Fiche de révision : Économie des agents et opérations

Plan du Cours

  1. Entreprises et administrations
  2. Fonctions économiques des administrations
  3. Consommation et société de consommation
  4. Déterminants de la consommation
  5. Épargne des ménages
  6. Production et mesure du PIB
  7. Répartition et régulation économique
  8. Investissement et ses formes
  9. Déterminants de l’investissement

1. Entreprises et administrations

Notions clés & Définitions

  • Entreprise : Organisation qui produit des biens et services marchands en combinant des facteurs de production.
  • Entreprise selon la LME : INSEE - Selon la LME de 2008, l’entreprise est la plus petite combinaison d’unités légales formant une unité organisationnelle de production de biens et services dotée d’une certaine autonomie de décision.
  • Administration : Organisation productive qui produit des services non marchands proposés gratuitement ou à un prix quasi nul.

★ À maîtriser

📌 Les entreprises peuvent être privées à but lucratif, publiques parce que possédées par l’État, ou privées à but non lucratif relevant de l’économie sociale et solidaire.

  • 96 % des entreprises sont des micro-entreprises et produisent 19 % de la richesse nationale, tandis que 0,007 % sont des grandes entreprises et produisent 33,8 % de la richesse nationale.

Compléments

📌 Les entreprises produisent soit des biens et services non financiers (SNF), soit des services financiers (SF), comme les banques et les assurances.

📌 Les administrations privées sont des institutions sans but lucratif (ISBL), comme les associations, tandis que les administrations publiques (APU) sont gérées par l’État.

Astuce mémo

Entreprise marchande, administration non marchande

2. Fonctions économiques des administrations

Notions clés & Définitions

  • Externalité : Conséquence positive ou négative d’une activité économique qui affecte autrui sans compensation monétaire.
  • Monopole naturel : Situation où la production par une entreprise unique est plus efficace que celle assurée par plusieurs entreprises, notamment grâce à des rendements croissants.
  • Croissance potentielle : Croissance maximale qu’un pays peut atteindre en utilisant ses facteurs de production sans provoquer d’inflation.

★ À maîtriser

  • Les administrations publiques se répartissent en trois catégories :

    • administrations publiques centrales (APC)
    • administrations publiques locales (APUL)
    • administrations de sécurité sociale (ASSO), dont les hôpitaux publics
  • Les administrations publiques remplissent trois fonctions :

    • allocation des ressources
    • stabilisation
    • répartition

📌 Un bien collectif pur est non rival et non excluable, tandis qu’un bien commun est rival et non excluable et peut se raréfier.

  • Le carré magique présente quatre objectifs : (N. Kaldor) :

    • la croissance
    • l’emploi
    • la stabilité des prix
    • l’équilibre extérieur
  • Les politiques conjoncturelles monétaire et budgétaire sont des politiques contra-cycliques, également appelées politiques discrétionnaires dans le cours.

  • Le déficit public mesure un solde sur une période, tandis que la dette publique correspond à l’accumulation des emprunts.

  • La répartition primaire partage la valeur ajoutée entre les revenus des facteurs de production, tandis que la répartition secondaire redistribue les revenus au moyen des prélèvements obligatoires et des transferts.

  • La redistribution verticale transfère des ressources des plus riches vers les plus pauvres, tandis que la redistribution horizontale finance notamment les retraites des inactifs par les cotisations des actifs.

Compléments

📌 L’État au sens strict désigne sa dimension économique, tandis que l’État au sens large inclut également sa dimension sociale.

  • R. A. Musgrave classe les fonctions des administrations publiques dans The theory of public finance (1959). - R.A. Musgrave

📌 Lorsque le coût privé d’une activité est inférieur à son coût social, une taxe pigouvienne peut appliquer le principe pollueur-payeur.

  • Le plein emploi ne correspond pas à un taux de chômage nul et le cours l’associe à un taux d’environ 4 %.

📌 La croissance effective est la croissance observée, qui fluctue autour de la croissance hypothétique représentée par le trend.

Astuce mémo

ASR : allocation, stabilisation, répartition

3. Consommation et société de consommation

Notions clés & Définitions

  • Consommation : Selon J. B. Say, « Consommer, c’est détruire l’utilité qui est dans un produit et par là lui ôter la valeur que cette utilité lui donnait. »
  • Filière inversée : J. K. Galbraith appelle filière inversée le processus par lequel un bien est créé avant le besoin, qui apparaît ensuite avec l’existence du produit, dans Le nouvel État industriel (1967).
  • Coefficient budgétaire : Part des dépenses d’un poste de consommation dans les dépenses totales.
  • Taux d’équipement : Part des ménages équipés d’un bien parmi l’ensemble des ménages.

★ À maîtriser

  • La consommation des ménages a fortement augmenté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et durant les Trente Glorieuses.

  • 🔄 Selon Serge Latouche, le mécanisme de stimulation de la consommation suit cet enchaînement : la publicité crée le désir de consommer, le crédit donne les moyens d’acheter, l’obsolescence programmée renouvelle la nécessité d’acheter

📌 L’évolution quantitative de la consommation concerne son volume, tandis que l’évolution qualitative concerne sa structure.

📌 Selon la loi d’Engel, la part du revenu consacrée à l’alimentation est d’autant plus faible que le revenu est élevé. - Ernst Engel

  • Serge Latouche associe la croissance à plusieurs conséquences : (S. Latouche) :
    • l’épuisement des matières premières
    • l’augmentation de la pollution
    • l’accumulation des déchets
    • le dérèglement climatique

Compléments

  • Les biens de consommation sont classés en :
    • biens durables
    • biens non durables
    • biens semi-durables

📐 Formule - Le taux d’équipement se calcule par nombre de meˊnages eˊquipeˊsnombre total de meˊnages×100\frac{\text{nombre de ménages équipés}}{\text{nombre total de ménages}}\times 100.

  • Selon M. Sahlins, dans les sociétés primitives, l’individu cesse de travailler une fois ses besoins primaires satisfaits, comme l’expose Âge de pierre, âge d’abondance (1976).

  • J. K. Galbraith associe la consommation ostentatoire à l’acquisition d’un statut social et décrit la consommation croissante dans La société d’abondance.

📐 Formule - Le coefficient budgétaire d’un poste de consommation est deˊpenses de ce postedeˊpenses totales×100\frac{\text{dépenses de ce poste}}{\text{dépenses totales}}\times 100.

  • Le fordisme s’appuie sur la production de masse et le travail à la chaîne, notamment avec le convoyeur, et Ford augmente le pouvoir d’achat des ouvriers en produisant un modèle unique et en réalisant des économies d’échelle.

  • Selon E. Illich, une médicalisation excessive peut rendre l’entreprise médicale pathogène et déresponsabiliser les individus en les faisant dépendre des solutions médicales. - Némésis médicale, l’expropriation de la santé, 1995

Astuce mémo

Publicité crée le désir → crédit rend l’achat possible → obsolescence renouvelle le besoin

4. Déterminants de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Revenu courant : Revenu effectivement reçu par le consommateur à un moment donné, notamment chaque mois.
  • Propension marginale à consommer : Variation de la consommation provoquée par une variation du revenu.
  • Revenu permanent : Friedman, A Theory of the Consumption Function, 1957 - Revenu relativement stable dont l’individu dispose sur la durée de sa vie.

★ À maîtriser

📐 Formule - La propension marginale à consommer est c=ΔCΔYc=\frac{\Delta C}{\Delta Y}.

📐 Formule - La fonction de consommation keynésienne s’écrit C=cY+C0C=cY+C_0, où C0C_0 représente la consommation incompressible. - Keynes

📌 Selon Keynes, lorsque le revenu augmente, la consommation augmente aussi, mais moins rapidement que le revenu.

📌 Selon M. Friedman, la consommation dépend du revenu permanent, plus stable sur la durée de vie, plutôt que du seul revenu courant. - A Theory of the Consumption Function, 1957

Compléments

  • Dans la fonction de consommation keynésienne, la propension marginale à consommer est généralement égale à 0,8. - Keynes

  • Selon Keynes, une économie plus riche tend à épargner davantage et les ménages les plus pauvres ont la propension à consommer la plus élevée.

  • Les déterminants sociodémographiques cités sont :

    • l’âge
    • le milieu social
    • le sexe
    • le niveau de diplôme
    • le lieu d’habitation
    • l’appartenance politique
    • la confiance
  • Selon Friedman, les ménages adaptent leur consommation aux habitudes et aux anticipations, de sorte qu’une baisse conjoncturelle du revenu effectif ne provoque pas nécessairement une baisse immédiate de la consommation. - A Theory of the Consumption Function, 1957

📌 Selon le cours, lorsque les individus anticipent une hausse future des prélèvements sociaux et des impôts, ils peuvent augmenter leur épargne plutôt que leur consommation, ce qui réduit l’efficacité d’une politique de relance.

Astuce mémo

Keynes : revenu courant ; Friedman : revenu permanent

5. Épargne des ménages

Notions clés & Définitions

  • Épargne des ménages : Partie du revenu disponible qui n’est pas consacrée aux dépenses de consommation finale.
  • Épargne du cycle de vie : Dans le modèle du cycle de vie de F. Modigliani, l’agent anticipe ses revenus sur l’ensemble de sa vie et répartit intertemporellement son revenu disponible.

Points essentiels

📌 Le cours distingue l’épargne monétaire et l’épargne non financière des ménages.

6. Production et mesure du PIB

Notions clés & Définitions

  • Production : Activité socialement organisée qui crée des biens et des services destinés à être échangés sur le marché, à l’aide de facteurs de production.
  • Produit intérieur brut : Production réalisée à l’intérieur du territoire, quelle que soit la nationalité des entreprises qui la réalisent.

★ À maîtriser

📌 Les économistes classiques, notamment A. Smith et K. Marx, centrent la production sur les biens, tandis que J. B. Say intègre également les services à la production.

📐 Formule - La valeur ajoutée correspond à la production diminuée des consommations intermédiaires : VA=production−CIVA=\text{production}-CI.

📌 Le PIB comprend un PIB marchand, évalué par les ventes à prix de marché, et un PIB non marchand, évalué à partir du coût de production des services non marchands.

📐 Formule - Selon l’approche par la demande présentée dans le cours, le PIB s’écrit PIB=CF+FBCF+X−MPIB=CF+FBCF+X-M.

  • Le PIB ne mesure pas correctement le bien-être national, car il ne prend pas en compte le travail domestique, exclut la pollution et rend mal compte des inégalités de revenus.

Compléments

  • Le PIB permet de mesurer la richesse d’une nation, de comparer les économies dans le temps et dans l’espace et de fixer des objectifs à l’État.

7. Répartition et régulation économique

★ À maîtriser

  • La répartition primaire partage la valeur ajoutée créée entre les salariés et les détenteurs du capital, notamment sous forme de salaires et de profits.

  • Selon K. Marx, la recherche de profits par les capitalistes favorise le remplacement du travail par les machines, la paupérisation des travailleurs, le chômage et une crise des débouchés. - Les capitaux, 1867

  • Les régulationnistes expliquent les grandes crises économiques par un mauvais partage de la valeur ajoutée entre salariés et entreprises.

  • La désindexation salariale consiste à ne plus ajuster automatiquement les salaires en fonction de l’inflation, ce qui peut empêcher les salaires de suivre les prix.

Compléments

  • Selon les régulationnistes, la stagnation des revenus réels et la baisse de la demande peuvent entraîner une crise.

  • R. Boyer publie Théorie de la régulation, une analyse critique en 1986.

  • Dans la présentation des Trente Glorieuses, le cours associe les gains de productivité à la hausse des salaires, de la consommation, de l’investissement et du PIB.

  • Selon Keynes, « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ».

  • Selon le cours, la désinflation libérale oriente le partage de la valeur ajoutée vers les entreprises, mais affaiblit le pouvoir d’achat des ménages.

  • Au milieu des années 1980, la libéralisation financière facilite le placement sur les marchés financiers et peut inciter les entreprises à privilégier les placements plutôt que l’investissement productif.

Astuce mémo

Mauvais partage de la valeur ajoutée → stagnation des revenus → baisse de la demande

8. Investissement et ses formes

Notions clés & Définitions

  • Investissement de capacité : Investissement qui augmente les capacités de production en ajoutant des biens permettant de produire davantage.
  • Investissement de productivité : Investissement qui vise à réduire les coûts de production, notamment en remplaçant du travail par une machine.
  • Investissement de remplacement : Investissement qui renouvelle une machine usée et permet de compenser son vieillissement.

★ À maîtriser

📌 L’investissement matériel porte sur des biens tels que les machines, les véhicules et les infrastructures, tandis que l’investissement immatériel porte sur l’achat de services et de connaissances.

Compléments

📌 La formation brute de capital fixe (FBCF) est présentée dans le cours comme diminuée de l’amortissement pour obtenir la formation nette de capital fixe (FNCF).

9. Déterminants de l’investissement

Notions clés & Définitions

  • Efficacité marginale du capital : Chez Keynes, l’efficacité marginale du capital compare la rentabilité espérée à long terme d’un investissement au taux d’intérêt.

★ À maîtriser

  • Une entreprise investit lorsque la rentabilité espérée de l’investissement est supérieure à son coût, lequel comprend notamment le prix de la machine et le coût de l’emprunt.

  • Une entreprise peut investir si elle anticipe une hausse de la demande, mais une hausse jugée temporaire peut ne pas suffire à justifier l’investissement.

  • Le multiplicateur désigne le lien entre l’investissement et la demande, tandis que l’accélérateur désigne le lien entre la demande et l’investissement.

Compléments

  • Le cours associe à Samuelson un oscillateur qui combine les mécanismes du multiplicateur et de l’accélérateur.

  • La structure financière de l’entreprise détermine notamment si l’investissement est financé par ressources internes ou par emprunt.

📌 Une entreprise a intérêt à emprunter lorsque le taux d’intérêt est inférieur à la rentabilité économique de son investissement.

Astuce mémo

Multiplicateur : investissement et demande ; accélérateur : demande et investissement

Tableaux de synthèse

Types d’investissement

TypeObjectifExemple ou effet
Investissement de capacitéAugmenter la capacité de productionProduire davantage
Investissement de productivitéRéduire les coûts de productionRemplacer du travail par une machine
Investissement de remplacementRenouveler un équipement uséCompenser le vieillissement

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Économie des agents et opérations avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle caractéristique définit une entreprise comme organisation économique ?

2. Une organisation appartient à l’économie sociale et solidaire, sans être détenue par l’État et sans viser le profit. À quelle catégorie d’entreprise correspond-elle ?

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Mémorisez les concepts clés de Économie des agents et opérations avec 10 flashcards interactives.

Que produisent les entreprises en combinant des facteurs de production ?

Des biens et des services marchands.

Quelles sont les trois catégories d’administrations publiques ?

Les administrations publiques centrales, locales et de sécurité sociale.

Quels deux types de production distinguent les entreprises ?

Les biens et services non financiers et les services financiers.

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