QCM : Introduction générale au droit — 44 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie l’adage « Ubi societas, ibi ius » ?

Là où il y a un juge, il y a une société organisée
Là où il y a un conflit, il y a nécessairement une infraction
Là où il y a une loi, il y a nécessairement une société
Là où il y a une société, il y a du droit

Là où il y a une société, il y a du droit

Explication

Cet adage affirme que l’existence d’une société s’accompagne de règles juridiques. Il ne soutient pas que toute société suppose la présence d’un juge ou d’un conflit.

2. Selon Ihering, quel rapport existe entre la fin du droit et le moyen d’y parvenir ?

L’ordre est la fin du droit, et la tradition en est le moyen
La justice est la fin du droit, et la négociation en est le moyen
La liberté est la fin du droit, et l’obéissance en est le moyen
La paix est la fin du droit, et la lutte en est le moyen

La paix est la fin du droit, et la lutte en est le moyen

Explication

Ihering présente la paix comme la finalité du droit et la lutte comme le moyen de l’atteindre. Cette conception ne fait donc pas de la négociation ou de la tradition le moyen central du droit.

3. Quelle situation correspond à la notion de panjurisme ?

Limiter le droit aux relations entre les administrations publiques
Reconnaître que certaines relations sociales échappent aux règles juridiques
Vouloir soumettre chaque aspect de la vie sociale à des règles juridiques
Considérer que les règles morales remplacent les règles juridiques

Vouloir soumettre chaque aspect de la vie sociale à des règles juridiques

Explication

Le panjurisme désigne la croyance que toute chose et tout aspect de la vie peuvent et doivent être régis par le droit. La reconnaissance de relations échappant au droit relève plutôt de la notion de non-droit.

4. Que désigne l’anomie chez Durkheim ?

Le défaut de règles reconnues et intériorisées
Le refus individuel de toute décision judiciaire
La multiplication des textes juridiques applicables
L’existence de relations sociales sans désaccord

Le défaut de règles reconnues et intériorisées

Explication

Chez Durkheim, l’anomie correspond à une insuffisance de règles reconnues et intériorisées par les individus. Elle ne se réduit pas à l’absence matérielle de textes juridiques.

5. Quelle distinction entre droit objectif et droit subjectif est correcte ?

Le droit objectif étudie le droit, tandis que le droit subjectif organise la hiérarchie des tribunaux
Le droit objectif regroupe les règles, tandis que le droit subjectif désigne les prérogatives individuelles
Le droit objectif concerne la justice, tandis que le droit subjectif concerne les règles morales
Le droit objectif désigne les prérogatives, tandis que le droit subjectif regroupe les règles générales

Le droit objectif regroupe les règles, tandis que le droit subjectif désigne les prérogatives individuelles

Explication

Le droit objectif est constitué de l’ensemble des règles juridiques, alors que le droit subjectif correspond aux prérogatives reconnues aux individus. La science du droit, quant à elle, est la discipline qui étudie ces phénomènes juridiques.

6. Pourquoi le droit peut-il être défini comme un ordre ?

Parce qu’il repose sur des habitudes sociales dépourvues de toute sanction
Parce qu’il désigne une décision judiciaire isolée concernant un litige
Parce qu’il forme un ensemble organisé et hiérarchisé de règles sanctionnées
Parce qu’il rassemble des conseils personnels appliqués selon les préférences de chacun

Parce qu’il forme un ensemble organisé et hiérarchisé de règles sanctionnées

Explication

Le droit est un ordre puisqu’il constitue un ensemble organisé et hiérarchisé de règles de conduite socialement édictées et sanctionnées. Il ne se limite donc ni à des habitudes ni à une décision judiciaire isolée.

7. Quels sont les deux critères permettant d’identifier le droit ?

La légitimité et la tradition
La moralité et la coutume
La généralité et la liberté
La contrainte et la justiciabilité

La contrainte et la justiciabilité

Explication

La contrainte renvoie à l’imposition ou à la sanction de la règle, tandis que la justiciabilité concerne la possibilité de soumettre une question à un juge. La moralité et la coutume ne constituent pas les deux critères retenus ici.

8. Pourquoi le droit ne se confond-il pas avec la justice ?

Parce que le droit repose sur des valeurs morales dépourvues de toute contrainte
Parce qu’une règle juste ne peut jamais être reconnue par le droit
Parce que la justice désigne seulement les décisions rendues par les tribunaux
Parce qu’une règle juridiquement valide peut être contraire à une conception de la justice

Parce qu’une règle juridiquement valide peut être contraire à une conception de la justice

Explication

La validité juridique d’une règle ne garantit pas sa conformité à toutes les conceptions de la justice. Le droit possède donc une existence distincte de l’appréciation morale ou philosophique de ce qui est juste.

9. Quel est le rôle du syllogisme juridique ?

Appliquer une règle de droit à des faits juridiquement qualifiés pour parvenir à une conclusion
Remplacer l’interprétation d’une règle par une décision fondée sur l’équité
Décrire des faits bruts sans les rattacher à une catégorie juridique
Comparer plusieurs règles morales afin de choisir la solution la plus acceptable

Appliquer une règle de droit à des faits juridiquement qualifiés pour parvenir à une conclusion

Explication

Le syllogisme juridique relie une règle de droit aux faits juridiquement qualifiés afin d’en déduire une conclusion. Il ne consiste donc ni à comparer des règles morales ni à laisser les faits à l’état brut.

10. Que signifie qualifier juridiquement des faits ?

Les remplacer par une règle générale sans examiner leur contenu concret
Les traduire dans la langue du droit en les rattachant à une catégorie juridique
Les résumer selon le récit subjectif de la personne concernée
Les classer d’après leur conformité à une conception personnelle de la justice

Les traduire dans la langue du droit en les rattachant à une catégorie juridique

Explication

La qualification juridique consiste à transformer des faits bruts en notions relevant d’une catégorie du droit. Elle ne revient pas à adopter le récit subjectif d’une partie ni à porter directement un jugement moral.

11. Dans l’exemple de photos de vacances publiées sans autorisation, quel élément constitue la mineure du syllogisme juridique ?

L’atteinte à la vie privée pouvant donner lieu à réparation
La règle générale relative à la protection des personnes
La publication de photos relevant de la vie privée
L’article 9 du Code civil protégeant la vie privée

La publication de photos relevant de la vie privée

Explication

La mineure correspond aux faits juridiquement qualifiés, ici la publication de photographies relevant de la vie privée. L’article 9 constitue la majeure, tandis que la possibilité d’une réparation forme la conclusion.

12. Quelle double mission les Mazeaud attribuent-ils au juriste ?

Comparer les décisions étrangères et privilégier les usages professionnels
Décrire les coutumes anciennes et préserver les règles contre toute évolution
Interpréter la morale sociale et appliquer les sanctions de l’autorité publique
Connaître le droit positif et contribuer à rechercher une règle plus juste

Connaître le droit positif et contribuer à rechercher une règle plus juste

Explication

Pour les Mazeaud, le juriste doit maîtriser le droit positif tout en participant à une réflexion sur une règle plus juste. Confondre cette mission avec l’application des sanctions réduit le juriste à une fonction qui relève principalement de l’autorité publique.

13. Une réforme est proposée pour remplacer une règle actuellement en vigueur par une règle jugée préférable : quelle distinction décrit correctement cette situation ?

De lege lata désigne la règle en vigueur, tandis que de lege ferenda désigne la règle souhaitée
De lege lata désigne une règle morale, tandis que de lege ferenda désigne une sanction juridique
De lege lata désigne la règle souhaitée, tandis que de lege ferenda désigne la règle en vigueur
De lege lata désigne une coutume, tandis que de lege ferenda désigne une décision judiciaire

De lege lata désigne la règle en vigueur, tandis que de lege ferenda désigne la règle souhaitée

Explication

De lege lata renvoie au droit tel qu’il existe actuellement, tandis que de lege ferenda concerne le droit tel qu’il devrait être après une évolution souhaitée. La confusion consiste précisément à inverser ces deux expressions latines.

14. Pourquoi Antigone désobéit-elle au décret de Créon ?

Elle refuse toute règle publique parce qu’elle défend la liberté individuelle contre la cité
Elle considère que le décret royal exprime une règle morale supérieure aux rites religieux
Elle estime que les lois non écrites des dieux doivent primer sur le décret royal
Elle applique une coutume familiale qui autorise l’inhumation malgré une interdiction divine

Elle estime que les lois non écrites des dieux doivent primer sur le décret royal

Explication

Antigone oppose au décret de Créon les lois non écrites des dieux, qu’elle juge supérieures. Le décret représente le droit positif, tandis que les lois divines illustrent l’idée d’un droit naturel.

15. Quelle différence caractérise principalement la sanction juridique par rapport à la sanction morale ?

La sanction juridique est organisée et peut être imposée par l’autorité publique
La sanction juridique repose sur la culpabilité intérieure et la réprobation sociale
La sanction juridique dépend d’un jugement personnel sans intervention institutionnelle
La sanction juridique prend la forme d’un remords qui accompagne la transgression

La sanction juridique est organisée et peut être imposée par l’autorité publique

Explication

La sanction juridique est extérieure, organisée et susceptible d’être imposée par l’autorité publique. La culpabilité, le remords ou la réprobation relèvent plutôt des effets caractéristiques de la sanction morale.

16. Quel exemple illustre un comportement relevant principalement de la morale plutôt que du droit ?

Respecter la circulation sur le côté droit de la chaussée
S’abstenir de voler un bien appartenant à autrui
Faire preuve de charité envers une personne dans le besoin
S’abstenir de tuer une autre personne volontairement

Faire preuve de charité envers une personne dans le besoin

Explication

La charité relève principalement de la morale, même si le droit et la morale peuvent parfois concerner les mêmes comportements. La conduite à droite appartient surtout au droit, tandis que l’interdiction de tuer ou de voler peut relever des deux domaines.

17. Quelle opposition distingue le positivisme juridique du jusnaturalisme ?

Le positivisme privilégie les coutumes anciennes, tandis que le jusnaturalisme se limite aux décisions des tribunaux
Le positivisme étudie les normes établies, tandis que le jusnaturalisme reconnaît des principes supérieurs au droit positif
Le positivisme confond les règles morales et juridiques, tandis que le jusnaturalisme refuse toute règle écrite
Le positivisme recherche des principes supérieurs, tandis que le jusnaturalisme applique les normes établies par l’État

Le positivisme étudie les normes établies, tandis que le jusnaturalisme reconnaît des principes supérieurs au droit positif

Explication

Le positivisme juridique se concentre sur les normes juridiquement établies. Le jusnaturalisme affirme, au contraire, l’existence de principes de droit naturel qui peuvent être supérieurs au droit positif.

18. Que prévoit l’article 6 du Code civil concernant les conventions contraires à l’ordre public et aux bonnes mœurs ?

Il autorise les parties à y déroger lorsqu’elles y consentent expressément
Il permet d’y déroger lorsque la convention est conclue à titre gratuit
Il interdit d’y déroger par une convention particulière
Il réserve cette interdiction aux contrats conclus entre professionnels

Il interdit d’y déroger par une convention particulière

Explication

L’article 6 du Code civil interdit aux conventions particulières de déroger aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs. Le consentement des parties ou la gratuité de l’acte ne permet pas d’écarter cette règle.

19. Quelle exigence l’article 1104 du Code civil impose-t-il aux parties à un contrat ?

Elles doivent négocier le contrat librement, puis exécuter toute clause sans réserve
Elles doivent négocier, former et exécuter le contrat de bonne foi
Elles doivent former le contrat devant un juge, puis en assurer l’exécution personnelle
Elles doivent prévoir une sanction morale avant de conclure et d’exécuter le contrat

Elles doivent négocier, former et exécuter le contrat de bonne foi

Explication

L’article 1104 impose la bonne foi durant les trois étapes de la relation contractuelle : négociation, formation et exécution. Cette règle ne signifie pas que les parties doivent faire valider leur contrat par un juge.

20. Comment faut-il comprendre l’évolution des bonnes mœurs en droit ?

Leur contenu peut changer avec le temps et varier selon les sociétés
Leur contenu correspond aux usages professionnels adoptés par les tribunaux
Leur contenu demeure fixe dès lors qu’une règle morale a été reconnue
Leur contenu dépend uniquement de la volonté des parties au contrat

Leur contenu peut changer avec le temps et varier selon les sociétés

Explication

Les bonnes mœurs ne sont pas immuables : leur contenu évolue historiquement et peut différer d’une société à l’autre. Elles ne se réduisent donc ni à une règle morale fixe ni à la volonté contractuelle des parties.

21. Quelle distinction caractérise le modèle de séparation entre le droit, le pouvoir politique et la religion ?

Il confie aux autorités religieuses l’élaboration des règles juridiques
Il subordonne le pouvoir politique aux prescriptions d’un culte reconnu
Il les réunit sous l’autorité d’une institution religieuse commune
Il les distingue dans leurs fonctions et leurs domaines respectifs

Il les distingue dans leurs fonctions et leurs domaines respectifs

Explication

Dans le modèle de séparation, le droit, le pouvoir politique et la religion sont distingués. La confusion, au contraire, les unit dans un même ensemble d’autorité.

22. Quelle loi constitue en France le grand jalon de la séparation des Églises et de l’État ?

La loi du 27 octobre 1946
La loi du 4 octobre 1958
La loi du 9 décembre 1905
La loi du 20 septembre 1792

La loi du 9 décembre 1905

Explication

La loi du 9 décembre 1905 marque en France la séparation des Églises et de l’État. Les autres dates renvoient à d’autres étapes de l’histoire institutionnelle française.

23. Dans quelles limites le libre exercice des cultes peut-il être restreint en vertu de l’article 1er de la loi de 1905 ?

Dans les limites fixées par les préférences religieuses de la majorité
Dans les limites nécessaires au maintien de l’ordre public
Dans les limites imposées par toute contestation d’une croyance
Dans les limites décidées librement par chaque responsable de culte

Dans les limites nécessaires au maintien de l’ordre public

Explication

L’article 1er garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous les restrictions nécessaires à l’ordre public. La liberté de conscience ne se confond donc pas avec une liberté de manifestation sans aucune limite.

24. Une restriction à la manifestation des convictions religieuses respecte-t-elle les exigences juridiques lorsqu’elle est adaptée, nécessaire et proportionnée ?

Oui, si elle remplit ces trois exigences
Non, sauf si elle est approuvée par une autorité religieuse
Non, car toute restriction religieuse est incompatible avec la liberté de conscience
Oui, dès qu’elle répond à une préférence de l’employeur

Oui, si elle remplit ces trois exigences

Explication

Une restriction est juridiquement admissible lorsqu’elle est adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi. La seule volonté de l’employeur ou l’approbation religieuse ne suffit pas à la justifier.

25. Qu’est-ce qui distingue une règle de droit d’une norme dépourvue de caractère juridique ?

Elle formule une recommandation destinée à orienter les comportements
Elle est assortie d’une contrainte juridique liée à la loi et à l’État
Elle exprime une valeur morale partagée par un groupe social
Elle correspond à une habitude suivie dans les relations quotidiennes

Elle est assortie d’une contrainte juridique liée à la loi et à l’État

Explication

Une règle de droit est une règle de conduite assortie d’une contrainte juridique et liée à la loi et à l’État. Toute règle de droit est une norme, mais une norme morale ou sociale n’est pas forcément juridique.

26. Pourquoi une règle de droit est-elle qualifiée de générale et abstraite ?

Parce qu’elle règle un litige précis entre deux personnes identifiées
Parce qu’elle énonce une recommandation destinée à chaque citoyen individuellement
Parce qu’elle s’applique à toutes les personnes sans tenir compte des situations concernées
Parce qu’elle vise des catégories et des situations plutôt qu’une personne nommément désignée

Parce qu’elle vise des catégories et des situations plutôt qu’une personne nommément désignée

Explication

La généralité et l’abstraction signifient que la règle vise des catégories de personnes et de situations. Une décision réglant un litige entre personnes identifiées relève d’une logique individuelle plutôt que d’une règle générale.

27. Quelle caractéristique une règle juridique doit-elle posséder pour être véritablement normative ?

Elle doit exprimer une intention politique dépourvue de portée obligatoire
Elle doit décrire l’organisation d’une institution sans produire d’effet normatif
Elle doit présenter une déclaration générale sur les valeurs de la société
Elle doit poser une règle qui prescrit ou autorise un comportement

Elle doit poser une règle qui prescrit ou autorise un comportement

Explication

Une règle normative pose véritablement une règle de conduite, par exemple en prescrivant ou en autorisant un comportement. Une disposition purement déclarative peut exprimer une valeur sans établir une règle juridique opératoire.

28. Que signifie la permanence d’une règle de droit ?

Elle s’applique à une personne déterminée jusqu’à la fin de sa situation
Elle produit ses effets pendant une période fixée par le juge
Elle s’applique continûment de son entrée en vigueur jusqu’à son abrogation
Elle demeure inchangée dans son contenu malgré toute évolution de la société

Elle s’applique continûment de son entrée en vigueur jusqu’à son abrogation

Explication

La permanence signifie que la règle s’applique continûment entre son entrée en vigueur et son abrogation. Elle ne signifie pas que son contenu ne peut jamais être modifié.

29. Quel rôle le système judiciaire joue-t-il face à la violence privée ?

Il remplace en principe la vengeance privée par une justice publique organisée
Il transforme tout conflit privé en affaire relevant d’une autorité religieuse
Il autorise chaque personne lésée à imposer elle-même la réparation de son dommage
Il confie aux victimes le choix de la sanction applicable à leur adversaire

Il remplace en principe la vengeance privée par une justice publique organisée

Explication

Le système judiciaire organise une justice publique destinée à remplacer la violence privée, si bien que nul ne peut en principe se faire justice soi-même. La victime doit recourir aux institutions judiciaires plutôt qu’imposer sa propre sanction.

30. Dans quelle situation la légitime défense peut-elle constituer une exception à l’interdiction de se faire justice soi-même ?

Lorsqu’une victime souhaite remplacer une procédure par une riposte immédiate
Lorsqu’elle respecte les conditions prévues par l’article 122-5 du Code pénal
Lorsqu’une personne estime qu’une vengeance personnelle serait moralement justifiée
Lorsqu’un conflit oppose deux personnes qui refusent toute médiation judiciaire

Lorsqu’elle respecte les conditions prévues par l’article 122-5 du Code pénal

Explication

La légitime défense est une exception encadrée par l’article 122-5 du Code pénal. Une vengeance jugée moralement légitime ou une riposte choisie pour éviter la procédure judiciaire ne suffit pas à la rendre licite.

31. Quelles catégories correspondent aux cinq formes de sanctions juridiques présentées ?

L’exécution forcée, la nullité, les dommages-intérêts, l’astreinte et la peine
La médiation, la conciliation, l’arbitrage, l’avertissement et la peine
La réparation, la prévention, la négociation, la résiliation et l’amende
La confiscation, la transaction, l’exclusion, la mise en demeure et l’emprisonnement

L’exécution forcée, la nullité, les dommages-intérêts, l’astreinte et la peine

Explication

Les cinq formes retenues sont l’exécution forcée, la nullité, les dommages-intérêts, l’astreinte et la peine. Les autres listes mélangent des procédures, des mesures ou des sanctions particulières sans reprendre cette classification.

32. Pourquoi la contrainte étatique ne constitue-t-elle pas un critère absolu de la juridicité ?

Parce que la soft law possède une force obligatoire identique à celle des lois nationales
Parce que certains domaines, comme le droit international, les obligations naturelles et la soft law, présentent une contrainte limitée
Parce que les obligations naturelles sont toujours assorties d’une peine prononcée par un tribunal
Parce que les règles juridiques sont dépourvues de toute possibilité d’exécution forcée par l’État

Parce que certains domaines, comme le droit international, les obligations naturelles et la soft law, présentent une contrainte limitée

Explication

La contrainte étatique est un critère important, mais ses limites apparaissent notamment en droit international, pour les obligations naturelles et dans la soft law. Cela ne signifie pas que les règles juridiques ne peuvent jamais être exécutées par l’État.

33. Quelle distinction décrit correctement une règle impérative et une règle supplétive ?

La règle impérative s’applique en l’absence de contrat, tandis que la règle supplétive exclut toute volonté contraire.
La règle impérative concerne les rapports publics, tandis que la règle supplétive concerne les rapports entre particuliers.
La règle impérative exclut la dérogation, tandis que la règle supplétive s’applique en l’absence de stipulation contraire.
La règle impérative peut être écartée par accord, tandis que la règle supplétive impose une conduite déterminée.

La règle impérative exclut la dérogation, tandis que la règle supplétive s’applique en l’absence de stipulation contraire.

Explication

Une règle impérative s’impose sans possibilité de dérogation, alors qu’une règle supplétive intervient lorsque les parties n’ont rien prévu d’autre. L’idée selon laquelle la règle impérative pourrait être écartée par accord inverse précisément cette distinction.

34. Quel rôle un principe juridique peut-il jouer face à l’application trop stricte d’une règle ?

Il peut corriger cette application en faisant prévaloir une valeur fondatrice du droit.
Il peut remplacer automatiquement toutes les règles écrites par une décision d’équité.
Il peut transformer une règle supplétive en règle pénale applicable à tout litige.
Il peut suspendre la compétence du juge jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi.

Il peut corriger cette application en faisant prévaloir une valeur fondatrice du droit.

Explication

Un principe juridique exprime une valeur fondatrice et peut notamment empêcher qu’une règle soit appliquée de manière excessivement rigide. Il ne remplace pas automatiquement toutes les règles ni ne modifie par lui-même leur nature juridique.

35. Quel classement va de la norme la moins contraignante à la norme la plus contraignante ?

Règles supplétives ; recommandations, chartes et avis ; règles impératives ; soft law à effets notables.
Soft law à effets notables ; règles impératives ; recommandations, chartes et avis ; règles supplétives.
Règles impératives ; règles supplétives ; soft law à effets notables ; recommandations, chartes et avis.
Recommandations, chartes et avis ; soft law à effets notables ; règles supplétives ; règles impératives.

Recommandations, chartes et avis ; soft law à effets notables ; règles supplétives ; règles impératives.

Explication

La progression va des recommandations, chartes et avis vers la soft law à effets notables, puis vers les règles supplétives et enfin les règles impératives. Placer les règles impératives au début contredit leur degré maximal de contrainte.

36. Dans la théorie de Kelsen, pourquoi une norme juridique est-elle considérée comme valide ?

Parce qu’elle est approuvée par les parties auxquelles elle s’applique.
Parce qu’elle est conforme à une norme supérieure dans la hiérarchie juridique.
Parce qu’elle est appliquée depuis longtemps par les tribunaux compétents.
Parce qu’elle exprime directement l’intérêt commun du groupe concerné.

Parce qu’elle est conforme à une norme supérieure dans la hiérarchie juridique.

Explication

Pour Kelsen, la validité d’une norme découle de sa conformité à une norme supérieure, selon une hiérarchie qui place notamment la Constitution avant les traités, les lois et les règlements. L’ancienneté ou l’acceptation par les parties ne constitue pas le critère central de cette théorie.

37. Quel ordre de juridictions traite principalement les litiges relevant de l’administration ?

L’ordre administratif
L’ordre constitutionnel
L’ordre judiciaire
L’ordre professionnel

L’ordre administratif

Explication

L’ordre administratif connaît des litiges relevant de l’administration, tandis que l’ordre judiciaire traite les litiges judiciaires. Confondre ces deux ordres revient à attribuer aux juridictions judiciaires les contentieux propres à l’administration.

38. Quelle décision est fondamentale concernant la responsabilité de l’État ?

L’arrêt Nicolo du Conseil d’État du 20 octobre 1989
L’arrêt Blanco du Tribunal des conflits du 8 février 1873
L’arrêt Marbury de la Cour suprême des États-Unis
L’arrêt Costa contre ENEL de la Cour de justice

L’arrêt Blanco du Tribunal des conflits du 8 février 1873

Explication

L’arrêt Blanco, rendu par le Tribunal des conflits le 8 février 1873, est présenté comme fondamental pour la responsabilité de l’État. Les autres décisions concernent d’autres questions ou d’autres ordres juridiques.

39. Qu’est-ce qui distingue principalement la cour d’appel de la Cour de cassation ?

La cour d’appel intervient après la Cour de cassation, qui constitue le premier degré de juridiction.
La cour d’appel rejugе les faits et le droit, tandis que la Cour de cassation contrôle l’application correcte du droit.
La cour d’appel contrôle la procédure, tandis que la Cour de cassation rejugе entièrement les faits et le droit.
La cour d’appel statue sur les règlements, tandis que la Cour de cassation tranche les litiges administratifs.

La cour d’appel rejugе les faits et le droit, tandis que la Cour de cassation contrôle l’application correcte du droit.

Explication

La cour d’appel réexamine l’affaire en fait et en droit, alors que la Cour de cassation vérifie principalement la correcte application du droit. La Cour de cassation ne constitue donc pas un troisième degré chargé de rejuger entièrement l’affaire.

40. Quelle association entre juridiction, siège et domaine est exacte ?

La CJUE siège à Luxembourg et concerne le droit de l’Union européenne, tandis que la CEDH siège à Strasbourg et concerne les droits de l’homme.
La CJUE siège à Strasbourg et concerne la Convention européenne des droits de l’homme, tandis que la CEDH siège à Luxembourg et concerne l’Union européenne.
La CJUE siège à La Haye et concerne le droit pénal international, tandis que la CEDH siège à Paris et concerne les constitutions nationales.
La CJUE siège à Bruxelles et concerne les litiges administratifs nationaux, tandis que la CEDH siège à Genève et concerne le droit commercial.

La CJUE siège à Luxembourg et concerne le droit de l’Union européenne, tandis que la CEDH siège à Strasbourg et concerne les droits de l’homme.

Explication

La CJUE, située à Luxembourg, relève du droit de l’Union européenne, tandis que la CEDH, située à Strasbourg, applique la Convention européenne des droits de l’homme. Les autres associations confondent les sièges ou les domaines de compétence de ces juridictions.

41. Quelle affirmation situe correctement le Code civil français de 1804 ?

Il a été adopté le 21 mars 1804 et symbolise l’unification du droit civil sous l’association à Napoléon.
Il a été adopté le 26 août 1789 et symbolise la reconnaissance des droits naturels.
Il a été adopté le 4 octobre 1958 et symbolise l’établissement de la Constitution de la Ve République.
Il a été adopté le 8 février 1873 et symbolise la naissance de la responsabilité administrative.

Il a été adopté le 21 mars 1804 et symbolise l’unification du droit civil sous l’association à Napoléon.

Explication

Le Code civil du 21 mars 1804 représente le grand symbole de l’unification du droit civil français et est associé à Napoléon. Les autres dates renvoient à des textes ou événements juridiques différents.

42. Que caractérise une codification à droit constant ?

Elle sélectionne les décisions judiciaires importantes pour former un système fondé sur le précédent.
Elle remplace les règles existantes par une réglementation entièrement nouvelle et substantielle.
Elle supprime les textes dispersés afin de laisser au juge le soin de créer les règles.
Elle rassemble et organise le droit existant sans en modifier en principe le contenu.

Elle rassemble et organise le droit existant sans en modifier en principe le contenu.

Explication

La codification à droit constant ordonne et rassemble les règles existantes tout en conservant, en principe, leur contenu. Une réforme substantielle, au contraire, modifie la matière juridique et ne correspond pas à cette technique.

43. Quelle opposition caractérise les familles romano-germanique et de common law ?

La famille romano-germanique privilégie les précédents judiciaires, tandis que la common law repose principalement sur les codes écrits.
La famille romano-germanique privilégie les lois et les codes, tandis que la common law accorde une place majeure au précédent judiciaire.
La famille romano-germanique dépend des usages religieux, tandis que la common law organise principalement les professions juridiques.
La famille romano-germanique écarte les textes législatifs, tandis que la common law confie le droit aux administrations.

La famille romano-germanique privilégie les lois et les codes, tandis que la common law accorde une place majeure au précédent judiciaire.

Explication

La tradition romano-germanique accorde une importance centrale à la loi écrite et aux codes, tandis que la common law s’appuie davantage sur le précédent judiciaire et le case law. L’inversion de ces caractéristiques constitue la confusion classique entre les deux familles.

44. Pourquoi le contrat anglais et la consideration constituent-ils un faux ami en droit comparé ?

Parce que la consideration ne correspond pas exactement à la conception française de la contrepartie.
Parce que le contrat anglais exclut toute obligation réciproque entre les parties contractantes.
Parce que la contrepartie française repose exclusivement sur un précédent judiciaire anglais.
Parce que la consideration désigne exactement la cause du contrat dans le droit français.

Parce que la consideration ne correspond pas exactement à la conception française de la contrepartie.

Explication

La consideration présente une fonction qui ne coïncide pas exactement avec la notion française de contrepartie, ce qui en fait un faux ami en droit comparé. L’assimiler directement à une notion française équivalente néglige cette différence conceptuelle.

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Que signifie l’adage « Ubi societas, ibi ius » ?

Là où il y a une société, il y a du droit.

Selon Ihering, quelle est la fin du droit ?

La paix.

Selon Ihering, quel est le moyen d’atteindre la paix ?

La lutte.

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