QCM : Police administrative et ordre public — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quels éléments caractérisent l’ordre public matériel ?

La sûreté, la salubrité et la tranquillité publiques
La dignité, la tranquillité et la conscience publiques
La moralité, la sécurité et la dignité humaines
La moralité, la dignité et la liberté publiques

La sûreté, la salubrité et la tranquillité publiques

Explication

L’ordre public matériel regroupe la sûreté et la sécurité, la salubrité ainsi que la tranquillité publiques. La moralité et la dignité relèvent de l’ordre public immatériel, ce qui rend cette combinaison inexacte.

2. Quelle situation relève principalement de la sûreté et de la sécurité publiques ?

Protéger la population contre une épidémie
Prévenir les dommages causés par une inondation
Limiter la pollution d’une rivière communale
Réduire les nuisances sonores nocturnes

Prévenir les dommages causés par une inondation

Explication

La sûreté et la sécurité publiques visent notamment la prévention des accidents et des fléaux calamiteux, comme les inondations. La pollution et les épidémies relèvent de la salubrité, tandis que le bruit concerne la tranquillité publique.

3. Quelle est la finalité principale de la salubrité publique ?

Préserver un état de conscience conforme aux mœurs
Prévenir les dommages matériels provoqués par un incendie
Maintenir la paix lors des rassemblements urbains
Garantir l’hygiène et protéger la santé publiques

Garantir l’hygiène et protéger la santé publiques

Explication

La salubrité publique protège l’hygiène et la santé de la population, notamment contre la pollution, les épidémies et les épizooties. La prévention des incendies relève de la sûreté et de la sécurité, tandis que les rassemblements bruyants concernent la tranquillité.

4. Quelle mesure correspond à la tranquillité publique ?

Prévenir les dommages causés par une avalanche
Contrôler les risques de pollution industrielle
Surveiller l’apparition d’une maladie animale
Réprimer les nuisances sonores et les attroupements

Réprimer les nuisances sonores et les attroupements

Explication

La tranquillité publique cherche à maintenir la paix dans les villes et les communes, notamment en réprimant le bruit, les attroupements et les rassemblements. La pollution et les maladies animales relèvent de la salubrité, tandis que les avalanches concernent la sécurité.

5. Quel critère permet principalement de distinguer la police administrative de la police judiciaire ?

Le statut administratif de la personne contrôlée
Le nombre d’agents participant à l’intervention
Le lieu dans lequel l’intervention est réalisée
La finalité préventive ou répressive de l’action

La finalité préventive ou répressive de l’action

Explication

La police administrative vise à prévenir les troubles, tandis que la police judiciaire recherche et poursuit les auteurs d’infractions. Le lieu, les effectifs ou le statut de la personne ne suffisent pas à déterminer la nature de l’intervention.

6. Quelle décision illustre la distinction entre police administrative et police judiciaire fondée sur la finalité de l’action ?

L’arrêt CE, Baldy, du 10 août 1917
L’arrêt CE, Benjamin, du 19 mai 1933
L’arrêt CE, Baudu, du 11 mai 1951
L’arrêt CE, Labonne, du 8 août 1919

L’arrêt CE, Baudu, du 11 mai 1951

Explication

L’arrêt CE, Baudu, rendu le 11 mai 1951, illustre le critère finaliste de distinction entre les deux polices. Les autres décisions citées concernent d’autres questions de police administrative et ne correspondent pas à cette attribution.

7. Quel est l’objet de la police administrative générale ?

Poursuivre les auteurs d’infractions pénales
Réglementer un secteur déterminé par un texte
Protéger une activité selon une procédure spécialisée
Préserver largement l’ordre public

Préserver largement l’ordre public

Explication

La police administrative générale a pour objet large de préserver l’ordre public. La réglementation d’un secteur précis et la compétence définie par un texte caractérisent plutôt une police administrative spéciale, tandis que la poursuite des infractions relève de la police judiciaire.

8. Quelle caractéristique définit une police administrative spéciale ?

Une intervention dépourvue de fondement réglementaire précis
Une compétence générale exercée par toute autorité locale
Un objet spécifique et une autorité désignée par les textes
Une mission répressive confiée à l’autorité judiciaire

Un objet spécifique et une autorité désignée par les textes

Explication

La police administrative spéciale poursuit un objet particulier et s’exerce selon des textes qui désignent également l’autorité compétente. Une compétence générale de préservation de l’ordre public correspond à la police générale, tandis qu’une mission répressive relève de la police judiciaire.

9. Qui exerce la police administrative générale au niveau national sous la Ve République ?

Le président du conseil départemental
Le préfet du département concerné
Le maire de la commune concernée
Le Premier ministre

Le Premier ministre

Explication

Le Premier ministre exerce la police administrative générale à l’échelle nationale, notamment sur le fondement des articles 21 et 37 de la Constitution. Le maire dispose, quant à lui, d’une compétence principalement communale.

10. Quelle répartition des compétences locales en matière de police administrative est correcte ?

Le maire intervient pour le domaine départemental, le préfet exerce la police rurale et le président du conseil départemental dirige la police municipale.
Le maire exerce la police municipale et rurale, le préfet intervient dans les cas départementaux prévus par le CGCT, et le président du conseil départemental agit pour le domaine départemental.
Le président du conseil départemental exerce la police municipale, tandis que le maire intervient dans les compétences départementales du préfet.
Le préfet exerce toute la police locale, tandis que le maire intervient pour les infrastructures départementales et rurales.

Le maire exerce la police municipale et rurale, le préfet intervient dans les cas départementaux prévus par le CGCT, et le président du conseil départemental agit pour le domaine départemental.

Explication

La répartition distingue l’échelle communale du maire, les compétences départementales attribuées au préfet par les textes et la gestion du domaine départemental relevant du président du conseil départemental. Confondre ces échelons conduit à attribuer au maire ou au président du conseil départemental des pouvoirs qui ne leur appartiennent pas.

11. Dans un conflit entre deux autorités de police administrative générale, dans quelle condition l’autorité locale peut-elle aggraver une mesure nationale ?

Si elle remplace la réglementation générale par une règle locale de portée équivalente.
Si des circonstances locales particulières le justifient et que la mesure locale respecte la réglementation générale.
Si elle intervient dans un domaine attribué à une autorité de police spéciale.
Si elle estime que la mesure nationale est politiquement inadaptée à sa commune.

Si des circonstances locales particulières le justifient et que la mesure locale respecte la réglementation générale.

Explication

L’autorité locale peut renforcer la mesure nationale lorsque des circonstances locales particulières le justifient, à condition de ne pas contredire la réglementation générale. Une simple appréciation politique ou une substitution à la règle nationale ne suffit pas.

12. Lorsqu’une autorité de police spéciale intervient dans un domaine, quelle règle s’applique en principe face à la police administrative générale ?

Les deux autorités doivent adopter des mesures identiques avant toute intervention dans le même domaine.
La police spéciale devient inapplicable dès qu’une circonstance locale particulière est invoquée.
La police spéciale déroge à la police générale, sauf aggravation locale possible lorsque la compétence spéciale n’est pas exclusive.
La police générale écarte la police spéciale dès qu’une commune invoque un risque pour l’ordre public local.

La police spéciale déroge à la police générale, sauf aggravation locale possible lorsque la compétence spéciale n’est pas exclusive.

Explication

Le principe est que la police spéciale déroge à la police générale, mais une autorité générale inférieure peut parfois aggraver la mesure si des circonstances locales le justifient et si la compétence spéciale n’est pas exclusive. L’invocation d’un risque local ne neutralise donc pas automatiquement la police spéciale.

13. Que peut faire une autorité de police administrative générale lorsqu’une autorité de police spéciale possède une compétence exclusive ?

Elle doit appliquer la mesure spéciale tout en pouvant en réduire la portée par arrêté local.
Elle peut modifier librement la mesure spéciale dès qu’elle agit dans l’intérêt communal.
Elle peut intervenir concurremment avec l’autorité spéciale sans condition particulière.
Elle ne peut pas intervenir, sauf lorsqu’une exception ou une situation d’urgence le permet.

Elle ne peut pas intervenir, sauf lorsqu’une exception ou une situation d’urgence le permet.

Explication

Une compétence spéciale exclusive fait obstacle à l’intervention de l’autorité de police générale, sous réserve d’une exception ou d’une urgence. La simple existence d’un intérêt communal ne suffit donc pas à créer une compétence concurrente.

14. Pourquoi la police administrative générale ne peut-elle pas être déléguée par contrat à une entreprise privée ?

Parce que toute mission administrative doit être accomplie directement par un ministère national.
Parce qu’elle constitue un pouvoir régalien relevant de l’autorité publique, comme l’a rappelé l’arrêt Ville de Castelnaudary.
Parce que les collectivités territoriales ne disposent d’aucune compétence en matière de police administrative.
Parce que les entreprises privées ne peuvent exercer aucune activité liée à la surveillance ou à la sécurité des espaces publics.

Parce qu’elle constitue un pouvoir régalien relevant de l’autorité publique, comme l’a rappelé l’arrêt Ville de Castelnaudary.

Explication

La police administrative générale est un pouvoir régalien qui ne peut être transféré contractuellement à une entreprise privée, selon l’arrêt CE, Ville de Castelnaudary, du 17 juin 1932. Cette interdiction ne concerne pas certaines tâches matérielles ou opérations limitées pouvant être confiées à des opérateurs privés.

15. Quelle activité peut, dans certaines circonstances, être confiée ou associée à des opérateurs privés sans leur déléguer la police administrative générale ?

Le contrôle de l’accès à certaines zones
La direction juridique des pouvoirs de police municipale
La prise de décisions générales de maintien de l’ordre
L’édiction des règlements généraux de circulation

Le contrôle de l’accès à certaines zones

Explication

Des opérateurs privés peuvent notamment contrôler l’accès à certaines zones dans des circonstances déterminées, sans recevoir le pouvoir général de police. En revanche, édicter des règles générales de maintien de l’ordre relève de l’autorité publique.

16. Dans quelle situation l’autorité de police doit-elle agir préventivement pour protéger l’ordre public ?

Après la réalisation d’un trouble suffisamment grave pour être constaté
Une fois qu’une juridiction a confirmé la réalité du risque invoqué
Dès qu’elle connaît l’existence d’un risque sérieux de trouble à l’ordre public
Lorsque les administrés demandent formellement une intervention de police

Dès qu’elle connaît l’existence d’un risque sérieux de trouble à l’ordre public

Explication

L’autorité de police doit intervenir préventivement dès qu’elle a connaissance d’un risque sérieux de trouble à l’ordre public. Attendre la réalisation du trouble méconnaîtrait précisément la fonction préventive de la police administrative.

17. Une autorité de police apprend qu’un risque sérieux de trouble à l’ordre public est imminent, mais décide de ne rien faire tant qu’aucun incident ne s’est produit. Quelle règle cette attitude méconnaît-elle ?

La règle imposant de privilégier une sanction pénale après chaque incident
Le principe selon lequel toute mesure de police doit être autorisée par un juge
La compétence réservée aux collectivités pour prévenir les troubles locaux
L’obligation d’agir préventivement dès la connaissance d’un risque sérieux

L’obligation d’agir préventivement dès la connaissance d’un risque sérieux

Explication

La connaissance d’un risque sérieux déclenche l’obligation d’agir préventivement, même avant la survenance d’un incident. L’intervention d’un juge n’est pas la condition générale qui fait naître cette obligation.

18. Selon l’arrêt CE, Benjamin du 19 mai 1933, dans quelle situation une mesure de police risque-t-elle d’être illégale ?

Lorsque la mesure répond à un risque sérieux et reste limitée dans son application
Lorsque l’autorité choisit une mesure adaptée aux nécessités concrètes de l’ordre public
Lorsque le trouble est peu grave et peut être évité par des moyens moins contraignants
Lorsque le trouble est considérable et qu’aucune mesure alternative ne permet de le prévenir

Lorsque le trouble est peu grave et peut être évité par des moyens moins contraignants

Explication

L’arrêt Benjamin exige que la gravité du trouble et l’absence de moyens moins contraignants justifient la mesure de police. Une interdiction générale et absolue est également illégale, sauf circonstances particulières, mais cette exception ne rend pas toute interdiction automatiquement licite.

19. Pour être légale, une mesure de police doit-elle réunir quelles trois exigences ?

Être nécessaire, uniforme et applicable à toutes les situations comparables
Être sévère, durable et justifiée par une demande des administrés concernés
Être proportionnée, nécessaire et adaptée aux seules nécessités de l’ordre public
Être générale, préventive et approuvée par une juridiction administrative

Être proportionnée, nécessaire et adaptée aux seules nécessités de l’ordre public

Explication

La légalité exige cumulativement la proportionnalité, la nécessité et l’adaptation de la mesure aux besoins de l’ordre public. Le caractère nécessaire d’une mesure ne suffit donc pas à établir qu’elle est aussi adaptée.

20. Quelle évolution le régime des circonstances exceptionnelles peut-il produire sur les mesures de police administrative ?

Il impose au juge de valider toute mesure prise pour répondre à une urgence collective
Il interdit à l’administration de restreindre les libertés pendant une situation exceptionnelle
Il peut permettre des mesures normalement illégales ou excessives lorsque les circonstances le justifient
Il transforme toute mesure de police en décision valable dès qu’une crise politique est invoquée

Il peut permettre des mesures normalement illégales ou excessives lorsque les circonstances le justifient

Explication

En période de circonstances exceptionnelles, l’administration peut adopter des mesures qui seraient normalement illégales ou excessives, comme l’a admis l’arrêt Dames Dol et Laurent. Cette possibilité dépend toutefois de circonstances exceptionnelles réelles et ne dispense pas l’administration de toute justification.

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Que comprend l’ordre public matériel selon l’article L.2212-2 du CGCT ?

La sûreté, la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques.

Quel est l’objectif principal de la sûreté et sécurité publiques ?

Prévenir les dommages aux biens et aux personnes ainsi que les accidents et fléaux calamiteux.

Que vise la salubrité publique ?

Assurer l’hygiène et la santé publiques en protégeant contre la pollution, épidémies et épizooties.

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