Fiche de révision : Les stratégies contre le chômage

📋 Plan du Cours

  1. Définir et mesurer le chômage
  2. Chômage conjoncturel
  3. Chômage structurel
  4. Soutenir la demande globale
  5. Réduire le coût du travail
  6. Flexibilisation et formation

📖 1. Définir et mesurer le chômage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Chômage : Le chômage désigne les personnes sans emploi qui recherchent activement un emploi et sont disponibles pour l’occuper, et elles appartiennent à la population active.
  • Sous-emploi : Le sous-emploi regroupe les personnes qui travaillent à temps partiel mais souhaiteraient travailler davantage, ainsi que celles qui subissent un nombre d’heures involontairement plus faible.
  • Taux d’emploi : Le taux d’emploi mesure la part des personnes en emploi parmi celles en âge de travailler.

📝 Points essentiels

  • Le taux de chômage se calcule comme le chômage divisé par la population active, tandis que le taux d’emploi rapporte l’emploi à la population en âge de travailler.
  • Les statistiques de demandeurs inscrits à France Travail sont plus larges que les chômeurs au sens strict car elles incluent aussi des personnes ayant travaillé quelques heures ou dispensées de recherche d’emploi.
  • Une baisse du taux de chômage peut traduire des embauches, mais aussi la sortie du marché du travail de personnes découragées.
  • Le chômage ne suffit pas à décrire le problème social : il faut aussi regarder le sous-emploi, notamment celui lié au temps partiel.

📖 2. Chômage conjoncturel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Chômage conjoncturel : Le chômage conjoncturel correspond à la part du chômage qui varie avec l’amélioration ou la détérioration de l’activité économique.
  • Fluctuations de l’activité économique : Les fluctuations de l’activité économique désignent des variations de l’activité liées aux variations de la demande globale adressée aux producteurs.
  • Demande globale : La demande globale est la demande adressée aux producteurs, composée de la demande intérieure (consommation et investissement) et de la demande extérieure (exportations).

📝 Points essentiels

  • Le raisonnement de Keynes relie l’emploi à la demande anticipée par les employeurs (consommation et investissement), qui détermine la production et donc les embauches.
  • Quand les perspectives s’améliorent, les employeurs peuvent répartir l’amélioration soit en hausse de productivité, soit en embauche, ce qui conditionne l’évolution du chômage conjoncturel.
  • Le chômage conjoncturel évolue donc avec la croissance : quand la conjoncture se dégrade, le chômage augmente.

📖 3. Chômage structurel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Chômage structurel : Le chômage structurel est la partie du chômage qui ne dépend pas des variations de l’activité économique, car il vient des caractéristiques durables du marché du travail.
  • Institutions : Les institutions sont les organismes et règles qui encadrent le marché du travail, comme le droit du travail, le salaire minimum et l’assurance chômage.
  • Appariement : L’appariement désigne la capacité du marché du travail à faire correspondre les caractéristiques des emplois et celles des travailleurs, notamment qualification et localisation.

📝 Points essentiels

  • Le chômage structurel peut venir d’un problème d’adéquation entre offre de travail et demande de travail, avec des causes à la fois quantitatives et qualitatives.
  • Même avec un salaire d’équilibre ajustant offre et demande, un salaire minimum fixé au-dessus du salaire d’équilibre peut empêcher le retour à l’équilibre et créer du chômage structurel.
  • Une asymétrie d’information peut conduire à un salaire d’efficience supérieur au salaire d’équilibre pour sélectionner les travailleurs et les inciter à être plus productifs.
  • Les frictions (besoin de temps pour que travailleurs et employeurs se trouvent) et des règles de protection de l’emploi trop rigides peuvent ralentir l’appariement et favoriser le chômage de longue durée.

📖 4. Soutenir la demande globale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Politiques conjoncturelles : Les politiques conjoncturelles agissent sur l’économie via le budget des administrations publiques ou la création de monnaie pour soutenir ou freiner la demande.
  • Politique budgétaire de relance : La politique budgétaire de relance consiste à augmenter les dépenses et réduire les recettes publiques pour creuser le déficit et soutenir la demande.
  • Politique monétaire de relance : La politique monétaire de relance vise à baisser les taux d’intérêt pour réduire le coût du crédit et encourager la consommation et l’investissement à crédit.

📝 Points essentiels

  • Pour lutter contre le chômage conjoncturel, les pouvoirs publics peuvent relancer la demande globale avec une politique budgétaire ou une politique monétaire.
  • La logique de relance budgétaire s’inspire de Keynes : dépenses publiques plus élevées, recettes plus faibles et recours à l’emprunt pour creuser le déficit public.
  • Une relance monétaire passe par la baisse des taux directeurs afin d’alléger le coût du crédit bancaire et d’inciter ménages et entreprises à dépenser à crédit.

📖 5. Réduire le coût du travail

🔑 Notions clés & Définitions

  • Coût du travail : Le coût du travail correspond aux dépenses supportées par l’employeur pour chaque heure travaillée, principalement le salaire net et les cotisations sociales.
  • Allègements de cotisations : Les allègements de cotisations réduisent le coût du travail pour l’employeur afin de favoriser les embauches.
  • Salaire minimum : Le salaire minimum est le taux de salaire horaire en dessous duquel un employeur ne peut pas rémunérer un salarié.

📝 Points essentiels

  • L’approche néoclassique attribue une partie du chômage à un coût du travail trop élevé, ce qui inciterait à substituer du capital au travail ou à délocaliser.
  • La modération des hausses de salaires, quand elle augmente moins vite que la productivité, est censée encourager les embauches.
  • Des tests empiriques sur une baisse, voire une remise en cause du salaire minimum, montrent des effets contradictoires sur le chômage.
  • Améliorer la productivité du travail peut aussi réduire le chômage, car la productivité dépend notamment d’investissements en capital humain, d’infrastructures, d’innovations et de la qualité des institutions.

📖 6. Flexibilisation et formation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Flexibilisation du marché du travail : La flexibilisation regroupe des mesures visant à diminuer les rigidités pour améliorer les flux d’entrées et de sorties dans l’emploi.
  • Rigidités du marché du travail : Les rigidités du marché du travail sont des dispositifs qui entravent l’ajustement du marché, comme un salaire minimum et des règles d’embauche ou de licenciement.
  • Formation : La formation est un processus d’acquisition de connaissances et de compétences nécessaires pour exercer des métiers précis.

📝 Points essentiels

  • Les politiques de flexibilisation visent à supprimer ou assouplir certaines rigidités (protection de l’emploi, règles d’embauche et de rupture, durée du travail, indemnisation, etc.) pour réduire la durée de chômage.
  • La durée du chômage pénalise l’employabilité, ce qui relie directement une plus forte flexibilité à une baisse du chômage structurel.
  • La lutte contre le chômage structurel passe aussi par des politiques de formation initiale et continue pour améliorer l’insertion des personnes à faible formation initiale et des lycéens en filière professionnelle via l’alternance.

📊 Tableaux de synthèse

Conjoncturel vs structurel

Type de chômageCause dominanteComportement
ConjoncturelFluctuations de l’activité économiqueVarie quand la conjoncture s’améliore ou se dégrade
StructurelProblèmes d’appariement et institutionsNe varie pas quand la conjoncture s’améliore ou se dégrade

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre le chômage au sens strict avec les demandeurs inscrits à France Travail, qui incluent aussi des situations ne correspondant pas à la définition de chômeur.
  2. Interpréter une baisse du taux de chômage sans vérifier le taux d’emploi, car cela peut aussi refléter la sortie du marché du travail de personnes découragées.
  3. Oublier le sous-emploi en ne regardant que le taux de chômage, alors que le temps partiel contraint relève d’un autre indicateur.
  4. Croire que le chômage conjoncturel dépend uniquement du niveau de croissance, alors qu’il dépend aussi de la manière dont les employeurs ajustent productivité et embauches.
  5. Expliquer tout chômage par la conjoncture, alors qu’une partie durable vient des institutions, des frictions et des difficultés d’appariement.
  6. Penser que toute baisse du salaire minimum réduit automatiquement le chômage, alors que les effets empiriques évoqués sont contradictoires.
  7. Confondre rigidités et flexibilité : une réduction des rigidités vise l’amélioration des appariements et des flux, mais doit être cohérente avec l’impact sur la durée de chômage.

✅ Checklist Examen

  1. Définir le chômage au sens strict : absence d’emploi, recherche active, disponibilité pour occuper un emploi, et appartenance à la population active.
  2. Calculer et interpréter le taux de chômage comme le chômage sur la population active.
  3. Définir le sous-emploi et citer ce qu’il recouvre (temps partiel souhaité, heures involontaires réduites).
  4. Calculer et interpréter le taux d’emploi comme l’emploi sur la population en âge de travailler.
  5. Expliquer pourquoi une baisse du taux de chômage peut venir d’embauches ou de découragement (sortie du marché du travail).
  6. Décrire ce qu’est le chômage conjoncturel et le relier aux fluctuations de l’activité économique et à la demande globale.
  7. Expliquer la logique keynésienne : demande anticipée par les employeurs → production → embauches → chômage.
  8. Définir le chômage structurel et le relier aux institutions et aux problèmes d’adéquation sur le marché du travail.
  9. Expliquer deux mécanismes structurels : salaire minimum au-dessus de l’équilibre et asymétrie d’information conduisant au salaire d’efficience.
  10. Expliquer pourquoi les frictions et des règles de protection de l’emploi trop rigides peuvent allonger la durée du chômage.
  11. Décrire comment le soutien de la demande globale peut passer par une politique budgétaire de relance et par une politique monétaire de relance (taux d’intérêt).
  12. Justifier l’idée de coût du travail trop élevé dans l’interprétation néoclassique et relier cela aux salaires, cotisations et productivité.
  13. Citer au moins deux leviers liés au coût du travail : modération des hausses de salaires, allègements de cotisations, amélioration de la productivité.
  14. Expliquer l’objectif de la flexibilisation : diminuer les rigidités pour augmenter les flux et réduire la durée du chômage.

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1. Quelle définition correspond au chômage au sens strict ?

2. Que mesure le taux d’emploi ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les stratégies contre le chômage avec 12 flashcards interactives.

Chômage — définition ?

Personnes sans emploi, recherchant activement, disponibles, dans la population active.

Sous-emploi — définition ?

Travailleurs à temps partiel souhaitant travailler davantage ou heures involontairement réduites.

Taux d’emploi — mesure ?

Part des personnes en emploi parmi la population en âge de travailler.

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