QCM : Sources du droit administratif (25 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel article de la Constitution fixe le domaine de la loi, notamment pour les matières jugées trop importantes pour être confiées à l’administration ?

L’article 20
L’article 34
L’article 21
L’article 37

L’article 34

Explication

L’article 34 détermine les matières qui relèvent du domaine législatif. L’article 37 concerne au contraire les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi et appartiennent au domaine réglementaire.

2. Une matière ne figurant pas dans le domaine défini par l’article 34 relève-t-elle, en principe, de quel domaine ?

Du domaine constitutionnel réservé au président
Du domaine législatif soumis au Parlement
Du domaine réglementaire confié au pouvoir exécutif
Du domaine juridictionnel confié aux tribunaux

Du domaine réglementaire confié au pouvoir exécutif

Explication

L’article 37 attribue au domaine réglementaire les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi. L’article 34 énumère au contraire les matières relevant du domaine législatif.

3. Pour préciser les modalités, les délais, les formulaires et les autorités compétentes nécessaires à l’application d’une loi, quel instrument l’exécutif utilise-t-il ?

Une décision juridictionnelle rendue par un tribunal
Une révision constitutionnelle adoptée par référendum
Une loi organique précisant le texte constitutionnel
Un règlement d’application, tel qu’un décret ou un arrêté

Un règlement d’application, tel qu’un décret ou un arrêté

Explication

Les règlements d’application, notamment les décrets et les arrêtés, précisent les conditions concrètes de mise en œuvre des lois. Une révision constitutionnelle ou une décision juridictionnelle ne remplit pas cette fonction administrative.

4. Dans quelle situation le pouvoir réglementaire autonome peut-il intervenir ?

Pour modifier une peine délictuelle fixée par une loi en vigueur
Pour remplacer une loi par un décret dans une matière législative
Pour créer un crime dans une matière dépourvue de toute réglementation législative
Pour créer une contravention dans une matière qui n’exige pas l’application d’une loi

Pour créer une contravention dans une matière qui n’exige pas l’application d’une loi

Explication

Le pouvoir réglementaire autonome permet au gouvernement de réglementer certaines matières sans appliquer une loi, notamment en créant une contravention. Il ne permet pas de créer un nouveau délit ou un nouveau crime.

5. Quelle mission l’article 20 de la Constitution attribue-t-il au gouvernement ?

Déterminer et conduire la politique de la nation
Diriger l’action du gouvernement et assurer l’exécution des lois
Signer les ordonnances et les décrets délibérés en conseil des ministres
Contrôler la conformité des lois à la Constitution

Déterminer et conduire la politique de la nation

Explication

L’article 20 dispose que le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation et qu’il dispose de l’administration et de la force armée. La direction de l’action gouvernementale et l’exécution des lois relèvent principalement du Premier ministre au titre de l’article 21.

6. Quelle fonction de l’article 21 confère au Premier ministre l’exercice principal du pouvoir réglementaire ?

Il dirige l’action du gouvernement et assure l’exécution des lois
Il représente les collectivités territoriales dans l’organisation administrative
Il détermine seul la politique de la nation et commande la force armée
Il signe les ordonnances et tous les décrets délibérés en conseil des ministres

Il dirige l’action du gouvernement et assure l’exécution des lois

Explication

L’article 21 confie au Premier ministre la direction de l’action du gouvernement et l’exécution des lois, fondements de son exercice principal du pouvoir réglementaire. La détermination de la politique nationale appartient au gouvernement dans son ensemble selon l’article 20.

7. Que révèle l’article 13 de la Constitution sur la répartition du pouvoir exécutif ?

Un exécutif parlementaire où les assemblées administrent les services de l’État
Un exécutif juridictionnel où les tribunaux adoptent les principaux règlements nationaux
Un exécutif dual où le président intervient pour certains actes tandis que le gouvernement conduit l’action administrative
Un exécutif unitaire où le président exerce directement l’ensemble du pouvoir réglementaire

Un exécutif dual où le président intervient pour certains actes tandis que le gouvernement conduit l’action administrative

Explication

L’article 13 illustre un exécutif dual : le président signe les ordonnances et les décrets délibérés en conseil des ministres, tandis que le gouvernement conduit l’action administrative. Le Premier ministre conserve ainsi l’exercice principal du pouvoir réglementaire.

8. Quelle combinaison caractérise la libre administration des collectivités territoriales ?

Une autonomie financière générale et un pouvoir politique étendu sur tout le territoire
Des compétences judiciaires propres et une indépendance complète à l’égard de l’État
Des assemblées délibérantes élues et des compétences exercées librement dans le cadre de la loi
Des représentants nommés par l’État et des compétences exercées en dehors de la loi

Des assemblées délibérantes élues et des compétences exercées librement dans le cadre de la loi

Explication

La libre administration est un principe constitutionnel fondé sur l’existence d’assemblées élues et sur l’exercice libre de compétences dans le cadre fixé par la loi. Elle ne signifie donc ni indépendance complète ni pouvoir politique général.

9. Quelles entités territoriales sont mentionnées par l’article 72 de la Constitution ?

Les départements, les arrondissements, les cantons et les collectivités à statut particulier régies par l’article 73
Les communes, les départements, les régions et les établissements publics de coopération intercommunale régis par l’article 75
Les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74
Les communes, les provinces, les régions autonomes et les territoires étrangers régis par l’article 74

Les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74

Explication

L’article 72 énumère les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74. Les établissements publics de coopération intercommunale et les autres catégories proposées ne correspondent pas à cette énumération.

10. Comment le principe de subsidiarité détermine-t-il l’échelon compétent pour prendre une décision ?

Il permet à chaque collectivité de choisir librement toute compétence qu’elle souhaite exercer
Il réserve la décision à l’échelon administratif disposant du budget le plus important
Il confie la décision à l’échelon territorial le mieux à même de la mettre en œuvre
Il confie la décision à l’échelon national chargé de préserver une direction uniforme

Il confie la décision à l’échelon territorial le mieux à même de la mettre en œuvre

Explication

La subsidiarité attribue une décision à l’échelon territorial le mieux placé pour la mettre en œuvre. Elle se distingue de la libre administration, qui concerne l’autonomie d’une collectivité dans l’exercice de ses compétences.

11. Quelle portée la décision du Conseil constitutionnel de 1971 sur la liberté d’association a-t-elle eue pour le droit constitutionnel français ?

Elle a supprimé la distinction entre les lois constitutionnelles et les lois ordinaires
Elle a reconnu une valeur constitutionnelle aux textes et principes mentionnés dans le préambule de la Constitution
Elle a confié au juge judiciaire la protection des libertés figurant dans le préambule
Elle a limité la valeur constitutionnelle aux seuls articles de la Constitution de 1958

Elle a reconnu une valeur constitutionnelle aux textes et principes mentionnés dans le préambule de la Constitution

Explication

Cette décision a consacré la valeur constitutionnelle des textes et principes auxquels renvoie le préambule. L’idée selon laquelle seuls les articles de la Constitution de 1958 auraient une valeur constitutionnelle ne tient pas compte du bloc de constitutionnalité.

12. Quel ensemble correspond au bloc de constitutionnalité français ?

La Constitution de 1958, la DDHC, la Charte de l’environnement et les PFRLR
La DDHC, les lois ordinaires, les règlements administratifs et les principes généraux du droit
La Constitution de 1958, le Code civil, la Charte de l’environnement et les règlements européens
La Constitution de 1958, les traités internationaux, les décisions judiciaires et les coutumes

La Constitution de 1958, la DDHC, la Charte de l’environnement et les PFRLR

Explication

Le bloc de constitutionnalité réunit la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la Charte de l’environnement et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Le Code civil, les lois ordinaires et les décisions judiciaires n’en font pas partie.

13. Laquelle de ces protections relève notamment de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

La création du Tribunal des conflits
La compétence du Conseil d’État pour tous les litiges administratifs
L’égalité devant les charges publiques
La séparation entre les fonctions administratives et judiciaires

L’égalité devant les charges publiques

Explication

La DDHC protège notamment l’égalité devant les charges publiques, ainsi que plusieurs libertés et garanties individuelles. Les autres propositions concernent l’organisation juridictionnelle ou administrative, non le contenu de cette déclaration.

14. Quel effet la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-elle produit sur les rapports entre administration et justice judiciaire ?

Elle a donné au Conseil d’État le pouvoir de rendre des décisions au nom de la justice déléguée
Elle a établi la responsabilité spéciale de l’État devant le juge administratif
Elle a séparé les fonctions administratives et judiciaires et interdit au juge judiciaire de s’immiscer dans l’administration
Elle a attribué au Tribunal des conflits le règlement des conflits entre les deux ordres

Elle a séparé les fonctions administratives et judiciaires et interdit au juge judiciaire de s’immiscer dans l’administration

Explication

La loi de 1790 pose la séparation des fonctions et interdit aux tribunaux judiciaires d’intervenir dans l’activité administrative. La justice administrative déléguée et le Tribunal des conflits relèvent de la loi de 1872, tandis que la responsabilité spéciale de l’État est affirmée par l’arrêt Blanco.

15. Quelle innovation majeure est associée à la loi du 24 mai 1872 ?

Elle a reconnu la responsabilité spéciale de l’État pour les dommages causés par les services publics
Elle a interdit pour la première fois aux tribunaux judiciaires de juger les actes administratifs
Elle a consacré la valeur constitutionnelle des principes figurant dans le préambule
Elle a transformé le Conseil d’État en juridiction de justice déléguée et créé le Tribunal des conflits

Elle a transformé le Conseil d’État en juridiction de justice déléguée et créé le Tribunal des conflits

Explication

La loi de 1872 permet au Conseil d’État de rendre des décisions au nom de la justice déléguée et institue le Tribunal des conflits. L’interdiction faite aux tribunaux judiciaires provient des textes révolutionnaires, l’arrêt Blanco date de 1873 et la valeur constitutionnelle du préambule est liée à la décision de 1971.

16. Quelle règle l’arrêt Blanco, rendu en 1873, a-t-il affirmée ?

Les actes administratifs ne peuvent être contestés devant aucune juridiction
La responsabilité de l’État est régie par le Code civil et relève du juge judiciaire
La responsabilité de l’État obéit à des règles spéciales et relève du juge administratif
Le Conseil d’État exerce une fonction consultative sans pouvoir juridictionnel

La responsabilité de l’État obéit à des règles spéciales et relève du juge administratif

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État, en raison des besoins du service, obéit à des règles spéciales et relève du juge administratif. Il ne soumet donc pas cette responsabilité au régime civil ordinaire ni à la compétence principale du juge judiciaire.

17. Que désigne le dualisme juridique en droit administratif ?

La séparation entre les fonctions consultatives et contentieuses du Conseil d’État
La distinction entre les actes administratifs unilatéraux et les contrats administratifs
La coexistence d’un ordre judiciaire et d’un ordre administratif compétents pour juger les litiges
La coexistence du droit civil entre particuliers et du droit administratif applicable à l’administration

La coexistence du droit civil entre particuliers et du droit administratif applicable à l’administration

Explication

Le dualisme juridique concerne la coexistence de deux ensembles de règles : le droit civil pour les relations entre particuliers et le droit administratif pour l’administration. La coexistence de deux ordres de juridiction correspond au dualisme juridictionnel.

18. Quelle situation illustre le dualisme juridictionnel français ?

Une séparation entre les juridictions civiles et les autorités administratives sans contrôle juridictionnel
Deux ensembles de règles, le droit civil entre particuliers et le droit administratif pour l’administration
Un ordre judiciaire et un ordre administratif, ce dernier étant spécialisé dans le jugement de l’administration
Un juge unique appliquant des règles différentes selon la nature du litige

Un ordre judiciaire et un ordre administratif, ce dernier étant spécialisé dans le jugement de l’administration

Explication

Le dualisme juridictionnel désigne la coexistence d’un ordre judiciaire et d’un ordre administratif, chacun ayant son domaine de compétence. La coexistence du droit civil et du droit administratif relève du dualisme juridique, qui porte sur les règles applicables.

19. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié d’inégalitaire ?

Parce qu’il soumet l’administration aux mêmes règles que les personnes privées
Parce qu’il réserve au juge judiciaire le pouvoir de modifier les décisions administratives
Parce qu’il impose aux particuliers des obligations identiques dans toutes leurs relations privées
Parce qu’il accorde à l’administration des avantages justifiés par les besoins de l’État

Parce qu’il accorde à l’administration des avantages justifiés par les besoins de l’État

Explication

Le droit administratif est dit inégalitaire parce qu’il reconnaît à l’administration des prérogatives liées à l’intérêt de l’État, notamment le pouvoir d’imposer certaines décisions à leurs destinataires. Le droit administratif ne se confond donc pas avec l’application des mêmes règles aux particuliers et à l’administration.

20. En cas de conflit entre une règle de droit de l’Union européenne et une règle nationale, quel principe impose l’application prioritaire de la règle européenne ?

Le principe d’effet direct
Le principe de primauté
Le principe de subsidiarité
Le principe de coopération loyale

Le principe de primauté

Explication

Le principe de primauté impose que le droit de l’Union européenne soit appliqué avant le droit national en cas de conflit. L’effet direct concerne plutôt la possibilité pour les particuliers d’invoquer une norme européenne et d’en tirer des droits.

21. Que permet l’effet direct d’une norme de l’Union européenne ?

Elle organise la répartition des compétences entre l’Union et les États
Elle oblige l’administration à adopter une mesure nationale d’application
Elle peut créer des droits et obligations pour les particuliers sans transposition préalable
Elle écarte toute règle nationale contraire sans intervention d’un juge

Elle peut créer des droits et obligations pour les particuliers sans transposition préalable

Explication

L’effet direct permet à une norme européenne de créer des droits et des obligations pour les particuliers sans transposition préalable par l’administration. La priorité donnée au droit européen sur une règle nationale relève du principe de primauté.

22. Quelle décision de 1989 a reconnu la supériorité du droit de l’Union européenne sur les lois nationales ?

L’arrêt Costa c. ENEL de la CJCE
L’arrêt Van Gend en Loos de la CJCE
L’arrêt Didier du Conseil d’État
L’arrêt Nicolo du Conseil d’État

L’arrêt Nicolo du Conseil d’État

Explication

Dans l’arrêt Nicolo de 1989, le Conseil d’État reconnaît la supériorité du droit de l’Union européenne sur les lois nationales. Costa c. ENEL et Van Gend en Loos sont des arrêts de la CJCE portant respectivement sur la primauté et l’effet direct.

23. Quelle combinaison correspond aux exigences principales de l’article 6 § 1 de la CEDH ?

Une juridiction nationale et une procédure dépourvue de toute formalité
Un recours administratif préalable et une décision dans un délai fixe
Une audience publique et une indemnisation automatique du requérant
Un tribunal impartial et un jugement dans un délai raisonnable

Un tribunal impartial et un jugement dans un délai raisonnable

Explication

L’article 6 § 1 exige notamment l’intervention d’un tribunal impartial et le jugement de l’affaire dans un délai raisonnable. Il ne se réduit donc pas à la seule existence d’un recours ou à une durée déterminée à l’avance.

24. Quelle portée l’arrêt Engel du 8 juin 1976 reconnaît-il à l’article 6 § 1 de la CEDH ?

Il le réserve aux condamnations expressément qualifiées de pénales par le droit interne
Il l’applique aux litiges civils sans tenir compte de la nature de la sanction
Il l’étend à certaines sanctions internes présentant un caractère répressif
Il limite les garanties européennes aux décisions rendues par les juridictions judiciaires

Il l’étend à certaines sanctions internes présentant un caractère répressif

Explication

L’arrêt Engel étend les garanties de l’article 6 § 1 aux sanctions qualifiées de disciplinaires ou de non pénales par le droit interne lorsqu’elles présentent un caractère répressif. La qualification retenue par le droit national ne suffit donc pas à exclure ces garanties.

25. Que confirme le Conseil d’État dans l’arrêt Didier de 1999 ?

Les autorités administratives indépendantes échappent aux exigences du procès équitable
Les sanctions administratives relèvent de l’article 6 § 1 seulement après une condamnation pénale
Les garanties de l’article 6 § 1 concernent les recours administratifs sans effet sur les sanctions
Les exigences de l’article 6 § 1 s’appliquent aux sanctions des autorités administratives indépendantes

Les exigences de l’article 6 § 1 s’appliquent aux sanctions des autorités administratives indépendantes

Explication

Dans l’arrêt Didier de 1999, le Conseil d’État confirme l’application des exigences de l’article 6 § 1 aux sanctions prononcées par les autorités administratives indépendantes. Cette solution soumet donc ces procédures administratives aux garanties européennes pertinentes.

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Que détermine l'article 34 de la Constitution ?

Le domaine de la loi, notamment pour les matières trop importantes pour l'administration.

Selon l'article 37, à qui appartiennent les matières hors domaine de la loi ?

Au domaine réglementaire confié au pouvoir exécutif.

Comment le pouvoir exécutif applique-t-il les lois ?

Au moyen de règlements d’application comme décrets et arrêtés.

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