QCM : Économie de l’assurance — 28 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pour une fonction d’utilité concave et une richesse aléatoire dispersée, quelle relation exprime l’inégalité de Jensen ?

E[u(W)]=E[W]E[u(W)]=E[W]
E[u(W)]=u(E[W])E[u(W)]=u(E[W])
E[u(W)]≤u(E[W])E[u(W)]\leq u(E[W])
E[u(W)]≥u(E[W])E[u(W)]\geq u(E[W])

$$E[u(W)]\leq u(E[W])$$

Explication

La concavité de l’utilité implique, par l’inégalité de Jensen, que E[u(W)]≤u(E[W])E[u(W)]\leq u(E[W]). Lorsque la concavité est stricte et que le risque est dispersé, l’inégalité devient stricte, ce qui traduit une préférence pour la richesse certaine.

2. Pourquoi le coffee house d’Edward Lloyd et Lloyd’s List ont-ils favorisé l’expansion de l’assurance maritime ?

Ils ont accru les pertes déclarées afin d’élargir mécaniquement la demande de couverture maritime.
Ils ont concentré le financement des cargaisons dans un système distinct des contrats d’assurance.
Ils ont amélioré l’information sur les navires et les pertes, réduisant ainsi l’incertitude des souscripteurs.
Ils ont remplacé l’évaluation des risques par une garantie publique couvrant les voyages maritimes.

Ils ont amélioré l’information sur les navires et les pertes, réduisant ainsi l’incertitude des souscripteurs.

Explication

Le lieu de rencontre créé autour d’Edward Lloyd, puis Lloyd’s List dès 1734, ont organisé la circulation d’informations sur les navires et les pertes. L’hypothèse d’une garantie publique ne correspond pas au rôle informationnel de ces institutions.

3. Quelle combinaison rend une perte favorablement assurable ?

Une perte systémique, juridiquement incertaine, largement prévisible et indemnisée sans franchise
Une perte vérifiable, estimable, mutualisable, peu corrélée et couverte par une prime abordable
Une perte rare, fortement corrélée, difficile à vérifier et couverte par une prime élevée
Une perte manipulable, précisément déclarée, mutualisée entre peu d’assurés et tarifée rapidement

Une perte vérifiable, estimable, mutualisable, peu corrélée et couverte par une prime abordable

Explication

L’assurabilité favorable exige notamment une perte définissable et vérifiable, des probabilités et sévérités estimables, de nombreuses expositions mutualisables, une faible corrélation et une prime abordable. Les chocs systémiques ou les pertes manipulables posent au contraire des difficultés majeures d’assurance.

4. Un individu évalue une loterie dont la richesse espérée est E(W)E(W) et l’équivalent certain est CECE. Quelle expression mesure sa prime de risque ?

π=E(W)−CE\pi=E(W)-CE
π=CE−E(W)\pi=CE-E(W)
π=E(W)+CE\pi=E(W)+CE
π=E[u(W)]−u(CE)\pi=E[u(W)]-u(CE)

$$\pi=E(W)-CE$$

Explication

La prime de risque est π=E(W)−CE\pi=E(W)-CE : elle mesure la somme que l’individu accepte de sacrifier par rapport à la richesse espérée pour supprimer le risque. La perte espérée, elle, décrit une moyenne de pertes et ne mesure pas le coût monétaire de leur dispersion.

5. Quelle transformation caractérise le passage du prêt à la grosse à l’assurance moderne ?

Le prêteur conserve le financement du voyage et reçoit une part variable de la cargaison transportée.
Le propriétaire du navire assume le risque maritime et obtient un financement indépendant de toute prime.
Le financement du voyage est séparé du transfert contractuel du risque contre paiement d’une prime.
La communauté prend en charge les pertes selon des règles de solidarité sans contrat ni rémunération.

Le financement du voyage est séparé du transfert contractuel du risque contre paiement d’une prime.

Explication

L’assurance moderne dissocie le financement du voyage du transfert contractuel du risque, lequel s’effectue en échange d’une prime. Le prêt à la grosse constitue au contraire une forme où financement et risque restent liés.

6. Quelle distinction décrit correctement le risque et l’incertitude en assurance ?

Le risque concerne des événements imprévisibles, tandis que l’incertitude se calcule à partir de séries statistiques fiables.
Le risque dépend d’une solidarité collective, tandis que l’incertitude résulte d’un contrat séparant prime et indemnité.
Le risque devient mesurable après la perte, tandis que l’incertitude permet d’établir un prix avant la survenue du dommage.
Le risque renvoie à des résultats probabilisables, tandis que l’incertitude empêche encore un tarif actuariel stable.

Le risque renvoie à des résultats probabilisables, tandis que l’incertitude empêche encore un tarif actuariel stable.

Explication

Le risque porte sur des résultats identifiés dont les probabilités peuvent être estimées, alors que l’incertitude reste trop mal connue pour produire un prix actuariel stable. L’idée selon laquelle l’incertitude serait calculable grâce à des données fiables inverse précisément la distinction entre les deux notions.

7. Comment l’assurabilité d’une perte incertaine peut-elle évoluer ?

Elle demeure une propriété fixe de l’événement, quel que soit le progrès des données disponibles.
Elle transforme une perte certaine en événement imprévisible par l’intermédiaire d’un contrat d’assurance.
Elle peut devenir un risque tarifable grâce aux connaissances, aux institutions et aux capacités financières.
Elle dépend principalement de la gravité du dommage, sans lien avec les institutions ou les moyens financiers.

Elle peut devenir un risque tarifable grâce aux connaissances, aux institutions et aux capacités financières.

Explication

L’assurabilité désigne la possibilité de convertir une perte incertaine en risque tarifable lorsque les connaissances, les institutions et les ressources financières progressent. La considérer comme une caractéristique immuable de l’événement correspond à la confusion explicitement signalée.

8. Pour une cargaison de 8 000 € transportée par un seul navire, avec une probabilité de perte de 10 %, quelle est la combinaison correcte de l’espérance de perte et de l’écart-type ?

Une espérance de 800 € et un écart-type de 2 400 €
Une espérance de 1 600 € et un écart-type de 2 400 €
Une espérance de 800 € et un écart-type de 800 €
Une espérance de 2 400 € et un écart-type de 800 €

Une espérance de 800 € et un écart-type de 2 400 €

Explication

L’espérance de perte vaut E(X1)=pD=0,10×8 000=800 €E(X_1)=pD=0{,}10\times 8\,000=800\,€, tandis que l’écart-type vaut σ(X1)=p(1−p)D=2 400 €\sigma(X_1)=\sqrt{p(1-p)}D=2\,400\,€. L’écart-type mesure ici la dispersion de la perte et ne se confond pas avec son espérance.

9. Un ménage strictement averse au risque fait face à une tarification actuariellement juste, avec α=p\alpha=p. Quel niveau de couverture choisit-il ?

Une couverture intermédiaire indépendante de DD
Une couverture nulle q=0q=0
La couverture complète q=Dq=D
Une couverture déterminée par les coûts administratifs

La couverture complète $$q=D$$

Explication

Avec α=p\alpha=p, la couverture ne modifie pas la richesse espérée mais réduit sa dispersion, ce qui avantage un ménage strictement averse au risque. Une couverture nulle ne procure pas cette réduction de risque.

10. Que couvre la prime pure d’une police d’assurance ?

Le coût moyen attendu des sinistres avant les dépenses et les marges
Le coût des sinistres augmenté des taxes et de la marge bénéficiaire
Le montant maximal qu’un assureur pourrait indemniser pendant la période
Les frais de gestion et de capital avant le coût des sinistres

Le coût moyen attendu des sinistres avant les dépenses et les marges

Explication

La prime pure correspond au coût moyen attendu des sinistres sur la période, avant les dépenses, les coûts de capital et les marges. Les taxes, les frais et la marge relèvent de la prime commerciale.

11. Quels éléments sont ajoutés à la prime pure pour obtenir la prime commerciale ?

Les dépenses, les charges de risque et de capital, les taxes et la marge bénéficiaire
Les indemnités versées, les franchises contractuelles et les probabilités individuelles
La fréquence des sinistres, leur sévérité moyenne et la perte maximale assurée
La richesse initiale des assurés, leur aversion au risque et leur couverture choisie

Les dépenses, les charges de risque et de capital, les taxes et la marge bénéficiaire

Explication

La prime commerciale comprend la prime pure ainsi que les chargements de dépenses, de risque et de capital, les taxes et prélèvements, et la marge bénéficiaire. La fréquence et la sévérité servent à calculer le coût attendu des sinistres, déjà contenu dans la prime pure.

12. Pour une perte binaire de montant DD survenant avec une probabilité pp, comment s’écrit la prime maximale d’une assurance complète ?

Pmax=CE−w0=pD+πP_{max}=CE-w_0=pD+\pi
Pmax=w0−CE=pD+πP_{max}=w_0-CE=pD+\pi
Pmax=pD−π=w0+CEP_{max}=pD-\pi=w_0+CE
Pmax=w0+CE=pD−πP_{max}=w_0+CE=pD-\pi

$$P_{max}=w_0-CE=pD+\pi$$

Explication

La prime maximale d’assurance complète vaut Pmax=w0−CEP_{max}=w_0-CE et se décompose en perte espérée plus prime de risque, soit pD+πpD+\pi. Elle inclut donc à la fois le coût moyen de la perte et la compensation exigée pour éliminer sa dispersion.

13. Avec un prix de couverture α\alpha par euro d’indemnité, quelle est la richesse finale en cas de perte pour une couverture qq ?

WL=w0−D+αqW_L=w_0-D+\alpha q
WL=w0+(1−α)q−DαW_L=w_0+(1-\alpha)q-D\alpha
WL=w0−αq+(1−α)DW_L=w_0-\alpha q+(1-\alpha)D
WL=w0−D+(1−α)qW_L=w_0-D+(1-\alpha)q

$$W_L=w_0-D+(1-\alpha)q$$

Explication

La richesse en cas de perte combine la richesse initiale, la perte DD, la prime αq\alpha q et l’indemnité qq, ce qui donne w0−D+(1−α)qw_0-D+(1-\alpha)q. L’expression w0−αqw_0-\alpha q décrit la richesse sans perte et ne tient pas compte du sinistre.

14. Pour nn risques indépendants identiques, comment évolue la variance du sinistre moyen par police lorsque nn augmente ?

Elle devient pDn\frac{pD}{n} et dépend de la perte moyenne
Elle reste égale à p(1−p)D2p(1-p)D^2 quel que soit nn
Elle devient np(1−p)D2np(1-p)D^2 et augmente avec nn
Elle devient p(1−p)D2n\frac{p(1-p)D^2}{n} et diminue avec nn

Elle devient $$\frac{p(1-p)D^2}{n}$$ et diminue avec $$n$$

Explication

La variance du sinistre moyen vaut p(1−p)D2n\frac{p(1-p)D^2}{n}, donc elle décroît lorsque le portefeuille s’agrandit. La variance de la somme, en revanche, vaut np(1−p)D2np(1-p)D^2 et augmente avec le nombre de risques.

15. Pourquoi une exposition commune, comme une même catastrophe naturelle, limite-t-elle la mutualisation des risques ?

Elle rend les pertes indépendantes et stabilise davantage chaque police
Elle crée une dépendance entre les pertes et réduit les bénéfices de la diversification
Elle supprime les covariances et diminue la variance de la somme
Elle transforme chaque perte en événement de probabilité nulle

Elle crée une dépendance entre les pertes et réduit les bénéfices de la diversification

Explication

Une exposition commune peut faire survenir plusieurs pertes ensemble, ce qui introduit une forte corrélation et limite la diversification. L’indépendance, au contraire, signifie qu’une perte ne modifie pas la distribution d’une autre.

16. Dans le modèle fréquence-sévérité, quelle expression donne la prime pure lorsque la fréquence et la sévérité moyenne sont indépendantes ?

πpure=E(N)/E(Y)\pi_{pure}=E(N)/E(Y)
πpure=E(N)E(Y)\pi_{pure}=E(N)E(Y)
πpure=E(N)+E(Y)\pi_{pure}=E(N)+E(Y)
πpure=E(N)E(Y)+chargements\pi_{pure}=E(N)E(Y)+\text{chargements}

$$\pi_{pure}=E(N)E(Y)$$

Explication

Le coût total s’écrit S=∑j=1NYjS=\sum_{j=1}^{N}Y_j et, sous l’hypothèse indiquée, son espérance est le produit de la fréquence moyenne et de la sévérité moyenne. Les chargements ne font pas partie de la prime pure.

17. Dans quelles conditions un ménage et un assureur peuvent-ils accepter une assurance complète ?

Le ménage accepte si la prime ne dépasse pas sa prime maximale, et l’assureur si elle couvre ses coûts
Le ménage accepte selon les coûts de fourniture, et l’assureur selon sa tolérance au risque
Le ménage accepte lorsque la prime est nulle, et l’assureur lorsque les sinistres sont impossibles
Le ménage accepte si la prime couvre les sinistres, et l’assureur si elle reste sous la prime maximale

Le ménage accepte si la prime ne dépasse pas sa prime maximale, et l’assureur si elle couvre ses coûts

Explication

La décision du ménage dépend de sa volonté maximale de payer, tandis que l’assureur exige une prime couvrant les sinistres attendus et les coûts de fourniture. La prime maximale du ménage ne constitue donc pas le critère de rentabilité de l’assureur.

18. Si la cargaison de 8 000 € est répartie à parts égales entre deux navires indépendants, quel effet cette diversification produit-elle sur la perte ?

Elle réduit l’espérance à 400 € et conserve l’écart-type à 2 400 €
Elle augmente l’espérance à 1 600 € et réduit l’écart-type à environ 1 697 €
Elle conserve l’espérance à 800 € et augmente l’écart-type à environ 3 394 €
Elle conserve l’espérance à 800 € et réduit l’écart-type à environ 1 697 €

Elle conserve l’espérance à 800 € et réduit l’écart-type à environ 1 697 €

Explication

Avec deux navires indépendants, l’espérance totale reste de 800 €, mais la variance est divisée par deux et l’écart-type tombe à environ 1 697 €. La diversification réduit donc la dispersion sans modifier l’espérance de perte.

19. Deux loteries ont la même richesse espérée, mais l’une est davantage dispersée. Quel choix caractérise un décideur averse au risque ?

Il préfère le montant certain équivalent à la loterie dispersée
Il considère les deux options comme identiques quelle que soit leur dispersion
Il préfère la loterie dispersée en raison de sa variance plus élevée
Il choisit l’option dont l’utilité espérée est la plus faible

Il préfère le montant certain équivalent à la loterie dispersée

Explication

Un décideur averse au risque préfère un montant certain à une loterie dispersée ayant la même richesse moyenne. La richesse espérée est une moyenne monétaire, tandis que l’utilité espérée traduit le bien-être associé aux différents résultats.

20. Quel signe de la dérivée seconde de la fonction d’utilité caractérise l’aversion au risque ?

u′=0u'=0
u′′>0u''>0
u′′<0u''<0
u′′=0u''=0

$$u''<0$$

Explication

L’aversion au risque correspond à une fonction d’utilité concave, donc à u′′<0u''<0. La condition u′′=0u''=0 caractérise la neutralité au risque, tandis que u′′>0u''>0 traduit l’attrait pour le risque.

21. Un assuré choisit une indemnité qq comprise entre zéro et la perte potentielle DD. Quelle couverture correspond à 0<q<D0<q<D ?

Une garantie excédentaire dépassant la perte assurée
Une absence d’assurance sans indemnité prévue
Une assurance complète remboursant toute la perte
Une assurance partielle laissant une perte résiduelle

Une assurance partielle laissant une perte résiduelle

Explication

Lorsque qq est compris entre zéro et DD, l’indemnité ne couvre qu’une partie de la perte et il subsiste D−qD-q à la charge de l’assuré. L’assurance complète correspond plutôt à q=Dq=D, tandis que q=0q=0 signifie l’absence de couverture.

22. Quel enchaînement explique le développement de l’assurance de masse ?

La croissance des expositions a élargi la demande, tandis que les outils statistiques et la réglementation ont renforcé les engagements.
Les tables de mortalité ont remplacé l’assurance incendie, tandis que l’urbanisation a diminué les risques concentrés.
La réglementation a réduit les besoins de couverture, tandis que l’industrialisation a limité les contrats liés à la vie.
Les tontines ont supprimé les contrats individuels, tandis que la théorie des probabilités a freiné l’expansion du marché.

La croissance des expositions a élargi la demande, tandis que les outils statistiques et la réglementation ont renforcé les engagements.

Explication

L’assurance de masse s’est développée avec l’urbanisation, l’industrialisation et l’augmentation des expositions, puis avec les tables de mortalité, les probabilités et la réglementation. La réglementation n’a pas réduit le besoin de couverture : elle a plutôt sécurisé les engagements de long terme.

23. Que prévoit la loi des grands nombres pour le sinistre moyen d’un portefeuille de pertes indépendantes et identiquement distribuées ?

Sn/nS_n/n converge vers la perte moyenne pDpD lorsque nn augmente
Sn/nS_n/n devient égal au sinistre total attendu npDnpD
Sn/nS_n/n converge vers zéro parce que les pertes se compensent
Sn/nS_n/n converge vers la variance individuelle lorsque nn augmente

$$S_n/n$$ converge vers la perte moyenne $$pD$$ lorsque $$n$$ augmente

Explication

La loi des grands nombres implique que le sinistre moyen converge vers son espérance, ici E(Xi)=pDE(X_i)=pD, quand la taille du portefeuille augmente. Le terme npDnpD correspond à l’espérance du sinistre total, pas à celle du sinistre moyen.

24. Comment définit-on l’équivalent certain d’une loterie ?

Le montant certain CECE tel que u(CE)=E[u(W)]u(CE)=E[u(W)]
Le niveau de bien-être égal à la perte espérée de la loterie
Le montant maximal payé pour obtenir une assurance complète
La richesse moyenne E(W)E(W) obtenue avant toute prise de risque

Le montant certain $$CE$$ tel que $$u(CE)=E[u(W)]$$

Explication

L’équivalent certain est une richesse monétaire certaine qui procure la même utilité que la loterie, conformément à u(CE)=E[u(W)]u(CE)=E[u(W)]. Il ne s’agit donc pas directement d’un niveau de bien-être comme l’utilité espérée, ni nécessairement de la richesse moyenne.

25. Quel effet l’Ordonnance de la Marine de Colbert a-t-elle produit en France en 1681 ?

Elle a codifié le commerce maritime et l’assurance afin de réduire l’ambiguïté contractuelle.
Elle a créé les premières polices maritimes autonomes en séparant la prime du financement.
Elle a organisé un marché d’information sur les navires et les pertes pour les souscripteurs.
Elle a remplacé les contrats d’assurance par un système public de solidarité entre marchands.

Elle a codifié le commerce maritime et l’assurance afin de réduire l’ambiguïté contractuelle.

Explication

L’Ordonnance de la Marine de 1681 a codifié les règles du commerce maritime et de l’assurance, ce qui a facilité l’interprétation et l’exécution des contrats. La création de polices maritimes autonomes appartient à une étape antérieure, notamment illustrée par Gênes en 1347.

26. Pourquoi la perception de la prime pure ne suffit-elle pas à garantir la solvabilité d’un assureur ?

La concurrence peut réduire la demande lorsque les tarifs deviennent plus élevés que prévu
Les assurés peuvent réclamer une indemnisation avant l’échéance prévue par leur contrat
La prime pure exclut généralement les frais de gestion liés à la souscription des contrats
Les sinistres réalisés peuvent dépasser leur espérance sous l’effet de plusieurs sources d’écart et de risque

Les sinistres réalisés peuvent dépasser leur espérance sous l’effet de plusieurs sources d’écart et de risque

Explication

La prime pure repose sur une espérance, alors que les fluctuations aléatoires, les erreurs d’estimation, les dépenses, les corrélations et les catastrophes peuvent accroître les sinistres réalisés. La rentabilité espérée ne remplace donc pas les réserves, le capital et les mécanismes de transfert du risque.

27. Dans le problème de Sempronius présenté par Bernoulli en 1738, quelle stratégie permet au marchand de réduire le risque propre lié au transport de sa cargaison ?

Répartir la cargaison entre deux navires indépendants
Conserver toute la cargaison dans un navire unique
Augmenter la valeur totale des marchandises transportées
Transférer la perte prévue à un assureur contre paiement

Répartir la cargaison entre deux navires indépendants

Explication

La répartition entre deux navires indépendants diversifie le risque propre en évitant de concentrer toute la cargaison dans un seul navire. Le transfert contractuel d’une perte à un assureur relève de l’assurance et non de la diversification.

28. Une richesse aléatoire prend les valeurs w1w_1 et w2w_2 avec les probabilités p1p_1 et p2p_2. Quelle expression donne son utilité espérée ?

p1u(w1)+p2u(w2)p_1u(w_1)+p_2u(w_2)
u(w1)+u(w2)u(w_1)+u(w_2)
p1w1+p2w2p_1w_1+p_2w_2
u(p1w1+p2w2)u(p_1w_1+p_2w_2)

$$p_1u(w_1)+p_2u(w_2)$$

Explication

L’utilité espérée est la moyenne pondérée des utilités obtenues dans chaque état, soit E[u(W)]=∑spsu(ws)E[u(W)]=\sum_s p_su(w_s). L’expression u(p1w1+p2w2)u(p_1w_1+p_2w_2) correspond à l’utilité de la richesse moyenne, une notion distincte.

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Quelle différence distingue le risque de l'incertitude ?

Le risque a des probabilités estimables, l'incertitude non.

Qu'est-ce que l'assurabilité ?

La possibilité de transformer une perte incertaine en risque tarifable.

Comment progresse la frontière de l'assurabilité ?

Par données, prévention, standardisation, réassurance, marchés et soutien public.

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