Fiche de révision : Introduction à l'Héritage Juridique Européen

Plan du Cours

  1. Rome et héritage du droit romain
  2. Loi des Douze Tables
  3. Droit romain classique
  4. Codification et christianisation du droit romain
  5. Droit coutumier féodal
  6. Droit canonique et réforme grégorienne
  7. Villes et justice seigneuriale
  8. Souveraineté royale médiévale
  9. Parlement de Paris et justice royale
  10. Bodin et la souveraineté moderne
  11. Ordonnances royales du XVIe siècle

1. Rome et héritage du droit romain

Notions clés & Définitions

  • Droit romain : Ensemble des règles et institutions juridiques nées à Rome puis diffusées, qui ont ensuite influencé d’autres droits en Europe.
  • Res-publica : Concept romain de l’État, distinct des dirigeants, porteur du pouvoir de commander et garantissant la continuité du pouvoir public.
  • Mos majorum : Coutume des ancêtres, ensemble d’usages transmis par les grandes familles puis appliqué dans la vie sociale romaine.
  • Jus Papirianum : Droit coutumier présenté à travers des récits attribués à l’époque royale, rassemblant des règles supposées issues de traditions anciennes.
  • Droit canonique : Droit propre à l’Église, influencé par le droit romain et qui s’est aussi réciproquement nourri de son développement.

Points essentiels

  • La période romaine se découpe en Royauté (753-509 av. J.-C.), République (509-27 av. J.-C.), Haut Empire (27 av. J.-C.-284 ap. J.-C.) puis Dominat/Bas Empire (284-476).
  • L’État romain, via la res-publica, est une entité distincte des personnes qui dirigent et possède la capacité de commander et de contraindre au nom de l’intérêt général.
  • La continuité de l’État se résume par la formule attribuée à Louis XIV : « je m’en vais mais l’état demeure ».
  • Le mos majorum est un droit d’abord oral, donc fondé sur l’incertitude et l’interprétation, ce qui a favorisé des tensions avec ceux qui revendiquaient le monopole de la coutume.
  • Le jus Papirianum présente une histoire légendaire des rois Romulus et Numa Pompilius, dont des lois attribuées auraient été rassemblées sous le nom de Sextus Papirius.

Astuce mémo

Res-publica = État qui survit au dirigeant : « l’État demeure ». (distinction personne/entité)

2. Loi des Douze Tables

Notions clés & Définitions

  • Décemvirat : Le Décemvirat est un collège de dix magistrats chargé de rédiger des règles applicables à toute la cité.
  • ius scriptum : Le ius scriptum désigne un droit écrit, rendu public et se substituant en partie à une règle surtout coutumière.
  • ordo : L’ordo est la procédure en deux temps permettant de demander justice quand une règle écrite est violée.
  • Composition pécuniaire : La composition pécuniaire est un règlement financier qui remplace la vengeance de la victime après un dommage.

Points essentiels

  • Les Douze Tables sont rédigées par le Décemvirat en 451 puis complétées avec deux autres tables en 449 av. J.-C. pour devenir la principale source du droit à Rome.
  • Leur rédaction répond à la rivalité politique entre patriciens et plébéiens, car la coutume orale laissait les magistrats en pratique dans une incertitude que les plébéiens voulaient réduire par un droit écrit.
  • La loi des Douze Tables est gravée et rendue visible en lieux publics et devient vite apprise par les enfants, ce qui renforce l’accès des patriciens et des plébéiens aux règles.
  • En cas d’atteinte, la procédure suit l’ordo : in jure devant le magistrat pour vérifier l’action de la loi, puis apud judicem devant le juge pour trancher selon l’ordre du magistrat.
  • La loi encadre la vengeance avec le Talion et la remplace par une somme fixée : 300 AS si un os est brisé contre un citoyen libre et 150 AS si la victime est un esclave.
  • Deux tables interdisent le mariage entre patriciens et plébéiens, mais cette interdiction est annulée par la loi Canuleia de 445 av. J.-C.

Astuce mémo

451→décemvirat rédige, 449→complète : 12 tables pour remplacer une coutume incertaine par un droit public.

3. Droit romain classique

Notions clés & Définitions

  • Imperium : Pouvoir de commandement romain qui se partage en imperium militiae et imperium domi pour le commandement militaire et civil à Rome.
  • Droit prétorien : Droit élaboré par le prêteur en parallèle des lois civiles, utilisé pour moderniser les solutions et adapter le droit aux situations pratiques.
  • Loi des Aebutia : Loi datée entre 149 et 126 av. J.-C. qui favorise le système des formules et renforce le rôle du droit prétorien.
  • Consensualisme : Principe contractuel selon lequel la validité dépend du consentement sincère des deux parties, même si les formalités ont été accomplies.
  • Loi des citations : Règle de 426 qui limite la justification juridique en tribunal à l’opinion de cinq auteurs reconnus.

Points essentiels

  • La magistrature ordinaire est une investiture annuelle accordée par les Comices centuriates, et les magistratures ordinaires se hiérarchisent lorsqu’elles sont multiples.
  • L’imperium se divise en imperium militiae (pouvoir militaire) et imperium domi (pouvoir civil), et les magistrats ordinaires avec imperium incluent le consul, le préteur et l’édile.
  • Le prêteur urbain connaît les litiges entre citoyens et organise la procédure en deux temps : In Jure puis Apud judicem, en donnant au juge l’ordre de trancher.
  • Entre 149 et 126 av. J.-C., la loi des Aebutia consolide la procédure formulaire afin que le prêteur ordonne au juge de statuer même si la loi des Douze Tables ne prévoit pas d’action précise.
  • Le consensualisme fait reculer le formalisme en traitant la validité comme dépendante de la bonne foi et de l’absence de manœuvres ayant contraint le « je te promets ».
  • La loi des citations (426) permet de fonder une prétention sur l’opinion de cinq auteurs : Gaius, Modestin, Papinien, Paul et Ulpien.

Astuce mémo

In Jure → Apud judicem : le prêteur vérifie l’action, puis le juge tranche selon son ordre.

4. Codification et christianisation du droit romain

Notions clés & Définitions

  • Corpus Juris Civilis : Le Corpus Juris Civilis désigne le corps de droit civil rassemblé sous Justinien pour former un système cohérent et durable.
  • Novelles : Les Novelles sont les nouvelles constitutions impériales adoptées après le Corpus Juris Civilis pour en assurer la mise à jour.
  • Édit de Milan : L’édit de Milan est la décision de Constantin (313) qui reconnaît la liberté de culte dans l’Empire romain.
  • Édit de Thessalonique : L’édit de Thessalonique est la loi promulguée en 380 sous Théodose Ier qui fait du christianisme la religion officielle.
  • Césaro-papisme : Le césaro-papisme est une doctrine selon laquelle l’empereur détient aussi une autorité religieuse suprême sur l’Église.

Points essentiels

  • Les Institutes sont publiées le 21 novembre 533 et entrent en vigueur le 30 décembre 533, soit un mois plus tard, en même temps que le Digeste.
  • Le Corpus Juris Civilis, promulgué avec l’idée d’un droit parfait et définitif, est en réalité complété après 535 par de nouvelles constitutions réunies ensuite dans les Novelles.
  • L’édit de Milan de 313 reconnaît à chacun la liberté de pratiquer sa religion et met fin aux persécutions subies par les chrétiens.
  • L’édit de Thessalonique de 380 fait du christianisme la religion officielle de l’Empire et marginalise progressivement les autres cultes.
  • Le césaro-papisme place le pouvoir spirituel sous l’autorité impériale, en fondant cette subordination sur l’idée que l’empereur représente Dieu sur Terre.

Astuce mémo

313 = liberté de culte (Milan), 380 = religion officielle (Thessalonique).

5. Droit coutumier féodal

Notions clés & Définitions

  • Coutume médiévale : La coutume médiévale est un ensemble de règles non écrites issues des usages locaux, qui s’imposent comme droit dans une communauté donnée.
  • Ressort coutumier : Le ressort coutumier est la zone géographique où une coutume s’applique, le plus souvent organisée à l’échelle de la seigneurie.
  • Normes extérieures à la coutume : Les normes extérieures à la coutume regroupent les règles qui s’ajoutent ou se superposent aux coutumes locales, notamment d’origine ecclésiastique.

Points essentiels

  • À partir de la fin du IXe siècle, la disparition progressive de l’autorité publique entraîne l’abandon des lois étatiques écrites et laisse place à un droit fondé sur les coutumes.
  • La coutume se forme grâce à trois éléments : un usage non écrit répété, une consécration par le temps, puis une force obligatoire pour le groupe.
  • La coutume ne dépend pas d’une origine personnelle mais d’un lieu de vie : elle s’applique territorialement dans un ressort délimité, souvent la seigneurie.
  • Dans une même seigneurie, plusieurs coutumes peuvent coexister, et des règles extérieures peuvent aussi s’appliquer.
  • La coutume s’impose à tous les habitants concernés et peut conduire à une sanction en cas de non-respect.

Astuce mémo

TRI-Usage : Répété + Ancienneté (consacré par le temps) + Force (obligatoire).

6. Droit canonique et réforme grégorienne

Notions clés & Définitions

  • Corpus Juris Canonici : Compilation qui rassemble les textes canoniques et fonctionne comme un véritable code juridique de l’Église.
  • Paix de Dieu : Mouvement ecclésiastique visant à limiter la violence féodale en protégeant certaines personnes et certains lieux.
  • Trêve de Dieu : Institution ecclésiastique qui limite la guerre dans le temps en imposant des interdictions pendant des périodes liturgiques.
  • Réforme grégorienne : Réforme de l’Église conduite au XIᵉ siècle pour renforcer l’autorité du pape et réduire la domination des laïcs.

Points essentiels

  • Entre le XIe et le XIIIe siècle, le droit canonique se développe fortement grâce à la compilation des textes conduisant au Corpus Juris Canonici.
  • La Paix de Dieu apparaît à la fin du Xe siècle et s’appuie notamment sur les conciles de Charroux (989), Narbonne (990) et Quy (994).
  • La Paix de Dieu impose notamment le respect des non-combattants et l’épargne des lieux sacrés ainsi que des lieux utiles à l’économie sous immunité.
  • La Trêve de Dieu interdit notamment de faire la guerre le dimanche, puis du mercredi soir au lundi matin, et pendant des périodes comme l’Avent, Noël, le Carême et Pâques.
  • Le pape Nicolas II (1059-1061) fait décider que seuls les cardinaux du Sacré Collège élisent le pape, l’empereur étant écarté du processus.
  • Sous la réforme grégorienne, Nicolas II interdit en 1059 aux clercs de recevoir une charge ou un bien d’un laïque, et l’investiture est présentée comme relevant du pouvoir spirituel avec sanction d’excommunication conduisant à Canossa en 1077.

Astuce mémo

Paix de Dieu = protection dans l’espace ; Trêve de Dieu = limitation dans le temps.

7. Villes et justice seigneuriale

Notions clés & Définitions

  • Bannum seigneurial : Le bannum est le pouvoir de commandement et de coercition qui rattache directement le seigneur à l’exercice de la justice sur sa seigneurie.
  • Potestas seigneuriale : La potestas désigne, au niveau féodal, la capacité du seigneur à rendre justice sur ses terres à l’égard de ceux qui lui sont soumis.
  • Justice municipale : La justice municipale est l’exercice d’une compétence juridictionnelle par les autorités urbaines, avec une autonomie variable selon les régions.
  • Prévôt des marchands : Le prévôt des marchands est le chef du corps de ville chargé, à Paris, de représenter l’autorité municipale.

Points essentiels

  • Dans le monde féodal, la justice de droit commun est rendue par le seigneur dans sa seigneurie, en lien avec le bannum seigneurial.
  • Dans la féodalité, fief et justice vont ensemble : détenir un fief revient à détenir aussi le droit de rendre justice sur le territoire concerné.
  • Entre le Xe et le XIIe siècle, les seigneurs ayant le ban rendent justice sur leurs terres envers les personnes placées sous leur soumission.
  • La justice seigneuriale se juge le plus souvent en premier et dernier ressort et suit une procédure accusatoire où les parties présentent arguments, témoins ou preuves.
  • Nord et Sud se distinguent : au Nord, les communes se développent plus dans un contexte de violence et de révolte, tandis qu’au Sud les villes de consulat sont plus pacifiques et négociées.
  • À Paris, l’autorité est partagée entre le prévôt de Paris (représentant du roi) et le prévôt des marchands (chef du corps de ville), et les officiers prêtent serment de fidélité.

Astuce mémo

Bannum → Justice ; Fief = Justice ; Nord révolte, Sud consulat ; Paris = roi (prévôt de Paris) + ville (prévôt des marchands).

8. Souveraineté royale médiévale

Notions clés & Définitions

  • Exclusion des femmes : Règle coutumière selon laquelle les femmes ne peuvent pas succéder à la couronne de France, ce qui verrouille la dévolution dynastique.
  • Exclusion de la transmission : Règle coutumière selon laquelle le droit à la couronne ne peut pas être transmis par une femme à ses descendants, même via sa parenté.
  • Principe d’indisponibilité : Principe de droit public selon lequel le roi ne peut pas disposer de la couronne à sa guise, ni l’aliéner ni la transmettre par traité.
  • Théorie statutaire : Théorie juridique selon laquelle la couronne n’est pas un bien privé du roi mais une chose publique (res publica) soumise à une coutume statutaire.

Points essentiels

  • En 1316, à la mort de Louis X le Hutin, l’Assemblée des prélats et des barons fixe la règle d’exclusion de la succession féminine à la couronne.
  • Le décès du fils posthume Jean Ier en 1317 permet à Philippe d’obtenir la succession et d’illustrer l’application immédiate de l’exclusion des femmes.
  • En 1328, après la mort de Charles IV le Bel, les juristes posent que la femme ne peut pas non plus transmettre un droit à la couronne, pour écarter notamment Édouard III d’Angleterre.
  • Le traité de Troyes (1420) écarte le dauphin Charles et reconnaît Henri V comme héritier, ce qui est juridiquement compris comme une violation de l’indisponibilité de la couronne.
  • Jean de Terrevermeille soutient que le roi n’a pas le pouvoir de priver son fils et que toute cession successorale comme celle du traité de Troyes est juridiquement nulle.
  • La réaction française fait émerger deux bases coutumières : hérédité masculine et indisponibilité de la couronne, garantissant la continuité monarchique au-delà de la volonté du roi.

Astuce mémo

Ni fille pour monter, ni fille pour transmettre : en 1316–1318 puis en 1328, la couronne reste aux mâles de la lignée.

9. Parlement de Paris et justice royale

Notions clés & Définitions

  • Parlement de Paris : Institution royale médiévale chargée d’examiner les affaires judiciaires en dernier ressort et d’enregistrer des décisions de référence.
  • Appel au roi : Recours permettant de porter un litige devant le roi lorsqu’un tribunal ne tranche pas selon la coutume applicable.
  • Coutume : Règle juridique locale suivie dans les jugements et utilisée comme référence par les tribunaux seigneuriaux et royaux.
  • Jurisprudence du Parlement : Ensemble d’arrêts et de décisions servant de référence, progressivement structuré grâce à la pratique des juges et des arrêtistes.

Points essentiels

  • À partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, l’appel contre un jugement rendu en violation de la coutume se fait devant le Parlement, qui peut annuler l’arrêt et en préciser le sens.
  • Lors du sacre, le roi jure d’entretenir les bonnes coutumes anciennes et de corriger les mauvaises, afin de concilier autorité monarchique et fidélité au droit local.
  • Autour de l’an 1000, la mauvaise coutume vise surtout un prélèvement financier injuste, tandis qu’à partir du XIIe siècle elle peut aussi être contraire à la loi de Dieu, à la raison ou aux bonnes mœurs.
  • Sous Saint Louis, une ordonnance de 1258 interdit le duel judiciaire comme mauvais usage.
  • Sous Philippe III, l’abolition en 1280 du serment purgatoire en Gascogne empêche un accusé d’échapper à la justice par serment sur le tombeau d’un saint.
  • En 1345, Philippe VI crée un corps permanent de conseillers au Parlement, puis en 1258 impose la consignation écrite des jugements et des étapes procédurales, mais sans motivation juridique jusqu’au milieu du XIVe siècle.

Astuce mémo

Appel → Parlement : la coutume « fait foi », et le roi la garde (bonnes) puis l’assainit (mauvaises).

10. Bodin et la souveraineté moderne

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté bodinienne : La souveraineté, chez Bodin, désigne la puissance suprême d’une République, conçue comme absolue et perpétuelle.
  • Puissance législative souveraine : La première marque de la souveraineté est la capacité d’établir et d’abroger la loi, ce qui fonde les autres prérogatives.
  • Catholicité loi fondamentale : La catholicité devient une loi fondamentale qui impose l’identité religieuse du roi comme condition de légitimité politique.
  • Domaine de la couronne indisponible : Le domaine de la couronne est traité comme indisponible, le roi n’en étant que l’administrateur et non le propriétaire au sens patrimonial.

Points essentiels

  • Bodin définit la souveraineté comme une puissance absolue et perpétuelle qui ne peut être ni partagée ni divisée.
  • Pour Bodin, le souverain manifeste sa souveraineté en faisant et défaisant les lois, à partir de sa volonté « pure et franche » orientée vers l’intérêt général.
  • Le roi est « legibus solutus » chez Bodin : il n’est lié ni par les lois antérieures ni par celles qu’il a lui-même promulguées.
  • Bodin rattache les prérogatives souveraines à la justice en dernier ressort, à travers la justice retenue exercée par le roi.
  • À partir du sacre de Charles V, une clause engage le roi à ne pas aliéner le domaine de la couronne.
  • Le domaine de la couronne est hors du commerce : il ne peut être donné, vendu ou cédé, et la cession territoriale est jugée contraire au droit public de la monarchie.

Astuce mémo

Bodin = Loi d’abord (faire/défaire) ; Roi au-dessus (legibus solutus) ; Couronne verrouillée : domaine inaliénable + catholicité comme clé de succession.

11. Ordonnances royales du XVIe siècle

Notions clés & Définitions

  • Lettres patentes : Les ordonnances royales sont publiées sous forme de lettres patentes, afin de leur donner une forme officielle de publication et d’application.
  • Ordonnances royales de réformation : Les ordonnances de réformation sont des textes royaux visant à corriger et améliorer l’appareil d’État plutôt qu’à rompre politiquement l’ordre existant.
  • Michel de L’Hospital : Michel de L’Hospital est un chancelier humaniste, présenté comme un acteur majeur des réformes législatives sous Charles IX.
  • Ordonnance de Villers-Cotterêts : L’ordonnance de Villers-Cotterêts est une ordonnance de 1539 sur le fait de la justice, connue pour ses règles de procédure et ses effets en droit civil et administratif.
  • Ordonnance de Moulins : L’ordonnance de Moulins est une ordonnance de 1579 de 86 articles, préparée sous l’autorité de Michel de L’Hospital.

Points essentiels

  • Les ordonnances du XVIe siècle sont des lettres patentes et ne deviennent applicables qu’après leur enregistrement par les cours souveraines, notamment le Parlement.
  • Les « ordonnances royales de réformation » traduisent la volonté de redresser l’appareil d’État à partir de circonstances nouvelles, sans rupture politique de l’ordre existant.
  • L’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) compte 192 articles et rend obligatoire la rédaction des jugements et actes notariés en français, tout en instituant les registres paroissiaux de baptême et de sépulture.
  • Tr eize ans après Villers-Cotterêts, une ordonnance de Blois (1552) impose aussi la tenue des registres de mariage, amorçant l’état civil tel qu’on le connaît.
  • L’ordonnance de Moulins (1579) comporte 86 articles, avec une censure préalable des livres par autorisation délivrée en forme de privilège et, à l’article 59, une preuve écrite exigée au-delà de 100 livres.
  • Le décret Tametsi du concile de Trente (1563) impose une forme solennelle du mariage devant curé et témoins avec réception en France, ce que l’ordonnance de Blois intègre pour faire cesser la validité des mariages clandestins.

Astuce mémo

Villers-Cotterêts : 192 articles → français + état civil (baptême/sépulture), puis Blois 1552 : mariage ; Moulins 1579 : 86 articles → censure + preuve écrite dès 100 livres.

Repères chronologiques

DateÉvénement
753-509 av. J.-C.Début de la royauté à Rome (fondation à la chute de la royauté)
451-449 av. J.-C.Rédaction des Douze Tables par le Décemvirat (451 puis complétées en 449)
426Loi des citations : recours limité à l’opinion de cinq auteurs
21 novembre 533Publication des Institutes dans le Corpus Juris Civilis
313Édit de Milan : liberté de culte dans l’Empire
380Édit de Thessalonique : christianisme religion officielle
989Concile de Charroux (Paix de Dieu)
1059-1061Nicolas II : choix de l’élection papale réservé au Sacré Collège
1077Canossa (conséquences du conflit d’investiture)
1316Règle d’exclusion de la succession féminine à la couronne de France

Tableaux de synthèse

Paix de Dieu vs Trêve de Dieu

InstitutionMomentEffet
Paix de Dieufin du Xe siècleProtection de certaines personnes et de certains lieux (non-combattants et lieux sous immunité)
Trêve de DieuXIe siècleLimitation de la guerre dans le temps (dimanche, puis mercredi soir→lundi matin, puis périodes liturgiques)

Sources du droit romain avant la codification

Période/formeTypeCaractéristique
Royautémos majorumCoutume des ancêtres (transmise par les grandes familles)
Royautéjus PapirianumDroit coutumier présenté via récits pseudo-légendaires de rois (recueil attribué à Sextus Papirius)
République (451-449)loi des Douze TablesDroit écrit et laïcisé, gravé et public, se substituant partiellement à l’incertitude coutumière

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre res-publica (l’État-entité distinct du dirigeant) et la personne du roi empêche de comprendre pourquoi « l’État demeure ».
  2. Croire que le juge romain tranche seul : l’ordo impose In jure (magistrat) puis Apud judicem (juge selon l’ordre).
  3. Oublier l’enjeu politique patriciens/plébéiens derrière les Douze Tables : la rédaction répond à la volonté de réduire l’incertitude de la coutume.
  4. Assimiler la loi des citations (426) à un simple historique : c’est une limitation probatoire/argumentative des auteurs invocables en tribunal (5 noms).
  5. Penser que la coutume féodale est personnelle plutôt que territoriale : elle s’applique dans un ressort (souvent la seigneurie) indépendamment de l’origine.
  6. Se tromper sur Paix vs Trêve de Dieu : l’une protège dans l’espace, l’autre limite la guerre dans le temps (périodes et jours).
  7. Croire que l’ordonnance de Montils-lès-Tours vise l’uniformisation : le cours insiste sur la clarification/organisation du pluralisme, sans suppression totale.

Checklist Examen

  1. Rome : expliquer ce que la res-publica signifie (continuité de l’État, pouvoir de commander pour l’intérêt général) et ce qu’elle implique pour le dirigeant.
  2. Distinguer mos majorum et jus Papirianum, y compris leur lien avec un droit d’abord coutumier et transmis (oralité/incertitude).
  3. Connaître la loi des Douze Tables (dates 451 puis complétées en 449), son contexte patriciens/plébéiens et le passage au ius scriptum (droit écrit public).
  4. Réciter le déroulement de l’ordo : In jure devant le magistrat puis Apud judicem devant le juge, et préciser que le juge suit l’ordre du magistrat.
  5. Savoir l’évolution du droit après les Douze Tables : leges rogatae, maintien coutumier (mos majorum et coutumes des peuples vaincus), et la place de l’édit de Caracalla (citoyenneté étendue) dans l’ensemble.
  6. Rome classique : présenter le rôle du prêteur (juridiction civile, droit prétorien) et la logique de la loi des Aebutia (procédure formulaire, action même sans texte prévu).
  7. Rome classique : définir l’imperium (militiae/domi) et exposer le consensualisme (validité liée au consentement et à la bonne foi au-delà des formalités).
  8. Doctrine et jurisprudence en Rome : connaître la loi des citations (426) et la liste des cinq auteurs invocables (Gaius, Modestin, Papinien, Paul, Ulpien).
  9. Codification/étatisation/christianisation : expliquer l’évolution vers l’empereur producteur de droit, puis les étapes majeures du Corpus Juris Civilis (Institutes/Digeste/Code, dates de publication/entrée en vigueur) et l’idée des Novelles.
  10. Christianisation : rappeler 313 (Milan), 380 (Thessalonique) et définir le césaro-papisme ; relier cela aux effets juridiques (place renforcée de l’Église).
  11. Haut Moyen Âge féodal : présenter la logique du pluralisme (éclipse progressive du droit romain et coexistence de lois romaines et lois nationales) et la formation de la justice fondée sur preuve/ordalie/serment (cadre probatoire franc).
  12. Moyen Âge féodal et justice : décrire coutume (3 éléments, ressort, force obligatoire) puis justice seigneuriale (lien bannum/potestas et procédure accusatoire), avant d’expliquer l’appel au roi et le rôle du Parlement de Paris (ordonnance 1258, fonctionnement sans/avec motivation).
  13. Fin Moyen Âge/royauté : connaître les bases de la constitution coutumière (exclusion des femmes 1316 puis 1328), l’indisponibilité de la couronne (traité de Troyes 1420) et le rôle de la théorie statutaire de Jean de Terrevermeille.
  14. XVIe siècle : définir souveraineté selon Bodin (puissance absolue et perpétuelle ; loi faire/défaire ; legibus solutus) et maîtriser les grandes ordonnances (1539 Villers-Cotterêts, 1552 Blois, 1579 Moulins) ainsi que leurs apports (français et état civil, censure préalable, preuve écrite).

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451-449 av. J.-C.

Droit romain classique — caractéristique ?

Règles élaborées par magistrats et juristes.

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