Fiche de révision : Économie du changement climatique

Plan du Cours

  1. Réchauffement et coûts économiques
  2. Objectifs climatiques et budget carbone
  3. Limites des réponses habituelles
  4. Externalités et taxe pigouvienne
  5. Taxe carbone et acceptabilité sociale
  6. Marchés de quotas et échange
  7. Coordination climatique internationale
  8. Club climatique et ajustement carbone
  9. Bilan des politiques climatiques

1. Réchauffement et coûts économiques

★ À maîtriser

  • La concentration atmosphérique de CO₂ est passée de 280 à 410 ppm, tandis que la température moyenne a augmenté d’environ 1 °C au cours du siècle dernier. - IPCC, 2021

  • La croissance économique depuis le XIXᵉ siècle, alimentée par des énergies fossiles bon marché comme le pétrole, le gaz et le charbon, est présentée comme la cause probable du réchauffement global.

  • Le réchauffement entraîne indirectement une hausse du niveau de la mer, la fonte des glaces et davantage d’événements extrêmes, ce qui augmente les coûts.

Compléments

📐 Formule - L’équation de Kaya décompose les émissions de CO₂ ainsi : CO2=GDP×EGDP×CO2ECO_2 = GDP \times \frac{E}{GDP} \times \frac{CO_2}{E}.

  • La hausse des températures peut réduire directement la productivité du travail lorsque la température s’éloigne de son niveau optimal et accentuer les inégalités entre pays du Nord et du Sud.

Astuce mémo

Combustibles fossiles → émissions → réchauffement → coûts économiques

2. Objectifs climatiques et budget carbone

★ À maîtriser

  • L’objectif de l’Accord de Paris est de limiter la hausse de température à +2 °C d’ici 2100.

  • Le budget carbone restant pour atteindre cet objectif est estimé à 800 Gt de CO₂, alors que les émissions mondiales atteignent 40 Gt par an, soit environ 20 ans avant épuisement du budget.

  • « Fit for 55 » vise une baisse des émissions de 55 % d’ici 2030 et la neutralité carbone en 2050, avec un fonds social de 72 milliards d’euros pour répondre aux effets redistributifs.

Compléments

  • Le paquet européen « Fit for 55 », présenté en juillet 2021, comprend 12 mesures, dont la hausse de la taxe carbone, la fin des quotas gratuits, le développement des renouvelables et la fin des moteurs thermiques en 2035.

3. Limites des réponses habituelles

★ À maîtriser

  • Selon une simulation de Bazot (2021), avec une population mondiale en hausse de 30 %, une baisse de 60 % de l’usage des énergies fossiles et une répartition égale des revenus, le revenu compatible avec la neutralité climatique en 2050 serait de 572 euros par mois et par personne.

  • Les technologies propres restent coûteuses à produire par rapport aux énergies fossiles, et la dépendance au sentier freine la transition énergétique. - Aghion & alii, 2016

📌 Le développement d’une énergie intermédiaire comme le gaz de schiste peut produire un effet de substitution en faveur d’une énergie moins polluante, mais aussi un effet d’échelle qui accroît l’usage total de l’énergie et crée un risque de piège énergétique intermédiaire. - Aghion & alii, 2020

Compléments

  • Les réponses habituelles sont :

    • la décroissance
    • l’innovation verte
    • les préférences des consommateurs
    • l’interdiction ou l’obligation
    • l’activisme environnemental
  • Le trafic aérien de passagers devrait croître d’ici 2050 et présente une forte élasticité au PIB, ce qui pose la question de la suffisance du progrès technologique.

  • The Shift Project propose en France un quota de 3 à 4 vols par personne sur toute une vie ou une taxe sur les grands voyageurs, mais l’acceptabilité de cette frugalité contrainte reste incertaine.

4. Externalités et taxe pigouvienne

Notions clés & Définitions

  • Externalité : L’effet de la consommation ou de la production d’une entité sur une autre, sans que cette interaction passe par le système des prix.
  • Taxe pigouvienne : Égale à l’écart entre le coût social et le coût privé de l’externalité.

★ À maîtriser

📌 Une externalité positive implique un gain social supérieur au profit privé et tend à provoquer sous-investissement et sous-production, tandis qu’une externalité négative implique un coût social supérieur au coût privé et tend à provoquer surproduction et surconsommation.

Compléments

  • La taxe pigouvienne augmente les coûts de production et entraîne ainsi une réduction de la production et de la consommation.

  • L’estimation habituelle du prix des dommages carbone se situe entre 50 et 100 euros par tonne et suppose de choisir un facteur d’actualisation pour évaluer les dommages futurs.

Astuce mémo

Coût privé ≠ coût social : l’externalité négative fait produire trop

5. Taxe carbone et acceptabilité sociale

★ À maîtriser

  • La taxe carbone vise d’abord à modifier les comportements plutôt qu’à générer des recettes fiscales.

📌 La taxe carbone peut être perçue comme un impôt de rendement plutôt que comme une incitation, et son acceptabilité est réduite par les exonérations sectorielles, le manque de transparence sur l’usage des recettes et ses effets anti-redistributifs.

Compléments

  • La taxe irlandaise sur les sacs plastiques, instaurée en 2002, est citée comme un succès rapide ayant fortement modifié les comportements et fait tendre les recettes vers zéro.
  • En France, la stratégie SNBC vise 310 millions de tonnes de CO₂ en 2030 et la France représente une faible part des émissions mondiales, y compris en tenant compte de son empreinte carbone, notamment en raison du rôle du nucléaire.

  • La contribution climat énergie (CEC), appliquée aux combustibles fossiles, est passée de 7 à 44 euros par tonne en 2018 avant d’être bloquée lors de l’épisode des Gilets jaunes.

📌 Une carte carbone attribue à chaque citoyen un droit annuel d’émission échangeable dont les crédits inutilisés peuvent être revendus, tandis que sa variante radicale attribue une quantité individuelle non échangeable.

6. Marchés de quotas et échange

Notions clés & Définitions

  • Cap and trade : Fixe un plafond de pollution, attribue aux entreprises des permis d’émission échangeables et crée ainsi un marché assorti d’un prix du CO₂.

★ À maîtriser

  • Dans cet exemple, l’échange ramène le coût total de réduction de la pollution à 75 000 euros, contre 100 000 euros sans échange.

Compléments

  • Dans l’exemple de deux entreprises, A et B émettent chacune 100 000 tonnes de CO₂ et le gouvernement réduit le plafond total à 190 000 tonnes en attribuant 95 000 permis d’une tonne à chacune.

  • Avec un permis à 10 euros, l’entreprise A, dont le coût de réduction est de 5 euros par tonne, réduit ses émissions de 10 000 tonnes et vend des permis à B, dont le coût de réduction est de 15 euros par tonne.

  • Le Clean Air Act américain de 1990 a mis en place un programme réussi de plafonnement et d’échange qui a fortement réduit les émissions de SO₂ et de NOx.

  • Le marché européen du carbone, créé en 2003, couvre 45 % des émissions et implique 11 000 usines.

  • En Europe, les quotas gratuits accordés notamment aux matières premières et à l’aviation pour prévenir les fuites de carbone ont contribué à maintenir un prix du carbone faible jusqu’en 2018, avant un durcissement du signal-prix.

Astuce mémo

Les entreprises échangent leurs quotas comme des permis de polluer

7. Coordination climatique internationale

★ À maîtriser

  • La coordination internationale est freinée par le grand nombre de pays et les coûts de coordination, ainsi que par leurs différences d’émissions de CO₂, de tarification du carbone et d’exposition directe au réchauffement.

📌 Le climat est un bien public : si les autres pays agissent, chaque pays peut être incité à ne pas contribuer, ce qui crée un dilemme du prisonnier et peut conduire à l’inaction collective.

Compléments

  • Un pays qui lutte contre le réchauffement risque d’augmenter ses coûts de production et ses prix, ainsi que de subir des fuites de carbone lorsque des entreprises délocalisent leur production.

  • Les fuites de carbone sont estimées entre 5 et 30 %.

  • Le protocole de Kyoto de 1997 n’a pas été ratifié par tous les pays, tandis que l’accord de la COP21 de 2015 a été signé par 189 pays sans effort national imposé ni mécanisme de vérification ou de sanction.

8. Club climatique et ajustement carbone

★ À maîtriser

  • Une première solution de coordination consiste à instaurer un prix mondial unique du carbone, avec des compensations pour les pays pauvres ou ceux qui réduisent fortement leurs émissions, par exemple par des transferts de technologies propres. - Tirole, Weitzman

  • Une seconde solution consiste à attribuer à chaque personne du monde le même droit d’émission et à créer un marché international ; pour un plafond mondial de 38 milliards de tonnes au lieu de 43 milliards, l’allocation serait de 5 tonnes par personne et par an.

  • Le club climatique de Nordhaus (2015) applique un prix carbone commun à ses membres et une taxe carbone aux frontières aux pays extérieurs.

  • Le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) a commencé sa phase de déclaration en 2023 et doit être pleinement mis en œuvre à partir de 2026.

Compléments

  • Une taxe aux frontières égale à l’écart entre les taxes carbone peut lutter contre le dumping climatique et serait compatible avec les règles de l’OMC.

  • Le CBAM couvre les émissions directes de scope 1 et cinq secteurs exposés, dont le ciment et l’aluminium, avec une extension progressive prévue au secteur maritime et aux vols intra-européens.

  • Les difficultés du CBAM comprennent : l’évaluation de l’intensité carbone des importations, la compatibilité avec les règles de l’OMC, le risque de représailles de pays extérieurs au club, les effets redistributifs sur les consommateurs, la hausse des prix des produits, le risque de fuite de carbone en aval, car seuls les produits primaires sont ciblés

Astuce mémo

Dans le club : prix carbone commun ; hors du club : taxe aux frontières

9. Bilan des politiques climatiques

★ À maîtriser

  • Les économistes placent de grands espoirs dans les politiques de soutien à l’innovation verte et s’accordent sur la nécessité d’une taxe carbone, tout en doutant de sa faisabilité politique.

Compléments

  • L’information des consommateurs, la compensation volontaire des émissions et l’activisme contre le greenwashing sont des solutions volontaires dont l’efficacité suscite des doutes.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Économie du changement climatique avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle évolution du CO₂ atmosphérique et de la température moyenne a été observée au cours du siècle dernier ?

2. Quelle dynamique historique est présentée comme la cause probable du réchauffement global ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Économie du changement climatique avec 66 flashcards interactives.

Selon l’IPCC, 2021, de combien la concentration atmosphérique de CO₂ est-elle passée ?

De 280 à 410 ppm.

Selon l’IPCC, 2021, de combien la température moyenne a-t-elle augmenté au siècle dernier ?

D’environ 1 °C.

Quelle cause probable du réchauffement global est associée à la croissance économique depuis le XIXᵉ siècle ?

La croissance alimentée par les énergies fossiles bon marché.

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