Fiche de révision : Les Trente Glorieuses et la France

Plan du Cours

  1. Science économique et disciplines voisines
  2. Doctrine et écoles mercantilistes
  3. La doctrine physiocratique
  4. L’école classique et Adam Smith
  5. Adam Smith et les lois du marché
  6. Malthus, Ricardo et valeur classique
  7. Valeur et répartition chez les classiques
  8. Analyse marxiste du capitalisme
  9. Précurseurs et révolution marginaliste
  10. Précurseurs et fondateurs néoclassiques
  11. Principes de l’analyse néoclassique
  12. Utilité, rémunérations et équilibres
  13. Équilibre macroéconomique néoclassique
  14. Loi des débouchés et équilibre monétaire
  15. Théories et politiques économiques de Keynes
  16. Équilibre et croissance keynésiens
  17. Écoles et modèles néo-keynésiens
  18. Courants keynésiens et école autrichienne

Repères chronologiques

  1. 1758Paraît le Tableau économique attribué à Quesnay, qui représente la circulation des richesses en s’inspirant de la circulation sanguine.
  2. 1759Adam Smith publie Théorie des sentiments moraux, ouvrage consacré à l’origine de l’approbation et de la désapprobation morales.
  3. 1767Dupont de Nemours invente le terme « physiocratie » à partir des mots grecs « phusis » (nature) et « kratos » (force ou puissance), au sens approximatif de « gouvernement de la nature ».
  4. 1776Adam Smith publie Recherche sur la cause et la nature de la richesse des nations, ouvrage fondateur de l’école classique.
  5. 1776Adam Smith publia « La richesse des nations », ouvrage de 900 pages décrivant notamment la division du travail dans une fabrique d’aiguilles.
  6. 1798Malthus publia son « Essai sur le principe de la population », consacré à la pauvreté et à la croissance démographique.
  7. 1803Jean-Baptiste Say publie son Traité d’économie politique. - traité d'économie politique, 1803
  8. 1848John Stuart Mill publie ses Principes d’économie politique, considérés comme une synthèse de la théorie classique et comme la clôture conventionnelle de l’école classique. - principes d'économie politique, 1848
  9. années 1870La révolution marginaliste est portée indépendamment par Stanley Jevons en Angleterre, Carl Menger en Autriche et Léon Walras en France.
  10. années 1870Stanley Jevons, Carl Menger et Léon Walras développent indépendamment et presque simultanément un discours économique nouveau, marquant la révolution marginaliste.

1. Science économique et disciplines voisines

Notions clés & Définitions

  • Science économique : Étude et description des mécanismes de l’économie en mobilisant des théories, l’histoire et des outils mathématiques ou statistiques.
  • Économie politique : Analyse explicative des mécanismes économiques qui aide à la décision économique et explique les mouvements économiques passés.

★ À maîtriser

  • Les approches de la science économique sont : la logique explicative, l’étude historique, la mathématisation par la statistique et le calcul

📌 La science économique est une réflexion fondée sur des théories, l’histoire et des outils, tandis que la politique économique est une action de l’État ou de ses dirigeants au moyen de mesures proposées aux gouvernants.

Compléments

  • La croissance économique n’est pas une condition suffisante pour faire disparaître le chômage, car il existe un taux de chômage résiduel en dessous duquel il est impossible de descendre.

  • Les remèdes proposés par Keynes en 1936 ne peuvent pas être appliqués tels quels à la situation de 2014, ce qui explique l’adaptation de ses idées par les théories néo-keynésiennes.

  • Dans l’exemple du cours, l’Union européenne fixe comme objectif la réduction des déficits, et chaque État doit plafonner son déficit à 3 %.

  • Le cours organise l’étude de l’économie en deux volets : les grandes doctrines économiques, puis leur examen à la lumière de l’évolution de l’histoire économique.

Astuce mémo

Réfléchir avec la science économique, expliquer avec l’économie politique, agir avec la politique économique

2. Doctrine et écoles mercantilistes

Notions clés & Définitions

  • Mercantilisme : Ensemble d’écoles nationales de pensée économique qui se développent entre 1500 et 1750 et cherchent à influencer les mesures économiques des gouvernements plutôt qu’à expliquer l’économie.

★ À maîtriser

  • Pour les mercantilistes, l’enrichissement économique de l’État accroît sa puissance politique et renforce le pouvoir du souverain.

  • Les principales écoles mercantilistes présentées sont :

    • les bullionistes espagnols
    • les colbertistes français
    • les commercialistes anglais
    • les caméralistes allemands
  • Pour les mercantilistes, la richesse nationale se mesure à l’abondance des métaux précieux, principalement l’or et l’argent.

  • Pour accroître les réserves nationales de métaux précieux, les mercantilistes visent un excédent commercial : les exportations apportent des métaux précieux, tandis que les importations en font sortir.

  • Pour soutenir les exportations et limiter les importations, l’État mercantiliste peut accorder des subventions et des privilèges aux manufactures exportatrices, imposer des droits de douane et des contingents, voire interdire les importations concurrentes.

  • La logique néoclassique explique la croissance par le travail, le capital et le progrès technique, tandis que la logique keynésienne met l’accent sur la demande intérieure de consommation et d’investissement.

  • Dans l’explication de l’inflation, la théorie quantitative associe l’inflation à une création monétaire excessive, tandis que Keynes l’attribue à la hausse d’un élément du coût de production et considère l’accroissement de la monnaie comme une conséquence de l’inflation.

  • Les mercantilistes défendent l’intervention de l’État pour enrichir la nation, tandis que les néoclassiques font confiance au marché comme régulateur et condamnent l’intervention publique; les keynésiens jugent l’intervention nécessaire lorsque le marché est insuffisant.

Compléments

  • Les mercantilistes sont des praticiens, notamment ministres, magistrats ou conseillers du souverain, intéressés par le développement des échanges commerciaux internationaux, notamment après la découverte du Nouveau Monde.

📌 Les bullionistes espagnols associent la richesse à l’accumulation d’or, tandis que les commercialistes anglais font du commerce extérieur et de l’abondance monétaire les ressorts de la richesse nationale.

  • Jean Baudin relie la hausse des prix à l’abondance de monnaie : davantage de monnaie stimule les achats et, si les produits sont insuffisants, les prix augmentent.

  • Antoine de Montchrétien est présenté comme l’auteur d’un traité d’économie politique dédié au roi et à la reine mère en 1615, ce qui conduit le cours à le considérer comme l’inventeur de l’économie politique. - traité d'économie politique

  • La loi de Gresham affirme que la mauvaise monnaie chasse la bonne.

  • Thomas Mann recommande de stimuler les exportations et de freiner les importations en encourageant la consommation intérieure.

  • Antoine de Montchrestien résume la conception mercantiliste ainsi : « Le bonheur des hommes consiste principalement dans la richesse et la richesse dans le travail. »

Astuce mémo

Balance commerciale excédentaire → entrée de métaux précieux → puissance de l’État

3. La doctrine physiocratique

★ À maîtriser

📌 Les physiocrates cherchent à expliquer les lois naturelles et les causes de la richesse, tandis que les mercantilistes cherchent à accroître la puissance et la richesse du souverain.

  • Pour les physiocrates, l’agriculture est la seule activité qui crée un surplus, car la terre produit un revenu net, considéré comme un don gratuit de la nature.

  • La production nette est égale à la production brute moins les richesses consommées pendant le processus de production, c’est-à-dire les dépenses engagées.

  • Le Tableau économique de 1758 est un modèle macroéconomique hypothétique de reproduction simple, qui décrit la circulation des flux sans traiter de la croissance. - Quesnay

  • Le modèle physiocratique distingue trois classes sociales :

    • les fermiers et ouvriers agricoles, classe productive
    • les artisans, classe stérile
    • les propriétaires fonciers, classe rentière

📌 Dans le circuit physiocratique, les propriétaires fonciers doivent dépenser la totalité de leur revenu pour que les marchandises soient vendues, que le capital avancé soit reconstitué et que le circuit reste équilibré.

  • Si les propriétaires fonciers thésaurisent une partie de leur revenu, les marchandises se vendent moins bien, les classes productive et stérile reconstituent moins de capital, puis la production agricole et le revenu net diminuent.

  • Les physiocrates apportent à l’économie politique l’approche en circuit économique, la théorie des avances en capital et la théorie du surplus ou revenu net.

Compléments

  • François Quesnay (1694-1774), médecin de la marquise de Pompadour, est le fondateur et le chef de l’école physiocratique, qui réunit des philosophes et des économistes.

  • Les avances primitives des fermiers sont du capital fixe d’exploitation, comme les outils et les bêtes, dont le remplacement est couvert par un amortissement annuel.

  • Les avances annuelles comprennent : la nourriture des fermiers et de leurs ouvriers, les aliments pour les bêtes, les semences

  • Les propriétaires fonciers louent les terres aménagées aux agriculteurs et perçoivent une rente foncière en contrepartie des avances foncières, c’est-à-dire des dépenses définitives d’aménagement non amorties.

  • La réforme foncière proposée comprend : remembrer et restructurer les petites parcelles, défricher et améliorer la qualité des terres, améliorer les méthodes de culture

  • Pour soutenir la demande de produits agricoles, les physiocrates préconisent des salaires aussi élevés que possible, l’imposition des seuls propriétaires fonciers, la suppression des autres taxes et la liberté du commerce des grains à l’exportation.

Astuce mémo

Le tableau économique fait circuler l’argent comme le sang dans le corps.

4. L’école classique et Adam Smith

★ À maîtriser

  • L’école classique cherche à expliquer l’enrichissement des nations touchées par la première révolution industrielle et le dynamisme de la société industrielle capitaliste naissante.

  • Les classiques croient en un ordre naturel qui fonde des lois économiques supposées certaines et constantes, inscrites dans la nature des choses et de l’être humain.

📌 La « main invisible » de Smith désigne le mécanisme par lequel les intérêts individuels sont guidés vers les intérêts de la société, notamment par la concurrence sur les marchés.

  • Selon la doctrine classique exposée, la concurrence régule les marchés et favorise la croissance en créant de la richesse, ce qui rend l’intervention de l’État inutile.

Compléments

  • Dans la doctrine classique exposée, le rôle de l’État doit se limiter à la défense et à la justice.

  • Smith présente la spécialisation du travail dans une usine d’aiguilles au début de La richesse des nations.

📌 Smith accepte l’idée physiocratique de la circulation des richesses, mais rejette l’idée que l’industrie soit stérile et inféconde.

  • Adam Smith est né en 1723 à Kilcardie, en Écosse, et a enseigné à l’Université de Glasgow.

  • Les cours de morale de Smith incluent :

    • la théologie
    • l’éthique
    • la jurisprudence au sens anglais
    • l’économie politique
  • Le cours présente Smith comme admirant le travail de la bourgeoisie tout en se méfiant de ses motivations et en se préoccupant des besoins de la grande masse laborieuse.

5. Adam Smith et les lois du marché

Notions clés & Définitions

  • Main invisible : Adam Smith - Mécanisme par lequel les intérêts et passions individuels sont guidés vers ce qui favorise les intérêts de la société entière.
  • Accumulation du capital : Smith - Investissement de capital, notamment dans des machines, qui accroît la division du travail et l’énergie productive.
  • Autorégulation du marché : Mécanisme qui ajuste l’approvisionnement, les prix, les salaires et les profits sans direction centrale.
  • Loi du peuplement : Smith - Ajustement de la population ouvrière à la demande : des salaires élevés augmentent le nombre de travailleurs.

★ À maîtriser

  • Chez Smith, la recherche de l’intérêt personnel suscite la concurrence, qui conduit à produire les biens demandés par la société dans les quantités désirées et aux prix qu’elle accepte de payer.

  • Selon Smith, les lois du marché empêchent les biens de s’écarter arbitrairement de leur coût réel de production et orientent les producteurs vers les biens et les quantités demandés.

  • Smith juge qu’aucune société ne peut être prospère et heureuse si la plus grande partie de ses membres est pauvre et malheureuse. - Adam Smith

  • Smith attribue à la division et à la spécialisation du travail un gain de productivité qui accroît l’opulence jusque dans les classes les plus basses.

📌 Smith défend le laisser-faire : il s’oppose à l’intervention gouvernementale dans le marché, aux lois protégeant les industries de la concurrence et aux dépenses publiques improductives.

  • Smith n’a pas découvert le marché, mais il en a formulé systématiquement la philosophie et le fonctionnement à grande échelle. - Adam Smith

Compléments

  • Adam Smith s'entretint avec François Quesnay, fondateur de la physiocratie et concepteur du tableau économique, qui faisait circuler la richesse comme le sang dans le corps et la rattachait à la production.

  • Dans « La richesse des nations », Adam Smith défend une doctrine utile à la direction d’un empire, admire le travail de la bourgeoisie tout en suspectant ses motivations et se préoccupe des besoins de la masse laborieuse.

  • Chez Smith, des prix élevés augmentent la production d’un secteur, attirent de nouveaux concurrents et finissent par provoquer un alignement des prix.

📌 Dans la compétition atomistique décrite comme le monde de Smith, aucun agent productif n’est assez important pour troubler la concurrence, et chacun poursuit son intérêt sous la pression du marché. - Adam Smith

  • Chez Smith, l’accumulation procure davantage de machines et de demande de main-d’œuvre, fait monter les salaires et peut conduire à la disparition des profits, qui financent l’accumulation.

Astuce mémo

Concurrence → biens demandés → autorégulation du marché

6. Malthus, Ricardo et valeur classique

Notions clés & Définitions

  • Prix naturel : Smith - Valeur marchande mesurée par la quantité de travail qu’une marchandise permet d’acheter.
  • Valeur d’échange chez Ricardo : Ricardo - La valeur d’échange dépend des conditions de production et de la quantité de travail nécessaire à la production, non des revenus distribués ni de la demande.
  • Répartition des revenus : Partage de la richesse produite entre les classes sociales : salaires pour le travail, rentes pour la terre et profits pour le capital.
  • Rente foncière : Ricardo - Revenu spécial tiré de la terre, lié au fait que toutes les terres ne sont pas également productives et non limité par la concurrence ni par la démocratie.

★ À maîtriser

  • Malthus soutient que la population tend à dépasser les moyens de subsistance et que son doublement peut se produire en 25 ou 50 ans. - Essai sur le principe de la population

📌 Dans le raisonnement de Malthus, la population augmente selon une progression géométrique, tandis que les terres cultivables suivent une progression arithmétique.

  • Les classes sociales reçoivent ces revenus. (Ricardo) :
    • Les travailleurs reçoivent des salaires.
    • Les capitalistes reçoivent des profits.
    • Les propriétaires fonciers reçoivent des rentes.

📌 Smith distingue la valeur d’usage, liée à l’utilité, de la valeur d’échange, illustrée par le paradoxe de l’eau, utile mais peu chère, et du diamant, peu utile mais cher. - Adam Smith

📌 Pour Ricardo, l’utilité est nécessaire à la valeur d’échange, mais ne mesure pas la valeur marchande d’une marchandise.

  • Jean-Baptiste Say fonde la valeur d’une marchandise sur son utilité, appréciée subjectivement par les individus, et rejette l’idée d’une valeur fondée sur le travail.

Compléments

  • Thomas Robert Malthus (1776-1834), présenté comme le premier économiste de profession, réclamait l’abolition des secours aux pauvres et s’opposait à des projets de logements pour les classes laborieuses.

📌 Malthus rejetait l’idée que l’expansion démographique garantisse la prospérité et ne partageait pas l’idéal d’égalité complète et de communisme anarchique de William Godwin.

  • Thomas Robert Malthus vécut de 1776 à 1834, tandis que David Ricardo vécut de 1772 à 1823.

  • Malthus et Ricardo étaient en désaccord sur presque tout, mais partageaient leur intérêt pour la démographie.

  • Dans le mécanisme décrit par Ricardo, l’expansion du capital augmente la demande de travail et les salaires ; la croissance de la population accroît ensuite la demande de terres cultivables, ce qui favorise les propriétaires fonciers tandis que les coûts salariaux montent et que les profits diminuent.

Astuce mémo

Malthus oppose bouches et subsistances ; Ricardo distingue salaires, profits et rente

7. Valeur et répartition chez les classiques

Notions clés & Définitions

  • Valeur-travail chez Ricardo : Pour Ricardo, la valeur d’échange d’une marchandise reproductible dépend de la quantité de travail direct et indirect nécessaire à sa production, incluant le travail incorporé dans les matières premières et les machines usées.
  • Valeur selon Say : Pour Jean-Baptiste Say, la valeur d’une marchandise repose sur son utilité, appréciée subjectivement par les individus, et son prix dépend de la tension entre sa rareté et l’intensité de la demande.
  • Salaire naturel : Smith - Le salaire naturel est le minimum de subsistance correspondant au prix des biens nécessaires pour que l’ouvrier reconstitue ses forces et fasse vivre sa famille ; ce minimum physiologique est stable à court terme, mais peut varier avec le temps.
  • Salaire courant : Le salaire courant, ou salaire du marché, est le salaire effectivement perçu et dépend, selon Smith, du rapport de forces entre le maître et l’ouvrier.
  • Rente foncière : Ricardo - La rente foncière est le loyer payé par le fermier au propriétaire de la terre en échange du droit de la cultiver.
  • Rente différentielle : Chez Ricardo, la rente différentielle d’une terre correspond à l’écart entre le prix de marché du blé, commun à tous les fermiers, et son coût de production unitaire, qui varie selon la fertilité de la terre.
  • Profit : Le profit est la rémunération résiduelle du capital engagé dans la production, qui apparaît après la reconstitution du capital avancé, notamment après paiement des investissements et des salaires.
  • Loi des débouchés : La loi des débouchés de Jean-Baptiste Say affirme que toute offre crée sa propre demande, car la production distribue un revenu global égal à la valeur de la production et entièrement dépensé en consommation ou en investissement.

Points essentiels

📌 La théorie de la valeur-travail de Ricardo concerne les marchandises reproductibles dans l’industrie, tandis que la valeur d’échange des biens non reproductibles, comme les œuvres d’art, dépend de leur rareté et de leur demande.

  • Chez Say, les revenus rémunèrent trois services productifs selon l’offre et la demande : (Jean-Baptiste Say) :
    • le travail reçoit un salaire
    • la terre une rente
    • le capital un profit

📌 Dans l’analyse des classiques anglais, le salaire est une variable de production et un coût du facteur travail, tandis que les profits et les rentes sont des variables de répartition prélevées sur le revenu net.

  • Selon Ricardo, l’accroissement de la population impose de cultiver des terres de moins en moins fertiles ; pour produire une même quantité de blé, les fermiers doivent alors mobiliser davantage de travail et de capital, ce qui augmente le coût de production et fait décroître le rendement.

📌 Chez Ricardo, le travail nécessaire à la production du blé sur la terre marginale, la moins fertile mise en culture, détermine le prix de marché commun afin que le fermier puisse remplacer son capital dépensé et obtenir un profit ; la rente y est nulle.

📌 Dans l’industrie, le produit net est partagé entre les salaires des ouvriers et les profits des capitalistes, et la hausse de la part des salaires entraîne une baisse inverse de celle des profits lorsque le produit net est donné. - Ricardo

  • Chez Ricardo, la hausse du prix de la nourriture augmente les rentes et la consommation des propriétaires fonciers, tandis que la hausse des salaires réduit les profits, l’épargne capitaliste, l’accumulation du capital productif et la croissance économique.

  • Pour Jean-Baptiste Say, une surproduction générale est inconcevable ; une crise de surproduction ne peut être que sectorielle et temporaire, puis se résorbe d’elle-même.

Astuce mémo

Say explique la valeur par l’utilité ; Ricardo par le travail.

8. Analyse marxiste du capitalisme

Notions clés & Définitions

  • Mode de production : Chez Marx, le mode de production est l’articulation des forces productives et des rapports de production.
  • Forces productives : Chez Marx, les forces productives sont les relations techniques de production entre l’homme et la nature, dont la force productive du travail, aujourd’hui caractérisée par la productivité apparente du travail.
  • Rapports de production : Chez Marx, les rapports de production sont les rapports sociaux entre les hommes dans la production, comprenant l’appropriation des moyens et des résultats de production ainsi que l’organisation du processus productif.
  • Temps de travail socialement nécessaire : Marx - La durée de travail abstrait requise pour produire une marchandise avec un degré moyen d’habileté et d’intensité, dans des conditions normales pour un milieu social donné.
  • Plus-value : La différence entre la valeur créée par l’usage productif de la force de travail et la valeur payée pour cette force de travail ; elle naît dans la production.
  • Force de travail : L’aptitude physique et intellectuelle du travailleur, vendue au capitaliste par contrat précisant la durée du travail et le salaire.

Points essentiels

📌 Le mode de production capitaliste associe des forces productives très développées, notamment grâce au machinisme, à des rapports de domination et d’exploitation des capitalistes sur les salariés. - Marx

  • Dans le capitalisme décrit par Marx, les capitalistes possèdent le capital productif et s’approprient les profits, tandis que les salariés ne possèdent que leur force de travail et sont exploités.

  • Marx limite sa théorie de la valeur aux marchandises reproductibles en grande quantité et vendues sur un marché, en excluant les œuvres d’art et les produits de l’artisanat.

  • Pour Marx, toute marchandise possède une valeur d’usage fondée sur son utilité et une valeur d’échange parce qu’elle est produite pour être vendue sur un marché.

  • Les forces productives désignent les relations techniques de production entre l’homme et la nature, tandis que les rapports de production désignent les rapports sociaux entre les hommes dans le processus de production.

  • Les marchandises reproductibles en grande quantité et vendues sur un marché ont une valeur d’usage fondée sur leur utilité et une valeur d’échange exprimée par un rapport quantitatif entre marchandises ; la théorie de Marx ne s’applique pas aux œuvres d’art ni aux produits artisanaux.

  • Le travail vivant, ou capital variable V, est le travail direct de la force de travail et le seul créateur de valeur nouvelle ; le travail mort, ou capital constant C, est le travail indirect antérieurement dépensé dans les machines et les matières premières et ne fait que transmettre sa propre valeur.

📐 Formule - La valeur du capital total est C+VC+V et la composition organique du capital est le rapport CV\frac{C}{V}.

📌 Dans la circulation, une marchandise est échangée contre une autre de valeur équivalente et l’argent sert d’intermédiaire ; dans la production, l’argent est engagé comme capital afin d’obtenir une valeur supérieure.

📐 Formule - La formule générale du capital est A−M−A′A-M-A', où A′>AA' > A ; le capital productif correspond à M=C+VM=C+V, et la marchandise produite vaut C+V+PlC+V+Pl, la différence de valeur étant la plus-value.

Astuce mémo

Forces productives : rapports techniques à la nature ; rapports de production : rapports sociaux entre hommes.

9. Précurseurs et révolution marginaliste

★ À maîtriser

📌 Selon Cournot, un monopoleur maximise son profit en produisant jusqu’à l’égalité entre coût marginal et recette marginale ; il augmente sa production lorsque le coût marginal est inférieur à la recette marginale et la réduit lorsque le coût marginal lui est supérieur.

  • Jevons démontre mathématiquement la loi de l’utilité marginale des croissances et formule une théorie de la valeur-utilité, selon laquelle le degré final d’utilité, aujourd’hui appelé utilité marginale, explique la valeur du bien.

Compléments

  • Dupuis (1804-1866), ingénieur des ponts et chaussées, estime que le prix des services publics devrait dépendre de l’utilité que l’usager retire individuellement de leur consommation.

  • Von Thünen énonce les principes fondamentaux de la théorie de la productivité marginale. - Van Tunen

  • Gossen montre en 1854 la loi de l’utilité marginale des croissances et soutient qu’une approche mathématique est nécessaire à l’étude des phénomènes économiques.

Astuce mémo

Cournot, Dupuis, von Thünen, Gossen ; puis Jevons, Menger et Walras

10. Précurseurs et fondateurs néoclassiques

Notions clés & Définitions

  • Économie politique : L’économie politique est, chez Walras, la théorie de la détermination des prix dans un régime hypothétique de libre concurrence absolue.

★ À maîtriser

  • Cournot (1801-1877), mathématicien intéressé par l’économie, introduit dans la littérature économique une fonction de demande et pose que la demande varie en sens inverse du prix.

📌 Selon Cournot, un monopole maximise son profit en produisant la quantité pour laquelle le coût marginal égale la recette marginale.

  • Menger défend l’utilité marginale décroissante et considère que la demande d’un bien varie en sens inverse de son utilité marginale et donc de son prix.

  • Walras formule une théorie de la valeur-utilité proche de celle de Jevons et construit un modèle d’équilibre général qui fonde la théorie néoclassique.

Compléments

  • Gossen expose en 1854 la loi de l’utilité marginale décroissante et soutient qu’une approche mathématique est nécessaire à l’étude des phénomènes économiques.

  • Dans la formule de Jevons, le coût de production détermine l’offre, l’offre détermine le degré final d’utilité et ce degré détermine la valeur.

  • Menger place l’individu au centre de l’analyse, approche associée dans le cours à l’individualisme méthodologique et à la microéconomie.

  • Alfred Marshall (1842-1924) publie Les principes d’économie politique en 1890 ; l’ouvrage, synthétique et doté d’aspects originaux, représente une nouvelle orthodoxie et présente un modèle fondateur d’équilibre partiel. - Les principes d'économie politique

  • Schumpeter (1883-1950) estime que l’impulsion du capitalisme vient d’entrepreneurs audacieux qui innovent, expérimentent et misent sur l’expansion.

📌 Selon Schumpeter, avant le capitalisme, le pouvoir procurait la richesse, tandis que dans le capitalisme la richesse acquise sur le marché procure le pouvoir.

  • Pour Schumpeter, les cycles économiques résultent des directives du marché plutôt que d’une décision humaine.

  • Schumpeter juge que l’avenir du capitalisme soulève un problème moral et politique : décider s’il faut réagir à la concentration et à la progression du chômage.

  • Milton Friedman (1912-2006), économiste américain, reçoit le prix Nobel d’économie en 1976 pour ses travaux sur l’analyse de la consommation, l’histoire monétaire et la complexité des politiques de stabilisation.

  • Friedman accepte en 1946 un poste de professeur d’économie à l’université de Chicago, où il reste 30 ans et développe l’école monétariste de Chicago.

11. Principes de l’analyse néoclassique

Notions clés & Définitions

  • Utilité marginale : Satisfaction individuelle procurée par une unité supplémentaire de ce bien.

★ À maîtriser

  • L’approche néoclassique prolonge la théorie classique et partage avec elle le libéralisme économique, la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say et la théorie quantitative de la monnaie.

📌 L’approche classique est macroéconomique et dynamique, tandis que l’approche néoclassique est microéconomique et statique.

  • La rupture néoclassique avec les classiques tient à l’approche microéconomique plutôt que macroéconomique et au raisonnement à la marge, notamment par l’utilité marginale et la productivité marginale.

📌 La question néoclassique porte sur la satisfaction des besoins individuels et l’allocation des ressources rares, tandis que la question classique porte sur la croissance de l’économie et l’accumulation du capital.

  • Les deux ressources rares retenues par les néoclassiques sont le capital et le travail, considérés comme des services productifs donnés de façon exogène.

  • La recherche néoclassique porte sur la meilleure allocation des ressources rares entre les emplois possibles afin de maximiser la satisfaction des individus.

📌 L’existence d’un équilibre concurrentiel est établie si l’on montre qu’il existe au moins un système de prix d’équilibre pour lequel la somme des offres de biens et services égale la somme des demandes.

  • Le raisonnement néoclassique suppose que des agents économiques rationnels maximisent individuellement leur satisfaction matérielle et se coordonnent par le marché.

  • Le marché est supposé coordonner les décisions individuelles et équilibrer l’offre et la demande sous la condition d’une concurrence pure et parfaite.

  • La théorie néoclassique de la valeur est subjective et fondée sur l’utilité, tandis que la théorie classique de la valeur est objective et fondée sur le travail.

  • L’utilité marginale d’un bien décroît avec la quantité consommée en raison de l’intensité décroissante des besoins.

Compléments

  • L’individualisme méthodologique néoclassique explique les phénomènes économiques et sociaux à partir des choix rationnels d’individus séparés, autonomes, libres et égaux, sans lien social entre eux.

  • Les ménages sont des agents consommateurs et les entreprises des agents producteurs.

  • 🔄 Le circuit décrit pour les ménages suit ces étapes :

    1. Les ménages possèdent le capital et le travail.
    2. Ils louent ces facteurs aux entreprises contre rémunération.
    3. Ils épargnent une partie de leurs revenus et consomment l’autre.
  • Les entreprises achètent aux ménages les services productifs du travail et du capital afin de produire des biens et services de consommation et d’investissement.

Astuce mémo

Classiques : macro et dynamique ; néoclassiques : micro et statique.

12. Utilité, rémunérations et équilibres

Notions clés & Définitions

  • Utilité marginale : Satisfaction procurée par la consommation d’une unité supplémentaire d’un bien.
  • Productivité marginale du travail : Augmentation de production imputable à l’ajout d’une unité de travail, le facteur capital restant inchangé.
  • Productivité marginale du capital : Augmentation de production imputable à l’ajout d’une unité de capital, la quantité de travail restant constante.

★ À maîtriser

📌 Selon la loi de l’utilité marginale décroissante, l’utilité marginale diminue à mesure que la quantité consommée augmente, car l’intensité du besoin décroît.

  • Le diamant, rare, présente une utilité totale insignifiante mais une forte utilité marginale et un prix élevé, tandis que l’eau, abondante, présente une utilité totale élevée mais une faible utilité marginale et un prix faible par rapport au diamant. - Smith

📌 Dans l’approche néoclassique, l’utilité marginale détermine la valeur subjective, tandis que le prix constitue la valeur marchande et ne mesure pas la valeur subjective.

📌 Dans la théorie néoclassique de la répartition, en situation d’équilibre, le taux de salaire réel est égal à la productivité marginale du travail et le taux d’intérêt réel à celle du capital.

  • Le modèle d’équilibre général walrasien étudie l’existence d’un système de prix égalisant les offres et les demandes ainsi que la stabilité de cet équilibre. - Léon Walras

  • En 1954, Kenneth Arrow et Gérard Debreu démontrent mathématiquement l’existence d’un système de prix égalisant les offres et les demandes sur tous les marchés concurrentiels, sous certaines conditions.

📌 L’équilibre général walrasien concerne les interdépendances entre tous les marchés, tandis que l’équilibre partiel de Marshall étudie un seul marché en faisant abstraction des autres.

Compléments

  • Dans l’exemple de l’eau, l’utilité marginale du premier verre est supérieure à celle du deuxième, car la soif diminue avec la consommation.

  • Lorsque l’utilité marginale est inférieure au prix, le consommateur renonce à l’achat, la demande baisse et le prix diminue jusqu’à ce que l’achat redevienne intéressant ; lorsque l’utilité marginale dépasse le prix, la demande et le prix augmentent jusqu’à leur égalisation.

  • Une entreprise embauche si le taux de salaire du marché est inférieur à la productivité marginale du travail et licencie s’il lui devient supérieur.

  • Une entreprise augmente son capital tant que sa productivité marginale est supérieure au taux d’intérêt ; l’égalité entre ces deux valeurs détermine la quantité de capital demandée.

  • La théorie néoclassique de la répartition explique la rémunération de chaque facteur par sa productivité marginale, contrairement à la théorie classique du surproduit.

  • Dans l’ajustement walrasien, un commissaire-priseur propose un prix sur chaque marché et recueille les offres et les demandes ; si l’offre dépasse la demande, le prix baisse pour stimuler la demande, et les prix convergent vers l’équilibre. - Léon Walras

Astuce mémo

Utilité marginale : valeur subjective ; prix : valeur marchande.

13. Équilibre macroéconomique néoclassique

Notions clés & Définitions

  • Offre de monnaie : Quantité de monnaie mise à la disposition des ménages et des entreprises dans l’économie.

★ À maîtriser

📌 L’approche néoclassique est dichotomique : les phénomènes réels déterminent l’équilibre réel, tandis que les phénomènes monétaires ne le modifient pas.

  • Les trois marchés réels fondamentaux sont :
    • le marché du travail
    • le marché du capital
    • le marché des biens et services

📌 L’offre de travail des salariés est une fonction croissante du taux de salaire réel, tandis que la demande de travail des entreprises est une fonction décroissante de ce taux.

📌 L’offre de capital, correspondant à l’épargne des ménages, augmente avec le taux d’intérêt réel, tandis que la demande de capital, correspondant à l’investissement des entreprises, diminue avec ce taux.

  • La loi des débouchés de Jean-Baptiste Say affirme que la production crée ses propres débouchés et que la production est donc totalement demandée.

  • La demande de monnaie dépend de la production réelle et du niveau général des prix, tandis que l’offre de monnaie est décidée par les autorités monétaires.

📌 Sur le marché de la monnaie, l’équilibre exige l’égalité entre l’offre et la demande de monnaie ; dans le raisonnement présenté, le niveau général des prix est déterminé par cet équilibre.

Compléments

  • Selon le modèle présenté, si l’offre de travail dépasse la demande, la concurrence entre salariés fait baisser le salaire réel, ce qui augmente la demande et réduit l’offre jusqu’à l’équilibre ; les personnes qui se retirent du marché sont qualifiées de chômeurs volontaires.

  • Si l’épargne dépasse l’investissement, la concurrence entre prêteurs fait baisser le taux d’intérêt réel, ce qui réduit l’offre d’épargne et stimule l’investissement jusqu’à l’équilibre ; le cours associe aussi cet excédent à un phénomène de thésaurisation.

  • Si l’épargne est inférieure à l’investissement, la concurrence entre emprunteurs fait monter le taux d’intérêt réel, ce qui accroît l’offre de capital des ménages et réduit la demande des entreprises jusqu’à l’équilibre.

  • Dans le raisonnement présenté, la production est la somme des biens de consommation et des biens d’investissement, tandis que la demande comprend la consommation et l’investissement.

  • L’équilibre entre l’épargne et l’investissement permet, selon le cours, d’aboutir à l’égalité entre production, revenu et demande, de sorte que les biens proposés sont achetés et qu’il n’y a pas de surproduction.

  • Les monétaristes défendent l’idée qu’une réduction de la masse monétaire et des efforts sur le crédit affectent la monnaie.

Astuce mémo

Travail, capital, biens et services, monnaie.

14. Loi des débouchés et équilibre monétaire

Notions clés & Définitions

  • Offre de monnaie : Quantité de monnaie mise à la disposition des agents économiques, notamment les ménages et les entreprises.
  • Demande de monnaie : Quantité d’encaisses monétaires dont les agents économiques ont besoin pour effectuer leurs transactions ; elle dépend de la production réelle et du niveau général des prix.

★ À maîtriser

  • La loi des débouchés, attribuée à Jean-Baptiste Say, affirme que la production crée ses propres débouchés et que la surproduction générale est donc impossible.

  • Dans la présentation monétariste du cours, l’équilibre monétaire est atteint lorsque l’offre de monnaie égale la demande de monnaie.

  • Dans la conception monétariste exposée, une offre de monnaie supérieure à la demande de monnaie entraîne une hausse des prix et de l’inflation.

Compléments

  • Dans le raisonnement présenté, la production est la somme des biens de consommation et des biens d’investissement, tandis que le revenu se partage entre consommation et épargne.

  • L’équilibre du marché du capital égalise l’épargne des ménages et l’investissement des entreprises.

  • Selon la loi des débouchés, l’équilibre du marché des biens et services signifie que tous les biens de consommation et d’investissement proposés sont achetés.

  • Dans ce raisonnement, l’offre de monnaie égale la production réelle multipliée par le niveau général des prix, ce qui fait de ce niveau des prix la variable inconnue lorsque l’offre de monnaie et la production sont connues.

  • Selon le cours, réduire la masse monétaire et freiner le crédit vise à contenir les prix et à lutter contre l’inflation, même si cela peut se faire au risque d’une croissance plus faible.

Astuce mémo

Offre crée sa demande chez Say ; monnaie supérieure à la demande fait monter les prix chez les monétaristes.

15. Théories et politiques économiques de Keynes

Notions clés & Définitions

  • Demande effective : Keynes - Demande anticipée qui détermine le point où le niveau de production décidé par les entreprises correspond exactement à la demande attendue.
  • Équilibre de sous-emploi : Keynes - Situation où l’offre produite égale la demande anticipée sur le marché des biens et services, alors qu’une partie de la population active disponible ne trouve pas d’emploi.
  • Propension à consommer : Keynes - Relation entre le revenu global et la consommation globale mesurée par le rapport de la consommation au revenu.
  • Efficacité marginale du capital : Keynes - Rentabilité attendue d’un projet d’investissement.

Points essentiels

  • En 1936, Keynes a publié son ouvrage fondamental, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. - Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie

  • Dans le contexte de chômage massif qui suit la crise de 1929, Keynes soutient que l’autorégulation des marchés est un mythe et que l’intervention de l’État est nécessaire pour réduire le chômage et relancer la croissance.

  • Keynes place l’emploi et la recherche du plein emploi au centre de la réflexion économique.

📌 Keynes adopte une approche macroéconomique qui étudie l’économie dans son ensemble, les grandeurs globales et leurs relations, plutôt qu’une approche centrée sur les décisions individuelles du consommateur ou de l’entreprise.

  • Pour Keynes, les phénomènes économiques sont monétaires et la monnaie n’est pas neutre, car elle joue un rôle fondamental notamment par l’influence du taux d’intérêt sur l’économie.

  • Keynes rejette la loi des débouchés de Say, selon laquelle l’offre crée sa propre demande et la surproduction est inconcevable.

  • 🔄 Le raisonnement suit cet enchaînement. (Keynes) :

    1. Les entreprises anticipent la demande.
    2. Elles décident de leur production.
    3. La production détermine le niveau de l’emploi.
  • La demande globale comprend la consommation des ménages, notée C, et l’investissement, noté I.

  • La consommation des ménages dépend principalement de leur propension à consommer, tandis que l’investissement des entreprises dépend de l’efficacité marginale du capital et du taux d’intérêt. - Keynes

  • L’équilibre de sous-emploi peut être stable : les entreprises produisent la quantité demandée et le chômage peut donc perdurer sans intervention extérieure. - Keynes

  • Pour réduire le chômage, Keynes préconise que l’État augmente la demande afin d’inciter les entreprises à produire davantage et à créer des emplois.

  • Selon Keynes, la consommation augmente avec le revenu, mais moins que proportionnellement parce qu’une partie de la hausse du revenu est épargnée.

Astuce mémo

Demande globale accrue → production accrue → emploi accru.

16. Équilibre et croissance keynésiens

Notions clés & Définitions

  • Multiplicateur d’investissement : Keynes - Le mécanisme par lequel une hausse des dépenses d’investissement entraîne une augmentation de l’emploi et des revenus, puis des dépenses de consommation, dont l’augmentation dépasse celle de l’investissement initial.
  • Prix de l’offre globale : La valeur de la production réalisée avec une certaine quantité de personnes employées et composée de biens de consommation et de biens d’investissement.
  • Salaire réel : Le salaire monétaire divisé par le prix.
  • Productivité marginale du travail : L’accroissement de la production divisé par l’accroissement de la quantité de travail.

★ À maîtriser

📌 L’équilibre keynésien détermine l’emploi effectif, mais ne garantit pas le plein emploi : il peut s’agir d’un équilibre de sous-emploi. - Keynes

  • L’analyse keynésienne présentée est une analyse de courte période dans laquelle l’équipement en capital, c’est-à-dire le stock des moyens de production, est une donnée. - Keynes, 1936

  • Une hausse de l’emploi augmente le revenu global et la consommation, mais la consommation augmente moins que le revenu parce que la propension à consommer est inférieure à 1. - Keynes

  • Selon Keynes, l’attente d’un accroissement de la demande incite les entrepreneurs à accroître la production et l’emploi dans l’espoir de réaliser des profits plus importants.

  • L’investissement anticipé est la variable exogène fondamentale de la croissance keynésienne : les dépenses d’investissement créent des emplois et des revenus qui alimentent la consommation. - Keynes

  • La croissance keynésienne de courte période repose sur une forte incitation des entreprises à investir et une forte propension des ménages à consommer. - Keynes

  • Pour Keynes, une demande effective faible entraîne une croissance faible et une faible création d’emplois.

  • Les leviers keynésiens de croissance et de réduction du chômage sont l’augmentation de la consommation, notamment par les salaires, et le soutien à l’investissement, notamment par la politique fiscale et l’augmentation du retour sur investissement. - Keynes

Compléments

  • Keynes appelle « esprits animaux » les dispositions psychologiques, comme le tempérament sanguin ou le goût du risque, qui influencent les décisions d’investissement des entrepreneurs.

  • Les recettes attendues doivent couvrir les salaires des personnes employées et procurer un profit à l’entrepreneur, qui cherche à maximiser l’excès du produit sur le coût de l’emploi.

  • À l’équilibre sur le marché des biens et services, l’offre est égale à la demande et tous les produits offerts sont demandés.

  • Un faible chômage renforce le pouvoir de négociation des salariés et peut leur permettre d’obtenir une hausse du salaire monétaire, tandis qu’un chômage important réduit ce pouvoir et tend à empêcher les hausses de salaire.

Astuce mémo

Investissement → emplois → revenus → consommation

17. Écoles et modèles néo-keynésiens

Notions clés & Définitions

  • Néo-keynésianisme : Une école économique qui cherche à réaliser une synthèse entre les idées néoclassiques et celles de Keynes ; ses tenants sont généralement plus proches des néoclassiques que des keynésiens.
  • Marchés contestables : théorie des marchés contestables - La théorie associée à William Baumol, Baines et Stigler, qui étudie notamment les industries de réseau et de transport, où des coûts fixes élevés créent des barrières à l’entrée et peuvent favoriser des situations monopolistiques.
  • Équilibre général avec rationnement : Une voie néo-keynésienne développée à partir des années 1970 pour analyser des économies où les offres et demandes réalisées diffèrent des offres et demandes prévues.
  • Équilibre stationnaire : Robert Solow, modèle de Solow - Le seuil atteint par l’accumulation de capital par tête d’un pays.
  • Stagflation : La coexistence d’une forte inflation, d’un fort chômage et d’une croissance quasiment nulle, situation illustrée par les chocs pétroliers.

★ À maîtriser

  • John Hicks est présenté comme le premier à modéliser la pensée keynésienne dans un environnement classique au moyen du programme IS-LM, qui décrit l’impact des politiques budgétaires de la demande sur le PIB.

  • L’EGR soutient que le chômage n’est pas nécessairement volontaire et qu’il ne l’est plus lorsque son niveau devient très important.

  • Pour les théoriciens de l’EGR, les économies peuvent fonctionner durablement loin de l’équilibre et rester en situation de sous-emploi, contrairement à la conception néoclassique d’un retour instantané à l’équilibre sans coût.

Compléments

  • Paul Samuelson est présenté comme le principal macroéconomiste de l’école de la synthèse et comme l’auteur d’un premier livre de macroéconomie qui fut longtemps une référence pour les étudiants.

  • Paul Samuelson et Robert Solow ont interprété la courbe de Phillips, qui établit un lien entre chômage et inflation.

  • Paul Samuelson a formalisé mathématiquement l’accélérateur keynésien et créé des modèles à dotation factorielle pour expliquer le commerce international.

  • Les implications macroéconomiques de l’école de la synthèse ont influencé les politiques de relance des années 1960 aux États-Unis, notamment la politique du président Kennedy.

  • Robert Mundell a étendu le modèle IS-LM à l’économie ouverte afin de modéliser les effets des politiques monétaires et budgétaires en tenant compte du contexte international. - ISLM

  • Le modèle de Solow est aujourd’hui considéré comme un modèle universel néoclassique, bien que Solow se présentât officiellement comme néo-keynésien. - Robert Solow

  • Dans un marché monopolistique contestable, la concurrence potentielle peut contraindre la firme en place à maintenir des prix suffisamment bas pour éviter l’entrée de concurrents.

  • L’EGR a été développé par des économistes français dans un contexte où les politiques de relance tentées en France étaient jugées inefficaces face au chômage persistant.

Astuce mémo

Équilibre walrasien théorique, déséquilibres économiques durables

18. Courants keynésiens et école autrichienne

Notions clés & Définitions

  • École autrichienne : École de pensée économique hétérodoxe fondée sur l’individualisme méthodologique, la valeur subjective et l’importance du marché comme révélateur des préférences individuelles et régulateur de la société.

Points essentiels

📌 Robert Clower et Axel Leijonhufvud distinguent les offres et demandes effectuées par les agents des offres et demandes réalisées ; leur différence caractérise une situation de déséquilibre.

  • La nouvelle économie keynésienne, courant apparu dans les années 1980, entend répondre à la nouvelle économie classique.

📌 La nouvelle économie keynésienne conserve la référence à l’équilibre général, mais abandonne l’hypothèse d’information parfaite.

  • Pour les nouveaux keynésiens, les prix et les salaires sont visqueux plutôt que flexibles, notamment parce que les salaires ne diminuent pas lorsque le nombre de chômeurs augmente.

  • Selon Hayek, la socialisation de l’économie et l’intervention massive de l’État sur le marché conduisent à la suppression des libertés individuelles.

📌 La crise des années 1930 est présentée comme la première grande crise mondiale du capitalisme, une crise de surproduction sans reprise spontanée et d’une durée et d’une intensité alors inconnues.

  • La crise des années 1930 naît aux États-Unis après le krach boursier de Wall Street en octobre 1929 et s’étend à presque tout le monde industrialisé, à l’exception du Japon et de l’URSS.

  • Le 24 octobre 1929, lors du jeudi noir, 13 millions de titres sont proposés à la vente face à une demande quasi nulle.

  • Entre septembre 1929 et juillet 1932, la capitalisation boursière s’effondre de 87 %, et l’indice de Wall Street atteint 58 points en juillet 1932.

  • Le krach provoque une crise bancaire internationale : la destruction de capitalisation et de monnaie entraîne une crise de trésorerie, l’arrêt des crédits et des faillites, puis les banques américaines rapatrient leurs capitaux placés en Europe, déclenchant une crise bancaire européenne qui culmine en 1931.

  • La valeur des importations américaines baisse de 49 % entre 1929 et 1932, tandis que celle des exportations diminue d’environ 50 %.

📌 Pour les néoclassiques, la crise est une phase dépressive du cycle qui doit s’approfondir jusqu’à son point bas, tandis que Keynes estime que l’économie ne peut sortir seule de la crise et préconise une relance publique.

  • La politique de relance soutient l’activité en augmentant les dépenses publiques, ce qui distribue des revenus, stimule la consommation, incite les entreprises à produire davantage et favorise l’emploi.

📌 Les néoclassiques considèrent que l’économie se régule elle-même et préconisent de laisser la phase dépressive atteindre son point bas, tandis que Keynes juge l’intervention de l’État nécessaire pour relancer l’activité.

  • La politique de déflation vise à faire baisser les prix, les salaires et les dépenses publiques afin d’atteindre l’équilibre budgétaire.

Astuce mémo

Les nouveaux keynésiens expliquent les rigidités du marché ; Hayek met en garde contre l’intervention étatique.

Tableaux de synthèse

Théories classiques de la valeur

ThéoricienFondementDétermination du prix
Adam SmithTravail achetable ; utilité distincte de l’échangePrix courant lié à l’offre et à la demande autour du prix naturel
David RicardoQuantité de travail nécessaire à la productionConditions de production ; rareté et demande pour les biens non reproductibles
Jean-Baptiste SayUtilité appréciée subjectivementTension entre rareté et intensité de la demande

Théories de la valeur

ThéorieFondementChamp ou déterminant
RicardoQuantité de travail direct et indirectMarchandises reproductibles
SayUtilité appréciée subjectivementRareté et intensité de la demande pour le prix
MarxValeur d’usage et valeur d’échangeMarchandises reproductibles vendues sur un marché

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1. Quel est l’objet de la science économique et sur quelles ressources s’appuie-t-elle pour l’étudier ?

2. Pourquoi la science économique combine-t-elle ses approches logique, historique et quantitative ?

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Que fait la science économique ?

Elle étudie et décrit les mécanismes de l’économie à l’aide de théories, de l’histoire et d’outils mathématiques ou statistiques.

Quelles sont les trois approches de la science économique ?

La logique explicative, l’étude historique et la mathématisation par la statistique et le calcul.

Qu’est-ce qui distingue la science économique de la politique économique ?

La science économique analyse les mécanismes, tandis que la politique économique désigne l’action de l’État ou de ses dirigeants par des mesures proposées aux gouvernants.

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