QCM : La constitution en droit constitutionnel — 25 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objectif central du constitutionnalisme ?

Limiter l’arbitraire du pouvoir étatique et garantir les droits fondamentaux
Décrire la composition des administrations et leurs procédures internes
Accroître les compétences des gouvernants pour faciliter leur action
Organiser les relations économiques entre les collectivités publiques

Limiter l’arbitraire du pouvoir étatique et garantir les droits fondamentaux

Explication

Le constitutionnalisme est une doctrine qui cherche à encadrer effectivement le pouvoir de l’État et à protéger les droits fondamentaux. La simple organisation administrative ne constitue pas son objectif central.

2. Dans quelle situation une constitution limite-t-elle effectivement le pouvoir des gouvernants ?

Lorsque les règles constitutionnelles décrivent précisément chaque décision publique
Lorsque le texte constitutionnel est proclamé par une autorité politique reconnue
Lorsque les gouvernants respectent ses règles et peuvent être contraints de les appliquer
Lorsque les citoyens connaissent les institutions et participent aux élections

Lorsque les gouvernants respectent ses règles et peuvent être contraints de les appliquer

Explication

La limitation effective suppose à la fois le respect des règles constitutionnelles et l’existence de moyens permettant de contraindre les gouvernants à les respecter. La seule proclamation du texte ne garantit donc pas cette limitation.

3. Quel critère permet de définir la constitution matérielle ?

Le contenu des règles relatives à l’État, aux gouvernants et aux droits des personnes
La place occupée par une règle dans la hiérarchie des normes écrites
La procédure spéciale exigée pour adopter et réviser certaines règles juridiques
L’autorité chargée de contrôler la conformité des lois aux règles supérieures

Le contenu des règles relatives à l’État, aux gouvernants et aux droits des personnes

Explication

La constitution matérielle se définit par le contenu des règles concernant l’organisation de l’État, les gouvernants, leurs rapports et les droits des personnes. La procédure d’adoption et la valeur juridique relèvent plutôt de la constitution formelle.

4. Quelle source appartient à la constitution matérielle et concerne directement l’organisation du travail parlementaire ?

Les décisions individuelles des autorités locales
Les règlements des assemblées
Les circulaires internes des administrations centrales
Les règlements administratifs du pouvoir exécutif

Les règlements des assemblées

Explication

Les règlements des assemblées font partie des sources de la constitution matérielle et organisent le fonctionnement du Parlement. Les règlements administratifs sont pris par le pouvoir exécutif et ne remplissent pas cette fonction parlementaire.

5. Quelle caractéristique définit principalement une constitution formelle ?

Une procédure spéciale d’adoption et de révision, ainsi qu’une valeur juridique supérieure
Un ensemble de pratiques politiques décrivant le fonctionnement concret des institutions
Des règles administratives adoptées selon la procédure applicable aux actes ordinaires
Un contenu consacré exclusivement aux droits et libertés des personnes

Une procédure spéciale d’adoption et de révision, ainsi qu’une valeur juridique supérieure

Explication

La constitution formelle est généralement écrite, adoptée et révisée selon une procédure spéciale, et placée au sommet de la hiérarchie juridique. Elle ne se définit donc pas par un contenu thématique exclusif.

6. Comment une règle ordinaire doit-elle se comporter à l’égard de la Constitution dans la hiérarchie des normes ?

Elle peut écarter une règle constitutionnelle lorsqu’elle est adoptée plus récemment
Elle s’impose à la Constitution lorsqu’elle concerne une politique publique précise
Elle possède une valeur équivalente dès lors qu’elle est votée par le Parlement
Elle doit être conforme aux règles constitutionnelles qui lui sont supérieures

Elle doit être conforme aux règles constitutionnelles qui lui sont supérieures

Explication

Les règles ordinaires occupent un rang inférieur et doivent respecter les règles constitutionnelles placées au sommet de la hiérarchie. Leur adoption parlementaire ou leur date plus récente ne leur permet pas de déroger à la Constitution.

7. Quel ensemble de règles appartient au noyau dur d’une constitution ?

La procédure pénale, l’enseignement et le fonctionnement des associations
La nationalité, la fiscalité et l’organisation des collectivités territoriales
La forme de l’État, la participation citoyenne et la répartition des pouvoirs
Les relations internationales, la défense et la réglementation du commerce

La forme de l’État, la participation citoyenne et la répartition des pouvoirs

Explication

Le noyau dur constitutionnel porte sur la forme de l’État, la participation des citoyens au pouvoir et la répartition des pouvoirs entre les organes étatiques. La nationalité, la fiscalité et les autres domaines proposés peuvent relever du droit public, mais ne définissent pas ce noyau dur.

8. Quelle distinction décrit correctement la forme de l’État et la répartition des pouvoirs ?

La forme de l’État concerne les élections, tandis que la répartition concerne les relations internationales
La forme de l’État concerne les rapports entre les organes, tandis que la répartition concerne l’organisation générale de l’État
La forme de l’État concerne son organisation générale, tandis que la répartition concerne les rapports entre ses organes
La forme de l’État concerne les droits sociaux, tandis que la répartition concerne les libertés individuelles

La forme de l’État concerne son organisation générale, tandis que la répartition concerne les rapports entre ses organes

Explication

La forme de l’État décrit l’organisation générale de celui-ci, alors que la répartition des pouvoirs analyse les rapports entre ses organes. Les autres réponses attribuent à ces notions des domaines qui ne correspondent pas à leur distinction constitutionnelle.

9. À quelle date l’Assemblée nationale adopte-t-elle la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

Le 4 octobre 1958
Le 1er janvier 2005
Le 26 août 1789
Le 27 octobre 1946

Le 26 août 1789

Explication

L’Assemblée nationale adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août 1789. La Constitution de 1958, le préambule de 1946 et la révision de 2005 correspondent à d’autres étapes constitutionnelles françaises.

10. Combien d’articles la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen comporte-t-elle ?

Trente-quatre articles
Vingt-deux articles
Dix-sept articles
Douze articles

Dix-sept articles

Explication

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen comporte 17 articles et affirme plusieurs droits et principes fondamentaux. Les autres nombres ne correspondent pas à sa structure.

11. À quels textes le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 renvoie-t-il ?

À la Déclaration de 1789, au préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004
À la Déclaration de 1789, à la Constitution de 1875 et à la Convention européenne
À la Déclaration de 1789, au traité de Rome et à la Constitution de 1946
À la Constitution de 1791, au Code civil et à la Charte de l’environnement de 2004

À la Déclaration de 1789, au préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004

Explication

Le préambule de 1958 renvoie à la Déclaration de 1789, au préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004. Le renvoi à cette dernière a été ajouté par une révision adoptée en 2005, et les autres ensembles proposés ne constituent pas ces références.

12. Comment les déclarations des droits peuvent-elles être intégrées dans une constitution ?

Dans un traité international ou dans les décisions ordinaires des juridictions
Dans une proclamation politique ou dans les lois budgétaires annuelles
Dans un préambule littéraire ou dans le corps de la Constitution sous forme de garanties en articles
Dans une annexe historique ou dans le règlement intérieur des assemblées parlementaires

Dans un préambule littéraire ou dans le corps de la Constitution sous forme de garanties en articles

Explication

Les déclarations des droits peuvent apparaître dans un préambule placé avant le corps constitutionnel ou être formulées en articles comme garanties des droits. Les autres emplacements ne correspondent pas aux deux formes constitutionnelles décrites.

13. Quelle différence oppose principalement les droits de première et de deuxième génération ?

Les premiers concernent l’environnement, tandis que les seconds organisent la souveraineté nationale
Les premiers exigent une prestation sociale, tandis que les seconds protègent la liberté de conscience
Les premiers imposent une action économique, tandis que les seconds protègent contre toute arrestation
Les premiers exigent l’abstention de l’État, tandis que les seconds nécessitent son intervention positive

Les premiers exigent l’abstention de l’État, tandis que les seconds nécessitent son intervention positive

Explication

Les droits de première génération sont des libertés individuelles opposables à l’État, qui doit principalement s’abstenir, tandis que les droits de deuxième génération supposent des prestations positives. Les autres réponses mélangent ces générations avec des droits particuliers ou inversent leur logique.

14. Quel exemple illustre un droit-créance ?

Revendiquer la protection de sa vie privée contre une intrusion publique
Exiger de l’État une prestation en matière d’éducation ou de santé
Demander à l’État de ne pas censurer une opinion personnelle
S’opposer à une arrestation arbitraire décidée par une autorité

Exiger de l’État une prestation en matière d’éducation ou de santé

Explication

Un droit-créance permet à l’individu d’exiger une prestation positive de l’État, notamment dans l’éducation ou la santé. Les autres exemples correspondent à des libertés-oppositions, qui demandent principalement à l’État de s’abstenir.

15. Quelle distinction décrit correctement les deux conceptions possibles d’une déclaration des droits ?

Elle peut être une loi ordinaire ou un traité international directement applicable aux particuliers.
Elle peut être une coutume nationale ou un règlement administratif juridiquement supérieur.
Elle peut être un énoncé politique ou un ensemble de règles constitutionnellement obligatoires.
Elle peut être un programme gouvernemental ou une convention parlementaire dépourvue de portée politique.

Elle peut être un énoncé politique ou un ensemble de règles constitutionnellement obligatoires.

Explication

Une déclaration des droits peut être comprise comme une affirmation politique ou comme un ensemble de normes obligatoires dotées d’une valeur constitutionnelle. La distinction ne porte pas sur sa forme coutumière, administrative ou internationale.

16. Quelle décision a reconnu la valeur constitutionnelle du préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie ?

La décision du 27 décembre 1973 relative à la taxation des produits pétroliers.
La décision du 16 juillet 1971 relative à la liberté d’association.
La décision du 4 octobre 1958 relative à l’organisation du Parlement.
La décision du 16 janvier 1982 relative aux nationalisations économiques.

La décision du 16 juillet 1971 relative à la liberté d’association.

Explication

Le 16 juillet 1971, dans sa décision relative à la liberté d’association, le Conseil constitutionnel a reconnu la valeur constitutionnelle du préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie. La décision de 1973 concerne une autre question et n’est pas à l’origine de cette reconnaissance.

17. Quels textes appartiennent au bloc de constitutionnalité et s’imposent aux pouvoirs publics en France ?

La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement depuis 2005.
La Charte de l’environnement, les circulaires ministérielles et les conventions parlementaires depuis 2005.
La Déclaration de 1789, le traité de Maastricht et les règlements de l’Union européenne depuis 1992.
Le préambule de 1946, le Code civil et les lois organiques adoptées depuis 1958.

La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement depuis 2005.

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et, depuis 2005, la Charte de l’environnement. Ces textes ont une force obligatoire à l’égard des pouvoirs publics, contrairement aux textes historiques dépourvus de valeur juridique.

18. Qu’est-ce qui caractérise principalement une constitution coutumière ?

Des règles réunies dans un texte unique adopté par une assemblée constituante.
Des normes administratives organisant les rapports entre les ministères.
Des principes élaborés par les tribunaux à partir de décisions individuelles.
Des règles non écrites issues de pratiques répétées reconnues comme obligatoires.

Des règles non écrites issues de pratiques répétées reconnues comme obligatoires.

Explication

Une constitution coutumière repose principalement sur des règles non écrites, formées par la répétition constante de pratiques auxquelles l’opinion générale attribue une force obligatoire. Elle ne se définit donc pas par l’existence d’un texte constitutionnel unique.

19. Quel grand État conserve aujourd’hui une constitution principalement coutumière, notamment fondée sur des conventions constitutionnelles ?

La France.
L’Allemagne.
Le Royaume-Uni.
Les États-Unis.

Le Royaume-Uni.

Explication

Le Royaume-Uni est aujourd’hui le seul grand État mentionné comme conservant une constitution coutumière, notamment fondée sur des conventions de la Constitution. Les États-Unis, la France et l’Allemagne disposent de constitutions écrites.

20. Qu’est-ce qu’une constitution écrite ?

Une collection de décisions judiciaires précisant les compétences des tribunaux.
Un regroupement de conventions parlementaires dépourvues de formulation écrite.
Un ensemble de règles constitutionnelles contenues dans un ou plusieurs textes écrits.
Un ensemble de pratiques politiques répétées reconnues par l’opinion publique.

Un ensemble de règles constitutionnelles contenues dans un ou plusieurs textes écrits.

Explication

Une constitution écrite contient principalement les règles constitutionnelles dans un ou plusieurs textes formalisés. Les pratiques répétées et les conventions parlementaires relèvent plutôt de mécanismes coutumiers ou complémentaires.

21. Quel ordre chronologique présente correctement les premières constitutions écrites mentionnées ?

France en 1776, Virginie en 1787, États-Unis en 1791.
Virginie en 1776, États-Unis en 1787, France en 1791.
Virginie en 1776, France en 1787, États-Unis en 1791.
États-Unis en 1776, Virginie en 1787, France en 1791.

Virginie en 1776, États-Unis en 1787, France en 1791.

Explication

La constitution écrite de la Virginie date de 1776, celle des États-Unis de 1787 et la première Constitution française de 1791. La Constitution française est donc postérieure aux deux premières dates indiquées.

22. Dans quelle situation une pratique constitutionnelle est-elle qualifiée de contra legem ?

Lorsqu’elle applique la procédure formelle prévue pour réviser la Constitution.
Lorsqu’elle contredit une règle de la Constitution écrite.
Lorsqu’elle complète une règle constitutionnelle sans modifier son contenu.
Lorsqu’elle précise le sens d’une disposition constitutionnelle ambiguë.

Lorsqu’elle contredit une règle de la Constitution écrite.

Explication

Une pratique contra legem s’oppose à la Constitution, tandis qu’une pratique praeter legem la complète, la précise ou l’interprète. Le recours à la procédure de révision constitue une démarche formelle distincte d’une pratique contraire au texte.

23. Dans un État doté d’une constitution écrite, quel effet produit en principe une pratique constitutionnelle répétée ?

Elle acquiert une valeur supérieure à la Constitution lorsqu’elle est acceptée par le Parlement.
Elle ne modifie pas la Constitution, qui doit être changée selon sa procédure de révision.
Elle remplace progressivement les dispositions écrites devenues difficiles à appliquer.
Elle modifie automatiquement la Constitution dès qu’elle est suivie par les autorités publiques.

Elle ne modifie pas la Constitution, qui doit être changée selon sa procédure de révision.

Explication

Dans un État doté d’une constitution écrite, une pratique répétée n’a en principe pas de valeur obligatoire permettant de modifier le texte. Une modification constitutionnelle doit respecter la procédure formelle de révision prévue par la Constitution.

24. Quelle démarche institutionnelle caractérise la révision constitutionnelle engagée par le général de Gaulle en 1962 ?

Il demande au Conseil constitutionnel d’adopter lui-même la nouvelle règle
Il soumet directement au peuple une révision fondée sur l’article 11
Il réunit le Congrès pour modifier la Constitution par le vote parlementaire
Il fait approuver par le Parlement un projet selon l’article 89

Il soumet directement au peuple une révision fondée sur l’article 11

Explication

En 1962, le général de Gaulle utilise l’article 11 pour soumettre directement au peuple l’élection présidentielle au suffrage universel direct. L’article 89 se distingue par l’exigence d’un vote préalable du Parlement, qui n’a pas constitué la voie suivie ici.

25. Dans quelle situation la constitution écrite peut-elle diverger de la constitution réelle ?

Lorsque les juridictions appliquent les dispositions constitutionnelles à un litige
Lorsque le peuple approuve une révision selon la procédure prévue par la Constitution
Lorsque les pratiques des organes de l’État s’éloignent des règles juridiques écrites
Lorsque le Parlement adopte une loi conforme aux règles constitutionnelles écrites

Lorsque les pratiques des organes de l’État s’éloignent des règles juridiques écrites

Explication

La divergence apparaît lorsque le fonctionnement politique effectif des organes de l’État ne correspond plus aux règles formulées dans le texte constitutionnel. Une application conforme des dispositions écrites ne crée pas, à elle seule, un écart entre constitution écrite et constitution réelle.

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Qu'est-ce que le constitutionnalisme ?

Une doctrine favorable à l'élaboration de constitutions limitant le pouvoir étatique.

Quand une constitution limite-t-elle effectivement le pouvoir ?

Quand les gouvernants respectent ses règles et peuvent y être contraints.

Quand apparaissent les premières constitutions écrites modernes ?

À la fin du XVIIIe siècle.

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