correspond aux pouvoirs de l’arbitre ?

L’arbitre peut trancher le litige, mais ne peut pas imposer lui-même l’exécution forcée
L’arbitre peut trancher le litige et faire exécuter lui-même la sentence par contrainte
L’arbitre peut imposer l’exécution forcée, mais ne peut pas trancher le litige
L’arbitre ne peut ni trancher le litige ni contribuer à son règlement

L’arbitre peut trancher le litige, mais ne peut pas imposer lui-même l’exécution forcée

Explication

L’arbitre tire des parties sa jurisdictio, qui lui permet de trancher le litige, mais il ne possède pas l’imperium nécessaire à l’exécution forcée. Confondre jurisdictio et imperium lui attribue un pouvoir de contrainte qu’il n’a pas ; l’absence d’imperium n’annule pas sa compétence à trancher.

19. Avant tout litige, deux sociétés incluent dans leur contrat une stipulation prévoyant qu’un arbitre tranchera leurs différends. De quel mécanisme s’agit-il ?

D’une clause compromissoire conclue avant le litige
D’un compromis d’arbitrage conclu après la naissance du litige
D’une procédure arbitrale engagée sans accord des parties
D’un jugement étatique qui désigne un arbitre

D’une clause compromissoire conclue avant le litige

Explication

La clause compromissoire est l’accord de soumettre un éventuel litige à l’arbitrage, conclu avant sa naissance. Le compromis intervient après que le litige est né ; un jugement étatique ou l’absence d’accord ne correspond pas à cette stipulation contractuelle.

20. Une règle de procédure rend l’accès à un tribunal difficile pour une personne qui veut faire valoir ses droits. Quel principe de la CESDH permet d’évaluer cette entrave ?

Le droit de choisir un arbitre fondé sur l’article 6, paragraphe 1
Le droit d’accès à un tribunal fondé sur l’article 6, paragraphe 1
Le droit à la continuité du service fondé sur l’article 6, paragraphe 1
Le droit à l’exécution forcée fondé sur l’article 6, paragraphe 1

Le droit d’accès à un tribunal fondé sur l’article 6, paragraphe 1

Explication

L’article 6, paragraphe 1, de la CESDH fonde le droit à un procès équitable et le droit d’accès à un tribunal. L’exécution forcée, la continuité du service et le choix d’un arbitre ne sont pas le droit d’accès visé ici.

21. Quelle décision de la CEDH a affirmé, le 21 février 1975, que l’article 6 de la CESDH implique un droit d’accès aux tribunaux ?

L’arrêt Golder contre France
L’arrêt Golder contre Royaume-Uni rendu en 1985
L’arrêt Golder contre Royaume-Uni
L’arrêt Golder contre Royaume-Uni rendu par une juridiction nationale

L’arrêt Golder contre Royaume-Uni

Explication

Le 21 février 1975, l’arrêt Golder contre Royaume-Uni de la CEDH a reconnu que l’article 6 implique un droit d’accès aux tribunaux. La variante « contre France » change l’affaire, la date de 1985 est erronée et la décision émane de la CEDH, non d’une juridiction nationale.

22. Une juridiction doit financer ses locaux et faire intervenir des traducteurs et des experts. Quelle affirmation décrit correctement le financement et les coûts de son fonctionnement ?

Les émoluments financent la justice et couvrent ces coûts.
Les droits d’enregistrement financent la justice et couvrent ces coûts.
Les honoraires des justiciables financent la justice et couvrent ces coûts.
Les impôts financent la justice, dont le fonctionnement entraîne ces coûts.

Les impôts financent la justice, dont le fonctionnement entraîne ces coûts.

Explication

La justice est financée par les impôts, mais son fonctionnement génère notamment des coûts liés aux locaux, aux traducteurs et aux experts. Les honoraires sont des frais supportés par les justiciables, tandis que les droits d’enregistrement et les émoluments correspondent à des coûts distincts.

23. Dans une procédure, un justiciable doit régler le coût d’un acte d’huissier, dont le montant est fixé par le pouvoir réglementaire. De quel type de coût s’agit-il ?

Un droit d’enregistrement lié à la procédure.
Des émoluments liés à un acte de procédure.
Un impôt destiné au financement de la justice.
Des honoraires liés à une prestation d’avocat.

Des émoluments liés à un acte de procédure.

Explication

Les émoluments sont des coûts fixés par le pouvoir réglementaire pour certains actes de procédure, notamment les actes d’huissier. Les honoraires rémunèrent l’avocat, le droit d’enregistrement est une autre catégorie de frais, et les impôts financent le fonctionnement de la justice.

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Que regroupent les institutions judiciaires ?

Les règles, principes et acteurs structurant juridiquement la réalité sociale.

Quelles matières relèvent de l’ordre judiciaire français ?

Les matières civiles et pénales.

En quoi consiste la juridiction ?

À dire le droit et à trancher les litiges.

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