Fiche de révision : Introduction à l'évolution du droit romain et médiéval

Plan du Cours

  1. Empire romain et sources du droit
  2. Royauté romaine et coutumes familiales
  3. République romaine et XII Tables
  4. Droit prétorien et jurisprudence
  5. Codifications impériales romaines
  6. Royaumes francs et lois personnelles
  7. Vengeance privée et composition salique
  8. Capitulaires carolingiens et féodalité
  9. Renouveau du droit romain et canonique
  10. Procédure médiévale et droits savants
  11. Mariage, coutumes et droit canonique
  12. Retour du roi et conflits de souveraineté

1. Empire romain et sources du droit

Notions clés & Définitions

  • Empire romain : Régime romain où le pouvoir politique se centralise, entraînant une centralisation des sources du droit autour de l’empereur.
  • Principat : Période du Haut Empire (27 av J-C à 284 ap J-C) où l’empereur reçoit des pouvoirs durables et encadre progressivement la production juridique.
  • Dominat : Période du Bas Empire (à partir de 284 ap J-C, jusqu’à 476 ap J-C ou le VIe siècle) où la centralisation impériale s’inscrit dans la durée.
  • Constitutions impériales : Textes juridiques émis par l’empereur, regroupant plusieurs formes, qui deviennent des normes à valeur équivalente aux lois des assemblées.
  • Lex regia de imperio : Loi d’investiture qui fonde théoriquement le transfert du pouvoir législatif au prince, justifiant qu’il fasse la loi comme le peuple.

Points essentiels

  • L’empire centralise le pouvoir politique puis le pouvoir juridique, ce qui renforce l’autorité de la loi et la place de l’empereur dans la production des normes.
  • Le Principat est daté de 27 av J-C à 284 ap J-C, et le Bas Empire de 284 ap J-C à 476 ap J-C (ou jusqu’au VIe siècle).
  • Sous le Principat, l’empereur monopolise progressivement la loi en écartant les assemblées, en contrôlant le Sénat puis en adoptant directement des constitutions impériales.
  • Les constitutions impériales se classent en édits, décrets, rescrits et mandats, et elles prennent à terme une valeur égale aux lois des assemblées et aux décisions sénatoriales.
  • La justification théorique du pouvoir législatif impérial repose sur la lex regia de imperio, qui transfère au prince le pouvoir législatif confié par le peuple via le Sénat lors de l’investiture.
  • Deux maximes juridiques servent de base à ce transfert : ce qui plaît au prince a force de loi, et le prince est délié de la loi.

Astuce mémo

Empire = Centralisation : pouvoir politique → pouvoir juridique (empereur) ; Principat puis Dominat.

2. Royauté romaine et coutumes familiales

Notions clés & Définitions

  • Gens romaine : Un groupe familial élargi regroupant membres, esclaves et clients liés par la fidélité et la protection du chef de la gens.
  • Pater familias : Le chef masculin le plus âgé de la gens qui détient l’autorité interne sur ses proches et organise l’ordre familial.
  • Mores gentis : Les coutumes propres à chaque gens, qui règlent le droit privé (notamment mariage, divorce et successions) pendant la royauté.
  • Jus vitae necisque : Le pouvoir du pater familias de disposer de la vie et de la mort de ses enfants durant la royauté.
  • Droit divin Fas : Un droit d’origine religieuse qui fixe des règles liées au calendrier judiciaire et aux formules à utiliser lors des procès.

Points essentiels

  • Sous la royauté, le roi étant politiquement faible, les coutumes familiales (mores gentis) deviennent la source dominante du droit privé.
  • Le pater familias détient un pouvoir sur ses enfants, notamment le jus vitae necisque, et peut aussi les exhéréder.
  • La validité du mariage interne à la gens suppose le consentement du pater familias.
  • Le mores gentis et le Fas restent un droit oral et secret transmis par l’enseignement d’un collège de prêtres appelé Pontis.
  • Le Fas est formaliste : il impose des jours fastes ou néfastes et des formules rituelles dont la moindre erreur entraîne la nullité et la perte du procès.

3. République romaine et XII Tables

Notions clés & Définitions

  • XII Tables : Les XII Tables sont la loi écrite romaine de 12 chapitres, adoptée après le conflit patriciens-plébéiens pour rendre le droit public et encadrer l’action en justice.
  • Décemvirs : Les décemvirs sont le collège de 10 hommes chargé de rédiger la loi des XII Tables lors de sa création en 451 av. J.-C.
  • Comices centuriates : Les comices centuriates sont l’assemblée où les citoyens votent selon leur fortune et où les décisions de guerre, paix et alliances ont une forte influence patricienne.
  • Concile de la plèbe : Le concile de la plèbe est l’assemblée composée uniquement de plébéiens qui élit les tribuns et vote les plébiscites.
  • Jus publicum du Sénat : L’auctoritas du Sénat désigne son pouvoir de renforcer la valeur d’un acte et d’exiger une ratification après le vote des assemblées.

Points essentiels

  • En 451 av. J.-C., après la menace de sécession plébéienne, les patriciens confient à un collège de 10 hommes la rédaction de la loi des XII Tables en 12 chapitres.
  • Les 10 premières tables sont votées en 450 av. J.-C. et les deux dernières en 449 av. J.-C., ce qui met fin au conflit sur la connaissance et l’application du droit.
  • La procédure dite des actions de la loi issue des XII Tables n’offre que cinq hypothèses d’action, si bien qu’un litige hors de ces cas ne donne pas accès au procès prévu par cette loi.
  • Avant les XII Tables, les pontifes patriciens détenaient un droit oral et secret et, avant la loi, le consul pouvait définir les crimes entraînant la peine de mort, alors qu’avec les XII Tables l’attribution des procès est limitée par la loi.
  • Le concile de la plèbe vote les plébiscites et, avec la Lex Hortensia en 286 av. J.-C., les plébiscites acquièrent valeur de loi et s’imposent aux deux ordres.

Astuce mémo

Connais→Publiques→Enferme: XII Tables = droit écrit exposé (public) + actions limitées (enfermées dans 5 cas).

4. Droit prétorien et jurisprudence

Notions clés & Définitions

  • Édit perpétuel : L’édit définitif du prêteur, fixé définitivement au début du principat, qui met fin à la création annuelle de nouvelles actions par le prêteur.
  • Ius Publice Respondendi : Le privilège impérial accordé à certains jurisconsultes, permettant de répondre publiquement en bénéficiant d’une autorité renforcée de l’empereur.
  • Tribunal impérial : La juridiction où l’État, par un juge nommé par l’empereur, connaît des affaires importantes pour l’empereur, au détriment du prêteur.
  • Rescrit : La consultation juridique rendue à la demande de particuliers par l’empereur, ensuite rédigée par des jurisconsultes fonctionnaires sous contrôle impérial.
  • Loi des citations : La règle impériale de 426 (puis reprise en 438) qui limite en justice la valeur des opinions aux 5 jurisconsultes autorisés.

Points essentiels

  • L’édit perpétuel, demandé par Hadrien vers 130 av. J.-C., fixe l’édit du prêteur une fois pour toutes et empêche ensuite toute création de nouvelles actions par le prêteur.
  • Durant le principat, l’autorité de l’opinion des jurisconsultes augmente grâce au ius Publice Respondendi, mais resterait d’abord non obligatoire et seulement factuelle.
  • L’empereur évince progressivement le prêteur en remplaçant sa production du droit par trois étapes : édit perpétuel, tribunal impérial, puis substitution de l’empereur avec des décrets sur les affaires déjà jugées.
  • Sous le Dominat, la totalité des procès relève du tribunal impérial, qui devient la compétence générale et non plus limitée aux affaires d’État.
  • L’empereur impose un contrôle de la jurisprudence en fonctionnarisant les jurisconsultes et en faisant rédiger les rescrits sous son autorité.
  • La loi des citations de Valentinien III (426) puis de Théodose II (438) n’autorise en justice que les opinions de Papinien, Paul, Ulpien, Gaius et Modestin, et impose leur suivi quand elles concordent.

Astuce mémo

Édit (fige) → Tribunal (centralise) → Empereur (décrète) : le droit prétorien passe du prêteur à l’empereur, puis la jurisprudence devient contrôlée par les 5 auteurs.

5. Codifications impériales romaines

Notions clés & Définitions

  • Corpus juris civilis : Ensemble des compilations du droit romain commandées par Justinien, qui rassemblent et mettent en forme les sources impériales et la jurisprudence.
  • Codex 534 : Compilation de constitutions impériales, établie en 534, qui reprend celles déjà présentes dans le code théodosien et ajoute les constitutions postérieures.
  • Digeste 533 : Compilation de la jurisprudence romaine, réalisée en 533, fondée sur l’extraction de décisions provenant d’environ quarante œuvres de juristes consultes.
  • Institutes 533 : Manuel d’enseignement publié en 533, destiné aux étudiants pour faciliter l’étude et la compréhension du Codex et du Digeste.
  • Novelles 565 : Compilation des constitutions adoptées après le Codex, publiée en 565, rendue nécessaire par l’accumulation de nouvelles lois jusqu’à la mort de Justinien.

Points essentiels

  • Justinien lance une œuvre de compilation aboutissant à quatre textes médiévaux : Codex, Digeste, Institutes et Novelles, avec les dates 534, 533, 533 et 565.
  • Le Digeste rassemble des extraits de la jurisprudence provenant surtout d’auteurs fréquemment cités comme Papinien, Paul, Ulpien, Gaius et Modestin.
  • Le projet de Justinien donne aux compilations une force obligatoire issue de la volonté impériale, en consacrant le triomphe de la loi de l’empereur.
  • L’empereur interdit l’interprétation autonome du droit et s’en réserve le monopole, ce qui renforce la mainmise sur toutes les sources (juridictions antérieures incluses).
  • Justinien ordonne à Tribonien et à ses assistants de modifier les textes pour supprimer les parties inutiles, les solutions dépassées, les contradictions et pour les adapter aux mœurs via l’« interpolation ».

Astuce mémo

Codex-Digeste-Institutes (533) puis Novelles (565) : 533 sert d’abord à comprendre et juger, puis 565 pour mettre à jour après le Codex.

6. Royaumes francs et lois personnelles

Notions clés & Définitions

  • Loi salique : La loi salique est la loi personnelle des Francs qui met par écrit des coutumes de droit privé et pénal, notamment pour succession, mariage et infractions.
  • Plaid : Le plaid est l’assemblée réunissant les hommes libres du peuple germanique pour discuter et traiter des affaires publiques.
  • Wergeld : Le wergeld est la somme de rachat versée en cas d’infraction pour éteindre la vengeance, évaluée selon l’acte et le statut de la victime.
  • Fredus : Le fredus est la part du wergeld versée au roi, présentée comme l’amende payée à l’État pour la rupture de la paix publique.
  • Faidus : Le faidus est la part du wergeld versée à la victime ou à sa famille afin de compenser la vengeance désormais éteinte.

Points essentiels

  • La loi salique fixe des règles de droit privé (notamment succession et mariage) et des règles pénales inspirées par Clovis et conseillées par l’Église catholique.
  • Le système salique remplace la vengeance privée par le rachat pécuniaire, avec une obligation d’accepter la composition et d’y renoncer.
  • Le montant du wergeld dépend de la nature de l’infraction et de la qualité de la victime, avec par exemple 100 sous pour un Gallo-Romain et 200 sous pour un Franc.
  • Le wergeld est réparti en fractions : 1/3 au roi (fredus) et 2/3 à la victime ou à sa famille (faidus).
  • En cas d’incapacité de payer, la solidarité familiale peut obliger les parents à verser la composition.

Astuce mémo

Wergeld partagé : 1/3 au Roi (Fredus) + 2/3 à la victime (Faidus).

7. Vengeance privée et composition salique

8. Capitulaires carolingiens et féodalité

Notions clés & Définitions

  • Capitulaires carolingiens : Des normes édictées sous les Carolingiens pour organiser le gouvernement de l’Empire, notamment par des règles générales applicables aux territoires.
  • Empire carolingien : Un ensemble politique issu du pouvoir carolingien en Occident, qui s’affaiblit jusqu’à s’effondrer, entraînant des changements dans l’ordre juridique local.
  • Missi Dominici : Des envoyés du pouvoir carolingien chargés, de façon temporaire, de recevoir certains recours contre des décisions des comtes.
  • Féodalité : Un régime de décentralisation du pouvoir où l’autorité des seigneurs locaux domine et fragmente les compétences judiciaires et politiques.

Points essentiels

  • Le dernier capitulaire est adopté en 884, après quoi il n’y a pratiquement plus de lois royales générales mentionnées dans la source.
  • Durant les périodes franque et féodale, l’absence d’un système d’appel signifie qu’on ne peut pas porter un jugement du comte devant le roi.
  • Les Missi Dominici introduisent temporairement la possibilité de former un appel contre les décisions des comtes, mais le mécanisme disparaît avec la chute de l’empire carolingien.
  • Durant les époques franque et féodale, le roi ne dispose pas du pouvoir de grâce pour un condamné.
  • L’effondrement du pouvoir central carolingien favorise la domination locale des seigneurs, typique de la féodalité.

Astuce mémo

Chute des Carolingiens = “appel” finit : les Missi sont temporaire, puis tout s’effrite en féodalité.

9. Renouveau du droit romain et canonique

Notions clés & Définitions

  • Droit romain redécouvert : Droit romain redécouvert à partir du Moyen Âge, dont les règles écrites et compilées facilitent son utilisation par les juristes.
  • Droit canonique développé : Droit canonique développé à l’échelle européenne, fondé sur des textes et des compilations qui donnent un modèle de règles claires.
  • Puissance paternelle : Pouvoir du père sur les enfants en droit romain, incluant la faculté d’exhéréder, repris dans les pays romanisés du sud.
  • Dévolution successorale : Ensemble des règles qui déterminent les héritiers appelés et leur part, issues du droit romain et reprises dans le sud.

Points essentiels

  • À partir du XVIe siècle, la rédaction coutumière s’étend sur une large zone, tandis que le droit romain et le droit canonique favorisent la mise par écrit des coutumes dès le XIIe siècle.
  • Dans les pays romanisés du sud, des règles de droit romain sont reprises en droit privé, notamment l’exhéréder (puissance paternelle) et les règles de testaments, donations et dévolution successorale.
  • L’écrit facilite l’accès aux règles romaines et canoniques grâce aux compilations, ce qui résout progressivement le problème de preuve lié à l’oralité des coutumes.
  • Le roi justifie l’application des droits savants en affirmant qu’ils ne s’appliquent en France que parce qu’il les tolère, et il organise une réception indirecte des normes canoniques par retranscription et enregistrement par ses parlements.

Astuce mémo

Romains + Canons = règles claires à l’écrit → moins de conflits sur le contenu des coutumes (preuve) et plus de contrôle royal (tolérance puis retranscription).

10. Procédure médiévale et droits savants

Notions clés & Définitions

  • Peines coutumières : En pratique médiévale, des règles pénales issues des coutumes locales peuvent prévoir des sanctions appliquées par les juridictions locales.
  • Droits savants : En France médiévale, le droit romain et le droit canonique sont des systèmes “savants” appliqués dans le royaume selon des conditions fixées par le pouvoir royal.
  • Droit romain : Le droit romain est présenté comme applicable surtout au sud de la France, en lien avec sa réception coutumière.
  • Droit canonique : Le droit canonique encadre notamment les matières religieuses, les statuts du clergé et le mariage, avec une application permise sur l’ensemble du royaume.
  • Application indirecte : Le roi organise l’entrée des normes ecclésiastiques dans le royaume pour éviter une application directe, en conditionnant la valeur juridique à son consentement.

Points essentiels

  • Louis IX abolit en 1257 une coutume de Paris imposant l’amende au paysan renversant une charrette et relevant sans autorisation du seigneur, jugée injuste et irrationnelle.
  • Louis XI interdit en 1453 la peine de la course, décrite comme humiliante et prévue par des coutumes locales contre le voleur et, pour l’adultère, contre les femmes.
  • À partir du XVe siècle, la législation royale supprime la peine de la course et la remplace par une amende pour le voleur et par l’enfermement dans un couvent pour l’adultère.
  • Le roi affirme que le droit romain et le droit canonique ne s’appliquent en France que par tolérance royale, afin de préserver l’indépendance et la souveraineté du pouvoir royal.
  • À partir de Philippe IV le Bel, une norme canonique ou conciliaire ne devient contraignante qu’après retranscription par le roi puis enregistrement par les Parlements.

Astuce mémo

Course interdite par la logique royale : Louis IX (amende injuste) / Louis XI (course indécente) puis XVe siècle : amende + couvent.

11. Mariage, coutumes et droit canonique

Notions clés & Définitions

  • Coutumes locales : Règles coutumières propres à une zone donnée du royaume qui, avant leur fixation, pouvaient rester orales et varier selon les régions.
  • Rédaction des coutumes : Acte par lequel le pouvoir royal fait écrire les coutumes, d’abord pour clarifier leur contenu puis pour les réformer.
  • Ordonnance de Blois 1579 : Ordonnance royale qui impose une seconde rédaction des coutumes afin de corriger défauts et contradictions repérés après la première rédaction.

Points essentiels

  • Au XVIe siècle, une seconde rédaction des coutumes est ordonnée pour corriger leur contenu, et non seulement pour le fixer avec certitude.
  • Les commissaires du roi jouent un rôle central : ils uniformisent et réduisent les conflits de coutumes dans un même ressort, ce qui fait diminuer le nombre de coutumes locales (environ 300 avant la Révolution).
  • Le droit canonique intervient dans le droit privé des pays régis par les coutumes, notamment pour les questions relatives au mariage, avant l’unification complète.
  • À la différence de la première rédaction (clarification), la rédaction imposée par l’ordonnance de Blois vise aussi la réformation des coutumes pour accroître l’influence royale sur le droit coutumier.

12. Retour du roi et conflits de souveraineté

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté nationale : La souveraineté nationale désigne l’idée que le pouvoir suprême appartient à la Nation, qui l’exerce via une constitution et des représentants.
  • Assemblée nationale : L’Assemblée nationale est la représentation politique du Tiers état qui se constitue pour parler au nom de la Nation à partir de juin 1789.
  • Serment du Jeu de paume : Le serment du Jeu de paume est l’engagement pris le 20 juin 1789 par les députés à ne pas se séparer avant d’avoir une constitution.
  • Légicentrisme : Le légicentrisme est le système où la loi devient la source supérieure du droit, censée être légitime car elle exprime la volonté nationale.
  • Suffrage censitaire : Le suffrage censitaire est un mode de vote réservé aux citoyens payant le cens, ce qui réduit le nombre d’électeurs et d’éligibles.

Points essentiels

  • Le 17 juin 1789, Sieyès affirme que la Nation détient la souveraineté et que le Tiers état constitue à lui seul la Nation entière, ce qui mène à la proclamation en Assemblée nationale.
  • Le 27 juin 1789, Louis XVI accepte la fusion des ordres, supprimant les anciens trois ordres et ouvrant la formation d’une Assemblée nationale unie.
  • La Constitution entre en vigueur le 1er octobre 1791 et établit une monarchie constitutionnelle où le roi détient l’exécutif et l’Assemblée le législatif.
  • Le 10 août 1792, l’Assemblée suspend le roi pour complot supposé avec les puissances étrangères, puis le 21 septembre 1792 la Convention nationale siège et abolit la monarchie.
  • En 1791, le suffrage censitaire permet à environ 4 millions d’hommes sur 27 millions de voter, et seulement environ 20 000 citoyens peuvent être élus députés.

Astuce mémo

17-20-27-1 : 17 juin souveraineté, 20 jeu de paume, 27 fusion, 1er oct Constitution législative.

Repères chronologiques

DateÉvénement
27 avant J-CDébut de l’Empire romain : Haut Empire (Principat)
284 AP J-CDébut du Bas Empire : Dominat
476Chute de l’empire romain d’Occident
451 avant J-CRédaction des XII Tables confiée à un collège de 10 hommes
450Vote des 10 premières tables des XII Tables
1498Ordonnance de Blois ordonnant une seconde rédaction des coutumes
1789Réunion des États-généraux et début de la Révolution
1er octobre 1791Mise en vigueur de la Constitution (monarchie constitutionnelle)
10 Août 1792Suspension du roi par l’Assemblée
21 mars 1804Promulgation du Code Civil

Tableaux de synthèse

Hiérarchie des sources selon le contexte politique romain

PériodePouvoir politiqueSource(s) dominante(s) du droit
RoyautéRoi politiquement faibleCoutumes familiales et Fas (droit oral/secret)
République & Empire (montée du législatif)Renforcement de la loiLa loi devient de plus en plus importante
Principat/DominatCentralisation par l’empereurMonopole législatif impérial : lois/constitutions ; contrôle sur jurisprudence

Évolution des sources en Occident (Ve-XIIe siècle)

PériodeSystème juridiqueSource dominante
Mérovingiens (481-751)Personnalité des loisLois personnelles (ex. loi salique)
Carolingiens (751-840)Territorialité partielle via capitulairesCapitulaires + lois personnelles
FéodalitéTerritorialité par coutumesCoutumes locales (âge d’or du droit coutumier)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre la coutume (usage oral, accepté) avec la loi (norme étatique écrite) : ici la coutume n’est pas « imposée » mais peut être sanctionnée par juge.
  2. Prendre « Princeps legibus solutus est » pour une simple liberté de juger : dans le cours c’est l’idée que le prince est délié de la loi (abroger/modifier y compris des normes antérieures).
  3. Croire que le Principat supprime d’emblée toutes les autres sources : selon le cours, la loi/constitutions et le contrôle montent progressivement (comices puis Sénat puis constitutions).
  4. Confondre édit perpétuel et droit prétorien : l’édit perpétuel (fixe) empêche la création annuelle, tandis que le droit prétorien regroupe les créations d’actions par le prêteur puis l’empereur.
  5. Se tromper de période pour la compilation de Justinien : Codex 534, Digeste 533, Institutes 533, Novelles 565 (et Corpus juris civilis au Moyen Âge).
  6. Mélanger « lois personnelles » et « capitulaires » : les lois personnelles suivent l’ethnie (sub qua lege vivis), les capitulaires sont territoriaux (pour toute personne du territoire).
  7. Rater que, pendant la féodalité, les lois royales/capitularires s’éteignent puis la preuve et l’application deviennent celles des coutumes locales (et parfois selon l’ordre social).

Checklist Examen

  1. Définir une source de droit, le droit, la loi (et ses formes de législateur : monarque/aristocratie/peuple).
  2. Distinguer jurisprudence, coutume (oral, non imposée, opinio juris) et doctrine (réflexions des spécialistes).
  3. Expliquer, pour la royauté, pourquoi les coutumes familiales deviennent dominantes et présenter le Fas (jours fastes/néfastes, formules, formaliste, droit secret via Pontis).
  4. Reconstituer la séquence de la loi des XII Tables (451/450/449 av. J.-C.) : conflits, procédure des actions de la loi (5 hypothèses) et limitation de l’arbitraire (attribution du procès liée à la loi).
  5. Expliquer la montée du rôle impérial au Principat via les 3 étapes (monopole législatif : comices/conciles puis Sénat/Oratio principis puis constitutions impériales) et la justification par la lex regia de imperio + maximes.
  6. Présenter l’éviction du prêteur en 3 étapes (édit perpétuel, tribunal impérial, empereur juge) et le contrôle de la jurisprudence (ius Publice Respondendi ; loi des citations : 5 auteurs).
  7. Donner les dates et contenus des 4 compilations de Justinien (Digeste 533, Institutes 533, Codex 534, Novelles 565) et l’idée d’interdiction d’interprétation autonome (monopole).
  8. Décrire les périodes (Mérovingiens/Carolingiens/Féodalité) et les 2 évolutions : personnalité des lois puis territorialité (capitulaires) puis retour à la primauté des coutumes avec disparition des lois personnelles/capitularires (dernier capitulaire 884).
  9. Expliquer la renaissance du droit romain et la diffusion universitaire (redécouverte du Digeste, méthode de la glose) ainsi que les compilations du droit canonique (Gratien 1140 puis décrétales, etc.).
  10. Comparer la procédure franque/féodale et la procédure romano-canonique (appel, grâce, preuve : serment/ordalies vs aveu/témoignages/écrit ; place de la torture).
  11. Expliquer le « retour du roi » : reconquête législative (ordonnances), rôle du roi gardien des coutumes (respect/preuve puis rédaction ordonnée : Montils-lès-Tours 1454 puis Blois 1498) et influence (uniformisation partielle et diminution du nombre de coutumes).
  12. Expliquer la bascule révolutionnaire vers le légicentrisme : nouvelle nature de la loi (souveraineté nationale, suffrage censitaire) + soumission des autres sources, puis codification napoléonienne (Code civil : promulgation 21 mars 1804, unification du droit privé).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à l'évolution du droit romain et médiéval avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle idée caractérise le mieux la centralisation des sources du droit sous l’Empire romain ?

2. À quoi renvoie la lex regia de imperio dans la justification du pouvoir impérial ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à l'évolution du droit romain et médiéval avec 24 flashcards interactives.

Empire romain — sources du droit ?

Centralisation des normes par l’empereur.

Principat — période ?

27 av. J.-C. à 284 ap. J.-C.

Dominat — période ?

284 ap. J.-C. jusqu’au VIe siècle.

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