QCM : Justice pénale romaine — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle évolution caractérise le passage de la vengeance privée à la justice publique ?

La vengeance devient progressivement proportionnée et favorise une justice rendue au nom de l’État
La vengeance devient principalement religieuse et exclut l’intervention des institutions publiques
La vengeance disparaît avant toute intervention d’une autorité politique organisée
La vengeance reste illimitée et confie les sanctions aux familles des victimes

La vengeance devient progressivement proportionnée et favorise une justice rendue au nom de l’État

Explication

La limitation progressive de la vengeance conduit à une peine proportionnée et à une justice publique exercée au nom de l’État. L’idée d’une vengeance privée durablement illimitée confond précisément le modèle ancien avec celui de la peine publique.

2. Que désigne la poiné dans la conception grecque de la peine ?

Une justice publique rendue au nom de l’État
Une contrainte administrative imposée par un magistrat
Une compensation civile négociée entre deux particuliers
Une vengeance privée exercée par la famille de la victime

Une justice publique rendue au nom de l’État

Explication

La poiné désigne une conception grecque de la peine associée à l’émergence d’une justice publique étatique. Elle ne correspond donc pas à une vengeance privée laissée aux proches de la victime.

3. Dans quelle situation l’État perd-il sa légitimité selon la règle du monopole de la violence légitime ?

Lorsqu’il laisse durablement s’installer le désordre malgré son pouvoir de contrainte
Lorsqu’il exerce une violence physique légitime pour maintenir l’ordre collectif
Lorsqu’il protège les droits de la défense dans une procédure pénale
Lorsqu’il confie certaines décisions pénales à des magistrats indépendants

Lorsqu’il laisse durablement s’installer le désordre malgré son pouvoir de contrainte

Explication

L’État tire sa légitimité de son monopole de la violence physique légitime et de sa capacité à maintenir l’ordre. Un désordre qui s’installe durablement remet donc en cause sa légitimité et sa raison d’être, contrairement à la protection procédurale.

4. Quel équilibre les règles de procédure pénale cherchent-elles à assurer ?

Une priorité donnée à la répression avec une protection réduite des droits de la défense
Une séparation entre la recherche des auteurs et la détermination de la peine
Un équilibre entre les besoins de la répression et la sauvegarde des droits de la défense
Une égalité entre les intérêts de l’accusé et ceux des victimes sans rôle pour l’État

Un équilibre entre les besoins de la répression et la sauvegarde des droits de la défense

Explication

La procédure pénale doit concilier l’efficacité de la répression avec la sauvegarde des droits de la défense. Une procédure qui privilégierait la répression en réduisant ces droits romprait cet équilibre.

5. Quelle période correspond à la royauté romaine ?

De la fondation de Rome en -753 ou -754 à l’expulsion des derniers rois en -509
De l’expulsion des derniers rois en -509 à l’établissement de l’Empire en -27
De l’établissement de l’Empire en -27 à la réorganisation impériale de 284
De la réorganisation impériale de 284 à la chute de l’Empire en 476

De la fondation de Rome en -753 ou -754 à l’expulsion des derniers rois en -509

Explication

La royauté romaine commence avec la fondation traditionnelle de Rome en -753 ou -754 et s’achève en -509 avec l’expulsion des derniers rois. La période allant de -509 à -27 correspond à la République.

6. Quelle caractéristique distingue la République romaine entre -509 et -27 ?

Des magistrats nommés par l’armée rendent la justice sans contrôle populaire
Un empereur concentre le pouvoir dans une monarchie devenue absolue
Des rois héréditaires gouvernent avec une autorité indépendante des citoyens
Des magistrats élus exercent leurs fonctions sous le contrôle du peuple

Des magistrats élus exercent leurs fonctions sous le contrôle du peuple

Explication

La République romaine s’étend de -509 à -27 et repose sur l’action de magistrats élus contrôlés par le peuple. L’association entre pouvoir impérial centralisé et monarchie absolue renvoie à une autre période de l’histoire romaine.

7. Quelle description correspond au Bas Empire romain, de 284 à 476 ?

Une république de magistrats élus conservant une justice contrôlée par les assemblées civiques
Une monarchie absolue marquée par une justice très sévère et des supplices destinés au divertissement populaire
Une période de transition où les rois exercent une autorité religieuse sur les magistrats
Une monarchie élective où les citoyens rendent directement les décisions pénales majeures

Une monarchie absolue marquée par une justice très sévère et des supplices destinés au divertissement populaire

Explication

Le Bas Empire s’étend de 284 à 476 et correspond à une monarchie absolue, avec une justice extrêmement sévère et des supplices destinés à divertir le peuple. La description d’une république de magistrats élus renvoie à la période républicaine.

8. Que désigne l’imperium dans les institutions romaines ?

Le pouvoir de contrainte exercé par les magistrats contre les personnes récalcitrantes
La garantie fournie par un tiers pour obtenir la liberté provisoire d’un accusé
La puissance suprême de commandement détenue par les magistrats supérieurs
Le contrôle exercé par les comices centuriates sur les crimes publics

La puissance suprême de commandement détenue par les magistrats supérieurs

Explication

L’imperium est la puissance suprême de commandement attribuée notamment aux consuls et aux préteurs. Le pouvoir de contrainte correspond à la coercitio, ce qui constitue la confusion la plus directe entre ces deux notions.

9. Comment se caractérise le pouvoir du juge romain à l’égard des non-citoyens ?

Il est encadré par une instruction publique et un contrôle des comices centuriates
Il est presque illimité et s’exerce selon une procédure expéditive offrant peu de garanties
Il dépend d’une caution fournie par un tiers qui assume la peine de l’accusé
Il est limité par les droits politiques réservés aux magistrats élus de la cité

Il est presque illimité et s’exerce selon une procédure expéditive offrant peu de garanties

Explication

À l’égard des non-citoyens, le juge romain dispose d’un pouvoir presque illimité, dans le cadre d’une procédure expéditive et faiblement garantie. L’instruction publique et le contrôle des comices concernent les affaires impliquant les citoyens.

10. Quel dispositif s’applique aux citoyens romains dans les affaires de crimes publics ?

Une procédure expéditive conduite sans garanties procédurales particulières
Une décision fondée sur une caution garantissant la comparution de l’accusé
Une décision relevant du pouvoir presque illimité du juge envers les non-citoyens
Une instruction publique contrôlée par les comices centuriates

Une instruction publique contrôlée par les comices centuriates

Explication

Pour les citoyens, l’instruction est publique et les comices centuriates contrôlent les affaires de crimes publics. Le pouvoir presque illimité et la procédure expéditive caractérisent plutôt le traitement des non-citoyens.

11. En quelle année le premier jury criminel permanent a-t-il été créé pour punir la corruption des magistrats ?

En -149
En -70
Au IVe siècle
Sous le règne d’un empereur non précisé

En -149

Explication

Le premier jury criminel permanent fut créé en -149 pour traiter la corruption des magistrats. L’année -70 renvoie à la poursuite de Verrès devant un jury réactivé, et non à la création du premier jury permanent.

12. Quelle combinaison d’infractions correspond à des domaines progressivement attribués aux jurys criminels spécialisés ?

Les conflits fonciers, les divorces et les contrats de mariage
Les litiges commerciaux, les successions et les dettes privées
La haute trahison, l’empoisonnement et la fraude électorale
Les désaccords fiscaux, les héritages et les dommages accidentels

La haute trahison, l’empoisonnement et la fraude électorale

Explication

Les jurys spécialisés connaissaient notamment de la haute trahison, de l’empoisonnement et de la fraude électorale, parmi d’autres crimes graves. Les autres propositions regroupent des matières civiles ou ne correspondent pas aux compétences énumérées.

13. Comment s’organise l’exercice de la justice publique sous l’Empire ?

Les accusateurs privés la dirigent et les juges interviennent après leur enquête
L’empereur la délègue à des juges fonctionnaires, contrôle leur activité et reçoit leurs comptes rendus
Les gouverneurs provinciaux l’exercent sans recevoir d’instructions du pouvoir impérial
Le peuple la confie à des magistrats élus qui rendent compte aux assemblées civiques

L’empereur la délègue à des juges fonctionnaires, contrôle leur activité et reçoit leurs comptes rendus

Explication

Sous l’Empire, l’empereur exerce la justice publique par l’intermédiaire de juges fonctionnaires dont il surveille l’activité et reçoit les rapports. Le fonctionnement républicain associait davantage les magistrats au contrôle du peuple, ce qui ne décrit pas le système impérial.

14. Quelle distinction oppose correctement le délit privé au délit public ?

Le délit privé lèse des particuliers et relève du juge civil, tandis que le délit public porte atteinte à l’ordre public
Le délit privé menace l’ordre public et relève du juge impérial, tandis que le délit public oppose deux particuliers
Le délit privé est poursuivi par l’empereur, tandis que le délit public dépend d’une action civile entre victimes
Le délit privé concerne les crimes graves, tandis que le délit public concerne les différends relatifs aux biens

Le délit privé lèse des particuliers et relève du juge civil, tandis que le délit public porte atteinte à l’ordre public

Explication

Le délit privé cause un tort à des particuliers et relève du juge civil, alors que le délit public atteint l’ordre public et relève du juge de l’empereur. Les autres réponses inversent les compétences ou confondent la nature des deux catégories.

15. Quelle faculté caractérise la procédure inquisitoire des juges impériaux ?

Trancher un litige civil après l’accord préalable des parties
Répondre aux difficultés juridiques par un courrier impérial
Attendre l’accusation privée sans participer à la recherche des faits
Rechercher les délinquants, les poursuivre et requérir une peine

Rechercher les délinquants, les poursuivre et requérir une peine

Explication

La procédure inquisitoire autorise les juges impériaux à rechercher eux-mêmes les délinquants, à les poursuivre et à demander une peine. La procédure accusatoire laisse davantage le juge en retrait, tandis qu’un courrier impérial relève du rescrit.

16. À quoi sert principalement un rescrit impérial ?

À organiser la surveillance matérielle des rues par les vigiles urbains
À prononcer directement la condamnation d’un accusé après l’audience
À accorder une grâce à une personne déjà condamnée
À répondre à une difficulté juridique ou à un vide juridique rencontré par un juge

À répondre à une difficulté juridique ou à un vide juridique rencontré par un juge

Explication

Le rescrit est une réponse écrite des services juridiques de l’empereur à une difficulté d’interprétation ou à un vide juridique, et cette réponse possède une valeur juridique. Il ne tranche pas directement l’affaire comme le ferait un jugement.

17. Quelle opposition définit correctement les responsabilités objective et subjective ?

La responsabilité objective concerne les erreurs de droit, tandis que la responsabilité subjective concerne les erreurs de fait
La responsabilité objective suppose une agression actuelle, tandis que la responsabilité subjective exige une défense proportionnée
La responsabilité objective repose sur le dommage constaté, tandis que la responsabilité subjective exige une intention fautive
La responsabilité objective exige une intention fautive, tandis que la responsabilité subjective dépend du dommage constaté

La responsabilité objective repose sur le dommage constaté, tandis que la responsabilité subjective exige une intention fautive

Explication

La responsabilité objective sanctionne le dommage constaté sans rechercher l’intention, tandis que la responsabilité subjective exige l’intention d’enfreindre la norme pénale. Les autres réponses associent à tort ces notions aux erreurs ou aux conditions de la légitime défense.

18. Un individu commet un acte interdit parce qu’il se trompe de bonne foi sur une circonstance concrète : quelle notion peut alors être invoquée ?

L’erreur de droit
L’erreur de fait
La fraude intentionnelle
La responsabilité objective

L’erreur de fait

Explication

L’erreur de fait porte sur une circonstance concrète et peut excuser une personne qui agit de bonne foi. L’erreur de droit concerne le contenu de la règle pénale et ne permet pas de se prévaloir de l’ignorance de la loi.

19. Dans quelle situation la légitime défense peut-elle justifier une réaction ?

Lorsque la réaction est nécessaire, proportionnée et exercée au moment de l’agression
Lorsque la réaction répond à une erreur juridique commise par la victime
Lorsque la réaction intervient après le danger et vise à punir l’agresseur
Lorsque la réaction dépasse l’attaque afin de prévenir toute menace future

Lorsque la réaction est nécessaire, proportionnée et exercée au moment de l’agression

Explication

La légitime défense exige simultanément la nécessité pour survivre, la proportion entre la réaction et l’agression, ainsi que l’intervention au moment de celle-ci. Une vengeance postérieure ou une riposte excessive ne satisfait pas ces conditions.

20. Quelle situation relève de l’homicide en droit romain ?

Le meurtre intentionnel du père d’une famille romaine
Le vol d’un objet consacré appartenant à un temple
La soustraction frauduleuse d’un bien appartenant à l’État
La mise à mort d’un individu, y compris par négligence punissable

La mise à mort d’un individu, y compris par négligence punissable

Explication

L’homicide désigne la mise à mort d’un individu, même lorsque celle-ci résulte d’une négligence punissable. Le meurtre du père constitue plus précisément un parricide, tandis que les deux autres situations concernent des vols particuliers.

21. Sous Auguste, comment s’organise la procédure d’accusation de l’adultère ?

Toute personne peut accuser dès le début, sans délai après le mariage
Le tribunal spécialisé doit attendre une dénonciation faite par la famille
Le mari dispose de deux mois, puis toute personne de quatre mois pour dénoncer les faits
Le mari dispose de quatre mois, puis toute personne de deux mois pour dénoncer les faits

Le mari dispose de deux mois, puis toute personne de quatre mois pour dénoncer les faits

Explication

Sous Auguste, le mari bénéficie d’un délai de deux mois, puis toute personne peut dénoncer l’adultère pendant quatre mois avant la prescription. Le délai de quatre mois ne concerne donc pas l’action initiale du mari.

22. Quelle distinction permet de différencier le parricide de l’homicide ?

Le parricide vise le vol public, tandis que l’homicide concerne un bien privé
Le parricide désigne une négligence, tandis que l’homicide suppose une intention criminelle
Le parricide concerne un temple, tandis que l’homicide vise une propriété de l’État
Le parricide vise le meurtre du père, tandis que l’homicide concerne tout individu

Le parricide vise le meurtre du père, tandis que l’homicide concerne tout individu

Explication

Le parricide est le fait de tuer son père et représente pour les Romains un crime particulièrement impardonnable. L’homicide possède une portée plus générale, puisqu’il concerne la mise à mort de tout individu.

23. Quelle association entre les fonctions de la peine et leur objectif est correcte ?

La fonction restitutive satisfait la victime et la fonction préventive dissuade les délinquants potentiels
La fonction restitutive fixe les délais d’accusation et la fonction préventive organise le tribunal
La fonction restitutive dissuade les délinquants potentiels et la fonction préventive satisfait la victime
La fonction restitutive choisit le châtiment et la fonction préventive détermine la culpabilité

La fonction restitutive satisfait la victime et la fonction préventive dissuade les délinquants potentiels

Explication

La fonction restitutive vise à accorder une satisfaction à la victime, tandis que la fonction préventive cherche à dissuader les délinquants potentiels par la sévérité de la sanction. Inverser ces deux fonctions constitue la confusion principale à éviter.

24. Lequel de ces ensembles correspond à des peines présentes dans l’arsenal pénal romain ?

La médiation familiale, le travail d’intérêt général, la surveillance électronique et la détention préventive
L’exil administratif, la confiscation bancaire, la prison perpétuelle et l’amende douanière
La crucifixion, les jeux du cirque, la peine du sac et le plomb fondu dans la bouche
La réparation civile, l’interdiction professionnelle, la probation judiciaire et la retenue salariale

La crucifixion, les jeux du cirque, la peine du sac et le plomb fondu dans la bouche

Explication

L’arsenal pénal romain comprenait notamment la crucifixion, les jeux du cirque, la peine du sac et le plomb fondu dans la bouche, ainsi que la peine de mort et le glaive. Les autres ensembles réunissent des mesures qui ne correspondent pas à cet arsenal.

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Mémorisez les réponses avec 56 flashcards sur Justice pénale romaine.

Comment évolue la vengeance vers la justice publique ?

Elle devient proportionnée et conduit à une justice rendue au nom de l’État.

Qu'est-ce que la poiné dans la conception grecque ?

Une peine traduisant l’apparition d’une justice publique au nom de l’État.

Quel monopole détient l’État selon la règle évoquée ?

Le monopole de la violence physique légitime.

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