QCM : Introduction au droit administratif — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel terme désigne l’équivalent du droit administratif sous l’Ancien Régime ?

La police
La souveraineté
La codification
La juridiction

La police

Explication

Sous l’Ancien Régime, l’expression « droit administratif » n’est pas encore employée et ses fonctions relèvent de la « police ». La juridiction concerne plutôt l’activité de juger, tandis que la souveraineté désigne l’autorité suprême.

2. Pourquoi faut-il distinguer la police de l’Ancien Régime de la police contemporaine ?

Parce que la police ancienne dépendait d’une séparation complète des pouvoirs
Parce que leurs missions peuvent se recouper malgré des notions différentes
Parce que la police ancienne concernait exclusivement les procès pénaux
Parce que la police contemporaine reprenait toutes les compétences religieuses

Parce que leurs missions peuvent se recouper malgré des notions différentes

Explication

La police de l’Ancien Régime ne correspond pas à la police contemporaine, même si certaines missions ont été conservées. Elle désignait plus largement des fonctions administratives qui dépassaient le cadre des procès pénaux.

3. Laquelle de ces activités figure parmi les onze domaines de la police selon Nicolas Delamare ?

Le contrôle constitutionnel
La procédure parlementaire
La religion
La représentation diplomatique

La religion

Explication

La religion fait partie des onze domaines recensés par Nicolas Delamare dans sa conception de la police. Les autres activités relèvent d’institutions ou de fonctions qui ne figurent pas dans cette liste.

4. Quelle caractéristique correspond au Traité de la police de Nicolas Delamare ?

Un manuel en deux volumes publié après la Révolution
Une étude unique publiée au début du XIXe siècle
Un recueil en cinq tomes consacré aux juridictions civiles
Un ouvrage en quatre tomes publié de 1705 à 1738

Un ouvrage en quatre tomes publié de 1705 à 1738

Explication

Nicolas Delamare, commissaire au Châtelet, est l’auteur d’un Traité de la police composé de quatre tomes parus entre 1705 et 1738. L’ouvrage n’est donc ni postérieur à la Révolution ni limité à une étude unique.

5. Quelle situation caractérise la concentration des pouvoirs sous la monarchie absolue ?

Les tribunaux exécutent les lois et le roi les rédige
Les assemblées législatives jugent les actes administratifs
Le roi fait la loi, la fait exécuter et juge
Le Parlement fait la loi, tandis que le roi juge

Le roi fait la loi, la fait exécuter et juge

Explication

Sous la monarchie absolue, le roi est le seul titulaire juridique des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Cette concentration s’oppose au principe de séparation des pouvoirs, qui répartit ces fonctions entre plusieurs autorités.

6. Quelle répartition des fonctions correspond à la distinction établie par Montesquieu ?

Le législatif juge, l’exécutif fait la loi et le judiciaire l’exécute
Le législatif exécute la loi, l’exécutif juge et le judiciaire légifère
Le législatif fait la loi, l’exécutif l’exécute et le judiciaire juge
Le législatif contrôle les procès, l’exécutif vote les lois et le judiciaire gouverne

Le législatif fait la loi, l’exécutif l’exécute et le judiciaire juge

Explication

Montesquieu attribue au pouvoir législatif la création de la loi, au pouvoir exécutif son exécution et au pouvoir judiciaire la fonction de juger. Confondre l’exécution de la loi avec le jugement revient à mélanger l’activité administrative et l’activité juridictionnelle.

7. Que prévoit l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

Une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de constitution
Une société dotée d’un roi ne peut pas reconnaître de constitution
Une société doit réunir les pouvoirs pour garantir l’autorité publique
Une constitution doit organiser la religion, le commerce et les métiers

Une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de constitution

Explication

L’article 16 affirme qu’une société dépourvue de garantie des droits et de séparation des pouvoirs n’a pas de constitution. La concentration des pouvoirs ne constitue donc pas, à elle seule, une garantie constitutionnelle.

8. Quel rôle l’administration acquiert-elle après la Révolution française dans le cadre de la séparation des pouvoirs ?

Elle adopte les lois à la place des assemblées représentatives
Elle concentre les fonctions législative, exécutive et judiciaire
Elle tranche les procès en remplacement des juridictions
Elle exécute quotidiennement les lois sur l’ensemble du territoire

Elle exécute quotidiennement les lois sur l’ensemble du territoire

Explication

Après la Révolution française, l’administration apparaît comme l’organisation chargée de mettre en œuvre quotidiennement les lois sur tout le territoire. Elle ne remplace ni le pouvoir législatif dans l’adoption des lois ni le pouvoir judiciaire dans le jugement des procès.

9. Que désigne la personnalité juridique ?

La capacité à exercer directement tous ses droits sans assistance
L’aptitude à être titulaire de droits et assujetti à des obligations
La possibilité de représenter juridiquement une autre personne
L’appartenance à une administration dotée de pouvoirs publics

L’aptitude à être titulaire de droits et assujetti à des obligations

Explication

La personnalité juridique permet d’avoir des droits et d’être soumis à des obligations. Elle ne se confond pas avec la capacité d’exercer soi-même ces droits, qui peut être limitée.

10. Quelle distinction caractérise correctement une personne physique et une personne morale ?

La personne physique est une administration, tandis que la personne morale est nécessairement une collectivité territoriale
La personne physique est un être humain, tandis que la personne morale est un groupement doté de la personnalité juridique
La personne physique exerce des fonctions publiques, tandis que la personne morale poursuit un intérêt particulier
La personne physique est un groupement juridique, tandis que la personne morale est un être humain reconnu par le droit

La personne physique est un être humain, tandis que la personne morale est un groupement doté de la personnalité juridique

Explication

Une personne physique est un être humain reconnu comme sujet de droit, alors qu’une personne morale est un groupement auquel le droit attribue la personnalité juridique. La qualité de personne morale ne dépend pas du statut d’administration ou de la poursuite d’un intérêt particulier.

11. Lorsqu’une personne placée sous tutelle possède un droit exercé par son tuteur, qui demeure titulaire de ce droit ?

L’établissement chargé de la protection, qui reçoit la personnalité juridique
L’autorité judiciaire, qui conserve les droits de la personne protégée
La personne protégée, même si son tuteur en assure l’exercice
Le tuteur, parce qu’il accomplit les actes juridiques nécessaires

La personne protégée, même si son tuteur en assure l’exercice

Explication

La personne sous tutelle conserve la titularité de ses droits, tandis que le tuteur en exerce certains à sa place. L’exercice confié au tuteur ne transfère donc pas la propriété juridique du droit.

12. Que recouvre l’administration au sens organique ?

L’ensemble des missions d’intérêt général exercées par des particuliers
L’ensemble des activités privées poursuivant un intérêt particulier
L’ensemble des personnes publiques soumises au droit public
L’ensemble des règles applicables aux relations entre les citoyens

L’ensemble des personnes publiques soumises au droit public

Explication

Le sens organique désigne les personnes publiques qui composent l’administration, notamment les personnes morales soumises au droit public. Les missions ou activités exercées relèvent plutôt du sens matériel.

13. Quelle catégorie appartient aux principales personnes publiques ?

Les sociétés commerciales dépourvues de prérogatives publiques
Les organisations professionnelles chargées d’intérêts particuliers
Les autorités publiques indépendantes
Les associations privées constituées pour défendre leurs adhérents

Les autorités publiques indépendantes

Explication

Les autorités publiques indépendantes figurent parmi les principales catégories de personnes publiques, avec l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics. Les autres catégories proposées relèvent de personnes privées dans la formulation donnée.

14. Dans une analyse fondée sur le critère organique ou matériel, quelle question correspond au critère matériel ?

Quelle règle de procédure encadre l’intervention ?
Quelle personne ou quel organisme agit ?
Quelle juridiction doit connaître du litige ?
Quelle est la nature de l’activité exercée ?

Quelle est la nature de l’activité exercée ?

Explication

Le critère matériel s’intéresse à l’activité exercée et à sa nature. Le critère organique pose plutôt la question de la personne qui agit.

15. Pourquoi un service public ne peut-il pas être assimilé à une personne ?

Parce qu’il correspond à une personne morale soumise au droit public dans chaque situation
Parce qu’il représente une activité privée poursuivant l’intérêt particulier de ses usagers
Parce qu’il constitue une autorité publique indépendante sans pouvoir hiérarchique
Parce qu’il désigne une mission ou une fonction pouvant être assurée par une personne publique ou privée

Parce qu’il désigne une mission ou une fonction pouvant être assurée par une personne publique ou privée

Explication

Un service public est une mission, une fonction ou un service, et non une personne juridique déterminée. Il peut être assuré par une personne publique comme par une personne privée, ce qui écarte l’assimilation à une personne morale publique.

16. Quelle caractéristique permet de qualifier une activité d’administrative au sens matériel ?

La réalisation d’un intérêt particulier au profit d’un groupe déterminé
L’exercice d’une activité commerciale destinée à produire un bénéfice
L’intervention d’une personne publique dans chaque cas
La poursuite d’un but d’intérêt général

La poursuite d’un but d’intérêt général

Explication

Une activité administrative se définit matériellement par la poursuite d’un but d’intérêt général. L’identité publique de l’auteur n’est pas indispensable, puisqu’une personne privée peut aussi exercer une mission administrative.

17. Quelle conséquence juridique majeure l’arrêt Blanco du Tribunal des conflits, rendu en 1873, tire-t-il de la poursuite d’un but d’intérêt général par l’État ?

Il renvoie le litige à une autorité administrative sans contrôle juridictionnel
Il applique le Code civil et attribue le litige au juge judiciaire
Il soumet l’État aux règles commerciales et au juge consulaire
Il écarte le Code civil et reconnaît la compétence du juge administratif

Il écarte le Code civil et reconnaît la compétence du juge administratif

Explication

L’arrêt Blanco écarte l’application du Code civil à l’État et fonde la compétence du juge administratif sur la poursuite d’un but d’intérêt général. L’application du Code civil aux rapports entre particuliers ne correspond donc pas à la solution de cet arrêt.

18. Pourquoi la qualification d’une activité comme relevant de l’intérêt général peut-elle évoluer avec le temps ?

Parce que toute activité publique conserve une qualification identique après sa création
Parce que la qualification dépend principalement de la juridiction saisie du litige
Parce que les besoins collectifs et l’appréciation sociale des activités peuvent se transformer
Parce que l’intérêt général est fixé par le Code civil pour chaque secteur d’activité

Parce que les besoins collectifs et l’appréciation sociale des activités peuvent se transformer

Explication

L’intérêt général est une notion évolutive, car une activité peut répondre aux besoins collectifs à une époque puis ne plus être considérée ainsi, ou l’inverse. La saisine d’une juridiction ne suffit pas à modifier à elle seule la réalité des besoins collectifs.

19. Quel critère l’école du service public, initiée par Léon Duguit, retient-elle pour définir le droit administratif ?

La protection des intérêts privés par les juridictions judiciaires compétentes
L’exercice d’une activité de service public répondant à une mission d’intérêt général
La mise en œuvre d’un pouvoir unilatéral de contrainte par une autorité publique
L’application de règles civiles aux relations entre l’administration et les particuliers

L’exercice d’une activité de service public répondant à une mission d’intérêt général

Explication

Pour Léon Duguit, le service public constitue le critère de définition du droit administratif, car il renvoie à une mission d’intérêt général. Le pouvoir unilatéral de contrainte relève plutôt de l’école de la puissance publique.

20. Quelle situation correspond à la notion de puissance publique ?

Une mission collective où un organisme répond aux besoins généraux de la population
Une relation contractuelle où deux parties négocient librement leurs obligations réciproques
Une activité où l’administration impose unilatéralement une décision contraignante
Une prestation économique où l’opérateur recherche principalement un avantage financier

Une activité où l’administration impose unilatéralement une décision contraignante

Explication

La puissance publique se caractérise par l’exercice d’un pouvoir unilatéral de contrainte, permettant à l’administration d’imposer une décision. Une mission répondant aux besoins généraux décrit plutôt le service public, sans mettre nécessairement l’accent sur la contrainte.

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Quel terme désignait le droit administratif sous l’Ancien Régime ?

Le terme de « police ».

L’expression « droit administratif » existait-elle sous l’Ancien Régime ?

Non, elle n’existait pas encore.

Combien de domaines comprend la police selon Nicolas Delamare ?

Onze domaines.

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