★ À maîtriser
L’approche par les causes internes attribue le retard de développement à la structure interne des pays et à l’inadaptation de règles juridiques ou institutionnelles importées aux pratiques sociales locales.
Les « maladies infantiles » du sous-développement désignent des éléments supposés disparaître avec le processus de développement, même si cette évolution n’est pas aussi claire dans la réalité.
Les maladies infantiles citées comprennent : l’absence d’un État central fort, l’importance des communautés villageoises, la possibilité de groupes militaires, le népotisme, la corruption et la concussion, les limites à la liberté et à la mobilité du travail, les statuts professionnels héréditaires, les castes et privilèges, l’esclavage et le travail des enfants
Compléments
★ À maîtriser
Compléments
Gunnar Myrdal et Georges Balandier mettent en cause des comportements individuels qu’ils considèrent comme des pratiques contre-productives.
Le recours à des normes spirituelles ou religieuses, aux offrandes, aux fétiches et aux chamans est présenté comme pouvant freiner les comportements économiques, notamment l’accès au crédit dans le cas du catholicisme et de l’islam.
Le potlatch désigne des festins historiques associés à une part importante de dons et à des dépenses de démonstration, pratique qui subsiste lors de certaines occasions comme les mariages et les funérailles.
L’approche par les causes externes attribue le retard de développement aux relations des pays concernés avec les pays capitalistes avancés et souligne que les effets d’une évolution sans ces contacts sont impossibles à établir.
L’insertion forcée des pays sous-développés dans les réseaux d’échanges coloniaux a démantelé des activités locales, notamment l’industrie, comme l’illustre la disparition de l’industrie textile en Inde sous le monopole imposé par la Grande-Bretagne.
★ À maîtriser
Compléments
Avec 60 heures de travail par pays, Eurasia et Estasia produisent sans spécialisation 8 fromages et 4 chemises au total ; après spécialisation selon leurs avantages absolus, elles produisent 12 fromages et 5 chemises.
Dans l’exemple comparatif, Eurasia produit un fromage en 4 heures et une chemise en 12 heures, tandis qu’Estasia produit un fromage en 5 heures et une chemise en 20 heures ; Eurasia a un avantage comparatif dans les chemises.
Dans l’exemple des avantages comparatifs, la spécialisation produit au total 12 fromages et 5 chemises ; l’échange de 2 chemises contre 7 fromages laisse Eurasia avec 7 fromages et 3 chemises, et Estasia avec 5 fromages et 2 chemises.
Le modèle HOS, associé à Heckscher, Ohlin et Samuelson, explique l’origine des avantages comparatifs et justifie la supériorité du libre-échange sur le protectionnisme.
★ À maîtriser
Samir Amin distingue trois formes de colonisation en Afrique :
Selon Samir Amin, le processus de colonisation, après la traite négrière, a durablement handicapé le développement des pays africains.
Arghiri Emmanuel, s’appuyant sur l’interprétation de Karl Marx de la valeur travail, soutient que l’échange est inégal entre pays industrialisés et pays en retard de développement parce que les facteurs de production, notamment le travail, n’ont pas la même valeur partout.
Compléments
★ À maîtriser
Depuis les années 1990-2000, le débat empirique sur les écarts de développement oppose trois familles d’explications : la géographie, la culture et les institutions.
Jeffrey Sachs soutient que la géographie agit directement sur le revenu par habitant, indépendamment de la qualité des institutions, notamment par le climat tropical et l’enclavement. - Institutions Don’t Rule: Direct Effects of Geography on Per Capita Income, 2003
Daron Acemoglu, Simon Johnson et James Robinson attribuent le développement actuel aux institutions héritées de la colonisation plutôt qu’à la géographie elle-même. - The Colonial Origins of Comparative Development: An Empirical Investigation, 2001
📌 Dans les colonies où les colons pouvaient s’installer durablement, des institutions inclusives protégeant la propriété et comportant des contre-pouvoirs ont été mises en place, tandis que les colonies à forte mortalité des colons ont connu des institutions extractives exploitant les ressources et la main-d’œuvre locales.
Compléments
Le climat tropical est associé à une charge de morbidité plus élevée, à des rendements agricoles plus faibles et à des sols moins fertiles.
L’enclavement ou l’éloignement des grandes routes commerciales augmente les coûts de transport et d’échange.
La mortalité des colons au moment de la colonisation prédit la qualité actuelle des institutions, laquelle prédit à son tour le revenu par habitant actuel.
Nathan Nunn et Leonard Wantchekon constatent que les personnes issues de régions africaines davantage exposées à la traite négrière affichent une confiance plus faible envers leurs voisins, leur famille élargie et les autorités locales. - The Slave Trade and the Origins of Mistrust in Africa, 2011
Un choc historique comme la traite négrière peut façonner durablement des normes de confiance qui freinent la coopération et les échanges, et les explications géographiques, culturelles et institutionnelles ne sont pas nécessairement exclusives.
Sachs attribue un effet direct à la géographie ; Acemoglu, Johnson et Robinson privilégient les institutions.
★ À maîtriser
Rostow distingue cinq phases (Walt Whitman Rostow) :
Marx décrit les modes de production suivants (Karl Marx) :
📌 Chez Marx, le passage d’un stade à l’autre est mû par les rapports sociaux de production et leurs contradictions internes, notamment la lutte des classes, plutôt que par l’accumulation de capital mise en avant par Rostow.
Compléments
Le modèle de Rostow est critiqué parce qu’il est :
La lecture marxiste explique le sous-développement par l’insertion des colonies dans les rapports de production capitalistes mondiaux et a influencé les théories de la dépendance en Amérique latine et en Afrique, tout en restant marginale dans l’économie du développement contemporaine.
Rostow met l’accent sur l’accumulation ; Marx sur les rapports sociaux et leurs contradictions.
★ À maîtriser
📌 Dans le dualisme technologique de Higgins, le secteur industriel à coefficients techniques fixes laisse le surplus de main-d’œuvre au chômage, tandis que le secteur rural à coefficients variables absorbe l’excédent au prix d’un chômage déguisé et d’une productivité marginale proche de zéro.
Dans le modèle de Lewis, le surplus de main-d’œuvre du secteur de subsistance est transféré au secteur capitaliste, où les profits sont réinvestis, ce qui accroît la demande de travail jusqu’à l’épuisement du surplus et à la hausse des salaires. - Arthur Lewis
Fei et Ranis distinguent trois phases :
📌 Dans le modèle de Harris-Todaro, un travailleur migre vers la ville si le revenu urbain espéré, égal au salaire urbain pondéré par la probabilité de trouver un emploi, dépasse le revenu rural certain. - Harris et Todaro
Compléments
📌 J. H. Boeke distingue un système social occidental capitaliste importé d’un système indigène précapitaliste, auquel il attribue des besoins limités orientés vers la subsistance plutôt que le profit. - J.H. Boeke
La théorie du dualisme social de Boeke est critiquée parce qu’elle oppose trop nettement les systèmes, suppose des besoins trop limités et une main-d’œuvre trop immobile, et présente le dualisme comme propre aux seuls pays en développement.
Dans le modèle de Lewis, l’offre de travail du secteur de subsistance est parfaitement élastique au salaire de subsistance, et sa productivité marginale est quasi nulle. - Arthur Lewis
Selon Fei et Ranis, sans gains de productivité agricole, l’industrialisation risque de se heurter à une pénurie alimentaire qui fait remonter les salaires.
Dans le modèle de Harris-Todaro, la migration rurale-urbaine peut se poursuivre malgré un chômage urbain élevé tant que l’écart de salaire entre ville et campagne reste suffisamment important.
★ À maîtriser
📌 La croissance équilibrée de Nurkse et Rosenstein-Rodan préconise d’investir simultanément dans plusieurs secteurs complémentaires, tandis que la croissance déséquilibrée de Hirschman recommande des investissements ciblés qui induisent une chaîne d’investissements ultérieurs.
Le Big Push de Paul Rosenstein-Rodan exige un investissement massif et coordonné pour franchir les obstacles au décollage, car la production, la demande et l’épargne présentent des indivisibilités.
Pour Harvey Leibenstein, un investissement inférieur au seuil critique est absorbé par les forces dépressives et ramène l’économie à son équilibre initial, tandis qu’un effort supérieur déclenche une expansion auto-entretenue du revenu par habitant.
Compléments
Dans l’exemple de Rosenstein-Rodan, une usine de chaussures isolée manque de débouchés parce que ses ouvriers ne dépensent pas tout leur revenu en chaussures ; des investissements simultanés dans plusieurs industries élargissent les marchés réciproques.
La croissance équilibrée est critiquée parce qu’un investissement simultané dans de nombreux secteurs dépasse souvent les capacités financières et humaines des pays en développement.
📌 Chez Hirschman, le capital social fixe, notamment l’éducation, la santé, les transports et l’énergie, crée des économies externes, tandis que les activités directement productives exploitent les économies externes déjà créées. - Albert Hirschman, The Strategy of Economic Development, 1958
Nurkse coordonne plusieurs secteurs ; Hirschman mise sur les déséquilibres pour induire d’autres investissements.
★ À maîtriser
📌 Les soins curatifs procurent un bénéfice immédiat et visible, tandis que les soins préventifs ont un bénéfice différé et invisible, ce qui contribue à expliquer le recours aux soins curatifs coûteux plutôt qu’à la vaccination, à la chloration de l’eau ou aux moustiquaires.
Compléments
Le rendement de l’éducation correspond à la hausse de revenu futur associée à une année d’études supplémentaire et est généralement élevé dans les pays en développement, malgré le sous-investissement observé.
Les ménages prennent généralement les décisions d’investissement en capital humain sous contrainte de ressources et les arbitrent avec des besoins immédiats concurrents.
Les perceptions imparfaites des parents sur les rendements réels de l’éducation influencent leurs décisions de scolarisation.
La qualité du capital humain dépend notamment : de la formation et de la motivation des enseignants, du matériel pédagogique, de la taille des classes, de la qualité des personnels de santé, de la disponibilité des personnels de santé
Les interventions du côté de la demande, qui informent, incitent ou réduisent les coûts, sont souvent plus efficaces que les interventions portant uniquement sur l’offre.
Bénéfice préventif différé et invisible → préférence pour les soins curatifs immédiats.
★ À maîtriser
Michael Kremer, Esther Duflo et Abhijit Banerjee privilégient des programmes de petite échelle qui identifient les besoins des pauvres et cherchent à résoudre les problèmes un à un.
L’approche microéconomique décompose un problème global en variables explicatives, puis en variables plus fines, afin d’identifier la variable prioritaire sur laquelle agir et d’éclairer l’arbitrage budgétaire.
Miguel et Kremer (2004) constatent qu’un traitement contre les vers intestinaux au Kenya réduit l’absentéisme scolaire de 25 % pour un coût d’environ 1 $ par enfant.
📌 Les résultats d’une expérimentation dépendent du lieu, de la période et de la population étudiée, de sorte que leur généralisation à d’autres contextes n’est pas automatique.
Compléments
La vaccination accompagnée de lentilles est présentée comme efficace, et les aides à la scolarité sont présentées comme efficaces même sans condition.
Les évaluations des programmes utilisent notamment la randomisation, c’est-à-dire l’expérience aléatoire, et des méthodes économétriques comme la différence de différences.
Glewwe et al. (2009) constatent qu’améliorer l’accès aux manuels scolaires n’a aucun impact mesurable sur les résultats des élèves.
Banerjee et al. (2005) constatent que réduire le nombre d’élèves par classe sans autre changement n’a aucun impact.
📌 Le sophisme post hoc consiste à confondre une succession temporelle avec une relation de causalité.
★ À maîtriser
📌 Un transfert monétaire laisse le bénéficiaire libre de choisir son usage, tandis qu’un transfert en nature fournit directement des biens, comme des moustiquaires, afin de garantir l’usage visé.
📌 Les politiques de soutien au revenu arbitrent entre la protection des plus vulnérables et le risque de réduire les incitations au travail ou à l’emploi.
Compléments
📌 Un salaire minimum fixé au-dessus du salaire d’équilibre constitue un prix plancher sur le marché du travail et comporte un risque de chômage.
📌 L’assurance chômage protège contre la perte d’emploi, mais peut réduire l’incitation à retrouver un emploi.
Le transfert monétaire laisse le choix ; le transfert en nature cible l’usage.
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1. Un gouvernement constate que des règles juridiques importées ne fonctionnent pas, car elles ne sont pas adaptées aux pratiques sociales locales. Quelle explication du retard de développement correspond à cette situation ?
2. Pourquoi certains auteurs qualifient-ils de « maladies infantiles » des caractéristiques sociales associées au sous-développement ?
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À quoi l’approche par les causes internes attribue-t-elle le retard de développement ?
À la structure interne des pays et à l’inadaptation de règles importées aux pratiques sociales locales.
Que désignent les « maladies infantiles » du sous-développement ?
Des éléments supposés disparaître avec le développement, bien que cette évolution soit moins claire dans la réalité.
Quels éléments relèvent des « maladies infantiles » du sous-développement ?
L’absence d’État central fort, les communautés villageoises, les groupes militaires, le népotisme, la corruption et la concussion.
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