QCM : Organisation administrative de l’État (67 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne le droit administratif ?

L’ensemble des règles commerciales encadrant les entreprises privées
L’ensemble des règles spécifiques régissant l’activité administrative
L’ensemble des règles constitutionnelles organisant les élections
L’ensemble des règles pénales applicables aux agents publics

L’ensemble des règles spécifiques régissant l’activité administrative

Explication

Le droit administratif regroupe les règles particulières qui encadrent l’activité administrative des personnes publiques et, dans certains cas, de personnes privées agissant pour leur compte. Il ne se confond donc ni avec le droit pénal, ni avec le droit constitutionnel, ni avec le droit commercial.

2. Quelle distinction décrit correctement les deux sens de l’administration ?

Le sens fonctionnel désigne les personnes publiques, tandis que le sens organique désigne la gestion de leurs biens.
Le sens fonctionnel concerne les tribunaux, tandis que le sens organique concerne les contrats administratifs.
Le sens fonctionnel renvoie aux lois, tandis que le sens organique renvoie aux règlements administratifs.
Le sens fonctionnel désigne une activité, tandis que le sens organique désigne les personnes publiques qui l’exercent.

Le sens fonctionnel désigne une activité, tandis que le sens organique désigne les personnes publiques qui l’exercent.

Explication

Au sens fonctionnel, l’administration correspond à une activité de gestion des affaires ou des biens ; au sens organique, elle désigne les personnes publiques qui accomplissent cette activité. Les autres propositions inversent ou déplacent cette distinction.

3. Quelles sont les trois grandes catégories de personnes publiques ?

Les communes, les syndicats professionnels et les fondations privées
L’État, les collectivités territoriales et les établissements publics
Les juridictions, les partis politiques et les sociétés commerciales
Les ministères, les associations et les entreprises concessionnaires

L’État, les collectivités territoriales et les établissements publics

Explication

Les trois catégories principales sont l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics, parmi lesquels figurent notamment les hôpitaux et les universités. Les autres catégories proposées mélangent personnes publiques, personnes privées ou institutions qui ne constituent pas les trois groupes de référence.

4. Quel régime s’applique en principe à l’abonnement Orange souscrit par une université ?

Le droit pénal, car le contrat implique une personne chargée d’un service public
Le droit constitutionnel, car l’université appartient à une personne publique
Le droit administratif, car toute activité d’une université possède un caractère administratif
Le droit privé, car cette activité ne se différencie pas d’une activité privée ordinaire

Le droit privé, car cette activité ne se différencie pas d’une activité privée ordinaire

Explication

Une activité administrative qui ne présente pas de différence particulière avec une activité de droit privé relève en principe du droit privé, comme l’illustre l’abonnement téléphonique d’une université. La qualité de personne publique de l’université ne suffit donc pas à soumettre chaque contrat au droit administratif.

5. Comment s’articulent les domaines respectifs de la loi et du règlement selon la Constitution ?

La loi relève de l’article 37, tandis que le règlement couvre le domaine principal de l’article 34.
La loi relève de l’article 21, tandis que le règlement dépend exclusivement de l’article 34.
La loi relève de l’article 34, tandis que le règlement couvre le domaine résiduel de l’article 37.
La loi et le règlement relèvent tous deux de l’article 20, qui répartit leurs compétences.

La loi relève de l’article 34, tandis que le règlement couvre le domaine résiduel de l’article 37.

Explication

L’article 34 définit le domaine de la loi, tandis que l’article 37 attribue au pouvoir réglementaire les matières qui n’appartiennent pas à ce domaine. Les articles 20 et 21 concernent notamment les rapports du Gouvernement et les compétences du Premier ministre, mais ne constituent pas cette répartition.

6. Que réserve la décision du Conseil constitutionnel du 23 janvier 1987 relative au Conseil de la concurrence ?

Le jugement des infractions commises par les agents publics aux juridictions financières
Le contentieux des contrats privés conclus par les administrations aux juridictions judiciaires
Le contrôle de toutes les décisions administratives au seul Conseil constitutionnel
Le contentieux des organes administratifs exerçant des prérogatives de puissance publique à la juridiction administrative

Le contentieux des organes administratifs exerçant des prérogatives de puissance publique à la juridiction administrative

Explication

Cette décision reconnaît un principe fondamental réservant à la juridiction administrative le contentieux des organes administratifs qui exercent des prérogatives de puissance publique. Elle ne transfère pas les contrats privés aux juridictions judiciaires et ne confie pas tout le contentieux administratif au Conseil constitutionnel.

7. Quelle succession décrit la construction historique du droit administratif contentieux ?

Justice déléguée, administration juge, puis justice retenue
Administration juge, justice retenue, puis justice déléguée
Administration juge, justice déléguée, puis justice retenue
Justice retenue, justice déléguée, puis administration juge

Administration juge, justice retenue, puis justice déléguée

Explication

L’évolution passe d’abord par une administration qui jugeait elle-même, puis par la justice retenue, avant l’instauration de la justice déléguée. Cette dernière marque l’émancipation du juge administratif, qui peut alors statuer souverainement.

8. Quel effet la loi du 24 mai 1872 a-t-elle produit sur la justice administrative ?

Elle a supprimé la compétence du Conseil d’État au profit des juridictions judiciaires.
Elle a rétabli la justice retenue, laissant au pouvoir administratif la maîtrise de la décision.
Elle a consacré la justice déléguée, permettant au juge administratif de statuer souverainement.
Elle a confié au Conseil constitutionnel le règlement des litiges administratifs.

Elle a consacré la justice déléguée, permettant au juge administratif de statuer souverainement.

Explication

La loi du 24 mai 1872 consacre la justice déléguée et permet au Conseil d’État ainsi qu’à la juridiction administrative de rendre eux-mêmes des décisions souveraines. La justice retenue correspondait au stade antérieur, dans lequel l’autorité administrative pouvait encore neutraliser la décision contentieuse.

9. Quelle est la portée principale de l’arrêt Blanco du 8 février 1873 ?

Il affirme que les contrats administratifs doivent être jugés par le Conseil constitutionnel.
Il écarte le droit civil pour la responsabilité administrative et reconnaît des règles spéciales relevant du juge administratif.
Il soumet la responsabilité administrative aux règles civiles et attribue les litiges aux juridictions judiciaires.
Il établit que toute responsabilité d’une personne publique relève du droit pénal général.

Il écarte le droit civil pour la responsabilité administrative et reconnaît des règles spéciales relevant du juge administratif.

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité administrative obéit à des règles spéciales distinctes du droit civil et relève de la compétence administrative. Il constitue donc une décision fondatrice de l’autonomie du droit administratif, et non un rattachement au droit civil ou au droit pénal.

10. Pourquoi l’autonomie du droit administratif est-elle qualifiée de relative ?

Parce qu’il dépend des juridictions judiciaires tout en excluant les décisions des juges administratifs.
Parce qu’il est entièrement codifié et demeure séparé des évolutions européennes du droit.
Parce qu’il concerne les personnes publiques mais ne comporte aucune règle issue de la jurisprudence.
Parce qu’il est largement jurisprudentiel tout en reposant aussi sur des sources textuelles et en se rapprochant du droit privé.

Parce qu’il est largement jurisprudentiel tout en reposant aussi sur des sources textuelles et en se rapprochant du droit privé.

Explication

Le droit administratif est autonome et fortement jurisprudentiel, mais il comprend également de nombreuses sources écrites et évolue sous l’influence de la protection des administrés et de l’européanisation du droit. Il ne forme donc pas un système entièrement codifié ou hermétiquement séparé du droit privé.

11. Quelle distinction caractérise la déconcentration par rapport à la décentralisation ?

La déconcentration maintient une soumission hiérarchique à l’État, tandis que la décentralisation accorde une autonomie à des autorités élues.
La déconcentration concerne les juridictions, tandis que la décentralisation concerne les organes consultatifs de l’administration.
La déconcentration supprime le contrôle de l’État, tandis que la décentralisation renforce le lien hiérarchique avec le gouvernement.
La déconcentration confie les compétences à des élus autonomes, tandis que la décentralisation les attribue à des agents nommés par l’État.

La déconcentration maintient une soumission hiérarchique à l’État, tandis que la décentralisation accorde une autonomie à des autorités élues.

Explication

La déconcentration repose sur des autorités nommées et hiérarchiquement soumises à l’État, alors que la décentralisation s’appuie sur des autorités élues disposant d’une autonomie. Confondre les autorités nommées et les autorités élues inverse précisément cette distinction.

12. Dans quelle situation le maire agit-il comme représentant de l’État plutôt que comme autorité décentralisée ?

Lorsqu’il exerce les fonctions d’officier d’état civil.
Lorsqu’il organise les services relevant de la commune.
Lorsqu’il adopte le budget de la commune.
Lorsqu’il définit les priorités de l’action municipale.

Lorsqu’il exerce les fonctions d’officier d’état civil.

Explication

Le maire cumule une fonction d’autorité décentralisée avec une fonction de représentant de l’État, notamment lorsqu’il agit comme officier d’état civil. L’adoption du budget et l’organisation des services relèvent de ses responsabilités municipales.

13. Quelle autorité exerce en principe le pouvoir réglementaire et procède aux nominations administratives, sous réserve d’une attribution législative différente ?

Le Premier ministre
Le maire de la commune concernée
Le ministre chargé du service concerné
Le président du Conseil économique, social et environnemental

Le Premier ministre

Explication

Le Premier ministre est l’autorité de droit commun pour le pouvoir réglementaire et les nominations administratives, sauf disposition attribuant une compétence particulière à une autre autorité. Un ministre peut disposer d’un pouvoir réglementaire fonctionnel, mais cette compétence n’est pas générale.

14. Selon l’arrêt Jamart de 1936, dans quelle limite un ministre peut-il exercer un pouvoir réglementaire sans texte particulier ?

Pour prendre les mesures nécessaires au bon fonctionnement du service placé sous son autorité.
Pour réglementer les collectivités territoriales relevant de son secteur administratif.
Pour édicter tout règlement applicable à l’ensemble de l’administration de l’État.
Pour modifier les règles fixées par une loi dans le domaine de son ministère.

Pour prendre les mesures nécessaires au bon fonctionnement du service placé sous son autorité.

Explication

L’arrêt Jamart reconnaît au ministre un pouvoir réglementaire limité aux mesures nécessaires au fonctionnement du service dont il est le chef. Le pouvoir réglementaire général appartient au Premier ministre, ce qui exclut une compétence ministérielle générale.

15. Quelle est la fonction institutionnelle du Conseil économique, social et environnemental ?

Représenter les catégories socioprofessionnelles et formuler des avis à côté de la représentation parlementaire.
Adopter les lois économiques et sociales en partageant le pouvoir législatif du Parlement.
Diriger les administrations économiques et imposer leurs orientations aux ministres concernés.
Contrôler les juridictions administratives et annuler les décisions contraires à l’intérêt général.

Représenter les catégories socioprofessionnelles et formuler des avis à côté de la représentation parlementaire.

Explication

Le Conseil économique, social et environnemental est un organe constitutionnel consultatif représentant les catégories socioprofessionnelles. Il conseille les pouvoirs publics, mais ne constitue pas une troisième chambre législative.

16. Quelle répartition correspond à la composition du Conseil économique, social et environnemental depuis la réforme de janvier 2021 ?

45 représentants des salariés, 52 des entreprises et professions, 52 de la vie associative et 26 de l’environnement.
52 représentants des salariés, 52 des entreprises et professions, 45 de la vie associative et 26 de l’environnement.
26 représentants des salariés, 45 des entreprises et professions, 52 de la vie associative et 52 de l’environnement.
52 représentants des salariés, 45 des entreprises et professions, 26 de la vie associative et 52 de l’environnement.

52 représentants des salariés, 52 des entreprises et professions, 45 de la vie associative et 26 de l’environnement.

Explication

La composition comprend 52 représentants des salariés, 52 représentants des entreprises et professions, 45 représentants de la vie associative et de la cohésion sociale, ainsi que 26 représentants de l’environnement. Les autres répartitions modifient les effectifs attribués à ces catégories.

17. Quelle possibilité complète l’obligation de consultation du Conseil économique, social et environnemental sur les projets de texte économiques ou sociaux ?

Il peut transformer les projets examinés en lois et imposer leur entrée en vigueur.
Il peut être saisi pour avis ou rapport et peut s’auto-saisir d’une question.
Il peut remplacer le gouvernement dans la préparation des textes économiques et sociaux.
Il peut annuler les décisions administratives prises après une consultation irrégulière.

Il peut être saisi pour avis ou rapport et peut s’auto-saisir d’une question.

Explication

Le Conseil peut recevoir une saisine du gouvernement pour un avis ou un rapport et s’auto-saisir d’une question, en plus des consultations obligatoires. Cette mission consultative ne lui confère pas un pouvoir de décision ou d’annulation.

18. Quels projets sont principalement soumis aux sections administratives du Conseil d’État par le gouvernement ?

Les projets de loi, les projets d’ordonnance et la plupart des projets de décret.
Les recours contentieux, les sanctions disciplinaires et les avis des autorités indépendantes.
Les propositions de loi, les décisions judiciaires et les règlements des collectivités territoriales.
Les contrats administratifs, les budgets locaux et les rapports des corps d’inspection.

Les projets de loi, les projets d’ordonnance et la plupart des projets de décret.

Explication

Les sections administratives examinent les projets de loi, d’ordonnance et la plupart des projets de décret transmis par le gouvernement. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le Parlement peut aussi saisir le Conseil d’État de propositions de loi, mais cette possibilité ne remplace pas les catégories principales énumérées.

19. Comment définir une autorité administrative indépendante dans l’organisation de l’État ?

Une juridiction spécialisée qui exerce ses compétences en dehors de toute structure administrative de l’État.
Un établissement public soumis à la tutelle d’un ministre et doté d’une autonomie de gestion.
Une collectivité territoriale élue disposant d’une compétence générale sur son territoire.
Une autorité administrative sans contrôle hiérarchique ou de tutelle, mais rattachée à l’administration de l’État.

Une autorité administrative sans contrôle hiérarchique ou de tutelle, mais rattachée à l’administration de l’État.

Explication

Une autorité administrative indépendante relève de l’administration de l’État tout en échappant au contrôle hiérarchique et à la tutelle. Elle n’est donc ni une juridiction ni nécessairement un établissement public ou une collectivité territoriale.

20. Quel mécanisme contribue à garantir l’indépendance statutaire des autorités administratives indépendantes ?

La possibilité pour un ministre de modifier leur mandat et de leur adresser des instructions individuelles.
L’interdiction de recevoir des ordres et l’impossibilité d’interrompre leur mandat, généralement non renouvelable.
La révocation libre de leurs membres dès qu’une orientation ne correspond plus à celle du gouvernement.
La soumission de leurs décisions à une validation préalable par l’administration centrale compétente.

L’interdiction de recevoir des ordres et l’impossibilité d’interrompre leur mandat, généralement non renouvelable.

Explication

L’indépendance statutaire est protégée par l’absence d’ordres hiérarchiques, la protection contre l’interruption du mandat et, en général, le caractère non renouvelable de celui-ci. Une révocation libre ou une validation ministérielle préalable créerait au contraire une dépendance institutionnelle.

21. Quelle différence oppose le droit souple au pouvoir de sanction d’une autorité administrative indépendante ?

Le droit souple exige une habilitation judiciaire, tandis que la sanction résulte d’une simple recommandation.
Le droit souple impose une peine, tandis que la sanction présente une orientation dépourvue d’effet obligatoire.
Le droit souple tranche un litige, tandis que la sanction organise une consultation sans effet juridique.
Le droit souple recommande ou oriente, tandis que la sanction produit une décision contraignante.

Le droit souple recommande ou oriente, tandis que la sanction produit une décision contraignante.

Explication

Les recommandations et lignes directrices relèvent du droit souple, qui vise à orienter les comportements, tandis que le pouvoir de sanction produit une décision contraignante. Assimiler la recommandation à une peine inverse la portée juridique de ces deux instruments.

22. Quelle mission est attribuée à la Commission nationale de l’informatique et des libertés, créée en 1978 ?

Contrôler les élections nationales et vérifier la régularité des comptes des partis politiques.
Organiser les communications audiovisuelles et attribuer les autorisations aux chaînes de télévision.
Surveiller les marchés financiers et sanctionner les opérations contraires aux règles boursières.
Réguler les données personnelles et vérifier la légalité des informations contenues dans les fichiers déclarés.

Réguler les données personnelles et vérifier la légalité des informations contenues dans les fichiers déclarés.

Explication

La Commission nationale de l’informatique et des libertés régule les données personnelles et contrôle la légalité des informations présentes dans les fichiers déclarés. La surveillance des marchés financiers et la régulation audiovisuelle relèvent d’autres domaines d’intervention.

23. Que désigne la déconcentration administrative ?

Le transfert de compétences de l’État à des collectivités dotées d’organes élus
Le déploiement de l’action de l’État dans des circonscriptions territoriales par des relais de l’administration centrale
La création d’établissements publics chargés de gérer des services nationaux
La délégation de missions publiques à des organismes privés locaux

Le déploiement de l’action de l’État dans des circonscriptions territoriales par des relais de l’administration centrale

Explication

La déconcentration étend l’action de l’administration centrale sur le territoire grâce à ses propres relais. Elle se distingue de la décentralisation, qui attribue des compétences à des collectivités distinctes de l’État.

24. Quel objectif caractérise principalement la déconcentration de l’administration de l’État ?

Remplacer les représentants de l’État par des assemblées territoriales élues
Permettre aux collectivités de fixer librement les règles nationales applicables
Concilier l’unité de la République avec des décisions plus proches et plus efficaces
Accroître l’autonomie politique des collectivités par rapport au pouvoir central

Concilier l’unité de la République avec des décisions plus proches et plus efficaces

Explication

La déconcentration cherche à préserver l’unité et l’égalité de traitement tout en rapprochant les décisions des administrés. Elle ne renforce pas l’autonomie des collectivités, qui relève de la décentralisation.

25. Quelle fonction correspond au rôle du préfet dans le département ?

Juger les litiges opposant les collectivités territoriales à l’administration de l’État
Représenter l’État et veiller notamment à l’ordre public, au respect des lois et à l’exécution des décisions gouvernementales
Administrer la collectivité départementale en tant qu’organe élu par les habitants
Voter le budget départemental et diriger les services propres du conseil départemental

Représenter l’État et veiller notamment à l’ordre public, au respect des lois et à l’exécution des décisions gouvernementales

Explication

Le préfet représente l’État dans le département et exerce des missions liées aux intérêts nationaux, au contrôle administratif, à l’ordre public et à l’exécution gouvernementale. Le conseil départemental, le juge administratif et les services de la collectivité relèvent d’autres fonctions.

26. Quelle particularité caractérise le préfet de région depuis sa création en 1964 ?

Il exerce une autorité générale sur les préfets, y compris pour la sécurité publique et le séjour des étrangers
Il est aussi le préfet du département chef-lieu et exerce une autorité sur les préfets de département, avec certaines exceptions
Il dirige les collectivités régionales et peut annuler leurs actes sans intervention du juge administratif
Il représente la région auprès de l’État et reçoit son mandat d’une assemblée élue au suffrage universel

Il est aussi le préfet du département chef-lieu et exerce une autorité sur les préfets de département, avec certaines exceptions

Explication

Le préfet de région est également préfet du département chef-lieu et coordonne les préfets de département. Son autorité connaît toutefois des exceptions, notamment pour le contrôle des collectivités, la sécurité publique et l’entrée et le séjour des étrangers.

27. Quelle opposition distingue les traditions jacobine et girondine en matière d’organisation territoriale ?

La tradition jacobine repose sur l’élection locale, tandis que la tradition girondine confie les décisions aux représentants de l’État
La tradition jacobine défend la différenciation territoriale, tandis que la tradition girondine recherche une administration uniforme
La tradition jacobine valorise autonomie et proximité, tandis que la tradition girondine privilégie unité et centralisation
La tradition jacobine associe égalité et centralisation, tandis que la tradition girondine valorise proximité et liberté locale

La tradition jacobine associe égalité et centralisation, tandis que la tradition girondine valorise proximité et liberté locale

Explication

Le jacobinisme met l’accent sur l’égalité territoriale et la centralisation. La tradition girondine privilégie au contraire la proximité des décisions et la liberté locale.

28. Quels sont les trois niveaux de collectivités territoriales de droit commun en France ?

La région, l’arrondissement et le canton
Le département, l’intercommunalité et la commune
La région, le département et la commune
La commune, le canton et l’établissement public local

La région, le département et la commune

Explication

Les trois niveaux de droit commun sont la région, le département et la commune. Des collectivités dérogatoires au droit commun existent également, notamment outre-mer.

29. Quelle caractéristique permet de définir une collectivité territoriale ?

C’est une personne morale publique distincte de l’État, administrée par des élus et disposant de ressources propres
C’est un organisme privé chargé d’une mission locale sous le contrôle d’une préfecture
C’est une circonscription administrative dépourvue de budget et d’organes élus
C’est un service de l’État dirigé par un agent nommé et financé par le budget national

C’est une personne morale publique distincte de l’État, administrée par des élus et disposant de ressources propres

Explication

Une collectivité territoriale possède une personnalité juridique distincte de l’État, des organes élus, un budget et des ressources propres. Un service déconcentré, lui, appartient à l’administration étatique et n’a pas cette autonomie.

30. Que peut faire le préfet s’il estime qu’un acte d’une collectivité territoriale est illégal ?

Le remplacer par un acte préfectoral adopté au nom de la collectivité
Le soumettre à une approbation préalable avant toute entrée en vigueur
Le déférer au tribunal administratif afin que le juge se prononce sur sa légalité
L’annuler directement par une décision préfectorale immédiatement exécutoire

Le déférer au tribunal administratif afin que le juge se prononce sur sa légalité

Explication

Le préfet ne peut pas annuler lui-même l’acte : il doit saisir le tribunal administratif par un déféré préfectoral. Cette règle correspond au contrôle de légalité exercé a posteriori.

31. Comment s’exerce le contrôle de légalité sur les actes des collectivités territoriales ?

Il intervient avant l’entrée en vigueur de l’acte et permet au préfet de l’approuver ou de le refuser
Il intervient après l’adoption de l’acte et peut conduire le préfet à demander sa modification puis à saisir le tribunal administratif
Il consiste à apprécier l’intérêt politique de l’acte avant son adoption par l’assemblée locale
Il permet au préfet de remplacer l’acte contesté par une décision prise au nom de la collectivité

Il intervient après l’adoption de l’acte et peut conduire le préfet à demander sa modification puis à saisir le tribunal administratif

Explication

Le contrôle de légalité est exercé après l’adoption de l’acte et porte sur sa conformité au droit. L’ancienne tutelle préalable ne correspond plus au régime actuel, et le préfet doit saisir le juge pour obtenir l’annulation.

32. Quel est l’effet d’un recours gracieux adressé au préfet pour lui demander de déférer un acte au tribunal administratif ?

Il suspend le délai contentieux, qui recommence pour deux mois à compter de la réponse du préfet
Il annule provisoirement l’acte et impose au tribunal de statuer dans un délai raccourci
Il transfère au préfet le pouvoir de juger définitivement la légalité de l’acte contesté
Il déclenche automatiquement une nouvelle délibération de la collectivité dans le mois suivant

Il suspend le délai contentieux, qui recommence pour deux mois à compter de la réponse du préfet

Explication

Le recours gracieux suspend le délai de recours contentieux et permet au requérant de disposer à nouveau de deux mois après la réponse du préfet. Il ne confère pas au préfet le pouvoir de rendre une décision juridictionnelle.

33. Quelle transformation majeure résulte de la loi du 2 mars 1982 ?

Elle rétablit une approbation préalable des actes locaux et supprime les régions comme collectivités territoriales
Elle confie aux préfets la gestion directe des communes et retire aux collectivités leurs compétences propres
Elle crée les départements, instaure le contrôle d’opportunité et centralise les budgets locaux
Elle remplace la tutelle par un contrôle de légalité a posteriori, crée les régions comme niveau de collectivité et transfère des compétences

Elle remplace la tutelle par un contrôle de légalité a posteriori, crée les régions comme niveau de collectivité et transfère des compétences

Explication

La loi de 1982 marque une étape majeure de la décentralisation en substituant un contrôle a posteriori à la tutelle, en créant les régions comme collectivités et en transférant des compétences. Elle ne renforce donc pas l’approbation préalable par les préfets.

34. Quelle évolution est associée à la révision constitutionnelle de 2003 et à la loi de 2004 ?

La suppression de l’autonomie financière locale et le retour à une tutelle administrative préalable
La généralisation d’un contrôle d’opportunité permettant au préfet de modifier les décisions locales
Le renforcement d’une République décentralisée par la subsidiarité, l’expérimentation, le référendum local décisionnel et l’autonomie financière
La réduction des compétences régionales au profit d’une gestion directe par les préfectures

Le renforcement d’une République décentralisée par la subsidiarité, l’expérimentation, le référendum local décisionnel et l’autonomie financière

Explication

La réforme de 2003-2004 approfondit la décentralisation en consacrant plusieurs mécanismes, dont la subsidiarité, l’expérimentation, le référendum local décisionnel et l’autonomie financière. Elle ne rétablit ni la tutelle ni un contrôle d’opportunité.

35. Quel effet la présence d’environ 35 000 communes en France produit-elle sur l’action communale ?

Elle uniformise les décisions locales, mais renforce les compétences communales
Elle favorise une vie politique locale riche, mais peut limiter les moyens disponibles
Elle concentre les services publics, mais élargit les ressources fiscales communales
Elle réduit la participation locale, mais augmente les ressources de chaque commune

Elle favorise une vie politique locale riche, mais peut limiter les moyens disponibles

Explication

Le grand nombre de communes favorise la diversité et l’activité de la vie politique locale, tout en rendant souvent les moyens disponibles plus limités. L’idée d’une réduction de la participation locale ne correspond donc pas à cet effet.

36. Quel mode de scrutin s’applique dans une commune de moins de 3 500 habitants ?

Un scrutin uninominal avec deux tours obligatoires
Un scrutin de liste permettant le panachage
Un scrutin proportionnel sans modification des listes
Un scrutin mixte associant proportionnelle et prime majoritaire

Un scrutin de liste permettant le panachage

Explication

Dans les communes de moins de 3 500 habitants, le scrutin de liste permet aux électeurs de pratiquer le panachage. Le scrutin combinant représentation proportionnelle et prime majoritaire concerne les communes de plus de 3 500 habitants.

37. Quelle fonction le maire exerce-t-il en tant que représentant de l’État ?

Il dirige les collèges et les services départementaux d’incendie
Il vote les lois et contrôle les juridictions administratives
Il organise les transports régionaux et la formation professionnelle
Il agit comme officier d’état civil et officier de police judiciaire

Il agit comme officier d’état civil et officier de police judiciaire

Explication

Le maire représente notamment l’État comme officier d’état civil et officier de police judiciaire. L’exécution des délibérations municipales et l’exercice des pouvoirs de police relèvent plutôt de son rôle d’exécutif communal.

38. Laquelle de ces compétences relève principalement de la région ?

La gestion du revenu de solidarité active et des collèges
La gestion des services départementaux d’incendie et de secours
L’aide sociale à l’enfance et aux personnes âgées
Le développement économique et le transport ferroviaire régional

Le développement économique et le transport ferroviaire régional

Explication

La région intervient notamment dans le développement économique et le transport ferroviaire régional, ainsi que dans les lycées et la formation professionnelle. La gestion du RSA et des collèges relève du département.

39. Quelle distinction oppose les collectivités relevant des articles 73 et 74 de la Constitution ?

L’article 73 concerne les collectivités sans compétences propres, tandis que l’article 74 concerne les communes métropolitaines
L’article 73 attribue les compétences départementales, tandis que l’article 74 attribue les compétences régionales
L’article 73 repose sur la spécialité législative, tandis que l’article 74 repose sur l’assimilation législative
L’article 73 repose sur l’assimilation législative, tandis que l’article 74 repose sur la spécialité législative

L’article 73 repose sur l’assimilation législative, tandis que l’article 74 repose sur la spécialité législative

Explication

Les collectivités relevant de l’article 73 appliquent en principe les lois nationales selon l’assimilation législative, tandis que celles relevant de l’article 74 disposent d’un régime fondé sur la spécialité législative. La réponse inverse cette distinction fondamentale.

40. Quelle combinaison de compétences caractérise la métropole de Lyon ?

Elle exerce les compétences d’une intercommunalité et celles d’un département
Elle exerce les compétences d’un département et celles d’une collectivité ultramarine
Elle exerce les compétences d’une commune et celles d’un établissement hospitalier
Elle exerce les compétences d’une région et celles d’une commune rurale

Elle exerce les compétences d’une intercommunalité et celles d’un département

Explication

La métropole de Lyon est une collectivité territoriale dérogatoire qui réunit sur son territoire des compétences intercommunales et départementales. Elle ne se définit donc pas par l’association de compétences régionales ou hospitalières.

41. Quelle définition correspond à un établissement public ?

Une société privée chargée par contrat d’une activité économique locale
Un service administratif interne dépourvu de budget et d’organes autonomes
Une mission d’intérêt général assurée par une administration sans personnalité juridique propre
Une personne morale de droit public distincte, rattachée à une collectivité ou à l’État et chargée d’une mission de service public

Une personne morale de droit public distincte, rattachée à une collectivité ou à l’État et chargée d’une mission de service public

Explication

L’établissement public possède une personnalité morale de droit public, des organes et un budget propres, tout en étant rattaché à l’État ou à une collectivité. Une mission de service public désigne une activité, et non une personne morale.

42. Quelle distinction caractérise un EPA par rapport à un EPIC ?

L’EPA exerce principalement une activité administrative, tandis que l’EPIC exerce une activité économique
L’EPA dépend d’une commune, tandis que l’EPIC dépend nécessairement de l’État
L’EPA relève principalement du droit privé, tandis que l’EPIC relève principalement du droit public
L’EPA exerce principalement une activité économique, tandis que l’EPIC exerce une activité administrative

L’EPA exerce principalement une activité administrative, tandis que l’EPIC exerce une activité économique

Explication

L’EPA relève principalement d’une activité administrative et du droit public, tandis que l’EPIC exerce une activité industrielle et commerciale avec une place plus importante du droit privé. Le rattachement de ces établissements ne dépend pas nécessairement de l’autorité indiquée.

43. Dans quel cas une activité annexe peut-elle être exercée par un établissement public malgré le principe de spécialité ?

Lorsqu’elle concerne un domaine administratif proche sans lien avec sa mission
Lorsqu’elle présente un intérêt général et constitue le complément normal de l’activité statutaire principale
Lorsqu’elle est décidée par une entreprise privée partenaire de l’établissement
Lorsqu’elle procure un bénéfice financier supérieur à celui de l’activité principale

Lorsqu’elle présente un intérêt général et constitue le complément normal de l’activité statutaire principale

Explication

Le principe de spécialité autorise une activité annexe lorsqu’elle présente un intérêt général et complète normalement la mission statutaire principale. Un bénéfice financier ou une simple proximité administrative ne suffit pas à établir ce lien.

44. Quel est l’objectif principal de l’intercommunalité ?

Remplacer les communes par une collectivité territoriale unique dotée de compétences générales
Permettre à plusieurs communes d’exercer ensemble certaines compétences au sein d’un établissement public
Transférer les compétences locales vers l’État afin d’unifier leur exercice
Confier les compétences communales à des sociétés privées chargées de réduire les dépenses

Permettre à plusieurs communes d’exercer ensemble certaines compétences au sein d’un établissement public

Explication

L’intercommunalité organise l’exercice commun de compétences par plusieurs communes au sein d’un établissement public de coopération intercommunale, notamment pour partager les coûts ou dépasser les limites communales. Elle ne supprime pas en principe les communes et ne constitue pas une privatisation des compétences.

45. Quelle distinction décrit correctement la police administrative et la police judiciaire ?

La police administrative indemnise les victimes, tandis que la police judiciaire organise les services publics.
La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire réprime les infractions.
La police administrative juge les auteurs, tandis que la police judiciaire réglemente les activités dangereuses.
La police administrative réprime les infractions, tandis que la police judiciaire prévient les troubles.

La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire réprime les infractions.

Explication

La police administrative vise à prévenir les atteintes à l’ordre public, alors que la police judiciaire recherche et poursuit les auteurs d’infractions. Confondre ces fonctions revient à attribuer une mission répressive à la police administrative.

46. Selon quel critère une opération est-elle qualifiée d’administrative ou de judiciaire ?

Selon la nature de l’autorité qui a financé l’intervention.
Selon le lieu où l’opération est menée et la gravité du trouble.
Selon le statut hiérarchique de l’agent qui réalise l’opération.
Selon la finalité réelle de l’opération et les intentions de son auteur.

Selon la finalité réelle de l’opération et les intentions de son auteur.

Explication

La qualification dépend du but effectivement poursuivi et des intentions de l’auteur, conformément à l’arrêt CE, Société Frampar, 1960. Le statut de l’agent ne suffit donc pas à déterminer la nature de l’opération.

47. Quelles composantes constituent principalement l’ordre public au sens de la police administrative générale ?

La fiscalité, la solidarité et la continuité économique.
La défense nationale, la justice et la représentation politique.
La moralité, la dignité et la liberté contractuelle.
La sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques.

La sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques.

Explication

L’ordre public repose principalement sur la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques, conformément à l’article L2212-2 du code général des collectivités territoriales. La moralité et la dignité peuvent compléter cette notion, mais n’en constituent pas les trois composantes principales.

48. Quelle décision a reconnu la dignité de la personne humaine comme une composante de l’ordre public ?

L’arrêt CE, Société Frampar, 1960.
L’arrêt CE, Ville de Castelnaudary, 1932.
L’arrêt CE, Commune de Morsang-sur-Orge, 1995.
L’arrêt CE, Commune de Néris-les-Bains, 1902.

L’arrêt CE, Commune de Morsang-sur-Orge, 1995.

Explication

L’arrêt CE, Commune de Morsang-sur-Orge, 1995, admet que la dignité de la personne humaine peut relever de l’ordre public. Les autres décisions citées portent sur la qualification des opérations, les pouvoirs de police ou leur délégation.

49. Comment la police administrative générale se distingue-t-elle des polices administratives spéciales ?

La police générale appartient aux juridictions, tandis que la police spéciale relève des autorités privées.
La police générale protège l’ensemble de la population, tandis que la police spéciale vise un domaine déterminé.
La police générale intervient après une infraction, tandis que la police spéciale recherche ses auteurs.
La police générale concerne une activité précise, tandis que la police spéciale protège l’ensemble de la population.

La police générale protège l’ensemble de la population, tandis que la police spéciale vise un domaine déterminé.

Explication

La police administrative générale protège l’ordre public pour toute la population, alors qu’une police spéciale s’applique à certaines personnes, activités ou matières. La police spéciale peut par exemple concerner les étrangers, le cinéma, les taxis ou la chasse.

50. Quelle répartition correspond au pouvoir de police administrative générale sous la Ve République ?

Le Premier ministre agit au niveau national, le préfet dans le département et le maire dans la commune.
Le maire agit au niveau national, le Premier ministre dans le département et le préfet dans la commune.
Le préfet agit au niveau national, le maire dans le département et le Premier ministre dans la commune.
Le président du conseil départemental agit au niveau national, le maire dans le département et le préfet dans la commune.

Le Premier ministre agit au niveau national, le préfet dans le département et le maire dans la commune.

Explication

Le Premier ministre détient le pouvoir de police générale au niveau national, le préfet l’exerce dans son département et le maire dans sa commune. À Paris, la compétence municipale de police appartient au préfet de police, ce qui constitue une exception importante.

51. Que peut faire une autorité de police générale inférieure lorsqu’une autorité supérieure a déjà pris une mesure de police ?

Elle peut remplacer la mesure supérieure par une règle contraire applicable à son territoire.
Elle peut aggraver la mesure en raison de circonstances locales, sans la contredire.
Elle peut suspendre la mesure supérieure dès qu’elle estime le trouble insuffisant.
Elle peut supprimer la mesure supérieure si son territoire présente une situation différente.

Elle peut aggraver la mesure en raison de circonstances locales, sans la contredire.

Explication

L’arrêt CE, Commune de Néris-les-Bains, 1902, permet à l’autorité inférieure de renforcer une mesure supérieure lorsqu’il existe des circonstances locales particulières. Elle ne peut toutefois pas adopter une mesure qui contredit celle de l’autorité supérieure.

52. Quelle limite à la délégation des pouvoirs de police administrative résulte de l’arrêt CE, Ville de Castelnaudary, 1932 ?

Les compétences liées à l’exercice de la force publique ne peuvent être confiées à une personne privée.
Les personnes privées peuvent exercer la force publique si elles respectent les instructions du maire.
Les missions de police deviennent privées lorsque l’autorité publique manque de moyens matériels.
Les compétences de police peuvent être transférées à une personne privée par une convention générale.

Les compétences liées à l’exercice de la force publique ne peuvent être confiées à une personne privée.

Explication

L’arrêt CE, Ville de Castelnaudary, 1932, interdit de déléguer à une personne privée les compétences inhérentes à l’exercice de la force publique. Une personne privée peut éventuellement participer à certaines tâches matérielles, mais elle ne peut recevoir le pouvoir de police lui-même.

53. Quel principe gouverne l’articulation entre liberté et restriction en matière de police administrative ?

La liberté et la restriction ont une valeur identique dans toute situation.
La liberté est la règle et la restriction constitue l’exception.
La protection de l’ordre public permet de privilégier automatiquement la restriction.
La restriction est la règle et la liberté constitue une tolérance administrative.

La liberté est la règle et la restriction constitue l’exception.

Explication

En matière de police, la liberté doit rester le principe et la restriction l’exception, ce qui conduit à écarter en principe les interdictions générales et absolues. La seule invocation de l’ordre public ne suffit donc pas à justifier une restriction illimitée.

54. Quel enchaînement correspond au contrôle de proportionnalité d’une mesure de police ?

Rechercher une infraction, engager des poursuites, établir la culpabilité et prononcer une sanction adaptée.
Identifier l’atteinte à une liberté, constater le trouble, écarter l’interdiction générale et rechercher une mesure moins attentatoire.
Constater le trouble, choisir l’interdiction la plus large, évaluer ensuite la liberté et écarter toute mesure alternative.
Évaluer le coût administratif, identifier l’autorité compétente, vérifier la durée et confirmer la mesure adoptée.

Identifier l’atteinte à une liberté, constater le trouble, écarter l’interdiction générale et rechercher une mesure moins attentatoire.

Explication

Le contrôle examine successivement l’atteinte à une liberté, la réalité d’un trouble à l’ordre public, l’interdiction de principe des mesures générales et absolues, puis l’existence d’une mesure moins attentatoire. Une mesure de police ne se justifie donc pas par sa seule commodité administrative.

55. Quelle exigence l’arrêt CE, Benjamin, 1933, impose-t-il aux mesures de police ?

Elles doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à la réalité des troubles.
Elles doivent répondre à tout risque hypothétique par une interdiction étendue.
Elles doivent être identiques pour toutes les communes confrontées à des risques comparables.
Elles doivent privilégier la protection collective même lorsque des mesures moins contraignantes existent.

Elles doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à la réalité des troubles.

Explication

L’arrêt CE, Benjamin, 1933, impose d’ajuster la mesure à la réalité des troubles en vérifiant sa nécessité, son adaptation et sa proportionnalité. Une interdiction plus large que ce qu’exige la situation méconnaît cette exigence.

56. Quelle définition correspond au service public en droit administratif ?

Une activité lucrative exercée par une entreprise privée sous la surveillance générale de l’administration
Une activité d’intérêt général assumée ou contrôlée par une personne publique et soumise en partie à un régime dérogatoire
Un organisme public chargé de satisfaire les besoins collectifs selon les règles ordinaires du droit privé
Une institution administrative investie d’une mission de police et financée par des contributions publiques

Une activité d’intérêt général assumée ou contrôlée par une personne publique et soumise en partie à un régime dérogatoire

Explication

Le service public désigne d’abord une activité d’intérêt général, assumée ou contrôlée par une personne publique et soumise au moins partiellement à des règles particulières. Le langage courant confond souvent cette activité avec l’organisme qui la gère, mais cette assimilation est juridiquement inexacte.

57. Quels éléments l’arrêt CE, Narcy de 1963 retenait-il pour identifier une activité de service public ?

La continuité de l’activité, l’égalité des usagers et l’absence de toute finalité commerciale
La personnalité morale publique, la gratuité du service et l’exercice d’un pouvoir réglementaire
La gestion directe, le financement fiscal et l’existence d’un monopole légal
L’intérêt général, le contrôle public et des prérogatives de puissance publique ou des règles exorbitantes

L’intérêt général, le contrôle public et des prérogatives de puissance publique ou des règles exorbitantes

Explication

L’arrêt Narcy associe la poursuite d’un intérêt général, le contrôle des pouvoirs publics et l’existence de prérogatives de puissance publique ou de règles exorbitantes. La gestion directe ou la gratuité ne constituent pas les trois critères formulés par cet arrêt.

58. Quelle distinction caractérise principalement un SPA par rapport à un SPIC ?

Le SPA relève surtout du droit public, tandis que le SPIC fonctionne selon des modalités proches de l’entreprise et relève surtout du droit privé
Le SPA est soumis à la continuité, tandis que le SPIC est organisé sans obligation de fonctionnement régulier
Le SPA est géré par une personne privée, tandis que le SPIC est nécessairement administré directement par l’État
Le SPA poursuit un intérêt général, tandis que le SPIC exerce une activité dépourvue de toute mission collective

Le SPA relève surtout du droit public, tandis que le SPIC fonctionne selon des modalités proches de l’entreprise et relève surtout du droit privé

Explication

Le service public administratif est principalement régi par le droit public, alors que le service public industriel et commercial présente un fonctionnement proche de celui d’une entreprise et relève principalement du droit privé. Les deux catégories poursuivent toutefois une mission d’intérêt général et peuvent être soumises à des exigences de continuité.

59. Quels critères permettent de distinguer un SPA d’un SPIC selon l’arrêt Union syndicale des industries aéronautiques de 1956 ?

L’objet du service, l’origine de ses ressources et ses modalités d’organisation et de fonctionnement
La nationalité des usagers, la durée de la mission et le statut des élus locaux
La gratuité du service, son ancienneté et la personnalité juridique de ses bénéficiaires
Le nombre d’agents, la localisation des installations et la nature des sanctions applicables

L’objet du service, l’origine de ses ressources et ses modalités d’organisation et de fonctionnement

Explication

L’arrêt Union syndicale des industries aéronautiques retient l’objet du service, l’origine de ses ressources et ses modalités d’organisation et de fonctionnement. Le nombre d’agents ou l’ancienneté du service ne sont pas les critères de référence pour cette distinction.

60. À qui s’applique le principe d’égalité devant les services publics ?

Aux agents publics, mais pas aux personnes utilisant un service administratif
Aux agents comme aux usagers des services publics
Aux usagers bénéficiaires, mais pas aux agents qui les font fonctionner
Aux personnes publiques responsables, sans concerner les rapports avec les usagers

Aux agents comme aux usagers des services publics

Explication

Le principe d’égalité devant les services publics concerne à la fois les agents et les usagers. Il prolonge le principe d’égalité devant la loi proclamé par l’article 1er de la DDHC, ce qui exclut de le limiter à une seule de ces catégories.

61. Pourquoi le Conseil d’État a-t-il annulé la décision contestée dans l’arrêt Barel de 1954 ?

Parce qu’un service public avait interrompu son fonctionnement pendant une grève
Parce qu’un agent public avait refusé de respecter une obligation de neutralité religieuse
Parce qu’un candidat à l’ENA avait été écarté en raison de ses opinions politiques
Parce qu’un usager avait été soumis à un tarif différent sans fondement légal

Parce qu’un candidat à l’ENA avait été écarté en raison de ses opinions politiques

Explication

Dans l’arrêt Barel, le Conseil d’État a annulé le refus d’admission à l’ENA motivé par les idées politiques du candidat. Cette décision illustre l’interdiction des discriminations politiques dans l’accès à la fonction publique.

62. Dans quelle situation une différence tarifaire entre usagers d’un service public est-elle admise selon l’arrêt Denoyez et Chorques ?

Lorsqu’elle répond à une préférence politique de la collectivité gestionnaire ou à une différence de revenu
Lorsqu’elle favorise les habitants du territoire administratif où le service est implanté
Lorsqu’elle repose sur une différence objective de situation ou sur une disposition législative
Lorsqu’elle est décidée par l’administration après consultation des usagers concernés

Lorsqu’elle repose sur une différence objective de situation ou sur une disposition législative

Explication

Une différence tarifaire est admissible si elle repose sur une différence objective de situation ou sur une disposition législative. Dans l’affaire Denoyez et Chorques, la situation particulière des habitants de l’île de Ré pouvait être prise en compte, contrairement à une distinction fondée sur le seul département de résidence.

63. Quelle règle découle du principe de neutralité applicable aux agents du service public ?

Les agents bénéficient d’une liberté d’expression plus étendue lorsqu’ils interviennent auprès de personnes vulnérables
Les agents doivent adopter les convictions majoritaires des usagers afin de préserver la confiance dans le service
Les agents peuvent afficher leurs convictions si aucun usager ne formule de réclamation à leur sujet
Les agents doivent s’abstenir de manifester leurs opinions personnelles, notamment politiques ou religieuses, dans l’exercice de leurs fonctions

Les agents doivent s’abstenir de manifester leurs opinions personnelles, notamment politiques ou religieuses, dans l’exercice de leurs fonctions

Explication

La neutralité impose aux agents de ne pas manifester leurs opinions personnelles, notamment politiques ou religieuses, dans le cadre du service. Cette obligation ne se confond pas avec la liberté de croyance des usagers adultes, qui ne sont pas soumis à la même règle en cette qualité.

64. Qu’est-ce qui caractérise un acte administratif unilatéral ?

Il constitue une déclaration privée dont les effets dépendent d’une acceptation individuelle
Il repose sur une négociation préalable entre plusieurs personnes publiques et plusieurs usagers
Il est édicté sans le consentement de ses destinataires afin de régir leur situation juridique
Il résulte d’un accord entre l’administration et ses destinataires pour organiser leurs obligations réciproques

Il est édicté sans le consentement de ses destinataires afin de régir leur situation juridique

Explication

L’acte administratif unilatéral procède d’une seule volonté et peut régir la situation juridique de ses destinataires sans leur consentement. Cette caractéristique le distingue du contrat administratif, qui repose sur un accord de volontés.

65. Quelle différence oppose un acte décisoire à un acte non décisoire ?

L’acte décisoire modifie l’ordonnancement juridique, tandis que l’acte non décisoire ne produit normalement pas de tels effets
L’acte décisoire est nécessairement réglementaire, tandis que l’acte non décisoire présente toujours un caractère individuel
L’acte décisoire est signé par une personne publique, tandis que l’acte non décisoire est signé par une personne privée
L’acte décisoire concerne les usagers, tandis que l’acte non décisoire concerne exclusivement les agents publics

L’acte décisoire modifie l’ordonnancement juridique, tandis que l’acte non décisoire ne produit normalement pas de tels effets

Explication

Un acte décisoire confère des pouvoirs ou impose des obligations en modifiant l’ordonnancement juridique. Un acte non décisoire, comme un simple avis ou renseignement, ne produit normalement pas de tels effets juridiques directs.

66. Dans quelle situation un acte de droit souple peut-il être contesté depuis l’arrêt Fairvesta de 2016 ?

Lorsqu’il contient une recommandation générale dépourvue d’incidence concrète sur ses destinataires
Lorsqu’il produit des effets notables ou influe de manière significative sur les comportements
Lorsqu’il est adopté par une personne privée sans lien avec l’exercice d’une mission publique
Lorsqu’il présente une formulation impérative, même sans conséquence sur les droits ou comportements

Lorsqu’il produit des effets notables ou influe de manière significative sur les comportements

Explication

L’arrêt Fairvesta permet exceptionnellement de contester un acte de droit souple lorsqu’il produit des effets notables ou influence significativement les comportements. Une formulation impérative prise isolément ne suffit pas si l’acte n’a aucune incidence concrète.

67. Selon quels critères la compétence de l’auteur d’un acte administratif est-elle déterminée ?

Selon l’ancienneté de l’autorité, la hiérarchie administrative et la publicité donnée à l’acte
Selon la matière concernée, la période pendant laquelle il peut agir et le territoire de son intervention
Selon l’objet financier de l’acte, le statut des usagers et la durée de la procédure
Selon la nature politique de la décision, le nombre de destinataires et le montant de la dépense

Selon la matière concernée, la période pendant laquelle il peut agir et le territoire de son intervention

Explication

La compétence de l’auteur d’un acte administratif s’apprécie ratione materiae, ratione temporis et ratione loci, c’est-à-dire selon la matière, le temps et le territoire. Les autres critères proposés peuvent parfois avoir une incidence contextuelle, mais ils ne constituent pas les trois dimensions de la compétence.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 88 flashcards sur Organisation administrative de l’État.

Qu'est-ce que le droit administratif ?

L'ensemble des règles spécifiques régissant l'activité administrative.

Comment se comprend l'administration au sens fonctionnel ?

Comme l'activité de gestion des affaires ou des biens.

Comment se comprend l'administration au sens organique ?

Comme l'ensemble des personnes publiques exerçant cette activité.

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