QCM : Causes du retard de développement (38 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un gouvernement constate que des règles juridiques importées ne fonctionnent pas, car elles ne sont pas adaptées aux pratiques sociales locales. Quelle explication du retard de développement correspond à cette situation ?

La dépendance envers les pays capitalistes avancés
L’absence historique de mécanismes économiques
La structure interne et l’inadaptation des règles importées
La faiblesse des aspirations entrepreneuriales

La structure interne et l’inadaptation des règles importées

Explication

L’approche par les causes internes relie le retard à la structure des pays et à des règles importées qui ne correspondent pas aux pratiques sociales locales. La dépendance extérieure relève d’une autre approche, l’absence de mécanismes économiques ne décrit pas cette inadaptation, et le faible niveau d’aspiration concerne les comportements individuels.

2. Pourquoi certains auteurs qualifient-ils de « maladies infantiles » des caractéristiques sociales associées au sous-développement ?

Parce qu’elles désignent principalement des maladies physiques touchant les enfants
Parce qu’elles résultent des relations avec les économies capitalistes avancées
Parce qu’elles sont supposées disparaître avec le développement, bien que cette évolution soit incertaine
Parce qu’elles sont censées se renforcer à mesure que le développement progresse

Parce qu’elles sont supposées disparaître avec le développement, bien que cette évolution soit incertaine

Explication

L’expression désigne des éléments supposés s’effacer au cours du développement, même si cette évolution est moins nette dans la réalité. L’idée d’un renforcement inverse la relation supposée, les maladies physiques prennent l’expression au sens littéral, et les relations extérieures relèvent d’une autre explication du retard.

3. Dans une société, on relève un statut professionnel transmis de parent à enfant, des castes privilégiées et du travail des enfants. Comment ces caractéristiques sont-elles classées dans l’approche des causes internes ?

Parmi les règles institutionnelles adaptées aux pratiques sociales
Parmi les pratiques religieuses freinant l’accès au crédit
Parmi les liens avec les pays capitalistes avancés
Parmi les « maladies infantiles » du sous-développement

Parmi les « maladies infantiles » du sous-développement

Explication

Les statuts professionnels héréditaires, les castes, les privilèges et le travail des enfants figurent parmi les « maladies infantiles » citées. Les normes spirituelles concernent une autre catégorie de comportements, tandis que les règles adaptées et les relations économiques extérieures ne correspondent pas à ces exemples.

4. Une personne privilégie la sécurité de sa communauté et montre peu d’intérêt pour créer une entreprise. Quelle explication correspond au rôle du niveau d’aspiration décrit dans cette approche ?

Une dépense de démonstration, destinée à accroître les dons lors de fêtes communautaires
Une aspiration élevée, favorisée par la survie communautaire et orientée vers l’entrepreneuriat
Une institution importée, inadaptée aux pratiques sociales et limitant l’accès au crédit
Une aspiration généralement faible, adaptée à la survie communautaire mais peu favorable à l’entrepreneuriat

Une aspiration généralement faible, adaptée à la survie communautaire mais peu favorable à l’entrepreneuriat

Explication

Un niveau d’aspiration généralement faible peut convenir à la survie dans une logique communautaire, sans favoriser l’entrepreneuriat. L’aspiration élevée inverse le constat, l’inadaptation institutionnelle est une autre explication, et les dépenses de démonstration renvoient au potlatch.

5. Quels auteurs sont associés à l’analyse de comportements individuels considérés comme contre-productifs ?

Georges Balandier et un sociologue de l’approche évolutionniste
Gunnar Myrdal et Georges Balandier
Gunnar Myrdal et un théoricien de la dépendance
Deux auteurs anonymes de l’approche par les causes externes

Gunnar Myrdal et Georges Balandier

Explication

Gunnar Myrdal et Georges Balandier sont les auteurs associés à la mise en cause de comportements individuels contre-productifs. Les autres choix substituent des figures ou des catégories d’auteurs qui ne sont pas associées à cette analyse.

6. Que met au premier plan l’approche par les causes externes pour expliquer le retard de développement d’un pays ?

Les mentalités et institutions internes, sans tenir compte des relations avec l’étranger
Une évolution sans contacts qui peut être reconstituée avec certitude
Les relations avec les pays capitalistes avancés, sans qu’on puisse établir l’évolution en l’absence de ces contacts
Le manque de ressources naturelles, indépendamment des relations commerciales

Les relations avec les pays capitalistes avancés, sans qu’on puisse établir l’évolution en l’absence de ces contacts

Explication

Cette approche relie le retard aux rapports avec les pays capitalistes avancés et souligne qu’on ne peut savoir avec certitude ce qui se serait passé sans ces contacts. L’explication par les mentalités privilégie les causes internes, celle par les ressources naturelles déplace le mécanisme, et la reconstitution certaine contredit la limite mise en avant.

7. Dans un territoire intégré de force aux échanges coloniaux, une industrie textile locale disparaît après qu’une puissance coloniale lui impose un monopole commercial. Quelle interprétation correspond à l’approche des causes externes ?

La baisse de la demande a réduit une industrie sans lien avec l’organisation des échanges
L’insertion forcée dans les échanges coloniaux a démantelé une activité industrielle locale
La disparition de l’industrie a provoqué l’insertion forcée dans les échanges coloniaux
Une décision locale indépendante de la contrainte coloniale a supprimé l’industrie

L’insertion forcée dans les échanges coloniaux a démantelé une activité industrielle locale

Explication

L’insertion forcée dans les réseaux coloniaux a pu démanteler des activités locales, notamment l’industrie, comme dans le cas de l’industrie textile indienne sous monopole britannique. La baisse de la demande remplace ce mécanisme, la décision indépendante efface la contrainte extérieure, et l’inversion causale renverse la relation décrite.

8. Avec le même nombre d’heures de travail, Eurasia produit davantage de chemises qu’Estasia, tandis qu’Estasia produit davantage de fromage qu’Eurasia. Selon la théorie des avantages absolus, comment les deux pays devraient-ils se spécialiser ?

Eurasia dans les chemises et Estasia dans le fromage
Les deux pays dans les chemises, car Eurasia en produit davantage
Eurasia dans le fromage et Estasia dans les chemises
Les deux pays dans le fromage, car Estasia en produit davantage

Eurasia dans les chemises et Estasia dans le fromage

Explication

L’avantage absolu compare les quantités produites avec les mêmes facteurs : chaque pays se spécialise dans le bien qu’il produit davantage que l’autre. Le coût d’opportunité relève de l’avantage comparatif, tandis que les deux autres choix attribuent à tort aux deux pays le même bien de spécialisation.

9. Un pays produit les deux biens plus efficacement qu’un autre, mais les deux pays peuvent tout de même tirer bénéfice d’une spécialisation fondée sur leurs coûts d’opportunité. Quelle théorie décrit cette possibilité ?

La théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, développée à la fin du XIXe siècle
La théorie des avantages comparatifs d’Adam Smith, développée à la fin du XVIIIe siècle
La théorie des avantages absolus de David Ricardo, développée à la fin du XIXe siècle
La théorie des avantages absolus d’Adam Smith, développée à la fin du XVIIIe siècle

La théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, développée à la fin du XIXe siècle

Explication

Ricardo développe la théorie des avantages comparatifs à la fin du XIXe siècle, qui montre que la spécialisation peut profiter aux deux pays même si l’un possède un avantage absolu dans les deux biens. L’avantage absolu compare les quantités produites avec les mêmes facteurs, et les attributions à Smith et au XVIIIe siècle correspondent à cette autre théorie.

10. Une étude distingue trois héritages coloniaux en Afrique. Quel type d’économie Samir Amin associe-t-il à l’Afrique centrale ?

Une colonisation de peuplement
Une économie de traite favorisant l’agriculture
Une économie fondée sur les normes civiques
Une économie liée à l’exploitation minière

Une économie liée à l’exploitation minière

Explication

Samir Amin associe l’Afrique centrale à une économie liée à l’exploitation minière. L’économie de traite renvoie à l’Afrique de l’Ouest, tandis que la colonisation de peuplement caractérise l’Afrique australe ; les normes civiques relèvent d’une autre explication du développement.

11. Quelle conséquence durable Samir Amin attribue-t-il à la colonisation en Afrique, après la traite négrière ?

Elle a durablement handicapé le développement des pays africains.
Elle a durablement accéléré le développement des pays africains.
Elle a favorisé les institutions inclusives dans les pays africains.
Elle a modifié les échanges sans affecter le développement africain.

Elle a durablement handicapé le développement des pays africains.

Explication

Pour Samir Amin, le processus de colonisation, après la traite négrière, a durablement handicapé le développement des pays africains. Réduire la cause à la traite omet la colonisation, et les propositions d’accélération ou d’institutions inclusives contredisent cette analyse.

12. Au fil des décennies, un pays exportateur de biens peu transformés reçoit des quantités toujours plus faibles de produits développés pour ses exportations. Quel concept décrit cette évolution ?

L’échange inégal selon la valeur du travail
L’avantage comparatif
L’enclavement commercial
La détérioration des termes de l’échange

La détérioration des termes de l’échange

Explication

La détérioration des termes de l’échange désigne la diminution, au fil du temps, des quantités de biens développés obtenues en échange des biens produits par les pays sous-développés. L’avantage comparatif justifie théoriquement la spécialisation, l’enclavement renvoie aux contraintes géographiques et l’échange inégal d’Emmanuel porte sur la valeur des facteurs.

13. Quelle explication Arghiri Emmanuel donne-t-il à l’échange inégal entre pays industrialisés et pays en retard de développement ?

Les pays se spécialisent selon leurs avantages comparatifs respectifs.
Les facteurs de production, notamment le travail, n’ont pas la même valeur selon les pays.
Les pays en retard de développement ont des rendements agricoles plus faibles.
Les biens échangés perdent progressivement de la valeur dans tous les pays.

Les facteurs de production, notamment le travail, n’ont pas la même valeur selon les pays.

Explication

En s’appuyant sur l’interprétation marxienne de la valeur travail, Emmanuel explique l’échange inégal par les différences de valeur des facteurs de production, notamment du travail, entre pays. La détérioration des termes de l’échange concerne l’évolution des quantités obtenues, tandis que productivité agricole et avantage comparatif ne sont pas son explication centrale ici.

14. Depuis les années 1990-2000, quelles trois familles d’explications sont au cœur du débat empirique sur les écarts de développement ?

La géographie, la culture et les institutions
Le commerce, les facteurs de production et les institutions
La géographie, le commerce et les institutions
La colonisation, la culture et les facteurs de production

La géographie, la culture et les institutions

Explication

Le débat empirique oppose trois familles d’explications : la géographie, la culture et les institutions. Le commerce, la colonisation ou les facteurs de production peuvent intervenir dans d’autres analyses, mais ils ne remplacent pas l’une de ces trois familles dans ce cadre.

15. Un pays tropical sans accès à la mer connaît un revenu par habitant faible malgré des institutions de bonne qualité. Quelle interprétation correspond à la thèse de Jeffrey Sachs ?

La qualité des institutions détermine le revenu par habitant, indépendamment de la géographie.
Les institutions coloniales expliquent le revenu par habitant plutôt que la géographie.
La culture civique détermine le revenu par habitant, indépendamment des institutions formelles.
La géographie peut peser directement sur le revenu par habitant, indépendamment des institutions.

La géographie peut peser directement sur le revenu par habitant, indépendamment des institutions.

Explication

Sachs soutient que la géographie agit directement sur le revenu par habitant, indépendamment de la qualité des institutions, notamment par le climat tropical et l’enclavement. Faire dépendre l’effet des institutions inverse sa thèse ; les institutions coloniales et la culture civique renvoient à d’autres explications.

16. Dans une colonie, la mortalité des colons est élevée et leur installation durable est difficile. Quel type d’institutions correspond au mécanisme décrit ?

Des institutions civiques fondées sur la confiance interpersonnelle et le respect des normes
Des institutions commerciales favorisant l’accès aux routes maritimes et la baisse des coûts
Des institutions inclusives protégeant la propriété et organisant des contre-pouvoirs
Des institutions extractives exploitant les ressources et la main-d’œuvre locales

Des institutions extractives exploitant les ressources et la main-d’œuvre locales

Explication

Les colonies où la mortalité des colons était élevée ont connu des institutions extractives, tournées vers l’exploitation des ressources et de la main-d’œuvre locales. Les institutions inclusives sont associées à la possibilité d’installation durable des colons ; confiance civique et accès commercial appartiennent à d’autres mécanismes.

17. Dans les régions européennes étudiées par Guido Tabellini, à quels éléments culturels un PIB par habitant plus élevé est-il associé, indépendamment des institutions formelles ?

À une protection de la propriété plus forte et à des contre-pouvoirs institutionnels
À une confiance interpersonnelle plus forte et au respect historique des normes civiques
À un accès maritime plus direct et à des coûts de transport moins élevés
À une exploitation plus intense des ressources et de la main-d’œuvre locales

À une confiance interpersonnelle plus forte et au respect historique des normes civiques

Explication

Tabellini associe un PIB par habitant plus élevé à une confiance interpersonnelle plus forte et au respect historique des normes civiques, indépendamment des institutions formelles. La protection de la propriété relève des institutions inclusives, l’accès maritime de la géographie, et l’exploitation locale des institutions extractives.

18. Quelles sont les cinq phases que Rostow distingue dans le passage d’une économie sous-développée à une économie industrialisée ?

Communauté primitive, esclavagisme, féodalisme, capitalisme, socialisme
Société traditionnelle, conditions préalables, industrialisation, stagnation, consommation de masse
Société traditionnelle, conditions préalables, décollage, marche vers la maturité, consommation de masse
Société traditionnelle, décollage, conditions préalables, consommation de masse, maturité

Société traditionnelle, conditions préalables, décollage, marche vers la maturité, consommation de masse

Explication

Rostow décrit cinq phases allant de la société traditionnelle à l’ère de la consommation de masse, avec les conditions préalables, le décollage et la marche vers la maturité entre les deux. Les modes de production relèvent de Marx, et inverser le décollage et les conditions préalables altère l’ordre du modèle.

19. Quelle succession de modes de production Marx décrit-il dans sa théorie des stades historiques ?

Société traditionnelle, conditions préalables, décollage, maturité, consommation de masse
Communauté primitive, féodalisme, esclavagisme, capitalisme, socialisme, communisme
Communauté primitive, esclavagisme, féodalisme, capitalisme, communisme, socialisme
Communauté primitive, esclavagisme, féodalisme, capitalisme, socialisme, communisme

Communauté primitive, esclavagisme, féodalisme, capitalisme, socialisme, communisme

Explication

La succession marxiste va de la communauté primitive à l’esclavagisme, puis au féodalisme, au capitalisme, au socialisme et enfin au communisme. Les étapes de Rostow sont des phases de développement économique, tandis que le féodalisme et l’esclavagisme sont inversés dans l’autre succession proposée.

20. Deux explications du passage d’une économie à un stade ultérieur sont comparées : laquelle correspond à l’approche de Marx plutôt qu’à celle de Rostow ?

Les rapports sociaux de production et leurs contradictions, notamment la lutte des classes
L’augmentation de la consommation qui entraîne la maturité industrielle
L’accumulation de capital qui déclenche le décollage économique
La persistance des institutions qui maintient les structures économiques

Les rapports sociaux de production et leurs contradictions, notamment la lutte des classes

Explication

Chez Marx, les contradictions des rapports sociaux de production, notamment la lutte des classes, poussent le passage entre les modes de production. L’accumulation de capital caractérise plutôt le moteur mis en avant par Rostow; consommation et persistance institutionnelle ne désignent pas ce mécanisme marxiste.

21. Dans une économie, l’agriculture de subsistance emploie beaucoup de main-d’œuvre avec une faible productivité, tandis que l’industrie moderne mobilise surtout du capital et vend sur le marché; quelle interprétation correspond au modèle dualiste ?

Le secteur moderne est intensif en travail et destiné à la subsistance, tandis que le secteur traditionnel est tourné vers le marché
Deux secteurs distincts coexistent sans convergence spontanée : l’un est intensif en travail, l’autre en capital
Un secteur traditionnel intensif en capital converge spontanément vers un secteur moderne intensif en travail
Les deux secteurs ont une productivité comparable et se distinguent principalement par leur taille

Deux secteurs distincts coexistent sans convergence spontanée : l’un est intensif en travail, l’autre en capital

Explication

Le dualisme décrit la coexistence sans convergence spontanée d’un secteur traditionnel peu productif et intensif en main-d’œuvre et d’un secteur moderne intensif en capital, tourné vers le marché. L’inversion des intensités factorielles est la confusion centrale; les deux autres interprétations effacent les différences décrites.

22. Dans une économie étudiée par Higgins, une usine conserve une proportion fixe entre capital et travail, tandis que les exploitations rurales adaptent leurs techniques et absorbent des travailleurs supplémentaires sans accroître beaucoup leur production; que prévoit le dualisme technologique ?

Le surplus reste au chômage dans les campagnes, tandis que l’industrie l’absorbe avec une productivité marginale proche de zéro
Le surplus reste au chômage dans l’industrie, tandis que son absorption rurale crée un chômage déguisé à productivité marginale proche de zéro
L’industrie absorbe le surplus grâce à ses coefficients variables, tandis que les campagnes enregistrent du chômage ouvert
Les deux secteurs absorbent les travailleurs avec une hausse comparable de leur productivité marginale

Le surplus reste au chômage dans l’industrie, tandis que son absorption rurale crée un chômage déguisé à productivité marginale proche de zéro

Explication

Chez Higgins, les coefficients fixes du secteur industriel empêchent d’y absorber le surplus, qui demeure au chômage; les coefficients variables du secteur rural permettent son absorption, mais sous forme de chômage déguisé et avec une productivité marginale presque nulle. Les coefficients variables sont attribués à tort à l’industrie dans un distracteur, et le chômage rural n’est pas décrit comme ouvert.

23. Dans le modèle de Lewis, une entreprise capitaliste réinvestit ses profits alors qu’un surplus de travailleurs demeure dans le secteur de subsistance; quelle évolution s’ensuit jusqu’à l’épuisement de ce surplus ?

Les salaires augmentent à chaque transfert, avant que le secteur capitaliste n’embauche davantage
La demande de travail diminue et les travailleurs retournent au secteur de subsistance, où les profits sont réinvestis
Les travailleurs passent du secteur capitaliste au secteur de subsistance, tandis que le réinvestissement réduit l’emploi
La demande de travail augmente et de nouveaux travailleurs sont transférés, puis les salaires montent lorsque le surplus est épuisé

La demande de travail augmente et de nouveaux travailleurs sont transférés, puis les salaires montent lorsque le surplus est épuisé

Explication

Chez Lewis, les profits réinvestis accroissent la demande de travail et attirent des travailleurs du secteur de subsistance; les salaires commencent à augmenter lorsque le surplus de main-d’œuvre est épuisé. La consommation des profits, une hausse salariale immédiate et le transfert en sens inverse contredisent ce mécanisme.

24. Une travailleuse compare un revenu rural certain de 80 unités à un salaire urbain de 200 unités et estime à 35 % sa probabilité d’obtenir un emploi en ville; selon Harris-Todaro, que suggère la règle de migration ?

Elle ne migre pas, car le revenu rural certain doit être pondéré par 35 %
Elle ne migre pas, car le revenu urbain espéré de 70 unités est inférieur au revenu rural certain
Elle migre, car le salaire urbain de 200 unités dépasse le revenu rural certain
Elle migre, car le revenu urbain espéré de 70 unités dépasse le revenu rural certain

Elle ne migre pas, car le revenu urbain espéré de 70 unités est inférieur au revenu rural certain

Explication

Le revenu urbain espéré est le salaire urbain pondéré par la probabilité d’emploi : 200 × 0,35 = 70 unités, inférieur au revenu rural certain de 80; la règle ne prédit donc pas la migration. Comparer directement les salaires ignore la probabilité d’emploi, et pondérer le revenu rural inverse la règle.

25. Un gouvernement hésite entre financer simultanément plusieurs industries complémentaires ou concentrer ses fonds sur un secteur stratégique afin de susciter d’autres investissements. Quelle stratégie correspond à la croissance déséquilibrée de Hirschman ?

Concentrer l’investissement sur un secteur stratégique pour induire des investissements ultérieurs
Maintenir l’investissement sous le seuil critique pour préserver l’équilibre initial
Investir simultanément dans plusieurs secteurs pour élargir leurs marchés réciproques
Financer un effort massif et coordonné pour franchir les obstacles au décollage

Concentrer l’investissement sur un secteur stratégique pour induire des investissements ultérieurs

Explication

La croissance déséquilibrée privilégie des investissements ciblés qui déclenchent une chaîne d’investissements ultérieurs. L’investissement simultané dans des secteurs complémentaires relève de la croissance équilibrée; l’effort coordonné massif renvoie au Big Push; l’équilibre initial sous le seuil relève de Leibenstein.

26. Dans un pays où les infrastructures exigent un investissement initial important et où chaque usine isolée risque de manquer de débouchés, quelle démarche correspond au Big Push de Rosenstein-Rodan ?

Fractionner l’effort en projets progressifs afin de contourner les coûts initiaux
Lancer un investissement massif et coordonné pour franchir les obstacles au décollage
Cibler un secteur stratégique pour susciter une chaîne d’investissements ultérieurs
Dépasser un seuil d’investissement isolé sans coordonner les débouchés

Lancer un investissement massif et coordonné pour franchir les obstacles au décollage

Explication

Le Big Push exige un investissement massif et coordonné, car la production, la demande et l’épargne comportent des indivisibilités qui entravent un développement graduel. Le fractionnement néglige ces indivisibilités; le ciblage sectoriel correspond à Hirschman; un seuil d’investissement sans coordination ne décrit pas le Big Push.

27. Une économie réalise un effort d’investissement qui reste inférieur au seuil critique de Leibenstein. Quelle évolution en résulte ?

Les investissements induits se multiplient et l’économie change de trajectoire
La demande s’élargit et rend rentables les investissements complémentaires
Les forces dépressives absorbent l’effort et l’économie revient à son équilibre initial
Les forces stimulantes prennent le dessus et le revenu par habitant augmente durablement

Les forces dépressives absorbent l’effort et l’économie revient à son équilibre initial

Explication

Pour Leibenstein, un effort inférieur au seuil critique est absorbé par les forces dépressives et ramène l’économie à son équilibre initial. L’expansion auto-entretenue exige un effort supérieur au seuil; les investissements induits et l’élargissement coordonné des marchés renvoient à d’autres mécanismes.

28. Que désigne le capital humain dans l’analyse du développement ?

Les machines et infrastructures utilisées pour produire des biens et services
Les revenus futurs obtenus par les individus après leurs études
Les connaissances et compétences des individus, qui contribuent à la productivité
Les dépenses de santé engagées par les ménages pour prévenir les maladies

Les connaissances et compétences des individus, qui contribuent à la productivité

Explication

Le capital humain désigne les connaissances et compétences des individus et constitue un déterminant de la productivité. Les machines et infrastructures relèvent du capital physique; les dépenses de santé sont des ressources investies; les revenus futurs sont un rendement possible, non la définition du capital humain.

29. Une personne consacre aujourd’hui du temps et de l’argent à une formation dans l’espoir d’obtenir un revenu futur plus élevé. Comment caractériser cette décision ?

Un rendement éducatif, par hausse de revenu déjà obtenue grâce aux études
Un investissement en capital physique, par acquisition de machines productives
Une consommation immédiate, par dépense sans bénéfice futur attendu
Un investissement en capital humain, par sacrifice présent contre des bénéfices futurs

Un investissement en capital humain, par sacrifice présent contre des bénéfices futurs

Explication

Investir en capital humain consiste à sacrifier des ressources présentes, comme du temps ou de l’argent, en échange de revenus ou d’un bien-être futurs plus élevés. L’achat de machines relève du capital physique; une dépense sans bénéfice futur attendu n’est pas un investissement; le rendement désigne la hausse de revenu associée aux études.

30. Un ménage pauvre renonce à vacciner un enfant, car le coût est immédiat alors que le bénéfice de prévention paraît lointain. Quel mécanisme aide à expliquer cette décision ?

Une préférence pour les soins curatifs en raison de leur bénéfice visible
Une forte préférence pour le présent qui réduit le poids des bénéfices futurs
Une préférence pour l’avenir qui donne davantage de poids aux bénéfices différés
Une contrainte de ressources qui explique à elle seule le choix de prévention

Une forte préférence pour le présent qui réduit le poids des bénéfices futurs

Explication

Une forte préférence pour le présent donne moins de poids aux bénéfices futurs qu’aux coûts ou gains immédiats et contribue au sous-investissement en prévention. La préférence pour l’avenir ferait peser davantage le bénéfice différé; une contrainte de ressources peut intervenir, mais ne décrit pas ce biais temporel; le bénéfice curatif visible est une distinction connexe.

31. Un ménage choisit des antibiotiques pour soulager immédiatement une maladie plutôt que des moustiquaires qui réduiraient un risque futur. Quelle différence entre soins explique le mieux ce choix ?

Les soins préventifs ont un bénéfice immédiat et visible, contrairement aux soins curatifs
Les soins préventifs ont un coût immédiat et visible, contrairement aux soins curatifs
Les soins curatifs ont un bénéfice différé et invisible, contrairement aux soins préventifs
Les soins curatifs ont un bénéfice immédiat et visible, contrairement aux soins préventifs

Les soins curatifs ont un bénéfice immédiat et visible, contrairement aux soins préventifs

Explication

Les soins curatifs procurent un bénéfice immédiat et visible, tandis que les soins préventifs produisent un bénéfice différé et invisible, ce qui peut favoriser le recours aux soins curatifs. Dire que la prévention procure un bénéfice immédiat inverse la distinction; attribuer le bénéfice différé aux soins curatifs l’inverse également; le délai du bénéfice ne se confond pas avec le coût.

32. Quelle démarche caractérise les programmes défendus par Michael Kremer, Esther Duflo et Abhijit Banerjee ?

Mettre en place des programmes de petite échelle fondés sur les besoins des pauvres et traiter les problèmes un à un
Concentrer les ressources sur un problème global sans examiner ses composantes
Déployer des politiques nationales uniformes sans distinguer les besoins des populations
Choisir les interventions sans consulter les besoins des personnes concernées

Mettre en place des programmes de petite échelle fondés sur les besoins des pauvres et traiter les problèmes un à un

Explication

Cette démarche identifie les besoins des pauvres et cherche à résoudre les problèmes un à un dans le cadre de programmes de petite échelle. Les politiques nationales uniformes confondent cette approche avec une action globale, tandis que les deux autres réponses écartent l’identification des besoins ou le traitement séparé des problèmes.

33. Une équipe cherche à améliorer l’éducation, mais doit choisir où affecter un budget limité. Quelle démarche correspond à l’approche microéconomique décrite ?

Comparer uniquement les variables générales et retenir celle qui semble la plus visible
Répartir le budget à parts égales entre les mesures avant d’analyser les variables explicatives
Choisir d’abord une politique générale puis répartir le budget sans distinguer les causes possibles
Décomposer le problème en variables explicatives puis en variables plus fines afin de prioriser une action et d’éclairer le budget

Décomposer le problème en variables explicatives puis en variables plus fines afin de prioriser une action et d’éclairer le budget

Explication

La démarche consiste à décomposer le problème global en variables explicatives, puis en variables plus fines, afin d’identifier la priorité d’action et d’éclairer l’arbitrage budgétaire. Choisir une solution avant l’analyse inverse l’ordre de la démarche, tandis que s’arrêter aux variables générales ou répartir le budget à parts égales omet l’identification raisonnée des priorités.

34. Une équipe évalue au Kenya un traitement contre les vers intestinaux chez les enfants. Quel résultat doit-elle associer à l’étude de Miguel et Kremer de 2004 ?

Une baisse de 25 % de l’absentéisme scolaire pour environ 1 $ par enfant
Une hausse de 25 % des résultats scolaires pour environ 1 $ par enfant
Une hausse de 25 % de l’absentéisme scolaire pour environ 1 $ par enfant
Une baisse de 1 % de l’absentéisme scolaire pour environ 25 $ par enfant

Une baisse de 25 % de l’absentéisme scolaire pour environ 1 $ par enfant

Explication

Miguel et Kremer ont constaté que le traitement réduisait l’absentéisme scolaire de 25 %, pour un coût d’environ 1 $ par enfant. La hausse des résultats confond l’indicateur mesuré, la hausse de l’absentéisme inverse l’effet et la dernière réponse permute les valeurs du coût et de la baisse.

35. Une expérimentation menée dans une région et auprès d’une population données donne des résultats positifs. Quelle conclusion est méthodologiquement justifiée ?

Le résultat local ne permet aucune conclusion sur la population étudiée
Le résultat doit être réévalué avant d’être généralisé à d’autres lieux, périodes ou populations
Le résultat s’applique directement à toute population si l’intervention est identique
Le résultat ne dépend que du lieu et peut être étendu aux autres périodes et populations

Le résultat doit être réévalué avant d’être généralisé à d’autres lieux, périodes ou populations

Explication

Les résultats expérimentaux dépendent du lieu, de la période et de la population étudiée ; leur généralisation à d’autres contextes n’est donc pas automatique. Les réponses qui étendent directement le résultat négligent cette dépendance, tandis que celle qui exclut toute conclusion locale va au-delà de cette prudence.

36. Quels instruments composent les quatre types de politiques de lutte contre la pauvreté cités ?

Salaire minimum, politique d’éducation, aide sociale et transferts en nature
Salaire minimum, aide au logement, aide sociale et transferts en nature
Salaire minimum, assurance chômage, aide sociale et transferts en nature
Salaire minimum, assurance chômage, aide sociale et transferts monétaires

Salaire minimum, assurance chômage, aide sociale et transferts en nature

Explication

Les quatre politiques citées sont le salaire minimum, l’assurance chômage, l’aide sociale et les transferts en nature. Les transferts monétaires ne remplacent pas ici les transferts en nature, tandis que l’éducation et l’aide au logement ne figurent pas dans cette liste.

37. Un organisme veut garantir que l’aide serve à acheter des moustiquaires. Quel mode de transfert répond à cet objectif ?

Un transfert monétaire assorti d’une liberté complète d’affectation
Un transfert monétaire, qui laisse le bénéficiaire choisir l’usage de l’argent
Une aide sociale en espèces, qui laisse le bénéficiaire choisir ses dépenses
Un transfert en nature, qui fournit directement les moustiquaires

Un transfert en nature, qui fournit directement les moustiquaires

Explication

Le transfert en nature fournit directement le bien, ici des moustiquaires, afin de garantir l’usage visé. Un transfert monétaire laisse au contraire le bénéficiaire libre de choisir son usage ; une aide en espèces relève de cette même logique de choix.

38. Un gouvernement renforce une politique de soutien au revenu pour protéger les personnes vulnérables. Quel arbitrage doit-il prendre en compte ?

Mettre en balance le niveau des prestations et l’obligation de fournir les biens directement
Mettre en balance la protection des plus vulnérables et le risque de réduire les incitations au travail ou à l’emploi
Mettre en balance le ciblage de l’usage et la liberté de choisir entre différentes prestations
Mettre en balance la protection des plus vulnérables et la garantie d’un emploi pour chaque bénéficiaire

Mettre en balance la protection des plus vulnérables et le risque de réduire les incitations au travail ou à l’emploi

Explication

Les politiques de soutien au revenu doivent arbitrer entre la protection des plus vulnérables et le risque d’affaiblir les incitations au travail ou à l’emploi. La garantie d’un emploi n’est pas l’enjeu décrit, et le choix entre argent et biens relève d’un autre arbitrage, celui de la liberté de choix et du ciblage de l’usage.

Révisez avec les flashcards

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À quoi l’approche par les causes internes attribue-t-elle le retard de développement ?

À la structure interne des pays et à l’inadaptation de règles importées aux pratiques sociales locales.

Que désignent les « maladies infantiles » du sous-développement ?

Des éléments supposés disparaître avec le développement, bien que cette évolution soit moins claire dans la réalité.

Quels éléments relèvent des « maladies infantiles » du sous-développement ?

L’absence d’État central fort, les communautés villageoises, les groupes militaires, le népotisme, la corruption et la concussion.

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