QCM : Recours administratifs et police — 61 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle autorité et quel ordre de juridiction correspondent à la police administrative ?

Le préfet ou le maire, sous le contrôle du juge administratif
Le juge d’instruction, sous le contrôle du juge administratif
Le maire agissant comme officier de police judiciaire, sous le contrôle du juge judiciaire
Le procureur de la République, sous le contrôle du juge judiciaire

Le préfet ou le maire, sous le contrôle du juge administratif

Explication

Les mesures de police administrative émanent notamment du préfet ou du maire et relèvent du juge administratif. La police judiciaire, en revanche, agit sous l’autorité du procureur de la République ou du juge d’instruction et relève du juge judiciaire.

2. La dignité de la personne humaine peut-elle justifier une mesure de police en l’absence de circonstances locales particulières ?

Non, car elle relève exclusivement de la police judiciaire
Non, car elle exige des circonstances locales particulières
Oui, car elle constitue une composante autonome de l’ordre public
Oui, mais seulement lorsqu’une épidémie menace la population

Oui, car elle constitue une composante autonome de l’ordre public

Explication

La dignité de la personne humaine constitue une composante de l’ordre public pouvant fonder une mesure de police sans circonstances locales particulières. L’exigence de circonstances locales concerne la moralité publique, non la dignité.

3. Quels éléments composent l’ordre public traditionnel ?

La sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques
La tranquillité, la moralité et la dignité publiques
La dignité, la salubrité et la moralité publiques
La moralité, la dignité et la sécurité publiques

La sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques

Explication

L’ordre public traditionnel est matériel et extérieur : il comprend la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques. La moralité et la dignité relèvent de l’ordre public étendu, et non de cette définition classique.

4. Quelle est la finalité principale du droit administratif ?

Régler les relations privées et protéger les intérêts individuels
Organiser les échanges commerciaux entre entreprises privées
Organiser l’administration et poursuivre l’intérêt général
Déterminer les infractions pénales et fixer leurs sanctions

Organiser l’administration et poursuivre l’intérêt général

Explication

Le droit administratif organise le fonctionnement de l’administration et encadre la poursuite de l’intérêt général. Les relations privées relèvent principalement du droit civil ou commercial, et non de cette finalité générale.

5. Quelle autorité est compétente pour créer un service public local ?

Le Parlement, quelle que soit la nature du service envisagé
Le juge administratif, après vérification de l’intérêt général
Une personne privée habilitée par l’administration centrale
La collectivité territoriale compétente pour intervenir dans le domaine concerné

La collectivité territoriale compétente pour intervenir dans le domaine concerné

Explication

La création d’un service public local relève de la collectivité territoriale compétente, tandis que celle d’un service public national relève de l’autorité compétente de l’État. Le Parlement ou le juge administratif n’assument donc pas systématiquement cette compétence.

6. Quels critères l’arrêt CE Sect., Narcy, du 28 juin 1963, associe-t-il classiquement à la qualification de service public ?

Une mission sociale, une autonomie complète et l’absence de contrôle exercé par une personne publique
Une activité lucrative, une délégation contractuelle et une tarification imposée aux usagers
Une mission d’intérêt général, le contrôle d’une personne publique et des prérogatives de puissance publique
Une compétence municipale, un financement fiscal et une gestion directe par des agents publics

Une mission d’intérêt général, le contrôle d’une personne publique et des prérogatives de puissance publique

Explication

L’arrêt Narcy retient classiquement l’intérêt général, le contrôle public et l’exercice de prérogatives de puissance publique. Une activité lucrative ou une gestion directe ne constituent pas les critères cumulatifs de cette approche.

7. Sous la Ve République, pourquoi le Premier ministre détient-il le pouvoir national de police administrative générale ?

Parce qu’il est titulaire du pouvoir réglementaire général d’application des lois
Parce que la Constitution lui attribue expressément chaque mesure de police
Parce qu’il dirige directement les services municipaux de sécurité
Parce qu’un préfet lui délègue la police administrative départementale

Parce qu’il est titulaire du pouvoir réglementaire général d’application des lois

Explication

Le Premier ministre détient ce pouvoir national en tant que titulaire du pouvoir réglementaire général d’application des lois. Ses pouvoirs réglementaires généraux sont prévus par la Constitution, tandis que cette compétence de police générale a été reconnue par la jurisprudence.

8. Selon quels éléments principaux distingue-t-on un service public administratif d’un service public industriel et commercial ?

Par leur territoire, leur durée et leur régime de propriété
Par leur autorité de tutelle, leur statut et leur mode de recrutement
Par leur objet, leur financement et leurs modalités de fonctionnement
Par leur personnel, leur budget et leur date de création

Par leur objet, leur financement et leurs modalités de fonctionnement

Explication

La distinction entre SPA et SPIC repose principalement sur l’objet du service, son financement et ses modalités de fonctionnement. Le territoire, le statut du personnel ou la date de création peuvent être pertinents dans d’autres analyses, mais ne constituent pas les critères principaux visés ici.

9. Quelles conditions caractérisent un conflit négatif entre les deux ordres de juridiction ?

Une juridiction administrative refuse d’appliquer le droit privé à un litige opposant deux personnes publiques
Le Tribunal des conflits annule une décision judiciaire après avoir constaté une erreur dans l’application du droit administratif
Deux juridictions d’ordres différents se déclarent successivement incompétentes pour des parties, une cause et un objet identiques
L’administration conteste devant le juge judiciaire la compétence de la juridiction administrative pour un acte de puissance publique

Deux juridictions d’ordres différents se déclarent successivement incompétentes pour des parties, une cause et un objet identiques

Explication

Le conflit négatif suppose deux déclarations successives d’incompétence concernant un litige identique quant aux parties, à la cause et à l’objet. La contestation administrative de la compétence du juge judiciaire relève plutôt du conflit positif.

10. Quelle activité peut être confiée à une personne privée dans le cadre de la police administrative ?

La détermination des sanctions applicables aux administrés
L’édiction d’une réglementation générale de circulation
L’exécution matérielle d’une mesure de police
La définition des conditions légales d’exercice d’une activité

L’exécution matérielle d’une mesure de police

Explication

L’exercice normatif de la police administrative ne peut pas être délégué contractuellement à une personne privée, mais des tâches matérielles d’exécution peuvent lui être confiées. Les autres activités impliquent l’exercice du pouvoir normatif.

11. Quelle association entre mode de gestion et nature de la gestion est correcte ?

La dévolution contractuelle relève de la gestion publique, tandis que l’établissement public relève de la gestion privée
La régie directe relève de la gestion privée, tandis que l’habilitation unilatérale relève de la gestion publique
La régie directe relève de la gestion publique, tandis que l’habilitation unilatérale relève de la gestion privée
L’établissement public relève de la gestion privée, tandis que la dévolution contractuelle relève de la gestion publique

La régie directe relève de la gestion publique, tandis que l’habilitation unilatérale relève de la gestion privée

Explication

La gestion publique comprend notamment la régie directe et l’établissement public, tandis que la gestion privée peut résulter d’une habilitation unilatérale ou d’une dévolution contractuelle. L’habilitation unilatérale confie donc la gestion à une personne privée sans relever de la régie publique.

12. Quel équilibre le droit administratif cherche-t-il à réaliser dans l’action administrative ?

Soumettre l’administration aux intérêts économiques des personnes privées
Préserver l’intérêt général tout en protégeant les droits des administrés
Accroître les pouvoirs administratifs en réduisant les garanties des administrés
Protéger les administrés en écartant les nécessités de l’action collective

Préserver l’intérêt général tout en protégeant les droits des administrés

Explication

Le droit administratif doit permettre la continuité des activités d’intérêt général tout en protégeant les droits des administrés. Renforcer l’administration au détriment des garanties ne correspond donc pas à l’équilibre recherché.

13. Dans quelle situation le préfet de département exerce-t-il la police administrative générale ?

Lorsque la mesure dépasse le ressort d’une commune, notamment pour le plan ORSEC
Lorsque la mesure porte sur une activité relevant exclusivement de la police judiciaire
Lorsque la mesure vise une réglementation nationale prise au nom du Premier ministre
Lorsque la mesure concerne une difficulté limitée à une rue de la commune

Lorsque la mesure dépasse le ressort d’une commune, notamment pour le plan ORSEC

Explication

Le préfet intervient lorsque la mesure dépasse le ressort communal, notamment pour le plan ORSEC, les réquisitions ou certaines interdictions de déplacements nocturnes de mineurs. Une difficulté limitée à une commune relève normalement du maire.

14. Dans quelle situation une mesure de police fondée sur la moralité publique peut-elle être justifiée ?

Lorsqu’elle est prise par une autorité de police judiciaire
Lorsqu’elle repose sur une atteinte générale à la tranquillité publique
Lorsqu’elle répond à des circonstances locales particulières
Lorsqu’elle concerne une activité présentant un risque sanitaire

Lorsqu’elle répond à des circonstances locales particulières

Explication

La moralité publique peut être une composante autonome de l’ordre public, mais son invocation exige des circonstances locales particulières. Un risque sanitaire relève plutôt de la salubrité publique.

15. Dans quelle hypothèse une autorité de police administrative générale peut-elle soumettre une activité à une autorisation préalable ?

Lorsqu’une activité privée est simplement nouvelle dans la commune et suscite des réserves politiques
Lorsqu’une activité commerciale produit des nuisances limitées mais régulièrement signalées par les riverains
Lorsqu’une autorisation préalable faciliterait le contrôle administratif de toute activité professionnelle
Notamment lorsqu’il s’agit d’une activité privée exercée de manière continue sur le domaine public

Notamment lorsqu’il s’agit d’une activité privée exercée de manière continue sur le domaine public

Explication

La police administrative générale peut notamment prévoir une autorisation préalable pour une activité privée exercée de manière continue sur le domaine public. La nouveauté, les plaintes limitées ou la commodité administrative ne suffisent pas à créer cette possibilité.

16. Quel changement institutionnel l’arrêt CE Ass., SARL Restaurant Nicolas du 13 mai 1960 a-t-il consacré ?

La suppression du pouvoir réglementaire général d’exécution des lois
Le transfert de la police judiciaire nationale au maire de la commune
Le transfert du pouvoir national de police générale au Président du Conseil sous la IVe République
La reconnaissance de la police municipale comme compétence du préfet départemental

Le transfert du pouvoir national de police générale au Président du Conseil sous la IVe République

Explication

Cet arrêt a transféré le pouvoir national de police administrative générale au Président du Conseil sous la IVe République, pouvoir ensuite exercé par le Premier ministre sous la Ve République. Il ne concerne ni la police judiciaire ni la suppression du pouvoir réglementaire.

17. Quelle est la portée du pouvoir réglementaire reconnu au chef de service par l’arrêt Jamart ?

Il lui permet de réglementer les activités économiques exercées par les usagers
Il lui permet de prendre les mesures nécessaires au bon fonctionnement de son administration
Il lui permet de modifier les lois encadrant le fonctionnement des services publics
Il lui permet d’édicter des règles générales applicables à l’ensemble des administrations

Il lui permet de prendre les mesures nécessaires au bon fonctionnement de son administration

Explication

L’arrêt Jamart reconnaît au chef de service un pouvoir réglementaire interne destiné au bon fonctionnement de l’administration placée sous ses ordres. Ce pouvoir ne correspond pas à un pouvoir réglementaire général applicable à toutes les administrations.

18. Dans quel cas la police administrative spéciale prime-t-elle sur la police administrative générale ?

Lorsque la loi ou son interprétation exclut le concours, notamment grâce à un encadrement particulièrement précis
Lorsque la mesure générale paraît plus simple à appliquer dans la commune concernée
Lorsque l’autorité générale dispose d’une compétence territoriale plus étendue que l’autorité spéciale
Lorsque l’activité réglementée présente un intérêt économique important pour le territoire

Lorsque la loi ou son interprétation exclut le concours, notamment grâce à un encadrement particulièrement précis

Explication

La police spéciale prime lorsque le régime légal exclut le concours, notamment parce que son objet et ses modalités sont définis avec une précision particulière. L’étendue territoriale, la simplicité ou l’intérêt économique ne suffisent pas à écarter la police générale.

19. Selon l’arrêt CE Sect., Société les Films Lutétia, du 18 décembre 1959, que peut faire l’autorité de police générale lorsque le concours avec une police spéciale est autorisé ?

Remplacer le régime spécial par une réglementation générale identique sur tout le territoire
Adopter une mesure moins contraignante afin de préserver la liberté du commerce
Prendre une mesure plus restrictive si des circonstances locales la justifient
Suspendre la compétence de l’autorité spéciale pendant la durée de la situation locale

Prendre une mesure plus restrictive si des circonstances locales la justifient

Explication

L’arrêt Société les Films Lutétia admet une intervention de la police générale sous la forme d’une mesure plus restrictive fondée sur des circonstances locales. Cette intervention ne permet ni de remplacer le régime spécial ni de suspendre la compétence de l’autorité spécialisée.

20. Dans quelle situation le juge peut-il qualifier un service public de SPA ou de SPIC sans appliquer cumulativement tous les critères habituels ?

Lorsqu’un seul critère, notamment l’objet du service, suffit à déterminer sa qualification
Lorsqu’un service est exploité par une personne privée dans un but lucratif
Lorsqu’une redevance est perçue auprès des usagers du service
Lorsqu’une collectivité territoriale demande à écarter toute analyse financière

Lorsqu’un seul critère, notamment l’objet du service, suffit à déterminer sa qualification

Explication

Les critères de distinction entre SPA et SPIC ne sont pas nécessairement cumulatifs : le juge peut retenir le seul critère de l’objet, comme pour la distribution d’eau potable. La perception d’une redevance ou la gestion privée ne suffit pas, à elle seule, à déterminer la qualification.

21. Quelle distinction décrit correctement les services publics obligatoires et facultatifs ?

Le service obligatoire est géré par l’État, tandis que le service facultatif relève d’une personne privée
Le service obligatoire repose sur un contrat, tandis que le service facultatif résulte d’une décision judiciaire
Le service obligatoire poursuit un but économique, tandis que le service facultatif poursuit un but social
Le service obligatoire est imposé par les textes, tandis que le service facultatif dépend d’un choix autorisé

Le service obligatoire est imposé par les textes, tandis que le service facultatif dépend d’un choix autorisé

Explication

Un service public obligatoire est imposé par les règles applicables à sa création, alors qu’un service public facultatif peut être créé dans le cadre laissé au choix de l’autorité compétente. Cette distinction ne dépend ni du gestionnaire ni de la finalité économique du service.

22. Quelle est la composition et la fonction principales du Tribunal des conflits ?

Des magistrats judiciaires chargés de réformer les décisions rendues par les juridictions administratives
Quatre magistrats de la Cour de cassation et quatre conseillers d’État chargés de régler les conflits de compétence
Des magistrats administratifs chargés de contrôler la légalité des actes pris par les autorités exécutives
Des représentants des administrations chargés de répartir les compétences entre les services publics

Quatre magistrats de la Cour de cassation et quatre conseillers d’État chargés de régler les conflits de compétence

Explication

Le Tribunal des conflits est une juridiction paritaire réunissant quatre magistrats de la Cour de cassation et quatre conseillers d’État. Sa mission est de trancher les conflits de compétence entre les deux ordres juridictionnels.

23. Quelle organisation du contentieux administratif apparaît en 1953 ?

Les tribunaux administratifs deviennent juges de premier ressort, tandis que le Conseil d’État devient principalement juge d’appel
Les cours administratives d’appel deviennent les juges de premier ressort des litiges administratifs
Les conseils de préfecture cessent leurs fonctions consultatives et deviennent des juridictions judiciaires
Le Conseil d’État devient juge de premier et dernier ressort pour l’ensemble du contentieux administratif

Les tribunaux administratifs deviennent juges de premier ressort, tandis que le Conseil d’État devient principalement juge d’appel

Explication

En 1953, les tribunaux administratifs remplacent les conseils de préfecture comme juridictions de premier ressort pour le contentieux administratif général, tandis que le Conseil d’État devient principalement juge d’appel. Les cours administratives d’appel ne sont créées qu’en 1987.

24. Quelle décision a reconnu un pouvoir national de police administrative générale au détenteur du pouvoir réglementaire général d’exécution des lois ?

L’arrêt CE, Nicolo du 20 octobre 1989
L’arrêt CE, Labonne du 8 août 1919
L’arrêt CE Ass., SARL Restaurant Nicolas du 13 mai 1960
L’arrêt CE, Benjamin du 19 mai 1933

L’arrêt CE, Labonne du 8 août 1919

Explication

L’arrêt CE, Labonne du 8 août 1919 a reconnu ce pouvoir national au détenteur du pouvoir réglementaire général d’exécution des lois. L’arrêt SARL Restaurant Nicolas concerne ensuite le transfert de cette compétence sous la IVe République.

25. Dans quelle condition une personne privée peut-elle gérer une activité d’intérêt général qualifiée de service public ?

Lorsqu’elle exerce une activité d’intérêt général indépendamment de toute décision ou surveillance publique
Lorsqu’elle poursuit un objectif commercial et fixe librement les conditions de son fonctionnement
Lorsqu’elle reçoit une subvention publique sans être soumise à aucun contrôle institutionnel
Lorsqu’elle agit sous le contrôle d’une personne publique dans l’exercice de cette activité

Lorsqu’elle agit sous le contrôle d’une personne publique dans l’exercice de cette activité

Explication

Une personne privée peut gérer un service public si elle accomplit une activité d’intérêt général sous le contrôle d’une personne publique. Une subvention isolée ou l’absence de contrôle ne suffit pas à établir cette qualification.

26. Après quelles démarches un conflit négatif peut-il être soumis au Tribunal des conflits ?

Après une décision contradictoire d’une seule juridiction, sans qu’une seconde juridiction ait été saisie
Après deux déclarations d’incompétence concernant les mêmes parties, la même cause et le même objet, si une partie saisit le Tribunal
Après le rejet d’un déclinatoire préfectoral, même si aucune juridiction ne s’est encore déclarée incompétente
Après une première déclaration d’incompétence, dès lors que le litige oppose une personne publique à une personne privée

Après deux déclarations d’incompétence concernant les mêmes parties, la même cause et le même objet, si une partie saisit le Tribunal

Explication

Le conflit négatif exige une identité de parties, de cause et d’objet, ainsi que deux déclarations successives d’incompétence. Une partie doit ensuite saisir le Tribunal des conflits après la seconde déclaration.

27. Quelle conséquence l’arrêt Blanco du 8 février 1873 a-t-il tirée des dommages causés par des agents d’un service public ?

Ils relèvent d’une responsabilité spéciale et du juge administratif, hors du Code civil
Ils relèvent des règles civiles ordinaires et du juge judiciaire compétent entre particuliers
Ils relèvent d’une responsabilité contractuelle tranchée par une juridiction commerciale
Ils relèvent d’une responsabilité pénale examinée par les juridictions répressives

Ils relèvent d’une responsabilité spéciale et du juge administratif, hors du Code civil

Explication

L’arrêt Blanco rattache ces dommages à une responsabilité spéciale de l’État et à la compétence du juge administratif, en dehors des règles ordinaires du Code civil. La solution ne consiste donc pas à appliquer automatiquement le régime civil des relations privées.

28. À quelle date le juge du recours pour excès de pouvoir apprécie-t-il en principe la légalité de l’acte attaqué ?

À la date à laquelle le juge rend sa décision définitive
À la date à laquelle le requérant a déposé son recours
À la date à laquelle l’acte a été adopté par l’administration
À la date de l’audience au cours de laquelle l’affaire est examinée

À la date à laquelle l’acte a été adopté par l’administration

Explication

Le juge du recours pour excès de pouvoir contrôle en principe la légalité de l’acte au moment où celui-ci a été pris. L’annulation produit ensuite un effet rétroactif, l’acte étant réputé n’avoir jamais existé dans l’ordre juridique.

29. Sur quel critère repose principalement la distinction entre police administrative et police judiciaire ?

Le nombre de personnes concernées par l’opération de police
La qualité administrative ou judiciaire des agents intervenants
Le lieu dans lequel la mesure de police est mise en œuvre
L’intention poursuivie par la mesure ou l’opération de police

L’intention poursuivie par la mesure ou l’opération de police

Explication

La distinction est fondée sur un critère finaliste : le juge recherche le but concret de la mesure ou de l’opération. La qualité des agents qui interviennent ne suffit donc pas à déterminer le régime applicable.

30. Quelle distinction oppose correctement les approches organique et matérielle de l’administration ?

L’approche organique concerne les contrats, tandis que l’approche matérielle concerne les décisions judiciaires
L’approche organique décrit les activités privées, tandis que l’approche matérielle désigne les personnes publiques
L’approche organique demande qui administre, tandis que l’approche matérielle examine ce qu’est administrer
L’approche organique étudie l’intérêt général, tandis que l’approche matérielle identifie les institutions publiques

L’approche organique demande qui administre, tandis que l’approche matérielle examine ce qu’est administrer

Explication

L’approche organique identifie l’administration par les institutions qui administrent, alors que l’approche matérielle s’intéresse aux activités administratives et à l’intérêt général. Confondre l’institution avec l’activité inverse précisément ces deux perspectives.

31. Dans quelle situation y a-t-il conflit positif ?

Deux juridictions de différents ordres se déclarent successivement incompétentes pour le même litige
Le juge administratif demande au juge judiciaire de lui transmettre une affaire relevant du droit privé
L’administration conteste la compétence du juge judiciaire afin de faire reconnaître celle du juge administratif
Une partie saisit le Tribunal des conflits après le refus successif de deux juridictions de juger

L’administration conteste la compétence du juge judiciaire afin de faire reconnaître celle du juge administratif

Explication

Le conflit positif naît lorsque l’administration conteste la compétence du juge judiciaire et cherche à faire reconnaître la compétence administrative. La déclaration d’incompétence successive des deux ordres caractérise, elle, le conflit négatif.

32. Que permet la jurisprudence issue de l’arrêt CE Sect., Association du personnel relevant des établissements pour inadaptés, du 22 février 2007 ?

D’exclure toute qualification de service public dès qu’une personne privée intervient dans la gestion de l’activité
De réserver la qualification de service public aux activités disposant d’un pouvoir de décision unilatérale
De qualifier automatiquement de service public toute activité privée présentant un intérêt général pour les usagers
De reconnaître un service public géré par une personne privée sans prérogatives de puissance publique lorsque plusieurs indices démontrent l’implication publique

De reconnaître un service public géré par une personne privée sans prérogatives de puissance publique lorsque plusieurs indices démontrent l’implication publique

Explication

L’arrêt de 2007 admet l’absence de prérogatives de puissance publique lorsque l’intérêt général et les conditions de création, d’organisation, de fonctionnement, d’obligations et de contrôle révèlent une implication publique suffisante. Cette solution n’est ni automatique pour toute activité d’intérêt général ni limitée aux activités dotées d’un pouvoir unilatéral.

33. Quel élément est indispensable pour qu’une activité d’intérêt général soit qualifiée de service public ?

L’exercice d’une activité commerciale avec une rémunération versée par chaque usager
La présence d’un monopole légal et l’absence de toute intervention d’une personne privée
Sa prise en charge ou son contrôle par une personne publique, éventuellement accompagné de prérogatives de puissance publique
Son financement intégral par des recettes fiscales et son exploitation directe par une administration

Sa prise en charge ou son contrôle par une personne publique, éventuellement accompagné de prérogatives de puissance publique

Explication

Le service public suppose une activité d’intérêt général prise en charge ou contrôlée par une personne publique, avec ou sans prérogatives de puissance publique. L’intérêt général seul ne suffit pas, et un monopole ou une gestion directe ne sont pas indispensables.

34. Quelle répartition correspond aux six moyens de légalité d’un acte administratif ?

Quatre moyens externes et deux moyens internes, portant sur la forme et les sanctions
Deux moyens externes et quatre moyens internes, portant principalement sur les faits et les preuves
Trois moyens externes et trois moyens internes, portant notamment sur la compétence, la procédure et le contenu
Trois moyens externes et trois moyens internes, portant exclusivement sur la motivation et la compétence

Trois moyens externes et trois moyens internes, portant notamment sur la compétence, la procédure et le contenu

Explication

Les moyens externes comprennent l’incompétence, le vice de forme et le vice de procédure, tandis que les moyens internes concernent le but, le contenu et les motifs de l’acte. La répartition ne se limite donc pas à la compétence et à la motivation.

35. Lorsqu’un EPIC exerce une mission de réglementation ou de police, quel juge est en principe compétent pour en connaître ?

Le juge judiciaire, car l’établissement possède la qualité d’EPIC
Le juge administratif, car cette mission relève par nature de l’État
Le juge commercial, car la mission concerne une activité économique
Le juge administratif, uniquement si l’établissement emploie des agents publics

Le juge administratif, car cette mission relève par nature de l’État

Explication

Même lorsqu’un établissement public est qualifié d’EPIC, les missions qui relèvent par nature de l’État, comme la réglementation et la police, sont en principe réservées au juge administratif. La qualification d’EPIC ne suffit donc pas à attribuer tous les litiges au juge judiciaire.

36. Quelle succession d’actes décrit correctement la procédure d’un conflit positif ?

Le préfet adresse un déclinatoire, puis peut prendre un arrêté de conflit dans les quinze jours suivant son rejet
Le juge judiciaire prend un arrêté de conflit, puis le préfet adresse un déclinatoire dans les quinze jours suivants
Le préfet saisit directement le Tribunal des conflits, qui demande ensuite au juge judiciaire de statuer
Le juge administratif adresse un déclinatoire, puis le préfet intervient après la décision du Tribunal des conflits

Le préfet adresse un déclinatoire, puis peut prendre un arrêté de conflit dans les quinze jours suivant son rejet

Explication

Le préfet doit d’abord présenter un déclinatoire de compétence au juge judiciaire. Après le rejet de ce déclinatoire, il peut prendre un arrêté de conflit dans un délai de quinze jours, avant que le Tribunal des conflits ne tranche la compétence.

37. Comment se caractérise la puissance publique en droit administratif ?

Un pouvoir juridique exorbitant détenu par une personne publique ou sous son contrôle
Une mission d’intérêt général exercée sans pouvoir particulier sur les administrés
Une capacité économique supérieure détenue par les entreprises chargées d’un service public
Une compétence judiciaire permettant de juger les litiges entre particuliers

Un pouvoir juridique exorbitant détenu par une personne publique ou sous son contrôle

Explication

La puissance publique désigne un pouvoir juridique exorbitant de celui des particuliers, détenu par une personne publique ou par une personne privée contrôlée par elle. Une simple capacité économique ou une mission d’intérêt général ne suffit pas à la caractériser.

38. À partir de quel moment court le délai de deux mois pour saisir le Tribunal des conflits en cas de déni de justice ?

À compter du jour où le Tribunal des conflits est informé de décisions contradictoires
À compter du jour où la première juridiction a rendu sa déclaration d’incompétence
À compter du jour où le second jugement, à l’origine du déni, est devenu définitif
À compter du jour où la seconde juridiction a été saisie par la partie intéressée

À compter du jour où le second jugement, à l’origine du déni, est devenu définitif

Explication

Le délai de deux mois commence lorsque le second jugement, qui cristallise le déni de justice, devient définitif. Il ne court donc pas à partir de la première décision d’incompétence.

39. Dans quel type de litige le plein contentieux objectif permet-il au juge de tenir compte du droit et des faits à la date du jugement ?

Dans les demandes d’interprétation dépourvues de contestation d’un acte
Dans les litiges portant sur toute mesure de police administrative générale
Dans les recours visant exclusivement les vices de procédure d’un acte
Dans les litiges relatifs aux actes financiers et aux sanctions administratives

Dans les litiges relatifs aux actes financiers et aux sanctions administratives

Explication

Le plein contentieux objectif concerne notamment les actes à portée purement financière et les sanctions administratives. Le juge peut alors annuler ou modifier l’acte en se plaçant à la date où il statue.

40. Dans quelle situation l’administration peut-elle recourir à l’exécution forcée d’une décision portant atteinte à une liberté ou au droit de propriété ?

Dès qu’un administré refuse d’exécuter la décision dans le délai fixé
Lorsque la loi l’autorise, en cas d’urgence ou faute d’autre moyen juridique
Lorsque l’administration estime que la décision présente un intérêt général
Après l’envoi d’une mise en demeure restée sans réponse pendant un mois

Lorsque la loi l’autorise, en cas d’urgence ou faute d’autre moyen juridique

Explication

L’exécution forcée est encadrée par trois hypothèses : une autorisation légale, l’urgence ou l’absence d’autre moyen juridique permettant d’assurer l’exécution de la loi. Le simple refus de l’administré ne suffit pas à lui seul.

41. Quel changement la loi du 24 mai 1872 a-t-elle introduit dans la justice administrative ?

Elle a créé les tribunaux administratifs compétents en premier ressort pour le contentieux général
Elle a transformé le Conseil d’État en juridiction principalement chargée de cassation
Elle a supprimé le Conseil d’État et confié les litiges administratifs aux tribunaux judiciaires
Elle a instauré une justice administrative déléguée permettant aux juges de décider souverainement

Elle a instauré une justice administrative déléguée permettant aux juges de décider souverainement

Explication

La loi du 24 mai 1872 instaure la justice administrative déléguée : les juges administratifs peuvent désormais statuer souverainement et indépendamment. Les tribunaux administratifs et la fonction principalement cassatoire du Conseil d’État apparaissent à des étapes ultérieures.

42. Quelle est la différence principale entre le recours pour excès de pouvoir et le plein contentieux objectif ?

Le REP statue sur les faits, tandis que le plein contentieux contrôle la compétence de l’auteur
Le REP permet de réformer l’acte, tandis que le plein contentieux vise son interprétation
Le REP concerne les contrats, tandis que le plein contentieux concerne les actes unilatéraux
Le REP vise l’annulation, tandis que le plein contentieux permet aussi de réformer l’acte

Le REP vise l’annulation, tandis que le plein contentieux permet aussi de réformer l’acte

Explication

Le recours pour excès de pouvoir a pour objet l’annulation d’un acte administratif unilatéral. Le plein contentieux objectif confère au juge un pouvoir plus étendu, notamment celui de modifier ou de réformer l’acte.

43. Quelle compétence de dernier ressort la juridiction administrative détient-elle, selon le Conseil constitutionnel, à l’égard des actes pris dans l’exercice de prérogatives de puissance publique ?

Réexaminer les décisions judiciaires relatives aux actes des autorités administratives
Annuler ou réformer ces actes lorsqu’ils émanent des autorités exécutives ou d’organismes placés sous leur contrôle
Trancher les litiges contractuels opposant deux personnes privées exerçant une activité économique
Contrôler la conformité de ces actes aux seuls principes généraux du droit privé

Annuler ou réformer ces actes lorsqu’ils émanent des autorités exécutives ou d’organismes placés sous leur contrôle

Explication

Le Conseil constitutionnel reconnaît à la juridiction administrative une compétence de dernier ressort pour annuler ou réformer ces actes administratifs. Cette compétence ne consiste pas à réexaminer les décisions rendues par les juridictions judiciaires.

44. Quelle évolution l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 a-t-il consacrée ?

La création des tribunaux administratifs comme juges de premier ressort du contentieux général
La séparation initiale des autorités administratives et judiciaires par la loi révolutionnaire
La fin de la théorie du ministre-juge et la compétence du Conseil d’État comme juge de premier et dernier ressort
La transformation du Conseil d’État en juge principalement chargé des recours en cassation

La fin de la théorie du ministre-juge et la compétence du Conseil d’État comme juge de premier et dernier ressort

Explication

L’arrêt Cadot met fin à la théorie du ministre-juge et reconnaît au Conseil d’État une compétence juridictionnelle de premier et dernier ressort. Les tribunaux administratifs et le rôle principalement cassatoire du Conseil d’État correspondent à des réformes postérieures.

45. Quelle finalité permet de distinguer principalement la police administrative de la police judiciaire ?

La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire recherche les auteurs d’une infraction
La police administrative constate les infractions déterminées, tandis que la police judiciaire protège l’ordre public
La police administrative mène les enquêtes pénales, tandis que la police judiciaire réglemente les rassemblements
La police administrative sanctionne les infractions, tandis que la police judiciaire organise la prévention des troubles

La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire recherche les auteurs d’une infraction

Explication

La police administrative poursuit une finalité préventive de protection de l’ordre public. La police judiciaire poursuit une finalité répressive en constatant une infraction déterminée et en recherchant ses auteurs.

46. Quel contrôle une mesure de police administrative générale doit-elle réussir pour être légalement justifiée ?

Un double-test de compétence et de rentabilité budgétaire
Un contrôle fondé sur la publicité, la durée et l’accord des usagers
Une vérification limitée à la compétence territoriale de l’autorité
Un triple-test de nécessité, d’adaptation et de proportionnalité

Un triple-test de nécessité, d’adaptation et de proportionnalité

Explication

Une mesure de police générale doit être nécessaire au regard du risque, adaptée à celui-ci et proportionnée à l’objectif poursuivi. La seule compétence territoriale ou des considérations budgétaires ne permettent pas d’établir sa légalité.

47. Quel principe résulte de la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Le Conseil d’État devient juge souverain des litiges administratifs et abandonne sa fonction de conseil
Un ordre juridictionnel administratif complet est créé avec des tribunaux compétents en premier ressort
Les cours administratives d’appel sont instituées pour répartir les recours entre plusieurs degrés
Les fonctions judiciaires et administratives sont séparées, et le juge judiciaire ne doit pas troubler l’administration

Les fonctions judiciaires et administratives sont séparées, et le juge judiciaire ne doit pas troubler l’administration

Explication

La loi de 1790 sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit au juge judiciaire d’intervenir dans les opérations administratives. Elle ne crée pas encore un ordre juridictionnel administratif organisé.

48. Quelle caractéristique définit une police administrative spéciale ?

Elle résulte d’une décision municipale et vise la tranquillité de la commune
Elle est exercée par le juge et concerne les infractions déjà commises
Elle est créée par la loi et reçoit une finalité et des pouvoirs déterminés
Elle repose sur une compétence générale sans procédure ni autorité désignée

Elle est créée par la loi et reçoit une finalité et des pouvoirs déterminés

Explication

La loi crée la police administrative spéciale et peut en préciser la finalité, les autorités compétentes, la procédure et le contenu des pouvoirs. Elle ne se confond donc ni avec la police générale municipale ni avec la police judiciaire.

49. Quelle obligation découle de l’arrêt CE Sect., Doublet, du 14 décembre 1962, lorsqu’une réglementation de police existe déjà ?

Réexaminer périodiquement la légalité de toutes les réglementations prises par une autorité supérieure
Abroger la réglementation existante dès qu’une mesure individuelle devient plus adaptée
Prendre les mesures nécessaires pour assurer l’effectivité de cette réglementation
Transformer toute réglementation de police en régime d’autorisation préalable

Prendre les mesures nécessaires pour assurer l’effectivité de cette réglementation

Explication

L’autorité de police doit adopter les mesures nécessaires à l’application effective d’une réglementation qu’elle-même ou une autorité supérieure a édictée. Cette obligation ne signifie pas qu’elle doit transformer le régime en autorisation ni abroger la réglementation.

50. Quel pouvoir le juge administratif peut-il exercer depuis la loi du 8 février 1995 après l’annulation d’un acte administratif ?

Enjoindre à l’administration de prendre une mesure d’exécution ou une nouvelle décision
Réexaminer spontanément tous les actes pris par la même administration
Prononcer automatiquement une sanction pénale contre l’auteur de l’acte annulé
Remplacer directement l’administration dans toutes ses décisions ultérieures

Enjoindre à l’administration de prendre une mesure d’exécution ou une nouvelle décision

Explication

Depuis cette loi, le juge peut adresser une injonction à l’administration, à la demande du requérant, afin qu’elle exécute l’annulation ou adopte une nouvelle décision. Ce pouvoir ne transforme pas le juge en autorité administrative générale.

51. Quelle définition correspond au service public ?

Une activité commerciale exercée par une entreprise privée sans intervention publique
Une mission d’intérêt général assurée par une personne publique ou privée contrôlée par elle
Un pouvoir juridique exercé par une personne publique contre les particuliers
Une fonction judiciaire chargée de trancher les litiges administratifs

Une mission d’intérêt général assurée par une personne publique ou privée contrôlée par elle

Explication

Le service public est une mission d’intérêt général prise en charge par une personne publique ou par une personne privée placée sous son contrôle, avec des prérogatives de puissance publique. Une activité privée sans contrôle public ne répond pas à cette définition.

52. Dans quelle circonstance une personne publique peut-elle ériger une activité commerciale en service public ?

Lorsque l’activité procure nécessairement des bénéfices importants à la personne publique
Lorsque le juge constate que l’activité est déjà organisée par une entreprise privée
Lorsque toute activité commerciale privée est incompatible avec l’intervention d’une collectivité
Lorsque l’initiative privée est carente et qu’une intervention publique répond à un besoin d’intérêt général

Lorsque l’initiative privée est carente et qu’une intervention publique répond à un besoin d’intérêt général

Explication

La carence de l’initiative privée peut justifier une intervention économique de la personne publique et la création d’un service public, conformément à la jurisprudence Nevers. La seule existence d’une activité commerciale ou la recherche de bénéfices ne suffit pas à fonder cette intervention.

53. Quel apport l’arrêt CE, Commune de Néris-les-Bains, du 18 avril 1902, a-t-il consacré en matière de police administrative ?

L’interdiction pour le maire de compléter une mesure de police prise par une autorité nationale
La priorité de la police spéciale sur la police générale dans toutes les hypothèses
La possibilité pour le maire de durcir une mesure de police supérieure en présence de circonstances locales particulières
La compétence du préfet pour annuler toute mesure municipale de police plus restrictive

La possibilité pour le maire de durcir une mesure de police supérieure en présence de circonstances locales particulières

Explication

L’arrêt Commune de Néris-les-Bains reconnaît au maire le pouvoir de renforcer une mesure supérieure lorsque des circonstances locales particulières le justifient. Il ne pose pas une interdiction générale d’intervention municipale et ne règle pas tous les concours entre polices.

54. Quelle distinction l’arrêt Bac d’Eloka du 22 janvier 1921 a-t-il consacrée ?

La distinction entre responsabilité administrative et responsabilité pénale des agents publics
La distinction entre personnes publiques nationales et personnes privées contrôlées par l’État
La distinction entre services publics administratifs et services publics industriels et commerciaux
La distinction entre contrats administratifs écrits et contrats administratifs conclus oralement

La distinction entre services publics administratifs et services publics industriels et commerciaux

Explication

L’arrêt Bac d’Eloka distingue les services publics administratifs des services publics industriels et commerciaux, ces derniers étant largement soumis au droit privé. Il ne porte donc pas principalement sur la forme des contrats ni sur la responsabilité pénale des agents.

55. Que signifie le privilège du préalable dont bénéficie l’administration ?

Une décision administrative doit être validée par le juge avant de produire ses effets
Une décision administrative ne peut produire ses effets qu’après l’accord de l’administré
Une décision administrative peut produire ses effets sans saisine préalable du juge
Une décision administrative devient exécutoire après une procédure préalable de médiation

Une décision administrative peut produire ses effets sans saisine préalable du juge

Explication

Le privilège du préalable permet à l’administration de modifier la situation juridique d’un administré par sa décision sans demander d’abord l’autorisation du juge. Il ne s’agit donc pas d’une validation juridictionnelle préalable de l’acte.

56. Quelle articulation entre compétence juridictionnelle et droit applicable correspond au principe général du droit administratif français ?

Le droit applicable dépend de la nature publique ou privée des parties, indépendamment du juge saisi
Chaque ordre applique son propre droit sans pouvoir mobiliser les règles relevant de l’autre ordre
Le juge administratif applique le droit privé et le juge judiciaire applique le droit administratif dans la majorité des litiges
Le juge administratif applique normalement le droit administratif et le juge judiciaire le droit privé, avec des exceptions possibles

Le juge administratif applique normalement le droit administratif et le juge judiciaire le droit privé, avec des exceptions possibles

Explication

En principe, chaque ordre applique le droit qui lui correspond, mais des exceptions permettent à un juge d’appliquer certaines règles de l’autre ordre. Il est donc inexact de considérer que les deux ordres restent enfermés dans leur propre droit.

57. Quelle répartition correspond aux trois échelles de la police administrative générale ?

Maire au niveau national, préfet au niveau communal, Premier ministre au niveau départemental
Premier ministre au niveau communal, maire au niveau national, préfet au niveau départemental
Premier ministre au niveau national, préfet au niveau départemental, maire au niveau communal
Préfet au niveau national, Premier ministre au niveau départemental, maire au niveau communal

Premier ministre au niveau national, préfet au niveau départemental, maire au niveau communal

Explication

La police administrative générale s’exerce au niveau national par le Premier ministre, au niveau départemental par le préfet et au niveau communal par le maire. La confusion fréquente consiste à attribuer au maire la compétence départementale du préfet.

58. Quel est l’effet de principe d’un recours administratif sur l’acte contesté ?

L’acte continue à produire ses effets pendant l’examen du recours
L’acte devient inapplicable jusqu’à la réponse de l’autorité administrative
L’acte cesse de produire ses effets dès le dépôt du recours administratif
L’acte est remplacé par une mesure provisoire prise par le juge administratif

L’acte continue à produire ses effets pendant l’examen du recours

Explication

Le recours administratif n’est en principe pas suspensif : l’acte demeure donc applicable pendant l’instance. Cette situation se distingue d’une suspension juridictionnelle, qui interrompt provisoirement ses effets.

59. Après l’intervention d’une autorité de police administrative générale supérieure, dans quelle condition l’autorité inférieure peut-elle renforcer la mesure adoptée ?

Lorsqu’elle démontre que la mesure supérieure a été prise par une autre autorité
Lorsqu’elle estime que la mesure supérieure manque de précision juridique suffisante
Lorsqu’elle invoque des circonstances locales particulières justifiant ce renforcement
Lorsqu’elle souhaite adapter la mesure à la situation économique de la commune

Lorsqu’elle invoque des circonstances locales particulières justifiant ce renforcement

Explication

L’autorité inférieure peut aggraver la mesure supérieure si des circonstances locales particulières le justifient. Elle ne peut pas intervenir simplement en raison d’un désaccord général ou d’une différence de situation économique.

60. Comment le Premier ministre peut-il intervenir dans un domaine relevant de la loi au titre de son pouvoir de police administrative générale ?

Il peut réglementer le domaine légal sans tenir compte des compétences du législateur
Il peut intervenir si le législateur n’a pas encore exercé sa compétence, sous réserve de respecter la loi existante
Il peut écarter une loi existante dès lors qu’il invoque la protection de l’ordre public
Il peut intervenir après toute délégation contractuelle accordée par une personne privée

Il peut intervenir si le législateur n’a pas encore exercé sa compétence, sous réserve de respecter la loi existante

Explication

Le Premier ministre peut intervenir dans un domaine relevant de la loi lorsque le législateur n’a pas encore exercé sa compétence, mais il doit respecter toute loi préexistante. Il ne dispose donc pas d’un pouvoir lui permettant de contredire une loi en vigueur.

61. Dans quelle situation l’autorité de police est-elle tenue de prendre une mesure initiale selon l’arrêt CE, Doublet, du 23 octobre 1959 ?

Lorsqu’un risque hypothétique apparaît et qu’une intervention administrative pourrait améliorer la tranquillité publique
Lorsqu’un péril suffisamment grave et une mesure indispensable résultent d’une situation particulièrement dangereuse pour l’ordre public
Lorsqu’une activité privée suscite une opposition locale sans présenter de danger caractérisé pour l’ordre public
Lorsqu’une association demande une réglementation nouvelle pour prévenir des troubles encore incertains

Lorsqu’un péril suffisamment grave et une mesure indispensable résultent d’une situation particulièrement dangereuse pour l’ordre public

Explication

L’obligation d’agir suppose un péril suffisamment grave lié à une situation particulièrement dangereuse, ainsi qu’une mesure indispensable pour y mettre fin. Un risque hypothétique ou une simple demande d’intervention relève du pouvoir d’appréciation, sans créer cette obligation.

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Qu'est-ce que le droit administratif organise principalement ?

Le fonctionnement de l’administration et la poursuite de l’intérêt général.

Comment l'approche organique identifie-t-elle l’administration ?

Par les institutions qui administrent.

Comment l'approche matérielle identifie-t-elle l’administration ?

Par les activités administratives et la poursuite de l’intérêt général.

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