QCM : Origines et consolidation du droit administratif (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel événement constitue une césure majeure dans la généalogie de la juridiction administrative française ?

La loi du 24 mai 1872
La création du Conseil d’État en 1800
La Révolution française de 1789
L’arrêt Cadot du 13 décembre 1889

La Révolution française de 1789

Explication

La Révolution française de 1789 marque une rupture majeure dans la formation historique de la juridiction administrative. La loi de 1872 et l’arrêt Cadot sont des étapes ultérieures de cette évolution.

2. Quelle règle découle de l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Le Conseil d’État reçoit compétence pour juger directement les recours dirigés contre l’administration.
Le juge judiciaire ne peut connaître des affaires administratives ni troubler l’action des autorités administratives.
Les litiges administratifs doivent être tranchés par une juridiction spécialisée indépendante du pouvoir exécutif.
L’administration peut régler les litiges privés lorsque ceux-ci présentent un intérêt général.

Le juge judiciaire ne peut connaître des affaires administratives ni troubler l’action des autorités administratives.

Explication

L’article 13 interdit aux juges judiciaires d’intervenir dans les opérations des corps administratifs et de connaître des affaires administratives. Cette séparation n’implique toutefois pas que les litiges soient dépourvus de juge, car ils sont d’abord confiés à l’administration.

3. Après l’exclusion du juge judiciaire, à qui les litiges administratifs sont-ils d’abord confiés ?

À l’administration elle-même
À une commission parlementaire chargée du contentieux
Au Conseil d’État statuant souverainement
Au chef de l’État agissant comme juge judiciaire

À l’administration elle-même

Explication

Après l’exclusion du juge judiciaire, l’administration examine elle-même les litiges administratifs. Le Conseil d’État n’acquiert que progressivement une compétence juridictionnelle propre et souveraine.

4. Quelle institution la Constitution du 22 frimaire an VIII crée-t-elle, avec une double fonction consultative et contentieuse ?

La Cour de cassation
Le Conseil d’État
La commission du contentieux
Le Conseil constitutionnel

Le Conseil d’État

Explication

La Constitution du 22 frimaire an VIII crée le Conseil d’État, chargé de conseiller l’exécutif et d’exercer une mission contentieuse administrative. La commission du contentieux apparaît ensuite au sein de cette institution, en 1806.

5. Quelle différence distingue la justice retenue de la justice déléguée ?

La justice retenue garantit l’inamovibilité des conseillers, tandis que la justice déléguée autorise leur révocation par le gouvernement.
La justice retenue rend les audiences publiques, tandis que la justice déléguée impose une procédure exclusivement écrite.
La justice retenue laisse l’exécutif modifier les décisions du Conseil d’État, tandis que la justice déléguée lui permet de statuer souverainement.
La justice retenue confie les litiges au juge judiciaire, tandis que la justice déléguée les remet à l’administration active.

La justice retenue laisse l’exécutif modifier les décisions du Conseil d’État, tandis que la justice déléguée lui permet de statuer souverainement.

Explication

Dans le système de justice retenue, le chef de l’exécutif peut modifier ou annuler la décision du Conseil d’État. La justice déléguée confère au Conseil d’État le pouvoir de juger souverainement les litiges administratifs.

6. Quel effet l’article 9 de la loi du 24 mai 1872 produit-il sur le Conseil d’État ?

Il met fin à la justice retenue et consacre la justice déléguée.
Il abandonne la théorie du ministre juge et reconnaît la compétence directe du Conseil d’État.
Il crée le Conseil d’État et lui attribue une fonction consultative.
Il instaure la publicité des audiences et réorganise la procédure contentieuse.

Il met fin à la justice retenue et consacre la justice déléguée.

Explication

L’article 9 de la loi du 24 mai 1872 met fin à la justice retenue en donnant au Conseil d’État le pouvoir de statuer souverainement. L’abandon de la théorie du ministre juge intervient ensuite avec l’arrêt Cadot de 1889.

7. Quelle évolution est associée à l’arrêt Cadot du Conseil d’État, rendu le 13 décembre 1889 ?

La consécration de la justice déléguée par la fin de la justice retenue.
L’abandon de la théorie du ministre juge et la reconnaissance de la compétence directe du Conseil d’État.
La création du Conseil d’État comme organe consultatif et contentieux de l’exécutif.
La création de la commission du contentieux au sein du Conseil d’État.

L’abandon de la théorie du ministre juge et la reconnaissance de la compétence directe du Conseil d’État.

Explication

Par l’arrêt Cadot de 1889, le Conseil d’État abandonne la théorie du ministre juge et reconnaît sa compétence directe pour connaître des litiges impliquant l’administration. La justice déléguée avait déjà été consacrée par la loi du 24 mai 1872.

8. Quelle est la fonction du rapporteur public lors d’une audience administrative ?

Proposer publiquement et indépendamment une solution au litige sans défendre une partie.
Diriger les débats et imposer aux juges la solution applicable au litige.
Représenter l’administration et soutenir ses conclusions devant la formation de jugement.
Conseiller les parties afin de rechercher un accord avant le prononcé du jugement.

Proposer publiquement et indépendamment une solution au litige sans défendre une partie.

Explication

Le rapporteur public est un magistrat qui présente en audience une proposition indépendante sur la solution du litige. Il ne défend ni l’administration ni l’État et ne dirige pas la formation de jugement.

9. Laquelle de ces garanties caractérise la juridictionnalisation de la justice administrative ?

La priorité donnée à l’efficacité administrative sur les droits des parties
La subordination des juridictions administratives aux services de l’administration active
L’indépendance, l’impartialité et l’équité des juridictions administratives
La possibilité pour l’exécutif de modifier les décisions juridictionnelles

L’indépendance, l’impartialité et l’équité des juridictions administratives

Explication

La juridictionnalisation repose notamment sur l’indépendance, l’impartialité et l’équité, garanties également reconnues au niveau européen. La subordination à l’administration active relève d’une organisation administrative et contredit l’exigence d’indépendance juridictionnelle.

10. À quelle autorité faut-il adresser un recours gracieux contre une décision administrative ?

À l’autorité qui a pris la décision contestée
Au supérieur hiérarchique de cette autorité
Au tribunal administratif territorialement compétent
À l’autorité chargée du contrôle de légalité

À l’autorité qui a pris la décision contestée

Explication

Le recours gracieux est présenté à l’auteur même de la décision contestée. Le recours adressé au supérieur hiérarchique relève du recours hiérarchique et non du recours gracieux.

11. Quelle est la conséquence d’un recours administratif préalable obligatoire avant la saisine du juge administratif ?

Il conditionne la recevabilité du recours contentieux
Il entraîne automatiquement la suspension de la décision
Il transforme le recours contentieux en recours gracieux
Il dispense le requérant de respecter le délai contentieux

Il conditionne la recevabilité du recours contentieux

Explication

Lorsqu’un recours administratif préalable est obligatoire, son absence rend irrecevable le recours introduit devant le juge administratif. En revanche, un recours administratif est en principe facultatif lorsque les textes ne prévoient aucune obligation.

12. Quelle différence caractérise principalement un recours au fond par rapport à un référé ?

Le recours au fond vise une mesure provisoire avant jugement
Le recours au fond vise le règlement définitif du litige
Le recours au fond concerne uniquement les décisions urgentes
Le recours au fond interdit toute intervention ultérieure du juge

Le recours au fond vise le règlement définitif du litige

Explication

Le recours au fond tend à régler définitivement le litige, tandis que le référé apporte une réponse provisoire dans l’attente de la décision au fond. Une mesure de référé ne remplace donc pas nécessairement le jugement définitif.

13. Quel est l’objet principal d’un recours pour excès de pouvoir ?

Faire reconnaître une créance née d’un contrat administratif
Obtenir l’annulation rétroactive d’un acte administratif unilatéral illégal
Faire condamner l’administration à exécuter une obligation contractuelle
Obtenir la réparation intégrale d’un dommage imputable à l’administration

Obtenir l’annulation rétroactive d’un acte administratif unilatéral illégal

Explication

Le recours pour excès de pouvoir contrôle la légalité d’un acte administratif unilatéral et peut conduire à son annulation rétroactive. La reconnaissance d’un droit propre, notamment en responsabilité ou en matière contractuelle, relève principalement du plein contentieux.

14. Quels éléments relèvent de la légalité externe d’un acte administratif unilatéral ?

La responsabilité, le préjudice et le lien de causalité
Le contenu, les motifs et le but poursuivi
La compétence, la procédure et les règles de forme
La créance, le contrat et l’indemnisation demandée

La compétence, la procédure et les règles de forme

Explication

La légalité externe porte sur la compétence de l’auteur, le respect de la procédure et les règles de forme. Le contenu, les motifs et le but de l’acte relèvent de la légalité interne.

15. Lequel de ces éléments constitue un moyen de légalité interne ?

Le détournement de pouvoir
Le défaut de signature de la décision
L’incompétence de l’auteur de l’acte
L’omission d’une formalité procédurale

Le détournement de pouvoir

Explication

Le détournement de pouvoir concerne le but poursuivi par l’administration et relève donc de la légalité interne. L’incompétence, les irrégularités procédurales et les défauts de forme relèvent de la légalité externe.

16. Dans quelle situation le recours de plein contentieux est-il particulièrement approprié ?

Lorsqu’un requérant demande la reconnaissance d’un droit propre en responsabilité
Lorsqu’un requérant sollicite principalement l’annulation d’un acte unilatéral
Lorsqu’un requérant conteste la compétence de l’auteur d’un arrêté
Lorsqu’un requérant invoque une irrégularité de forme dans une décision

Lorsqu’un requérant demande la reconnaissance d’un droit propre en responsabilité

Explication

Le plein contentieux concerne notamment les demandes de responsabilité ou les litiges relatifs aux contrats administratifs, dans lesquels le requérant fait reconnaître un droit propre. La demande principale d’annulation d’un acte unilatéral relève plutôt du recours pour excès de pouvoir.

17. Quelle innovation la loi du 30 juin 2000 a-t-elle introduite dans les procédures de référé administratif ?

Elle a remplacé le jugement au fond par une décision provisoire
Elle a supprimé le recours pour excès de pouvoir en urgence
Elle a réservé les référés aux litiges contractuels
Elle a créé le référé-suspension et le référé-liberté

Elle a créé le référé-suspension et le référé-liberté

Explication

La loi du 30 juin 2000 a rénové les référés administratifs, notamment en créant le référé-suspension et le référé-liberté. Ces procédures complètent le jugement au fond sans s’y substituer.

18. Quelles conditions doivent être réunies pour obtenir un référé-suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ?

Une atteinte grave à une liberté fondamentale et une illégalité manifeste
L’urgence et un doute sérieux quant à la légalité de la décision
Un préjudice financier certain et une faute lourde de l’administration
Une décision définitive et l’accord préalable de l’autorité administrative

L’urgence et un doute sérieux quant à la légalité de la décision

Explication

Le référé-suspension exige l’urgence ainsi qu’un doute sérieux sur la légalité de la décision administrative. L’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale correspond au référé-liberté.

19. Quelle mesure le juge peut-il prendre dans le cadre d’un référé-liberté prévu à l’article L. 521-2 du code de justice administrative ?

L’annulation rétroactive de tout acte administratif contesté sans condition d’urgence
Toute mesure nécessaire pour faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale
La réparation intégrale de tout dommage causé par une décision administrative
La suspension d’une décision dès qu’un recours administratif a été déposé

Toute mesure nécessaire pour faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale

Explication

Le référé-liberté permet au juge d’ordonner rapidement toute mesure nécessaire pour faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, en cas d’urgence. La simple contestation d’un acte ou le dépôt d’un recours administratif ne suffit pas à caractériser ce référé.

20. Que permet le pouvoir d’injonction du juge administratif ?

Annuler automatiquement toute décision prise en urgence
Accorder une indemnité même en l’absence de préjudice établi
Ordonner à l’administration les mesures nécessaires à l’exécution de sa décision
Remplacer l’administration dans toutes ses décisions de gestion

Ordonner à l’administration les mesures nécessaires à l’exécution de sa décision

Explication

Le pouvoir d’injonction autorise le juge administratif à prescrire à l’administration les mesures nécessaires pour assurer l’exécution de sa décision. Il ne signifie pas que le juge se substitue de manière générale à l’administration.

21. Quelle distinction caractérise la compétence respective des juridictions administratives générales et spéciales ?

Les juridictions générales interviennent dans des matières attribuées par les textes, tandis que les juridictions spéciales disposent d’une compétence de principe.
Les juridictions générales connaissent des appels, tandis que les juridictions spéciales jugent les litiges administratifs en premier ressort.
Les juridictions générales contrôlent les actes réglementaires, tandis que les juridictions spéciales examinent les recours constitutionnels.
Les juridictions générales ont une compétence de principe, tandis que les juridictions spéciales interviennent dans les matières que les textes leur attribuent.

Les juridictions générales ont une compétence de principe, tandis que les juridictions spéciales interviennent dans les matières que les textes leur attribuent.

Explication

Les juridictions administratives générales connaissent par principe des litiges administratifs, alors que les juridictions spéciales n’interviennent que dans le champ défini par les textes. La distinction ne repose donc pas principalement sur le degré de juridiction ou sur la nature des actes contrôlés.

22. Quel changement les tribunaux administratifs connaissent-ils en 1953 ?

Ils acquièrent une compétence spécialisée limitée aux litiges que les conseils de préfecture leur attribuent par décret.
Ils remplacent le Conseil d’État dans le jugement des recours formés contre les actes des principales autorités de l’État.
Ils deviennent les juridictions administratives de premier degré à compétence de principe pour les litiges issus de l’activité administrative.
Ils deviennent des juridictions d’appel compétentes pour contrôler les décisions rendues par les cours administratives d’appel.

Ils deviennent les juridictions administratives de premier degré à compétence de principe pour les litiges issus de l’activité administrative.

Explication

En 1953, les tribunaux administratifs deviennent les juridictions de premier degré dotées d’une compétence de principe en matière administrative. La réforme ne les transforme ni en juridictions d’appel ni en remplaçants du Conseil d’État.

23. Quelle fonction les cours administratives d’appel exercent-elles depuis leur création en 1987 ?

Elles connaissent de droit commun des appels formés en matière de contentieux administratif.
Elles examinent les recours dirigés contre les actes réglementaires des principales autorités de l’État.
Elles jugent en premier ressort les litiges administratifs dépourvus de juridiction spécialisée.
Elles statuent en cassation sur les décisions rendues par les tribunaux administratifs.

Elles connaissent de droit commun des appels formés en matière de contentieux administratif.

Explication

Créées en 1987, les cours administratives d’appel disposent d’une compétence de droit commun pour examiner les appels en contentieux administratif. Le jugement en premier ressort relève principalement des tribunaux administratifs, tandis que la cassation relève principalement du Conseil d’État.

24. Quelle combinaison décrit correctement le rôle du Conseil d’État dans l’ordre administratif ?

Il exerce principalement l’appel, tout en jugeant les litiges ordinaires en premier ressort.
Il exerce principalement le contrôle constitutionnel, tout en connaissant des recours électoraux judiciaires.
Il exerce principalement la cassation, tout en jugeant certaines affaires en premier et dernier ressort.
Il exerce principalement la discipline des agents publics, tout en jugeant les appels des juridictions spéciales.

Il exerce principalement la cassation, tout en jugeant certaines affaires en premier et dernier ressort.

Explication

Le Conseil d’État est principalement le juge de cassation de l’ordre administratif, mais il conserve une compétence directe pour certaines affaires, notamment certains recours contre des actes réglementaires des principales autorités de l’État. Il n’est donc pas principalement une juridiction d’appel ou constitutionnelle.

25. Quelle garantie constitutionnelle le Conseil constitutionnel reconnaît-il dans sa décision du 22 juillet 1980 ?

L’indépendance des juridictions administratives comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.
La création du Tribunal des conflits comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.
La compétence du juge judiciaire pour connaître des actes réglementaires des principales autorités de l’État.
La compétence du juge administratif pour annuler toute décision prise par une personne publique.

L’indépendance des juridictions administratives comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.

Explication

La décision du 22 juillet 1980 reconnaît l’indépendance des juridictions administratives comme PFRLR. La compétence constitutionnelle du juge administratif pour certaines décisions administratives relève de la décision Conseil de la concurrence de 1987.

26. Que reconnaît la décision Conseil de la concurrence du 23 janvier 1987 ?

L’indépendance des juridictions administratives comme garantie constitutionnelle fondée sur la décision de 1980.
La compétence générale du juge judiciaire pour réformer les décisions prises par les autorités administratives.
Le pouvoir du législateur de supprimer la distinction entre les ordres administratif et judiciaire.
La compétence du juge administratif pour annuler ou réformer certaines décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique.

La compétence du juge administratif pour annuler ou réformer certaines décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique.

Explication

En 1987, le Conseil constitutionnel reconnaît comme PFRLR la compétence du juge administratif pour annuler ou réformer certaines décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique. Cette décision concerne un domaine de compétence, tandis que l’indépendance des juridictions administratives a été consacrée en 1980.

27. Quelle est la mission principale du Tribunal des conflits ?

Contrôler la conformité des lois à la Constitution en tant que juridiction supérieure des deux ordres.
Trancher les conflits de compétence entre les juridictions administratives et judiciaires en tant que juridiction indépendante des deux ordres.
Déterminer les sanctions disciplinaires applicables aux magistrats des deux ordres en tant qu’autorité administrative.
Juger les appels contre les décisions des tribunaux administratifs en tant que juridiction administrative générale.

Trancher les conflits de compétence entre les juridictions administratives et judiciaires en tant que juridiction indépendante des deux ordres.

Explication

Le Tribunal des conflits est indépendant des deux ordres et détermine lequel est compétent lorsqu’un conflit de compétence apparaît. Il n’exerce ni le contrôle de constitutionnalité ni la fonction ordinaire de juge d’appel administratif.

28. Dans quelle situation y a-t-il un conflit négatif de compétence ?

Lorsque le préfet conteste la compétence du juge judiciaire au profit de la juridiction administrative.
Lorsque les juridictions des deux ordres refusent de se reconnaître compétentes pour trancher le même litige.
Lorsque le législateur attribue un contentieux partagé à un seul ordre de juridiction.
Lorsque le juge administratif annule une décision prise par une personne privée chargée d’un service public.

Lorsque les juridictions des deux ordres refusent de se reconnaître compétentes pour trancher le même litige.

Explication

Le conflit négatif existe lorsque les deux ordres refusent successivement de juger l’affaire en se déclarant incompétents. La contestation préfectorale de la compétence du juge judiciaire correspond au conflit positif.

29. Quelle différence de valeur juridique la décision Conseil de la concurrence distingue-t-elle ?

La séparation des autorités administratives et judiciaires a une valeur législative, tandis que le PFRLR protège constitutionnellement certains litiges administratifs.
Les deux principes ont une valeur constitutionnelle, mais le principe général concerne les juridictions spéciales.
Les deux principes ont une valeur législative, mais le PFRLR concerne principalement l’organisation interne des tribunaux administratifs.
La séparation des autorités administratives et judiciaires a une valeur constitutionnelle, tandis que le PFRLR ne produit qu’un effet législatif.

La séparation des autorités administratives et judiciaires a une valeur législative, tandis que le PFRLR protège constitutionnellement certains litiges administratifs.

Explication

La décision distingue le principe législatif général de séparation du PFRLR qui confère une protection constitutionnelle à certains contentieux administratifs. Le PFRLR possède donc une valeur supérieure au principe général de séparation.

30. Quel recours relève constitutionnellement du juge administratif lorsqu’une personne exerce des prérogatives de puissance publique ?

Le recours tendant à obtenir le divorce d’un usager ayant contesté une décision du service public.
Le recours tendant à déterminer la nationalité d’une personne affectée par une décision administrative.
Le recours tendant à l’annulation ou à la réformation de la décision prise dans l’exercice de ces prérogatives.
Le recours tendant à régler une succession privée liée à l’activité d’un établissement public.

Le recours tendant à l’annulation ou à la réformation de la décision prise dans l’exercice de ces prérogatives.

Explication

La garantie constitutionnelle vise les recours en annulation ou en réformation dirigés contre des décisions prises par une personne publique ou par une personne privée chargée d’un service public lorsqu’elle exerce des prérogatives de puissance publique. Elle ne couvre pas tout litige administratif ni les matières personnelles réservées au juge judiciaire.

31. Dans quelle catégorie de matières le législateur peut-il réserver la compétence au juge judiciaire en raison de leur nature ?

Les recours contre les actes réglementaires des principales autorités de l’État et les appels administratifs.
Les litiges relatifs aux prérogatives de puissance publique exercées par un service public.
Les recours en cassation formés contre les arrêts des cours administratives d’appel.
L’état des personnes, la nationalité, le mariage, le divorce et l’autorité parentale.

L’état des personnes, la nationalité, le mariage, le divorce et l’autorité parentale.

Explication

Certaines matières personnelles, comme l’état des personnes, la nationalité, le mariage, le divorce et l’autorité parentale, peuvent être attribuées par nature au juge judiciaire. Cette réserve se distingue des recours administratifs liés à l’exercice de prérogatives de puissance publique.

32. Pourquoi le législateur peut-il créer un bloc de compétence au profit d’un seul ordre de juridiction ?

Pour écarter la valeur constitutionnelle attachée aux recours en annulation des décisions administratives.
Pour assurer une bonne administration de la justice en regroupant un contentieux normalement partagé entre les deux ordres.
Pour confier au Tribunal des conflits le jugement de toutes les affaires relevant des deux ordres.
Pour transformer les juridictions administratives générales en juridictions administratives spéciales.

Pour assurer une bonne administration de la justice en regroupant un contentieux normalement partagé entre les deux ordres.

Explication

Un bloc de compétence permet, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, de confier à un seul ordre un contentieux qui pourrait normalement relever des deux. Ce mécanisme n’efface pas la distinction entre les ordres et ne transfère pas toutes les affaires au Tribunal des conflits.

33. Quelle distinction oppose le critère organique au critère matériel de répartition des compétences juridictionnelles ?

Le critère organique dépend du but poursuivi, tandis que le critère matériel dépend de la juridiction saisie
Le critère organique dépend des pouvoirs exercés, tandis que le critère matériel dépend de l’auteur de la décision
Le critère organique dépend de l’objet du litige, tandis que le critère matériel dépend du statut des parties
Le critère organique dépend de la nature juridique des parties, tandis que le critère matériel dépend de la nature du litige

Le critère organique dépend de la nature juridique des parties, tandis que le critère matériel dépend de la nature du litige

Explication

Le critère organique s’attache à la qualité juridique des personnes en litige, alors que le critère matériel examine la nature du litige. Les autres réponses inversent ces critères ou introduisent des éléments qui ne les définissent pas.

34. Une activité administrative est qualifiée selon le but d’intérêt général qu’elle poursuit : quel aspect du critère matériel est alors mobilisé ?

L’approche finaliste, centrée sur le but de l’activité
L’approche des moyens, centrée sur les prérogatives utilisées
L’approche formelle, centrée sur la forme de l’acte
L’approche organique, centrée sur le statut de l’auteur

L’approche finaliste, centrée sur le but de l’activité

Explication

L’approche finaliste du critère matériel repose sur le but poursuivi par l’activité, notamment sa finalité d’intérêt général. L’approche des moyens examine plutôt les prérogatives exorbitantes employées, tandis que les deux autres réponses portent sur d’autres éléments.

35. Dans quel cas un litige entre deux personnes privées peut-il relever du juge administratif ?

Lorsqu’une personne privée exerce une mission de service public confiée par une personne publique
Lorsqu’une personne privée conclut un contrat commercial avec une autre personne privée
Lorsqu’une personne privée exerce une activité lucrative sans lien avec une personne publique
Lorsqu’une personne privée conteste une décision prise par une société concurrente

Lorsqu’une personne privée exerce une mission de service public confiée par une personne publique

Explication

Le juge administratif peut intervenir lorsqu’une personne privée est chargée par une personne publique d’une mission de service public, comme l’organisation de compétitions sportives sous instructions ministérielles. Les autres situations ne présentent pas ce rattachement à une mission administrative confiée par une personne publique.

36. Pourquoi le juge administratif peut-il être incompétent dans un litige entre une personne privée et une personne publique ?

Parce que toute présence d’une personne publique entraîne la compétence du juge administratif
Parce que la personne privée exerce une mission publique sous le contrôle d’une autorité administrative
Parce que la personne publique agit comme une personne privée, notamment dans un service industriel et commercial
Parce que le litige concerne une activité de service public administratif gérée directement par l’État

Parce que la personne publique agit comme une personne privée, notamment dans un service industriel et commercial

Explication

La compétence administrative peut être écartée lorsque la personne publique agit dans des conditions comparables à celles d’une personne privée, notamment pour un service public industriel et commercial. La présence d’une personne publique ou l’existence d’une mission administrative ne suffit donc pas à déterminer la compétence.

37. Quelle condition caractérise la voie de fait permettant l’intervention du juge judiciaire ?

Une décision administrative défavorable contestée dans le cadre ordinaire du recours pour excès de pouvoir
Une difficulté d’interprétation d’un acte administratif soumise par le juge civil au juge administratif
Une simple illégalité administrative qui ne porte atteinte à aucune liberté ni à aucun droit patrimonial
Une atteinte à la liberté individuelle ou au droit de propriété résultant d’une action administrative dépassant les pouvoirs de l’administration

Une atteinte à la liberté individuelle ou au droit de propriété résultant d’une action administrative dépassant les pouvoirs de l’administration

Explication

La voie de fait suppose une action administrative manifestement étrangère aux pouvoirs de l’administration et portant atteinte à la liberté individuelle ou au droit de propriété. Une simple illégalité, sans l’une de ces atteintes, ne suffit pas à la caractériser.

38. Quelle situation correspond à une voie de fait matérielle plutôt qu’à une voie de fait décisionnelle ?

L’exécution forcée et non autorisée d’une décision administrative
L’application régulière d’une mesure administrative prévue par un texte
L’adoption d’une décision manifestement étrangère à tout pouvoir administratif
La contestation d’une décision administrative devant le juge de l’excès de pouvoir

L’exécution forcée et non autorisée d’une décision administrative

Explication

La voie de fait matérielle résulte d’une exécution forcée dépourvue d’autorisation, tandis que la voie de fait décisionnelle tient au contenu d’une décision sans rattachement possible à un pouvoir administratif. Les autres situations correspondent à la voie décisionnelle, à un recours ordinaire ou à une action régulière.

39. Depuis la décision Bergoend du 17 juin 2013, dans quelles hypothèses la voie de fait porte-t-elle atteinte aux droits protégés mentionnés ?

En cas de privation de liberté ou d’extinction du droit de propriété
En cas de contrôle administratif ou de refus d’une autorisation préalable
En cas d’occupation temporaire ou de limitation d’un usage particulier
En cas de restriction de circulation ou de diminution de la valeur d’un bien

En cas de privation de liberté ou d’extinction du droit de propriété

Explication

La décision Bergoend retient une conception resserrée de la voie de fait : la liberté individuelle est atteinte en cas de privation de liberté et le droit de propriété en cas d’extinction de ce droit. Une simple restriction d’usage ou une diminution de valeur ne suffit pas selon cette définition.

40. Dans quelle situation le juge civil peut-il constater lui-même l’illégalité d’un acte administratif selon la décision SCEA du Chéneau ?

Lorsque l’acte administratif porte sur une matière relevant d’un service public industriel et commercial
Lorsque toute contestation administrative est présentée dans un procès civil sans condition particulière
Lorsque l’illégalité découle d’une jurisprudence administrative établie ou concerne une règle du droit de l’Union européenne
Lorsque le juge civil estime qu’une expertise technique rend inutile l’intervention du juge administratif

Lorsque l’illégalité découle d’une jurisprudence administrative établie ou concerne une règle du droit de l’Union européenne

Explication

La décision SCEA du Chéneau admet que le juge civil constate l’illégalité lorsque celle-ci résulte d’une jurisprudence administrative établie ou concerne une règle du droit de l’Union européenne. Cette possibilité constitue une exception aux règles ordinaires relatives aux questions administratives accessoires.

41. Que désigne le contrôle administratif exercé par le juge administratif ?

La mission d’adapter l’action administrative aux contraintes pratiques sans examiner sa conformité au droit
La mission de conseiller les usagers sur les démarches à accomplir auprès des services publics
La mission de faire respecter le droit par l’administration, notamment par l’annulation et la sanction de ses illégalités
La mission de remplacer l’administration dans la définition de ses politiques d’intérêt général

La mission de faire respecter le droit par l’administration, notamment par l’annulation et la sanction de ses illégalités

Explication

Le contrôle administratif consiste pour le juge administratif à vérifier le respect du droit par l’administration et à tirer les conséquences de ses illégalités, notamment par l’annulation. L’accompagnement administratif vise plutôt l’adaptation pratique de l’action administrative et ne se confond pas avec cette fonction juridictionnelle.

42. Comment le juge administratif concilie-t-il le contrôle de la légalité avec la situation particulière de l’administration ?

Il écarte le contrôle de la légalité lorsque l’administration invoque une finalité d’intérêt général
Il applique aux décisions administratives les mêmes exigences sans considérer leur contexte d’intérêt général
Il remplace l’administration dès qu’une décision présente une difficulté technique ou budgétaire
Il contrôle la légalité tout en prenant en compte les finalités d’intérêt général et les contraintes propres à l’administration

Il contrôle la légalité tout en prenant en compte les finalités d’intérêt général et les contraintes propres à l’administration

Explication

Le juge administratif maintient l’exigence de légalité, mais il tient compte des finalités d’intérêt général et des contraintes particulières qui pèsent sur l’administration. L’intérêt général ne supprime pas le contrôle juridictionnel et le juge ne se substitue pas à l’administration dans ses choix.

43. Quelle caractéristique définit le droit souple en droit administratif ?

Des actes qui imposent une conduite précise sous peine d’une sanction administrative immédiate
Des actes qui annulent une décision administrative après un contrôle juridictionnel
Des actes qui organisent une procédure contentieuse devant le juge administratif
Des actes qui incitent ou recommandent sans créer directement d’obligation juridiquement contraignante

Des actes qui incitent ou recommandent sans créer directement d’obligation juridiquement contraignante

Explication

Le droit souple regroupe des actes d’orientation, d’incitation ou de recommandation qui ne créent pas directement d’obligation ou d’interdiction juridiquement contraignante. Les autres réponses décrivent des actes impératifs ou des mécanismes contentieux, qui relèvent d’une logique différente.

44. Quelle distinction décrit correctement les deux fonctions exercées par le juge administratif ?

La fonction juridictionnelle élabore les règles, tandis que la fonction prétorienne applique les normes déjà établies.
La fonction juridictionnelle contrôle les faits, tandis que la fonction prétorienne organise les services administratifs.
La fonction juridictionnelle interprète les contrats, tandis que la fonction prétorienne sanctionne les infractions pénales.
La fonction juridictionnelle tranche les litiges selon le droit, tandis que la fonction prétorienne contribue à élaborer des règles.

La fonction juridictionnelle tranche les litiges selon le droit, tandis que la fonction prétorienne contribue à élaborer des règles.

Explication

La fonction juridictionnelle consiste à appliquer des règles existantes pour trancher un litige, alors que la fonction prétorienne participe à la création de règles et d’instruments de contrôle. Confondre ces fonctions revient à attribuer à la fonction juridictionnelle le rôle d’élaboration normative propre à la fonction prétorienne.

45. Sur quels éléments repose l’autonomie substantielle du droit administratif ?

La séparation des pouvoirs, la personnalité morale et la hiérarchie des tribunaux.
La codification complète de ses règles et l’absence d’intervention du législateur.
La singularité de son objet, de ses règles et de ses sources.
La compétence exclusive des juridictions judiciaires et la généralité du Code civil.

La singularité de son objet, de ses règles et de ses sources.

Explication

L’autonomie substantielle repose sur la spécificité de l’objet du droit administratif, de ses règles et de ses sources. La codification et les sources relèvent plutôt de la question de l’autonomie formelle, qui ne suffit pas à définir l’autonomie substantielle.

46. Quelle portée la décision Blanco du Tribunal des conflits du 8 février 1873 a-t-elle eue pour le droit administratif ?

Elle a affirmé que l’activité administrative relève de règles spéciales plutôt que du Code civil.
Elle a reconnu que l’administration peut agir sans être soumise à des règles juridiques particulières.
Elle a consacré la compétence du juge judiciaire pour contrôler toute activité administrative.
Elle a établi que les litiges administratifs doivent être jugés selon les règles générales du Code civil.

Elle a affirmé que l’activité administrative relève de règles spéciales plutôt que du Code civil.

Explication

La décision Blanco a fondé l’idée que l’activité administrative est soumise à des règles spéciales, distinctes de celles du Code civil, ce qui soutient l’autonomie substantielle du droit administratif. L’application du Code civil comme cadre général de l’action administrative correspond à la conception opposée.

47. Dans quelle situation la compétence du juge administratif peut-elle être dissociée du droit applicable ?

Lorsqu’il abandonne tout contrôle juridique parce que l’action administrative relève d’un pouvoir discrétionnaire.
Lorsqu’il applique des règles administratives même si l’action contestée ne relève pas de l’administration.
Lorsqu’il contrôle une action administrative au regard de règles de droit privé ou de règles qui leur sont similaires.
Lorsqu’il transmet le litige au juge judiciaire dès qu’une règle de droit privé est invoquée.

Lorsqu’il contrôle une action administrative au regard de règles de droit privé ou de règles qui leur sont similaires.

Explication

Le juge administratif peut rester compétent pour contrôler une action administrative tout en appliquant des règles de droit privé ou des règles analogues. La présence de règles privées ne provoque donc pas automatiquement un transfert de compétence vers le juge judiciaire.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 82 flashcards sur Origines et consolidation du droit administratif.

Quelle révolution marque une césure majeure pour la juridiction administrative ?

La Révolution française de 1789.

Que prohibe l’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 aux juges judiciaires ?

De troubler les opérations des corps administratifs et de connaître des affaires administratives.

Quelle loi interdit aux juges judiciaires d'intervenir dans les affaires administratives en 1790 ?

L’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Origines et consolidation du droit administratif.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM