QCM : Introduction à la criminologie critique et ses enjeux — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi le droit pénal ne peut-il pas servir seul de base scientifique pour définir l’objet de la criminologie ?

Parce que ses comportements punissables varient dans le temps et selon les pays
Parce qu’il ne concerne que les infractions économiques
Parce qu’il repose uniquement sur des statistiques policières
Parce qu’il interdit toute analyse des faits sociaux

Parce que ses comportements punissables varient dans le temps et selon les pays

Explication

Le droit pénal est évolutif et varie d’un pays à l’autre, ce qui en fait une base instable pour délimiter scientifiquement la criminologie. En plus, des faits nuisibles peuvent exister sans être punissables.

2. Que désigne l’expression « situations problématiques » en criminologie ?

Des infractions commises par les mineurs seulement
Des situations dans lesquelles la police intervient systématiquement
Des faits sociaux perçus comme nuisibles ou gênants par au moins une personne
Uniquement des comportements déjà sanctionnés par le code pénal

Des faits sociaux perçus comme nuisibles ou gênants par au moins une personne

Explication

Une situation problématique est définie par son caractère gênant ou nuisible pour au moins une personne, pas seulement par son statut pénal. Cela élargit l’objet de la criminologie au-delà des infractions.

3. Que soutient la pensée conflictuelle à propos du droit ?

Qu’il découle uniquement de la psychologie individuelle
Qu’il est neutre et applique les mêmes intérêts à tous
Qu’il résulte de conflits entre groupes aux intérêts divergents
Qu’il se limite à enregistrer des faits déjà criminels

Qu’il résulte de conflits entre groupes aux intérêts divergents

Explication

La pensée conflictuelle voit le droit comme le produit de rapports de force entre groupes sociaux. Elle s’oppose donc à l’idée d’un droit neutre.

4. Quelle est la différence entre criminalisation primaire et criminalisation secondaire ?

La première concerne la prison, la seconde les amendes
La première relève de la victime, la seconde de l’auteur
La première définit l’infraction, la seconde concerne son application sélective
La première vise les crimes graves, la seconde les délits mineurs

La première définit l’infraction, la seconde concerne son application sélective

Explication

La criminalisation primaire correspond à la définition légale des comportements punissables. La criminalisation secondaire concerne ensuite le contrôle, les poursuites et les sanctions appliquées de manière sélective.

5. Que signifie le concept de savoir-pouvoir chez Foucault ?

Le savoir est indépendant des institutions
Le savoir remplace entièrement le pouvoir politique
Le savoir et le pouvoir se renforcent mutuellement dans la société
Le pouvoir agit sans produire aucun savoir

Le savoir et le pouvoir se renforcent mutuellement dans la société

Explication

Le savoir-pouvoir désigne l’idée que production de connaissances et exercice du pouvoir s’alimentent mutuellement. Les institutions classent, évaluent et normalisent à partir de savoirs.

6. Quel est l’effet principal du savoir scientifique dans l’analyse critique du pénal ?

Il rend les normes totalement spontanées
Il supprime les rapports de force sociaux
Il empêche toute sélection pénale
Il sert à classer, évaluer et normaliser des individus

Il sert à classer, évaluer et normaliser des individus

Explication

Le savoir scientifique n’est pas neutre : il contribue à classer, évaluer et normaliser les individus, ce qui soutient l’ordre pénal. Il ne neutralise donc pas les rapports de pouvoir.

7. Pourquoi les statistiques pénales officielles peuvent-elles être trompeuses ?

Parce qu’elles mesurent directement toute la criminalité réelle
Parce qu’elles éliminent les biais de sélection
Parce qu’elles reflètent surtout la détection et le traitement des faits
Parce qu’elles incluent tous les comportements non punissables

Parce qu’elles reflètent surtout la détection et le traitement des faits

Explication

Les statistiques officielles enregistrent surtout ce qui est détecté, poursuivi et condamné, pas l’ensemble des faits commis. Elles reflètent donc un entonnoir sélectif.

8. Que permet de montrer la distinction entre égalité formelle et égalité matérielle ?

Qu’une règle peut paraître neutre tout en produisant des effets inégaux
Que l’égalité matérielle est seulement une formule juridique
Que l’égalité formelle supprime toute discrimination
Qu’une règle juste produit toujours les mêmes effets

Qu’une règle peut paraître neutre tout en produisant des effets inégaux

Explication

L’égalité formelle concerne le texte de la règle, alors que l’égalité matérielle porte sur ses effets réels. Une norme peut donc être neutre en apparence mais inégalitaire dans la pratique.

9. Quelle est la différence entre sécurité objective et sécurité subjective ?

La première concerne les peines, la seconde les victimes
La première est toujours supérieure à la seconde
La première mesure des données, la seconde le ressenti de sécurité
La première dépend des médias, la seconde des tribunaux

La première mesure des données, la seconde le ressenti de sécurité

Explication

La sécurité objective repose sur des données mesurables, alors que la sécurité subjective correspond à la perception vécue de la sécurité. Les deux peuvent diverger fortement.

10. Quels éléments influencent particulièrement la sécurité subjective ?

Les signes de désordre, les nuisances, les expériences et les médias
Le texte des lois pénales sans interprétation
Seulement la gravité des peines prononcées
Uniquement le nombre d’arrestations

Les signes de désordre, les nuisances, les expériences et les médias

Explication

Le ressenti de sécurité dépend notamment des signes visibles de désordre, des expériences personnelles et de l’influence médiatique. Il ne suit pas automatiquement la criminalité mesurée.

11. Quelle idée résume le mieux la rationalité pénale issue de l’analyse du contrôle social ?

La peine n’a qu’une fonction de réparation individuelle
La sanction dépend uniquement de la gravité morale du crime
Le pénal n’intervient qu’après un échec total de la société
La prison s’inscrit dans une logique de discipline, de savoir et de normalisation

La prison s’inscrit dans une logique de discipline, de savoir et de normalisation

Explication

La rationalité pénale ne réduit pas la peine à une simple réponse au crime : elle s’insère dans une logique de discipline, de savoir-pouvoir et de normalisation. La prison a donc aussi une fonction de contrôle.

12. Pourquoi l’échec de la prison n’est-il pas considéré comme accidentel dans cette approche ?

Parce qu’elle remplit aussi une fonction de contrôle et de production de savoir
Parce qu’elle ne sanctionne jamais personne
Parce qu’elle n’a aucun lien avec les institutions
Parce qu’elle sert uniquement à libérer les personnes détenues

Parce qu’elle remplit aussi une fonction de contrôle et de production de savoir

Explication

Dans cette perspective, la prison persiste parce qu’elle contribue au contrôle social, à la normalisation et à la production de savoir. Son efficacité ne se mesure donc pas seulement à la récidive.

13. Que signifie le concept d’intersectionnalité en criminologie féministe ?

Des formes d’inégalité se combinent et produisent des expériences spécifiques
Les inégalités sont indépendantes les unes des autres
La classe sociale est la seule variable utile
Le genre explique à lui seul toute discrimination

Des formes d’inégalité se combinent et produisent des expériences spécifiques

Explication

L’intersectionnalité montre que le genre, la race et la classe peuvent se croiser et renforcer des expériences de discrimination spécifiques. On ne peut donc pas les analyser séparément.

14. Que désigne le double standard dans l’analyse féministe du pénal ?

Un contrôle limité aux infractions sexuelles
Un même comportement jugé différemment selon le genre
Une règle appliquée sans distinction sociale
Une peine identique pour tous les auteurs

Un même comportement jugé différemment selon le genre

Explication

Le double standard renvoie à une appréciation différente d’un même comportement selon que la personne est un homme ou une femme. Cela révèle un biais de genre dans la réaction sociale.

15. Que met en lumière l’étude des crimes des puissants ?

L’absence totale d’inégalités dans le traitement pénal
Le fait que seuls les petits délinquants enfreignent la loi
La disparition des rapports de pouvoir dans l’État
La capacité de groupes dominants à commettre ou masquer des dommages

La capacité de groupes dominants à commettre ou masquer des dommages

Explication

Les crimes des puissants montrent que les groupes dotés de ressources peuvent produire des dommages importants tout en échappant plus facilement à la sanction. L’analyse vise donc les asymétries de pouvoir.

16. Quel est l’apport central de la notion de criminalité d’État ?

Limiter l’analyse aux infractions commises contre l’État
Réduire le crime aux seules décisions individuelles
Montrer que l’État sanctionne toujours correctement
Étudier l’implication des États dans des violences ou préjudices graves

Étudier l’implication des États dans des violences ou préjudices graves

Explication

La criminalité d’État s’intéresse aux situations où l’État est lui-même impliqué dans des violences ou des préjudices graves. Elle dépasse donc la simple idée d’un État protecteur.

17. Quel rôle jouent les entrepreneurs moraux dans la (dé)criminalisation ?

Ils appliquent uniquement les peines déjà décidées
Ils imposent des normes qui peuvent ensuite être transformées en loi
Ils suppriment toute influence des groupes sociaux
Ils garantissent l’égalité matérielle par défaut

Ils imposent des normes qui peuvent ensuite être transformées en loi

Explication

Les entrepreneurs moraux cherchent à faire reconnaître certains comportements comme problématiques ou, au contraire, à les faire dépénaliser. Leur action influence la définition des normes.

18. Pourquoi l’identification précoce des personnes à risque suppose-t-elle une vision déterministe ?

Parce qu’elle exclut toute prévention
Parce qu’elle considère le comportement comme totalement imprévisible
Parce qu’elle part de l’idée que le passage à l’acte peut être anticipé à partir de causes données
Parce qu’elle repose sur l’absence totale de causes

Parce qu’elle part de l’idée que le passage à l’acte peut être anticipé à partir de causes données

Explication

Identifier tôt des personnes à risque suppose qu’on puisse prévoir un comportement à partir de conditions ou de traits supposés stables. Cela renvoie à une logique déterministe.

19. Qu’est-ce que la victime idéale ?

Un stéréotype de victime jugée plus légitime et plus crédible
Une victime qui refuse de porter plainte
Toute personne ayant subi une infraction grave
Une catégorie juridique fondée sur l’âge uniquement

Un stéréotype de victime jugée plus légitime et plus crédible

Explication

La victime idéale est une image sociale de la « vraie » victime, perçue comme plus innocente et plus digne de soutien. Toutes les victimes réelles ne correspondent pas à ce modèle.

20. Que désigne la victimisation secondaire ?

La première atteinte subie lors du délit
Un préjudice supplémentaire causé par les institutions ou les professionnels
Une simple conséquence matérielle du crime
Une sanction pénale automatique

Un préjudice supplémentaire causé par les institutions ou les professionnels

Explication

La victimisation secondaire correspond au tort ajouté après l’infraction, notamment lorsque les victimes ne sont pas écoutées, respectées ou informées. Elle provient du traitement institutionnel.

21. Quel est l’objectif principal de la justice réparatrice ?

Punir plus sévèrement tous les auteurs
Éviter toute place à la victime
Remplacer toute forme de responsabilité
Réparer le préjudice et rétablir les liens sociaux

Réparer le préjudice et rétablir les liens sociaux

Explication

La justice réparatrice vise la reconnaissance du tort, sa réparation et la restauration des relations sociales. Elle ne se limite pas à la sanction.

22. Que représente le triangle réparateur ?

La police, la prison et le tribunal
La victime, l’auteur et la communauté
Le juge, le procureur et l’avocat
Le fait, la preuve et la peine

La victime, l’auteur et la communauté

Explication

Le triangle réparateur organise la réponse autour de trois acteurs : la victime, l’auteur et la communauté. Chacun y a un rôle dans la réparation et la réintégration.

23. Que défend le paradigme positiviste face à la criminalité ?

La disparition des différences entre loi et société
L’existence de causes objectives et mesurables du comportement criminel
L’idée que la criminalité est uniquement une construction linguistique
Le refus de toute explication causale

L’existence de causes objectives et mesurables du comportement criminel

Explication

Le paradigme positiviste cherche à expliquer la criminalité par des causes objectives, externes et mesurables. Il s’intéresse donc aux facteurs qui produisent le comportement.

24. Que signifie l’idée de « criminel comme produit social » ?

La criminalité résulte de processus sociaux et de réactions collectives
Les auteurs naissent définitivement criminels
La société n’intervient pas dans la déviance
Le crime dépend seulement d’un instinct individuel

La criminalité résulte de processus sociaux et de réactions collectives

Explication

Cette idée affirme que la criminalité n’est pas seulement un fait individuel, mais le résultat d’interactions, de réactions sociales et d’étiquetage. La déviance se construit socialement.

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Situations problématiques — définition ?

Faits sociaux nuisibles perçus comme tels, pas uniquement infractions.

Droit pénal évolutif — rôle ?

Variable dans le temps et selon les pays, limite la scientificité.

Harcèlement obsessionnel — exemple ?

Comportement non punissable autrefois, punissable aujourd'hui.

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