QCM : Introduction au droit administratif — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle affirmation décrit le mieux la nature du droit administratif ?

Il ne s’applique qu’aux contrats de droit privé
Il concerne uniquement les relations entre personnes privées
Il se limite aux litiges pénaux impliquant l’administration
Il règle les relations entre les personnes publiques et les autres personnes juridiques

Il règle les relations entre les personnes publiques et les autres personnes juridiques

Explication

Le droit administratif organise les relations entre les puissances publiques et les autres personnes juridiques, publiques ou privées. Il ne se réduit donc ni aux seuls rapports privés ni au droit pénal.

2. Quel rôle jouent les prérogatives de puissance publique dans l’action administrative ?

Elles obligent l’administration à agir comme un particulier sans moyens spécifiques
Elles permettent à l’administration d’imposer sa volonté pour atteindre l’intérêt général
Elles remplacent systématiquement le recours au contrat
Elles servent uniquement à protéger les intérêts individuels des administrés

Elles permettent à l’administration d’imposer sa volonté pour atteindre l’intérêt général

Explication

Les prérogatives de puissance publique sont des moyens d’action spécifiques qui permettent à l’administration d’imposer sa volonté pour réaliser l’intérêt général. L’administration peut toutefois aussi recourir au contrat.

3. Qu’est-ce qu’un arrêt de principe en droit administratif ?

Une mesure réglementaire prise par le gouvernement
Un texte adopté par le législateur pour codifier une règle
Une décision qui ne vaut que pour les faits du dossier sans portée générale
Une décision qui énonce une règle générale destinée à être réutilisée dans d’autres litiges

Une décision qui énonce une règle générale destinée à être réutilisée dans d’autres litiges

Explication

Un arrêt de principe formule une règle générale que le juge pourra réutiliser pour trancher des litiges ultérieurs. Ce n’est donc pas une simple solution d’espèce.

4. En quoi consiste la codification à droit constant ?

Rassembler des textes dispersés dans un code sans modifier le droit existant, sauf ajustements de cohérence
Abroger automatiquement toutes les décisions judiciaires antérieures
Créer un droit nouveau en remplaçant toute la jurisprudence antérieure
Réserver le droit administratif aux seuls textes constitutionnels

Rassembler des textes dispersés dans un code sans modifier le droit existant, sauf ajustements de cohérence

Explication

La codification à droit constant regroupe des textes épars dans un code sans changer le fond du droit, sauf ajustements rédactionnels nécessaires. Elle vise surtout la clarté et la cohérence.

5. Que signifie la notion de pouvoir discrétionnaire ?

L’obligation pour l’administration d’appliquer mécaniquement une solution unique
La faculté réservée aux particuliers de fixer des règles générales
La marge laissée à l’administration pour choisir entre plusieurs solutions juridiques
Le pouvoir du juge de modifier librement les lois

La marge laissée à l’administration pour choisir entre plusieurs solutions juridiques

Explication

Le pouvoir discrétionnaire désigne la marge de choix laissée à l’administration lorsqu’aucune solution unique n’est imposée par la règle. Il ne signifie pas absence totale de contrôle juridique.

6. Que recouvre l’idée de juridicité dans l’action administrative ?

La primauté exclusive des usages administratifs
L’encadrement de l’administration par l’ensemble des normes supérieures applicables
La seule conformité de l’administration à la loi ordinaire
L’indépendance totale de l’administration face aux normes supérieures

L’encadrement de l’administration par l’ensemble des normes supérieures applicables

Explication

La juridicité traduit l’idée que l’action administrative est soumise à l’ensemble des normes supérieures, notamment constitutionnelles, européennes et conventionnelles. La légalité ne se limite donc plus à la seule loi.

7. Qu’est-ce qu’une loi écran en contentieux administratif ?

Un texte dépourvu de portée normative et sans effet sur le contrôle du juge
Une disposition législative qui empêche en principe le juge de contrôler un acte administratif au regard d’une norme supérieure
Une règle réglementaire qui permet toujours un contrôle direct de constitutionnalité
Une loi qui autorise expressément le juge à annuler toute décision administrative

Une disposition législative qui empêche en principe le juge de contrôler un acte administratif au regard d’une norme supérieure

Explication

La loi écran fait obstacle, en principe, au contrôle par le juge administratif de la conformité d’un acte administratif à une norme supra-législative. Seule l’hypothèse de la loi transparente permet de lever cet obstacle.

8. Quelle est la portée de la question prioritaire de constitutionnalité ?

Elle permet à un justiciable de contester, a posteriori, une disposition législative au regard des droits et libertés garantis par la Constitution
Elle permet au juge administratif de contrôler directement un traité au regard de la Constitution
Elle sert uniquement à contester un règlement non ratifié
Elle remplace automatiquement tout contrôle de conventionnalité

Elle permet à un justiciable de contester, a posteriori, une disposition législative au regard des droits et libertés garantis par la Constitution

Explication

La QPC est une procédure a posteriori qui vise une disposition législative et sa conformité aux droits et libertés constitutionnels. Elle ne concerne pas, par principe, les actes réglementaires non ratifiés.

9. Que doit faire le juge lorsqu’il existe une incompatibilité entre deux traités applicables ?

Appliquer systématiquement le traité invoqué par le requérant
Écarter immédiatement le traité le plus récent
Chercher d’abord à les concilier par interprétation
Renvoyer la question au Conseil constitutionnel

Chercher d’abord à les concilier par interprétation

Explication

En cas de concurrence entre deux traités, le juge tente d’abord de les concilier par une interprétation cohérente. Ce n’est qu’en cas d’impossibilité qu’il applique les règles de solution adaptées au litige.

10. Quelle est la compétence du juge administratif face à une norme internationale confrontée au bloc de constitutionnalité ?

Il peut annuler lui-même le traité pour inconstitutionnalité
Il ne statue pas sur cette constitutionnalité, qui relève du Conseil constitutionnel
Il doit toujours préférer la Constitution sans autre intervention
Il statue seulement si le traité est postérieur à la Constitution

Il ne statue pas sur cette constitutionnalité, qui relève du Conseil constitutionnel

Explication

Le contrôle de la conformité d’une norme internationale au bloc de constitutionnalité n’appartient pas au juge administratif mais au Conseil constitutionnel, notamment avant ratification ou lors du contrôle de la loi de ratification. Le juge administratif se limite au cadre de sa compétence.

11. Quel est l’effet principal d’un décret délibéré en Conseil des ministres sur sa modification ou son abrogation ?

Il peut être modifié librement par le Premier ministre
Il ne peut être modifié ou abrogé que par une signature présidentielle
Il ne peut être contesté que devant le Conseil constitutionnel
Il est automatiquement caduc au bout de six mois

Il ne peut être modifié ou abrogé que par une signature présidentielle

Explication

Pour un décret délibéré en Conseil des ministres, la modification ou l’abrogation dépend en principe du niveau de signature requis : seul un acte signé par le Président peut le modifier ou l’abroger. L’idée opposée, selon laquelle le Premier ministre agirait seul, correspond au cas d’un décret non délibéré en Conseil des ministres.

12. Dans quel cas un chef de service peut-il prendre des mesures réglementaires d’organisation du service ?

Lorsque la loi ou le décret n’a pas déjà fixé les règles applicables
Seulement si le Parlement lui a expressément délégué ce pouvoir
Uniquement pour édicter des sanctions pénales
Dès qu’une mesure concerne un service public

Lorsque la loi ou le décret n’a pas déjà fixé les règles applicables

Explication

Le pouvoir réglementaire interne, dit Jamart, permet au chef de service d’organiser le fonctionnement du service tant que la loi ou le décret n’a pas fixé les règles en cause. Il ne s’agit pas d’un pouvoir général illimité ni d’une compétence pour créer des sanctions pénales.

13. Quel critère permet de qualifier un service de service public industriel et commercial en l’absence de texte express ?

Le financement exclusif par l’impôt
Un faisceau d’indices portant sur l’objet, l’organisation et les ressources
La nature privée de tous les agents
La seule présence d’un intérêt général

Un faisceau d’indices portant sur l’objet, l’organisation et les ressources

Explication

La qualification de SPIC se fait in concreto par faisceau d’indices, en tenant notamment à l’objet, aux modes d’organisation et de fonctionnement, ainsi qu’à l’origine des ressources. L’intérêt général, à lui seul, ne suffit pas à emporter cette qualification.

14. Devant quel juge relèvent en principe les litiges entre les usagers et un SPIC ?

Le juge judiciaire
Le juge constitutionnel
Le juge des comptes
Le juge administratif

Le juge judiciaire

Explication

Les litiges entre les usagers et le service d’un SPIC relèvent en principe du juge judiciaire. Le juge administratif reste compétent pour certains actes d’organisation ou lorsqu’une question de droit public particulière est en cause.

15. Quelle règle résume le principe d’égalité dans le service public ?

Les usagers doivent toujours recevoir exactement le même service
Des personnes placées dans une situation comparable doivent être traitées de la même façon
Toute différence de traitement est interdite, même si elle est justifiée
Seuls les agents publics sont protégés par ce principe

Des personnes placées dans une situation comparable doivent être traitées de la même façon

Explication

Le principe d’égalité impose de traiter de la même façon les personnes placées dans une situation comparable au regard de l’objet du service. Des différences restent possibles si elles sont justifiées par une différence de situation ou par un motif d’intérêt général, sans disproportion manifeste.

16. Dans quel cas le quotient familial a-t-il été admis par le juge ?

Pour réserver un service public aux seuls ménages imposables
Pour faire varier la tarification selon le seul niveau de ressources dans tous les services
Pour l’accès à des services sociaux avec des tarifs adaptés
Pour supprimer toute modulation tarifaire

Pour l’accès à des services sociaux avec des tarifs adaptés

Explication

Le quotient familial est admis lorsqu’il sert à faciliter l’accès à des services sociaux avec des tarifs adaptés. En revanche, une tarification fondée uniquement sur le niveau des ressources a été écartée dans la jurisprudence citée.

17. Comment l’autorité administrative peut-elle encadrer la grève sans assurer le service public normalement ?

En interdisant toute cessation du travail dans tous les cas
En supprimant le droit de grève par une simple note interne
En remplaçant systématiquement les grévistes par des agents privés
En imposant un service minimum

En imposant un service minimum

Explication

L’autorité administrative peut exiger un service minimum afin d’éviter une atteinte aux besoins essentiels, sans pour autant assurer le service dans des conditions normales. Le droit de grève n’est donc pas supprimé, mais encadré.

18. Quelle exigence a été jugée contraire au droit de rejoindre un mouvement de grève déjà engagé ?

La détermination préalable des services prioritaires
L’obligation de respecter un préavis de grève
L’obligation de déclarer sa grève 48 heures avant le début du préavis
L’interdiction des grèves tournantes

L’obligation de déclarer sa grève 48 heures avant le début du préavis

Explication

Une note de service imposant de se déclarer gréviste 48 heures avant le début du préavis porte atteinte au droit de rejoindre un mouvement déjà engagé. Cette exigence est donc plus restrictive qu’un simple préavis classique.

19. Quelle finalité relève de l’ordre public matériel en police administrative générale ?

La moralité publique et la dignité de la personne humaine
La protection des relations diplomatiques
L’équilibre budgétaire de la commune
La promotion de la concurrence économique

La moralité publique et la dignité de la personne humaine

Explication

L’ordre public matériel comprend notamment la moralité publique et la dignité de la personne humaine, que le juge rattache à la police administrative générale. Les relations internationales et les motifs économiques ne peuvent pas, à eux seuls, fonder une telle mesure.

20. Pourquoi une mesure de police ne peut-elle pas être fondée exclusivement sur des motifs économiques ?

Parce que les motifs économiques relèvent uniquement du juge judiciaire
Parce qu’une mesure économique est toujours illégale
Parce que la police spéciale interdit toute considération économique
Parce que la police administrative vise l’ordre public et non la seule économie

Parce que la police administrative vise l’ordre public et non la seule économie

Explication

La police administrative générale sert à prévenir les atteintes à l’ordre public, pas à poursuivre un objectif économique autonome. Une mesure fondée exclusivement sur l’économie sort donc du champ de cette police.

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Intérêt général — définition ?

Objectif collectif poursuivi par l’action publique

Administration publique — rôle ?

Gérer et exécuter des activités d’intérêt général

Prérogatives de puissance publique — nature ?

Moyens spécifiques pour imposer la volonté administrative

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