★ À maîtriser
Le droit des biens comprend notamment les règles relatives à la propriété, à la possession, à l’usufruit et aux sûretés, mais il est aujourd’hui dispersé entre plusieurs codes et matières.
Le Code civil reste le droit commun des biens, notamment parce qu’il contient les mécanismes fondamentaux de la possession et de la perte de propriété ainsi que les notions de bien et d’usufruit.
Compléments
Personnes = sujets de droit ; biens = objets d’appropriation
📌 La doctrine classique distingue le droit réel, qui procure un pouvoir direct et immédiat sur une chose, du droit personnel, qui est médiat et suppose l’intermédiation d’une personne.
📌 Les droits réels principaux permettent de profiter des utilités d’une chose, tandis que les droits réels accessoires sont des sûretés consenties sur un bien en garantie d’une dette.
Rareté et utilité → appropriation → bien
★ À maîtriser
📌 Les res nullius sont des choses qui n’ont jamais été appropriées et peuvent être acquises par occupation, tandis que les res derelictae ont été appropriées puis abandonnées.
Compléments
Res nullius : jamais appropriée ; res derelictae : abandonnée
★ À maîtriser
📌 L’article 516 du Code civil dispose que tous les biens sont meubles ou immeubles.
L’article 517 du Code civil distingue trois sortes d’immeubles :
Sont meubles par détermination de la loi :
Compléments
ND O : immeubles par Nature, Destination, Objet
📌 Les biens corporels appartiennent au monde physique, tandis que les biens incorporels relèvent d’un concept juridique ou de l’inventivité humaine.
Les biens incorporels comprennent notamment :
Les obligations et actions portant sur des sommes exigibles ou des effets mobiliers, les actions ou intérêts dans certaines sociétés et les rentes perpétuelles ou viagères sont des meubles par détermination de la loi selon l’article 529 du Code civil.
Corporel = monde physique ; incorporel = création ou concept juridique
📌 L’usufruitier peut en principe percevoir les fruits parce qu’ils n’altèrent pas le capital, tandis que les produits reviennent au propriétaire puisqu’ils entament le capital.
Capital préservé → fruits ; capital altéré → produits
La consomptibilité naturelle résulte de la destruction du bien par son usage, tandis que la consomptibilité civile concerne les biens dont l’usage consiste uniquement à transférer leur propriété, comme la monnaie.
La fongibilité objective résulte de la nature de biens de même espèce et quantité, tandis que la fongibilité subjective résulte de la volonté des parties de considérer deux biens comme équivalents.
Selon l’article 587 du Code civil, l’usufruitier d’une chose consomptible doit restituer des choses de même qualité et quantité ou leur équivalent en valeur.
Consomptible : usage détruit ; fongible : remplacement équivalent
★ À maîtriser
📌 L’action en revendication permet au propriétaire dépossédé de faire reconnaître judiciairement son droit de propriété contre le possesseur actuel du bien.
📌 Selon l’article 2276 du Code civil, en matière de meubles, la possession vaut titre lorsque le possesseur a acquis le bien d’un non-propriétaire de bonne foi.
Compléments
Le propriétaire trace une clôture autour de la chose et en écarte les tiers
📌 L’absoluité de la propriété signifie que le propriétaire est libre d’utiliser et de disposer de son bien, tandis que cette liberté peut être limitée par la loi, sa propre volonté ou la jurisprudence.
Liberté d’usage → limites légales, volontaires ou jurisprudentielles
★ À maîtriser
L’accession par production concerne les fruits ou produits générés par un bien, tandis que l’accession par incorporation concerne l’union d’un bien accessoire à un bien principal.
En accession mobilière, l’adjonction unit deux choses séparables ou non, le mélange rend les matières indissociables, et la spécification transforme une matière par le travail humain.
En matière d’accession immobilière, le propriétaire du sol devient en principe propriétaire des constructions, plantations et ouvrages incorporés à son fonds, conformément aux articles 552 et 553 du Code civil.
Selon l’article 555 du Code civil, le propriétaire du fonds peut conserver une construction réalisée par un tiers et l’indemniser, ou en demander la démolition aux frais du constructeur de mauvaise foi.
Compléments
📌 Lorsque des matériaux appartenant à autrui sont incorporés au fonds, le propriétaire du sol en devient propriétaire par accession, tandis que le propriétaire des matériaux ne peut pas les reprendre et doit être indemnisé.
Production : le bien nouveau apparaît ; incorporation : un bien existant est absorbé.
★ À maîtriser
Pour être utile à prescrire, la possession doit être :
Le délai de principe de la prescription acquisitive est de 30 ans, mais la possession d’un meuble par un possesseur de bonne foi peut produire instantanément un effet acquisitif selon l’article 2276 du Code civil.
Compléments
📌 Pour un trésor trouvé sur le fonds d’autrui, l’inventeur reçoit la moitié de sa valeur et le propriétaire du fonds reçoit l’autre moitié, sauf si quelqu’un justifie sa propriété antérieure.
Possession utile + durée → usucapion ; chose sans maître → occupation.
★ À maîtriser
L’acquisition dérivée transmet la propriété d’un ayant cause à un ayant droit, tandis que l’acquisition originaire fait naître un droit nouveau sans prédécesseur.
Le principe du transfert solo consensu prévoit que le transfert de propriété s’effectue dès l’accord des parties sur la chose et le prix, sans formalité supplémentaire.
La clause de réserve de propriété retarde le transfert de propriété jusqu’au paiement complet du prix et constitue une sûreté réelle selon l’article 2367 du Code civil.
Selon l’adage res perit domino, les risques de perte ou de détérioration fortuite de la chose pèsent sur le propriétaire dès le transfert de propriété.
Entre deux acquéreurs successifs d’un immeuble, celui qui publie le premier son titre authentique est préféré s’il est de bonne foi, même si son acquisition est postérieure.
Compléments
📌 Les choses de genre ne sont transférées qu’après leur individualisation, tandis que les choses futures ne sont transférées qu’au moment de leur existence, sauf stipulation contraire.
Acquisition dérivée : un auteur transmet ; acquisition originaire : aucun prédécesseur.
★ À maîtriser
📌 La preuve d’une acquisition originaire peut établir parfaitement la propriété, tandis que la preuve d’une acquisition dérivée exige en principe de démontrer toute la chaîne des transmissions antérieures.
📌 Selon l’article 1353 du Code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver, et en matière de propriété le revendiquant doit renverser la présomption dont bénéficie le possesseur.
Compléments
Acquisition originaire : preuve parfaite ; acquisition dérivée : chaîne de titres souvent diabolique.
★ À maîtriser
📌 Les droits réels principaux confèrent tout ou partie de la jouissance d’un bien, tandis que les droits réels accessoires garantissent une créance par un droit de préférence sur un bien.
Compléments
UHS : usufruit, usage-habitation, servitudes.
★ À maîtriser
La théorie du démembrement considère les droits réels comme des parties du droit de propriété concédées par le propriétaire, tandis que la théorie personnaliste de Ginossard oppose la propriété aux droits réels sur la chose d’autrui.
Dans un droit personnel, le débiteur est celui qui s’est obligé, tandis que dans un droit réel sur la chose d’autrui, le débiteur est le propriétaire du bien.
La constitution d’un droit réel relève en principe du pouvoir de disposition du propriétaire, mais la loi peut exceptionnellement l’imposer, notamment pour certaines servitudes légales.
La jurisprudence admet l’absence de numerus clausus des droits réels depuis l’arrêt Caquelart de 1834 et a confirmé qu’un propriétaire peut créer un droit réel de jouissance spéciale sous réserve de l’ordre public dans l’arrêt Maison de poésie du 31 octobre 2012.
Compléments
📌 Les droits réels immobiliers se prouvent par tout moyen, mais leur opposabilité aux tiers suppose une publicité au service de la publicité foncière.
Propriété sans débiteur, droits réels avec propriétaire débiteur
L’usufruitier de parts sociales n’est pas associé, mais il dispose du droit de vote ; les dividendes lui reviennent lorsqu’ils sont attribués, tandis que les bénéfices mis en réserve sont capitalisés au profit du propriétaire.
L’usufruit peut être établi par la loi ou par la volonté de l’homme, et exceptionnellement par une décision judiciaire.
L’usufruitier peut donner la chose à bail, mais les baux ruraux, commerciaux ou artisanaux nécessitent le concours du nu-propriétaire ; à défaut, l’acte est nul ou inopposable au propriétaire.
En l’absence de testament et en présence d’enfants tous issus du couple, le conjoint survivant peut choisir l’usufruit de la totalité de la succession ou un quart de la succession en pleine propriété.
Une servitude continue s’exerce sans le fait actuel de l’homme, tandis qu’une servitude discontinue nécessite une intervention humaine, comme une servitude de passage.
Une servitude apparente est signalée par un ouvrage extérieur, tandis qu’une servitude non apparente ne se manifeste par aucun ouvrage particulier.
L’usufruit s’éteint notamment par l’arrivée du terme, le décès de l’usufruitier personne physique, le non-usage pendant 30 ans, la perte totale de la chose, la confusion et l’abus de jouissance.
L’usufruitier n’a droit à aucune indemnité pour les améliorations apportées à la chose, même si elles en ont augmenté la valeur.
Une servitude exige deux immeubles par nature appartenant à deux propriétaires distincts, l’un constituant le fonds servant et l’autre le fonds dominant.
Seules les servitudes continues et apparentes peuvent être acquises par prescription.
Les servitudes peuvent s’éteindre par impossibilité d’usage, non-usage pendant 30 ans, réunion des fonds dans une même main, renonciation ou abandon du fonds servant.
L’usufruit accordé à une personne morale ne dure que 30 ans, car le caractère viager de l’usufruit ne s’applique pas aux personnes morales.
La possession joue une fonction probatoire car le possesseur est présumé propriétaire et la possession vaut titre dans les cas prévus par le droit.
Des actes juridiques seuls ne caractérisent pas le corpus ; ils doivent être accompagnés d’actes matériels d’usage, conformément à la jurisprudence Bourbousson des années 1960.
À l’extinction de l’usufruit, la chose est restituée au nu-propriétaire et un règlement de compte est effectué entre les parties.
Terme, perte, confusion, abus, liquidation
| Catégorie | Critère | Exemples |
|---|---|---|
| Par nature | Incorporation au sol | Fonds de terre, bâtiments, plantations |
| Par destination | Affectation d’un meuble à un immeuble | Matériel d’exploitation, mobilier attaché |
| Par objet | Droit ou action portant sur un immeuble | Usufruit immobilier, servitude, action en revendication |
| Distinction | Premier terme | Second terme |
|---|---|---|
| Capital | Fruit : préserve le capital | Produit : épuise le capital |
| Usage | Consomptible : détruit au premier usage | Non consomptible : ne se détruit pas au premier usage |
| Équivalence | Fongibilité objective : nature des biens | Fongibilité subjective : volonté des parties |
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Quelles règles le droit des biens comprend-il notamment ?
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Comment est organisé aujourd'hui le droit des biens ?
Il est dispersé entre plusieurs codes et matières.
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